Bras droit sans force tombe littéralement depuis la barre fixée plafond. Perte d'équilibre, je m'étends au milieu des chevilles avant que le métro annonce Châtelet. Tout est flou, rien ne bouge, l'ouï ne siffle pas mais claquée sèche ne retranscrit plus rien. Des mains invisibles me soulèvent, elles me retournent. Portes ouvertes jusqu'au quai, on m'y transporte attentionnés, on me dépose et on remonte à bord. Les corps bien au chaud à l'intérieur, maintenant je peux les voir, regards braqués sur moi. Avant que les portes du métro se referment je leur souffle des mots qui s'échappent en buée : bande d'enculés. Les portes du métro se referment, il repart, les wagons frottent contre ma tempe au moindre passage, j'attends seul et froid que quelqu'un arrive et m'emmène. Mais non, c'est une erreur. J'ai encore la force de m'extraire moi-même des corps et du wagon, de me jeter par terre sur le quai : je sortirai moi-même mes propres ordures. On me recueille. Je n'insulte personne. Le métro repart. Et d'autres suivent, arrivent, repartent. Combien je ne sais pas. Pas compté. Pendant ce temps mes tempes scintillent.