Je te cherche, tu es loin, on m'a bouffé les yeux. Je ne vois plus que de près, aperçois dans les rayons l'écran fluo des emballages, le slogan des promos temporaires. Je te cherche, on m'a bouffé les yeux. C'est pire qu'un rêve, vraiment, je colle mon oeil malade sur les visages croisés, je cherche le tien, le tien uniquement, mais jamais tu n'existes. Combien de corps sans âme à disséquer pour t'y voir ? Combien de cadis trainés, combien de surgelés-carton dans les rayons frais ? Je traverse tout le magasin mais tu n'y es jamais. Je m'excuse à chaque visage retourné qui ne t'appartient pas. Peut-être as-tu profité de ma myopie temporaire pour t'enfuir, disparaître de mon champ de vision fictif ? Peut-être as-tu bien fait de détaler à ton tour ?