Je craque, croque, craque, ai craqué. Les flics m'ont tout fait : good cop / bad cop, lampe dans les yeux, passage à tabac, garde à vue à la française, bluff, crampes, taser, torture psychologique, chantage, deal, torgnolles. Je craque, croque, craque, ai craqué. Je l'ai balancé, lui plutôt que moi. C'est pas moi j'ai dit, pas moi, j'ai fini par dire. C'est lui. Je l'ai vu sortir de nulle part, frapper comme un sourd sur le disque en marche, plusieurs fois, plusieurs coups, plusieurs pêches dans ta tête de lecture. Il était hors de lui, out of control, j'ai rien pu faire pour l'empêcher. Alors je craque, croque, craque, ai craqué. Je balance. Et le fardeau de l'interrogatoire – celui des mots – passera sur lui, pèsera sur lui plutôt que sur moi, je m'en excuse, j'ai honte mais pas pu, pas pu, pas pu faire autrement que dire.