Ma peur primaire la pire n'est pas une peur, n'est pas la pire, c'est une vision plutôt, et le qualificatif le plus approprié serait vraisemblable. Dans ma peur primaire la pire qui ne l'est pas, l'homme (il y a toujours un homme), de dos (il est toujours de dos), arrache un livre d'une vieille bibliothèque gavée. Il feuillette des pages blanches, repose le livre sur une table vide et quitte le champ, le cadre, l'image. Alors la vue s'élève, en plongée sur le livre, qui s'appellerait simplement Autobiographie(s), et au-dessus du titre mon nom. Au dos, quatrième de couverture, une seule phrase le résume, sous forme de définition : Autobiographie(s) : n.f., récit d'un mec qui n'avait rien à dire.