Qui de mieux placé pour m'autopsier qu'un autre double de moi ? Je lui confie la tâche posthume de cette enquête. Il ouvrira au cutter ma cage thoracique et disséquera les poumons atrophiés : il y trouvera des poils, de poils bien fins de lapin blanc qu'Alice elle-même n'aurait pas osé suivre. Que moi j'ai suivi. Il en trouvera aussi dans ma gorge et mes yeux, sur ma langue, dans ma tête. Son verdict sera imprimé noir sur blanc dans ma notice nécrologique ou sur une pierre tombale, au dessus de la flamme de l'auteur inconnu : la mécanique du corps s'est trouvée encrassée par un excès de réalité. Une réalité blanche, fine, un sable très organique qui lentement, très lentement, asphyxie.