Cette fois-ci, le « coup de cĹ“ur » du jour ne concerne pas un album en entier (quoi que j’aurai pu le faire sur l’album, mais il se trouve que je n’ai pas trop le temps ni la motivation d’écrire encore trois pages), mais une chanson en particulier. Il s’agit d’une chanson de Bowie (je n’avais encore pas parlĂ© de Bowie dans mes coups de cĹ“ur, c’est dĂ©sormais chose faite), issue d’un album très très particulier, j’ai nommĂ© The man who sold the world, sorti en 1971. Il s’agit du troisième album de Bowie, il se situe juste avant la pĂ©riode glam qui lui fera connaĂ®tre le succès et la gloire. Cet album est donc un album de l’entre-deux, dĂ©jĂ  teintĂ© du glam rock qui le caractĂ©risera quelques annĂ©es plus tard (les musiciens sont Ă  peu de choses près les mĂŞmes que durant cette pĂ©riode lĂ ), mais aussi incroyablement sombre. C’est aussi l’un de ses albums oĂą ressort le plus l’une de ses thĂ©matiques favorites, Ă  savoir l’aliĂ©nation. (pour plus d’infos sur cette pĂ©riode en particulier et Bowie en gĂ©nĂ©ral, vous pouvez vous reportez vers les articles que j’ai moi-mĂŞme Ă©crit pour le site Et-Alors).

La chanson en question est la deuxième piste de l’album et elle s’intitule « All the madmen ». Je l’écoute depuis un bout de temps mais je ne m’étais jamais vraiment penchĂ© sur les paroles… jusqu’à il y a quelques jours. J’y ai dĂ©couvert l’une de ces superbes chansons dont Bowie Ă  le secret. Elle n’est pas prodigieusement bien Ă©crite (les chansons de Bowie ne le sont que rarement, ce sont des chansons pop avant tout) mais l’histoire et les images Ă©voquĂ©es m’ont pas mal touchĂ©es. Je vous laisse d’ailleurs avec la chanson en question (que j’ai rajoutĂ© dans la « Oblue Radio), avec le texte et une traduction Ă  moitiĂ© maison, Ă  moitiĂ© inspirĂ©e par des traductions de fans (pour cela, cliquez sur le lien sous les paroles originales) !

Day after day They send my friends away
To mansions cold and grey
To the far side of town
Where the thin men stalk the streets
While the sane stay underground

Day after day
They tell me I can go
They tell me I can blow
To the far side of town
Where it's pointless to be high
'Cause it's such a long way down

So I tell them that
I can fly, I will scream, I will break my arm
I will do me harm
Here I stand, foot in hand, talking to my wall
I'm not quite right at all...am I?

Don't set me free, I'm as heavy as can be
Just my librium and me
And my E.S.T. makes three

'Cause I'd rather stay here
With all the madmen
Than perish with the sadmen roaming free
And I'd rather play here
With all the madmen
For I'm quite content they're all as sane
As me

(Where can the horizon lie
When a nation hides
Its organic minds
In a cellar...dark and grim
They must be very dim)

Day after day
They take some brain away
Then turn my face around
To the far side of town
And tell me that it's real
Then ask me how I feel

Here I stand, foot in hand, talking to my wall
I'm not quite right at all

Don't set me free, I'm as helpless as can be
My libido's split on me
Gimme some good 'ole lobotomy

'Cause I'd rather stay here
With all the madmen
Than perish with the sadmen
Roaming free
And I'd rather play here
With all the madmen
For I'm quite content
They're all as sane as me

Zane, Zane, Zane
Ouvre le Chien...

Traduction approximative

Etrange, n’est-ce pas ? Pourtant, Ă  chaque Ă©coute, je ne peux m’empĂŞcher de ressentir une grande mĂ©lancolie dans la voix de Bowie, surtout quand il chante « I can fly, i will scream, i will break my arm / I will do me harm… ». J’ai l’impression qu’il exprime lui-mĂŞme une grande affection, voire une grande pitiĂ© pour son personnage. C’est sans doute ce qui me touche beaucoup. Musicalement, la chanson est lĂ©gèrement datĂ©e, surtout au niveau des synthĂ©s, et le guitariste Mick Ronson n’est pas encore aussi virtuose qu’il le deviendra, mais il n’empĂŞche que pour moi, cette chanson Ă  beaucoup de charme, plus par l’évocation de cette bribe d’histoire, de personnage, que par sa technique. Vous avez donc intĂ©rĂŞt Ă  l’écouter et, si un jour le cĹ“ur m’en dit, je vous Ă©crirai un billet plus Ă©toffĂ© sur l’album en lui-mĂŞme, sans doute l’un des plus Ă©trange de son auteur…