Un an plus tard
Par Pierre, mardi 12 juin 2007 à 21:43 :: Fictions :: #292 :: rss
Je ne pensais pas un jour réécrire dans ce blog. D'ailleurs petit à petit je crois que je m'étais inconsciemment permis de l'oublier. Plus pratique de faire comme ça. A vrai dire, lorsque j'ai tapé l'adresse plus ou moins par hasard et par ennui, tout à l'heure, dans la barre de mon navigateur, j'étais convaincu qu'il avait disparu, que l'hébergeur l'avait purement et simplement supprimé de son espace disque. Je me suis trompé.
En errant au beau milieu de mes vieux articles, je me suis aussi rendu compte que le dernier Ă avoir Ă©tĂ© mis en ligne portait la date du 12 juin 2006, il y a un an exactement. Cette coĂŻncidence combinĂ©e Ă la surprise de trouver le blog toujours en activitĂ© m'a donnĂ© envie d'Ă©crire un petit quelque chose. Il ne s'agit pas de reprendre mon activitĂ© de blogueur lĂ oĂč je l'ai laissĂ©. Je n'ai pas envie de m'engager Ă poursuivre ce simili journal intime. Il est d'ailleurs possible que cet article miraculeux soit aussi mon dernier. Quoiqu'il arrive, je doute que cela intĂ©resse qui que ce soit. Je pense mĂȘme que le peu de visiteurs qui s'Ă©taient Ă©chouĂ©s ici l'annĂ©e derniĂšre ont depuis complĂštement dĂ©sertĂ©s le navire. Ce n'est peut-ĂȘtre pas plus mal. Je crois que je prĂ©fĂšre parler Ă un mur pixelisĂ© qu'Ă une foule potentielle d'anonymes.
Pour le coup j'abandonne le pseudonyme imbĂ©cile que je m'Ă©tais trouvĂ© lors de la crĂ©ation du site et je rĂ©cupĂšre mon prĂ©nom naturel. Ce n'est pas une question d'honnĂȘtetĂ©, c'est une simple considĂ©ration esthĂ©tique.
En un an de nombreux changements ont eu le temps de s'opĂ©rer dans ma vie. Aujourd'hui j'ai 28 ans, je ne vis plus Ă Bordeaux, et je ne travaille plus dans une librairie. Je n'ai plus aucun contact avec ma famille (ou si peu) et je ne vois plus aucun de mes anciens amis. FĂ©licia n'est plus pour moi qu'un nom comme les autres qui ne m'Ă©voque rien sinon quelques souvenirs, parfois douloureux, parfois agrĂ©ables, souvent inconsistants. Lola demeure cette image vivifiante que j'ai toujours gardĂ©e en moi et adorĂ©e plus ou moins consciemment mais je m'efforce de ne pas penser Ă elle. Je ne suis plus la personne que je m'Ă©tais habituĂ© Ă ĂȘtre vingt-sept annĂ©es durant. Je suis comme qui dirait en reconstruction. Il m'a fallut un an pour en arriver lĂ , un peu moins peut-ĂȘtre, mais le processus n'est pas encore achevĂ©.
Je me contenterai d'évoquer l'élément déclencheur d'une telle révolution. Car il s'agit bel et bien de révolution. Revenons donc un an en arriÚre. J'ai encore 27 ans, je vis encore à Bordeaux et Félicia signifie encore quelque chose à mes yeux. Je ne sais plus exactement quel jour on est, mais je sais que ça se passe quelque part entre le quart de final de la France contre le Brésil et la finale perdue contre l'Italie. On a les moyens mémo-techniques qu'on peut.
FĂ©licia et moi, on ne s'est pas beaucoup vus pendant la coupe du monde. Les matchs, certes, ainsi que le laisse supposer mon dernier article, mais ce n'est finalement pas de cela dont il s'agit. Disons simplement que les circonstances nous ont conduits Ă rester chacun de notre cĂŽtĂ©. Le boulot, quelques soucis familiaux, ce genre d'emmerdements tout Ă fait anodins. Toujours est-il que lorsque l'on s'est revu « pour de vrai », un soir, une soirĂ©e rien que pour nous, censĂ©e ĂȘtre agrĂ©able, quelque part entre le quart de final contre le BrĂ©sil et la finale perdue contre l'Italie, c'Ă©tait aussi la derniĂšre fois qu'on se voyait en tant que couple. Ces trucs lĂ ne se prĂ©voient pas.
J'avais rendez-vous chez elle et de lĂ on Ă©tait censĂ© vagabonder au grĂ© de nos envies. Finalement on est restĂ© dans son appartement. On a discutĂ©, de tout et de rien, on a commandĂ© une pizza ou quelque chose comme ça, peu importe. Le truc Ă savoir, c'est qu'on a discutĂ©. Et que dix minutes plus tard je lui ai Ă©crasĂ© mon poing contre la gueule. Non, pas exactement mon poing, en fait. L'intermĂ©diaire entre la main tendue, paume en avant, et le poing fermĂ©. Une posture intermĂ©diaire. Qui s'est Ă©crasĂ© contre sa pommette, son nez, son oeil, aussi, peut-ĂȘtre. Je ne lui ai pas cassĂ© le nez, je ne l'ai pas fait saigner, je ne suis mĂȘme pas sĂ»r de lui avoir laissĂ© un bleu. D'ailleurs je ne suis pas quelqu'un de violent. Je ne me suis jamais battu plus que ça. Et jamais je n'ai frappĂ© une femme. Avant ce soir. Et je ne le regrette pas. Pas pour le geste en lui-mĂȘme bien sĂ»r, ni mĂȘme pour ses consĂ©quences directes sur FĂ©licia, mais pour les consĂ©quences Ă long terme qu'il a entraĂźnĂ©. Lui filer un coup comme ça, de cette façon-lĂ , Ă ce moment-lĂ , je crois que ça Ă©quivalait pour moi Ă en recevoir un. Le choc a Ă©tĂ© identique. Il va de soit que FĂ©licia m'a demandĂ© de partir. Elle me l'a demandĂ© trĂšs calmement, sans Ă©lever la voix, sans s'Ă©nerver, de cet oeil glacial qu'elle a parfois quand elle sait que ça me met hors de moi. Sans autre forme de discussion. Tant mieux, je n'en cherchai pas. Je suis parti. Nous ne nous sommes pas reparlĂ© depuis. Une fois je l'ai croisĂ©e aprĂšs cet Ă©vĂ©nement, lorsqu'elle est passĂ© chez moi me rendre quelques affaires, mais on ne s'est pas Ă©changĂ© le moindre mot.
Je ne vais pas expliciter ici les raisons d'un tel geste. Peut-ĂȘtre le dirai-je un jour, mais pas aujourd'hui. Je pense d'ailleurs qu'un lecteur suffisamment attentif pourra le dĂ©duire d'aprĂšs mes anciens articles et mes anciens Ă©tats d'Ăąmes Ă©talĂ©s ici mĂȘme. L'important, ce n'est pas l'Ă©vĂšnement en lui-mĂȘme mais les bouleversements qu'il a entraĂźnĂ©.
Difficile de dire exactement ce que j'ai ressentis Ă ce moment-lĂ . Peut-ĂȘtre que c'Ă©tait du soulagement, peut-ĂȘtre aussi que c'Ă©tait de la peine ou de la douleur. De la douleur, j'en ai certainement eu, une douleur lancinante dans la main droite pendant plusieurs jours aprĂšs le coup, mais dans la tĂȘte, non, rien, aucune douleur psychologique ou peu importe ce que ça peut ĂȘtre. Aucun choc concernant le fait que le visage que je venais de frapper Ă©tait celui d'un individu, d'une femme. Pour moi, Ă ce stade-lĂ de mon Ă©volution personnelle, ça aurait aussi bien pu ĂȘtre un mur, une porte, ou autre chose, ça n'aurait rien changĂ©.
Je crois simplement que la simple dĂ©charge physique que j'ai ressenti, celle-lĂ mĂȘme qui canalisait une colĂšre enfouie depuis longtemps, a fait ressortir beaucoup de ce dont je ne soupçonnais mĂȘme pas l'existence et que j'aurais du mal Ă nommer. Je crois qu'Ă ce moment-lĂ , le moment prĂ©cis mais aussi les instants qui ont directement suivis, j'ai compris l'Ă©vidence : ce type que j'Ă©tais devenu, je le dĂ©testais purement et simplement. Et pas parce qu'il frappait une femme, non, mais parce je n'Ă©tais pas capable de trouver dans ma vie un instant aussi Ă©motionnellement intense que celui-lĂ . Si j'avais du mourir ce jour-lĂ , la seule chose valable que j'aurais retenu, ça aurait Ă©tĂ© ce coup de poing dans la gueule de FĂ©licia. MĂȘme mon histoire avec Lola â histoire qui n'en Ă©tait pas une â ne pesait rien en comparaison. Et c'est lĂ que ça m'a frappĂ©, que ça m'a frappĂ© moi, pour le coup : je n'Ă©tais rien. Mon existence s'Ă©tait simplement laissĂ© couler au fur et Ă mesure que les jours s'emboĂźtaient les uns dans les autres. Et j'ai flippĂ©. Parce que je savais que je ne voulais pas ĂȘtre ce type que j'avais pourtant toujours Ă©tĂ©.
De retour chez moi, j'ai appelĂ© un Ă un les gens que je considĂ©rai jusque-lĂ comme mes amis. Je leur ai demandĂ© ce qu'il pensait de moi ; dis n'importe quoi, je leur ai demandĂ©, dis ce qui te passe par la tĂȘte. Et quand j'ai raccrochĂ© j'ai su qu'il fallait que je dynamite ce type-lĂ . Ce que je m'efforce toujours de faire, presque un an plus tard. Le processus n'est pas encore achevĂ©, mais il est en marche. Parce que se dynamiter soi-mĂȘme, mine de rien, ce n'est pas Ă©vident.
Je ne sais pas exactement pourquoi j'ai tenu Ă mettre cette histoire sur le papier (et sur ce blog). Peut-ĂȘtre que de cette façon, je suis arrivĂ© Ă fixer ce sur quoi je pensais ne pas avoir de prise. Ou peut-ĂȘtre que c'est autre chose, peut-ĂȘtre que c'est pour me forcer Ă aller au bout de mon raisonnement... Ăa se pourrait. Mais je n'en sais rien. Cet article est peut-ĂȘtre mon dernier. Si je trouve un quelconque intĂ©rĂȘt Ă poursuivre l'expĂ©rience blog, j'y reviendrai peut-ĂȘtre, mais sinon... oui, cet article risque bien d'ĂȘtre mon dernier.
En errant au beau milieu de mes vieux articles, je me suis aussi rendu compte que le dernier Ă avoir Ă©tĂ© mis en ligne portait la date du 12 juin 2006, il y a un an exactement. Cette coĂŻncidence combinĂ©e Ă la surprise de trouver le blog toujours en activitĂ© m'a donnĂ© envie d'Ă©crire un petit quelque chose. Il ne s'agit pas de reprendre mon activitĂ© de blogueur lĂ oĂč je l'ai laissĂ©. Je n'ai pas envie de m'engager Ă poursuivre ce simili journal intime. Il est d'ailleurs possible que cet article miraculeux soit aussi mon dernier. Quoiqu'il arrive, je doute que cela intĂ©resse qui que ce soit. Je pense mĂȘme que le peu de visiteurs qui s'Ă©taient Ă©chouĂ©s ici l'annĂ©e derniĂšre ont depuis complĂštement dĂ©sertĂ©s le navire. Ce n'est peut-ĂȘtre pas plus mal. Je crois que je prĂ©fĂšre parler Ă un mur pixelisĂ© qu'Ă une foule potentielle d'anonymes.
Pour le coup j'abandonne le pseudonyme imbĂ©cile que je m'Ă©tais trouvĂ© lors de la crĂ©ation du site et je rĂ©cupĂšre mon prĂ©nom naturel. Ce n'est pas une question d'honnĂȘtetĂ©, c'est une simple considĂ©ration esthĂ©tique.
En un an de nombreux changements ont eu le temps de s'opĂ©rer dans ma vie. Aujourd'hui j'ai 28 ans, je ne vis plus Ă Bordeaux, et je ne travaille plus dans une librairie. Je n'ai plus aucun contact avec ma famille (ou si peu) et je ne vois plus aucun de mes anciens amis. FĂ©licia n'est plus pour moi qu'un nom comme les autres qui ne m'Ă©voque rien sinon quelques souvenirs, parfois douloureux, parfois agrĂ©ables, souvent inconsistants. Lola demeure cette image vivifiante que j'ai toujours gardĂ©e en moi et adorĂ©e plus ou moins consciemment mais je m'efforce de ne pas penser Ă elle. Je ne suis plus la personne que je m'Ă©tais habituĂ© Ă ĂȘtre vingt-sept annĂ©es durant. Je suis comme qui dirait en reconstruction. Il m'a fallut un an pour en arriver lĂ , un peu moins peut-ĂȘtre, mais le processus n'est pas encore achevĂ©.
Je me contenterai d'évoquer l'élément déclencheur d'une telle révolution. Car il s'agit bel et bien de révolution. Revenons donc un an en arriÚre. J'ai encore 27 ans, je vis encore à Bordeaux et Félicia signifie encore quelque chose à mes yeux. Je ne sais plus exactement quel jour on est, mais je sais que ça se passe quelque part entre le quart de final de la France contre le Brésil et la finale perdue contre l'Italie. On a les moyens mémo-techniques qu'on peut.
FĂ©licia et moi, on ne s'est pas beaucoup vus pendant la coupe du monde. Les matchs, certes, ainsi que le laisse supposer mon dernier article, mais ce n'est finalement pas de cela dont il s'agit. Disons simplement que les circonstances nous ont conduits Ă rester chacun de notre cĂŽtĂ©. Le boulot, quelques soucis familiaux, ce genre d'emmerdements tout Ă fait anodins. Toujours est-il que lorsque l'on s'est revu « pour de vrai », un soir, une soirĂ©e rien que pour nous, censĂ©e ĂȘtre agrĂ©able, quelque part entre le quart de final contre le BrĂ©sil et la finale perdue contre l'Italie, c'Ă©tait aussi la derniĂšre fois qu'on se voyait en tant que couple. Ces trucs lĂ ne se prĂ©voient pas.
J'avais rendez-vous chez elle et de lĂ on Ă©tait censĂ© vagabonder au grĂ© de nos envies. Finalement on est restĂ© dans son appartement. On a discutĂ©, de tout et de rien, on a commandĂ© une pizza ou quelque chose comme ça, peu importe. Le truc Ă savoir, c'est qu'on a discutĂ©. Et que dix minutes plus tard je lui ai Ă©crasĂ© mon poing contre la gueule. Non, pas exactement mon poing, en fait. L'intermĂ©diaire entre la main tendue, paume en avant, et le poing fermĂ©. Une posture intermĂ©diaire. Qui s'est Ă©crasĂ© contre sa pommette, son nez, son oeil, aussi, peut-ĂȘtre. Je ne lui ai pas cassĂ© le nez, je ne l'ai pas fait saigner, je ne suis mĂȘme pas sĂ»r de lui avoir laissĂ© un bleu. D'ailleurs je ne suis pas quelqu'un de violent. Je ne me suis jamais battu plus que ça. Et jamais je n'ai frappĂ© une femme. Avant ce soir. Et je ne le regrette pas. Pas pour le geste en lui-mĂȘme bien sĂ»r, ni mĂȘme pour ses consĂ©quences directes sur FĂ©licia, mais pour les consĂ©quences Ă long terme qu'il a entraĂźnĂ©. Lui filer un coup comme ça, de cette façon-lĂ , Ă ce moment-lĂ , je crois que ça Ă©quivalait pour moi Ă en recevoir un. Le choc a Ă©tĂ© identique. Il va de soit que FĂ©licia m'a demandĂ© de partir. Elle me l'a demandĂ© trĂšs calmement, sans Ă©lever la voix, sans s'Ă©nerver, de cet oeil glacial qu'elle a parfois quand elle sait que ça me met hors de moi. Sans autre forme de discussion. Tant mieux, je n'en cherchai pas. Je suis parti. Nous ne nous sommes pas reparlĂ© depuis. Une fois je l'ai croisĂ©e aprĂšs cet Ă©vĂ©nement, lorsqu'elle est passĂ© chez moi me rendre quelques affaires, mais on ne s'est pas Ă©changĂ© le moindre mot.
Je ne vais pas expliciter ici les raisons d'un tel geste. Peut-ĂȘtre le dirai-je un jour, mais pas aujourd'hui. Je pense d'ailleurs qu'un lecteur suffisamment attentif pourra le dĂ©duire d'aprĂšs mes anciens articles et mes anciens Ă©tats d'Ăąmes Ă©talĂ©s ici mĂȘme. L'important, ce n'est pas l'Ă©vĂšnement en lui-mĂȘme mais les bouleversements qu'il a entraĂźnĂ©.
Difficile de dire exactement ce que j'ai ressentis Ă ce moment-lĂ . Peut-ĂȘtre que c'Ă©tait du soulagement, peut-ĂȘtre aussi que c'Ă©tait de la peine ou de la douleur. De la douleur, j'en ai certainement eu, une douleur lancinante dans la main droite pendant plusieurs jours aprĂšs le coup, mais dans la tĂȘte, non, rien, aucune douleur psychologique ou peu importe ce que ça peut ĂȘtre. Aucun choc concernant le fait que le visage que je venais de frapper Ă©tait celui d'un individu, d'une femme. Pour moi, Ă ce stade-lĂ de mon Ă©volution personnelle, ça aurait aussi bien pu ĂȘtre un mur, une porte, ou autre chose, ça n'aurait rien changĂ©.
Je crois simplement que la simple dĂ©charge physique que j'ai ressenti, celle-lĂ mĂȘme qui canalisait une colĂšre enfouie depuis longtemps, a fait ressortir beaucoup de ce dont je ne soupçonnais mĂȘme pas l'existence et que j'aurais du mal Ă nommer. Je crois qu'Ă ce moment-lĂ , le moment prĂ©cis mais aussi les instants qui ont directement suivis, j'ai compris l'Ă©vidence : ce type que j'Ă©tais devenu, je le dĂ©testais purement et simplement. Et pas parce qu'il frappait une femme, non, mais parce je n'Ă©tais pas capable de trouver dans ma vie un instant aussi Ă©motionnellement intense que celui-lĂ . Si j'avais du mourir ce jour-lĂ , la seule chose valable que j'aurais retenu, ça aurait Ă©tĂ© ce coup de poing dans la gueule de FĂ©licia. MĂȘme mon histoire avec Lola â histoire qui n'en Ă©tait pas une â ne pesait rien en comparaison. Et c'est lĂ que ça m'a frappĂ©, que ça m'a frappĂ© moi, pour le coup : je n'Ă©tais rien. Mon existence s'Ă©tait simplement laissĂ© couler au fur et Ă mesure que les jours s'emboĂźtaient les uns dans les autres. Et j'ai flippĂ©. Parce que je savais que je ne voulais pas ĂȘtre ce type que j'avais pourtant toujours Ă©tĂ©.
De retour chez moi, j'ai appelĂ© un Ă un les gens que je considĂ©rai jusque-lĂ comme mes amis. Je leur ai demandĂ© ce qu'il pensait de moi ; dis n'importe quoi, je leur ai demandĂ©, dis ce qui te passe par la tĂȘte. Et quand j'ai raccrochĂ© j'ai su qu'il fallait que je dynamite ce type-lĂ . Ce que je m'efforce toujours de faire, presque un an plus tard. Le processus n'est pas encore achevĂ©, mais il est en marche. Parce que se dynamiter soi-mĂȘme, mine de rien, ce n'est pas Ă©vident.
Je ne sais pas exactement pourquoi j'ai tenu Ă mettre cette histoire sur le papier (et sur ce blog). Peut-ĂȘtre que de cette façon, je suis arrivĂ© Ă fixer ce sur quoi je pensais ne pas avoir de prise. Ou peut-ĂȘtre que c'est autre chose, peut-ĂȘtre que c'est pour me forcer Ă aller au bout de mon raisonnement... Ăa se pourrait. Mais je n'en sais rien. Cet article est peut-ĂȘtre mon dernier. Si je trouve un quelconque intĂ©rĂȘt Ă poursuivre l'expĂ©rience blog, j'y reviendrai peut-ĂȘtre, mais sinon... oui, cet article risque bien d'ĂȘtre mon dernier.











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