225F. l'heure de vacation
Par Guillaume Vissac le jeudi 29 mai 2008, 20:07 - Journal - Lien permanent
...et me voilà à essayer de squatter l'intranet du collège pour bloguer ; on occupe ses heures de trou (trois en l'occurrence) comme on peut ; on évacue si possible les tensions des heures d'avant ; j'ai collé trois élèves aujourd'hui ; pas particulièrement agréable en plus parce que ça me fait remplir de la paperasse et que dans cette paperasse il faut que je fasse gaffe à pas laisser de faute d'orthographe ; ça ferait con sinon ; je récupère ce matin en arrivant une feuille dans mon casier qui est en fait une photocopie de mon pseudo contrat de travail ; du ... au ... pour un maximum de ... heures de vacation rémunérées sur la base de 225F. l'heure de vacation ça dit ; la prose du rectorat me laisse sans voix ; leur modernité également ; en plus il y a une faute à Firminy dans la case « lieu de naissance »; mais ça c'est peut-être à cause de moi ; jamais fichu de l'épeler sans l'écorcher ; je fuis comme la peste la salle des profs en revanche ; ras le bol qu'on me donne des conseils au cas où ça se passe mal ou alors des hésite pas à demander de l'aide si jamais il y a un problème ; c'est sympa en soi, je reconnais, mais je commence à me dire que si jamais ça se passe bien (soyons fou), alors plus personne ne sera fichu de m'aider ; je fuis les contacts humains comme la peste depuis que ces mêmes contacts humains passent leur temps à disserter sur des non mais les fonctionnaires faut arrêter aussi, bien sûr qu'il y en à trop, il a raison en fait Sarko, et puis faut voir le boulot qu'ils font dans les bureaux et tout, je veux dire faut arrêter, ils bossent entre neuf et onze heures quoi ; et puis aussi : ouais enfin sauf dans l'éducation nationale parce que bon voilà à cause d'eux on se fait mal voir ; ou encore : ouais enfin, sauf ceux qui sont dans des bureaux, hein, on les connaît ; et puis enfin, après : intervention murmurée d'une pionne à côté de moi : ah ça c'est beau d'être con ; on se prépare à se lasser, sinon : je rentre ce soir avec Il n'y a pas d'amour heureux en boucle dans ma tête ; c'est avec la chanson que j'entame ma séquence poésie (puisqu'il faut que j'en fasse une) ; et tant pis pour les questions du style m'sieur dites est-ce que c'est votre chanson pré-fé-rée ? ; en réalité l'intranet du collège, ça passe pas ; pas plus que ce réseau sans fil non sécurisé que je détecte de je sais pas où ; tant pis, je finis par le mettre en ligne à la maison, comme d'hab...
Commentaires
La salle des profs, en fin de compte, est un lieu de rétorsion politique et de non-détente. Cela jacasse sur le syndicat et l'éventualité d'une grève "pour leur montrer". De temps à autre, d'une pulsion de strangulation envers un élève. Sans plus. Tu fais fichtrement bien d'éviter cette concentration. L'écriture, y a que ça de vrai pour te sauver des postillons engagés et des tasses de café mal filtré.

Maintenant, j'avais complètement oublié cet aspect : tu dois préparer des leçons/séquences/tâche-problèmes. J'en ai plein mon disque dur. Au cas où l'inspiration fait défaut...
Le problème c'est que je suis obligé d'y passer par la salle des profs, ne serait-ce que pour prendre/poser le cahier d'appel et/ou récupérer les "feuilles d'incidents" pour coller les p'tits cons. D'ailleurs j'en ai encore entendu de bonnes aujourd'hui...
Merci pour ton offre, sinon, mais j'ai déjà des cours de prêts sous la main à la maison donc pas de soucis
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