Omega Blue
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A jamais assujetti (impression)

Par Menear, mercredi 27 août 2008 à 16:27 - Journal - Brèves
...cette année plus simple qu'une autre ; je n'ai pas eu à écumer les annonces ANPE cette fois et ne parlons pas des remplacements tombés du ciel du jour au lendemain ; je sais depuis hier que je travaillerai cette année au collège d'Y., situé à dix minutes de chez moi à peine ; se faire à l'idée d'une chute de statut social en revanche (et de salaire) ; je signerai mon contrat d'assistant d'éducation (a.k.a surveillant, a.k.a pion) ce lundi, et dans la foulée un mois de mise à l'essai (ne pas insulter les gamins, ne pas insulter les gamins) et dans la foulée de la foulée, si essai réussi, un CDD pour l'année (ne pas se laisser insulter par les gamins, ne pas se laisser insulter par les gamins) à dix-huit heures par semaine ; c'est exactement ce que je voulais ; un temps partiel où je n'aurais pas trop à m'investir ; à dix minutes à pied donc pas d'abonnement transport à payer ; et un rythme continu sur l'année ; de quoi écrire en paix, en rythme ; ce dont j'avais besoin ; et tant pis pour les attention, être surveillant ça ne doit pas être un travail alimentaire, c'est un vrai métier et les au niveau du salaire c'est un tout petit peu plus que le smic de la CPE qui m'a entrevu hier ; ces deux phrases proches de moins de deux minutes l'une de l'autre ; tant pis aussi pour le rythme scolaire auquel j'ai l'impression d'être à jamais assujetti ; et par conséquent l'impression qu'en réalité rien ne change et que je ne grandis pas ; j'aimerais un jour pouvoir travailler dans un hôpital psychiatrique quitte à y nettoyer le sol et la merde ; paradoxe habituel : j'aimerais pouvoir expérimenter d'autres milieux mais se rabattre sur ceux que l'on connaît déjà est en soit plus rassurant ; plus facile...

Sang trop lent

Par Menear, mardi 29 juillet 2008 à 20:41 - Journal - Brèves
...parce qu'étrangement cette semaine se déroule en travers ; d'abord le vide des premiers jours à errer entre les murs et les rues ; vu personne pratiquement ; Élise le jour de mon arrivée et Nico dans la foulée par hasard ; puis ce week-end et depuis les journées qui se chevauchent de travers ; se recouvrent les unes les autres ; je n'ai dormi que trois quatre heures ce matin ; je fonctionne au ralenti parce que (ou bien alors c'est un symptôme et non une cause) du sang trop lent dans mes veines ; le journal en panne sèche pendant ce temps parce que plus vraiment l'impression de pouvoir l'approvisionner encore ; je devrais faire comme Laurianne et tracer précisément dans l'agenda les évènements qui dépendent de chaque jour et etc. ; ce vendredi je repars ; entre juilletiste et aoutien ; en réalité rien du tout ; simplement en train de poireauter à Lyon entre deux quais ; une dernière nuit à Nuggets City ensuite ; déménagement dans la foulée du lendemain ; et d'ici là retour aux normes des pulsations subies, sans doute...

Prendre une photo du magasin de tondeuses

Par Menear, vendredi 11 juillet 2008 à 20:38 - Journal - Brèves
...seule chose qu'il aurait fallu, non, qu'il fallait absolument que j'accomplisse cette année durant mon exil à Nuggets City ; prendre une photo du magasin de tondeuses à cinq minutes de chez nous même pas ; la vitrine j'entends ; dans la ruelle à côté de l'ancienne station service, en face de la pharmacie ; probablement l'unique décors qui vaille quelque chose par ici ; impossible de le décrire en revanche, d'où l'importance de la photo ; et en dix mois de vie sarthoise, pas une fois je n'aurais trouvé le courage d'attraper mon appareil pour descendre en ville et prendre une photo de la chose ; toujours ces non mais plus tard, j'ai encore le temps ; départ qui se rapprochait de plus en plus ; zéro photo au final ; je me rassure en me disant que peut-être, au moment du déménagement, un petit détour vers ; sinon je serais foutu de revenir exprès pour...

Ouroboros CQFD

Par Menear, lundi 7 juillet 2008 à 16:42 - Journal - Brèves
Fera office de test pour la webfiction Qu'est-ce qu'un logement, actuellement en cours d'écriture.



Le reste est usant jusqu'aux nerfs.

Vendredi 13

Par Menear, vendredi 13 juin 2008 à 18:41 - Journal - Brèves
...enfin la paix (ou l'impression d'avoir la paix) puisque « mes » monstres se sont enfin comportés comme des gamins normaux (ou tout du moins tel qu'on aimerait qu'ils le soient) ; comme quoi, ô surprise, il suffit de leur coller un devoir pour qu'ils se calment ; il suffit de les menacer à coup de moins un moins deux moins trois et ainsi de suite ; il suffit de ; en sortant du collège, croiser l'un des monstres en question qui demande, pendant que je sors mon MP3 de ma veste, ce que j'écoute ; lui répondre : un groupe disco-punk hongrois de la fin des années 80 et puis de l'accordéon minimaliste aussi évidemment ; et en quittant le collège (en week-end !), une conversation qui se répète de semaine en semaine ; exactement ; au mot près ; un collègue, vacataire comme moi (ou « deux cent heures » comme aiment le marteler grassement un autre de mes « collègues », avec guillemets cette fois) qui me raconte ses malheurs de vacataire et que l'éducation nationale, ça va plus, c'est plus possible, on va droit dans le mur, c'est déplorable ; et moi qui acquiesce en face de lui ; hmm hmm ; jusqu'à ce qu'il finisse par descendre du tram en question ; parce que quoi dire d'autre que je ne lui aurais pas déjà dit lors de nos discussions des semaines précédentes ? ; entre temps je commence à me rappeler (des fois que j'aurais oublié) que la course des 24 heures du Mans c'est ce week-end et c'est... au Mans ; chic ; je vois défiler les grosses voitures et les gros beaufs à l'intérieur ; la palme à tous ceux qui klaxonnent comme des veaux ; la palme à ceux qui font ronfler le moteur avec des sourires de gars-bien-satisfait-de-l'engin ; la palme à tous ceux qui, déguisés, s'agglutinent dans les trams ; déguisés, je veux dire, avec des casquettes et des t-shirt et des lunettes officielles (o-ffi-i-ciel-les!) des 24 heures du Mans ; ceux-là, particulièrement, me font un drôle d'effet ; mais les autres aussi ; et puis le portrait-type du touriste-fan de course automobile : grand, large, le crane rasé, de grosses lunettes de soleil en travers de la tronche, un t-shirt ou une casquette qui a un rapport, de près ou de loin, avec un quelconque sport automobile ; évidemment, il parle soit anglais, soit allemand et il prend deux places à lui tout seul dans le tram ; et les rues bien propres du centre-ville ; et les petits panneaux/photos/affiches qui nous rappellent que c'est bien ce week-end, ouais, trop bien ; du coup, je me dis, Le Mans, ce week-end : à éviter... je foire mes titres ces temps-ci...

Un Tom Selleck dépressif en réalité

Par Menear, jeudi 12 juin 2008 à 23:23 - Journal - Brèves
Journée d'hier postée le lendemain et datée de la veille.

...malgré ce que j'ai déjà pu en dire, commencer sa journée sur la gueule-à-Tom-Selleck qui tire la tronche quand il ouvre les portes de son bus, ça donne pas très envie de la poursuivre ; faut dire que conduire la bus-NRJ-à-fond dès sept heures et demi le matin ça doit être moyennement motivant comme perspective de journée ; ne nous racontons pas d'histoire, la perspective de retrouver mes chieurs m'inspire tout autant ; chacun sa merde ; et de devoir errer dans les allées irradiées aux néons d'un Carrefour pris d'assault par des p'tits vieux ; et de devoir poireauter à la caisse dix minutes, tout ça pour une bouteille de Destop, pas particulièrement épanouissant non plus ; de plus Le Mans (24h ou pas) sous la pluie, ça craint ; trois heures de cours de suite dans l'après-midi, ça craint aussi ; ramper jusqu'au bureau de la secrétaire pour piteusement demander si son contrat (qui se termine le lendemain) sera ou non reconduit jusqu'à la fin de l'année, c'est un peu pénible également ; surtout quand la secrétaire en question se fend d'un « ah ouais tiens ben chépa trop en fait » ; puis d'un « non mais vous inquiétez pas hein Mme X elle est pas prête de revenir hein » ; du coup non, du tout, je m'en fais pas ; pénible aussi de ne toujours pas savoir si je suis attendu pour le conseil de classe (qui a lieu je-sais-pas-quand) ; du coup, je me dis, on me prend pour un con donc je joue au con (et je sais bien jouer au con) donc je fais comme si de rien n'était, donc je demande rien à personne, donc je me prépare à ne pas aller au conseil de classe ; c'est pas comme si j'avais des choses à y dire de toute façon ; agaçant enfin de devoir apprendre par « ses » élèves que « la semaine prochaine vendredi on sera pas là parce qu'on part avec la prof de Maths à Poufville » (troisième semaine de suite qu'un truc comme ça se produit, parfois les élèves me préviennent le matin pour l'aprem...) ; information de suite corrigée par les plus attentifs ; « oui mais par contre y a que les filles qui y vont » ; « oui parce que les garçons presque tous ils viennent pas parce qu'ils sont trop pénibles » ; du coup se préparer à occuper six ou sept emmerdeurs, vendredi prochain ; du coup, continuer de jouer au con (je sais très bien jouer au con) et rien leur préparer du tout, simplement leur filer un film ou une série à regarder ; j'ai été engagé pour faire la nounou, rien de plus normal, donc, à ce que je me comporte comme telle ; fin de journée où je remarque en rentrant que j'ai laissé ma voix entre les murs de la salle 202 ; et s'amuser à compter le nombre d'occurrences du mot « pénible » et ses dérivés dans ce billet, voilà qui devrait occuper...

225F. l'heure de vacation

Par Menear, jeudi 29 mai 2008 à 20:07 - Journal - Brèves
...et me voilà à essayer de squatter l'intranet du collège pour bloguer ; on occupe ses heures de trou (trois en l'occurrence) comme on peut ; on évacue si possible les tensions des heures d'avant ; j'ai collé trois élèves aujourd'hui ; pas particulièrement agréable en plus parce que ça me fait remplir de la paperasse et que dans cette paperasse il faut que je fasse gaffe à pas laisser de faute d'orthographe ; ça ferait con sinon ; je récupère ce matin en arrivant une feuille dans mon casier qui est en fait une photocopie de mon pseudo contrat de travail ; du ... au ... pour un maximum de ... heures de vacation rémunérées sur la base de 225F. l'heure de vacation ça dit ; la prose du rectorat me laisse sans voix ; leur modernité également ; en plus il y a une faute à Firminy dans la case « lieu de naissance »; mais ça c'est peut-être à cause de moi ; jamais fichu de l'épeler sans l'écorcher ; je fuis comme la peste la salle des profs en revanche ; ras le bol qu'on me donne des conseils au cas où ça se passe mal ou alors des hésite pas à demander de l'aide si jamais il y a un problème ; c'est sympa en soi, je reconnais, mais je commence à me dire que si jamais ça se passe bien (soyons fou), alors plus personne ne sera fichu de m'aider ; je fuis les contacts humains comme la peste depuis que ces mêmes contacts humains passent leur temps à disserter sur des non mais les fonctionnaires faut arrêter aussi, bien sûr qu'il y en à trop, il a raison en fait Sarko, et puis faut voir le boulot qu'ils font dans les bureaux et tout, je veux dire faut arrêter, ils bossent entre neuf et onze heures quoi ; et puis aussi : ouais enfin sauf dans l'éducation nationale parce que bon voilà à cause d'eux on se fait mal voir ; ou encore : ouais enfin, sauf ceux qui sont dans des bureaux, hein, on les connaît ; et puis enfin, après : intervention murmurée d'une pionne à côté de moi : ah ça c'est beau d'être con ; on se prépare à se lasser, sinon : je rentre ce soir avec Il n'y a pas d'amour heureux en boucle dans ma tête ; c'est avec la chanson que j'entame ma séquence poésie (puisqu'il faut que j'en fasse une) ; et tant pis pour les questions du style m'sieur dites est-ce que c'est votre chanson pré-fé-rée ? ; en réalité l'intranet du collège, ça passe pas ; pas plus que ce réseau sans fil non sécurisé que je détecte de je sais pas où ; tant pis, je finis par le mettre en ligne à la maison, comme d'hab...

Frontière d'un monde sans écran

Par Menear, dimanche 25 mai 2008 à 14:28 - Journal - Brèves
...un des derniers week-end sarthois qu'on se le dise (ça se tire, ça se tire) ; enfin un climat potable dans notre campagne-à-volailles ; déçu cela dit de ne pas pouvoir migrer sur Lyon le temps d'une table ronde aux Assises du roman la semaine prochaine ; Rodrigo Fresan sera présent ; une bien belle soirée en revanche avec ce double concert d'hier soir ; le festival de l'Epau au Mans ; avec Francesco Tristano Schlimé d'abord et le Kronos Quartet ensuite ; ambiance très Télérama bien sûr mais peu importe ; de 19h30 à 23h15 environ pour six euros et vive les tarifs pour les jeunes gens dynamiques (comme nous) ; Schlimé qui nous sert un piano/laptop glacial (pas franchement péjoratif, qu'on se comprenne) avec ambiance électronique très intéressante ; le Kronos Quartet et une très belle interprétation d'un thème bollywoodien avec éléphants en fond sonore (entre autres) ; le tout dans une abbaye, soirée charmante ; un peu plus tôt un investissement que je retiens depuis plusieurs mois ; un petit Eeepc tout petit petit ; histoire de pouvoir continuer à écrire pendant mes heures de trou au collège Prévost ; et pourquoi pas histoire de m'occuper sur MSN durant ces mêmes heures de trou ; et avec cette acquisition là c'est un fantôme que j'enterre définitivement ; la frontière d'un monde sans écran est dépassée ; il n'y avait déjà plus beaucoup de moments de mon temps libre que je passais hors de l'écran jusque là ; à présent avec la possibilité de lire des livres électroniques et de surfer et d'écrire sur le petit Eeepc ça va devenir encore plus rare de me décoller du LCD ; le nombre d'écran qu'on commence à accumuler ici c'est assez impressionnant ; mais l'opportunité de continuer à corriger/reprendre « Coup de tête » à l'ombre du jardin des plantes, je l'admets, est assez séduisante...

Reload

Par Menear, samedi 17 mai 2008 à 14:39 - Journal - Brèves
...première fois depuis qu'on est là qu'il fait un temps potable dans la Sarthe ; probablement que ça tombe à pic pour « Coup de tête » censé se dérouler en plein mois d'août été-caniculaire ; chaleur-lourde qui s'est un peu calmée depuis ces derniers jours ; amusantes coïncidences dans mes lectures (journal des coïncidences) : je remarque que la trame principale de The Sorrows of an American (dernier Siri Hustvedt que je suis en train de lire) est assez similaire à celle de Balayer fermer partir, mon livre précédent ; dans le Hustvedt, il arrive parfois que le narrateur, un psy, s'amuse à retranscrire certains de ces rêves ; que penser du mien, le dernier, celui où je mélange Blacksad et X-Files pour construire une situation-polar tout à fait pertinente ; celui où je marche ensuite dans la rue en quête de munitions « au cas où j'en ai besoin pour la suite » ; je suis aussi poursuivis par les flics ; obsession de l'anticipation-permanente bien réelle ; Girl, you thougt he was a man but he only was a muffin, dit Frank Zappa dans mes enceintes (Muffin man) ; notre grande télé en rade, voilà qu'on s'écrase les yeux sur le petit écran à présent (à nouveau) ; hier Nico m'envoie un mail pour me demander de lui envoyer le contenu d'un oral sur Proust qu'on a fait l'année dernière ; le rythme binaire du début (anaphore en « comme je + négation ») traduit son enthousiasme ; ce billet-brève est foutraque ; replongé dans une quatrième version de « Coup de tête » finalement ; à mon rythme cette fois ; sans programme, sans quota ; sans foncer ; même si j'ai le nez dessus en ce moment, il me semble que c'est sur la bonne voie ; parano à présent sur la bonne santé de mon ordinateur, je me mets à faire des sauvegardes quotidiennes de mon dossier « Textes » histoire de parer à toute mauvaise surprise...

Entre les rames

Par Menear, jeudi 24 avril 2008 à 14:52 - Journal - Brèves
...l'impression de passer mon temps dans des trains ; arrivé la semaine dernière, je repars tout à l'heure ; un nouveau train, un nouveau numéro, de nouvelles matriochkas-mentales probablement ; vu plein de monde ces derniers jours (même si : plusieurs fois les mêmes personnes), ça tranche des longues semaines poulèsiennes où il ne se passe rien et où je ne croise personne ; hier, aprem sympa avec Patrick et Nico et Isa et puis le soir avec Isa et Elsa et Laurianne, sympa comme tout, avec des crêpes et puis la Nouvelle Star aussi (oh Jules eh oh, c'était quoi ce truc affreux ?) ; le hype du hype quoi ; et puis refaire tout mon sac ça me saoule alors, d'autant plus que j'ai l'impression de revenir avec trois fois plus de trucs que ce que j'avais quand je suis arrivé ; et tous les bouquins que j'embarque, où est-ce que je vais les caser ? ; pleins d'idées dans la tête sinon mais il faut aussi savoir les mettre de côté parce que je manque de rigueur putain c'est vrai quoi alors les autres trucs parallèles (ou pas parallèles d'ailleurs) ça devra attendre ; j'ai abandonné la lecture de Mao II, sinon ; pas accroché ; les autres trucs, je disais, ça devra attendre, parce que maintenant c'est simple : je te finis « Coup de tête » et je fais rien d'autre tant que c'est pas terminé-terminé parce que ça commence à bien faire ; avant-hier j'ai reçu une proposition de proposition pour bosser dans un tabac/presse mais ça me semble un peu juste niveau durée (n'étant plus dispo après le mois de juin) alors je préfère attendre que le rectorat me recontacte pour d'autres trépidantes aventures-de-prof ; plus intéressant ; mieux payé ; là c'est les vacances alors dans les semaines qui viennent peut-être ; niveau musique je jongle avec les Stones et Zappa sur Deezer mais je n'ai rien de tout ça dans mon MP3 alors dans le train ce sera niet (ou plutôt : ce sera autre chose) ; aikangètnau, etc...

Ajout du lendemain pour la veille

...sur le quai de la gare à attendre le TER pour Lyon à présent ; il est quelque chose comme cinq heures et quelques, mon TER à cinq heures dix-huit ; débarque une fille qui se plante devant moi ; elle porte des espèces de chaussures noires qui brillent et une mini-mini-jupe rose avec un blouson par dessus qui a de la fourrure tout autour du col ; elle me demande si c'est bien ce train là pour Lyon-Part-Dieu en me désignant la voie vide devant nous ; je lui réponds ouais, même si je bloque quelques secondes devant ce train imaginaire ; comme elle a l'air inquiète, je lui apprends qu'il est possible qu'ils remplacent certains trains par des cars, ce que je viens de lire quelques minutes plus tôt sur l'écran d'informations dans le hall ; elle me dit merde, putain, non mais c'est pas vrai, qu'ils la prennent vraiment trop pour une conne que elle elle va à Rive de Gier et que faut pas la faire chier parce que non mais en plus elle, elle est trop gentille alors tu penses ; moi, je ne pense rien ; elle me dit aussi non mais je suis trop conne tout en fouillant dans son sac pour attraper je sais pas quoi ; et moi je m'arrange pour détourner les yeux parce que du coup je ne sais pas si je suis censé répondre quelque chose et que si je réponds quelque chose, je me vois mal dire « oui ma pauvre fille, t'es trop conne » ; arrivé dans le train, je me retrouve juste derrière elle ; elle me demande si on arrive bien à Rive de Gier à cinq heures trente-sept ; je lui réponds que j'en sais rien, je descends pas à Rive de Gier ; elle me dit vous descendez où ? ; je lui réponds Lyon mais je pourrais tout aussi bien lui répondre oh on a le même âge alors ton vouvoiement tu sais ce que j'en fais ? ; ensuite elle passe la majeure partie du trajet à parler à sa mère au téléphone (ou bien toute seule encore) et de l'autre côté de son siège, je me dis que je sais maintenant à qui elle me fait penser ; elle me rappelle une fille que j'ai connu au lycée, elle s'appelait Amélie, et je pouvais pas la piffer...