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mars 2006

vendredi 31 mars 2006

Rions un peu avec Google

Mon outil de statistiques qui, au passage, sait exactement qui vient sur mon blog, quand et comment (Big Brother is watching you !), me fournit parfois quelques petites crises de fou rire. La raison ? Les mots clés Google (pas que Google, mais principalement Google) qui m'amène des visiteurs. En voici un petit florilège, qui reprend certaines des dernières visites (malheureusement, l'outil de statistiques en question ne garde pas tout en mémoire, donc quelques perles sont définitivement tombées dans l'oubli, je pense à une avec des japonaises perverses qui faisaient chéplukoi d'ailleurs...). Voici donc le florilège en question !

- blog, padawan, msn
- villepin, sers, les, fesses, on, arrive, à, toute, vitesse (^_^)
- photo, efferalgan (euuuh...)
- il, ne, m'a, pas, rappelé, depuis, un, mois, qu'en, penser (gasp)
- Paris, ville, nulle, pourrie, chiante, triste (effectivement... m'enfin quand même ^^; )
- stylo, bille, encre, ingrédient (re euuuh...)
- le, clip, de, je, cour, de, Ophélie, Winter (ARG !)
- rêver, de, chat
- comment, ecrire, un, monologue

Enfin voilà... Des fois, je me demande comme certains font pour arriver jusqu'à mon blog avec des mots clés pareils... A suivre...

mardi 28 mars 2006

Tom Spanbauer, Faraway Places

Il fallait que je vous parle de Tom Spanbauer. Ce n’était pas possible autrement. Il y a des auteurs, comme celui-là, qu’on ne peut pas ne pas mentionner dans ses « coups de cœur ». Alors, bien sûr, je devrais plutôt vous parler de son chef d’œuvre, de mon livre culte (avec Cent Ans de Solitude de Gabriel Garcia Marquez), à savoir Dans la ville des chasseurs solitaires, l’un des romans les plus modernes de notre époque, l’un des mieux écrits également . Mais bon, calendrier de mes lectures oblige, je vais plutôt vous parler de son premier roman (je crois) : Faraway Places (il me semble que le titre français est " Les chiens de l’enfer ", mais je ne suis pas sûr).

Selon la formule consacrée « l’histoire se passe » en Idaho, dans les années 50, et se propose de suivre le jeune Jacob, le narrateur, un adolescent dont on ne saura jamais réellement quel âge il a. Le roman est assez court (une centaine de pages) et complètement déstructuré. Il n’y a pas vraiment de chronologies dans Faraway Places, mais plus une succession de petits récits qui se complètent au fur et à mesure. Petit à petit, une intrigue bien précise se met en place, qui devient l’élément déclencheur de la vie du narrateur. Le roman présente les thématiques principales de Spanbauer, à savoir la dysfonction de la cellule familiale et le rapport à l’autre. Chez Spanbauer, le rapport à l’autre est d’ailleurs schématisé par l’opposition société conservatrice (une famille dure, religieuse et raciste) VS marginalité. Il y a toujours ce conflit avec ce qu’on ne connaît pas (ici, comme dans les deux autres romans de Spanbauer, il s’agit des Indiens), ce qui est différent et que l’on ne doit pas, en théorie, connaître. En théorie seulement, car le narrateur est le seul à franchir le pas, à approcher l’autre pour devenir, toujours, cette espèce de mélange universel entre le traditionnel et le marginal. La fascination pour le natif américain, c’est aussi, sans doute, une volonté de faire le lien entre le passé et le présent, entre la spiritualité et le monde matériel. C’est aussi une manière d’ouvrir tout un monde de mysticisme. L’opposition entre deux mondes, les « normaux » et les marginaux est, de toute façon, primordiale dans l’œuvre de Spanbauer.

Comme un roman d’apprentissage, Faraway Places aborde aussi l’interdit, interdit qui se rapporte toujours à ce rapport à l’autre, à cette envie, à ce besoin d’évolution. « Deux endroits interdits », nous dit le narrateur, « et trois personnes interdites », telles sont les règles fixées par l’autorité parentale et que, bien entendu, notre Jacob va transgresser. Le passage qui suit illustre d’ailleurs parfaitement cette transgression, dans ce style si caractéristique de Spanbauer, un mélange entre minimalisme (qu’il maîtrisera sans doute mieux dans ses deux autres romans), héritage du mouvement de la Beat Generation et un soupçon de Magic Realism, le réalisme magique (je parlais tout à l’heure de Garcia Marquez, excellent écrivain de Magic Realism). Voici donc la phrase en question :

Two forbidden places and three forbidden people. I disobeyed my father with the river that summer that it got dry. I jumped in the river in June and kept on all summer because it was hot, because the river was so low, and because that summer I was older than I’d been.

Tentative de traduction (je précise, au passage, que la rivière est l’un des endroits interdits): Deux endroits interdits et trois personnes interdites. Pour la rivière, j’ai désobéi à mon père cet été où elle devint asséchée. J’ai plongé dans la rivière en juin, et j’ai continué tout l’été parce qu’il faisait chaud, parce que le niveau de la rivière était tellement bas, et parce que cet été là, j’étais plus vieux que je ne l’avais jamais été.

J’adore cette formule, " and because that summer I was older than I’d been ". Elle est à la fois belle, merveilleuse, et tellement vraie, surtout dans la bouche d’un jeune adolescent. Spanbauer est un spécialiste pour écrire ce genre de phrase, qui vous reste en tête pendant longtemps après la première lecture, comme cette habitude de relier certaines expressions à l’enfance, et donc de révéler la naïveté de ses personnages.

Je ne conseillerais pas Tom Spanbauer en général et Faraway Places en particulier à tout le monde cela dit. Ce n’est pas ce qu’on pourrait appeler un auteur accessible. Mais il vaut la peine qu’on s’intéresse à ce qu’il fait, à son univers, à son style, l’un des plus terriblement vrai que je connaisse et qu’il m’arrive de plagier, je le reconnais, tellement je l’adore. Je précise au passage, histoire de faire un peu sa pub, que son prochain roman intitulé Now is the Hour devrait paraître (aux USA) en mai prochain. Inutile de préciser que je l’attends avec une grande impatience.

Fin de stage

La semaine dernière était la dernière semaine de notre stagiaire Caroline. Nous avions donc (Melville avait donc) décidé d’organisé un petit dîner d’adieu, de fin de stage, de tout ce que vous voulez. Ce dîner a eu lieu hier soir, à l’Escale Provençale, pour ceux qui connaissent. Il y avait donc Melville, sa femme, Matthias (qui travaille à la librairie de temps à autre, c’est compliqué), Caroline et moi-même.

Tout s’est bien déroulé, le dîner était on ne peut plus plaisant, Caroline est quelqu’un de réellement sympathique et agréable, l’ambiance était détendue, bref, tout était pour le mieux. Je me suis rendu compte que le boulot serait peut être un peu plus pénible, maintenant que Stéphanie s’en va. Elle travaillait efficacement, elle était agréable et elle racontait des blagues idiotes. Ca aidait pour faire passer le temps. Mais bon, tant pis, je ne suis pas vraiment sûr qu’elle souhaitait poursuivre son expérience de librairie de toute façon. A part ça, il y a peu de choses à raconter, car, malheureusement, dans ce genre de repas de boulot, les gens sont souvent exactement pareil qu’au boulot, à savoir superficiels et faussement aimables. Ou peut être que j’invente tout ça, et que j’étais le seul, hier soir, à être réellement superficiel et aimable. Peu importe.

Si j’ai le temps d’écrire ce billet aujourd’hui (et par là j’entends : si je ne travaille pas aujourd’hui) c’est que Melville a eut l’étrange idée de fermer la librairie aujourd’hui. « Par solidarité avec les grévistes contre le CPE », il a dit. C’est étrange, car c’est contre les opinions politiques que je lui prêtais… Mais tout le monde peut se tromper, j’imagine. La librairie est donc fermée pour la journée et je suis moi-même au repos forcé. Ca ne me dérange pas. J’irais rendre une petite visite à Félicia tout à l’heure, si elle est disponible.

Car hier soir, Félicia m’a fait un drôle de truc. En rentrant chez moi, après le repas, j’ai trouvé une lettre glissée sous ma porte. Je l’ai ouverte, et j’ai trouvé quelques paragraphes, bien écrit, d’une écriture de femme, qui me disait que j’étais « performant ». Etrange, n’est-ce pas ? C’est ce que je devrais me dire, mais plus ça va, plus je pense connaître Félicia, et plus ça me parait normal. Evident. Je suis donc performant, je suis ravi de l’apprendre. Elle disait d’autres choses, également, qu’elle voulait me voir, demain (donc aujourd’hui) et que, plus généralement, elle voulait me voir en dehors des massages prévus ou privés qu’elle me donne depuis deux semaines. D’où l’idée de venir la voir par surprise ce soir. Félicia est étrange, elle n’est pas comme les autres femmes que j’ai connu, que j’ai « fréquenté ». Elle est différente. C’est peut être qu’elle est plus vieille, donc moins immature. Elle aura trente-cinq ans en mai, m’a-t-elle dit l’autre jour et, évidemment, ça l’angoisse. J’irais donc la voir tout à l’heure, je commence à m’attacher à elle.

lundi 27 mars 2006

Tout le monde connait mais...

... c'est marrant, alors :P.



A demain ;) !

dimanche 26 mars 2006

Non-dit

Je ne vais pas trop m'étendre sur ce petit texte, si vous voulez un peu d'explications ou de commentaires sans grand intérêt, merci de vous reporter au billet précédent ("Exercice minimaliste") qui explique la démarche de ce "fragment".

C'est une fille qui ne bouge pas, parce que la photo a été prise trop tôt. Ou trop tard. Elle fait partie de ceux qui n'osent jamais dire ce qu'ils pensent parce qu'ils pensent qu'ils pensent mal. Elle n'a sans doute pas toujours été comme ça. L'âge apporte son lot de greffes internes qui ne prennent pas.

Lire la suite.

Exercice minimaliste

Il y a un livre que j’affectionne particulièrement. Il est signé Chuck Palahniuk (l’auteur de Fight Club) et il s’appelle Stranger than Fiction (je donne le titre original, non pas par snobisme, mais simplement parce que le titre français est grotesque). Ce livre, qui n’est pas un roman, regroupe en fait beaucoup de petites anecdotes, pensées et tout ce que vous voulez de cet auteur que j’apprécie beaucoup, et pour cause, en plus d’être un « disciple » de Tom Spanbauer (je vous parlerais un jour de cet homme, il a écrit mon livre culte) il est simplement brillant.

Dans le passage qui m’intéressera aujourd’hui (un chapitre nommé Amy, parce qu’il y parle, entre autres, de Amy Hempel, auteur (autrice) éminemment minimaliste), Palahniuk parle du minimaliste et débute comme suit :

Quand vous étudiez le minimalisme dans l’atelier d’écriture de Tom Spanbauer, le premier texte qu’il vous fait lire, c’est The Harvest d’Amy Hempel. Puis vous vous attaquez à Strays de Mark Richard.
Et après ça, vous êtes démoli.
Si vous aimez les livres, si vous aimez bouquiner, c’est une ligne que vous ne devriez jamais franchir.
Je ne plaisante pas.
Parce que dans le cas contraire, ensuite, vous trouvez nuls tous les romans que vous ouvrez. Tous ces pavés à la troisième personne bourrés d’intrigues piquées dans les journaux… Après Amy Hempel, vous économiserez un paquet de temps et de pognon.

Je garde quelques réserves concernant les « pavés à la troisième personne bourrés d’intrigues piquées dans les journaux », ce n’est pas mon genre ni mon but de ne subir l’influence que d’un seul courant, quel qu’il soit. Pas question, donc, de dénigrer d’autres auteurs ou d’autres mouvements sous prétexte que j’apprécie cette démarche minimaliste. Bref.

En relisant ce petit chapitre, et les quelques « instructions minimalistes » (que j’ai, bien sûr, soit accepté, soit ignoré selon mes désirs) j’ai décidé de me livrer à un petit exercice. Je voulais écrire, depuis hier, un petit « fragment » sur le non-dit. Un instantané du non-dit, en fait. Je me suis donc laissé tenter par l’optique d’écrire un premier jet que je remodèlerais par la suite, dans un mouvement de simplification (peut-on parler de minimalisme dans ce cas précis, à vrai dire je n’en sais rien, mais ce n’est pas vraiment ça qui importe). J’ai donc écrit quatre versions du même texte (qui fait moins d’une page). Ou en fait non, j’ai écrit une version qui s’est par la suite vu amélioré trois fois. Je suis donc toujours resté sur la base de mon premier jet puisque, de toute façon, il n’y a que comme ça que j’arrive à quelque chose (je vous parlerais un jour, peut être, de mon attachement au premier jet). Voici donc les résultats :

Non-dit, première version.
Non-dit, deuxième version.
Non-dit, troisième version.
Non-dit, quatrième version (définitive).

Ce petit exercice est assez révélateur de la façon dont j’écris. Le premier jet constitue une sorte de grosse statue obèse, que j’affine au fur et à mesure jusqu’à en arriver à la forme voulue, plus fine, plus mince. Maintenant, je ne respecte pas toutes les règles du minimalisme dont parle Palahniuk dans son chapitre. J’ai essayé, une fois, de me lancer dans un projet de ce type, projet qui n’a abouti sur rien car, si le texte en lui-même me satisfaisait je savais pertinemment qu’il s’agissait d’un « texte à la manière de » (en l’occurrence, à la manière de Tom Spanbauer) et ce genre d’entreprise ne m’intéresse pas. J’ai donc pris ce que je voulais dans ces règles et j’ai laissé le reste. J’ai complété le tout par mes propres envies, mes propres idées, sans quoi je ne ferais jamais rien de réellement satisfaisant. Tout ça pour dire qu’en fait, le titre de ce billet est trompeur… Mais peu importe, n’hésitez pas à commenter cette évolution (plus ou moins bien réussie d’ailleurs) de ce petit « fragment ».

samedi 25 mars 2006

Ayons confiance...

Mercredi, à l'AG qui se tenait à 15h (et qui n'a commencé qu'une heure et demi plus tard, mais bon, je critique, je critique...) à la Fac, il s'est passé quelque chose en apparence anodine mais qui m'a par la suite beaucoup fait cogiter. Juste pour l'info, la grève et le blocage ont été reconduits jusqu'à lundi 10h (10h !!) avec une majorité assez massive, et inchangée depuis lundi. Je ne m'exprime pas là dessus, à force, je crois que j'en suis venu à ne plus avoir d'avis sur la question. Et puis, après tout, plus ça dure, plus j'ai le temps d'écrire, moi.

La chose en question c'est qu'à un moment, avant le vote du blocage, est venu s'exprimer un pro-blocage et un anti-blocage. Evidemment, l'anti-blocage s'est fait copieusement huer, d'autant plus que, le pauvre, il disait une chose et son contraire en l'espace de quinze secondes... Enfin, toujours est-il qu'il a dit une chose en particulier.Je ne sais plus exactement comment s'était tourné mais, en substance, c'était ça : "de toute façon, les hommes politiques n'ont pas voté cette loi pour emmerder la jeunesse, ce n'est pas pour rien qu'elle a été élaborée. Il faut avoir un minimum confiance en eux. Moi j'ai confiance en eux." Et là, d'un coup, tout le monde a éclaté de rire. Moi aussi d'ailleurs, ça m'a fait marrer, parce que la façon de le dire était comique, parce que c'était un peu pathétique également. Enfin, ça m'a fait rire sur le coup, environ trois ou quatre secondes, parce qu'après, tout de suite après, j'ai commencé à m'inquiéter un peu. Ca veut dire quoi ça ? Que dans notre monde actuel, il est risible de faire un minimum confiance à ceux qui nous gouvernent ? Evidemment, ce petit incident pas vraiment remarqué par d'autres est extrêmement révélateur du climat actuel et, pire, de l'état d'esprit de ceux qui participent à ce mouvement.

Cela rejoint d'ailleurs une analyse de Luc Ferry (l'ancien ministre de l'Education Nationale, et oui) que j'ai entendu ce matin sur LCI : la jeunesse (sous-entendu, celle qui manifeste actuellement) a, quoi qu'il arrive, quoi qu'il soit proposé, peur de ces réformes mises en place par les différents politiques qui se succèdent. Parce qu'on a peur que les choses soient pires, on préfère que rien ne change. Evidemment, cette analyse ne tient pas compte de la bêtise d'un tas de soit disante réforme mise en place ces dernières années, mais il me semble qu'elle est en partie valable. Je la recouperai avec certaines choses que j'ai entendu à la fac ces derniers jours ("pourquoi mettre le CPE de toute façon, c'était très bien comme c'était avant", par exemple). Autre exemple flagrant : les syndicats de jeunesses défilaient, il y a quelques années pour la mise en place du contrôle continu au bac alors que l'année dernière, en réponse à loi Fillon, les lycéens ne voulaient pas du contrôle continu. Il y a des fois où j'ai l'impression qu'on marche un peu sur la tête.

Mais plus grave encore, est-ce que cette paranoïa du politique, cette perte de confiance, cette peur du changement (et pourtant je m'y connais en peur du changement !) ne va pas déboucher sur une démobilisation citoyenne dans les années à venir ? Est-ce que ces pseudos anarcho-révolutionnaires, ces parodies de soixantehuitards ("nous ne travaillerons jamais", était-il écrit sur les murs de la Sorbonne il y a quelques jours, en réponse au "ne travaillons jamais" de mai 68, intéressant retournement de situation n'est-il pas ?) se mobiliseront pour les prochaines échéances électorales ? Puisqu'il est risible de croire aux hommes politiques et en leurs idées, pourquoi s'abaisser à voter et à rentrer dans leur jeu ? "N'élisons pas nos maîtres", après tout... Pour l'info, je préfère le rappeler à ceux qui, on ne sait jamais, pourrait partager cette idéologie douteuse, il y a une différence entre "faire aveuglément confiance aux hommes politiques" et avoir une conscience politique. J'ai une conscience politique, mais je suis égalemment conscient du contexte politique actuel, qui veut que toute action, tout discours ou toute loi est préalablement pensé dans l'optique des prochaines échéances électorales. Au passage (j'ai bientôt fini, promis) j'aimerai dire ici que c'est bien gentil de vouloir s'informer quand on se mobilise pour une cause (je pense à tout ceux qui décortiquent maintenant les articles de journaux, les analyses politiques et les textes de loi pour en tirer des arguments anti-CPE) mais ça ne suffit pas. On ne peut pas s'informer uniquement quand ça nous intéresse, en quel cas cas on en vient forcément à manquer cruellement d'informations de "contexte". Ca explique peut être (sûrement) la méconnaissance de certains quant à la situation politique actuelle en général et cette histoire de CPE en paticulier... (Mince alors, c'est très bordélique comme billet...)

mercredi 22 mars 2006

L'Infusion

Je vais essayer de faire bref, car la journée a été assez fatigante mine de rien (ce qui explique aussi, entre autres, le nombre peu élevé de billets ces temps-ci). L'Infusion, c'est une pièce de Pauline Sales (cf. la photo ci-dessous) que je suis allé voir samedi soir. Ce n'était pas seulement génial, c'était aussi et sûrement la meilleure pièce que j'ai jamais vu dans ma vie (je sais, je ne suis pas un grand fan de théâtre, donc cette phrase ne vaut en fait pas grand chose...).

Difficile de résumer la pièce, mais je vais quand même essayer. Au début, il s'agit d'une sorte de vie de couple vue de façon assez intime (d'ailleurs, dans cette mise en scène, le public était carrément sur la scène), puis le tout commence peu à peu à "déraper" et vire plus à ce qu'on pense être la folie, l'introspection et, peut-être, la mort. Difficile de parler de tout ça sans vous dévoiler l'intrigue en elle-même, donc je m'arrêterais là. Disons simplement que le tout se tient superbement grâce à une merveilleuse maîtrise de la répétition (l'un des personnages répète les mêmes répliques durant toute la pièce) avec, en plus, un texte superbement bien écrit, et ça devait pas être évident d'ailleurs, vu la complexité du truc...

Enfin bon, j'ai vu que cette fameuse Pauline Sales avait publié quelques unes de ces pièces (dont celle-ci) donc je vais peut être voire si je ne peux pas m'en procurer quelques unes... Je précise aussi, au passage que, bon, certes, c'est très bien de voire de très bonnes pièces, mais d'un autre côté c'est pénible, car ça a complètement influencé la pièce que j'étais moi-même entrain d'écrire... Vraiment, j'te jure...

dimanche 19 mars 2006

Rendez-vous (bis)

C’était génial. Le rendez-vous d’hier soir (cf. mon précédent billet), c’était juste génial. Je vous raconte.

J’étais en avance. Un peu, mais pas trop, pour pas qu’on puisse croire que… Enfin, bref, passons, j’étais un peu en avance. Elle, elle était parfaitement à l’heure. A ma montre en tous cas. Elle est rentrée dans le bar – un bar à la fois classe et sympa, pas un bar de « djeuns », plutôt du style enfumé et jazzifié -, elle m’a cherché du regard. Je l’ai laissé chercher. Elle m’a vu. Elle est venue vers moi. Elle était mieux habillée que d’ordinaire. Enfin, je ne veux pas dire qu’elle est mal habillée habituellement, disons simplement que c’était un peu différent. C’était plus soigné. Un pantalon noir, une sorte de débardeur assez sexy et une veste noire. Et ses longs cheveux châtains foncés, qu’elle porte attachés au cabinet, étaient détachés, lissés le long de son dos. Elle n’était pas trop maquillée, presque pas en fait. Tant mieux. Je préfère les femmes naturelles.

On a bu un verre - plusieurs même - mangé un morceau - plusieurs même - et on s’est mis à discuter. De tout, de rien. Juste histoire de parler. Elle m’a parlé d’elle, je lui ai parlé de moi. Elle m’a dit qu’elle était divorcée, mariée assez tôt et puis ensuite divorcée assez tôt. Elle m’a parlé de son métier, de ses passions. Elle aime la danse, elle aime la tauromachie ( !), elle aime la salade de fruits. Elle ne boit pas beaucoup, elle essaie d’arrêter de fumer. Elle voudrait faire un régime, mais elle n’a pas le courage, alors elle décide de manger tout et n’importe quoi, selon ses envies. Elle aime allez dans les Alpes, où elle a passée une partie de son enfance, mais elle n’aime pas le ski. Elle aime les blagues que je raconte et qui ne sont pas drôles. Elle aime écouter Nina Simone, mais elle ne trouve pas le temps de lire. Ou plutôt non, elle ne prend pas le temps de lire. Elle s’est elle-même reprise sur la question. Quand elle sourit, on dirait qu’elle est parfaitement sincère. Et moi, je me trouve bête, je me trouve niais, de penser toutes ces banalités, mais c’est un des effets secondaires de l’intérêt que l’on porte à quelqu’un, qui que ce soit.

Ensuite, on s’est baladés un peu, dans les rues, dans la nuit. On a rigolé. C’était irréel, car on ne se connaissait pas. On ne se connaît toujours pas, d’ailleurs. Mais c’était vrai, si l’on peut dire, et ça fait longtemps que je n’ai pas ressenti ce genre d’impression. Et puis c’est vrai, aussi, que je sais rendre les gens à l’aise. Elle me l’a confiée. Elle n’est pas la première. Je ne sais pas comment je fais, disons d’ailleurs que ça se fait tout seul. Ensuite, enfin, je lui ai proposé de venir chez moi. J’ai regretté l’avoir dit dès que je l’ai dit. C’est compliqué, mais c’est vrai. J’ai regretté, mais elle n’a pas sourcillé. Elle a dit ouais, ok, pas de problème. Pourtant, quelque chose était très clair dans son attitude, sans qu’elle ait eu besoin de me le dire, nous ne coucherions pas ensemble ce soir là. Pas de problème. Ca m’allait. Ce n’est pas ce que je recherchais. C’est plutôt positif, au final. Au lieu de ça, on a continué de discuter. Je lui ai fait écouter quelques petites choses que j’aimai, je lui ai montré des photos de mon entourage, de ces gens qui reparaissaient souvent dans mes histories successives. Je ne lui ai pas montré Lola. On est resté comme ça, à rire, à discuter (rien de sérieux, mon Dieu que ça fait du bien) jusqu’à trois ou quatre heures du matin (je ne sais plus). Lorsqu’elle est partie, elle a pris trois CDs que je lui ai prêté. Pink Martini, Nougaro et je ne sais plus quoi (peut être bien Noir Désir…). On s’est séparé sur le pas de ma porte. Je ne l’ai pas raccompagné jusqu’en bas (elle n’a pas voulu) et c’est là qu’elle m’a embrassé. Brusquement, juste deux lèvres collées gentiment sur les miennes. Ca n’a pas duré longtemps. C’était comme si c’était une amie, une amie très proche. Et ça s’est arrêté là.

J’ai rarement vécu de soirée aussi irréelle. Passer un temps aussi important à être intime avec quelqu’un qu’on ne connaît que superficiellement, depuis une semaine. C’était bizarre, c’est sans doute pour ça que c’était si bien. Je ne sais pas ce qui arrivera par la suite. Je ne me pose pas de question. Je la revoie jeudi prochain, pour une nouvelle séance de kiné, quoiqu’il arrive. Je vous raconterai la suite à ce moment là.

samedi 18 mars 2006

Noyé dans la masse

Je reviens de la manif de ce matin : la grande manif de tout le monde (lycéens, étudiants, salariés…) contre le CPE. Je n’avais pas particulièrement envie d’y aller, mais il me semblait que c’était la chose à faire. C’était une sorte d’impératif catégorique. Il fallait que j’y sois, ne serait-ce que pour conserver un minimum de crédibilité par rapport à ma position. Donc j’y étais, à 10h, dans une partie de Sainté que je ne connaissais pas du tout (il faut dire que je ne connais pas grand-chose à propos de ma propre ville), et finalement ce n’est pas plus mal car ce n’est pas très joli. Je ne parlerais pas dans ce billet des nuisances prévisibles liés aux sifflets/tambours/fumigènes qui m’ont profondément gonflé, car ce n’est pas le sujet (même si, évidemment, je trouve le moyen de vous en toucher un mot de façon détournée ^_^), je ne parlerais que des impressions que j’ai ressenties, immergé dans ce « gros tas de gens ».


Photos "empruntées" sur Réseaux Citoyens St-Etienne.org

En fait, j’avais surtout peur d’une chose en me rendant à cette manif : de me noyer dans la masse (d’où le titre de mon billet). C’était ma principale crainte : rentrer dans cette foule (qui, il faut le dire, est assez impressionnante, mais si je ne connais pas encore le nombre exact) et ne faire plus qu’un avec elle. Pourtant, je sais bien que c’est le principe de la manifestation, mais je ne veux surtout pas avoir à cesser d’être moi, « m’aliéner », ne devenir qu’un élément de la foule (j’avais étudié un texte en seconde qui parlait de la foule, de sa caractéristique d’être un amas de corps décérébrés qui ne sait plus réfléchir, dommage, j’ai oublié qui l’a écrit). C’est la raison pour laquelle j’ai eu tant de réserves vis-à-vis des chants, des « cris », des slogans monotones et répétitifs que l’on était censé entonner. Je ne voulais pas faire partie de cette entité incontrôlable et qui n’était pas moi ; je voulais rester cet unique chose que je voulais apporter : une participation, un numéro, une présence uniquement physique. C’est aussi la raison pour laquelle j’ai pensé à autre chose pendant le gros de la manif. C’est toujours ma crainte lors des « gros rassemblement », c’est aussi pour cela que j’ai tendance à les éviter (l’impression est la même dans un stade de foot, par exemple).

Mon autre interrogation rejoint le commentaire que Virgil a laissé suite à mon précédent billet sur la grève : la notion de spectacle (mon TPE de Terminale sur le Situationnisme a laissé des traces :P). En regardant un peu autour de moi, j’ai vu des passants, des riverains, sur les trottoirs ou depuis les balcons. J’ai vu des appareils photos, j’ai vu des caméras, j’ai vu des portables multi usages pointés sur nous. La grosse masse de gens parmi lesquels je me trouvais étaient en fait relégué au rang de spectacle. De la même façon que la « scène » politique se constitue en un spectacle, la contestation est devenue (s’est bâtie, oserais-je même préciser) sur cette même notion de spectacle. Je l’ai d’autant plus compris lorsque, pour rentrer chez moi, j’ai du croiser une autre manifestation (les paysans contre le prix du lais, si j’ai bien compris) ; je me suis alors surpris à sourire et à penser que c’était sympa, ce défilé, ça changeait du paysage habituel. Partout, le spectacle. N’y avait-il pas mieux à faire ? N’y avait-il pas une autre réponse à apporter que celle du cirque médiatique et médiatisé que l’on retrouve partout ? Une réponse plus constructive, une objection plus intellectuelle, plus réfléchie. Je me demande, mais au fond, je connais déjà la réponse. C’est pour cela que je rejoins le commentaire de Virgil.

Cela dit, je reste tout de même persuadé d’avoir fait ce qu’il fallait. L’impératif catégorique, encore une fois. Cela correspond tout à fait à mes opinions politiques personnelles, et ça ne m’implique pas dans l’entreprise de blocage qui, sur le fond, me dérange toujours autant. Je sais que j’ai fait ce que je jugeais approprié, parce que je n’ai pas eu l’impression de perdre mon temps. En général, c’est révélateur. Maintenant, je me demande ce qu’il va advenir du roi Villepin sur l’échiquier politique actuel : je ne vois pas réellement comment il pourrait sortir grandi (et présidentiable) de cette affaire. D’ailleurs, c’est surtout ça qui m’intéresse actuellement : plus qu’un éventuel retrait ou remaniement de la loi, c’est les stratégies, les mouvements, les histoires politiques. Savoir comment les choses vont s’enchaîner, comment tout va être réorganisé dans l’optique de la prochaine élection présidentielle. Ce qui m’intéresse, également, c’est de savoir « à qui profite le crime ». Et là, au milieu des affiches « Villepin Catin », « Contrat Précarité Extrême », des slogans « Villepin, serre les fesses, on arrive à toute vitesse », « Villepin t’es foutu… » je me demande, avec une pointe d’amertume : est-ce qu’on n'est pas entrain de marcher pour Sarkozy ? Réponse en 2007, j’imagine.


Dessin "emprunté" sur le Site Officiel de Plantu

vendredi 17 mars 2006

Emilie Simon, Végétal

J'ai envie de vous parler du dernier disque que je me suis acheté (c'était lundi) parce qu'en ces temps de vacances forcées, je n'ai finalement pas grand chose d'autre à faire. Le dernier disque que je me suis acheté, en l'occurence, c'est Végétal, le dernier album d'Emilie Simon (qui vient de recevoir une victoire de la musique pour sa merveilleuse BO de la Marche de l'empereur), sorti il y a peu (début mars, il me semble).

Et bien je vais peut être vous surprendre (en fait non, je ne vous surprendrais certainement pas) mais c'est un album ma foi foit sympathique. Parce que c'est vrai, je l'avoue, j'avais un peu peur au début, lorsque la principale intéressée a décrit son dernier projet pour la première fois. "Un album plus organique", a-t-elle dit. Et là je me dis mince. Parce qu'il faut bien dire que les références majeures de la jeune chanteuse (27 ans, je crois) sont assez évidente : tout de suite, je pense à Björk. Bah oui, surtout que son premier album semblait déjà en être inspiré, et c'est encore plus évident sur la fameuse BO de la Marche de l'empereur, lorgnant clairement du côté de Vespertine. Avec cette description, je me suis donc naturellement mis à penser à Homogenic, autre album de Björk. Mais surprise, en fait, mes craintes étaient infondées, tant mieux.

Mais alors qu'en est-il ? Et bien c'est exactement comme je le disais plus tôt (plus haut) : sympathique. Le concept est lui-même intéressant : mêler l'univers electro-pop qu'on retrouvait sur les précédents albums avec une thématique générale : le végétal (ça explique le nom de l'album). Pour résumer grossièrement, disons donc que c'est un album "vert" (comme la pochette). On retrouve ce végétal dans les instruments utilisés (de la musique électronique, mais aussi des instruments plus organiques, tels que des violons, de la flute...), dans des samples de bruits naturels (bois, feu...) et, bien sûr, dans les paroles où sont dispatchés des termes liés aux plantes, aux arbres, aux fruits, aux fleurs...

En théorie, l'album est donc bien pensé. En pratique, par contre, c'est plus mesuré. Le problème, si problème il y a, c'est que cet opus ressemble finalement pas mal au premier album éponyme d'Emilie Simon. Un mélange d'electro-pop (qui, je l'accorde, est plus nerveuse, plus dure par moment que dans son premier album) et de ballades plus légères. Un mélange de chansons en français et de chansons en anglais. Un mélange de concept-album et d'album tout court. Mais ne soyons pas trop pointilleux pour autant (ma "déception" reposant principalement sur le fait que je n'ai pas été assez surpris, on s'y fait vite) : il y a de (très) bonnes choses dans ce Végétal.

Des chansons plus nerveuses, d'abord, comme Fleur de saison (qui est, si j'ai bien compris, le premier single de l'album), Sweet Blossom ou encore Dame de Lotus. On retrouve également le talent tout particulier qu' à Emilie Simon pour interpréter des chansons extrêmement bien écrites sans donner l'impression de chanter de chansons dites "à texte" (je pense à Rose hybride de thé et Alicia, pour moi les deux pépites de l'album). Enfin, on retiendra aussi les excellentes chansons plus "légères", presque relaxantes, mais très agréables, comme par exemple Le vieil amant et Swimming (cette dernière est simplement superbe).

Pas de quoi s'allarmer donc, pour cet opus ma foi très réussi de la discographie naissante d'Emilie Simon. J'aurai sans doute préféré une inventivité plus "radicale", mais il ne faut peut être pas trop en demander, Emilie Simon faisant déjà figure de "bouffée d'oxygène" (cliché, pardon) dans l'actuel paysage musical français (je n'ai rien contre les Benabar, Biolay, Camille ou Carla Bruni, mais ça fait du bien d'entendre une vraie artiste qui, de plus, sait chanter !). Le seul reproche que je lui ferais (et encore, c'est plus une crainte qu'un réel reproche) c'est que je suis sceptique quand à sa capacité à se détacher un jour de l'univers electro-pop qu'elle est entrain de se bâtir. J'espère qu'elle ne se laissera pas enfermer dans cet environnement créatif, ce serait dommage pour la suite (ici encore, je réaffirme mon goût pour les artistes qui se renouvellent, je m'en excuse au passage :P).

jeudi 16 mars 2006

Rendez-vous

Samedi soir, j’ai rendez vous avec Félicia pour « boire un verre quelque part ». Elle est belle, elle me soigne bien, elle est agréable, elle est sympathique. Bref, je ne vois pas pourquoi les choses ne fonctionneraient pas entre nous. Par « fonctionner », bien sûr, j’entends se voir sans se détester mutuellement pendant quelques jours voire, si la chance me sourit, quelques semaines. Ce n’est quand même pas trop demander. Je me pose la question, cela dit, car tout indique que ma vie sentimentale est et sera jusqu’à la fin de mes jours calamiteuse. C’est comme si c’était écrit, c’est comme si quelque chose ou quelqu’un l’avait décrété, le jour de ma naissance.

Car finalement, c’était quoi ma relation la plus importante, la plus « sérieuse » ? Lola. Lola, avec qui je suis resté, je le rappelle, je le précise, tout et pour tout trois mois. Trois mois et des poussières. Mon record de longévité, d’ailleurs, ne doit pas être bien plus élevé, mais c’était il y a plusieurs années, je ne m’en souviens plus très bien. Je ne suis donc pas fait pour les relations « sérieuses ». Car, après tout, peut être qu’on n’est pas tous fait pour ce genre de choses. C’est vrai ça, pourquoi devrait-on forcément se plier au modèle du couple unit pour la vie, monogame et ainsi de suite ? Est-ce que ce n’est pas plutôt un modèle qu’on essaie de nous imposer, alors qu’il ne marche pas ? Et bien moi, je ne suis peut être pas fait pour ce modèle là, voilà. A moins que…

A moins qu’en fait, toutes ces idées qui me passent par la tête en ce moment ne soient qu’une excuse pour expliquer mon manque d’expérience amoureuse. Peut être qu’en fait, j’ai tout simplement peur de ne pas trouver mon « âme sœur », cette personne qui, parait-il, existe et qui m’attend là, dans ce monde, quelque part. Peut être aussi que j’ai peur de tout faire foirer, comme d’habitude…

Combien de temps ça fait, déjà, depuis ma dernière « aventure » ? Difficile à dire. Quelques mois, je dirais, mais je crois que la dernière fille avec laquelle j’ai couché ne compte pas vraiment. Ce n’était même pas une aventure. C’était juste un cou, comme ça. Elle était d’accord, d’ailleurs. Elle ne m’a pas rappelé, je ne l’ai pas rappelée, tout le monde était content en somme. Sauf que… Sauf que ça ne me déplairait pas, à moi, une vraie relation. Quelque chose d’authentique, quelque chose de chaud avec quelqu’un que j’apprécie, que j’admire, qui saurait comprendre ce que je suis. Mais je parle dans le vide : Félicia n’aura sans doute jamais accès à ce blog et je ne sais même plus ce que je dis.

Mais ne dramatisons pas, il ne s’agit que d’un rendez-vous. Rien de plus. Il n’y a pas de quoi s’imaginer que c’est spécial, que ça va déboucher sur quelque chose. C’est juste un rendez-vous, histoire de savoir si on va se revoir. De toute façon, il le faudra bien, j’ai encore plusieurs séances de kiné prévues chez elle. Ah, et, au passage, pour ceux qui se poseraient la question, oui, c’est moi qui ai fait le « premier pas ». Je l’ai invitée à boire un verre samedi soir et elle m’a répondu d’accord, avec son petit sourire en coin un peu mélancolique qui est le sien. Avant, c’est vrai, j’ai un peu argumenté : elle m’objectait l’habituel et attendu « il ne faudrait pas que nos relations strictement professionnelles soient entachées ». Mais ce n’était que pour le principe, je suis sûr qu’elle y pensait également, de son côté… Quoiqu’il arrive, je vous raconterais ce qui se passera ou ne se passera pas, samedi soir. Samedi soir avec Félicia.

Les ailes de marbre

Ca faisait un petit moment que je n'avais pas mis en ligne de texte (en dehors de Mécanismes), deux mois si je ne m'abuse. Voilà donc une petite nouvelle, écrite il y a quelques semaines (commencée en cours de Littérature Médiévale, continuée en cours de Latin et finit "normalement", chez moi). Il s'agit d'une sorte de petit conte, à la fois fantastique et merveilleux et, sans doute, je veux bien le concéder, un poil niais et/ou naïf. J'assume. Bonne lecture ;).

Des années et des années auparavant, la jeune fille était encore en train de penser, de penser sur le chemin qui la menait au moulin. Elle pensait les yeux ouverts mais le regard absent ; elle ne vit pas l'homme-fleur dans lequel elle se cogna. " Ah ", dit-elle, " pardon ". L'homme-fleur était par terre, la jeune fille le releva. " Tu vas bien ?
- Je crois… Et vous ?
- Moi, ce n'est pas grave… C'est de ma faute.
- Non, non, c'est moi, je ne vous avais pas vu."

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mercredi 15 mars 2006

Grève !

Et bah ça y est, chez nous aussi, la fac est bloquée. Depuis ce matin. Ca explique pourquoi je me permet d'écrire un billet à 9h30 du matin au lieu d'être en cours un mercredi. Le blocage a été "démocratiquement" voté hier en AG (AG où je ne me trouvais évidemment pas), et notre cours d'Histoire Littéraire de l'après midi a été quelque peu réquisitionné pour expliquer ce qui allait se passer et ce qu'on pouvait faire. Pour le moment, c'est juste un blocage d'une journée reconductible. Personnellement, je ne pense pas que ça aille au delà de la fin de la semaine, mais qui sait...

Notre petit groupe s'est divisé en deux, hier (entre ceux qui sont allés à l'AG et ceux qui n'y sont pas allés, c'est à dire Malika et moi) et ça a un peu été la surprise quand on s'est retrouvé. Déjà, je n'imaginais pas qu'ils pouvaient réellement décider de bloquer la fac (phénomène de mimétisme par rapport aux autres facs de France ? je préfère ne pas me prenoncer) et j'avoue que j'ai halluciné en retrouvant ceux qui revenaient de l'AG : ils étaient très bizarres, complètement euphoriques, complètement à l'opposé des convictions que je croyais leur prêter, etc. Disons simplement, sans rentrer dans les détails, qu'on aurait dit d'autres personnes.

J'avoue que je ne suis pas du tout rentré dans leur discours. Leurs arguments étaient vraiment limites, tout comme, je présume pour la plupart d'entre eux, leur connaissance du CPE. Mais j'ai fermé ma gueule. Après tout, si je voulais faire entendre ma voix, je n'avais qu'à aller à l'AG, je n'y suis pas allé, donc autant fermer ma gueule. Mais pas question de participer au blocage (pour qui, soit dit au passant, il faudrait se lever encore plus tôt que pour aller en cours, nan mais j'te jure...). Ce n'est pas une question de conviction : je n'ai pas vraiment de conviction, je n'ai pas d'avis sur la question. Et c'est ce qui fait que j'ai tellement été surpris hier : mes amis, eux, ne pensent pas du tout de la même façon que moi (ça à la limite, je peux le comprendre) et, surtout, n'ont pas du tout la même vision du monde que moi. C'est assez embêtant, non pas parce qu'ils sont différents de moi (ça c'est plutôt positif) mais parce que je n'ai pas été fichu de m'en rendre compte avant. C'est de ma faute, j'imagine... Enfin bref, je n'ai pas d'avis sur la question, disais-je, car je n'ai jamais d'avis sur rien (sinon sur des sujets ayant un rapport à l'Art, et encore) : je ne fais qu'alterner une opinion et son opposée en y croyant à chaque fois à moitié, ce qui me permet de passer de l'une à l'autre sans réelles difficultées. Je change d'avis tout le temps, si bien que je n'ai finalement aucun avis propre. Mais bon, je vous rassure, on s'y fait.

La raison pour laquelle je n'ai pas participé à cette grande entreprise syndicale, en plus de la flemme (bah oui, quand même), c'est que je ne pense pas que cela puisse m'apporter quoi que ce soit sur un plan purement personnel. Et c'est là que nos avis divergent (entre moi et les autres pour parle hautainement) : si je fais quelque chose, je le fais dans le but de mon accomplissement personnel (oh que c'est pompeux) et c'est tout. Pas question de prendre en considération l'univers des autres : si je n'y suis pas, je ne m'y intéresse pas. Je sais, c'est extrêmement individualiste, mais je suis persuadé que c'est ce même sentiment individualiste qui pousse certains à se battre pour les autres, aussi tordu que cela puisse paraître : on ne fait jamais rien que dans l'optique de se satisfaire soi-même. C'est dit.

Ceci dit, je ne mets pas en doute la bonne volonté de ces manifestants (dont certains sont des personnes qui comptent beaucoup pour moi), pas du tout, mais je constate simplement que, peu importe les débats que l'on a ensemble, peu importe les avis de chacun, il y a à chaque fois ou presque un décalage entre nous : ils parlent du monde, et moi je pense à mon monde.

Voilà, je ne sais pas vraiment à quoi peut servir un tel billet, peut être tout simplement à "évacuer" toutes ces pensées qui m'occupent depuis hier. J'imagine que beaucoup d'entre vous ne seront pas d'accords avec moi, ce que je conçois tout à fait même si, honnêtement, je pense plutôt que tout le monde s'en contrefout :P.

mardi 14 mars 2006

Ce qu'on met dans l'autre

Mon prochain rendez-vous chez le kiné est prévu pour jeudi. J’ai croisé Félicia – plus ou moins par accident – en allant faire les courses en fin d’après-midi. Son cabinet n’est pas très loin de chez moi, alors c’était plus ou moins normal que je la croise. Enfin, passons…

Je lui ai souri, elle m’a souri, je lui ai dit bonjour, elle m’a dit bonjour. Bonsoir, plutôt. Et puis on a chacun retrouvé nos existences respectives. C’est toujours étrange, quand on rencontre quelqu’un, de n’avoir qu’une façade devant nous. C’est donc plus vrai que, dans notre cas, la seule chose qui soit réellement rentrée en contact, c’est nos corps respectifs. On a juste une image en face des yeux, dès lors. Juste une image, vide, creuse, qu’on se plait à remplir de ce qu’on veut, de ce qu’on ne veut pas, de ce qu’on aimerait qu’il existe chez l’autre. Paradoxalement, c’est la phase ou on connaît le moins la personne, mais c’est aussi la phase où on la désire le plus. Parce qu’à l’intérieur, ce n’est pas elle, c’est une image fantasmée que l’on impose, que l’on espère… Mais au final, ce n’est pas forcément une déception pour autant, c’est une surprise, surtout. Positive ou négative, certes, mais toujours une surprise. J’imagine que par la suite, cette surprise finit par s’atténuer, voire disparaître. Mais je l’ignore, en fait, car je n’ai jamais assez entretenu mes relations pour le savoir.

Enfin bon, toujours est-il que j’ai croisé Félicia en faisant mes courses, que son image est restée en moi pendant quelques temps, et j’en suis venu à penser à tout ça. Et je me suis dit que je le partagerais avec vous, lecteurs éventuels et invisibles. Désormais, comme vous je pense, je me demande si je n’ai pas envie de tomber amoureux d’elle et de ses massages ?

dimanche 12 mars 2006

Les girafes ont des boucles d'oreilles

Compte rendu aproximatif d'une conversation téléphonique avec Hugo d'il y a une petite demie heure :

- C'est bizarre, avec les girafes, on a toujours l'impression que c'est que des femelles...
- Peut être parce qu'on dit une girafe...
- Ouais, peut être... Mais non, en fait. Parce que tu vois, une girafe, on la voit facilement avec des boucles d'oreilles par exemple, alors que c'est différent pour une marmotte. Ca fait plus viril, une marmotte.
- Les marmottes ont pas de boucles d'oreilles alors ?
- Ah si, y en a certaines qui en ont, mais pas toutes... On peut en imaginer certaines avec des boucles d'oreilles et des chapeaux, mais on peut aussi en imaginer des sans. Alors que les girafes, je les vois toutes avec des boucles d'oreilles...

Après, c'est partie sur les licornes (des danseuses mais pas des chanteuses, sans boucles d'oreilles car elles dansent et avec cheveux détachés car crinière donc danseuse de flamenco), les rhinocéros (que des bikeuses, des obèses ou des lesbiennes pour les femelles et que des culturistes, voire des routiers pour les mâles) et Agnes Jaoui (sans barbe s'il vous plait).

Et, sinon, la preuve que les girafes sont des femmes :

Mecanismes Episode 3 (L'investiture d'Edgar Quinet)

C'est que je trouverais presque un rythme régulier de mise en ligne pour mes épisodes de Mécanismes, moi ! Toutes les trois semaines ou tous les mois, selon mes occupations (et ma flemme). Voilà désormais le troisième épisode : le Solferino s'est ammaré au port de la Nouvelle Carthage, apportant à son bord les hommes du Capitaine Scott ainsi qu'un régiment d'automates qui avaient pour but, dans l'épisode précédent, de soutenir les Néo Carthaginois dans leur résistance contre l'armée française. Que va-t-il se passer ensuite ? Où est allé Célestino Alfonso ? Qui est réellement Clarisse Louvet et où est passé son "homme à la silhouette" ? Vous le saurez (peut être) en lisant cet épisode trois... (Si avec ça je ne mets pas un peu de suspens moi j'abandonne ! :P)

Nous étions en mars 1919, un mois et demi s’était écoulé depuis l’arrivée du Solferino dans le port néo-carthaginois. Le siège touchait à sa fin. Il n’y avait d’ailleurs presque plus d’affrontements, en dehors des murs de la ville : la Nouvelle Carthage avait résisté, merci aux renforts menés par le Capitaine Scott. Un air de paix flottait sur l’île de l’Atlantique, tout le monde le ressentait.

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vendredi 10 mars 2006

Les personnages

Je réfléchis en ce moment (et depuis quelques mois, en fait) au roman que je prévois d'écrire cet été (oui, en fait, quand il s'agit de trucs longs, je les "programme" pour l'été, histoire de pouvoir me prendre un mois pour écrire sérieusement). Bien sûr, je ne parlerais pas de l'idée de base, je préfère garder ça secret, mais je peux vous parler d'une chose : les personnages. Enfin, non, le personnage principal, plutôt et encore, même pas : la conception des personnages. Parce qu'en fait, je me pose des questions. Habituellement, lorsqu'il s'agit d'écrire des nouvelles, je procède toujours plus ou moins de la même façon : je ne me pose pas de question. C'est spontanné. Ca va tellement vite, j'ai l'idée tel jour et le lendemain je m'y mets, que je n'ai pas vraiment le temps de m'interroger sur sa composition. Il vient de lui-même, il est en général assez simple (bah oui, dans une nouvelle, on n'a pas vraiment le temps de mettre en place une psychologie très développée) et ne réponds qu'à un ou deux critères (le type fou, par exemple, ou encore une femme qui n'aime pas son corps, etc.)

Or, pour un truc plus long, c'est très différent. En général, l'idée me vient des mois (plus de six mois en général) avant que je me lance réellement dans l'écriture. Ca veut donc dire six mois pour penser l'intrigue, la structure et, évidemment, les personnages. Et celui qui me donne toujours du mal, c'est toujours le même, c'est le personnage principal. Car il faut qu'il y ait un personnage principal, c'est plus fort que moi. Et le problème c'est que je suis toujours confronté aux mêmes difficultés et je n'arrive pas à les surmonter. Mon soucis principal, c'est toujours pareil, c'est que mon personnage principal ne soit pas une version à peine déguisée de moi-même. C'est maladif. Donc, en général, je m'attache à en faire quelqu'un d'opposé à moi-même et, au final, évidemment, il finit par n'être personne. Mes personnages principaux se ressemblent donc tous dans le fait qu'ils n'ont pas de personnalités. Il sont des espèces de fantômes creux et vides qui se contentent d'agir. Evidemment, je voudrais éviter ça pour le prochain.

Mais comment faire ? C'est dingue ça, je n'arrive pas à trouver de méthode pour créer des personnages. Soit ils viennent comme ça, tout seuls (c'est en général le cas pour ceux que je juge comme étant mes "meilleurs" personnages) soit je ne sais plus quoi faire et ils deviennent des fantômes. Comment faire ? Peut être, sans doute, faudrait-il que j'arrête de m'attarder sur le côté il me ressemble pas et me laisser aller à mes premières impressions... Ou alors, c'est une autre possibilité, il faut que j'arrête de "lisser" mes personnages, de les rendre idéaux, parfaits. C'est vrai, ça aussi, mes personnages les plus réussis sont souvent ceux qui sont les plus barrés ou plus excentriques, voire les plus "losers". Mouais... C'est pas vraiment convaincant, tout ça... Je vous tiendrais quand même au courant, des fois que j'ai de bonnes idées un de ces jours...

jeudi 9 mars 2006

Soins

Je m’étais pété le dos, l’autre soir, en faisant quelques longueurs, à la piscine, la semaine dernière. La douleur était spéciale, elle est montée progressivement et je ne l’ai réellement sentie qu’une fois de retour chez moi, un peu avant de m’endormir. Je croyais que ça passerait dans la nuit, mais au réveil, c’était pire. Ce n’est pas la première fois que j’ai des douleurs dans le dos, mais je n’ai jamais connu ce genre de sensations auparavant. Je n’aime pas laisser traîner ces choses là, ça ne peut qu’empirer, ou alors s’endormir pour mieux revenir quand on ne s’y attend pas. Non, je préfère m’en occuper tout de suite, histoire de régler le problème, et puis qu’on n’en parle plus. C’est pourquoi j’ai pris rendez-vous chez le kiné, pour hier.

Ca faisait longtemps que je n’étais pas allé chez le kiné, tout simplement parce que ça faisait longtemps que je n’en n’avais pas eu besoin (donc, dans un sens, tant mieux). J’avais l’habitude d’aller chez « je ne sais plus son nom », quand j’étais un peu plus jeune et que je faisais du sport (en l’occurrence, de la natation, principalement) plus souvent, et surtout plus régulièrement. J’avais l’habitude d’aller chez lui, donc, mais il n’est plus là, je crois qu’il a quitté Bordeaux il y a un ou deux ans. Tant pis, je m’en passerais. Je suis donc allé dans un cabinet que m’a conseillé Bruno. J’y suis allé hier, en fin d’après-midi.

D’abord, c’était un peu perturbant : je m’attendais à être pris en charge par un homme (jusque là, ça avait toujours été le cas) mais c’est une femme qui est venue à moi et qui m’a demandé de la suivre. Une femme très charmante (peut être pas belle d’une beauté évidente, mais très charmante) qui m’a invité à m’allonger, à me déshabiller. C’était plutôt l’inverse, d’ailleurs. Enfin bref, elle a fait courir ses mains contre mon dos, elle m’a fait du bien, elle m’a peu fait mal, elle m’a posé quelques questions, sur ma douleur mais aussi sur moi, sur ma vie. Je lui ai répondu. A mon tour, je lui ai posé quelques questions. Elle s’appelle Félicia, elle m’a dit, ce qui est assez jolie et original comme prénom. Ca, c’est ce que je me suis dit. Je pense qu’elle doit avoir entre trente et trente-cinq ans (sans doute plus trente-cinq que trente, d’ailleurs) et elle a un piercing à l’oreille droite et trois à la gauche (dont un sur le lobe, c’est joli). Je crois que je n’ai pas vu le temps passer. Ma douleur, elle par contre, s’était bien atténuée. Je lui ai dit merci, je lui ai dit que je reviendrais. Elle a sourit. Elle ne portait pas d’alliance, et je l’ai trouvé encore plus belle en partant même si, au final, on n’a pas vraiment fait connaissance.

Je ne sais pas trop quoi penser de tout ça. Je me demande si je ne suis pas en train de désirer cette femme (qui serait, normalement, trop « vieille » pour mes goûts habituels) tout simplement parce que j’ai envie de désirer quelqu’un. C’est ça, ou penser à Lola encore et encore. Je pense à elle, cela dit, mais peut être que j’aimerais passer à autre chose. Peut être qu’il s’agit simplement d’une réaction de « survie » de mon organisme vis-à-vis de cette dépendance que je fais à Lola. J’ai besoin, mon esprit à besoin, de me/se reposer un petit peu sur « autre chose ». Et pourquoi pas cette Félicia qui m’a déjà fait du bien, hier ? Je sais, je sais, ça ne se fait pas, on ne parle pas du désir de cette façon, des sentiments, de l’amour, mais je n’y peux rien : si je ne rationalise pas tout ça, je n’arrive pas à m’en sortir. Et puis, mine de rien, ça commence à faire un petit moment que je n’ai rien connu sur le plan sentimental et sexuel…

Allez, peu importe, ce qu’il faut que je fasse c’est surtout ne pas me poser de questions. Après, on verra.

mercredi 8 mars 2006

Castor, castor, je te hais !

On a une prof, on l'appelle le Castor. Pourquoi ? Bah, ça parait évident. Elle ressemble à un castor. Bref. Il se trouve que je la hais. Elle est ennuyeuse, désagréable, chiante, moche, mal habillée et ainsi de suite. Rien pour plaire, quoi. Aujourd'hui, elle a décidé de nous faire chier : elle nous a rendu des copies. D'abord, elle nous a dit que c'était lamentable, ensuite que ça lui avait gâché ses vacances de mettre des bâches à tour de bras, ensuite que les premières années (dont elle corrigeait également quelques copies) faisaient de meilleurs commentaires que nous, qu'on ne savait pas écrire, qu'on écrivait les chiffres... en chiffres (diantre !) et, pour finir, que ça faisait très longtemps qu'elle n'avait pas mis de 3 (en chiffre !) et que ça lui faisait du mal (ce qui est faux, renseignements pris auprès d'une amie d'un ami : elle met toujours des 3). Enfin bon, je n'ai pas à me plaindre, j'ai eu 12 et 12.5 (oui, c'est compliqué, moi j'avais deux copies). Mais bon, rien qu'à lire les commentaires écrits généreusement dans mes belles marges, je me sens comme une sous merde. Je me demande même comment j'ai fait pour avoir autant alors que, de toute évidence, tout est mauvais et qu'il n'y a aucun trucs positifs (c'est quand même pas la mort de mettre des "Bien" ou des "Intéressant" de temps en temps !). Donc voilà, mes devoirs sont superficiels, maladroits, mal dits, creux, contresens et ainsi de suite... Beurk, rien que de repenser à Miss Castor, ça me fout la chair (Do you beliiiiiieve) de poule...

Mais bon, j'ai réussi à me défouler grâce à l'Atelier d'Ecriture. On devait écrire un petit texte façon Tardieu, entre monologue de théâtre et poème et je me suis dit : tiens, comme tout le monde écrit des trucs marrants et humoristiques, pourquoi ne pas faire l'inverse ? Du coup, j'ai écrit deux trucs assez glauques (voire franchement malsain pour l'un d'entre eux). L'un présentait un personnage qui change de sexe en cours de route (c'est pas tout à fait ça, mais bon), très fortement inspiré de la chanson Waltz for my girlfriend Joe de Jack the Ripper tandis que l'autre (le mieux), était lui légèrement inspiré de Salad Fingers (un jour je vous en parlerais, pour ceux qui ne connaissent pas) où un type schizophrénique creusait un trou et était triste qu'une petite fille qui passait par là se soit enfui. Glups, comme on dit. J'ai fait mon petit effet : ils ont effectivement tous écrits des trucs humoristiques, si bien qu'ils doivent tous (sauf Elise et Nico qui, eux, sont déjà au courant) me prendre pour un dingue psychopathe, désormais ! Mais bon, moi je suis plutôt satisfait de mes textes, c 'est l'essentiel... Un jour, peut être, je les mettrais en ligne (noooooon, ne fuyez pas !!)

mardi 7 mars 2006

Questionnaire musical

Allez, histoire de faire comme tout le monde, et de donner l'impression que ce blog est mis à jour quotidiennement, lançons-nous dans un petit questionnaire concernant mes goûts musicaux (éclectiques et merveilleux, je précise au passage). Par contre, comme je suis incapable de me restreindre à un seul choix par question, il se peut que je m'étale un peu... (note : oui, bah, il y en a certains qui reviennent un peu souvent... et alors ?)

1.La chanson qui vous rappelle un ex:
Mouarf, je passe ^_^;.

2.La chanson qui vous fait rire:
Serge Gainsbourg, En relisant ta lettre
Yoko Kanno, Wo qui non coin

3.La chanson qui vous donne la pêche:
David Bowie, Hallo Spaceboy
Björk, Five Years
Björk, Enjoy
Patrick Wolf, The Childcatcher
Yoko Kanno, Piano Black

4.La chanson qui vous rappelle quelqu'un de spécial:
Nightwish, Everdream
Diana Krall, Devil may care
Jacques Brel, La chanson des vieux amants
David Bowie, Sons of the silent age

5.La chanson que vous auriez aimé écrire:
Yoko Kanno, Omega Blue
Lou Reed, Magician
Serge Gainsbourg, Ces petits riens
Benjamin Biolay, Chère inconnue

6.La chanson qui vous rend nostalgique:
Lou Reed, Perfect Day
Hajime Mizoguchi & Yoko Kanno, Wounded Wings

7.La chanson qui vous rappelle votre adolescence:
Santana, Maria Maria
Pierpoljak, A boulets rouges
Manu Chao, Me Gustas Tu

8.La chanson que vous aimez d’un artiste que vous détestez:
Madonna, Frozen (glups)

9.La chanson que vous admettez aimer honteusement:
???, You touched my tral-la-la, ou quelque chose comme ça... (XD)

10.La chanson dont vous aimez les paroles:
Jack the Ripper, Waltz for my gilfriend Joe
Bjork, I miss you
Steve Conte, Bad Jesus
Jacques Brel, Les Marquises
Benjamin Biolay, Glory Hole

11.La chanson avec laquelle vous aimez vous réveiller:
David Bowie, Space Oddity
Yoko Kanno, Atomic Bird
Yuki Kajiura, Canta per me

12.La chanson qui vous rappelle votre enfance:
Arg, zut, c'est le nom d'un truc (concerto ou je ne sais trop quoi) de Beethoven que j'ai retrouvé y a pas longtemps, et que j'ai reperdu par la suite >_<...

13.La chanson qui vous fait penser aux vacances:
Lisa Ekdhal, Why did you leave heaven
Grandaddy, Lost on yer merry way

14.La chanson qui vous rappelle votre meilleur amie:
Jacques Brel, La chanson des vieux amants (bis)

15.La chanson qui vous fait pleurer:
Bjork, Frosti
Yoko Kanno, Lydia
Jeff Buckley, Corpus Christi Carol
Nina Simone interprétant Ne me quitte pas

16.La chanson qui vous fait penser à votre solitude:
Yasunori Mitsuda, June Mermaid
Pink Martini, Aspettami
Brian Eno, By this river
Yoko Kanno & Ilaria Graziano, Dew

17.La chanson que vous aimez chanter:
David Bowie, Ashes to ashes
Bjork, Generous Palmstroke
Jack the Ripper, Escape
Yoko Kanno & Steve Conte, Call me Call me
Yoko Kanno & Franco Sansalone, Next Time

18.La chanson qui correspond à votre état d’esprit du moment:
Bjork, All is full of love

19.La chanson que vous détestez par-dessus tout:
Raphael, Ne partons pas fâchés et O Compagnons (en fait, c'est la même saloperie recylcée !)

20. La chanson que vous aimez mettre dans votre chambre à coucher:
Kenji Kawai, toute l'OST de Ghost in the Shell (mais non c'est pas bizarre...)

lundi 6 mars 2006

On dirait pas comme ça...

...mais une chaise, ça peut faire mal. Je m'explique. Hier, en voulant m'assoir, bêtement, habituellement, devant mon ordinateur, un truc m'a fait vachement mal. Dans le dos. Puis c'est passé. Ou plutôt, non, c'est pas passé, ça s'est juste un peu calmé. Résultat : j'ai mal au dos depuis hier, si bien que je me déplace au ralenti (quoique, moins aujourd'hui), que je ne peux pas me baisser ou me tourner trop rapidement, sans parler de changer de position pendant que je dors. Bref, je me suis transformé en petit vieux.

Y a plein de trucs que j'aurai pu faire pour me "blesser" comme ça. Des trucs marrants, des trucs extrêmes, des trucs qui font que quand il t'arrive une tuile tu te dis "ah ouais, bah c'est normal, et puis c'est pas grave, au moins j'en ai profiyé". Mais pas moi. Non, moi, je me fais mal en m'asseillant. Si ça c'est pas la loose... Enfin, pas plus que Fanny qui m'a avoué s'être déplacé une vertèbre en éternuant, il y a quelques temps... Certes, mais c'est la loose quand même.

Ah et puis, oui, c'est vrai : les vacances, c'est fini. Maintenant, on se remet aux commentaires et autres disserts (en groupe, ou pas) ! Super. Avec, en plus, une petite grève des trams demain matin. Vraiment, je crois que quelque chose m'en veut dans cet univers... Mais bon, c'est pas grave, c'est comme pour tout : je vais attendre que ça passe.

Note : Je précise aussi au passage que, mystérieusement (oh comme c'est ironique), j'avais prévu, depuis une semaine au moins, de faire souffrir mon personnage de Vie Fictive (Pierre, si tu me lis ;) ) de douleurs au dos, qu'il devra aller soigner chez un kiné ! Sympa, n'est-ce pas ? Je le précise juste, histoire qu'on ne croit pas que je "m'inspire de ma vie quotidienne pour inventer ma vie fictive"...

samedi 4 mars 2006

L'ivresse du pouvoir

On est allé voir l' Ivresse du pouvoir, hier soir, avec Hugo, c'est à dire, pour ceux qui ne le sauraient pas, le dernier film de Chabrol avec, entre autres, Isabelle Hupert et François Berléand (ouah, c'est dingue le nombre de virgules qu'il y a dans cette phrase !). Verdict : et bah, c'était mieux que Syriana !

Pour résumer brièvement, le film retrace de façon très très peu déguisée l'affaire Elf, avec dans le rôle du juge d'instruction un peu (beaucoup !) chiante et chieuse, Isabelle Hupert. Il s'agit donc de suivre, dans son travail et dans sa vie privée, cette femme pas ordinaire (heureusement, mon Dieu ce qu'elle peu être énervante comme personnage !). Elle enquête sur des malversations, des détournements de fonds et ainsi de suite.

De toute évidence, le film est très bien filmé, très bien mené d'un point de vu scénaristique (il consiste en fait en une succession de scènes plus ou moins importantes, ce qui permet une grande progression dans le temps) et est merveilleusement bien interprété (ah Isabelle Hupert !). Le regard porté par Chabrol est lui-même intéressant, car il cède rarement à la facilité (juges = gentils et patrons = méchants) et s'attarde plus à montrer de façon parfois cynique (parfois non) l'aspect humainde l'affaire, avec le cheminement du personnage de la juge. Ce point là est très réussi.

Malheureuseument, tout n'est pas rose et il y a quelques "imperfections" (on les appellera comme ça). La musique, tout d'abord, est nullissime >_< : quelle idée de mettre des espèces de trompettes un peu partout ? Non, visiblement, celui qui s'en est chargé était pas très inspiré. La fin, également, est peut être un peu brutale, on a un peu l'impression que l'auteur ne savait pas trop comment finir, c'est un peu dommage...

Enfin, c'était quand même un bon film, un film sympathique comme tout (et qui avait, de plus, l'avantage de présenter un canapé à un moment du film qui exactement comme le mien !!), à aller voir ou à regarder en DVD quand il sortira. C'est bien mieux que Syriana, en tous cas XP (mais bon, c'était parce qu'on avait laissé choisir Nico, aussi).

jeudi 2 mars 2006

La quinzaine sans cinéma

Mail reçu hier et qui tourne un peu partout à priori (blogs, sites, forums, radios...), donc voilà, je fais tourner et je participe au mouvement ;).

Si vous aussi vous en avez marre de dépenser tout votre argent pour une sortie lisez ce qui suit.

En allant au Gaumont à Paris samedi dernier, je ne m'attendais pas à un tel choc avant même que le film ne commence !! Quelle surprise !!! Quel spectacle !!! Non pas dans la salle de cinéma mais au guichet ! Une pancarte informe qu'à compter du 4 janvier 2006, les tarifs sont revus. Revus ? A la hausse c'est évident. Je suis outré, une place de cinéma à 9.20 EUR !!!! Vous vous rendez compte ? Ca ne vous choque pas ? Je suis absolument dégoutté d'autant plus qu'ils ne pratiquent pas de tarifs pour les demandeurs d'emplois !!!! Vraiment trop c'est trop, j'hallucine de tels tarifs alors qu'ils se font déjà des couilles en or (même la fille au guichet est d'accord avec moi pour dire qu'ils n'ont pas besoin d'argent et que les bénéfices sont déjà colossaux). Alors cette fois je décide d'agir car je pense que ceci ne concerne pas que le Gaumont mais tous les grands groupes du cinéma qui détruisent et tuent les petits cinémas (exemple du cinéma à 2EUR a Nantes). Ils finissent par obtenir un certain monopole et se permettent d'abuser et de voler le pauvre Français qui souhaite juste passer une soirée sympa, une soirée juste un peu plus culturelle qu'une balade en ville? La culture n'est décidément pas pour tous ! L'écart se creuse. Seuls les riches pourront prétendre avoir un minimum de culture cinématographique. Les chômeurs ? Ils ne bossent pas ? N'ont pas beaucoup de moyens ? Alors augmentons les tarifs et voici une nouvelle façon de les couper encore plus de tout lien social et de toutes activités culturelles. Je suis dégoutté et je propose donc de lancer « LA QUINZAINE SANS CINEMA ». Je vous invite à ne plus fréquenter les salles de ciné du 15 au 30 mars 2006 dans toute la France. Mon projet est peut être débile ou infaisable mais je vais envoyer ce mail à tous mes contacts et j'espère que vous en ferez autant? Nous avons tous des dizaines de mails avec MSN alors allons-y et notons ces dates : DU 15 AU 30 MARS, occupons nous, sortons mais surtout pas au ciné. J'attends avec impatience cette date pour savoir si nous serons assez intelligents, solidaires et objectifs pour enfin réagir devant cette arnaque et ce vol collectif. Nous pourrons observer des salles vides dans toute la France et constater que pour une fois, nous sommes solidaires devant les grands groupes qui détruisent les petits cinés associatifs et qui ruinent une famille qui devrait payer plus de 40 EUR (260 Francs !!) pour 2 adultes et 2 enfants. Juste pour une soirée, juste pour que leurs enfants aient une autre culture que le mac do, la star Ac et Lorie !!!!! Merci pour votre soutien, prenez 5 minutes pour envoyez cela et ajoutez des commentaires si vous le souhaitez. On se retrouvera certainement du 15 au 30 mars, dans un bar ou devant le ciné pour rigoler un peu en voyant les guichets sans personne. "

ps : essayer de ne pas faire "Transférer" pour faire passer ce message afin d'éviter les écritures inutiles. Merci d'avance.

en plus il n'y a aucune garantie anti navet! @@

Tiens, au passage, pendant que j'y suis, j'ai fait un rêve sympa cette nuit : Helen Fielding (l'auteur du Journal de Bridget Jones) avait adapté mon blog en livre, que j'achetais en anglais XD. Si tu me lis, Helen, demande-moi l'autorisation d'abord s'il te plait !

Mouarf !

Vu sur un forum, ce matin ^__^.

mercredi 1 mars 2006

Je hais les dissertations !

Humeur du moment :

Ca y est. Ras le bol. Pourquoi ? Pourquoi ? Parce que ça :

Paul Valéry écrit : "La considération du lecteur le plus probable est l'ingrédient le plus important de la composition littéraire ; l'esprit de l'auteur, qu'il le veuille, qu'il le sache, ou non, est comme accordé sur l'idée qu'il se fait nécessairement de son lecteur ; et donc le changement d'époque, qui est un changement de lecteur, est comparable à un changement dans le texte même, changement toujours imprévu et incalculable.

Voilà pourquoi. Deux jours à "réfléchir" dessus, ce qui ne veut pas dire grand chose et ça fait depuis onze moins quart ce matin que je suis deçu à rédiger cette saloperie. Et je n'ai pas mangé. Et je n'ai pas fini. Il me manque la fin, mais pas moyen, je l'écrirais dans trois semaines, la fin. Ah oui, parce que je suis un idiot aussi. Cette dissert, elle est à faire pour le 20 mars. Le 20 mars bordel ! Qu'est-ce que j'ai besoin de la faire maintenant ? Quelqu'un peut me répondre ? Donc voilà, c 'est super, j'ai fait deux feuilles doubles à chier, sans doute à côté du sujet, sans doute inintéressantes et incohérentes et sans doute aussi que je n'ai pas parlé de la moitié de la citation ! Sans doute aussi je n'ai aps commenté les exemples correctement, c'est à peine si j'ai des exemples ! Ajoutons à cela ma grande idée de vouloir tout écrire au stylo encre alors que, de toute évidence, je ne sais pas écrire au stylo encre ! Alors c'était super, à chaque mot, il fallait que je réécrive une ou plusieurs lettres, parce que cette saloperie de plume jugeait bon de ne pas bien se coller contre la feuille ! Journée, géniale, vraiment...

Et le pire, le pire, c'est que :
a) j'ai une autre dissert à préparer demain (des trucs à taper, trois sous parties à écrire)
b) je sais pertinnemment que je vais refaire cette dissert (celle d'ajourd'hui) dans trois semaines ! Alors quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi j'ai perdu mon temps à faire ça ? Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi, par exemple, je n'ai pas écrit à la place ? D'ailleurs tiens, pourquoi est-ce que je n'ai pas écrit à la place de faire toutes ces saloperies de dissert idiotes et inutiles et qui, de toute façon, ne vont nulle part sinon dans le hors sujet ?

C'est bizarre quand même, au lycée j'aimais les dissertations, je les prenais toujours pendant les exams et là, pouf, une fois en fac, on découvre qu'en fait, ce qu'on faisait n'était pas des dissertations. Du coup, les disserts deviennent à chier ! Impossible de se décoller à peine du sujet, impossible de dire ce qu'on pense (quand on pense quelque chose), impossible de faire quelque chose d'agréable. Mon dieu, ce que je peu haïr la fac quand même... Mais qu'est-ce que j'y fous, moi, en fac de Lettres Modernes ?

Bon, allez, on se calme, on se reprend et on fait quelque chose de sympa. On ne pense plus à la fac, aux disserts ni à la prof de dissert... Quoique... Y a pas un endroit, sur le net, ou on peut envoyer des photos de gens pour leur faire subir quelques petites tortures ensuite ? Je vais aller chercher ça tiens...

Humeur après avoir écrit ce billet :

(Bah ouais c'est toujours pareil, cela dit heureusement que Kyo existe, j'ai eu du mal à trouver des images de *putainchuispascontentmerde*)