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Journal

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lundi 5 juillet 2010

Symptomatique

Je suis pas triste parce que je perds mon boulot : je suis triste d'avoir à en chercher un autre. Rien n'est vrai, je peux pas encore en parler : disons simplement qu'un fichier nommé Prudhommes.rtf est apparu dans mes docs de travail. D'écriture j'entends.

Et je n'ai plus envie de lire : c'est symptomatique. Écrire, pas mieux. Ça va ensemble. Et c'est pile le moment chaud a négocier : faut enchainer tout de suite avec les relectures de Coup de tête 2 : faut pas attendre. Et faut foncer, foncer juste. Et j'ai que 24 ans bordel, 24 voire 22, c'est la rage que je devrais avoir, c'est violent que je devrais écrire et, pire, composer. Mais ce qui sort c'est juste du vide, du bon sinnlos en boite sans date de péremption. Je pensais que le taf c'était seulement alimentaire mais non : un bon moyen, 35 heures par semaine au moins, de me détourner de mon identité misérable.

Mais je bosse quand même. Je fais semblant. J'attends de voir filer ces deux derniers mois : ceux censés finir Coup de tête. En espérant ne pas les perdre et perdre encore du temps dans mes errances. En espérant reprendre demain le texte, le seul qui compte, et poursuivre imperturbable son épuration. Hier j'ai commencé. J'ai pas beaucoup coupé.

samedi 3 juillet 2010

Publie.net change de peau

publie.jpg
Ou plutôt de squelette. Depuis cette semaine Publie.net, coopérative d'édition numérique, affiche une nouvelle version, deux ans et demi après son lancement et quelques 300 textes plus tard. Jusque là administré sous Spip, le site passe désormais sous gestion de l'Immateriel. Va donc falloir mettre son flux RSS à jour pour mieux suivre l'actualité du site puisque la suite est déjà là. La période se prête d'ailleurs aux mutations : avec l'arrivée de l'Ipad, la lecture numérique est sans doute à un tournant important en France. Alors faut suivre.

Ci-dessous accès aux deux titres que je propose sur Publie.net :

mardi 29 juin 2010

La rage, oui, la rage

isidoro.jpgLautréamont est le premier poète que j'ai acheté et lu. Pas le premier que j'ai acheté, ni le premier que j'ai lu, mais le premier que j'ai acheté ET lu. C'était y a pas longtemps et j'en avais dix-sept, âge idéal pour le lire. Isidoro retrace par le biais de la fiction une traversée : l'Atlantique et une autre : la traversée à l'intérieur de Doucassé Isidoro, double fictif d'Isidore Ducasse (et Lautréamont son double littéraire). Le Lautréamont du texte est un vampire, un charognard aussi, la bouche en sang. C'est bien ce qui perce et qui accroche : la rage, oui, la rage. Aujourd'hui à la lecture, sept ans après le vrai, je l'ai aussi la rage (oui, la rage).
Ils se chamaillaient dans la chambre de Georges lorsqu’Isidore avait eu une idée. Ils joueraient tour à tour à être boucher égorgeur et poulet égorgé. Georges avait endossé le rôle de la victime et s’était étendu sur son lit ; Isidore, du tranchant de la main, avait fait semblant de lui couper la tête et de le saigner. Puis, il avait fait mine de lui arracher les plumes, de le vider, de l’assaisonner. Georges ne pouvait s’empêcher de rire, et Isidore avait dû lui mettre la main sur la bouche. Il ne restait plus qu’à le faire cuire. Georges se tortillait encore de rire, et Isidore sentait ses dents humides contre sa paume. Si tu ne t’arrêtes pas de rire, je te mangerai comme du bouilli froid. Isidore était monté sur le lit et s’était assis sur le ventre de Georges, qui avait enfin cessé de rire – le poids d’Isidore lui écrasait les côtes.

Lentement, il s’était penché sur lui – Georges avait-​il cru qu’il allait coller sa langue contre la sienne ? Erreur : il allait le manger, il l’avait prévenu. Il sentait la rage, oui, la rage qui montait en lui. Il avait mordillé le nez de Georges, sa joue, son menton ; ses dents avaient fini par s’enfoncer, avec une lenteur inouïe, dans son épaule. Il avait soudain eu l’impression de résider tout entier dans ses muscles maxillaires, et une envie incontrôlable s’était emparée de lui – il aurait voulu briser les os de l’épaule sous la seule pression de ses molaires, comme font les chiens, mais les cris et les pleurs de Georges s’étouffaient au creux de sa paume, et il s’était ressaisi. Georges, en se relevant, avait ôté sa chemise. Isidore avait été parcouru d’un frisson lorsqu’il avait découvert l’empreinte de ses dents incrustée dans la peau de Georges ; le sang en sourdait encore. Il avait léché la blessure, et avait été surpris : ça goûtait le métal – exactement comme une pièce de cinq francs. Son propre sang n’avait aucune saveur.

Audrey Lemieux, Isidoro, Publie.net, P. 35-36.

dimanche 27 juin 2010

Nickel

De potable atteindre nickel : visiblement deux semaines sont nécessaires. La partie 1 de Coup de tête est enfin bonne pour la casse : pour l'impression. J'ai terminé ce qu'il fallait terminer avant fin juin. Suis dans les temps. Ai même fait lire à H. les passages qui accrochaient encore et j'ai trouvé ce que j'y cherchais : la certitude qu'à part peut-être deux/trois virgules y aura plus rien à modifier.

nickel.png

Les derniers doutes portaient notamment sur l'incipit : le vrai : hors prologue. Comment bien propulser le bonhomme ? Il a fallu pour ça s'arracher les cheveux et changer un mot à la fois par petites touches. Les dernières étapes de transition, entre le week-end dernier et ce week-end, sont les suivantes :
1 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même mouvement. Alors je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.

2 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même| Je pète la porte sans la claquer, avale les marches brûlantes, évite l'ascenseur. Je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.

3 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut| Péter la porte sans la claquer, avaler les marches brûlantes, éviter l'ascenseur : je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.
Alors ce qu'on garde c'est l'infinitif. Comme ça que le texte part mieux, comme ça qu'on sent que le truc se propage bien. Après le mouvement est donné et le reste peut suivre.

La chaleur du texte d'ailleurs sort de l'écran pour peser lourd au dernier étage : mis à part les échos saturés de RNB de masse du voisin d'en face (on contre en mettant plein pot par la fenêtre La reine de la nuit version Florence Foster Jenkins) on n'entend plus que les vibrations des ventilos (tous : les vrais et ceux des ordis qui crachotent). Chaleur qui me ferait presque oublier qu'hier H. m'explique que Fuites chroniques comme titre du prochain blog ça passe moyen : paraîtrait que ça évoquerait plutôt des fuites urinaires ! Genre beaucoup ?, je lui demande. Genre beaucoup, il répond. Genre pire que Les gouttes de Dieu ?, je lui demande. Genre presque, il répond. Depuis je ne pense qu'à ça en voyant le titre. Serai sûrement bien obliger de le changer, sans doute en Journal, etc., plus sobre. On n'en est pas encore là mais ce serait bien que le blog soit prêt avant la fin de Coup de tête.

Cette semaine j'attaquerai la partie 2, et je sais qu'il y a peu à reprendre, rafraîchir les dialogues, couper un peu dans le ventre-mou sûrement, ça devrait aller vite.

mercredi 23 juin 2010

D'ici là 5 : Le cœur est voyageur, l’avenir est au hasard

Signalons la mise en ligne, hier, du cinquième numéro de la revue numérique D'ici là, via Publie.net.

dicila5.jpg

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Acheter D'ici là 5


Sommaire du numéro :

Gilles Amalvi, Joël Baqué, Perceval Barrier, Étienne de Bary, Daniel Cabanis, Luc Dall’Armellina, Philippe De Jonckheere, Caroline Diaz, Michèle Dujardin, Elisa Espen, Michel Falempin, Claude Favre, Jean-Yves Fick, Jean-Marc Flahaut, Stéphane Gantelet, Nathanaël Gobenceaux, Christine Jeanney, Anne Kawala, Klimperei, Stéphane Korvin, Elise Lamiscarre, David Lespiau, Laurent Margantin, Stéphane Massa-Bidal, Pierre Ménard, Juliette Mezenc, Sandra Moussempès, Régis Nivelle, Florence Noël, Grégory Noirot, Jean-Noël Orengo, Isabelle Pariente-Butterlin, Arnold Pasquier, Daniel Pozner, Pierremannuel Proux, Alain Robinet, Anne Savelli, Joachim Séné, Nicolas Vasse, Guillaume Vissac, Colette Tron, Éva Truffaut

42 auteurs / 135 pages

Le petit texte que je propose pour ce numéro s'appelle Vraie vie dans un vingt pieds, c'est une histoire de containers, je crois.

lundi 21 juin 2010

Die terrified

J'ai les yeux secs, caressés par la craie. La tête trainée par terre sur un terrain stabilisé. Des épines de suie suspendues sous les paupières. Scotchées à l'envers. Attendent que l'oeil cligne pour éventrer la cornée. La banlieue de banlieue défile : je cherche des métaphores : j'en trouve.

homereyes.jpg

Le mois de juin est glacial : même à pieds, de St Lazare à Porte de Clichy, une demi-heure, Mappy collé au nez, je sue des sueurs froides. J'ouvre la fenêtre en arrivant au bureau une demi-heure en retard. Mon t-shirt noir dit : « I'd rather die terrified than live forrever » et je le pense. Je ferme la fenêtre en allumant l'ordi. Une voix téléphonée m'explique que d'homme à homme on se comprend pas, que je suis sûrement pas, moi, sur le terrain, que je suis sans doute derrière un bureau, que le terrain c'est sûr je connais pas. Je réponds oui je suis derrière un bureau. Oui je mets des croix dans des cases. C'est comme ça. Pas la première fois qu'on nous sort que le terrain on connaît pas, qu'on vit vraiment dans le virtuel. Je sais pas quoi répondre. Mon terrain à moi, ben c'est l'écran. Voilà ce que j'aurais envie de répondre. À la place je réponds rien. Je réponds pire : soit, ok.

Repris ce matin Isidoro, d'Audrey Lemieux. J'explique à P. le truc du livre. C'est une vision fictive de Lautréamont, je lui dis, une version homosexualisée. C'est tout ce que tu retiens ?, il me demande. Et je réponds non : c'est ce que j'ai bien envie de retenir. Ensuite P. plus là répond plus rien. Le mot correct aurait plutôt été « vampirisée », en fait. Ailleurs le texte éclabousse un peu de sang sur la chemise du voisin d'en face (train fuyant dans la banlieue de banlieue) : peut-être pas du sang (d'ailleurs), plutôt de la fraise ou du sirop (de fraise). En face de lui qui pionce ça sent la naphtaline : ça veut dire que ça sent bien vieux, pas forcément la naphtaline : d'ailleurs comment décrire l'odeur inconnue ? : simplement juste ça sent bien vieux et je décide de le savoir : ça sentira la naphtaline.

Coup de tête aujourd'hui, demain, repose. Mercredi relire encore la partie 1 et puis trancher. Faudra finir avant fin juin, ensuite passer à la 2.

samedi 19 juin 2010

Potable #4

Contrairement aux espérances d'hier, non seulement j'ai rien corrigé de ce que j'aurais dû, mais j'ai en plus créé de nouveaux problèmes, de nouvelles saloperies qui collent plus, alors j'ai mal à la gorge et je perds bien mon temps.

vendredi 18 juin 2010

Potable #3

Le problème c'est que ça l'est pas (potable), que c'est encore mal greffé, cicatrices visibles. C'est (aussi) le problème des lectures partielles sur liseuse : en passant au format livre, on s'attend forcément (plus ou moins consciemment d'ailleurs) à être enfin convaincu. C'est bon, on se dirait, lecture nickelle, on se dirait, on touche plus rien et on y va. Et justement parce que ces pensées là viennent pas ou peinent à venir on grince un peu.

Le point positif, c'est que je sais encore exactement ce qui tourne pas rond, ce qu'il faut changer et même comment. Le point négatif c'est que des trucs à changer y en aurait encore beaucoup. Et que c'est que la partie 1, que derrière elle y en a trois autres. 

Réponse bien simple à apporter : neuf pages en moins c'était trop peu, faudrait encore en couper deux ou trois pour tendre mieux que ça le texte. Désengorger le debut, trop long, trancher aussi la question du prologue (garder ou pas ?). Derrière et hors de ça c'est des histoires de dialogues à affiner encore, des passages précis qui seraient trop mous : des détails.

Alors pour pas encore prendre un an, six mois dans la vue, je fixe au pif des dates butoires. J'ai relu dans le train cette semaine. Réécrit deux fois en rentrant du boulot, dont une hier avant le grand matche. Le point de fuite maintenant m'amène fin du weekend : terminer une autre version de la partie 1 dimanche pour lire encore pendant la semaine et corriger. L'autre deadline ce serait 31 aout. Finir le truc une bonne fois pour toute à cette date là. Finir,finir, finir : plus que ce mot là à la tête maintenant.  

lundi 14 juin 2010

Potable #2

Ce que j'ai pas dit hier, mais qui aurait pu sortir, c'est que Coup de tête au fond doit bien rester tendu sec et pas perdre en intensité. Plus important bien sûr que des histoires de dialogue ou des bouts de phrase qu'on ampute. Pour ça aussi qu'il a fallu casser net dans ces neuf pages, pas forcément plus mauvaises que d'autres (un peu quand même), pas forcément plus à côté de la plaque que le reste (un peu quand même) mais parce que ça détendait le fil du récit. Alors pour garder la tension faut juste jeter ce qui va distraire, et même ce qu'on aimerait garder parce qu'on aime bien, surtout ce qu'on aimerait garder parce qu'on aime bien : parce qu'on sait bien que le vrai truc est ailleurs.

dimanche 13 juin 2010

Potable

Relire encore Coup de tête (toujours), finir la première partie, c'était l'objectif du week-end, plus ou moins respecté. Disons que j'ai atteint ce soir une « version potable », bonne base de travail pour terminer, sans doute, plus tard. Mais la partie 1 nécessitait beaucoup de passages, alors retour aux fondamentaux, c'est à dire une technique qui a fait ses preuves : premier passage, surligner tout ce qui colle pas et deuxième passage le corriger, le réécrire. C'est tout. Dix rotations dans la journée. Souvent les phrases qui accrochent sont celles qui sont réécrites à chaque rotation. Signe que ça sert d'insister. Signe qu'on comprend ce qu'on fait et où ça bloque.

potable2.png

Décision prise également : supprimer tous les tirets de dialogue, intégrer la parole au texte, détail qui collait pas et que je sentais depuis des mois sans vraiment comprendre comment mettre le doigt dessus. La lecture de Fuck America, malgré tout, m'a apporté ce regard neuf sur les dialogues, ce qui me manquait pour les dépoussiérer sans copier/coller pour autant.

potable1.jpg

Et pas se fier à l'arrière-goût maussade qui traîne encore quand on n'a pas le texte sous les yeux : savoir que cette impression est pas loin d'être fausse, que c'est pas un point de vue honnête. Alors on va reprendre encore les rotations pour hisser la partie 1 au niveau des autres, faire un tout homogène. J'expliquais il y a quelques jours qu'une dizaine de pages devait être coupée pour que la partie 1 fonctionne et je suis pas loin du compte : neuf pages ont sauté depuis début mai.

jeudi 10 juin 2010

Fil #Larbaud

vlarbaud.jpgPendant deux mois lecture Larbaud (son Journal) = 1500 pages de vie lue bout en bout = prise de notes embarquée tout du long. C'était à suivre sur Twitter, on appelait ça le fil #Larbaud. Alors bien sûr Twitter révolutionne pas la prise de notes, mais permet une prise directe avec une lecture de fond (comme une course de fond : celle qui embarque), un hublot vivant par lequel observer les délires du lecteur pendant l'acte. Ces deux mois de twitts marqués par le hashtag éponyme sont reproduits là, ci-dessous, par ordre chronologique inverse pour pomper la présentation Twitter. Y a pas de leçon à tirer de cette expérience sinon ces deux broutilles : pour ça vaut mieux prévoir lecture qui pèse (prise de notes Twitter de Mon plus secret conseil ça aurait pas beaucoup d'intérêt) et curieusement la langue ici vaut tout autant que le poids physique du bouquin, détail trivial qui revient régulièrement...
récapitule #Larbaud : http://tinyurl.com/vlarbaud
10 juin 2010 20:28:23 HAEC via Netvibes

remplacera bientôt #Larbaud par #Claudel
4 juin 2010 11:56:23 HAEC via Netvibes


 #Larbaud encore mais plus pour longtemps : http://tinyurl.com/28aebrg #vieuxuséfatigué
1 juin 2010 20:41:52 HAEC via web


 Terminer le Journal, c'est comme assassiner #Larbaud
1 juin 2010 17:45:06 HAEC via Twitterrific

"Il faut attendre d'avoir la force électrique" #Larbaud
1 juin 2010 17:41:47 HAEC via Twitterrific


 "Le seul fait qu'une voie ferrée existe, avec les services réguliers que cela suppose, doit diminuer l'impression de sauvagerie." #Larbaud
1 juin 2010 17:26:51 HAEC via Twitterrific


 "Marcel R. parait être le seul "intellectuel" de cet Olympe ; les autres, fonctionnaires sans plus." #Larbaud
1 juin 2010 17:23:16 HAEC via Twitterrific

"Beaucoup de soldats, se promenant deux par deux, se tiennent par le petit doigt, - geste affectueux et gracieux." #Larbaud
1 juin 2010 07:52:47 HAEC via Twitterrific


 "Non, il n'est pas possible de se montrer bien vêtu et dans une tenue correcte au milieu d'une population encore misérable" #Larbaud
1 juin 2010 07:39:06 HAEC via Twitterrific


 "Cette douche phrase" #Larbaud #lapsuslecture #déformationprofessionnelle
31 mai 2010 20:33:21 HAEC via Netvibes


 "Si ce paysage était nu et désertique comme le Monténégro, on crierait d'angoisse en le decouvrant" #Larbaud
31 mai 2010 18:11:54 HAEC via Twitterrific


 "De toute part ils se hérissent, (...) chaînes déchiquetées, (...) vaste tumulte (...) dans son désordre" #Larbaud
31 mai 2010 17:54:21 HAEC via Twitterrific


 #Larbaud mate les défilés fascistes : quelle allure ! http://tinyurl.com/2w9d7l4
28 mai 2010 20:17:14 HAEC via Netvibes


 "Il a restreint son output au moment où il risquait d'être envahi par une cohue de vulgarités" #Larbaud
28 mai 2010 17:45:20 HAEC via Twitterrific


 calcule le peu de #Larbaud qu'il lui reste
28 mai 2010 08:03:35 HAEC via Twitterrific


 #Larbaud "pas au bout de [ses] peines : il y a cette - typographiquement - terrible affaire de citation musicale"
27 mai 2010 17:45:52 HAEC via Twitterrific"

Sensiblerie = Transsiberie #lapsuslecture #Larbaud
26 mai 2010 18:03:03 HAEC via Twitterrific

"Cette tradition de raillerie francaise à l'égard de la Belgique, quelles peuvent en être les origines ?" #Larbaud
26 mai 2010 17:46:29 HAEC via Twitterrific

"Mais il était à une phase de son ivresse qui faisait de lui un danger pour la propreté de notre table et de nos vêtements" #Larbaud 2/2
26 mai 2010 17:44:42 HAEC via Twitterrific


 "Un jeune homme de type rimbaldien, un ange plein de chopes , s'est jeté à mon cou pour me supplier" #Larbaud 1/2
26 mai 2010 17:42:34 HAEC via Twitterrific

#Larbaud croise "quelques femmes - non professionnelles" et les mate
25 mai 2010 18:23:28 HAEC via Twitterrific

"It is BUMPTIOUSNESS rather than OUTRECUIDANCE" #Larbaud
25 mai 2010 18:17:07 HAEC via Twitterrific

"Le caquet : tout son caractère se réduisait au caquet." #Larbaud
25 mai 2010 08:04:56 HAEC via Twitterrific

#Larbaud a "remarqué le prénom : Pâquerette, désuet en France, et c'est dommage, vraiment."
24 mai 2010 18:07:42 HAEC via Twitterrific

#Larbaud "étanche des paragraphes entiers, qui rentrent sous une autre forme. Ça devient un livre !"
24 mai 2010 08:22:10 HAEC via Twitterrific

Rouille dévore les rails / graviers avale l'ombre par napes / fait trop chaud pour lire #Larbaud
22 mai 2010 14:19:36 HAEC via Twitterrific

#Larbaud "écrit avec une rapidité presque égale à la parole, et c'est bien mauvais"
20 mai 2010 18:19:32 HAEC via Twitterrific

"Personne ne sait ce qu'est au juste le Fascisme, mais le mot sert d'épouvantail, comme si c'était le nom d'une épidémie politique" #Larbaud
20 mai 2010 08:16:56 HAEC via Twitterrific

"Je ne lui reproche pas d'être étranger, mais d'être vulgaire" #Larbaud
20 mai 2010 08:15:05 HAEC via Twitterrific

Apparemment "Vaduz a un Tonkino, un cinématographe parlant" #Larbaud #(!)
19 mai 2010 17:58:14 HAEC via Twitterrific

ruine #Larbaud (mais #Larbaud le vaut bien)
18 mai 2010 08:05:15 HAEC via Twitterrific

reprend #Larbaud (Lucas Letheil n'est pas très loin...) http://tinyurl.com/3ylnfuj
14 mai 2010 20:37:32 HAEC via Netvibes

Un #Larbaud ça se mérite
14 mai 2010 16:40:52 HAEC via Twitterrific

Un #Larbaud ça pèse son poids
14 mai 2010 16:40:17 HAEC via Twitterrific

Entre #Larbaud et le pain de mie je choisis le pain de mie
12 mai 2010 17:24:28 HAEC via Twitterrific

"Il se peut que l'irrégularité de l'écriture vienne en partie de l'irrégularité du pouls" #Larbaud
11 mai 2010 08:07:36 HAEC via Twitterrific


 "Ce qu'il y a d'amusant, c'est que vraiment on n'a jamais été mieux en Italie que depuis que le Fascisme s'est installé" #Larbaud
11 mai 2010 08:06:09 HAEC via Twitterrific

#Larbaud aurait adoré notre époque : "je ne trouverai pas exagérés 6 mois de réclusion au salaud qui crache dans le tramway"
11 mai 2010 08:03:56 HAEC via Twitterrific

#Larbaud "peut encore flâner dans Milan, où les fiacres existent encore"
29 avril 2010 17:37:35 HAEC via Twitterrific

"On asphalte ; on construit des maisons neuves ; les bordels mêmes se sont fait repeindre !" #Larbaud
29 avril 2010 08:06:37 HAEC via Twitterrific

"11 novembre - Le jour de la Victoire ! L'observera-t-on jusqu'à la fin du XXe siècle ? Peu probable" #Larbaud
29 avril 2010 08:05:18 HAEC via Twitterrific


 sans #Larbaud marche plus vite
26 avril 2010 08:26:48 HAEC via Twitterrific


 "Il m'a dit que cet éditeur, pour parer à la crise, publiait des classiques (...), une déchéance !" #Larbaud
23 avril 2010 18:00:09 HAEC via Twitterrific

#Larbaud remarque "qu'en Suisse française beaucoup de magasins de jouets ont pour propriétaires des veuves."
23 avril 2010 08:02:19 HAEC via Twitterrific

#Larbaud traverse la guerre sans voir ni dire : attend 1931 pour en écrire le nom
22 avril 2010 17:49:30 HAEC via Twitterrific

#Larbaud : "Gaston [Gallimard] ought to publish less books, and DO them better."
22 avril 2010 08:09:42 HAEC via Twitterrific

"La grève est finie." #Larbaud visionnaire
21 avril 2010 18:12:01 HAEC via Twitterrific


 #Larbaud : "Do I care ?"
21 avril 2010 18:01:32 HAEC via Twitterrific

"Et on finit par savoir(...)qu'on a envie de se faire désinfecter, ou tout au moins bien laver, avec un champoing a l'eau du Léthé" #Larbaud
21 avril 2010 08:28:01 HAEC via Twitterrific


 "Comme ça prend vite l'air d'un métier, d'une affaire, la littérature ! On a envie de dire : N'en jetez plus !" #Larbaud
21 avril 2010 08:24:43 HAEC via Twitterrific


 #Larbaud à propos de #Rimbaud illuminé : " un gamin, pas un homme"
20 avril 2010 18:21:24 HAEC via Twitterrific


 "Mais les omnibus étaient pleins (la grève !)" #Larbaud, un siècle plus tôt
20 avril 2010 18:13:57 HAEC via Twitterrific


 "La grève continue mais ne s'étend guère." #Larbaud, un siècle plus tôt
20 avril 2010 18:08:34 HAEC via Twitterrific

#Larbaud une fois débarqué à Londres reprend le journal en français
20 avril 2010 18:06:26 HAEC via Twitterrific


 "How is it that people are so ignorant of their own language ?" #Larbaud
20 avril 2010 09:10:58 HAEC via Twitterrific

#Larbaud "under the influence of the Mood ; a tremendous crisis : the feeling of utter loneliness, complete despair, etc."
19 avril 2010 18:28:50 HAEC via Twitterrific

Carte postale de #Larbaud : "no fever, no blood, and, what's best, good spirits"
16 avril 2010 17:52:47 HAEC via Twitterrific

"The Mood again, and under its most cruel shape ; the complete indifference, the drifting away from life" #Larbaud
16 avril 2010 08:27:43 HAEC via Twitterrific

#Larbaud rencontre tout le monde (exceptée Cesárea Tinajero)
15 avril 2010 18:29:25 HAEC via Twitterrific

"No Mood ; rather "joie de vivre" and even buoyancy" #Larbaud
15 avril 2010 18:13:21 HAEC via Twitterrific

"THE MOOD" est devenu "THE MOOD !" #Larbaud
15 avril 2010 08:25:08 HAEC via Twitterrific

1918 : The mood devient THE MOOD #Larbaud
14 avril 2010 08:47:35 HAEC via Twitterrific


 "We shall not see again men like Léon Bloy, I mean, men believing in themselves with so much passion and such blindness" #Larbaud
13 avril 2010 18:04:12 HAEC via Twitterrific


 "The world cannot, has no right to interfere with us ; we do not care for what its does, or thinks, or says." #Larbaud
13 avril 2010 17:59:09 HAEC via Twitterrific

"What a mixture of utterly bad writing and the post magnificent poetry !" #Larbaud
13 avril 2010 08:29:10 HAEC via Twitterrific

"How difficult it is to write about oneself ! Of course I shall make a mess of it" #Larbaud
12 avril 2010 18:08:40 HAEC via Twitterrific

"All "actualité", when taken too seriously, is, ipso facto, out of date." #Larbaud
12 avril 2010 17:51:42 HAEC via Twitterrific

Le "Mood" de #Larbaud s'appelle aussi le vide
12 avril 2010 08:53:25 HAEC via Twitterrific

Selon Jouannais #Larbaud incarne "une sorte d’idéal shandy (son amour des voyages avec une mallette contenant son œuvre à l’infime densité)"
11 avril 2010 11:30:35 HAEC via Netvibes

attrape aussi ce que #Larbaud appelle "The Mood"
10 avril 2010 22:40:47 HAEC via Netvibes

1917 : Pas un mot sur les soins aux blessés à l'hôpital de Vichy mais journaux entiers sur Alicante - San Vicente #Larbaud
9 avril 2010 18:46:12 HAEC via Twitterrific

"My days are all alike : (...) I want to keep a record of this day, always dear to me." #Larbaud
9 avril 2010 08:08:20 HAEC via Twitterrific

#Larbaud guest star dans #GTA4 ! http://tinyurl.com/y86zlmb
8 avril 2010 20:52:26 HAEC via Netvibes

Le grand mugissement des sirènes des très gros bateaux (...) si important qu'on pense à des départs pour d'autres planètes. #Larbaud
1:48 PM Apr 8th via Twitterrific

Fantômes lapdancent (#Larbaud aussi)
8 avril 2010 16:59:33 HAEC via Twitterrific

#Larbaud me casse la nuque, me pète le dos
7 avril 2010 08:34:48 HAEC via Twitterrific

mercredi 9 juin 2010

100609

Poursuivons dans les chiffres : 6 boites de deux fois 8 comprimés de Daffalgan 1G pour faire des stocks. Je sais plus combien ça m'a coûté : j'ai payé sans voir. C'est ma drogue blanche fictive dorsale en comprimés. Dorsale parce que je sais pas. Fictive parce que c'est pas vrai. Blanche parce que chaleur faisant migraine repart et perce molle en fin de journée, revient par derrière et tombe sur les yeux : je sais enfin ce que ça fait l'impression de vomir par les orbites, sauf que c'est une image donc c'est pas vrai. D'ailleurs c'est pas si nocif que ça et le sang pulsé part vite et tape même pas, comme il devrait, et même baiser ça booste pas la douleur alors qu'est-ce qu'il y a à comprendre ? H. me dit : c'est dégueulasse de te faire porter le chapeau, je dis : quel chapeau ? H. me dit : tu devrais consulter pour ta tête et je dis : je veux pas vraiment plus avoir mal.

Lu dans le train (aller / retour) biographie succincte de David Foster Wallace (The Lost Years & Last Days of David Foster Wallace, par David Lipsky) dont je n'ai jusque là jamais lu le moindre mot. L'article traduit est paru dans le premier Zanzibar Quarterly (« tirage limité à 1500 exemplaires, c'est le moment de vous le procurer ») dont je reparlerai sans doute. D'ici là, motus.

Croisé aussi des corps sans vie bien zombifiés qui traînaient leurs peaux sur des dizaines de quais. Peur primaire n'apparaît pas, mais David Menear écrit dans une de ses cartes postales : « Les corps croisés par coeur c'est des cancers bien mis. », ouais, alors je me rappelle la phrase. Je me demande combien de corps croisés sens inverse me voient pendant que moi je les vois pas. Faudrait compter. Arrêter et reprendre chaque fois qu'on se perd dans les chiffres. Arrêter souvent, reprendre idem.

Pensé à Coup de tête sans pourtant peser le moindre mot. Me suis dit que si je continuais la découpe de la partie 1 (faudrait encore charcuter dix pages, je pense, mais pas dix pages de suite, dix pages disséminées entre les phrases, entre les mots, des soixante autres) Coup de tête ça tiendrait plus que sur un timbre poste. Et ça dirait quoi ? Que ma main, main droite, me chope la gorge ? Que je compte les corps en sens inverse ? Que je plante la chair dans le moignon ou le moignon dans la chair ? Qu'Ajay attend à côté de moi muet comme on pourrait pas dire ? Peut-être bien.

J'ai pas dormi la nuit dernière, j'ai mal aux yeux. Ce temps d’insomnie tombé au pif, l'aurait fallu l'utiliser pour mieux écrire, travailler un peu, mais je l'ai pas fait. Hausse les épaules. Pourtant là qu'on est le plus efficace, le plus dévoué : quand la fatigue retire aux gestes, aux têtes, tous les moulinets inutiles.

P. aussi s'enterre dans son mutisme : pas de mail, rien. Moi non plus d'ailleurs. D'ailleurs j'ai pas ouvert ma boite mail en question. D'ailleurs même pas envie de le faire.

dimanche 6 juin 2010

6393

Numéro du TGV du jour. Étudiants japonais investissent le wagon et je me dis que peut-être ce serait cool d'en vrai encore être étudiant. Ou que ce que serait cool de partir vivre à l'étranger le temps d'y croire et d'oublier que ça aurait pu être différent. Plus loin Bronsky fait portier de nuit pendant trois semaines (Fuck America) et je me dis que peut-être ce serait cool de bosser de nuit pendant trois semaines. Plus loin corps voisin monté gare de Perrache traverse le sas Converse noires montantes aux chevilles et je me dis que peut-être ce serait cool, etc.

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Je relis encore Coup de tête, j'y comprends rien : tout est à chier depuis que je lis Hilsenrath : fuck lui. Larbaud au moins était envahissant, lourd à traîner, ok, mais avec lui j'avais pas ce problème. Dans le train aussi difficulté à se concentrer. Faut être ailleurs. Faut mieux bosser.

Vendredi vu L. et I. pour une soirée. Pas vu L. depuis quoi ? des années ? Je lui dis salut. Prends des nouvelles. Elle me demande où j'en suis maintenant : la dernière fois qu'on s'est vu tu vendais des machins sur Internet. Je lui dis putain mon Journal est en ligne et t'es même pas foutue d'avoir accès à ma vie privée ? Puis je lui explique. C'est à dire que je sais plus trop où je suis ni trop où je vais ni quand. Elle me ramène dans sa voiture en panne. Me dit faudra se revoir.

Le contrôleur du 6393 me dit franchement faudra changer la photo de la carte 12-25 parce qu'on n'a plus 16 ans. Lui réponds que j'ai pas demandé à plus l'être.

Voisine de droite chiale retournée contre sa vitre place 80. Elle vérifie de temps en temps qu'autour on l'entend bien chialer et qu'on est là. Voilà maintenant qu'elle me demande un kleenex.

Aperçu hier P. comme Pierrot qui s'endormait quand il m'a vu. J'ai pris des photos à bout portant droit sur l'écran, droit sur la cam quand il dormait. J'ai pas cadré le visage, enfin je crois pas. Je crois plus qu'il pourra être mon personnage de kiss bye boy qui est un ado, certes, mais qui n'est pas lui, et surtout qui est ailleurs. Et puis kiss bye boy n'existe pas, c'est juste un titre avec des notes que je complète des fois. Tout à l'heure corrigé le fichier, j'y ai supprimé toute la ponctuation, j'arrive à trois pages titre compris, alors on est nulle part. D'ailleurs il me parle par monosyllabe et il s'endort encore. Je lui dis bonne nuit Pierrot et me déconnecte. Torse nu figé sur la cam qui freeze quand on éteint.

J'aimerais juste être partout où je suis pas (c'est à dire à côté) mais quand je bouge y a tout qui suit, alors je râle. J'ai dit hier la fameuse phrase à P. : « rien ne sera jamais possible entre nous parce que je suis marié ».

vendredi 4 juin 2010

Fuck Hilsenrath

Commencé mercredi Fuck America d'Edgar Hilsenrath, recommandé à l'époque par X. et acheté en sa compagnie d'ailleurs au dernier salon du livre. À peine cent pages pas plus et c'est le genre de livre qui me fait dire (comme Spanbauer ou Fresán avant lui) que j'ai tout faux, n'ai rien compris, et ferai mieux d'écrire comme lui, lire lui, être lui. D'ailleurs les relectures Coup de tête qui ont suivi ont marqué l'impact, ce qui me gêne, car je crains toute forme d'influence plaquée comme ça, sans prévenir et intempestivement.
« Ça fait combien de temps que vous n'avez pas baisé, Monsieur Bronsky ? »
« Ça ne vous regarde pas. »
« Vous vous tapez des branlettes ? »
«  Ça ? Moi jamais. »
« Mais je suis certain que vous le faites. Après tout vous êtes encore un jeune homme. »
« Et pourtant, jamais. »
« Alors, je ne comprends pas pourquoi votre roman porte ce nouveau titre ! »
« LE BRANLEUR ? »
« LE BRANLEUR. »
« Les nouvelles vont si vite que ça ? »
« Comme vous voyez... »
Je dis : « Le titre est de Monsieur Grünspan. »
« Mais, il vous plaît ? »
« Je l'aime bien et j'ai l'intention de le garder. »
Le germaniste Rosenberg dit :
« Un titre profond, énigmatique ! Les critiques vont se creuser la cervelle. »

Edgar Hilsenrath, Fuck America, Attila, trad : Jörg Stickan, P.78-79
J'aime : la fluidité du texte, le détachement des contraintes du dialogue, le jeu sur les redites, les bricolages typographiques, le bordel du texte. Sans doute, aussi, la qualité de la traduction joue-t-elle un rôle ?

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Mais Coup de tête c'est pas ça. J'aimerais que le texte soit aussi fluide et sec mais c'est pas ça. J'aimerais que la langue soit plus en surface, j'aimerais que la fiction comprenne qu'elle en est une et assume, mais c'est pas ça. Je me suis rendu compte, aussi, après ces relectures, que Coup de tête visait l'asphyxie pure et que les lourdeurs c'était du coton bien doux dans la gorge. Que le texte au rythme décortiqué bloque le souffle et casse la gorge, voilà ce qui semble être l'enjeu. Fuck America est plus nerveux, sanguin, et c'est une langue que j'admire, adore même, mais que je ne maîtrise pas. Et c'est pas la mienne. Pour ça bien sûr que je la veux.

mardi 1 juin 2010

Larbaud #6 & fin


Le Journal de Larbaud prend fin en 1935, on en vient. J'ai mis deux mois pour traverser ses 34 ans de plume et d'encre. Le livre aussi a souffert, 1500 pages embarquées chaque jour dans le cirque des transports. Comme 2666 avant lui il ressort de cette lecture pas tout à fait indemne. En novembre 1935 Larbaud est atteint d'aphasie et se retire de l'écriture comme de la parole. Plus de Journal après cette date. Sa dernière escale l'emmène en Albanie et lorsqu'il en revient il cherche des drapeaux (mais n'en trouve pas). Le fil #Larbaud reste branché, avant de peu à peu se dissiper dans la masse...
Ici se termine le journal de Larbaud. Suivent : un document en cyrillique, avec un timbre officiel, daté du 2 juillet 1935, à Tirana ; une page de carnet sur laquelle figurent quelques chiffres (comptes...) et sont collés deux timbres (albanais ?) ; une fracture de boissons prises à bord du Srbin (la facture, datée du 4 juillet 1935, écrite en caractères romains, porte la mention de la classe (I) ; le texte qui sert de chapeau à la facture est traduit en français : "Les passagers sont priés de reporter tous désirs ou plaintes éventuelles au revers de ce feuillet en le posant dans la cassette de contrôle, se trouvant à tel but à bord") ; quelques feuillets de papier bleu dont le premier porte l'entête de l'Hôtel Royal Danieli à Venise et sur lesquels Larbaud a rédigé les notes ci-dessous.

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