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  <title>Omega Blue</title>
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  <description>Journal de bord (journal tout court) d'un apprenti écrivant noyé dans la fiction permanente. Entre ces pages : mon laboratoire, mes textes, mes fuites, mes coups de coeur. Et la littérature évidemment.</description>
  <language>fr</language>
  <pubDate>Mon, 14 Feb 2011 09:14:53 +0100</pubDate>
  <copyright></copyright>
  <docs>http://blogs.law.harvard.edu/tech/rss</docs>
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  <item>
    <title>Fuir est une pulsion</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/10/21/Fuir-est-une-pulsion</link>
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    <pubDate>Thu, 21 Oct 2010 17:48:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Blog</category>    
    <description>    Omega Blue n'est plus, enfin. Comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/10/14/Disparaitre&quot;&gt;expliqué&lt;/a&gt; plusieurs fois par le passé, le blog Omega Blue a servi de béquille pour &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;, et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/25/Fini&quot;&gt;à présent que le roman est terminé&lt;/a&gt;, il n'a plus de raison d'être. À compter d'aujourd'hui le blog arrive donc en bout de course, il restera en ligne encore quelques temps comme archives de la période 2006-2010 de mon journal, mais ne sera plus réactualisé. Les articles restent totalement accessibles, les commentaires, eux, sont verrouillés.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;a href=&quot;http://www.fuirestunepulsion.net/&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.fuirestunepulsion.net/IMG/fuir0.png&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


La suite, elle, se situe sur &lt;a href=&quot;http://www.fuirestunepulsion.net/&quot;&gt;Fuirestunepulsion.net&lt;/a&gt;, alors merci de &lt;a href=&quot;feed://www.fuirestunepulsion.net/spip.php?page=backend&quot;&gt;mettre à jour&lt;/a&gt; vos flux RSS et à très bientôt j'espère !</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Disparaître</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/10/14/Disparaitre</link>
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    <pubDate>Thu, 14 Oct 2010 15:40:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Blog</category>    
    <description>    Le blog, je crois, a pris fin le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/25/Fini&quot;&gt;jour où j'ai écrit&lt;/a&gt; « point final » au terme d'un manuscrit vieux de plus de quatre ans. Pour ça précisément que c'est assez calme, en ce moment. Le rythme de publication reprendra (j'espère) une fois mis en ligne le nouveau site censé prendre place de l'autre. Sans doute bientôt, mais j'ignore quand.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/index.php?2010/10/03/1038-jour-1035&quot;&gt; &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/octobre10/03-10-10.jpg&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>11 10 10 : 12h13</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/10/11/11-10-10-%3A-12h13</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e538ced23a809351f22ee074ad9752b9</guid>
    <pubDate>Mon, 11 Oct 2010 19:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>F.</category><category>Florent Marchet</category><category>I.</category><category>L.</category><category>Littérature</category><category>Rodrigo Fresán</category><category>St-Etienne</category><category>Train</category>    
    <description>    Dans le train juste avant départ, retour Paris dans la brume, le wagon quasi vide et pourtant l'ombre d'un corps derrière le mien, qui sort un sandwich, midi oblige, et respire fort entre chaque bouchées, tellement fort qu'il en aspire le siège derrière et les pages de &lt;em&gt;Vies de saints&lt;/em&gt; que j'essaye de lire, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/29/Double-Meetic&quot;&gt;re&lt;/a&gt;lire plutôt, sans succès, car sa simple présente derrière, juste, me déprime, et je me retournerais bien comme au cinéma pour lui demander la paix mais on demande pas à un mec qu'on a jamais vu de sa vie d'arrêter un peu de respirer merci, n'est-ce pas ? Alors je m'abstiens. Le mec à gauche, rangée opposée, lui, vissé portable depuis qu'il est monté, essaie désespérément d'expliquer à sa voix dans l'oreille droite que ça suffit cinq minutes de faire tout un bordel de rien et qu'il faudrait lui foutre la paix putain. J'approuve. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Une demi-heure après départ, Google Agenda m'envoie un mail pour me rappeler départ, numéro de train, horaire, au cas où j'aurais zappé de partir et que je souhaiterais, qui sait, remonter le temps pour le reprendre.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Hier j'ai revu F., le jour d'avant L., I., et revenir ici (cet ici qui, tandis que j'écris ces lignes, redevient progressivement là-bas) c'est un peu retomber quatre ans, cinq ans, en arrière, sans réellement y parvenir, alors les rencontres ne sont pas tout à fait les mêmes que celles qu'elles auraient dû, pu être. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans l'Iphone &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Florent%20Marchet&quot;&gt;Florent Marchet&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/florentmarchetmusic&quot;&gt;chante&lt;/a&gt; &lt;em&gt;« qui je suis, dis-moi qui je suis »&lt;/em&gt; et le répète. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Sur la gauche du train, derrière la vitre, des mecs jouent les acrobates sur les pylônes d'une centrale électrique qui jouxte les voies.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je reprends, donc, &lt;em&gt;Vies de saints&lt;/em&gt; :

&lt;blockquote&gt;Oui, Canciones Tristes.&lt;br /&gt;

Une ville dans le coma. Immobile et en transe ; mais allez savoir ce qui se passait derrière ses portes et ses fenêtres closes, comme des paupières qui auraient suivi une thérapie intensive. Une ville qui – m'avait-on prévenu à la rédaction de Rieles – regorgeait de saints ou, du moins, de candidats à la sanctification. De perpétuelles opportunités d'alléluias. Une concentration maximale de martyrs et de prodiges. Tout était miraculeux ou digne de le devenir : « Vous ne vous souvenez donc pas de ce jour où le soleil ne s'est pas levé, et de la veuve qui saignait à la messe comme un immense jet d'eau, et de l'autruche qui parlait le latin à la perfection ? »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Rodrigo Fresán, &lt;em&gt;Vies de saints&lt;/em&gt;, Passage du Nord Ouest, trad : Serge Mestre, P.220.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Kolontar</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/10/08/Kolontar</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:955b4806854fca68cd1640c9c780c6f3</guid>
    <pubDate>Fri, 08 Oct 2010 12:44:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Crise !</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;Question : Kolontar était-il le point de départ d'une « insurrection environnementale » comme il a été dit ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Réponse : L'expression « insurrection environnementale » est venue de la bouche de pantins qui n'ont jamais mis ni les pieds ni les mains dans la soude, c'est une jolie petite formule pour livre d'Histoire pour les nuls. Kolontar a surtout marqué le point de départ de la ROUILLE, une convergence de contestations jusque là très diffuse et fragmentée. Kolontar nous a offert la visibilité qui nous manquait, notre 11 septembre en quelque sorte.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : Quel a été l'enjeu de la négociation qui a précédé le dynamitage des cuves ?&lt;/strong&gt; 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Il n'y a pas eu de négociation. Simplement une alerte qui n'a pas été relevée par les officiels de l'époque. Notre but a toujours été la contamination du territoire. Nous n'avions rien à demander en échange.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : On a longtemps entretenu la rumeur d'une demande de quitter l'Union Européenne, qu'en est-il exactement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : L'Europe était déjà crevée, elle ne nous intéressait pas.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : La catastrophe écologique qui a résulté de cette action était-elle un objectif déterminé ou  un dommage collatéral ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Comme je l'ai dit, notre but était de contaminer le territoire. Beaucoup de membres de la ROUILLE, présent à l'époque ou qui s'apprêtait à nous rejoindre après Kolontar, étaient de grands fans de littérature et de cinéma de science-fiction apocalyptique. L'idée est venue de là. Et Tchernobyl était notre modèle. Le monde fonctionnait de cette façon. Chaque territoire est préservé à cause de sa valeur marchande. Après Tchernobyl, tout le monde a déserté la zone et la zone est devenue parallèle, libre à être investie, un Eden radioactif sans contraintes. Ou plutôt si : la zone était barricadée par la milice gouvernementale. Nous fallait donc reproduire le schéma Tchernobyl, mais ailleurs, trouver une zone prête à être investie rapidement et qu'on ne pourrait pas nous refuser.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : La cible Kolontar a donc été choisie...&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Exactement.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : Pourquoi là-bas plutôt qu'ailleurs ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : A cause de la proximité du Danube. C'est tout ce que je peux en dire.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : C'était surtout une position centrale en Europe de l'Est qui permettait de mettre en place l'activité de piraterie de la ROUILLE, non ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : C'est tout ce que je peux en dire.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : N'aviez-vous pas peur d'établir votre camp de base à Kolontar, ne craignez-vous pas la contamination du sol ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Vous savez qu'on cultive maintenant des fruits et des légumes sur l'ancien site de Tchernobyl ? Que la vie animale a repris son cours ? Que la zone même est devenue une sorte de réserve naturelle spontanée pour une quantité d'espèces animales ? La réalité, ce qu'on veut nous faire croire, c'est que toute l'activité humaine est nuisible, nuisible à l'environnement et à l'Homme lui-même mais c'est faux. Il suffit simplement de bien connaître la composition chimique des éléments qui sont intervenus dans la contamination, savoir comment ils fonctionnent et comment ils se propagent. Nous avions avec nous des yeux très attentifs à la composition chimique du sol, de la faune et de la flore. Nous savions que nous ne risquions rien, à partir du moment où nous suivions spécifiquement leurs recommandations. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : N'y-a-t-il pas eu pourtant des cas de contaminations humaines parmi votre groupe ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Nous sommes encore tous là aujourd'hui, n'est-ce pas ? Et puis, la couleur de la soude a redéfinit le paysage de façon miraculeuse. Je n'ai jamais vécu dans d'aussi beaux pays ni sur d'aussi belles terres qu'à l'époque de mon séjour à Kolontar. Grâce à la soude, grâce à la ROUILLE, les photos satellites prises de la région à cette époque et dans les mois, années, qui ont suivies, sont devenues les plus miraculeuses des oeuvres d'art. J'en garde encore des souvenirs spectaculaires.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;Q : Est-ce l'amateur de science-fiction apocalyptique qui parle ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : C'est l'amoureux des belles choses qui parle.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/kolontar.jpg&quot; alt=&quot;kolontar.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;kolontar.jpg, oct 2010&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;




&lt;strong&gt;Q : N'avez-vous jamais eu le moindre remord vis à vis des victimes des actions terroristes que vous avez organisées, à Kolontar principalement ?&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
R : Je n'ai jamais eu le moindre remord vis à vis des victimes de la soude. Tout le monde meurt, vous savez. Mais certains ont perdus des membres, des jambes ou des bras, je me souviens, et ça, c'est vrai, ce n'est pas bien. Tout le monde meurt un jour ou l'autre, moi aussi, ce n'est pas grave. Mais les mutilés, c'est autre chose...</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Vigipirate</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/10/06/Vigipirate</link>
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    <pubDate>Wed, 06 Oct 2010 17:23:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Paris</category><category>St-Etienne</category><category>Tom Spanbauer</category><category>Train</category>    
    <description>    Rentré hier pour St-Etienne, chez mes parents jusqu'à lundi. Pris le train &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/21/Coup-de-tete-2/5&quot;&gt;Gare de Lyon&lt;/a&gt; au milieu des flics et des &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/10/Lipogramme-en-accent-circonflexe&quot;&gt;Fa-Mas&lt;/a&gt;. Après qu'un mec assez jeune, bègue, me demande un euro pour aller à X. (je n'ai pas compris où il souhaitait aller) et que je lui file (sans doute parce que le mec assez jeune, bègue, me rappelait William of Heaven, narrateur de &lt;a href=&quot;http://www.tomspanbauer.com/pages/books-shy.html&quot;&gt;&lt;em&gt;In the city of shy hunters&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;), les flics sont venus nous voir, nous ont demandé de « reculer par soucis de sécurité ». Nous avons reculé. Un sac plastique abandonné au milieu du grand hall était gardé très strictement par des militaires, flingues collés au corps. J'ai pris une photo (sur la photo, malheureusement, le sac plastique n'est pas visible). Le sac plastique, à ma connaissance, n'a pas explosé.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/vigipirate.jpg&quot; alt=&quot;vigipirate.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;vigipirate.jpg, oct 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Plus tard, dans le train cette fois, à trois quarts d'heure de Lyon environ, un autre mec qui puait la clope et l'alcool s'est assis sur le siège d'à côté, m'a réveillé, m'a demandé s'il pouvait s'asseoir sur le siège d'à côté, m'a remercié derrière mon oui, s'est coupé les ongles intégralement (mais sauf les pieds), m'a demandé à quelle heure on arriverait à Lyon, m'a remercié mec après ma réponse, et s'est barré. Je me suis vaguement demandé quel genre de bombe il aurait pu planquer, quand il aurait pu la faire péter et sous quel siège. J'ai sorti mon MacBook pour écrire quelques &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;peurs primaires&lt;/a&gt;. J'en ai oublié une (tant pis). J'ai rechargé mon Iphone. Je me suis rendormi.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Lignes du désir, par Pierre Ménard</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/10/01/Lignes-du-desir-par-Pierre-Menard</link>
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    <pubDate>Fri, 01 Oct 2010 09:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Audio</category><category>Dominique A.</category><category>Pierre Ménard</category><category>Vases communicants</category><category>Ville</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/IMG_6175.JPG&quot; alt=&quot;IMG_6175.JPG&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;IMG_6175.JPG, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je suis une ville dont beaucoup sont partis enfin pas tous encore mais ça se rétrécit. Et toute la ville autour de nous, les parcours sont bien dessinés. C’est surtout un trou au milieu de la ville dans lequel on s’enfonce avant de revenir à la surface. Je suis une ville qui ne se voit pas ailleurs. Écrire la ville c’est marcher dans ses rues et savoir s’y perdre. Jouer avec la vitesse et tous ceux que l’on rencontre. Celui-là qui s'y voit mais à qui ça fait peur. Et celle-là qui ne sait plus, qui est trop abrutie. Certains autres s'y mêleraient, qui y redirait quoi ? On ne voit presque rien. On entend la rumeur, toute la ville autour de nous. Comment en rendre l’infini foisonnement ? Toute la ville autour de nous, qui ne sait pas où elle est ou, qui se croit partie. Créer un mouvement ininterrompu de phrases qui ne se ferment pas, s’ouvrent sans cesse sur d’autres phrases, donnant ainsi une image en mouvement du monde. Et toute la ville autour de nous serait belle, serait silencieuse. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/IMG_6207.JPG&quot; alt=&quot;IMG_6207.JPG&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;IMG_6207.JPG, sep 2010&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je me dis qu'il faut me dépêcher, qu'il faut garder ce qui peut l'être encore. Je suis une ville où l'on ne voit même plus qu'un tel n'est pas au mieux, lui qu'on a toujours vu avec les joues bien bleues, avec les yeux rougis, ou avec le teint gris, mais bon, avec l'air d'être en vie. Ce qui appelle ou nous rappelle, ce que nous fûmes et ce que nous serons. Je jette de temps en temps un coup d’œil vers le ciel. Un jour il est foutu et peu comprennent alors que la mort a frappé quelqu'un de déjà mort. Toujours bien faire ce qu’on a envie de faire et s’en tenir là. Ce silence où tout soudain s'arrête sans pourtant s'arrêter. Je suis une ville de chantiers ajournés, de fêtes nationales, de peu de volonté. Le tremblé du monde qui s’y imprime dans l’avancée qu’on lui impose. Les fils qu’on suit, et qui fuient. Et puis : nos corps, nos corps qui se posent, qui s’interposent sur l’écran, comme des zones opaques empêchant la lumière de traverser. Je suis une ville couchée la bouche de travers. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/IMG_6192.JPG&quot; alt=&quot;IMG_6192.JPG&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;IMG_6192.JPG, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Raconter, c'est raconter quelque chose. Ils ne demandent qu'à dire combien ils sont heureux, d'être là à nouveau, qu'on les y aide un peu. Ce n'est pas vouloir dire mais vouloir faire. C'est dans cette intention de faire qui veut ce que l'on dit qu'en nous l'inconnu peut parler. Ce que je ne sais pas, ce que je devine, ce que j'invente, ce que j'avance, dans l'oubli de chaque pas, l'éblouissement des mots, ce sera donc ici. Les villes ont sans doute besoin de telles expériences pour éprouver le ciel. Les nuages au-dessus d’elles. Ils ne savent rien de rien et pourtant ils sont là. Je suis dans ce que je ne peux pas dire. Je suis une ville dont beaucoup sont partis, enfin pas tous encore mais ça se rétrécit. J'y suis, mais je ne le vois pas, pour le voir j'essaye d'oublier. Les souvenirs aveuglent, il faut toujours entrer dans ce mouvement, le temps immobile. Je suis une ville foutue qui ne sait plus lire l'heure, qui a oublié l'heure, qui ne sait plus lire l'heure, qui a oublié l'heure. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/IMG_6200.JPG&quot; alt=&quot;IMG_6200.JPG&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;IMG_6200.JPG, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://marellezap.free.fr/dewplayer.swf?son=http://www.liminaire.fr/SONS/MUSIQUE/JeSuisUneVille.mp3&quot; height=&quot;20&quot; width=&quot;200&quot;&gt; &lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://marellezap.free.fr/dewplayer.swf?son=http://www.liminaire.fr/SONS/MUSIQUE/JeSuisUneVille.mp3&quot;&gt;&lt;/object&gt;&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Je suis une ville&lt;/em&gt;, extrait de l'album &lt;em&gt;Remué&lt;/em&gt;, de Dominique A., &lt;em&gt;Lithium - Labels&lt;/em&gt;, 1999.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;_________________________&lt;/center&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/&quot;&gt;Tiers Livre&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.scriptopolis.fr/&quot;&gt;Scriptopolis&lt;/a&gt; sont à l'initiative d'un projet de &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/liminaire#%21/group.php?gid=104893605886&amp;ref=ts&quot;&gt;vases communicants&lt;/a&gt; : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/note.php?note_id=445138245853&amp;id=756154196&amp;ref=mf&quot;&gt;ce 16e numéro&lt;/a&gt;, j'ai le plaisir d'accueillir &lt;a href=&quot;http://www.liminaire.fr/&quot;&gt;Pierre Ménard&lt;/a&gt;, qui lui-même accueille l'un de mes textes sur &lt;a href=&quot;http://www.liminaire.fr/&quot;&gt;Liminaire&lt;/a&gt;, le texte proposé ici est aussi un extrait des &lt;a href=&quot;http://www.liminaire.fr/spip.php?article484&quot;&gt;&lt;em&gt;Lignes du désir&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, actuellement en cours d'écriture. Le texte&lt;a href=&quot;http://www.liminaire.fr/spip.php?article1120&quot;&gt; propulsé sur Liminaire&lt;/a&gt; est une prolongation de mon précédent vase communicant avec &lt;a href=&quot;http://juliette.mezenc.over-blog.com/&quot;&gt;Juliette Mézenc&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/01/Journal-du-brise-lames-par-Juliette-Mezenc&quot;&gt;il y a six mois&lt;/a&gt; et qui pourrait faire partie d'un ensemble appelé &quot;Cartographies&quot;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Liste des vases communicants d'octobre :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.tierslivre.net/'&gt;François Bon&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.face-terres.fr/'&gt;Daniel Bourrion&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.àchatperché.net/'&gt;Michel Brosseau&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.joachimsene.fr/txt/'&gt;Joachim Séné&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://kwakizbak.over-blog.com/'&gt;Christophe Grossi&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com/'&gt;Christophe Sanchez&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://tentatives.eklablog.fr/'&gt;Christine Jeanney&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.pendantleweekend.net/'&gt;Piero Cohen-Hadria&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://petiteracine.over-blog.com/'&gt;Cécile Portier&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://fenetresopenspace.blogspot.com/'&gt;Anne Savelli&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt; 
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://juliette.mezenc.over-blog.com/'&gt;Juliette Mezenc&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://samecigarettes.wordpress.com/'&gt;Louis Imbert&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://abadon.fr/' class='spip_out'&gt;Michèle Dujardin&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://jeanyvesfick.wordpress.com/' class='spip_out'&gt;Jean-Yves Fick&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.omega-blue.net/'&gt;Guillaume Vissac&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.liminaire.fr/'&gt;Pierre Ménard&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://mariannejaegle.overblog.fr/'&gt;Marianne Jaeglé&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.lesmarges.net/'&gt;Jean Prod&amp;#8217;hom&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.scriptopolis.fr/'&gt;David Pontille de Scriptopolis&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://runningnewb.wordpress.com/'&gt;Running Newbie&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://sauvageana.blogspot.com/'&gt;Anita Navarrete-Berbel&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://gilda.typepad.com/traces_et_trajets/'&gt;Gilda&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.urbain-trop-urbain.fr/'&gt;Matthieu Duperrex d&amp;#8217;Urbain trop urbain&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://leslignesdumonde.wordpress.com/'&gt;Loran Bart&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://lemondecrit.blogspot.com/'&gt;Geneviève Dufour&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?rubrique1'&gt;Arnaud Maisetti&lt;/a&gt; &lt;/strong&gt; 
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://www.inacheve.net/'&gt;Jérémie Szpirglas&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://cafcom.free.fr/'&gt;Jacques Bon&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://semenoir.typedpad.fr/'&gt;Maryse Hache&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://www.theoneshotmi.com/'&gt;Candice Nguyen&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://nolwenn.euzen.over-blog.com/'&gt;Nolwenn Euzen&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://oliverbe.blogspirit.com/'&gt;Olivier Beaunay&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;br&gt;
&lt;br&gt;
&lt;strong&gt;&lt;a href='http://aloredelam.com/'&gt;Lambert Savigneux&lt;/a&gt; et &lt;a href='http://brigetoun.blogspot.com/'&gt;Brigitte Célérier&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Double Meetic</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/29/Double-Meetic</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2b9877c7162dfa6811f5034445bd56f2</guid>
    <pubDate>Wed, 29 Sep 2010 23:50:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Coup de tête</category><category>H.</category><category>Juliette Mézenc</category><category>kiss bye boy</category><category>Le Tigre</category><category>Mélanie Pain</category><category>P.</category><category>Paris</category><category>Philippe Vasset</category><category>Rodrigo Fresán</category><category>Sylvain Prudhomme</category><category>Train</category><category>Vidéo</category>    
    <description>    Ce matin trop peu dormi, parti retrouver &lt;a href=&quot;http://juliette.mezenc.over-blog.com/&quot;&gt;Juliette Mézenc&lt;/a&gt; au Louvre, déjeuner au Num (&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/17/17-sept&quot;&gt;décidément&lt;/a&gt;), saumon je crois. &lt;a href=&quot;http://chaotiqueneutre.blogspot.com/2010/09/vie-et-mort-du-quart-dheure-de-gloire.html&quot;&gt;Ce matin 8h H.&lt;/a&gt; me réveillait car j'avais laissé la clé sur la porte et la porte (donc) n'ouvrait pas. J'ai dit franchement, 8h, quoi, 8h... M'a dit fallait pas laisser la clé gros malin. Me suis recouché.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Dans le train pour venir poursuite &lt;em&gt;Vies de saints&lt;/em&gt;, un mec bourré derrière &lt;a href=&quot;http://twitter.com/#!/gvissac&quot;&gt;explique&lt;/a&gt; qu'à l'enterrement on lui a rien filé mais on lui a tout pris. Et hier croisé &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/P.&quot;&gt;P.&lt;/a&gt;, très brièvement, sur messagerie instantanée me demandant pourquoi j'avais flingué &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/kiss%20bye%20boy&quot;&gt;&lt;em&gt;kiss bye boy&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et lui répondant que ce n'était pas très important, que c'était foutu déjà, il se vexe. Et qu'est-ce que ça me coûterait de l'ajouter au &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/17/Noms&quot;&gt;site&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Fuir est une pulsion&lt;/em&gt; qui prendra la suite du blog dans quelques semaines, me suis demandé. Réponse à venir. &quot;La suite sous peu.&quot; (&lt;a href=&quot;http://arobasestrategique.wordpress.com/&quot;&gt;© g@rp&lt;/a&gt;)

 &lt;blockquote&gt;« Moi, j'ai fait la guerre, Max, et pas toi », pense Alejo. « Toi, tu es plus jeune que Nina et ça me dégoûte un peu, je ne sais pas très bien pourquoi. Tous ces muscles ne peuvent certainement pas cacher plus de dix-huit, dix-neuf ans. Tu es un petit gamin du millénaire et moi j'appartiens à cette espèce bizarre en voix d'extinction. Pour toi, je suis un animal préhistorique. Le fait que tu puisses me tuer à coups de pied sans grand effort n'empêche pas que je sois bien plus digne d'attention pour le monde entier, que je possède plus de &lt;em&gt;valeur&lt;/em&gt; et que je sois plus &lt;em&gt;important&lt;/em&gt; que toi. Cela dit, il est vaguement vraisemblable qu'un petit gamin de notre millénaire soit mieux assemblé qu'un légitime survivant des inoubliables et lointaines années 1980. C'est vaguement vraisemblable... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Rodrigo Fresán, &lt;em&gt;Vies de saints&lt;/em&gt;, Passage du Nord Ouest, trad : Serge Mestre, P.93.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Juste avant de se retrouver cour carrée du Louvre Juliette, ne m'ayant jamais rencontré précédemment et ne sachant pas précisément quelle tête j'avais, a visiblement accosté un de mes doubles qui n'était, sauf lourde erreur de ma part, pas moi. Le double lui a répondu je ne suis pas Guillaume mais bon courage et a pensé, sans doute, à une rencontre &lt;a href=&quot;http://www.meetic.fr&quot;&gt;Meetic&lt;/a&gt; ou un blind date occasionnel. Je ne sais pas quelle tête avait ce double et si son ombre était réellement une déclinaison possible de la mienne (j'aime le penser) mais je me pose la question de savoir quelle a été, par la suite, la progression de sa journée. Peut-être l'envers de la mienne.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/Bcbnz7yggIk?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/Bcbnz7yggIk?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



Plus tard, au Num, entre deux saumons, Juliette m'explique la poursuite du journal du brise-lames dont j'avais accueilli ici-même un épisode lors d'un &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/01/Journal-du-brise-lames-par-Juliette-Mezenc&quot;&gt;vase communicant&lt;/a&gt; précédent. Je lui explique mon chômage &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/20/Dernier-jour&quot;&gt;tombé du ciel&lt;/a&gt;, la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/25/Fini&quot;&gt;fin&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Je prononce même la phrase, très improbable mais bien réelle « je vendais des chiottes, et oui, sur internet ».
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Un peu plus tard, après que Juliette soit repartie de son côté, achat du dernier &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Philippe%20Vasset&quot;&gt;Philippe Vasset&lt;/a&gt;. Achat aussi de &lt;a href=&quot;http://remue.net/spip.php?article3768&quot;&gt;&lt;em&gt;Tanganyika Project&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, de Sylvain Prudhomme, sans doute pour fêter silencieusement l'annonce de la &lt;a href=&quot;http://www.le-tigre.net/Pourquoi-Parce-que.html&quot;&gt;poursuite&lt;/a&gt; du &lt;em&gt;Tigre&lt;/em&gt;.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Fini</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/25/Fini</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3b46bff37d3a835382d3a6013d96840a</guid>
    <pubDate>Sat, 25 Sep 2010 20:35:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    Je pourrais faire plus bref encore et relayer mon &lt;a href=&quot;http://twitter.com/#!/gvissac&quot;&gt;tweet de début d'après-midi&lt;/a&gt;.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/tweetcdt.png&quot; alt=&quot;tweetcdt.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;tweetcdt.png, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Je pourrais aussi faire plus long et détailler point par point toute la chronologie nécessaire à &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/04/01/101-coincidence&quot;&gt;l'élaboration&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/05/03/482-quelques-centimetres-de-mine-en-moins&quot;&gt;la destruction&lt;/a&gt;, la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/05/12/490-dans-les-jambes-dans-la-tete&quot;&gt;réécriture&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/07/Potable-5&quot;&gt;la finalisation&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête/&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; mais ce serait pure redite. Pour ça : explorez les liens, remontez &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête/&quot;&gt;les archives&lt;/a&gt;.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

La dernière relecture était presque accessoire : sur &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/30/Lecture-ecran-2-%3A-sur-liseuse&quot;&gt;liseuse&lt;/a&gt; pour faire tout comme, lentement et à cheval sur les parties pour avoir une bonne vision d'ensemble. Quasiment aucune modification, sinon des petits ajustements de typographie pure (sauts de lignes, essentiellement), quelques remplacements d'un mot pour un autre. Tout au plus trois ou quatre phrases supprimées (dont la dernière). Rien de bien méchant. Fallait juste s'assurer que c'était bon, juste vérifier une dernière fois au cas où. Désormais c'est chose faite.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

La période de corrections &amp; relectures en réalité a commencé &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/13/Potable&quot;&gt;début juin&lt;/a&gt;, après avoir terminé la partie écriture de la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/02/Coup-de-tete-4/5&quot;&gt;partie 4&lt;/a&gt;, la dernière. Entre cette date et aujourd'hui, 18 000 signes ont sauté, parce qu'il fallait, ramenant le poids total du truc à 300 000 signes environ.  5% du texte a donc été charcuté pour un meilleur impact, pour densifier la trame. J'en suis très satisfait. Enfin satisfait. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je ne pense plus modifier quoi que soit, mais attendons de voir les retours des bêta lecteurs à qui j'ai envoyé ou vais envoyer le texte. Ensuite ce sera déjà hors de mes mains.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Lune - Nuit - Hélium</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/23/Lune-Nuit-Helium</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8a54398c2c016c5e19595f5e45d544bb</guid>
    <pubDate>Thu, 23 Sep 2010 13:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>ANPE</category><category>Arnaud Maïsetti</category><category>Bus</category><category>Chloé Delaume</category><category>Coup de tête</category><category>Jean Gilbert</category><category>Train</category>    
    <description>    Je &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/20/48545275-2576658&quot;&gt;poursuis&lt;/a&gt; mon exploration viscérale de la banlieue de banlieue et tapant plus près de Paris, ligne A et non plus D, Vincennes, Fontenay sous bois, Joinville le pont. Rendez-vous hier anciens collègues pour comparer respectivement nos &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/17/17-sept&quot;&gt;expériences&lt;/a&gt; de Pôle Emploi. J'explique Svetlana, ma conseillère perso à moi, qui tient à me voir tous les quinze jours et squatte depuis lundi déjà ma boite mail. Alors faire semblant de chercher quelque chose tout en s’évertuant de surtout, surtout, ne pas trouver. Je vis plutôt bien mon chômage (ou plutôt j'en profite).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Traverser de nuit banlieue de banlieue en bus démultiplie sans trop le vouloir le sens de la géographie. Ça veut dire le temps, ça veut dire l'espace, ça veut dire la lune qui rôde en haut comme un chaman rempli d'hélium. Serpenter dans la nuit, le béton minuscule, les bretelles autoroute, diffracte aussi la carte telle que je l'avais en tête ; j'en profite pour écouter podcast d'&lt;em&gt;Eden matin midi et soir&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.chloedelaume.net/publications/eden-matin-midi-et-soir.php&quot;&gt;Chloé Delaume&lt;/a&gt; via &lt;a href=&quot;http://www.franceculture.com/emission-fictions-perspectives-contemporaines-eden-matin-midi-et-soir-de-chloe-delaume-2010-09-11.ht&quot;&gt;France Culture&lt;/a&gt;) et recommande vivement.
&lt;blockquote&gt;Vide, tu es je suis vide. L’esprit en appel d’air, organes fantoches et cœur aride. Une âme stérile, une voix de pierre. Des cailloux plein la bouche, des crachats de silex. Mais aucune étincelle n’affleure aux commissures, aucune, jamais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
 (&lt;a href=&quot;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article96&quot;&gt;Voir aussi Arnaud Maïsetti pour lecture et écoute du podcast&lt;/a&gt;)&lt;/blockquote&gt;


&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/lune-helium.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.lune-helium_m.jpg&quot; alt=&quot;lune-helium.JPG&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;lune-helium.JPG, sep 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



Coincé &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/12/08/387-reperages-coup-de-tete-gare-2&quot;&gt;Gare de Lyon&lt;/a&gt;, comme le narrateur bien anonyme de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; je cherche Nil, Nil est nulle part, ou plutôt si, des Nils, c'est à dire des clodos, y en a partout, certains même n'en sont pas, ils puent l'alcool, ils dorment par terre. Gare de Lyon coincée la nuit ressemble en fait à Gare de Lyon ouverte le jour. Quelques corps en moins. Mais grosso modo la même absence de temporalité : la nuit, le jour, là-bas, sous terre, comme dans un Casino en fait, c'est juste exactement la même chose. La même lumière, les mêmes annonces. On fait, au fond, pas trop la différence. Est-ce que j'ai pensé ne serait-ce qu'une seconde aux &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/09/20/risques-d-attentat-huit-ans-de-declarations_1413723_3224.html&quot;&gt;risques d'attentat&lt;/a&gt; dans les transports ou même ailleurs, aux bombes disséminées partout sur, sous et dans les rails, les wagons, les caténaires, est-ce que j'en ai profité pour en construire une &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503021/livre-des-peurs-primaires&quot;&gt;peur primaire&lt;/a&gt; de plus à ajouter au &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;catalogue&lt;/a&gt; ?  Même pas. J'y pense maintenant, mais a posteriori. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, deux mots, juste pour dire que la dernière des dernières relectures est en cours, se terminera d'ici demain, samedi au plus tard. Ensuite ce sera terminé, ça fait bizarre rien que de le penser, mais c'est bien vrai. Après je ferai lire.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour passer le temps dans la nuit tartinée au néon j'ouvre &lt;em&gt;79 carré nuit blancs&lt;/em&gt; de Jean Gilbert acheté au pif &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/29/31-2&quot;&gt;il y a un mois&lt;/a&gt;. Ce livre de poésie fiévreuse est en réalité une traversée en Insomnie. Je me rappelle lecture d'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Arnaud%20Maïsetti&quot;&gt;Arnaud Maïsetti&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;« Où que je sois encore...&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/23/Arnaud-Maisetti-Ou-que-je-sois-encore&quot;&gt;il y a quelques semaines&lt;/a&gt; et j'insomnise. Il faudra que je relise, faudra aussi en reparler.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>48.545275, 2.576658</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/20/48545275-2576658</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:775d05098ffbd5b22ad3b9751d57fa4e</guid>
    <pubDate>Mon, 20 Sep 2010 20:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Antoine Emaz</category><category>E.</category><category>Lady and bird</category><category>Littérature</category><category>N.</category><category>Philippe Vasset</category><category>Train</category>    
    <description>    Hier dimanche, direct Corbeil – Melun. Le train s'appelle ZIPE, il traverse la campagne, la campagne d'une banlieue de banlieue bien écartée de Paris. Retrouve &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/N.&quot;&gt;N.&lt;/a&gt;, chez lui, plus tard sommes rejoints par &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/E.&quot;&gt;E.&lt;/a&gt; Bien des années plus tôt, encore à la fac, nous passions nos journées, heures, semaines, grosso modo tous les trois. Aujourd'hui, plus ou moins dispersés dans la carte et le territoire, c'est un miracle si on arrive à s'accrocher tous trois trois fois par an. Dans le ZIPE aussi je termine &lt;em&gt;Lichen, lichen&lt;/em&gt;, d'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Antoine%20Emaz&quot;&gt;Antoine Emaz&lt;/a&gt;, car le bouquin n'est pas à moi et que je dois le rendre à ma mère, prochainement.

&lt;blockquote&gt;Faire figure est fatigant. Mieux vaut tenir tête, ou même simplement se tenir, être à la hauteur, pas davantage. Bref ne pas séparer le poète du commun des mortels : une peau, des os, des mots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Antoine Emaz, &lt;em&gt;Lichen, lichen&lt;/em&gt;, Editions Rehauts, P.9&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Le RER entre Corbeil et Melun longe la Seine. Très peu de corps pris dans l'habitacle, beaucoup de sièges libres, quelques écluses bien monstrueuses à quelques points névralgiques de l'eau. Certaines, plus gigantesques encore, plantent sur l'eau des grues métalliques et surréelles. 
&lt;blockquote&gt;Dans chaque poème il y a au moins un point où, si l'on poussait plus loin, tout s'effondrerait, et nous avec. On retournerait, plus bas, dans l'agitation muette qui a précédé.&lt;br /&gt;
Ecrire reviendrait donc à s'écarter, puis se rapprocher sans rejoindre, sous peine de se perdre à nouveau.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.30&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
Arrêt Saint-Fargeau-Ponthierry. En face, derrière la Seine, qui dépasse sous l'ombre des arbres, un autre métallique, celui-là plus imposant, et des pylônes qui crépitent au soleil. Et au sommet des ces pylônes, tout en haut du zinc, au-delà de l'alu, et bien, juste, rien, car ils soutiennent que dalle.
&lt;blockquote&gt;S'il n'y a pas d'issue, explorons la cage. Elle deviendra plus vaste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.37&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
Et est-ce une carcasse, est-ce un OVNI, est-ce superman ? Est-ce que, déjà, c'est quelque chose et si oui où, quand et pourquoi ?
&lt;blockquote&gt;Le manque est moteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

(…)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Pas besoin de beaucoup d'espace si on creuse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.40&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
Si c'est un OVNI, c'est crashé, si c'est ailleurs, pourtant, c'est bien là, et si c'est un homme c'est un géant, &lt;a href=&quot;http://www.ijenko.com/blog/2010/09/des-pylones-electriques-a-formes-humaines/&quot;&gt;un de ces&lt;/a&gt; poteaux électriques à forme humaine qui galopent en Islande.
&lt;blockquote&gt;Noter, c'est comme être à côté. On sait que l'on n'a pas la meilleure place, mais à un moment, peut-être, on aura le meilleur angle de vue.
&lt;br /&gt;
Noter, c'est un travail de photographe. Penser, c'est du cinéma.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.48&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
Les rails tournent autour de la forme : je la retrouve à Boissise-le-roi. Je n'ai pas meilleure prise sur la forme car la forme est cachée : ne dépasse que les pylônes. Je n'ai même pas pensé à sortir le Kodak pour en prendre une photo. Simplement je me suis dit : back home passer par dessus, Google Earth, et voir vraiment ce qui s'étale sous le métal, ce que cache la forêt et ce qu'abrite la forme.
&lt;blockquote&gt;« la nuit tombe / jusqu'où // tout un sac de nerfs nus / et chacun serré cherchant de quoi / rire »&lt;br /&gt;

Ensuite le poème a versé, s'est perdu, est devenu incontrôlable ; une plongée sur plusieurs pages vers rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.66&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
Back home, en effet, j'ai dégainé Google Earth, mais Google Earth ne m'a rien offert. J'ai trouvé le lieu mais aucun corps de métal à l'intérieur. Les pylônes, écrasés par la perspective, littéralement bouffés par la vue satellite, se fondent pratiquement avec le nu du sol. Il faut zoomer fort pour les apercevoir. Et autour, juste, rien. Même pas usine, même pas centrale électrique, même pas prison, même pas, même rien. Simplement, peut-être, quelques antennes extra-terrestres, légèrement décollées du sable pour émettre vers un ailleurs plus vrai puisque, justement, bien ailleurs.

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/forme2.png&quot; alt=&quot;forme2.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;forme2.png, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;blockquote&gt;Mélancolie, spleen n'ont pas de point de départ visible. C'est brusquement et sans raison sentir le vide de vivre, creuser la mort dans vivre. On ne s'explique pas ce basculement dans le dégoût de tout, l'inertie, l'insipidité, sinon par un masque tombé, celui du clown ou du vainqueur, peu importe.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.92&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Google Maps, pas mieux. J'espérais un nom, un code, une forme sur la carte dépouillée du cadastre. Mais là encore, que dalle. Juste un point A planté nulle part dans le vide du décor, celui précisément du &lt;a href=&quot;http://www.unsiteblanc.com/&quot;&gt;&lt;em&gt;Livre blanc&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Philippe%20Vasset&quot;&gt;Philippe Vasset&lt;/a&gt; : une carte vierge de territoire, un gouffre dans la cartographie du réel. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/forme1.png&quot; alt=&quot;forme1.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;forme1.png, sep 2010&quot; /&gt;

&lt;blockquote&gt;&lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=8iEx_pfOSNA&quot;&gt;« Bird, I cannot see a thing. / It's all in your mind »&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Vanessa Place, Exposé des faits</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/18/Vanessa-Place-Expose-des-faits</link>
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    <pubDate>Sat, 18 Sep 2010 19:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Chloé Delaume</category><category>Corps</category><category>Emilie Notéris</category><category>Littérature</category><category>Tina</category><category>Vanessa Place</category><category>Vidéo</category>    
    <description>    J'ai d'abord découvert Vanessa Place dans &lt;a href=&quot;http://www.editions-ere.net/tina&quot;&gt;TINA&lt;/a&gt; n°5, paru &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/30/Litterature-ultraiste&quot;&gt;il y a quelques mois&lt;/a&gt;. C'est elle qui ouvrait le numéro avec extrait de son &lt;em&gt;Exposé des faits&lt;/em&gt; (Editions è®e) qui était prévu pour ouvrir la &lt;a href=&quot;http://www.editions-ere.net/collection-litterature-etrangere&quot;&gt;collection Littérature étrangè®e&lt;/a&gt; dirigée par &lt;a href=&quot;http://decoractif-emilienot.blogspot.com/&quot;&gt;Emilie Notéris&lt;/a&gt; &amp; Nathalie Peronny. À l'époque, je n'avais pas adhéré, était passé dessus sans grande passion, avait oublié tout aussitôt cette lecture anecdotique. Il y a quelques semaines &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Chloé%20Delaume&quot;&gt;Chloé Delaume&lt;/a&gt; a mis en ligne sur son blog &lt;a href=&quot;http://www.chloedelaume.net/remarques/index.php&quot;&gt;Remarques &amp; cie&lt;/a&gt; un &lt;a href=&quot;http://www.chloedelaume.net/remarques/rem611.php&quot;&gt;extrait bref de ce livre&lt;/a&gt;, l'extrait recopié ci-dessous. C'est cet extrait, pourtant déjà inclus dans le TINA n°5 (allez savoir pourquoi l'une de ces lectures m'a touché et l'autre non ?) et non ma lecture initiale de TINA qui m'a poussé en librairie à chercher, trouver, acheter et lire ce livre tout à fait déroutant.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/place.bmp&quot; alt=&quot;place.bmp&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;place.bmp, sep 2010&quot; /&gt;

&lt;blockquote&gt;L'appelant n'a pas pratiqué de coït oral sur Virginia, et elle n'a pas pratiqué de coït oral sur lui. L'appelant avait peur du virus HIV ; au final, ils n'ont rien fait parce que Virginia était tout le temps malade et réclamait toujours plus de drogue. À l'époque, l'appelant se rasait le pubis ; il portait la cicatrice visible d'un ancien coup de couteau donné par sa femme. Son scrotum est anormalement large. (RT 3:1809-1811, 3:1815-1817, 3:1822, 3:1827) L'appelant n'a pas menacé de violer Virginia : c'était inutile, vu qu'il l'avait déjà payée pour avoir des rapports sexuels. Il ne l'a jamais frappée. Il n'aurait jamais pu s'asseoir sur elle pendant qu'elle pratiquait un coït oral sur lui car il possédait un matelas à eau et pesait à l'époque une centaine de kilos. (RT 3:1811-1812, 3:1841-1842) Si l'appelant a traité M. de salope, ça n'avait rien de personnel. Pour l'appelant, ce terme s'applique à toutes les femmes. (RT 3:1825-1826)
Il a été stipulé que l'appelant avait précédemment été acquitté dans le cadre d'une affaire d'agression avec arme mortelle contre un agent de la paix. (RT 3:1845).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Vanessa Place, &lt;em&gt;Exposé des faits&lt;/em&gt;, Editions è®e, trad : Nathalie Peronny, P.13.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Il n'est pas inutile de rappeler après l’irruption de cet extrait la nature de ce livre. En plus d'être écrivaine et critique d'art Vanessa Place est avocate. Plus qu'il reproduit la violence de ces scènes quotidiennes, &lt;em&gt;Exposé des faits&lt;/em&gt; l'archive, la retranscrit comme compte rendu. La langue articulée est une langue grise, sèche, greffière et systématique. La langue précise et dénudée de l'administration judiciaire, du rapport, de l'exposé des faits. La quatrième de couverture, qui fait office de présentation au texte, précise d'ailleurs qu'il s'agit d'un &lt;em&gt;docutexte&lt;/em&gt; et non pas d'un récit ou d'une fiction.

&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;Exposé des faits&lt;/em&gt; est un texte dont le mode de visionnage s’apparente à &lt;em&gt;10e chambre, instants d’audience&lt;/em&gt; de Raymond Depardon ; soit un docutexte en prise avec le réel au sein duquel les cas sont simplement présentés sans ajout de commentaire. La langue de la transcription judiciaire se veut neutre et objective mais ne peut échapper à la subjectivité de ses acteurs. Face à la recrudescence des séries policières, des émissions de reconstitutions, des dossiers et autres enquêtes, Vanessa Place s’empare des matériaux issus de son quotidien d’avocate et annule les effets de suspense et autres accessoirisations émotionnelles des faits. C’est au lecteur de prendre en charge la spectacularisation de la trame fictionnelle.&lt;/blockquote&gt;

&lt;em&gt;Exposé des faits&lt;/em&gt; rassemble une petite dizaine de cas judiciaires : cas au sens de « &lt;em&gt;case&lt;/em&gt; », une affaire. L'exposé des faits procède généralement de la façon suivante : présentant alternativement le dossier à charge d'un anonyme toujours identique appelé « l'appelant » (dans les films ou sur les écrans de télévision, l'appelant est généralement un mec violent, récidiviste, mal rasé et vulgaire), c'est la voix de l'accusation, et le dossier de la défense dont on suppose qu'il est présenté par un avocat (dans les films ou sur les écrans de télévision, l'avocat de l'appelant est généralement un avocat commis d'office). Quelques fois, la transcription des évènements laisse aussi place aux témoignages d'experts, aux éléments décrivant la progression de l'enquête et aux éventuelles réfutations proposées après les débats par la défense. Les affaires se succèdent, elles n'ont aucun rapport factuel les unes avec les autres.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La quatrième de couverture citée précédemment invoque Raymond Depardon pour donner le ton. La question qu'on peut se poser à la lecture de ces extraits disséminés serait : quelle langue pour quel propos ? Pour le propos Vanessa Place s'en explique : &lt;em&gt;Mon projet littéraire &quot;Exposé des Faits&quot; s’intéresse à la latence de la loi, à l’affaire criminelle comme entité non auto-constituante, l’affaire sans la loi, l’affaire sans l’affaire. (Parce que la loi n’est jamais que la loi appliquée à l’affaire.) C’est donc un projet indexique, symbolique et ironique, ou du moins iconoclaste (sans loi), ce qui signifie la même chose.  (...)   À cet égard, l’écriture conceptuelle, comme mes&lt;/em&gt; Exposés des Faits&lt;em&gt;, vient articuler l’énonciation de l’Américain, une valise à la fois vide et pleine, signifiant le rien singulier et le potentiel du multiple.&lt;/em&gt; Mais qu'en est-il de la langue ? Sèche, froide, sans aucune manipulation ou organisation des paroles, témoignages ou évènements rapportés. Si la subjectivité de ces voix est omniprésente, elle n'engage jamais que leurs auteurs : les témoignages et les déclarations se contredisent et jamais le texte ne viendra trancher en validant telle ou telle partie. Il n'y a pas de jugement, il n'y a pas de jury, il n'y a pas de verdict. Le lecteur est-il pour autant placé dans cette position là ? Non, car les affaires sont pour la plupart fragmentées et le texte reste fidèle au titre : c'est à dire qu'il s'en tient aux faits, c'est à dire au discours. La recherche de la vérité n'est pas concernée par les enjeux du texte.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;
&lt;object width=&quot;600&quot; height=&quot;345&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/jO5jRBNsgk0?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/jO5jRBNsgk0?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;600&quot; height=&quot;345&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les affaires se succèdent, certes, toutes étrangères aux précédentes, mais elles dessinent tout de même les unes les autres une couleur thématique omniprésente qui souligne, comme l'indique Chloé Delaume &lt;a href=&quot;http://www.chloedelaume.net/remarques/rem611.php&quot;&gt;dans son billet&lt;/a&gt;, « la violence faite aux corps, et principalement à celui de la femme ». Viols, relations sexuelles avec de jeunes mineures, prostitution, viols à nouveau. Voilà le programme, voilà le plan, voilà le sens donné au texte. Là encore, il est fait peu de place aux victimes, ni même au déroulement réel de l'enquête. Seuls les faits sont détaillés, repris, nuancés ou contredits en fonction des témoignages, et lorsque la dimension psychologique d'un violeur compulsif et mis au centre de l'une de ces affaires, ce n'est que pour décrire les techniques d'interrogatoires des spécialistes en crimes sexuels violents et leur méthode de travail. Comment, par A plus B et par un système de points, de comptabilisation des comportements et des pratiques, et de totaux sous forme de pourcentages, un individu peut être, ou non, qualifié de prédateur sexuel violent. 

&lt;blockquote&gt;Le facteur le plus important dans l'évaluation du Dr Hupka était le résultat élevé obtenu par l'appelant au Static 99, associé à « l'ensemble des facteurs de risque ». Le résultat d'un individu au Static 99 est définitif. Rien dans le comportement actuel de l'appelant n'indique que sa paraphilie est encore active, ni que l'appelant est encore antisocial ; au moment du procès, l'appelant n'avait pas manifesté sa paraphilie depuis dix-sept ans. (Supp. RT 268 ; RT 245-248, 254-255, 265n 294, 299-301) Selon le Dr Hupka, l'appelant est « quelqu'un d'une gentillesse remarquable », « coopératif. Agréable, sincère... une personnalité en tous points appréciable ». (Supp. RT 274-275)
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.94&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

En décrivant par le biais de ces discours gris la violence quotidienne de ces intervenants, &lt;em&gt;Exposé des faits&lt;/em&gt; met également à plat des milieux très complexes et de ces comptes-rendus se dégagent parfois des esquisses sociologiques extrêmement percutantes : c'est le cas lorsque la prostitution est décortiquée en quelques paragraphes. 

&lt;blockquote&gt;« Le milieu », c'est la prostitution. Ses règles interdisent notamment tout type d'association avec des personnes en dehors du milieu, à l'exception des michetons, c'est-à-dire des clients. Le processus d'endoctrinement a pour objectif de répondre aux besoins de la prostituée : si elle a besoin d'amour, son mac lui en fournira ; d'amitié, il lui en donnera ; de vêtements, il lui en paiera ; ainsi fonctionne « l'accroche ». Quand une prostituée gagne de l'argent, le mac la félicite. Quand une prostituée enfreint les règles – en s'adressant à un autre mac, en refusant de travailler ou en arrivant en retard – il y a punition. La punition peut-être soit physique, soit psychologique : la punition physique va de la gifle à la mort par balles. Même si les règles peuvent légèrement différer d'un mac à un autre, le principe de base reste toujours le même. Par exemple, le rituel du choix : si une femme ayant déjà un mac croise le regard d'un autre, celui-ci a le droit de lui adresser la parole et de la faire travailler pour lui. Si un mac surprend une de ses prostituées en train de parler à un autre mac, elle sera rouée de coups. (RT 3:646-649).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P. 68-69&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

« Le milieu » du texte, c'est bien le corps, exploité (prostitution) violenté (passages à tabac) ou possédé (viols) : parfois un mélange des trois. Et si le texte est si strict, s'il s'en tient, encore une fois, « aux faits », c'est bien pour souligner la violence des situations et non la mettre en scène : pour ça aussi (sans doute) que les corps eux-mêmes sont absents, désespérément poussés hors texte puisque désespérément bafoués.

&lt;blockquote&gt;La relation entre proxénète et prostituée reproduit celle définie par les liens du mariage traditionnels, établissant des rôle précis pour l'homme et la femme. Les macs respectent et admirent les femmes qui connaissent les règles du milieu et refusent de se laisser exploiter par d'autres hommes. Cent pour cent des relations entre macs et prostituées reposent sur la suspicion : le proxénétisme est un « jeu de dupes ». (RT 7:1134, 7:1148-1151) (…) Les filles appellent leur mac « papa » et les autres prostituées « belles-soeurs », le groupe formant une « famille ». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
P.72&lt;/blockquote&gt;

La posture de Vanessa Place est radicale et radical, &lt;em&gt;Exposé des faits&lt;/em&gt; l'est nécessairement. C'est un livre au taser : 500 000 milles volts grosso modo et une très forte décharge pour l'ouverture de cette &lt;a href=&quot;http://www.editions-ere.net/collection-litterature-etrangere&quot;&gt;collection Littérature étrangè®e&lt;/a&gt;. Il est plus que probable que ce livre ne trustera pas le classement des meilleures ventes ni ne fera beaucoup parler de lui lors des prochains prix littéraires. Pour ça aussi qu'il faut le défendre. Pour ça bien sûr qu'on en parle.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
À noter, une série de rendez-vous, rencontres, lectures avec Vanessa Place à Paris, agenda à retrouver sur &lt;a href=&quot;http://www.editions-ere.net/projet319&quot;&gt;le site des éditions è®e&lt;/a&gt; ou sur la &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/event.php?eid=151967241488561&amp;ref=ts&quot;&gt;page Facebook&lt;/a&gt; dédiée à ces évènements.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>17 sept.</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/17/17-sept</link>
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    <pubDate>Fri, 17 Sep 2010 18:20:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>ANPE</category><category>Boulot</category><category>Coup de tête</category><category>E.</category><category>kiss bye boy</category><category>P.</category><category>Paris</category><category>Train</category><category>V.</category>    
    <description>    Paris gare de Lyon en travaux : bientôt gare va s'extirper de l'ombre dans laquelle je l'ai fixée en écrivant &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Ce n'est pas, en soit, un sacrifice puisque la gare telle que je l'ai &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/12/08/387-reperages-coup-de-tete-gare-2&quot;&gt;arpentée en repérages&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/12/4&quot;&gt;fréquentée au quotidien&lt;/a&gt; n'a jamais pu correspondre au lieu évoqué dans le texte, le temps du récit étant situé quelques années trop tôt. &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/V.&quot;&gt;V.&lt;/a&gt; me demandait autrefois pourquoi ces détails liés aux lieux étaient si importants : je n'ai pas vraiment pu répondre à l'époque, je n'ai toujours pas la réponse aujourd'hui.
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
J'attends, Gare de Lyon, l'arrivée de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/E.&quot;&gt;E.&lt;/a&gt; au pied du TGV : c'est pour cette raison que je traverse encore cette gare. Rien à voir avec &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. E. arrive à l'heure, son TGV sur les épaules. Aux guichets, près des Départs Express Pro dont il est brièvement question dans la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/21/Coup-de-tete-2/5&quot;&gt;deuxième partie&lt;/a&gt; elle change son billet de retour. Midi différé quatorze heures mangeons thaï au Num proche les Halles. Plus loin Tuileries via le Louvre. Météo : soleil, 15 degrés de septembre. Je lui raconte mercredi, mon entretien Pôle Emploi. Les phrases retenues sont les suivantes : 

&lt;blockquote&gt;1) Pôle Emploi n'est pas là pour vous trouver du travail&lt;br /&gt;
2) les licenciés économiques comme vous ne sont pas comptabilisés dans les chiffres du chômage et&lt;br /&gt;
3) désormais c'est un cabinet privé qui va vous prendre en charge.&lt;/blockquote&gt;

E. me parle de faire le tour du monde. Je lui dis tous les deux on se supporterait pas, quelque part ce serait marrant. Je lui dis je sais pas trop si faire un tour du monde ça me tenterait. Je lui dis tu crois pas qu'au fond on y retrouverait quand même notre même petite vie banale, même au bout du monde ? Elle me dit si. Derrière nous des mecs jouent au foot, se foutent à poil. Au cœur de Paris elle me déplie New York, &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503519/cette-ville-n-existe-pas&quot;&gt;la ville qui n'existe pas&lt;/a&gt;. Elle me parle de ceux qu'elle croise. Sans prononcer son nom, elle demande &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/P.&quot;&gt;P.&lt;/a&gt;, des nouvelles ? Je lui réponds nous avons disparu simultanément l'un pour l'autre. Peut-être, sans doute, est-ce une fiction factice de plus qu'il me faudra gommer. Et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/06/6393&quot;&gt;&lt;em&gt;kiss bye boy&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; n'existe plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Avant de repartir je lui demande si elle veut bien lire &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; une fois que le truc sera bien terminé. Elle me laisse pas finir ma phrase pour accepter.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
En quittant Gare de Lyon je me rends compte que tous les Escalators traversés aujourd'hui étaient inversés depuis mes derniers jours de boulot. Bizarre. Ça fait &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/20/Dernier-jour&quot;&gt;déjà&lt;/a&gt; un mois, ça fait à peine deux heures. </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Des hologrammes</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/15/Des-hologrammes</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e91cc2b06364379d2c48523d3ed50e81</guid>
    <pubDate>Wed, 15 Sep 2010 13:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Christine Jeanney</category><category>Corps</category><category>Leroy K. May</category><category>Littérature</category><category>Littérature numérique</category><category>Publie.net</category><category>Robert ne veut pas lire</category>    
    <description>    Depuis fin Août &lt;a href=&quot;http://www.publie.net&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt; fait aussi sa « rentrée littéraire » en proposant simultanément &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?rubrique51&quot;&gt;plusieurs nouveaux textes&lt;/a&gt; tout à fait stimulants. Aujourd'hui encore la coopérative d'édition numérique poursuit son évolution en relayant notamment des textes de &lt;a href=&quot;http://robertneveutpaslire.com/&quot;&gt;Robert ne veut pas lire, éditeur numérique québécois&lt;/a&gt;. À découvrir, notamment, l'excellent &lt;em&gt;Tokyo Québec&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://lkm696.blogspot.com/&quot;&gt;Leroy K. May&lt;/a&gt;, nouveauté d'hier : je l'ai lu en suivant sa &lt;a href=&quot;http://www.robertneveutpaslire.com/titles/view/26&quot;&gt;parution par épisodes&lt;/a&gt; il y a quelques mois, je le relirai avec plaisir &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/fr/ebook/9782919248261/tokyo-québec&quot;&gt;en format complet&lt;/a&gt;, et en profiterai pour en parler plus en détail prochainement.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/signescliniques.png&quot; alt=&quot;signescliniques.png&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;signescliniques.png, sep 2010&quot; /&gt;
Parmi les textes proposés à la rentrée, &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503540/signes-cliniques&quot;&gt;&lt;em&gt;Signes cliniques&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.christinejeanney.fr&quot;&gt;Christine Jeanney&lt;/a&gt;. Texte court, une ville, un hôpital, une femme et l'attente de cette femme, dans cette ville, dans cette hôpital, l'attente d'une opération. Le texte est très précis, c'est à dire qu'il est affûté, c'est à dire qu'il progresse, depuis l'attente physique dans le coeur de la ville (voir vivre en bas les corps et les hologrammes de corps qui gravitent autour de l'hôpital) jusqu'à l'après épidermique de l'opération. Les hologrammes traversent le livre. Quelques lézards, également, s'y lézardent.  C'est un livre très net. 
&lt;br /&gt;


&lt;blockquote&gt;Comme elle est petite, l’immédiat se mesure
immédiatement : à gauche un fauteuil, une table ; au
fond à droite, un rétrécissement et deux portes, salle
de bain et couloir ; la table roulante pour les repas ;
un chevet avec tiroir, téléphone, sonnette, télécom-
mande. Et au centre le lit, dernier cité parce qu’évi-
dent, fusionné avec moi. Nous sommes tous deux
soudés au centre de la pièce. Là où je suis il est,
même lorsque je me lève, car j’en suis capable. De-
bout, il reste intégré à mon dos sans qu’on le remar-
que, son hologramme flotte, parallèle au linoléum.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

À moins que ce ne soit moi. Des gens entrent,
sortent, me prennent le bras, me saluent, déposent
des choses, me questionnent, mon hologramme ré-
pond Hier, Le mois dernier, Monsieur H, Merci, en 
s’arrangeant pour que les réponses concordent, pen-
dant que, dans une forêt à l’est mon vrai corps mar-
che avec persévérance, cela explique le flottement, la
distance inconstante située entre menton et cou, et la
sensation d’être un crâne piqué au bout d’un manche
télescopique.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

À moins que ce ne soit eux. Des hologrammes
de silhouettes humaines avancent dans des chaussures
confortables, à l’intérieur de leur poche un stylo et
sur le revers de celle-ci un badge aux lettres tapées à
la machine. Ils poussent des chariots (ou ce qui sem-
ble l’être, peut-être des images de chariots scannés),
en sortent des contenants, bouteilles, compresses,
tubes et bassines en forme de cacahuètes géantes,
couleur de métal ou de papier mâché. Ils se déplacent
assortis de paroles reconstituées générées aléatoire-
ment par un ordinateur central. Ça pourrait fonc-
tionner. C’est une question de technique.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Christine Jeanney, &lt;em&gt;Signes cliniques&lt;/em&gt;, Publie.net, P.10-11.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://publienet.immateriel.fr/fr/preview_box?id=355&quot;
 frameborder=&quot;no&quot; align=&quot;center&quot; width = &quot;100%&quot; height = &quot;210&quot;
&lt;/iframe&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Claro, CosmoZ</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/12/Claro-CosmoZ</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4bfcea09ccfafd6efc650423bfc60037</guid>
    <pubDate>Sun, 12 Sep 2010 16:45:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Claro</category><category>Futurama</category><category>Littérature</category><category>Rodrigo Fresán</category><category>Temps</category><category>Vidéo</category>    
    <description>    D'autres ont déjà écrit, et bien écrit, avant moi sur &lt;em&gt;CosmoZ&lt;/em&gt;, dernier livre de &lt;a href=&quot;http://towardgrace.blogspot.com/&quot;&gt;Claro&lt;/a&gt; sorti récemment chez Actes Sud. Je suis un peu à la traine. Mais pas beaucoup.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/cosmoz.jpg&quot; alt=&quot;cosmoz.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;cosmoz.jpg, sep 2010&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
1900 : point d'exclamation du vingtième siècle encore à venir, départ choisi d'un périple initiatique qui court jusqu'aux années cinquante. 1900 : date d'écriture du &lt;em&gt;Magicien d'Oz&lt;/em&gt;, par L. Franck Baum (&lt;em&gt;baum baum baum&lt;/em&gt;). Date aussi choisie par Claro pour la propulsion de ses personnages, les oziens, dans un monde parallèle truffé d'angoisse et de chair en suspens, monde parfois appelé &lt;em&gt;Histoire&lt;/em&gt;, &lt;em&gt;nôtre&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;réalité&lt;/em&gt;. Les personnages du &lt;em&gt;Magicien d'Oz&lt;/em&gt; sont crachés depuis la langue de l'écrivain vers le monde véritable comme une difformité palpable, une déviance du langage. &lt;em&gt;CosmoZ&lt;/em&gt; (C majuscule, Z majuscule, écho possible à  &lt;em&gt;eXistenZ&lt;/em&gt;, de David Cronenberg, qui creusait d'autres types de réalités parallèles ?) articule leur quête pour retrouver la route de briques jaunes censés les guider vers leur Oz véritable, El Dorado des fictifs : leur matrice, leur monde, leur réalité.

&lt;blockquote&gt;C'est un très long voyage, une migration vers d'autres états de conscience, d'autres conditions de déperdition. D'autres pulsions, aussi. Dorothy reste Dorothy mais elle devient également toutes sortes de femmes possibles, la voilà infirmière au chevet d'invalides de guerre, le visage penché sur des corps décousus, diminués, furieux d'être encore ; puis Dorothy s'envole, elle laisse passer sous elle l'océan susceptible ; elle est désormais ouvrière dans un atelier d'horlogerie, occupée à sucer la pointe de pinceaux nimbés de radium, mais les aiguilles tournent, déjà un orage remodèle le paysage des rues et des champs, elle perd des amis, gagne des soucis, travaille dans la quincaillerie familiale et vend des aspirateurs, du grillage pour poulailler, du barbelé au mètre, elle prolonge son avenir au-delà du raisonnable, fait exploser le monde et puis meurt, renaît et oublie, accomplit des milliers de gestes en un seul mouvement et échafaude cent stratégies d'une seule décision.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Claro, &lt;em&gt;CosmoZ&lt;/em&gt;, Actes Sud, P.59&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Dorothy ouvre le livre dans un prologue qui la catapulte dans le texte « Tu t'appelles Dorothy, tu es une petite fille et tu vis au Kansas ». L'épouvantail, le bûcheron en fer-blanc, les munchkins et le chien Toto la rejoindront. D'autres encore. Chaque initiation est aussi une quête : la quête des personnages extirpés d'Oz est aussi celle du livre, est aussi celle du siècle : « savoir comment finit le monde et pourquoi il ne cesse de recommencer. » Et le Magicien répond : « il est temps de traverser les sables mortels. » 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/the-wizard-of-oz.jpg&quot; alt=&quot;the-wizard-of-oz.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;the-wizard-of-oz.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L'écrire c'est déjà un peu se tromper : bien sûr que l'ombre de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Thomas%20Pynchon&quot;&gt;Pynchon&lt;/a&gt; plane sur la page blanche de &lt;em&gt;CosmoZ&lt;/em&gt;, avant même d'ouvrir le livre. Rappelons que Claro a traduit Pynchon, et notamment &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/17/V-la-le-pompiste&quot;&gt;&lt;em&gt;Contre-jour&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, il y a deux ans, qui, se terminant Rue du Départ, orchestrait ni plus ni moins la naissance du siècle.  Claro entreprend d'en saisir la première moitié : de 1900 à 1956, et ce faisant s'extirpe à son tour de l'ombre du géant américain.

&lt;blockquote&gt;Quand le train a quitté la gare, Eizik m'a montré du doigt l'énorme horloge en train de rétrécir et m'a dit : Nous ne partageons pas les mêmes secondes qu'eux. Nos minutes n'ont rien à voir avec leurs minutes, leurs heures avec nos heures. Nous sommes à l'extrémité de ces aiguilles et eux au centre, et nos circonférences ont beau tourner autour du même axe, nous tremblons toujours un peu avant d'aller d'un chiffre à un autre, tandis qu'eux glissent comme s'ils patinaient autour du trou du temps, prêts à harponner le précieux poisson.&lt;br /&gt;
Quel poisson ?&lt;br /&gt;
Le poisson... du... du moment !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P. 86-87.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Plus qu'un voyage à travers la fiction (&lt;em&gt;Le Magicien d'Oz&lt;/em&gt;, bien sûr, mais pas seulement), &lt;em&gt;CosmoZ&lt;/em&gt; est un voyage à travers le temps. Eizik ou Avram (sait-on jamais lequel écrit ?) a raison : les oziens sont décalés par rapport aux époques qu'ils traversent. Étrangers aux morbides préoccupations du monde (la guerre, le cirque, la manipulation génique, le travail, la fuite, la guerre encore, la mort souvent) ils ne savent vivre que dans un seul moment : celui de la quête d'Oz, bien sûr. D'ailleurs les personnages ne vieillissent pas, déshumanisés par les circonstances (prenons l'exemple d'Oscar Crow, l'épouvantail, et Nick Chopper, le bucheron en fer-blanc, rescapés de la Grande Guerre et respectivement privés de mémoire et d'enveloppe humaine, mais remis sur pieds ou reconstruits par la main de l'homme &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article601&quot;&gt;dans le seul but de les rendre productif au travail&lt;/a&gt;), désarticulés par les flux du Temps, ils demeurent malgré tout en quête de la route de briques jaunes qui refuse d'apparaître. Voilà le moment dont ils sont prisonniers, voilà le poisson (poison ?) qu'il leur reste à harponner. Au bout du périple, qu'y-a-t-il ? On en revient à la question originelle posée par Dorothy au Magicien : le Temps est une boucle insondable. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/losalamos.jpg&quot; alt=&quot;losalamos.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;losalamos.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Et la boucle un pont en suspension qui pourrait bien relier &lt;em&gt;CosmoZ&lt;/em&gt; au &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/02/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan&quot;&gt;Fond&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/05/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan-2&quot;&gt;du&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/08/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan-3&quot;&gt;ciel&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Rodrigo Fresán&lt;/a&gt;, comme &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article604&quot;&gt;l'esquisse Antonio Werli dans son article&lt;/a&gt;, et comme je l'ai par la suite signalé dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/08/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan-3&quot;&gt;mes dernières notes&lt;/a&gt; sur &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;. Un point géographique mesure d'ailleurs l'écart minimum entre les deux, l'un semblant passer le relais à l'autre : il s'agit de Los Alamos, New Mexico, et de l'explosion de la première bombe atomique, concrétisation du projet Manhattan. 

&lt;blockquote&gt;Pareille à un cerveau arraché à sa boîte crânienne, la reine plutonium envahit le ciel et efface le visible, aspirant toutes les particules de poussière afin de s'en faire une couronne d'un brun or et sépia. Des milliers de tonnes de sable en ébullition sont avalées par son titanesque fondement puis régurgitées en un geyser inextinguible – et l'Ombre ! enfin enfin enfin ! tombe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.471&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;blockquote&gt;« Ne dis rien. Écoute », m'a-t-il ordonné.&lt;br /&gt;
Alors j'ai entendu un son nouveau et pour moi inédit. Le son de quelque chose resté jusqu'alors derrière une porte close car nul n'en avait jamais trouvé la clé. Le son de la lumière et de l'ombre, de milliers de soleils annonçant l'arrivée de l’obscurité.&lt;br /&gt;
« Si tu voyais ce que je vois, Isaac ! » s'est écrié Ezra.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Rodrigo Fresán, &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;, Seuil, trad : Isabelle Gugnon, P. 104.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Ce trait d'union entre les deux bouquins, très proches bien que profondément autres (ou très différents quoique radicalement proches) articule, je pense, un point de bascule important entre un Temps droit et linéaire, fait de briques jaunes tracées au loin, qu'incarne &lt;em&gt;CosmoZ&lt;/em&gt;, et un Temps brutal, éparpillé, présent passé futur incarné à la fois, un Temps absent où tout existe en même temps : un &lt;em&gt;Temps sans temps&lt;/em&gt;, somme toute, comme l'écrit Fresán. Un moment à partir duquel le Temps ne peut que se dérégler, buguer comme un système informatique saturé de redondances cycliques. Voilà la grande rencontre de ces deux fictions contradictoires et voilà aussi leur profonde incompatibilité. 

&lt;blockquote&gt;Allons donc, nous sommes de toute façon entrés dans le siècle des adaptations, les formes ne nous évoquent plus que des formes, nous quittons telle coquille pour nous réfugier dans telle carapace, les larves migrent, les peaux muent, mais l'armature, la grille, le squelette persistent – et ce sont encore les charniers qui connaissent les meilleures, les plus fidèles, les plus ambitieuses adaptations, ce sont les ghettos dont on favorise la reproduction avec le plus d'enthousiasme, à grand renfort de barbelés toujours plus illisibles, les immenses parcs à thème de la souffrance, avec pour objectif la concentration de tous les camps en un seul, l'ultime zoo de la douleur humaine, sans cesse mis en scène, au prix d'infinies répétitions, chaque échec consommant le succès prochain, les figurants toujours plus nombreux, toujours lus rampants, écrasés sous la fanfare des accessoires, fièvres, virus, microbes, coups coups coups, le corps adaptant la mort, l'esprit adaptant la nuit, la viande adaptant la viande, le cri adaptant le silence, le scalpel adaptant le progrès, la cruauté adaptant jusqu'au geste lui-même, n'importe quel geste, sans le moindre remords (…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.349&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Et, clin d'oeil, Claro &lt;em&gt;adapte&lt;/em&gt; &lt;em&gt;Le Magicien d'Oz&lt;/em&gt; (le livre, la pièce, le film, l'&lt;em&gt;extravaganza&lt;/em&gt;) pour une plongée plus torve encore dans les méandres des méandres du siècle. Il pirate le conte et le renverse (« anti-féerie », dit l'éditeur en quatrième de couverture). Il subvertit en métamorphosant la narration (multiple, à la fois précise et prolixe, la langue utilisée garde aussi tout son humour, toute sa distance, toute sa méticulosité). Il re-produit. Il inquiète. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;embed width=&quot;600&quot; height=&quot;320&quot;  src=&quot;http://media.mtvnservices.com/mgid:ifilm:video:spike.com:2725579&quot;  quality=&quot;high&quot; bgcolor=&quot;000000&quot; name=&quot;efp&quot; align=&quot;middle&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot;  pluginspage=&quot;http://www.macromedia.com/go/getflashplayer&quot;  flashvars=&quot;autoPlay=false&quot;  allowfullscreen=&quot;true&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
D'autres hOriZons :
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Fric-Frac Club : &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article601&quot;&gt;François Monti&lt;/a&gt; &amp; &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article604&quot;&gt;Antonio Werli&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2205&quot;&gt;Tierslivre&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://laruellebleue.over-blog.fr/article-cosmoz-claro-actes-sud-56002360.html&quot;&gt;La ruelle bleue&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.lesoir.be/culture/livres/2010-08-27/claro-signe-la-bombe-de-la-rentree-789826.php&quot;&gt;Lesoir.be&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
Culture Café : &lt;a href=&quot;http://www.culture-cafe.fr/site/?p=1526&quot;&gt;critique&lt;/a&gt; &amp; &lt;a href=&quot;http://www.culture-cafe.fr/site/?p=1609&quot;&gt;entretien avec Claro&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
L'esc@rgot G@rpien (extraits) : &lt;a href=&quot;http://escargotgarpien.blogspot.com/2010/06/extraits-coups-de-cur-cosmoz-claro.html&quot;&gt;#1&lt;/a&gt; &amp; &lt;a href=&quot;http://escargotgarpien.blogspot.com/2010/06/et-livre-vain-devint-cosmoz-claro-actes.html&quot;&gt;#2&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;

Le blog de Claro : &lt;a href=&quot;http://towardgrace.blogspot.com/&quot;&gt;Le clavier cannibale&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Pourquoi faire un journal, réponse au Tigre</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/11/Pourquoi-faire-un-journal-reponse-au-Tigre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:69e020f4ae6c33827146ff4991436936</guid>
    <pubDate>Sat, 11 Sep 2010 17:46:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Le tigre</category><category>Revue</category>    
    <description>    Le numéro 13 du nouveau &lt;em&gt;Tigre&lt;/em&gt; porterait-il malheur ? Quoiqu'il en soit ce numéro daté du jour est aussi accompagné de la mention « numéro spécial » et d'une couverture majuscule : Pourquoi faire un journal (et autre déclinaison possible : pour quoi faire un journal ?), accompagnée de l'image qui va avec : au fond pourquoi couper des arbres pour ça ? (ça étant, bien sûr, le &lt;em&gt;Tigre&lt;/em&gt; lui-même).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/letigre13.jpg&quot; alt=&quot;letigre13.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;letigre13.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour la durée d'un paragraphe introductif j'emprunte la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/28/Rodrigo-Fresan-La-vitesse-des-choses&quot;&gt;DeLorean&lt;/a&gt; du Doc et je remonte le temps. En janvier dernier je prends mon abonnement au &lt;em&gt;Tigre&lt;/em&gt;. Je ne sais même pas, à cette heure là, que le &lt;em&gt;Tigre&lt;/em&gt; prépare une nouvelle formule, un « quinzomadaire » (parution tous les quinze jours). Pire : je ne l'ai jamais lu. Je connais bien le site &lt;a href=&quot;http://www.le-tigre.net/&quot;&gt;Le-tigre.net&lt;/a&gt; mais c'est tout. J'ai l'impression de choisir un bouquin dans une librairie au hasard sans avoir vraiment lu une ligne complète, si ce n'est peut-être  une phrase quelconque trouvée au pif au fond des pages. Je sais que ce genre d'achat aléatoire est instructif, rarement décevant. Mon journal de l'époque indique d'ailleurs une seule phrase, laconique : « Abonnement le &lt;em&gt;Tigre&lt;/em&gt; pour 2010 : 50€. » (précédée trois mois plus tôt de « La possibilité de s'abonner au Tigre ? »). Voilà mon expérience personnelle du &lt;em&gt;Tigre&lt;/em&gt; en tant que lecteur. Je ne connais rien des précédentes moutures de la bête. Uniquement la version 2010.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Habituellement, je ne lis pas la presse papier. Bon représentant de la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Génération_Y&quot;&gt;génération Y&lt;/a&gt;, mon accès à l'information et au reportage journalistique est totalement digital : ordinateur et Iphone suffisent (Ipad aussi, sans doute un jour), flux actu des papiers sur le web (&lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/&quot;&gt;Libé&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr&quot;&gt;Le Monde&lt;/a&gt;), flux 100% web (&lt;a href=&quot;http://owni.fr/&quot;&gt;Owni&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/&quot;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;) et abonnement payant s'il le faut (&lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/&quot;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;, donc). Pas besoin de papier. La raison qui m'entraîne à m'abonner au &lt;em&gt;Tigre&lt;/em&gt;, journal papier, est toute simple : il n'existe pas de formule d'abonnement pour la version PDF de la bête. Alors le papier puisqu'il y est, et l'objet étant lui-même un bel objet, il est probable que je ne changerais pas mon abonnement si d'aventure la possibilité d'un tout online se profilait (sauf si bien sûr un combo papier + PDF était proposé, mais c'est une autre question). Comme quoi la bête m'a convaincu, comme quoi je suis, si, si, j'y tiens, un lecteur satisfait.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J'en reviens au numéro 13. Curieux numéro, sous forme de « très grand édito » de Raphaël Meltz (co-fondateur), annotée par Laetitia Bianchi (co-fondatrice), qui explique en 11 points que peut-être, c'est possible, éventuellement, &lt;em&gt;Le Tigre&lt;/em&gt; pourrait péricliter, faute d'envie de faire encore courir la bête. Édito malgré tout qui se termine, sinon sur un appel, au moins sur une &lt;em&gt;attente&lt;/em&gt; (« J'aimerais tellement qu'ils soient tous là, ceux qui croient que ce scandale peut et doit encore advenir. Je les attends. »). 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L'un des points soulevé dans ce texte de Raphaël Meltz concerne le journalisme en ligne et la « consommation de l'information ». Et j'ai du mal à saisir le lien entre ce culte d'une information pré-mâchée, prête à être « consommée » comme un Macdo de l'info (qui existe) et la nouvelle façon de transmettre l'information telle que le permettent les nouveaux médias. Une appli Ipad ou Iphone, parce qu'elle ouvre un chemin différent, sans doute parallèle ou complémentaire, à la publication papier, dégrade-t-elle le contenu du journal ? &lt;em&gt;Le Tigre&lt;/em&gt; en PDF n'est-il pas &lt;em&gt;Le Tigre&lt;/em&gt; ? Pourquoi la possibilité d'appli Iphone/Ipad d'un tigre devenu tactile ne serait-elle pas viable commercialement et intellectuellement parlant ? Idem d'ailleurs pour Twitter &amp; Facebook, outils gentiment raillés dans ce papier : ces outils là existent et &lt;em&gt;déplacent&lt;/em&gt; véritablement le lien existant entre le journal et le lecteur, pourquoi ne pas l'exploiter, pourquoi ne pas le détourner, même, dans un sens plus &lt;em&gt;tigré&lt;/em&gt;, plus conforme aux visions du journal ?
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il en va de même, d'ailleurs, pour le rapport au lecteur. Raphaël Meltz regrette de n'avoir pas assez de retour, de commentaires, d'analyses.
&lt;blockquote&gt;On fait un journal. Un journal dont on suppose qu'il ne ressemble pas aux autres. Dont on imagine qu'il est là pour remettre en question des usages, des façons d'écrire. Dont on trouve qu'il est indocile, dans le choix de ses sujets et la façon de les traiter. Et puis : rien. Pas de polémique. Pas d'analyse. Pas de commentaires. Des messages des lecteurs, on en reçoit beaucoup : enthousiastes, la plupart du temps. Mais courts, très courts.&lt;/blockquote&gt;
Mais &lt;em&gt;Le Tigre&lt;/em&gt; tel qu'il existe actuellement est-il calibré pour l'échange avec son lectorat ? Seuls deux liens sont proposés sur la une du journal : l'un renvoie à une adresse mail somme toute assez standard et anonyme (tigre@le-tigre.net) et l'autre au site internet lui-même : &lt;a href=&quot;http://www.le-tigre.net&quot;&gt;Le-Tigre.net&lt;/a&gt;. Sur le site internet propulsé sous Spip, des archives du journal, des rubriques des anciens numéros, certains articles choisis. Mais aucune possibilité de commentaire sur ces pages. Idem sur la page Facebook du journal : quelques fans, pas de publication, un résumé de sa &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/l.php?u=http%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2Fwiki%2FLe_Tigre_%2528magazine%2529&amp;h=7e0f5&quot;&gt;page Wikipédia&lt;/a&gt; et aucune possibilité de dialogue. Alors quand un journal, aussi pertinent soit-il, aussi inventif, décalé, indocile soit-il, donne une impression aussi hermétique que celle-ci, sans doute le lecteur suppose-t-il que la polémique, l'analyse ou le commentaire ne sont pas sollicités, tout simplement (le titre de ce numéro n'est-il pas par ailleurs « Pourquoi faire un journal », sans point d'interrogations, donc sans ouverture vers un dialogue possible ?). Autre interrogation : l'émulation souhaitée avec son lectorat ne serait-il pas plus pratique si le journal proposait un compte Twitter/Facebook alimenté ?
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La question inaugurale : « Pourquoi faire un journal » en entraîne une autre : « Pourquoi &lt;em&gt;Le Tigre&lt;/em&gt; doit-il être un journal ? », pourquoi pas autre(s) chose(s) ? On sait déjà que &lt;em&gt;Le Tigr&lt;/em&gt;e, depuis quelques mois, correspond également à une série de livres, transposition en volume de quelques feuilletons proposés dans ses numéros, alors pourquoi pas d'autres tentatives qui pourraient également exploiter le web, non pas comme fossoyeur du kiosque, mais comme complément au papier ? Non pas parce que la « conjoncture économique » l'impose mais parce que c'est bien là que l'écriture se trouve, dorénavant. Peut-être même qu'un autre modèle reste à inventer.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cette tentative de réponse, bien sûr, n'en est pas une. Simplement l'écho d'un simple lecteur lambda qui s'inquiète pour son tigre. J'espère très sincèrement que &lt;em&gt;Le Tigre&lt;/em&gt; restera &lt;em&gt;Le Tigre&lt;/em&gt; : sous n'importe quel format, n'importe quelle formule, n'importe quel rythme. Mais un tigre bien dans ses rayures qui propose quelque chose, propulse quelque chose, déplace quelque chose. C'était le cas dans cette version quinzomadaire, aussi sans doute dans ses archives, et, sûrement, j'y crois, dans un futur même incertain.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Recommandé AR</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/10/Recommande-AR</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:abdae6a982610444f68b56464f2af8ac</guid>
    <pubDate>Fri, 10 Sep 2010 19:00:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Boulot</category><category>Prudhommes.rtf</category>    
    <description>    Le facteur, je sais pas pourquoi, monte jamais les AR jusqu'à moi, même quand j'y suis. Il laisse toujours l'avis de passage dans la boite, alors je vais les chercher le lendemain à la poste et je me demande si les gueules derrière le guichet se demande aussi au juste pourquoi la mienne se pointe souvent chercher mes AR. Sans doute (sûrement) que tout le monde (bien sûr) s'en fout. Mon dernier courrier bien officiel déplié sur la table, je fais le compte des derniers trucs reçus :
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

- La première lettre datée du 22 juillet qui commençait par « Monsieur, Nous envisageons de procéder à votre licenciement pour cause économique » et se terminait, au bas de la page, par « Nous vous prions d'agréer, Monsieur, nos salutations distinguées. »
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
- La deuxième datée du 30 juillet qui commençait par « Monsieur, Dans le cadre de la procédure de licenciement pour cause économique que notre société a dû engager, nous sommes à même de vous proposer, par la présente, une offre de reclassement. » et qui se terminait, au bas de la page, par « Et vous prions d'agréer, Monsieur, nos salutations distinguées. »
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
- La troisième datée du 10 août  qui commençait par « Monsieur, Par la lettre du 22 juillet 2010, nous vous avons convoqué à un entretien préalable qui s'est déroulé comme prévu, etc. » et se terminait, deux pages plus loin, par « Nous vous prions d'agréer, Monsieur, nos salutations distinguées. » 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Celle d'aujourd'hui, datée du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/20/Dernier-jour&quot;&gt;20/08/10&lt;/a&gt; mais reçue le 10/09, comprend tous les documents censés m'être indispensables pour la suite de mon parcours administratif, à savoir : bulletin de paie du mois d'août, attestation Assedic, certificat de travail, solde de tout compte. Celle d'aujourd'hui ne commence pas par « Monsieur » ni ne se termine par aucune « salutations distinguées ». Et, détail, le montant indiqué sur ma fiche de paie et sur mon solde de tout compte (dont le virement est prévu « prochainement courant de semaine prochaine ») est incomplet puisque il lui manque l'équivalent d'un mois salaire : mon mois de préavis. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Avant de quitter le bureau &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/20/Dernier-jour&quot;&gt;le dernier jour&lt;/a&gt;, j'avais récupéré un support recommandé, juste au cas où, au cas où il faille gueuler de manière bien AR, bien officielle. Et j'ai bien fait. Car va falloir.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quelques notes sur Le fond du ciel, de Rodrigo Fresán #3</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/08/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan-3</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:48c24c3119b332b4cffc948a059c8b71</guid>
    <pubDate>Wed, 08 Sep 2010 22:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Claro</category><category>Littérature</category><category>Rodrigo Fresán</category><category>Temps</category>    
    <description>    Résumé des épisodes précédents : &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/02/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan&quot;&gt;#1&lt;/a&gt; &amp; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/05/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan-2&quot;&gt;#2&lt;/a&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/fusee.jpg&quot; alt=&quot;fusee.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;fusee.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;13&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;

Je reprends plus en amont un passage clé que je n'ai pas cité. Il n'est pas tiré du &lt;em&gt;Fond du ciel&lt;/em&gt; mais des &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/04/09/467-rodrigo-fresan-les-jardins-de-kensington&quot;&gt;&lt;em&gt;Jardins de Kensington&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, puisqu'il a été &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/02/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan&quot;&gt;indiqué&lt;/a&gt; comme hypothèse que le début du &lt;em&gt;Fond du ciel&lt;/em&gt; remontait à la fin du livre précédent, plus précisément l'instant qui décrit la fin de la saga (fictive) des Jim Yang.

&lt;blockquote&gt;L'ultime et définitif volet de la série de Jim Yang s'intitule &lt;em&gt;Jim Yang and The End of All Things&lt;/em&gt;. Dans ma tête, il est beaucoup plus long que &lt;em&gt;Jim Yang and The Imaginary Friend&lt;/em&gt;. Il se déroule avec l'indolence d'une chose sans forme ni limites et se situe pendant les derniers jours de l'univers.&lt;br /&gt;
Dans &lt;em&gt;Jim Yang and The End of All Things&lt;/em&gt;, Jim Yang est fatigué de sa vie aventureuse et de sa vaine odyssée. Il ne se rappelle même plus trop le but qu'il a poursuivi et n'a jamais atteint. Les doses successives et de plus en plus fortes de voyages incessants à travers les siècles lui pèsent comme le plus monstrueux des &lt;em&gt;jet lags&lt;/em&gt;, comme un &lt;em&gt;time lag&lt;/em&gt; qui lui a permis d'accéder jusqu'à l'idée même de temps. Jim Yang ne sait plus d'où il vient, quelle est son époque, quel âge il a, quelle heure il est ni combien de temps il a passé sur l'étrange bicyclette qui fait désormais partie de son corps.&lt;br /&gt;
Jim Yang pédale à toute vitesse, de toute la force de ses jambes dont la musculature est anormalement impressionnante. Toujours plus en avant. Le passé ne l'intéresse plus. Le passé, c'est du passé. À présent, il ne reste plus qu'une seule direction possible pour Jim Yang : atteindre la fin de toutes les choses, ce temps où il n'y aura de temps pour rien, songe-t-il. Pas de temps à gagner, pas de temps à perdre. Seul existera le soulagement qu'on éprouve à flotter sur une parfaite et inaltérable feuille blanche ou un écran sans électricité. Il suffira alors de prier pour que tout s'achève là, dans un jamais sans la moindre possibilité de... (&lt;em&gt;à suivre&lt;/em&gt;...).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Rodrigo Fresán , &lt;em&gt;Les jardins de Kensington&lt;/em&gt;, Seuil, trad : Isabelle Gugnon, P.377&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

J'insiste car c'est comme ça que se propulse la fiction chez &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Rodrigo Fresán&lt;/a&gt;  : d'un livre vers un autre, d'un univers au suivant. Il n'est pas question ici de « réécrire sans arrêt le même livre » mais d'un projet cohérent, une galaxie littéraire qui se digère elle-même en progressant plus en avant dans l'expansion. De cette façon tous les livres précédents de Fresán  sont inclus dans les suivants comme une série de poupées russes (plus ou moins) interminable. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/2001_Franck.png&quot; alt=&quot;2001_Franck.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;2001_Franck.png, sep 2010&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



14
&lt;br /&gt;
Signalons au passage le &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article604&quot;&gt;rapprochement intéressant proposé par Antonio Werli&lt;/a&gt; du &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/&quot;&gt;Fric-Frac Club&lt;/a&gt; entre &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; et le &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article601&quot;&gt;&lt;em&gt;CosmoZ&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://towardgrace.blogspot.com/&quot;&gt;Claro&lt;/a&gt;, également paru ces dernières semaines. Exemple à l'appui, puisque le texte de Fresán singe bien &lt;em&gt;Le magicien d'Oz&lt;/em&gt;, quelque part pendant la guerre d'Irak. Les &lt;em&gt;freaks&lt;/em&gt; de Claro, eux, catapultés hors du &lt;em&gt;Magicien d'Oz&lt;/em&gt; comme une tumeur hors de la bouche de l'écrivain, traversent un vingtième siècle plus lointain, mais tout aussi totalitaire.

&lt;blockquote&gt;« C’est là que nous allons, vers la Terre d’Emeraude.&lt;br /&gt;
Nous sommes des hommes de fer-blanc en manque de coeur.&lt;br /&gt;
Des épouvantails en manque de cerveau.&lt;br /&gt;
Des nains à la voix criarde et chantante.&lt;br /&gt;
Et Dorothy est restée à la maison, dans le noir et blanc. Ici il y a des couleurs, certes, mais c’est comme si elles n’existaient pas, comme si le soleil les avait délavées jusqu’à obtenir la propreté à la fois éblouissante et trouble du blanc et blanc.&lt;br /&gt;
Nous sommes des jeunes gars perdus dans un paysage horizontal traversé de tornades verticales. non, nous ne sommes pas à la recherche du Magicien d’Oz, qui vient à notre rencontre, tout puissant, immense, incommensurable.&lt;br /&gt;
Oz est grand.&lt;br /&gt;
Oz est plus grand qu’Allah et, contrairement au Magicien, il a de véritables pouvoirs.&lt;br /&gt;
Oz est le Démolisseur.&lt;br /&gt;
Et il n’aime rien tant que tester ses pouvoir sur nous.&lt;br /&gt;
Nous qui avons si peu de pouvoirs, nous qui sommes si faibles...&lt;br /&gt;
Il en est ainsi dans cette partie du monde. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Rodrigo Fresán , &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;, Seuil, trad : Isabelle Gugnon, P.177-178.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;strong&gt;15&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
Autre citation clé, cette fois hors texte, dans la partie Remerciements du livre, où l'auteur livre quelques unes de ces ficelles.
&lt;blockquote&gt;J'aime imaginer &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; comme un ensemble de messages émis simultanément, une trame qui n'aspire qu'à être une suite de monuments merveilleux contemplés en même temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.292&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
Quelques mots importants : &lt;em&gt;simultanément, en même temps&lt;/em&gt;. C'est le coeur du coeur de l'écriture de Fresán  : celui qui vise à l'abolition de toute chronologie. C'était déjà savamment orchestré dans les précédents, c'est désormais fonctionnel. Jamais avant ce livre n'avait régné (aussi bien) cet air de fin des temps, comme si l'écriture de Fresán était manipulée selon des « Temps sans temps » : commode, car c'est aussi le titre du roman référence d'Isaac, l'un des narrateurs du livre.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/rvf.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.rvf_m.jpg&quot; alt=&quot;rvf.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;rvf.jpg, sep 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



16
&lt;br /&gt;
Faudra un jour mettre un point final à cette chronique qui n'en est pas une. Et ça m'amuse d'imaginer qu'un visiteur du blog qui n'aurait pas lu ce livre (à supposer qu'il soit resté attentif jusque là !) s'en fasse une idée complètement étrangère à sa réalité propre : parce que même en 16 points éparpillés, même en ayant esquissé quelques pistes de réflexion possibles et d'analyse, je n'aurais pas pu saisir la réalité physique du texte : celle qui le figerait quelque part. Je pourrais continuer longtemps, je sais que saisir &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; est impossible. Pour ça aussi que je continue à explorer ce texte. Pour ça qu'en deux lectures consécutives j'ai eu l'impression d'en avoir quinze simultanées. Si ce n'est plus.
&lt;blockquote&gt;La vérité est fractale. Elle tombe en morceaux et se disperse dans d'infinies directions. Alors comment l'atteindre...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.37&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
Contrairement à Jim Yang, je me réserve la possibilité d'un (à suivre...).</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Potable #5</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/07/Potable-5</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6fe9dbc18a394fc3b044864c18fc55b8</guid>
    <pubDate>Tue, 07 Sep 2010 14:26:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    À quoi je joue, exactement, je saurais même pas dire. Si j'ai repris samedi le fil du texte en reprenant depuis le début c'était surtout pour &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

1) fragmenter le début pour mieux propulser le bonhomme (c'est bon, c'est fait) et&lt;br /&gt;
2) désépaissir le texte, comme chez coiffeur, en fait, sauf qu'à la place des cheveux, ben c'est des mots.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Et boom, repartir pour un tour, relire encore toute la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/27/Nickel&quot;&gt;partie 1&lt;/a&gt; et m'arrêter tous les trois mots en sachant bien que c'est supportable mais pas vraiment aussi &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/25/Nickel-3&quot;&gt;nickel&lt;/a&gt; qu'on l'aurait espéré. J'aurais voulu que ce soit parfait, terminé cette semaine et ne plus y revenir. Et quand je relis j'ai encore cet arrière-goût qui me pourrit la gorge : je sais au fond que le truc se tient mais c'est pas aussi abouti que ce que j'aurais voulu. Pourtant je sais pertinemment que toutes les corrections que je fais sont invisibles : susceptibles, d'ailleurs, d'être défaites à la prochaine lecture, parce que c'est accessoire. Parce que changer un mot ou un autre ne changera pas fondamentalement la nature du texte. Et parce qu'il faut j'apprenne à lâcher le truc, à dire : ok, c'est bon, c'est terminé. Et le faire lire à d'autres. Mais je m'enferme toujours dans cette idée d'une « dernière relecture, juste au cas où ». Au cas où quoi, ça, j'en sais rien, mais c'est pas grave. C'est d'autant plus pénible que seule la partie 1 me donne cette impression là. En relisant la partie 4, la semaine dernière et celle d'avant, j'étais persuadé d'être au bout du bout d'un processus &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/04/01/101-coincidence&quot;&gt;vieux de quatre ans&lt;/a&gt;. Et d'avoir surtout porté mon écriture au bout d'elle-même (au bout de ce projet là, s'entend).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/CDTsept.png&quot; alt=&quot;CDTsept.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;CDTsept.png, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avec les archives que j'ai, je me dis, c'est à dire un fichier séparé correspondant à une séance de travail (soit grosso modo 500Mo de fichiers textes éparpillés), je pourrais aisément monter une installation qui montrerait plan par plan, fichier par fichier, séance après séance, l'évolution du texte, la prolifération des mots et, passé un cap donné au milieu du projet, qui correspondrait sans doute au troisième jet merdique produit fin 2007, une régression du texte, progressive et continue, jusqu'à ce que l'inévitable survienne, c'est à dire la suppression pure et simple, jour après jour, du texte entier. Peut-être qu'au bout du bout il resterait une phrase, un bouquet de phrases, ou quelques syllabes, des abréviations, un &lt;a href=&quot;http://www.twitter.com/gvissac&quot;&gt;tweet&lt;/a&gt;, et puis pfffiout, plus rien, plus rien du tout, le silence une bonne fois pour toute : le-si-len-ce.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
(Mais cette semaine je finirais, quand même et malgré tout.)</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quelques notes sur Le fond du ciel, de Rodrigo Fresán #2</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/05/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e2d14848192c09b9920895712ee08053</guid>
    <pubDate>Sun, 05 Sep 2010 18:04:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>George Clooney</category><category>Littérature</category><category>Personnage</category><category>Rodrigo Fresán</category>    
    <description>    Qu'est-ce que j'aurais pu ne pas dire dans mon &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/02/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan&quot;&gt;épisode #1&lt;/a&gt; ? Tout un tas de choses.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/fonduciel.jpg&quot; alt=&quot;fonduciel.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;fonduciel.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;12&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Les personnages fresániens n'en sont pas. Ils ressemblent au mannequin de la version cinématographique de la &lt;em&gt;Machine à explorer le temps&lt;/em&gt; dont &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Fresán&lt;/a&gt; cite quelques images dans &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;.

&lt;blockquote&gt;Le héros, assis dans une machine à explorer le temps aux élégantes lignes victoriennes qui lui donnent l'aspect d'un super chrono-fauteuil, traverse les décennies en regardant les métamorphoses successives d'un mannequin dans une boutique, en face de chez lui. Sur la peau froide de la grande poupée impassible, toujours jeune et dans la même position, seuls les vêtements et les chapeaux changent. C'est aussi simple que cela et bien plus explicite que les arbres, les calendriers et les journaux perdant leurs feuilles pour gagner en maturité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Rodrigo Fresán, Le fond du ciel, Seuil, trad : Isabelle Gugnon, P.110&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Ils n'ont pas de visage. Ils portent des masques qu'ils (é)changent, parfois, au fur et à mesure de la progression (ou régression ou renversement) de l'intrigue ou des évènements clairsemés qui simulent l'intrigue. Ils sont des acteurs interprétant des rôles de fiction dans la fiction. Citons la présence du lieutenant &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/George%20Clooney&quot;&gt;George Clooney&lt;/a&gt;, dans &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;, qui assure être « l'authentique George Clooney » puisque « né le premier » (lieutenant Clooney qui recoupe curieusement l'actualité du Clooney acteur, le vrai, qui incarnait cette année un rôle dans &lt;em&gt;Les chèvres du Pentagone&lt;/em&gt; qui n'aurait pas fait insulte au Clooney personnage de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Fresán&lt;/a&gt;) mais aussi la multiplication d'identités d'Ezra Leventhal : un Ezra Leventhal broyé par la blouse blanche militaire, littéralement contaminé par des années de fictions mettant en scène des savants fous, des explosions atomiques et des complots de série Z (qui est l'ombre de l'ombre là-bas qui renverse des gouvernements et imposent des dictateurs ? Ezra Leventhal).
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ailleurs, avant, plus tôt dans la chronologie, dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/04/09/467-rodrigo-fresan-les-jardins-de-kensington&quot;&gt;&lt;em&gt;Les jardins de Kensington&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, même jeu de cache-cache, de masques, de personnages. Peter Hook est un auteur jouant lui-même les doublures de James Matthew Barrie, créateur de Peter Pan. Le personnage récurrent de Peter Hook est Jim Yang, sorte d'Harry Potter croisé avec &lt;em&gt;Retour vers le futur,&lt;/em&gt; lui-même incarné à l'écran par un acteur, Keiko Kaï, acteur à qui sont destinées les paroles de Peter Hook devenu narrateur du livre, de sorte que chaque voix emprunte une autre voix à la précédente, prête la sienne à celle qui suit, et bouleverse dès lors le paradigme de la fiction.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ailleurs, avant, plus tôt dans la chronologie, dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/20/305-rodrigo-fresan-mantra&quot;&gt;&lt;em&gt;Mantra&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, il y a un destinataire, là encore, de toutes les paroles du livre et qui s'appelle Maria Marie, qui compile littéralement les « entrées » qui composent le livre en abécédaire gigantesque (la partie centrale du bouquin). L'autre personnage de &lt;em&gt;Mantra&lt;/em&gt; porte son nom : Martin Mantra (encore une fois, la double consonne), qui incarne tour à tour différents types de personnages parmi lesquels un gosse qui filme le monde et un catcheur qui prête son ombre à la couverture et qui avance, justement, masqué. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Ailleurs, avant, plus tôt dans la chronologie, dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/28/Rodrigo-Fresan-La-vitesse-des-choses&quot;&gt;&lt;em&gt;La vitesse des choses&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, les personnages ne sont déjà plus des personnages mais des spectres qui se croisent au carrefour du texte. Le livre les orchestre, les met en forme. On n'est jamais très sûr du &lt;em&gt;genre&lt;/em&gt; du texte : est-ce une nouvelle ? est-ce un roman ? un OVNI ? La dispersion des personnages et leurs éclatement en figures orphelines y sont pour quelque chose. Le narrateur (une ombre de plus : il est sans doute l'oeil de Hal, celui de la couverture) est destiné à fixer chaque silhouette rencontrée pour en produire un instantané, un film, une image.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/invisible-man.jpg&quot; alt=&quot;invisible-man.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;invisible-man.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quelle est la caractéristique commune qui pourrait définir le personnage chez &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Fresán&lt;/a&gt; ? Le polymorphisme. L'altérité. Les visages propulsés par le texte sont des masques et les peaux sont synthétiques : il sont, eux aussi, des extraterrestres déguisés en humains. Dans &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; cette tendance s'accentue : les personnages ne sont plus que des voix, dont on ne sait plus trop d'ailleurs si on doit les croire (cf. l'appel fait à Isaac Goldman dans la deuxième partie, qui découvre soudainement non pas son absence mais sa &lt;em&gt;disparition&lt;/em&gt;, tournant classique d'un épisode de science-fiction destiné à frustrer le héros et condamner momentanément l'intrigue en cours).

&lt;blockquote&gt;J'entends la voix jeune d'une femme (je n'oserais pas dire qu'il s'agit de la voix d'une jeune femme) qui m'informe que M. Goldman a disparu depuis quelques temps déjà.&lt;br /&gt;
Je lui demande quand il est mort.&lt;br /&gt;
« J'ai dit qu'il avait disparu, pas qu'il était mort », corrige-t-elle.&lt;br /&gt;
Elle veut savoir si je suis un membre de la famille.&lt;br /&gt;
Je lui réponds que oui, en quelque sorte.&lt;br /&gt;
Il ne nous reste pas grand-chose à ajouter, nous avons épuisé les sujets de discussion.&lt;br /&gt;
La jeune voix de femme m'explique qu'elle est occupée, qu'elle fait la cuisine et doit surveiller ses enfants. Elle s'excuse et, là où je suis, j'ai l'impression de bavarder avec un être venu d'une autre planète, une créature originaire d'un lieu où on fait encore la cuisine et où on s'occupe des enfants. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align =&quot;right&quot;&gt;P.212&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
Chacun, tour à tour, semble emprunter le masque d'un autre : Isaac celui d'Ezra, Ezra celui d'Isaac, Warren Wilbur Zack celui de Philip K. Dick (et inversement). Le narrateur de la partie 2 n'est plus celui de la partie 1 et la voix qui prend en charge la partie 3 émule celles, successives, des deux narrateurs précédents, sans compter la voix de celui qui nous dicte &lt;em&gt;Évasion&lt;/em&gt;, le livre dans le livre, et qui correspond encore à un autre timbre, une autre imitation.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/minority_report-gloves.jpg&quot; alt=&quot;minority_report-gloves.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;minority_report-gloves.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L'effort amorcé dans ses livres précédents (déjà cités plus haut, auxquels j'exclus peut-être &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/22/Big-Bang-comme-dans-un-reve&quot;&gt;&lt;em&gt;Esperanto&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, qui semble appartenir à un autre monde, ainsi que &lt;em&gt;L'homme du bord extérieur&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Vies de saints&lt;/em&gt;, en attente de lecture) se concrétise véritablement dans &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; (d'où l'insistance pour ce livre &lt;em&gt;a priori&lt;/em&gt; sans histoire) : la déconstruction toujours plus avancée de la fiction, l'éclatement du personnage en diverses voix qui s'ouvriraient comme des fichiers, étalés là sur l'écran futuriste d'un &lt;em&gt;Minority Report&lt;/em&gt; de passage, où toutes les scènes peuvent être jouées en même temps, parallèles, se recouvrant les unes les autres, se complétant parfois, ou alternativement, littéralement et dans tous les sens, comme si le montage du film restait à faire (comme s'il fallait véritablement reconstruire le temps). D'ailleurs &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; ne consacre pas de destinataire nommé, comme le faisait &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/20/305-rodrigo-fresan-mantra&quot;&gt;&lt;em&gt;Mantra&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/04/09/467-rodrigo-fresan-les-jardins-de-kensington&quot;&gt;&lt;em&gt;Les jardins de Kensington&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, mais une ombre anonyme, appelée directement en début et en fin de livre et à qui il est demandé de « voir », tout simplement. 
&lt;blockquote&gt;Avec un peu de chance, quelqu'un captera ce rayon mystérieux – le dernier soupir de mon dernier et éternel signal – et saura décoder ses pulsations et obtenir une image fidèle et inaltérable.&lt;br /&gt;
Alors il nous verra tous les trois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align =&quot;right&quot;&gt;P.288&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Danger</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/04/Danger</link>
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    <pubDate>Sat, 04 Sep 2010 17:44:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Crise !</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/danger.png&quot; alt=&quot;danger.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;danger.png, sep 2010&quot; /&gt;

&lt;blockquote&gt;On écrivait sur les murs &lt;br /&gt;

des slogans qui disait &lt;br /&gt;
le futur c'est maintenant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

On écrivait&lt;br /&gt;
de loin&lt;br /&gt;
avec nos mégaphones et nos mains&lt;br /&gt;
et nos os et nos yeux et nos dents&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

On fabriquait de la nitro réglo&lt;br /&gt;
on allumait des mèches&lt;br /&gt;
même si y en avait pas&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

On actionnait ce que les micros appellent&lt;br /&gt;
les mandibules de l'action totalisante&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Armé de bombes minuscules&lt;br /&gt;
ouais on &lt;br /&gt;
totalisait&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Lettre anonyme pour destinataire inconnu&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quelques notes sur Le fond du ciel, de Rodrigo Fresán</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/09/02/Quelques-notes-sur-Le-fond-du-ciel-de-Rodrigo-Fresan</link>
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    <pubDate>Thu, 02 Sep 2010 15:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Littérature</category><category>Rodrigo Fresán</category>    
    <description>    J'ai terminé hier &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;, dernier livre de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Rodrigo  Fresán&lt;/a&gt;. Ce que j'écris ici n'est pas vraiment chronique, mais plutôt prise de notes désordonnées, préambule pour autre chose qui se voudrait plus clair. Cette fausse chronique d'ailleurs est semblable au bouquin : elle n'a pas d'ordre, de forme ou de sens imposé et certains de ses fragments sont masqués.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/fondodelcielo.jpg&quot; alt=&quot;fondodelcielo.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;fondodelcielo.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;0&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; n'est pas un livre de science-fiction il &lt;em&gt;est&lt;/em&gt; la science-fiction. Sans barrière spatiotemporelle pour encadrer, dicter, former la narration, celle-ci soudain en expansion prend la taille de l'univers tout en entier et se raconte : raconte son univers.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Que les livres de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Rodrigo  Fresán&lt;/a&gt; en France paraissent avec un mépris total pour l'ordre chronologique d'écriture correspond finalement à une réalité palpable. Ces parutions anarchiques caractérisent l'écriture de Fresán elle-même : sans forme, sans ordre, sans ligne chronologique précise ou préétablie. En France deux éditeurs se partagent les droits de parution de ses livres : le Seuil pour les romans récents (&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/04/09/467-rodrigo-fresan-les-jardins-de-kensington&quot;&gt;Les jardins de Kensington&lt;/a&gt;, Le fond du ciel&lt;/em&gt;) et Passage du Nord-Ouest pour les plus anciens (&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/20/305-rodrigo-fresan-mantra&quot;&gt;Mantra&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/28/Rodrigo-Fresan-La-vitesse-des-choses&quot;&gt;La vitesse des choses&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;Vies de saints&lt;/em&gt;). Le Seuil fait paraître ces livres dans l'ordre de leur écriture, pendant que Passage du Nord-Ouest publie à rebours, si bien que deux Fresán se croisent, comme deux doubles identiques issus d'un monde parallèle altéré. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;

Il est toujours difficile de résumer un livre de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Rodrigo  Fresán&lt;/a&gt;. &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; est un roman d'amour, un amour triangulaire, un amour cosmique, paranormal, surnaturel, &lt;em&gt;aliénigène&lt;/em&gt;. 

&lt;blockquote&gt;Il était une fois deux garçons appelés Isaac Goldman et Ezra Leventhal, mais je crois avoir déjà trop longuement parlé d'eux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Rodrigo Fresán, &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;, Seuil, trad : Isabelle Gugnon, P.266&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Les deux garçons sont cousins, les deux cousins des fans de science-fiction des années d'avant le futur, des années ou 2001 n'est pas encore une date butoir. La jeune fille qui les regardent ce jour là « fabriquer pour elle une planète de neige » est issue d'un souvenir d'autres livres de Fresán : une redondance cyclique de l'auteur : une silhouette échappée des limbes de l'écriture. Elle n'a pas de nom. Elle est « la fille qui est tombée dans la piscine ce soir-là », déjà fantôme guest-star dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/28/Rodrigo-Fresan-La-vitesse-des-choses&quot;&gt;&lt;em&gt;La vitesse des choses&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et fantôme d'un fantôme dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/20/305-rodrigo-fresan-mantra&quot;&gt;&lt;em&gt;Mantra&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Alors &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;, c'est à la fois l'histoire d'un amour interminable, immense comme l'univers tout entier, et aussi l'histoire d'un amour fictif, qui n'aura réellement pu durer qu'un instant : instant pris au piège de la photographie, cet instant intemporel, aux limites, là encore, de la science-fiction, qui aura vu la création par Isaac et Ezra d'une planète de neige entièrement conçue pour qu' « elle » puisse la voir. Les voir.

&lt;blockquote&gt;Alors les flocons de neige se sont mis en mouvement, poussés par une décharge d'énergie, et nous étions là, comme si nous vivions dans l'un de ces globes de plastique et de verre agité par un être supérieur – ou seulement un géant – pour créer une tempête blanche et prisonnière.&lt;br /&gt;
Une tempête tenant dans la paume de la main qui l'invoque et la soutient.&lt;br /&gt;
Et nous – moi et Ezra – étions à l'intérieur, heureux prisonniers de tes doigts.&lt;br /&gt;
Nous, nous deux, qui nous faisions appeler les Lointains, commencions et finissions en nous-mêmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.17&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;div class=&quot;ecriture-blanche&quot;&gt;&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/20/305-rodrigo-fresan-mantra&quot;&gt;&lt;em&gt;Mantra&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; se décompose en trois parties. Une partie de l'ici (la Terre, la nôtre), une partie de l'entre-deux (Urkh 24, planète voisine et parallèle) et une partie de l'ailleurs (l'ailleurs étant ici nulle part, c'est à dire partout : lorsque la science-fiction prend la parole en fin de livre c'est l'univers lui-même qui s'articule et qui raconte). L'enjeu majeur du texte sera de rendre ces échanges naturels (et il y parvient), dresser des ponts (parfois en cours de construction) entre une réalité possible et toutes les autres sortes de réalités probables qui auraient pu voir le jour. &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; est un hommage à toutes les formes de science-fiction possibles : il met à plat une carte du monde qui aboli le temps, la forme, les dimensions et mélange sur le même plan ce qui a été avec ce qui aurait pu être. Le temps, décomposé, désordonné, redistribué, n'est plus le temps. L'espace, bouleversé, pixelisé, digéré par l'image, n'est plus l'espace. Ils sont rendus autre, articulé par une voix qui raconte l'univers et qui s'appelle (au propre comme au figuré) science-fiction.&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La Terre vue comme fiction depuis l'ailleurs (la Terre-fiction) est une idée très simple, devenue elle-même un cliché du genre. La Terre-fiction au fond du ciel, qu'on aperçoit de loin ou qu'on capte via un signal radio embarqué par la sonde Voyager, en route vers l'infini depuis toujours, émet aussi bien vers le passé que vers le futur, projette au fond des cieux un concept de MMORPG ou liberté est laissée au joueur de modifier soi-même la trame et de provoquer lui-même sa propre fin. D'où l'énumération de fins du monde possible par la voix des dernières pages : les mondes parallèles se recouvrant les uns les autres il est finalement possible de les distinguer tous à la fois en un coup d'oeil.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les différentes fins du monde exposées ont plusieurs bourreaux possibles pour l'exécution des dernières volontés universelles : atomiques, souvent, folie furieuse, toujours, religieuses, parfois. Toutes les fins déchirent le filtre d'une réalité trop fine, parfois calque d'une réalité alternative. Et toutes les fins projettent d'autres folies furieuses dans d'autres fins parallèles évitées de justesse. Le 11 septembre 2001 est l'une de ces fins possibles. La guerre en Irak une autre. La première explosion atomique dans le désert, Alamogordo, Los Alamos National Laboratory, Trinity Camp, Manhattan Project, New Mexico (« Si tu savais ce que je vois, Isaac ! », P.104) une autre encore (encore que, pour celle-ci, il faille plutôt parler de début). Dans chacune d'entre elles, la narration du &lt;em&gt;Fond du ciel&lt;/em&gt;, le programmateur masqué de l'émission cosmique pirate, y place un pion, un personnage du livre, pour traverser et embrasser l'intégralité d'une Histoire parasitée par les catastrophes (« le son d'une catastrophe produite par l'écho d'une catastrophe »). L'Histoire en général, le 20e siècle en particulier. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/Cometogrpha1.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.Cometogrpha1_m.jpg&quot; alt=&quot;Cometogrpha1.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;Cometogrpha1.jpg, sep 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;ecriture-blanche&quot;&gt;&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; est semblable au corps abandonné de Frank, le cosmonaute lâché dans l'espace dans &lt;em&gt;2001 l'odyssée de l'espace&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; est dans l'espace : il n'a ni haut, ni bas, ni début, ni fin, ni sens de lecture, ni dimensions. &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; commence par une phrase qui le termine trois cent pages plus loin. Entre les deux s'ouvre de multiples mondes, de multiples voix, différentes fins possibles et probables. Mais jamais le livre ne commence et jamais il ne se termine. Car la voix qui raconte, qui tient les rênes de la narration comme on tient une télécommande, n'a pas de présent et embrasse tous les temps dans le même geste.&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au coeur du corps du livre s'en trouve un autre : il s'appelle  &lt;em&gt;Évasion&lt;/em&gt;. On ne connaît pas son auteur (du moins on le devine, ensuite on le comprend), on sait très peu de choses de son contenu (1000, 3000 pages ? plus encore ?) sinon qu'Urkh 24 est le théâtre de ce livre (planète aussi connue sous le nom de Ce-Lieu-Où-S'élèvent-Les-Mélodies-Les-Plus-Déchirantes) et qu'il nous observe. Nous : le monde tel qu'on croit qu'il existe. Une autre certitude : il décrit fixement un défilé infini de couchers de soleil extraterrestre. Voilà de quoi se compose &lt;em&gt;Évasion&lt;/em&gt;. Il est aussi le livre culte de toute une génération d'amoureux de la science-fiction. Il est aussi le chant d'amour qui unit les trois personnages principaux : l'expression fantastique d'un moment décuplé à l'infini sur des milliers de pages.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/1955-mark-rothko-yellow-and-blue-yellow-blue-and-orange-huile-sur-toile-259-4x169-6-pittsburg-carnegie-museum-of-art.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.1955-mark-rothko-yellow-and-blue-yellow-blue-and-orange-huile-sur-toile-259-4x169-6-pittsburg-carnegie-museum-of-art_m.jpg&quot; alt=&quot;1955-mark-rothko-yellow-and-blue-yellow-blue-and-orange-huile-sur-toile-259-4x169-6-pittsburg-carnegie-museum-of-art.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;1955-mark-rothko-yellow-and-blue-yellow-blue-and-orange-huile-sur-toile-259-4x169-6-pittsburg-carnegie-museum-of-art.jpg, sep 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Ce moment, c'est l'épicentre du livre. S'il ne devait rester qu'une seule scène, ce serait celle-ci. La jeune fille, à sa fenêtre, regardant plus bas Ezra Leventhal et Isaac Goldman construire pour elle une planète de neige. Et leurs regards vers elle pour la voir. Et ses yeux à elle plongés dans les leurs, les quatre. Cela représente seulement quelques lignes du livre. Mais les trois cent autres pages du &lt;em&gt;Fond du ciel&lt;/em&gt; ne sont que des résonances plus ou moins fortes de cet instant là. Des répliques sismiques dans le cosmos sans forme et sans fond. Des ondes radios, télé et infrarouges dispersées au hasard et dans tous les sens (et dans tous les temps) de l'univers interminable.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div class=&quot;ecriture-blanche&quot;&gt;&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; commence en réalité plus tôt qu'on croit, dans un passé qui dépasse même l'écriture du livre. &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt; commence à la fin des &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/04/09/467-rodrigo-fresan-les-jardins-de-kensington&quot;&gt;&lt;em&gt;Jardins de Kensington&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (P. 377), le livre précédent. Le narrateur y décrit brièvement l'un de ses livres, &lt;em&gt;Jim Yang and The End of All Things&lt;/em&gt;, et, surtout, la fin de ce livre. Jim Yang y est décrit fatigué par ses incessants voyages dans le temps, victime d'un &lt;em&gt;time lag&lt;/em&gt; incompressible. Il fonce alors sur sa chronocyclette jusqu'à la fin de l'univers. Ce qu'il a pu y voir, ou y trouver, ce n'est pas vraiment dit. Mais frôler une planète de neige, orbiter autour d'Urkh 24 quelque temps, traverser quelques fins du monde en suspension au bout du bout de rien, sans doute, on suppose que ça a pu se produire.&lt;/div&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les références et clins d'oeil à la science-fiction sont nombreux. Le plus inattendu d'entre eux (mais pas le plus subtil) consiste à retourner la sphère du monde à un moment du livre : lorsque Isaac ne trouve plus dans sa bibliothèque les noms habituels de ses auteurs fétiches (fictifs) mais d'autres, réels, de Philip K. Dick, Asimov ou Lovecraft, que naturellement il ne peut pas connaître, puisque n'existant pas dans cette dimension là. Ce court passage illustre avec exactitude tout le respect contenu dans ce livre pour ses inspirateurs. Ce n'est pas un livre de science-fiction, mais c'est, aussi, une déclaration d'amour à la science-fiction.

&lt;blockquote&gt;Je suis allé dans la bibliothèque en songeant qu'il valait mieux que je lise. J'ai cherché en vain mon exemplaire des &lt;em&gt;Temps sans temps&lt;/em&gt;. Je n'ai guère eu plus de succès avec &lt;em&gt;Damitax&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Krakma-Zarr&lt;/em&gt;. Ils ne se trouvaient pas à l'endroit où j'étais sûr de les avoir vus et feuilletés quelques jours plus tôt. Aucun de mes livres n'étaient là. Ma bibliothèque s'était soudain remplie d'ouvrages d'auteurs que je ne me rappelais pas avoir lus. Nul doute que, d'après leurs couvertures illustrées de fusées et de robots, ils s'agissaient de romans de science-fiction. Mais... qui étaient donc ces écrivains ? Asimov, Clarke, Lovecraft, Bradbury, Sturgeon... D'où sortaient-ils ? Que faisaient-ils là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.124&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/hal900-2fc6a.jpg&quot; alt=&quot;hal900-2fc6a.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;hal900-2fc6a.jpg, sep 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;11&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Comme souvent chez Fresán il n'est pas très important de savoir qui parle. De le situer dans l'espace ou le temps. Dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/20/305-rodrigo-fresan-mantra&quot;&gt;&lt;em&gt;Mantra&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, la partie majeure du texte prenait le partie de mimer une télévision folle qui serait censée émettre depuis nulle part et qui prendrait la forme d'un abécédaire : la télé vue par les morts pour observer les vivants. &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/28/Rodrigo-Fresan-La-vitesse-des-choses&quot;&gt;&lt;em&gt;La vitesse des choses&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est traversée de bout en bout par un vaisseau fantôme (plusieurs), traversant le temps, dispersant la fiction autour de sa coque comme l'écume éventrée entre les vagues, la nuit. Dans &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;, la voix qui parle est émulée, doublée, imitée, singée, synthétisée, mais son message reste le même : il continue d'émettre depuis Urkh 24 ou ailleurs en ce moment même. Il dit : « s'il te plaît souviens-toi de moi, souviens-toi de nous ainsi ». Il dit : « c'est ainsi que je me souviens d'eux. » Entre les deux : trois cent pages. Et quelques infinis parallèles.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Chute</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/30/Chute</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7abc0e4ec8ba0e6632c4dee4a78edc11</guid>
    <pubDate>Mon, 30 Aug 2010 16:26:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category><category>Rodrigo Fresán</category>    
    <description>    Chute issue de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; partie 4, de celle qu'il faut couper pour pas enterrer le texte sous des monceaux de certitudes, sous des trop plein de cohérence. Je crois aussi (surtout) que ma &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/29/31-2&quot;&gt;lecture&lt;/a&gt; du &lt;em&gt;Fond du ciel&lt;/em&gt; (comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Edgar%20Hilsenrath&quot;&gt;Hilsenrath&lt;/a&gt; au mois de juin, comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Tom%20Spanbauer&quot;&gt;Spanbauer&lt;/a&gt; l'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/03/28/98-tom-spanbauer-faraway-places&quot;&gt;étincelle&lt;/a&gt;) est arrivée au bon moment.

&lt;blockquote&gt;Nil, je pense. &lt;br /&gt;

Nil sait mieux que personne comment, putain, on fait ici pour pas crever. Comment, aussi, faut disparaître. Comment reprendre (mais à l'envers) le fil du temps. Le fil rouillé comme un rasoir qui s'appelle aussi la mémoire, je crois.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>31-2</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/29/31-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d8f49fb6b44f7461cb3b1250da7a4c63</guid>
    <pubDate>Sun, 29 Aug 2010 13:02:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Alfred Hitchcock</category><category>Boulot</category><category>Jean Gilbert</category><category>N.</category><category>Rodrigo Fresán</category><category>Stanley Kubrick</category>    
    <description>    J'attends le 31 du mois comme si ce 31 là devait être le dernier 31 à jamais voir le jour dans la grille du Temps. Impression étrange. Peut-être car le 31 qui marque généralement la fin des vacances en ouvre pour moi le début. Non pas des vacances, ni même du chômage, mais bien un mois 0, type, qui demanderait qu'à s'éterniser in-dé-fi-ni-ment.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Hier vu &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/N.&quot;&gt;N.&lt;/a&gt; Je lui explique oralement ce qu'il prenait pour une fiction écrite : je lui refais la chronologie, la même que je répète à droite à gauche pour expliquer pourquoi ce mois 0, ce mois type, sera aussi un mois chômé. &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique&quot;&gt;Fin juin&lt;/a&gt; a été décidé la fermeture du bureau parisien de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/11/19/Broutille&quot;&gt;PDG&lt;/a&gt;, je lui explique. Ensuite proposition transmise d'être muté ailleurs, un ailleurs poliment refusé. Ensuite ils ont engagé une procédure de licenciement économique pour certains, fautes graves pour d'autres. Ensuite j'ai pris mes clics et mes clacs et le dernier jour chez PDG est arrivé : c'était la semaine dernière &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/20/Dernier-jour&quot;&gt;seulement&lt;/a&gt; : c'était il y a des siècles.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Passé par la Fnac, achat &lt;em&gt;Vies de saints&lt;/em&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Rodrigo Fresán&lt;/a&gt; que j'attends déjà depuis des lustres. Pour l'occasion, et pour profiter de la parution simultanée au Seuil du &lt;em&gt;Fond du ciel&lt;/em&gt;, Passage du Nord-Ouest ressort aussi nouvelle édition de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/20/305-rodrigo-fresan-mantra&quot;&gt;&lt;em&gt;Mantra&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, nouvelle couverture comprise, pour faire de cette « rentrée littéraire » un événement Fresán. Je reparlerai plus en détail du &lt;em&gt;Fond du ciel&lt;/em&gt; plus tard, je le relis encore et parce que c'est un livre &lt;em&gt;aliénigène&lt;/em&gt; (au moins) il sera nécessaire d'y revenir.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/FresanX3.jpg&quot; alt=&quot;FresanX3.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;FresanX3.jpg, aoû 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Par hasard, Fnac toujours, tombé sur &lt;em&gt;79 carrés Nuit Blancs&lt;/em&gt; de Jean Gilbert, acheté par hasard, pour l'avoir si peu feuilleté. Plus loin, Fnac encore, cherché en vain DVD de &lt;em&gt;2001 l'odyssée de l'espace&lt;/em&gt;, pour mieux doubler &lt;em&gt;Le fond du ciel&lt;/em&gt;. Passage chez lui, un peu plus tard, après avoir vu avec lui &lt;em&gt;Fenêtre sur cour&lt;/em&gt; en DVD et avant d'attraper &lt;em&gt;Le crime était presque parfait&lt;/em&gt; sur Arte, N. me prête le DVD de &lt;em&gt;2001&lt;/em&gt;, merci, j'en ai besoin pour disséquer Fresán, pour mieux laisser vibrer au creux des yeux &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/28/Rodrigo-Fresan-La-vitesse-des-choses&quot;&gt;le leitmotiv&lt;/a&gt; de la vitesse des choses.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>À propos de Two Lovers de James Gray</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/27/A-propos-de-Two-Lovers-de-James-Gray</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a4cb9089ab02ce0e80987be85740720e</guid>
    <pubDate>Fri, 27 Aug 2010 04:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Cinéma</category><category>James Gray</category><category>Vidéo</category>    
    <description>    J'écris ces quelques notes depuis un vaisseau fantôme nommé Insomnie, errant dans la nuit comme un oeil entre des planètes invisibles qui pourraient s'appeler Morpheus DX 9, Urkh 24 ou bien que sais-je encore. Je me repasse sous les paupières le film &lt;em&gt;Two Lovers&lt;/em&gt; de James Gray, vu avant-hier. (L'intégralité de l'intrigue du film est dévoilée dans les lignes ci-après.)
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/two-lovers-poster.jpg&quot; alt=&quot;two-lovers-poster.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;two-lovers-poster.jpg, aoû 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
L'affiche du film ne correspond pas au film. Aucune des affiches choisies pour le film ne correspondent. &lt;em&gt;Two lovers&lt;/em&gt; n'est pas un tendre mélo ni une comédie romantique pour nuit d'été. Même la lumière est étrange, étrangère au film. Une lumière venue d'ailleurs, un ailleurs proche pourtant plus connu sous le nom &lt;em&gt;famous&lt;/em&gt; de Photoshop, je crois. Il faut passer le cap de l'affiche (ici de la couverture DVD) pour pouvoir lancer &lt;em&gt;Two lovers&lt;/em&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Two lovers&lt;/em&gt; s'articule autour de deux points géographiques qui sont aussi des points de fuite possibles ou épouvantables : l'ici et l'ailleurs. L'ici se définit progressivement, plan par plan, comme un zoom propulsé à la molette depuis un satellite Google Earth qui montrerait d'abord un continent, puis un pays, une ville, un quartier, une rue, une maison, une fenêtre, une ombre. L'ici se nomme d'abord New York, Brooklyn, Brighton Beach, l'appartement familial, la tête malade du personnage incarné par Joachim Phoenix, ses névroses existentielles, la dépression : une panne de bonheur. L'ailleurs est dévoilé par touches sur une palette quatre couleurs. L'ailleurs est une femme, l'ailleurs est une fuite, un amour impossible, des désirs contrariés. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Au coeur de ces deux destinations contradictoires la narration pose deux femmes. L'une, la brune, Sandra (Vinessa Show), verrouille l'ici, cadenasse le présent. L'autre, la bonde, Michelle (Gwyneth Paltrow), propulse l'ailleurs, se fait détonateur d'un fantasme qui s'appellerait passion.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;center&gt;
&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/v8D85_F83E8?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/v8D85_F83E8?fs=1&amp;amp;hl=fr_FR&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Si Sandra verrouille l'ici, elle n'en est pas complice, mais plutôt victime maladroite des circonstances. Sandra est cautionnée par l'ici :&lt;br /&gt;
- par la famille de Leonard (Joachim Phoenix), d'abord, qui fait la médiation&lt;br /&gt;
- parce qu'elle est juive (en opposition à Michelle complètement étrangère à la famille)&lt;br /&gt;
- parce qu'une union avec elle permettra aussi une fusion professionnelle, et donc une stabilité future&lt;br /&gt;
- parce qu'elle remplace l'ex-fiancée de Leonard pour devenir (hors film ?) une mère&lt;br /&gt;
- parce qu'elle propose une vision du bonheur confortable (La mélodie du bonheur)&lt;br /&gt;
- pour le cadeau qu'elle fait à Leonard : des gants : des gants comme cocon confortable qui le coupe de tout contact avec sa réalité &lt;br /&gt;
- enfin quand il décide de prendre des photos pour elle (de lui offrir ses yeux) c'est pour fixer des scènes de banalités familiales : des scènes « avec des gens dedans » pour remplir ses paysages décharnés de quartier désaffecté qui reflètent (pourtant) son identité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/twolovers3.jpg&quot; alt=&quot;twolovers3.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;twolovers3.jpg, aoû 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Et Michelle propulse, ouvre vers l'ailleurs, elle est l'actrice de Leonard :&lt;br /&gt;
- parce que sa simple présence permet l'extravagance : la scène du night club vient rappeler à Joachim Phoenix qu'un jour il était en vie, rameute des souvenirs supposés d'une vie d'avant la dépression, tisse aussi une filiation avec le film précédent de James Gray, &lt;a href=&quot;http://www.culturopoing.com/Cinema/James+Gray+La+nuit+nous+appartient+-429&quot;&gt;&lt;em&gt;La nuit nous appartient&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, et ses scènes de night club 80's&lt;br /&gt;
- parce qu'elle est elle-même une drogue dont Leonard ne peut décrocher&lt;br /&gt;
- pour le jeu permanent qu'elle permet : jeu de regards d'une fenêtre vers l'autre, jeu de textos disséminés au fil du film&lt;br /&gt;
- parce que son amour pour elle est secret (leurs conversations se font au téléphone portable, donc privé) quand Sandra impose un amour familial (réunions de famille, téléphone fixe de l'appartement familial), aux yeux de tous&lt;br /&gt;
- parce qu'elle est infertile&lt;br /&gt;
- parce qu'elle est mouvement, parce qu'elle est nomade, parce qu'elle vient de et va vers l'ailleurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Les péripéties et marivaudages du film poussent Joachim Phoenix vers Sandra, ce qui décuple sa passion pour le personnage de Gwyneth Paltrow. L'apparition de l'amant de Michelle le transforme en second rôle de cabaret : un corps caché derrière la porte. Un meilleur ami. Un confident. Une ombre inconfortable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;
Si les lieux traversés par Leonard et Sandra sont des lieux familiaux (l'appartement des parents de Leonard est cloisonné, minuscule, étouffant), ceux qui caractérisent le couple Léonard / Michelle condamnent à l'avance leurs efforts pour se rapprocher l'un vers l'autre. Les deux espaces privilégiés empêchent toute fuite : la cour intérieur de l'immeuble dans lequel ils vivent, et le toit de l'immeuble. Les murs sont des barrières. Même le toit, censé être ouvert sur l'ailleurs, est froid, cloisonné (les angles de caméra sont découpés, hachés par les pans de murs qui s'intercalent entre les corps), fermé finalement. Lorsqu'il arrive que Leonard investisse un lieu qui appartient à Michelle, il en est toujours exclu (le night club, l'opéra). Même après invitation dans cet appartement qu'elle ne paye pas elle-même, Leonard découvre un lieu étonnamment vide, dépouillé de meubles, comme si le décor qu'il observait depuis la fenêtre de sa chambre n'était qu'une façade sans envers. Seule la chambre est meublée, mais du strict minimum : un lit, une porte, et de quoi séparer encore les corps. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/twolovers2.jpg&quot; alt=&quot;twolovers2.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;twolovers2.jpg, aoû 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Il y a en réalité deux espaces libres, infinis, qui permettent l'ouverture fictive vers l'ailleurs : la baie dans laquelle Leonard se jette au début du film et retient de se jeter à la fin du film, et l'Internet, discret, qui permet la réservation en ligne de billets d'avion pour organiser la fuite. Tous les autres espaces du films sont cloisonnés et, comme la chambre et la tête de Leonard, encombrés, bouchés, verrouillés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
La possibilité d'une fuite avec Michelle ramène à l'adolescence : Leonard fugue, remonte le temps. Il achète une bague miteuse avec ses économies. Il quitte sa famille sans dire au revoir. Il jette son sac par la fenêtre. Il ne prend pas ses médicaments. Il jette le portrait de son ex-fiancée. Il remonte le temps non pas vers un avant la névrose, la dépression, mais vers un ailleurs où ces instants n'auront jamais pu voir le jour.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Le film s'ouvre sur le silence : le corps de Joachim Phoenix immergé dans la baie, puis repêché, pathétique, trempé. Le film se ferme sur le silence : le corps de Joachim Phoenix, sur la plage face à la baie, devant une fuite devenue impossible. Les murs minutieusement érigés autour de Michelle verrouillent à leur tour l'ailleurs pourtant caressé du bout des doigts. Les dernières images aussi sont silence. Quelques mots chuchotés. De la musique minuscule. L'ailleurs s'est tellement resserré sur Leonard qu'il ne reste plus que l'ici. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/two-lovers4.jpg&quot; alt=&quot;two-lovers4.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;two-lovers4.jpg, aoû 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;11&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
Après les avoir jetés, Leonard récupère les gants offerts par Sandra.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Nickel #3</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/25/Nickel-3</link>
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    <pubDate>Wed, 25 Aug 2010 15:32:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    &lt;IFRAME SRC=&quot;http://www.omega-blue.net/250810.htm&quot; width=500 height=144 frameborder=&quot;0&quot; SCROLLING=&quot;no&quot;&gt;&lt;/IFRAME&gt;&lt;br /&gt;




Je suis pas surpris de savoir que si je le voulais : si je le voulais vraiment : je pourrais clore &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; avant la fin de cette semaine. Bien sûr que je le sais. Bien sûr que je fais durer. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

J'ai procédé hier à un découpage brutal du texte : c'est à dire que j'y ai glissé des pages blanches pour faire respirer un peu les phrases. Au fond j'ai fait qu'appliquer à l'ensemble du livre la fragmentation narrative mise en place pour la partie 4. À présent (j'espère) tout est plus équilibré, plus vrai, plus cohérent.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

J'ai relu aujourd'hui l'intégralité de la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/05/Coup-de-tete-3/5&quot;&gt;partie 3&lt;/a&gt;, vraisemblablement bouclée. Quand je dis relu je veux dire lu : lu à voix haute. Pour voir si le texte suivait et si la gorge s'écorchait pas, parfois, sur des caillasses oubliées. C'est le cas (un peu), c'est corrigé. Le fichier d'enregistrement de cette lecture dure près d'une heure : une heure entière : j'aurais pas cru. Je pensais pas non plus en ressortir épuisé, tabassé par mon souffle, que je n'ai plus. À un moment dans la partie 3 le narrateur dit : «  la tête propulsée dans l'ailleurs de l'en haut : ça tangue ». Vraiment je pensais pas.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Derrière la partie 4 qui reste encore à relire (ensuite l'ensemble, réuni, et faire comme si c'était le livre d'un autre), étant &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/02/Coup-de-tete-4/5&quot;&gt;la plus jeune&lt;/a&gt;, il est probable qu'elle ait droit à plus de corrections. Alors bien sûr que je pourrais finir cette semaine, faut plutôt se demander si j'en ai juste envie.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Comme je l'expliquais à H. avant hier : au fond, ces trucs, ces corrections que je fais, c'est juste des broutilles, rien pour changer véritablement le fondement, le corps, du texte. Alors autant y aller, finir, faire ça au mieux, et puis tout clore, comme si c'était le livre d'un autre, et passer vite vite à autre chose, complètement autre. Et tant pis si ça m'emmerde d'avoir à l'envoyer à droite, à gauche, et refaire &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Manuscrit&quot;&gt;le même cirque&lt;/a&gt; encore une fois.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Arnaud Maïsetti, « Où que je sois encore...</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/23/Arnaud-Maisetti-Ou-que-je-sois-encore</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:14b37d00d2b1263a9dd4dac33f205062</guid>
    <pubDate>Mon, 23 Aug 2010 14:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Arnaud Maïsetti</category><category>Littérature</category><category>Vide</category>    
    <description>    J'avoue : des fois je lis sans lunettes, sans verres, même sans les yeux. Ça veut pas dire que je lis pas, simplement je lis en aveugle, comme dans un rêve où on voit trop que dalle mais où l'intrigue avance quand même et porte le corps dans des torrents scénaristiques plus ou moins vraisemblables. Je lis comme ça : porté par le texte, mais l'oeil de travers, comme dans un four sans veilleuse. Comme ça que j'ai lu &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/05/21/Daniel-Sada-L-odyssee-barbare&quot;&gt;&lt;em&gt;L'odyssée barbare&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, comme ça que j'ai lu &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/02/22/Onuma-Nemon-Roman&quot;&gt;&lt;em&gt;Roman&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, comme ça que j'ai lu &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/7-tentatives-de-metaphores-cycliques-pour-saisir-lacher-Pont-de-l-Alma-de-Julian-Rios&quot;&gt;&lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. Ça veut pas dire que je décroche pour autant, ça veut pas dire que je passe à côté du texte. Juste que le texte, justement, m'a poussé en dehors de mes retranchements et m'a laissé quelque part noir d'une contrée vide que je connais pas. Quelque part comme l'insomnie. Car &lt;a href=&quot;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article16&quot;&gt;&lt;em&gt;« Où que je sois encore...&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; vient d'Insomnie (majuscule) : comme si c'était le nom d'une île, d'une ville ou d'un pays à part.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/ouquejesois.jpg&quot; alt=&quot;ouquejesois.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;ouquejesois.jpg, aoû 2010&quot; /&gt;

&lt;blockquote&gt;Je suis à la dictée, attendre le prochain mot que la nuit me jettera. J'entends chaque modulation des voix comme les mouvements mêmes de cet effacement : la nuit qui s'abat après m'avoir frôlé remplace l'histoire, et l'oubli, et le reste – et les corps, et la chute des corps, et dans les voix qui montent, c'est la nuit qui se lève, noire, évidente, ininterrompue. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
Arnaud Maïsetti, &lt;em&gt;« Où que je sois encore...&lt;/em&gt;, Seuil Déplacements, P. 20.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;em&gt;« Où que je sois encore...&lt;/em&gt; est une nuit. De 21h38 le soir à 7h57 le lendemain matin. La silhouette qui traverse cette nuit ne dort pas. Il est « à la dictée » des voix qui remontent depuis les rues, à la verticale des immeubles, et qui l'habitent. À la dictée.


&lt;blockquote&gt;De nouvelles vagues de moutons viennent s'échouer contre moi, et disparaître successivement en silence sous les murs de la chambre. Je me retourne dans le lit en tous sens pour chercher quelque chose : le sommeil, la clé opaque des nuits blanches, et puis toujours : le décompte qui n'en finit pas. Je suis serial killer, tuer le temps à mesure qu'il passe devant moi, m'enfoncer dans l'heure qui ne passe plus que pour moi, les secondes comme des haltères accrochés à chacun de mes cils. Je dis bien à chacun de mes cils.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P. 60&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Ces voix portées par le soir (puis par la nuit) sont prétextes aux fictions : fictions minuscules qui se croisent et s'interchangent sans même se connaître. Ces fictions désignent (esquissent, abritent) la forme d'une ville : une ville fantôme : de nuit : de noir vêtue : cousue d'immeubles et même d'ombres portées.

&lt;blockquote&gt;Un soir, il y a près de quatre mois – novembre : peut-être le premier novembre, ou le deux – alors que je rentrais chez moi. Au moment de pousser la porte de mon immeuble – j'ai vu un homme marcher dans le noir, et je n'ai pas su s'il venait vers moi, ou s'il s'en allait, ne distinguant de lui qu'une silhouette informe et enveloppée dans l'ombre par l'ombre des murs qui l'entouraient et allaient sans doute l'engloutir d'une seconde à l'autre – quand il aurait passé la limite de lumière que couvrait le réverbère : je l'ai suivi des yeux un certain temps, attendant, je ne saurais dire pourquoi, qu'il disparaisse ; et fasciné par sa lenteur, sa majesté lumineuse et tenace au milieu du vide de la nuit agonisée, je le vis s'arrêter  encore plus lentement qu'il s'était avancé – il était de dos – tête baissée, son chapeau vissé sur le crâne, bras ballants le long de son corps – il releva la tête, et se tourna, me regarda ; et je vis ses yeux à cinquante pas de la porte devant laquelle je me tenais, me croyant protégé par la nuit, son regard me dévisager et fouiller en moi mes entrailles même, l'ombre au-dessus de lui barrait son visage comme une cicatrice, mais je pus voir si clairement son regard que j'en ai oublié la couleur de ses yeux ce soir-là (…)
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P. 115-116&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Ethan (le souvenir d'Ethan) marque un point où le texte bascule : c'est une des ombres traversées dans le livre et c'est un passeur. Il porte littéralement les corps qu'il rencontre jusqu'au bout de la nuit. 

&lt;blockquote&gt;Quand je traîne le soir, je cherche un corps tombé sur le sol que je pourrais hisser sur mes épaules et emporter plus loin. Toi, tu me connais bien – tu sais que je suis de la race de ceux qui n'ont rien inventé, rien trouvé. Quand je suis né, les continents étaient déjà tous découverts, tous recouverts de villes. On n'avait plus besoin ni de boussoles ni de bateaux ; les mers étaient toutes nommées. Moi, je suis de la race de ceux qui ne parlent pas de langue ; je n'en parle aucune, je cherche les gens qui marchent dans la rue – je fouille, je lèche le sol, les trottoirs et les murs sur lesquels je marche, en attendant la chute : celle des corps, de la nuit, du reste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P. 162&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

L'image est tellement fragile qu'on s'y accroche : on s'y accroche pour soi-même traverser la nuit, celle d'Insomnie, celle d'&lt;em&gt;« Où que je sois encore..&lt;/em&gt;. Pour ça aussi que le texte est un four sans veilleuse : dense, il n'est composé que de deux paragraphes d'environ 80 pages chacun. Pour ça que le passeur s'impose : pour qu'on ne tâtonne pas tout seul. 

&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;Tâtonner le noir&lt;/em&gt;, les yeux ouverts, prêt.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
Postface, P.190&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;em&gt;L'odyssée barbare, Roman, Pont de l'Alma&lt;/em&gt; : je les ai rangés après lecture, non pas sur leurs rayons, au nom de l'auteur correspondant, mais dans un rayon autre, parallèle, masqué dans la renfoncement du mur, qui est celui des relectures « prochaines, souhaitables et à venir ». Ici aussi que je pose momentanément &lt;em&gt;« Où que je sois encore...&lt;/em&gt;. Lire sans verres impose la relecture. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.arnaudmaisetti.net/&quot;&gt;Site d'Arnaud Maïsetti&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.arnaudmaisetti.net/spip/spip.php?article16&quot;&gt;Lecture à la galerie Mycroft&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'autres voix dans la nuit :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://remue.net/spip.php?article2657&quot;&gt;Remue.net&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.t-pas-net.com/libr-critique/?p=1068&quot;&gt;Libr-critique&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://lespasperdus.blogspot.com/2008/02/o-que-lon-soit-encore.html&quot;&gt;Les pas perdus&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://blog.lignesdefuite.fr/post/2008/03/19/relever-la-nuit&quot;&gt;Lignes de fuite&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://nemolivier.blogspot.com/2008/03/imaginer-ne-pas-dormir.html&quot;&gt;Une voix parvient à quelqu'un dans le noir&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Dernier jour</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/20/Dernier-jour</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f395ef8b2db67ea8ee902bfbfb45fdb7</guid>
    <pubDate>Fri, 20 Aug 2010 21:26:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Boulot</category><category>Carnet de bord</category><category>Prudhommes.rtf</category>    
    <description>    Dernière entrée &lt;em&gt;Prudhommes.rtf&lt;/em&gt;, j'écris : J-0 = Jour J. J'en viens. J'ai fermé la porte du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/11/19/Broutille&quot;&gt;taf&lt;/a&gt;. Rendu mes clés, mon badge. Repars avec peu de bribes de mon passage ici : un post-it détaillant les lignes directes de chacun (et leurs noms), un mug offert par le chef &lt;em&gt;many months ago&lt;/em&gt;, des stylos tatoués au logo de la boite. J'ai pas vraiment l'impression de jamais revenir. Plus tard, &lt;em&gt;back home&lt;/em&gt;, constater que mes accès mails ont disparu : là que je comprends vraiment que j'y suis plus. La dernière entrée &lt;em&gt;Prudhommes.rtf&lt;/em&gt; sera pas la dernière. Je poursuis le truc encore un peu. Jusqu'où, encore, je sais pas. Aux prudhommes, je crois (je sais), je n'irai pas. Mais le fichier, lui, ouais, reste. Peut-être, au bout, une fois la boite broyée, foutue, en faire quelque chose, en faire quelque chose de bien, quelque chose de mieux, au fond, que ce qu'il s'est réellement passé, passé depuis deux mois que ça &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique&quot;&gt;dure&lt;/a&gt;, et que ça ose durer.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Guillaume Vis</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/18/Guillaume-Vis</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a3be843800111f35fa32ddd5f87a530d</guid>
    <pubDate>Wed, 18 Aug 2010 19:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>David Menear</category><category>Paris</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/cacaaaaaaaa.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.cacaaaaaaaa_sq.jpg&quot; alt=&quot;cacaaaaaaaa.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;cacaaaaaaaa.jpg, aoû 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Au début, presque tout début du &lt;em&gt;Journal des sens&lt;/em&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/David%20Menear&quot;&gt;David Menear&lt;/a&gt; fait encore des listes, il écrit encore des mots découpés par des tirets incohérents. Les premières entrées du JdS ne sont pas datées.

&lt;blockquote&gt;J'ai-me rien. Exceptions : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

- épaules de mec vues derrière, tâches de rousseur &lt;br /&gt;
– vendeur des fruits du métro, gueule-de-cheval, celui qui hurle&lt;br /&gt;
- prénom E-tienne&lt;br /&gt;
- chier dans l'herbe verte&lt;br /&gt;
femme sur le trottoir dimanche, sabre le champagne et boit &amp; bave sur les parechocs des bagnoles&lt;br /&gt;
pieds nus, perdue à St-La-zare.&lt;br /&gt;
- écrire le journal d'un autre (trouver nom fictif adé-quat comme « Guillaume Vis » mais mieux) pour y fixer mes hontes&lt;br /&gt;
- &lt;em&gt;Cherchez le garçon&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
 David Menear, &lt;em&gt;Journal des sens&lt;/em&gt; Vol 1, p. 24.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Enterre les monstres</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/17/Enterre-les-monstres</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1390de32d305d839fee82f7f0ae656a1</guid>
    <pubDate>Tue, 17 Aug 2010 19:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Boulot</category><category>Lucien Suel</category><category>Olivier Rolin</category><category>Quentin Compson</category><category>Train</category>    
    <description>    J'attends une demi-heure en gare de C. que le train reparte. En profite pour écouter le premier épisode du &lt;a href=&quot;http://www.franceculture.com/emission-voyage-en-transsiberien.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Voyage en Transsibérien&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; d'Olivier Rolin sur France Culture (podcast d'&lt;a href=&quot;http://www.franceculture.com/emission-voyage-en-transsiberien-olivier-rolin-14-2010-08-16.html&quot;&gt;hier&lt;/a&gt;). Écouteurs vissés près des tympans, n'entends plus rien du monde (le vrai). Les pieds collés au ciment, sur le quai, le train fixe et les rails secs, j'entends pourtant les rails taper, le train filer vers l'est : mais c'est pas le même : l'audio remplace le son. Je &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/15/Kinzoute&quot;&gt;termine&lt;/a&gt; aussi &lt;em&gt;Les versets de la bière&lt;/em&gt;, qui me rappelle &lt;em&gt;Cambouis&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/07/Antoine-Emaz-Cambouis&quot;&gt;l'année dernière&lt;/a&gt;.

&lt;blockquote&gt;on possède un jardin secret --- la lune n'a pas de profil --- tous les nombres premiers sont ex aequo --- la vie ne tient qu'à un fil --- on peut vendre son sang au détail dans certains pays --- les soldes se déroulent pendant les jours fous fous fous --- on enterre les monstres à six pieds sous terre --- un entrepreneur de démolitions entasse des briques dans son bas de laine --- on fait le plein de larmes aux pompes funèbres --- l'infarctus du myocarde est provoqué par la thrombose des artères coronaires&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Lucien Suel, &lt;em&gt;Les versets de la bière&lt;/em&gt;, Dernier Télégramme, P.151.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

En lisant besoin de placer des voix, des sons, sur les paroles papier (exemple : &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/10/Quentin-Compson-1&quot;&gt;Quentin Compson est Chet Baker&lt;/a&gt;) ; en écoutant parler, lire, digresser Olivier Rolin besoin de placer un corps (une image) entre ses sons : j'y vois Brian Cox. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Olivier Rolin a une belle phrase pour parler des notes à la volées qu'il prend à même le train, des brouillons fracturés de l'écriture, il dit : « comme un sismographe ».  Je pense effectivement que la nature des notes que je rassemble actuellement via le fichier &lt;em&gt;Prudhommes.rtf&lt;/em&gt; correspond à cette métaphore. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Boulot&quot;&gt;Boulot&lt;/a&gt; (ou &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique&quot;&gt;ce qu'il en reste&lt;/a&gt;) : les jours de la dernière semaine blanche s'écoule lentement (J-3) et les métros, les trains, sont bien vides à 15h, bien plus qu'ailleurs.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Kinzoute</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/15/Kinzoute</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:940f184132f8b01b06d18f853890a080</guid>
    <pubDate>Sun, 15 Aug 2010 15:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Boulot</category><category>Coup de tête</category><category>Fuir est une pulsion</category><category>Lucien Suel</category><category>MacBook</category><category>Prudhommes.rtf</category><category>Publie.net</category><category>Vide</category>    
    <description>    Faut que je m'entraîne à jouer du Kinzoute : quelques semaines de vacances blanches m'attendent. J'en ai eu la confirmation hier ou vendredi, la semaine de boulot qui arrive sera &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/11/Retour&quot;&gt;bien&lt;/a&gt; ma dernière. J'ai quelques papiers à remplir, quelques têtes à vider et simplement faire semblant d'être là (et y être). 

&lt;blockquote&gt;Je réponds à l'enquête lancée par Christophe Petchanatz : « Pourquoi j'écris ? ». J'écris d'abord pour dissimuler ce que je pense réellement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
Lucien Suel, Versets de la bière, Dernier télégramme, P. 37.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Je pense occuper ma semaine en recopiant les récentes lettres recommandées AR reçues dans le cadre de ce licenciement à peu près propre pour les ajouter au &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique&quot;&gt;fichier&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Prudhommes.rtf&lt;/em&gt; dont il est probable que je ne fasse rien.

&lt;blockquote&gt;on est grave --- on est franchement ringard --- on a le cerveau lavé bien profond --- on se regarde dans la glace --- on déborde sur les côtés --- on se fait son petit chorus pour la célébrité --- on se baigne dans l'eau recyclée régénérée réoxygénée --- les poissons aveugles stagnent à la sortie des égouts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P. 56&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

J'ai récupéré mon MacBook vendredi. Passé le week-end à faire des transferts de données, à réinstaller ce qui ne l'était plus. Le mac est neuf ou quasiment. J'ai gagné presque un an d'utilisation matériel en tapant dessus &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/21/Crash&quot;&gt;l'autre jour&lt;/a&gt; : c'est mal, oui (oui mais l'avait bien cherché).

&lt;blockquote&gt;Je ne crains pas l'ennui, ni l'adversité, n'attends rien des mutations de la société.&lt;br /&gt;

Je compare le terreau de mon jardin et la matière interstellaire. La mort des étoiles produit des atomes qui produiront d'autres étoiles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P.60&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

J'ai repris hier les relectures et corrections de &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; partie 3. Il n'y a rien (&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/18/Nickel-2&quot;&gt;de neuf&lt;/a&gt;) à en dire. Ma &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/18/Potable-3&quot;&gt;deadline initiale&lt;/a&gt; a été compromise par le crash du MacBook et reportée d'un mois. Je me fixe à présent fin septembre pour finir. Après se poser la question du qu'en faire et du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Manuscrit&quot;&gt;où&lt;/a&gt; l'envoyer.

&lt;blockquote&gt;Avril 1997, Pays de Galles, liste des pubs dans lesquels j'ai bu des peintes de bière :&lt;br /&gt;

The Holly Bush (St Hillary, The Tavern, Mulligan's, King's Cross (Cardiff), Victoria Inn (Pen-y-Bont), Plough &amp; Harrow (Nash Point)&lt;br /&gt;

O'Neill's, The Angel, The Pheasant (Bridgend), The Sawyer's Arms, Malsters Arms (Maesteg), Harry Ramsden's (Cardiff) ; c'est dans celui-ci que j'ai remporté le Harry Ramsden's Challenge : Avaler entièrement un gigantesque fish &amp; chips.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P. 68&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

J'ai l'impression de prendre le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/category/Journal&quot;&gt;Journal&lt;/a&gt; à l'envers : je n'y consigne pas ce que j'ai pu faire, j'anticipe sur les jours, semaines à venir. Des fois même je pipotte, je joue du Kinzoute, je remplis des vides. Je traverse aussi l'étonnant journal (1986 – 2006) de Lucien Suel, et donc il me traverse aussi. J'ai besoin d'autres journaux encore pour mieux vivre d'autres vies. Prochainement, une fois Omega Blue terminé et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/17/Noms&quot;&gt;Fuir est une pulsion&lt;/a&gt; ouvert, je mettrai en ligne les archives du Journal préparées initialement pour &lt;a href=&quot;http://www.publie.net&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;. Une version compilée 2006-2008, ni plus fictive ni moins fausse que la version actuellement en ligne, mais légèrement réécrite et réorganisée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/index.php?2010/07/17/960-jour-957&quot;&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/juillet10/17-07-10.jpg&quot; width=575&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Retour</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/11/Retour</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:213cff8b99752ad80cc3b13d0ba37807</guid>
    <pubDate>Wed, 11 Aug 2010 17:58:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audio</category><category>Boulot</category><category>Félix Fénéon</category><category>Le Mans</category><category>MacBook</category><category>Martine Sonnet</category><category>Matriochkas</category><category>Morlaix</category><category>Pierre Guyotat</category><category>The Divine Comedy</category><category>Vacances</category>    
    <description>    à l'envoyeur. Les vacances sont terminées. Avons quitté &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/08/21/318-s-ils-te-mordent&quot;&gt;Morlaix&lt;/a&gt; ce matin 7h30. Arrivé &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Le%20Mans&quot;&gt;au Mans&lt;/a&gt; quatre heures plus tard. On y retrouve les parents de H. pour déjeuner à l'Auberge des 7 plats, notre restaurant favoris au Mans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/10/03/345-au-mans&quot;&gt;quand on y était&lt;/a&gt;. Avant de les retrouver un tour dans la ville pour constater que 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;div class=&quot;matriochka1&quot;&gt;a) rien n'a changé depuis deux ans
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
b) la ville entière est enfermée dans l'air de Divine Comedy (&lt;em&gt;Count Grassi's Passage Over Piedmont, A Lady of a Certain Age&lt;/em&gt;) , comme une éponge relâche sa sueur quand on l'écrase (métaphore 1), comme une armoire de vieux enferme sur les vêtements de vieux qu'elle contient une odeur idem (métaphore 2) et ça ne me déplaît pas forcément de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/06/06/508-syndrome-de-judy-garland&quot;&gt;réentendre&lt;/a&gt; ces airs, faire résonner ces rues : 
&lt;em&gt;Go back from whence you came...&lt;/em&gt; 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;center&gt;
&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/D-buIFGJLyQ&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/D-buIFGJLyQ&amp;amp;hl=fr_FR&amp;amp;fs=1&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;
&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
c) la librairie L'herbe entre les  dalles que je fréquentais à l'époque non seulement n'a pas fermé, comme je l'avais craint un moment, mais en plus s'est agrandie, déménagée de la rue des Ponts Neufs, sombre, étroite, minuscule, à la rue de Rostov sur le Don (voisine), plus large et plus passante. J'y trouve deux livres cherchés en vain à Brest et Morlaix (les &lt;em&gt;Nouvelles en trois lignes&lt;/em&gt; de Félix Fénéon et &lt;em&gt;Formation&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Pierre%20Guyotat&quot;&gt;Pierre Guyotat&lt;/a&gt; en poche) ainsi que &lt;em&gt;Atelier 62&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.martinesonnet.fr/blogwp/&quot;&gt;Martine Sonnet&lt;/a&gt;, trouvé par hasard et acheté dans la foulée. &lt;/div&gt;

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Plus tard retour Y., 16h30, les vacances sont terminées. Dans la boîte au lettre un avis de passage, courrier recommandé AR, qui m'annonce très certainement mon licenciement, dernier jour de travail fixé au 20 août. J'irai le prendre demain. Vendredi virée Paris, Apple, Carrousel du Louvre, pour y chercher mon &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/28/Cache&quot;&gt;MacBook réparé&lt;/a&gt; : ils ont appelé hier : ils ont changé le disque dur (comme prévu) ainsi que la carte mère et le topcase (pas prévu). Lundi entamerai ma &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique&quot;&gt;dernière&lt;/a&gt; semaine blanche de boulot. J'irai &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/12/24/Gomme&quot;&gt;sans âme, comme un somnolent&lt;/a&gt; (et c'est prévu).</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Accident de personne approche</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/10/Accident-de-personne-approche</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:68e02bb3ff47479c23efca9a9800120f</guid>
    <pubDate>Tue, 10 Aug 2010 18:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Accident de personne</category><category>Carnet de bord</category><category>Twitter</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/inderditde.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/.inderditde_t.jpg&quot; alt=&quot;inderditde.JPG&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;inderditde.JPG, aoû 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Accident%20de%20personne&quot;&gt;&lt;em&gt;
Accident de personne&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est un projet minuscule de longue haleine. Initialement j'envisageais une mise en ligne pour septembre 2009. Cette prévision a glissé, on pourra sans doute la reporter, finalement, un an plus tard, c'est à dire bientôt.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

J'avais dans l'idée qu'il me fallait une centaine de fragments pour pouvoir commencer à travailler la sélection, l'épuration et la réécriture. Plus de six mois après l'avoir &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/15/Accident-de-personne&quot;&gt;imaginé&lt;/a&gt;, je me retrouve avec quasiment le double de fragments, à savoir 186. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je sais comment les choses vont évoluer : il faudra à un moment donné marquer un point final aux prises de notes sauvages telles qu'elles sont exercées depuis une quinzaine de mois : ce point final viendra le 20 août, terme de ma &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique&quot;&gt;dernière&lt;/a&gt; semaine de boulot. Au-delà de cette date la pratique des transports en commun ne sera plus quotidienne et le train me sortira de la tête, fort logiquement. Ensuite j'écumerai les fragments actuels pour n'en garder que 150 ou quelque chose comme ça (c'est déjà 50 de plus que prévu initialement). La publication étant prévue à rythme régulier sur &lt;a href=&quot;http://www.twitter.com&quot;&gt;Twitter&lt;/a&gt;, ça me permettrait de publier sur un mois cinq fragments par jour, et c'est un bon chiffre. La mise en ligne devrait donc pouvoir être effectuée en septembre-octobre, d'autant plus que ce travail ne m'empêchera pas de poursuivre &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20t%C3%AAte&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; en parallèle. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

J'ai aussi prévu d'y intégrer une série d'interviews croisées de suicidés ratés, elle traversera le texte. Une seule question : pourquoi la mort ? Ensuite les suicidés répondent. Ce serait sympa de disperser ces échanges au fil des fragments, peut-être les concentrer sur un jour dans la semaine, à voir.

&lt;blockquote&gt;Quelques exemples :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;#156&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;

Q: Pourquoi la mort ? / R: car quand ils se marrent c'est moi qu'ils matent / Q: qui ils ? / R: trop&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;#170&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;

Q: Pourquoi la mort ? / R: car plus j'essaye, moins ça marche&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;#176&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;

Q: Pourquoi la mort ? / R: pour m'y tremper la tête&lt;/blockquote&gt;

Avant d'aborder cette mise en ligne, il me manquait également la possibilité de pré-enregistrer mes twitts, afin d'organiser à l'avance et à heure fixe la publication des fragments. Depuis, le problème a été résolu, puisque &lt;a href=&quot;http://www.tweetdeck.com/&quot;&gt;TweetDeck&lt;/a&gt; offre cette fonctionnalité. Le seul bémol avec cette méthode, et H. a raison de me le faire remarquer, c'est que je ne suis pas du tout au cœur du processus, je perds en spontanéité, avec un texte qui aura mis plusieurs mois et plusieurs phases d'écriture pour arriver à maturation. Quelque part, comme projet Twitter, c'est presque un contresens. Mais admettons.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Restera ensuite à vendre le truc et s'assurer qu'il sera lu et suivi. C'est bien ce qui m'emmerde le plus mais faudra faire, faudra même mieux que faire. Je sais pas encore si j'ouvrirai une page &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com&quot;&gt;Facebook&lt;/a&gt; à part, c'est à voir. L'idéal, c'est que ces fragments-suicides soient retwittés un max afin que le texte circule. Alors pour ça faudra que ce soit nickel et que la « promo » soit bien faite.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Tête blanche</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/09/Tete-blanche</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:faba03e269a9c5526a1389d5e60ca0ba</guid>
    <pubDate>Mon, 09 Aug 2010 11:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>H.</category><category>Jeu vidéo</category><category>Vide</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/DonQ.jpg&quot; alt=&quot;          &quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;          , aoû 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

H. a pris une photo de moi, sur la plage de Carantec (la plage était vide, 21h, vide, juste de la roche et du sable, des algues, et nous deux face au vide), retourné vers la mer, de dos, photo sur laquelle je n'ai pas de visage. Sur la photo ma tête s'ouvre, ligne simple verticale, s'ouvre comme un placard, déverse pièces tordues et mécanismes, engrenages, rouages encrassés qui se jettent à la mer et puis fondent. J'ai touché la mer, bout du doigt, elle était froide. Une vague immense a fait un trou dans l'image, a recouvert le corps, et m'a conduit dans une réalité parallèle dans laquelle&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


a) j'avais un visage et&lt;br /&gt;

b) j'étais mort
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je portais &lt;a href=&quot;http://www.creativeuncut.com/gallery-01/art/cc-serge1.jpg&quot;&gt;des chaussettes roses&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/10/01/343-du-noir-et-blanc-a-la-couleur&quot;&gt;une grande aventure&lt;/a&gt; m'attendait. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Le soir même, extrait page blanche de mon &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/category/Journal&quot;&gt;Journal&lt;/a&gt; habituel : « Aujourd'hui arrivé en Afrique. Je n'ai spécialement rien à en dire ».</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Perros-Guirec</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/07/Perros-Guirec</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b5a9db0c5717998aaab88e683214859e</guid>
    <pubDate>Sat, 07 Aug 2010 10:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>H.</category>    
    <description>    Hier.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/100_2325.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.100_2325_m.jpg&quot; alt=&quot;100_2325.JPG&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;100_2325.JPG, aoû 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je suis venu une seule fois à Perros-Guirec auparavant, c'était avec mes parents, j'avais seize ans et j'ai rien vu, rien su, rien avalé. La veille, au téléphone, dans une cabine perdue quelque part proche &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/07/16/167-journee-a-la-pointe-du-van&quot;&gt;Pointe du Van&lt;/a&gt;, H. me disait je t'aime et c'était le premier. Alors Perros-Guirec, le lendemain, est aveuglé par une phrase fixe et blanche qui me décape la tête et répète juste « il m'a dit qu'il m'aimait ».</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Je ne veux pas perdre mon boulot</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/08/03/Je-ne-veux-pas-perdre-mon-boulot</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:596277b0f603a30cc85c0b4e3300d104</guid>
    <pubDate>Tue, 03 Aug 2010 14:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Boulot</category><category>Kathy Acker</category><category>Littérature</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/quichotte.jpg&quot; alt=&quot;quichotte.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;quichotte.jpg, aoû 2010&quot; /&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;Au bout de la nuit lorsque le matin fut sur le point de commencer, les chiens chantèrent&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;

C'est toi, monde pourri. C'est vous tous mes souvenirs, le monde : qui s'achève à présent.&lt;br /&gt;
« C'est vous mère et père qui n'aviez pas envie d'enfant. Père, tu as abandonné ma mère quand elle était enceinte de moi de trois mois. Mère, comme tu avais trop la trouille pour te faire avorter tu t'es contentée de me haïr toute ma vie parce que j'étais la raison pour laquelle ton amant t'avait abandonnée. C'est toi qui n'aurais jamais dû procréer.&lt;br /&gt;
« C'est toi, vie broyeuse de gratte-papier. C'est vous, patron, Bonjour, patron, je veux dire &lt;em&gt;Monsieur&lt;/em&gt;, je vous en prie pardonnez-moi, &lt;em&gt;Monsieur&lt;/em&gt;, je vous en prie je vous en prie pardonnez-moi, &lt;em&gt;Monsieur&lt;/em&gt;.  Je ne veux pas perdre mon boulot, car je n'ai trouvé d'autre sens à ma vie. Par conséquent je serai ce que vous voulez que je sois : je n'existerai pas. Je je, je ne n'existerai pas. Tout ce que vous voudwez, Patwon, mais je sais, Monsieur Patwon, que je fais jamais 'ien cowectement je suis juste bonne-à-'ien, une vieille pute imbécile, qui labou'ben son champ. Vous savez, je suis follement amouweuse de vous. Je ferais nimpo't quoi pour vous bécoter la bite, Patwon. Je ne devrais pas pa'ler comme ça. Je suis vilaine. Je suis twès twès vilaine. Ah pour suce vous êtes un bon patwon, Monsieur, passque vous savez comment me maltwaiter cowectement, et c'est tout ce que je méwite cowectement ; certains patwons dont je ne mentionnewai pas le nom – en fait ils se compo'tent comme si j'étais une waie personne. À vous on ne vous la fait pas, Monsieur.&lt;br /&gt;
« C'est toi, ville. Marché du monde, à savoir, de toutes les représentations. Puisque tu es la seule demeure que j'aie jamais connue, sans ta représentation ou déformation de moi je n'existe pas. À cause de toi, puisque chaque enfant a besoin d'un foyer, chaque enfant est dorénavant un esclave blanc.&lt;br /&gt;
« Ville, ma propriétaire. Quand tu attends de moi de la douleur, tu me jettes, parmi tes clodos et les proxo-crapauds qui brandissent des shooteuses pareilles aux chevaleresques épées des temps antiques ou romantiques. Quand tu attends de moi de la joie, tu me rends célèbre, car je suis le bébé, tu es mon seul parent, et la gloire et ton sein.&lt;br /&gt;
« Ville ma parente, car je n'ai d'autres parents.&lt;br /&gt;
« Laisse-nous tes enfants meutes de chiens sauvages vagabonder dans tes rues à la recherche du premier venu qui aura l'air mangeable.&lt;br /&gt;
« Pour nous, qu'est-ce que la &lt;em&gt;pureté&lt;/em&gt; ? Qu'est-ce que l'&lt;em&gt;idéalisme&lt;/em&gt;, monde ? Les entailles et les taillades de notre sang elles fendent les cieux de l'amour. Par conséquent ceci est notre histoire. Ce que vous appelez &lt;em&gt;histoire&lt;/em&gt; et &lt;em&gt;culture&lt;/em&gt; est la négation de notre sang qui gicle.&lt;br /&gt;
« Au revoir, &lt;em&gt;Don Quichotte&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;
Les chiens hurlèrent.&lt;br /&gt;
Ce sont tes mots, ville. &lt;em&gt;Pureté. Idéalisme&lt;/em&gt;. Ta vision est la vision de la fin du monde. Ton monde de propriétaires est le monde de la mort, hurlèrent les chiens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Kathy Acker, &lt;em&gt;Don Quichotte&lt;/em&gt;, Editions Laurence Viallet, trad : Laurence Viallet, P. 209-210.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Cache</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/28/Cache</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:004e66e211bee750265e89dbb9036384</guid>
    <pubDate>Wed, 28 Jul 2010 16:50:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Boulot</category><category>Carnet de bord</category><category>Macbook</category>    
    <description>    Lorsque lundi le disque dur, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/21/Crash&quot;&gt;précédemment crashé&lt;/a&gt;, ensuite extrait du MacBook et placé dans un boitier vierge, a décidé d'allumer ses loupiottes DATA et est apparu sur le MacBook de H. prêté pour l'occasion, les fichiers copiés de suite en priorité ont été les suivants (dans leur ordre d'importance) :
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
- 550 pages de journal quotidien non mis en ligne &lt;br /&gt;
- le fichier &lt;em&gt;Livre des peurs primaires&lt;/em&gt; comprenant la totalité des 171 fragments écrits jusqu'à ce jour, y compris les 30 encore non &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;mis en ligne&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;
- le fichier&lt;em&gt; Accident de personne&lt;/em&gt; reprenant les 130 fragments écrits jusqu'à ce jour, également éparpillés dans mes iPod / iPhone respectifs &lt;br /&gt;
- le fichier &lt;em&gt;Prudhommes.rtf&lt;/em&gt; qui me servira vendredi a récapituler la procédure actuelle lors de mon entretien préalable a un licenciement &lt;br /&gt;
- la dernière version de &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; intitulée 18-07-10 (all) 3 qui contient les dernières corrections du texte&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Depuis lundi : je respire. Depuis lundi : je fais des sauvegardes.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Crache</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/25/Crache</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b2b32e613387ae5ec5a21cf8aeb06e98</guid>
    <pubDate>Sun, 25 Jul 2010 13:14:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Coup de tête</category><category>Macbook</category><category>Prudhommes.rtf</category>    
    <description>    Si j’en crois les génies d’Apple, le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/21/Crash&quot;&gt;crash du Macbook&lt;/a&gt; concernerait soit le disque dur, soit la carte mère, soit les deux. La garantie court jusqu’à fin septembre, je n’ai donc pas à me soucier du remplacement matériel. Ce qui me tord la tête, encore, c’est bien la question de la récupération des données.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.topatoco.com/merchant.mvc?Screen=PROD&amp;Store_Code=TO&amp;Product_Code=ASW-TERRIFIED-SHIRT&amp;Category_Code=ASW#pic&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/asw-terrified-big.gif&quot; alt=&quot;asw-terrified-big.gif&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;asw-terrified-big.gif, juil 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Après avoir tout essayé cette semaine et ce week-end qui était à ma portée, ne reste plus l’option, vraisemblable, d’une récupération chez des professionnels de la récupération. Autrement dit : ça fait ch(i)er. Et c’est cet entre-deux usant qui me retourne le crâne : entre l’absence de ces données et la possibilité d’une récupération possible : si tout espoir était perdu, au moins, dans ma colère, je n’aurais d’autre choix que de me plonger devant et me remettre petit à petit dans les mots. Mais ce n’est pas possible. &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; est en arrêt complet. Tant que je n’aurais pas fait une croix sur la possibilité de récupérer la dernière version finalisée &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/18/Nickel-2&quot;&gt;le week-end dernier&lt;/a&gt;, je ne pourrais pas le reprendre. Je ne pourrais donc pas tenir mes propres deadlines persos. Et je ne parviens pas à me mettre en conditions pour écrire autre chose : pour m’occuper la tête le temps de résoudre cette mécanique qui déraille.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le cas de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique&quot;&gt;&lt;em&gt;Prudhommes.rtf&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est différent. Je l’ai repris hier pour réécrire un mois plus tard ce qui a déjà été entamé. L'exercice est pénible au possible, car je suis incapable de reprendre le texte dans les détails, de là où je me trouve je n’ai maintenant plus que les grandes lignes. Mais je dois “profiter” d’être encore dedans pour recomposer ces dix pages, au cas où la récupération ne donne rien. Au pire, la récupération échoue et je pourrais me rabattre sur cette version de secours. Au mieux, la récupération est un succès et je peux me baser sur deux versions parallèles pour boucler un texte complet. Alors dans le doute je continue de recomposer ces notes, ces drafts, ces fragments pris en cour de route et qui me serviront de base de travail pour un projet futur. Quoiqu’il en soit je n’écris plus rien sur le DD du Dell prêté par H. pour dépanner. Tout fichier ouvert est saisi directement en ligne via Google docs. Je n’ai plus confiance en la mémoire statique. Idem pour les sauvegardes qu’on veut régulières mais qu’on oublie de poursuivre passés quelques mois de prudences. Si tout est en ligne, je risque peu.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Crash</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/21/Crash</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:182454a8ae31a89aa8b117d830f45d96</guid>
    <pubDate>Wed, 21 Jul 2010 16:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Accident de personne</category><category>Coup de tête</category><category>Fuir est une pulsion</category><category>kiss bye boy</category><category>Livre des peurs primaires</category><category>Prudhommes.rtf</category><category>Qu est-ce qu un logement.</category>    
    <description>    Si le crash disque dur du Macbook survenu dimanche &lt;em&gt;après&lt;/em&gt; l'attaque de Rafael Valls dans le &lt;a href=&quot;http://www.lequipe.fr/Cyclisme/Pack/tour-de-france/pack7974.html&quot;&gt;Col de Pailhères&lt;/a&gt; mais &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; le cirque Schleck / Contador dans l'ascension (comme il semblerait que cela se confirme dans les jours qui viennent) et si aucune récupération des données n'est possible, cela signifierait la perte de :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

- 40 pages de corrections &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; effectuées samedi ainsi que toutes les versions intermédiaires effectuées depuis septembre 2009&lt;br /&gt;
- 550 pages de journal quotidien non mis en ligne&lt;br /&gt;
- environ 130 fragments compilés d'&lt;em&gt;Accident de personne&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
- 30 fragments du &lt;em&gt;Livre des peurs primaires&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
- 5 pages de &lt;em&gt;kiss bye boy&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
- environ 10 pages de &lt;em&gt;Prudhommes.rtf&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
- tous les brouillons de tous les machins, écrits ou pensés&lt;br /&gt;
- tous les machins commencés, oubliés et jamais terminés&lt;br /&gt;
- tous les fichiers sources d'Omega-Blue, Qu'est-ce qu'un logement. et Fuir est une pulsion&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

C'est pas vraiment pire que le pire de mes cauchemars mais c'est pas terrible non plus : le pire est sauf (&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; pas mort, &lt;em&gt;Accident de personne&lt;/em&gt; éparpillé dans mes Ipod/Iphone) et toutes les pertes concernent surtout le back office : c'est à dire le labo du texte. Mais à suivre...</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Nickel #2</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/18/Nickel-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:38f9a53dda6bd163a4f81651d0e037df</guid>
    <pubDate>Sun, 18 Jul 2010 12:57:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    J'ai trois jours de retard sur mon planning mental : autant dire que je suis dans les temps (ou presque). Je m'étais fixé le 15 pour clore les relectures de la partie 2 (&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;) et je termine ce matin. Je suis donc dans les temps (ou presque).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


La partie 2 était facile, je le savais avant de reprendre. Mises à part quelques virgules je n'ai pas touché grand chose. J'ai supprimé un peu (bien sûr), j'ai épuré encore le nombre de caractères récalcitrants, mais c'était clair déjà, c'était bien mis. J'ai juste un peu coupé ce qui dépassait derrière. Le prochain objectif, c'est fin juillet : la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/05/Coup-de-tete-3/5&quot;&gt;partie 3&lt;/a&gt;, elle aussi quasiment terminée. Je relirai quand même, pour être sûr. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

En parallèle progresse la mise en page du site fantôme destiné à remplacer Omega Blue. J'ai changé le titre de la catégorie Journal, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/27/Nickel&quot;&gt;comme prévu&lt;/a&gt;, en Journal, etc. ou Journal (est une pulsion, etc.), ce qui revient au même. Dans la version compilation de mes journaux, journaux parallèles, journaux fictifs et journaux bis qui couvrent la période 2006 – 2008, le titre choisi devrait être le suivant : Fuir (journal, etc. 2006 – 2008).</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Juste vivre dans sa tête</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/14/Juste-vivre-dans-sa-tete</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ee1372a158df144e2d7a9bebe8d0411f</guid>
    <pubDate>Wed, 14 Jul 2010 18:59:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Kathy Acker</category><category>Littérature</category><category>Vide</category>    
    <description>    &lt;center&gt;&lt;IFRAME SRC=&quot;http://www.omega-blue.net/14072010.htm&quot; width=600 height=344 frameborder=&quot;0&quot; SCROLLING=&quot;no&quot;&gt; &lt;/IFRAME&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;

&lt;blockquote&gt;Quiconque a le bon sens d'établir son testament ne peut qu'être sain d'esprit. Sa famille était prête à la re-avouer. Ils fondirent en larmes, tant leur coeur était ému.&lt;br /&gt;

Mais don Quichotte était un monstre sans coeur.&lt;br /&gt;
- Voici la preuve que je suis saine d'esprit : &lt;br /&gt;
« AU CHIEN : je lègue tout à mon chien. Je t'en prie, chien, pardonne mon égoïsme ; je t'en prie, par tous les moyens je je t'ai pas compris, car je n'ai pas été assez maligne et je n'ai pas su ce qu'était l'amour. Je te souhaite d'être très heureux pour le restant de tes jours et, de plus, je sais que tu le seras, car tu es fort, patient, avide de comprendre, plus encore que moi, bien que tu sois fou.&lt;br /&gt;
Le chien l'interrompit : « Je ne veux pas que vous vous en alliez. »&lt;br /&gt;
Don Quichotte : « Il faut ce qu'il faut. »&lt;br /&gt;
Le chien : « Vous mourez parce que je ne vous aimais pas. »&lt;br /&gt;
Don Quichotte : « Non. »&lt;br /&gt;
Don Quichotte retourna à ses dernières volontés et enseignements : &lt;br /&gt;
« À MON FILS AVORTÉ : si tu épouses quelqu'un, homme ou femme, qui n'est pas richissime, tu seras dans la dèche. Sinon tu seras dans la dèche.&lt;br /&gt;
« À MOI-MÊME : j'avais tort d'avoir raison, d'écrire, d'être chevalier, d'essayer de faire quelque chose, n'importe quoi : parce qu'avoir un rêve, c'est juste vivre dans sa tête. Être un fanatique te sépare des autres. Si tu es comme tout le monde, tu crois l'opinion commune ou ce qu'on te dit. Qu'y a-t-il d'autre ? Ô néant, je dois avoir des visions, je ne peux avoir de visions, je dois aimer : je dois avoir tort pour écrire.&lt;br /&gt;
Quand elle eut fini de rédiger ces enseignements profonds, étant vieille et épuisée, elle réaffirma sa croyance en l'inexistence de l'amour humain et mourut.
« Pour moi seule tu es né, et moi pour toi. On n'est qu'un, même si on se fait des misères et du mal. Tu es mon maître et je suis la servante ; je suis ta maîtresse et tu es mon serviteur. Je suis malade à en mourir parce que j'ai tenté de t'échapper, amour. Je te cède de tout mon coeur ou esprit. Nul autre remède à la maladie que cette imbrication de nos appareils génitaux. Il n'est pas nécessaire d'écrire ni d'avoir raison vu qu'écrire ou avoir raison c'est créer plus d'illusion : il est nécessaire de détruire et d'avoir tort. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Kathy Acker, &lt;em&gt;Don Quichotte&lt;/em&gt;, Éditions Laurence Viallet, trad : Laurence Viallet, P. 39.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>4</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/12/4</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a214f331feba31449c949204dea30cf8</guid>
    <pubDate>Mon, 12 Jul 2010 22:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>H.</category><category>Kathy Acker</category><category>Sébastien Doubinsky</category><category>Train</category><category>V.</category><category>X.</category>    
    <description>    Déçu par &lt;a href=&quot;http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2010/04/knockin-on-heavens-door-sebastien.html&quot;&gt;&lt;em&gt;Quién es ?&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; Je saurais pas trop dire pourquoi, sinon qu'il traine trop de comparaisons. Et je n'y étais pas. Et ce n'était que quatre-vingt pages pourtant c'était des semaines. Pourtant c'est sans doute un bon truc. Pas un roman, je crois, mais un bon truc.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

17h, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/12/08/387-reperages-coup-de-tete-gare-2&quot;&gt;Gare de Lyon,&lt;/a&gt; j'ai laissé sciemment un mec se gourer de train. Vu qu'il voulait partir vers le nord, savais qu'il se dirigeait vers le sud avec moi, rien dit. Il m'a pas demandé. J'ai vu sur sa gueule, quand il a su qu'il s'était planté et quand il a vu que je le regardais, que moi je savais, que je savais depuis le début. Mais rien dit. J'ai tourné la tête et j'ai regardé ailleurs, indifférent. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://twitter.com/gvissac/statuses/18362726980&quot;&gt;Commencé&lt;/a&gt; le &lt;em&gt;Don Quichotte&lt;/em&gt; de Kathy Acker : voilà un texte que j'aurais rêvé pouvoir étudier il y a trois ans. J'ai repensé à cette conversation, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/27/SDL&quot;&gt;quatre mois plus tôt&lt;/a&gt;, entre X., H. et moi G. sur la question de la littérature féminine. Ce genre de livre ramène vers moi l'idée de littérature féminine. Et au fond ce n'est pas tant que je ne crois pas en l'existence de la littérature féminine : j'y crois : je m'en veux d'y croire : j'adorerais ne pas y croire. Je pense à V. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Retour de H. ce matin, croisé 7h27 sous l'orage. Tu étais très vrai ce matin, H. me dit. Je lui demande si d'après lui c'était dû à la pluie.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Qu'est-ce qu'un logement. 66</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/10/Qu-est-ce-qu-un-logement-66</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7be8e6a0650403ed571b68fcdddad5e1</guid>
    <pubDate>Sat, 10 Jul 2010 11:23:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Boulot</category><category>Carnet de bord</category><category>Qu est-ce qu un logement.</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/.q_sq.jpg&quot; alt=&quot;q.gif&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;q.gif, nov 2008&quot; /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/05/Qu-est-ce-qu-un-logement-65&quot;&gt;Encore évolutif&lt;/a&gt;, le texte enfle : j'ai l'impression qu'ils enflent tous (ceux dont la méthode de composition choisie est le fragment, toujours).  Parce que la question des murs je me la pose encore, parce que les murs je les traverse encore et les lâcherai jamais. Aujourd'hui le fragment 66 est une particule détachable, un trait d'union possible entre &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/fr/ebook/9782814503014/qu-est-ce-qu-un-logement%C2%A0&quot;&gt;&lt;em&gt;Qu'est-ce qu'un logement.&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique&quot;&gt;&lt;em&gt;Prudhommes.rtf&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; qui ne verra jamais le jour.

&lt;blockquote&gt;
&lt;div class=&quot;ecriture-times&quot;&gt;&lt;strong&gt;66&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;J'ouvre les yeux sur des murs pourtant toujours présents mais que je découvre. Des ombres et des paupières entre deux. Désormais seul dans cet espace connu par coeur je me demande encore s'il est mien, s'il m'a apprivoisé (ou bien l'inverse). Je regarde partout dans la pièce, même dans les coins, mais ne trouve pas la réponse. J'écoute sans croire et elle refuse d'y être.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je me souviens d'une nuit passée entre ces murs : une nuit, une seule. Trop tard pour le dernier métro, trop tôt pour repartir. J'ai dormi trois heures dans un fauteuil en cuir. Est-ce qu'une nuit suffit à faire d'un lieu un lieu ? De transformer en murs les cloisons ? Est-ce qu'un lieu où on souffle, un lieu où on souffre, un lieu où ennuie, c'est pas aussi un lieu où on vit quand même ? Je regarde partout dans la pièce, même dans le coins, mais ne trouve pas la réponse.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La réunion des ratés</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/08/La-reunion-des-rates</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ba556fd383bd16e1daf6c480a9bd0bd3</guid>
    <pubDate>Thu, 08 Jul 2010 18:33:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audio</category><category>Edgar Hilsenrath</category><category>Littérature</category><category>Serge Gainsbourg</category>    
    <description>    Plus fort que &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/12/Fuck-America-roman-de-formation&quot;&gt;&lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;Le nazi et le barbier&lt;/em&gt;, sorti cette année chez Attila. Plus fort, plus inégal. « &lt;em&gt;Le nazi et le barbier&lt;/em&gt; fut, trente ans avant &lt;em&gt;Les bienveillantes&lt;/em&gt;, le premier roman sur l'Holocauste écrit du point de vue du bourreau. L'humour (noir) en plus. » (dit la quatrième de couverture). À lire sur fond de &lt;a href=&quot;http://www.paroles-musique.com/paroles-Serge_Gainsbourg-Nazi_Rock-lyrics,p12733&quot;&gt;&lt;em&gt;Nazi Rock&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (dit la quatrième de couverture). La veille d'un Allemagne – Uruguay de Coupe du monde (dit la quatrième de couverture). Au moins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;

&lt;div style=&quot;position: relative; width: 315px; height: 40px; overflow: hidden;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;position: absolute;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; id=&quot;music-widget&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;type&quot; value=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=1394981&amp;skin=round&quot; /&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=1394981&amp;skin=round&quot; wmode=&quot;transparent&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; name=&quot;music-widget&quot; width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img style=&quot;visibility:hidden;width:0px;height:0px;&quot; border=0 width=0 height=0 src=&quot;http://counters.gigya.com/wildfire/IMP/CXNID=2000002.0NXC/bT*xJmx*PTEyMjAzMjU4OTgxNDQmcHQ9MTIyMDMyNTg5OTk1NiZwPTMwODM*MSZkPSZuPSZnPTE=.gif&quot; /&gt;&lt;/center&gt;

&lt;blockquote&gt;Finalement nous avons réussi à dénicher une bonne place debout – non loin de l'autel. En me retournant, j'ai eu un choc : derrière nous, ils étaient des millions.&lt;br /&gt;

« Moi qui pensais... qu'il ne viendrait que les gens de Wieshalle et des environs, j'ai dit à Monsieur Siegfried Stick von Sel. Il y en a d'autres. Beaucoup d'autres ! Je dirais des millions !&lt;br /&gt;
- Presque toute l'Allemagne est réunie, a dit Monsieur Stick von Sel.&lt;br /&gt;
- Presque toute l'Allemagne, c'est-à-dire ?&lt;br /&gt;
- Tous les mécontents, a dit Siegfried Stick von Sel. Ici sont réunis les mécontents de toute l'Allemagne !&lt;br /&gt;
- Les communistes ? »&lt;br /&gt;
Mon ancien professeur d'allemand a secoué la tête.&lt;br /&gt;
« Les autres, il a dit... les autres mécontents. Voyez-vous, il existe un autre mécontentement. Et celui-là le communisme ne pourra jamais le guérir. »&lt;br /&gt;
Monsieur Stick von Sel a eu un petit sourire, puis il a dit :&lt;br /&gt;
« Du moins pas aussi radicalement.&lt;br /&gt;
- Mais qui ? j'ai demandé. Qui peut le guérir ?&lt;br /&gt;
- Adolf Hitler, a dit Siegfried Stick von Sel. C'est lui, le grand guérisseur. »&lt;br /&gt;
Mon ancien professeur d'allemand s'est curé le nez un petit moment, puis il a dit :&lt;br /&gt;
« Ici sont réunis tous ceux qui un jour ont reçu un coup sur la tête, du bon Dieu ou des hommes.&lt;br /&gt;
- Ah d'accord, j'ai dit, c'est ça l'histoire.&lt;br /&gt;
- Oui c'est ça, a dit Siegfriend Stick von Sel, ici c'est la réunion des ratés. Il y a les dégonflés, il y a les lèche-culs professionnels, et d'autres qui ont loupé le coche, soit parce qu'ils manquaient de souffle, soit parce qu'ils n'ont jamais appris à ramper dans les règles de l'art, ou que le cul qu'ils léchaient n'en avait jamais assez.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Mon ancien professeur d'allemand a ricané un petit moment, perdu dans ses pensées.&lt;br /&gt;
« Et bien sûr tous les autres, il a dit, pensif, en me regardant d'un air grave. Comment j'ai dit tout à l'heure ? Tous ceux qui un jour ont reçu un coup sur la tête, du bon Dieu ou des hommes. Les chauves par exemple. Ils sont tous là. Regardez autour de vous : il y a les trop maigres, les trop gros, les trop courts sur pattes, les trop hauts sur pattes, les trop jeunes, les trop vieux, les pervers solitaires, les impuissants, les étrangleurs qu'on a empêché jusque-là d'étrangler, n'autorisant que la caresse ; les hommes à lunettes sont là, les femmes à lunettes sont là, car 'IL' a dit 'LAISSEZ VENIR À MOI LES PETITS ENFANTS'. Mais : ses petits enfants sont frustrés – Oui, c'est ça a dit  Monsieur Stick von Sel, des frustrés. Pas que. Mais quand même. Des qui aimeraient y arriver, mais qui n'y arrivent pas.&lt;br /&gt;
- Mais vous, pourquoi êtes-vous là,  Monsieur Stick von Sel ? j'ai demandé. Pour vous, tout baigne, non ?&lt;br /&gt;
- À cause du poivre, a dit Siegfried von Sel.&lt;br /&gt;
- Quel poivre ? j'ai répondu.&lt;br /&gt;
- Celui que ma femme verse tous les matins dans mon café, a dit Siegfried Stick von Sel en chouinant.&lt;br /&gt;
- Pourquoi elle fait ça ?&lt;br /&gt;
- Aucune idée, a dit Siegfried Stick von Sel.&lt;br /&gt;
- Et il n'y a rien à faire ?&lt;br /&gt;
- Rien du tout, a dit Siegfried Stick von Sel, abattu. Je ne peux rien faire. La nuit je ronfle pour me venger, mais ça ne change rien.&lt;br /&gt;
- C'est affreux, j'ai dit. Et moi qui pensais... quelqu'un avec une belle position comme vous, il a toutes les raisons de sourire. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;center&quot;&gt;Edgar Hilsenrath, &lt;em&gt;Le barbier et le nazi&lt;/em&gt;, Attila, trad:  Jörg Stickan &amp; Sacha Zilberfarb, P. 52-54.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/nazifriseur.png&quot; alt=&quot;nazifriseur.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;nazifriseur.png, juil 2010&quot; /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Symptomatique</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/05/Symptomatique</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:80cce9f180a90812ae32cf0f1106df4b</guid>
    <pubDate>Mon, 05 Jul 2010 20:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Boulot</category><category>Coup de tête</category><category>Vide</category>    
    <description>    Je suis pas triste parce que je perds mon boulot : je suis triste d'avoir à en chercher un autre. Rien n'est vrai, je peux pas encore en parler : disons simplement qu'un fichier nommé Prudhommes.rtf est apparu dans mes docs de travail. D'écriture j'entends.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Et je n'ai plus envie de lire : c'est symptomatique. Écrire, pas mieux. Ça va ensemble. Et c'est pile le moment chaud a négocier : faut enchainer tout de suite avec les relectures de &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; 2 : faut pas attendre. Et faut foncer, foncer juste. Et j'ai que 24 ans bordel, 24 voire 22, c'est la rage que je devrais avoir, c'est violent que je devrais écrire et, pire, composer. Mais ce qui sort c'est juste du vide, du bon &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/09/11/Sinnlos&quot;&gt;sinnlos&lt;/a&gt; en boite sans date de péremption. Je pensais que le taf c'était seulement alimentaire mais non : un bon moyen, 35 heures par semaine au moins, de me détourner de mon identité misérable.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Mais je bosse quand même. Je fais semblant. J'attends de voir filer ces deux derniers mois : ceux censés finir &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;. En espérant ne pas les perdre et perdre encore du temps dans mes errances. En espérant reprendre demain le texte, le seul qui compte, et poursuivre imperturbable son épuration. Hier j'ai commencé. J'ai pas beaucoup coupé.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Publie.net change de peau</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/07/03/Publienet-change-de-peau</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a1151dce80fa4d0935654bdd6cde4e02</guid>
    <pubDate>Sat, 03 Jul 2010 16:49:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Littérature numérique</category><category>Publie.net</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.publie_m.jpg&quot; alt=&quot;publie.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;publie.jpg, juil 2010&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;
Ou plutôt de squelette. Depuis cette semaine &lt;a href=&quot;http://www.publie.net&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;, coopérative d'édition numérique, affiche une nouvelle version, deux ans et demi après son lancement et quelques 300 textes plus tard. Jusque là administré sous Spip, le site passe désormais sous gestion de l'Immateriel. Va donc falloir &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/fr/catalogue/rss&quot;&gt;mettre son flux RSS à jour&lt;/a&gt; pour mieux suivre l'actualité du site puisque la suite est déjà là. La période se prête d'ailleurs aux mutations : avec &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/05/Aussi-sur-l-Ipad&quot;&gt;l'arrivée de l'Ipad&lt;/a&gt;, la lecture numérique est sans doute à un tournant important en France. Alors faut suivre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ci-dessous accès aux deux titres que je propose sur Publie.net :&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://publienet.immateriel.fr/fr/preview_box?id=302&quot;
 frameborder=&quot;no&quot; align=&quot;center&quot; width = &quot;100%&quot; height = &quot;210&quot;
&lt;/iframe&gt;

&lt;iframe src=&quot;http://publienet.immateriel.fr/fr/preview_box?id=303&quot;
 frameborder=&quot;no&quot; align=&quot;center&quot; width = &quot;100%&quot; height = &quot;210&quot;
&lt;/iframe&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La rage, oui, la rage</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/29/La-rage-oui-la-rage</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:71ceb3b749dbd590a78cc24d71895de6</guid>
    <pubDate>Tue, 29 Jun 2010 19:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audrey Lemieux</category><category>Lautréamont</category><category>Littérature</category><category>Littérature numérique</category><category>Publie.net</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/isidoro.jpg&quot; alt=&quot;isidoro.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;isidoro.jpg, juin 2010&quot; /&gt;Lautréamont est le premier poète que j'ai acheté et lu. Pas le premier que j'ai acheté, ni le premier que j'ai lu, mais le premier que j'ai acheté ET lu. C'était y a pas longtemps et j'en avais dix-sept, âge idéal pour le lire. &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article326&quot;&gt;&lt;em&gt;Isidoro&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; retrace par le biais de la fiction une traversée : l'Atlantique et une autre : la traversée à l'intérieur de Doucassé Isidoro, double fictif d'Isidore Ducasse (et Lautréamont son double littéraire). Le Lautréamont du texte est un vampire, un charognard aussi, la bouche en sang. C'est bien ce qui perce et qui accroche : &lt;em&gt;la rage, oui, la rage&lt;/em&gt;. Aujourd'hui à la lecture, sept ans après le vrai, je l'ai aussi la rage (oui, la rage). 

&lt;blockquote&gt;Ils se chamaillaient dans la chambre de Georges lorsqu’Isidore avait eu une idée. Ils joueraient tour à tour à être boucher égorgeur et poulet égorgé. Georges avait endossé le rôle de la victime et s’était étendu sur son lit ; Isidore, du tranchant de la main, avait fait semblant de lui couper la tête et de le saigner. Puis, il avait fait mine de lui arracher les plumes, de le vider, de l’assaisonner. Georges ne pouvait s’empêcher de rire, et Isidore avait dû lui mettre la main sur la bouche. Il ne restait plus qu’à le faire cuire. Georges se tortillait encore de rire, et Isidore sentait ses dents humides contre sa paume. Si tu ne t’arrêtes pas de rire, je te mangerai comme du bouilli froid. Isidore était monté sur le lit et s’était assis sur le ventre de Georges, qui avait enfin cessé de rire – le poids d’Isidore lui écrasait les côtes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Lentement, il s’était penché sur lui – Georges avait-​il cru qu’il allait coller sa langue contre la sienne ? Erreur : il allait le manger, il l’avait prévenu. Il sentait la rage, oui, la rage qui montait en lui. Il avait mordillé le nez de Georges, sa joue, son menton ; ses dents avaient fini par s’enfoncer, avec une lenteur inouïe, dans son épaule. Il avait soudain eu l’impression de résider tout entier dans ses muscles maxillaires, et une envie incontrôlable s’était emparée de lui – il aurait voulu briser les os de l’épaule sous la seule pression de ses molaires, comme font les chiens, mais les cris et les pleurs de Georges s’étouffaient au creux de sa paume, et il s’était ressaisi. Georges, en se relevant, avait ôté sa chemise. Isidore avait été parcouru d’un frisson lorsqu’il avait découvert l’empreinte de ses dents incrustée dans la peau de Georges ; le sang en sourdait encore. Il avait léché la blessure, et avait été surpris : ça goûtait le métal – exactement comme une pièce de cinq francs. Son propre sang n’avait aucune saveur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Audrey Lemieux, &lt;em&gt;Isidoro&lt;/em&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article326&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;, P. 35-36.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Nickel</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/27/Nickel</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6823a675d5b8bc8f15cb030ed827c150</guid>
    <pubDate>Sun, 27 Jun 2010 15:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category><category>H.</category>    
    <description>    De &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/13/Potable&quot;&gt;potable&lt;/a&gt; atteindre nickel : visiblement deux semaines sont nécessaires. La partie 1 de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est enfin bonne pour la casse : pour l'impression. J'ai terminé ce qu'il fallait terminer avant fin juin. Suis dans les temps. Ai même fait lire à H. les passages qui accrochaient encore et j'ai trouvé ce que j'y cherchais : la certitude qu'à part peut-être deux/trois virgules y aura plus rien à modifier.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/nickel.png&quot; alt=&quot;nickel.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;nickel.png, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Les derniers doutes portaient notamment sur l'incipit : le vrai : hors prologue. Comment bien propulser le bonhomme ? Il a fallu pour ça s'arracher les cheveux et changer un mot à la fois par petites touches. Les dernières étapes de transition, entre le week-end dernier et ce week-end, sont les suivantes :

&lt;blockquote&gt;1 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même mouvement. Alors je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

2 -  Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même|
Je pète la porte sans la claquer, avale les marches brûlantes, évite l'ascenseur. Je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
3 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut|
Péter la porte sans la claquer, avaler les marches brûlantes, éviter l'ascenseur : je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.
&lt;/blockquote&gt;

Alors ce qu'on garde c'est l'infinitif. Comme ça que le texte part mieux, comme ça qu'on sent que le truc se propage bien. Après le mouvement est donné et le reste peut suivre.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La chaleur du texte d'ailleurs sort de l'écran pour peser lourd au dernier étage : mis à part les échos saturés de RNB de masse du voisin d'en face (on contre en mettant plein pot par la fenêtre &lt;em&gt;La reine de la nuit&lt;/em&gt; &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x4feuf_florence-foster-jenkins-reine-de-la_music&quot;&gt;version Florence Foster Jenkins&lt;/a&gt;) on n'entend plus que les vibrations des ventilos (tous : les vrais et ceux des ordis qui crachotent). Chaleur qui me ferait presque oublier qu'hier H. m'explique que Fuites chroniques comme titre du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/17/Noms&quot;&gt;prochain blog&lt;/a&gt; ça passe moyen : paraîtrait que ça évoquerait plutôt des fuites urinaires ! Genre beaucoup ?, je lui demande. Genre beaucoup, il répond. Genre pire que &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Les_Gouttes_de_Dieu&quot;&gt;&lt;em&gt;Les gouttes de Dieu&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; ?, je lui demande. Genre presque, il répond. Depuis je ne pense qu'à ça en voyant le titre. Serai sûrement bien obliger de le changer, sans doute en Journal, etc., plus sobre. On n'en est pas encore là mais ce serait bien que le blog soit prêt avant la fin de &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Cette semaine j'attaquerai la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/21/Coup-de-tete-2/5&quot;&gt;partie 2&lt;/a&gt;, et je sais qu'il y a peu à reprendre, rafraîchir les dialogues, couper un peu dans le ventre-mou sûrement, ça devrait aller vite.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>D'ici là 5 : Le cœur est voyageur, l’avenir est au hasard</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/23/D-ici-la-5-%3A-Le-coeur-est-voyageur-lavenir-est-au-hasard</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ea20d63f60eab8f287692685df618dcc</guid>
    <pubDate>Wed, 23 Jun 2010 17:46:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>D ici là</category><category>Littérature</category><category>Littérature numérique</category><category>Publie.net</category><category>Revue</category>    
    <description>    Signalons la mise en ligne, hier, du cinquième numéro de la revue numérique &lt;em&gt;D'ici là&lt;/em&gt;, via &lt;a href=&quot;http://www.publie.net&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/dicila5.jpg&quot; alt=&quot;dicila5.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;dicila5.jpg, juin 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;a href=&quot;http://publienet.immateriel.fr/fr/reader/preview/9782814503182?codex=true&amp;nomenu=true&quot;&gt;Feuilleter &lt;em&gt;D'ici là 5&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://publienet.immateriel.fr/fr/ajouter_produit_editeur/319?offer_id=53043&quot;&gt;Acheter &lt;em&gt;D'ici là 5&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



&lt;strong&gt;Sommaire du numéro :&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Gilles Amalvi, Joël Baqué, Perceval Barrier, Étienne de Bary, Daniel Cabanis, Luc Dall’Armellina, Philippe De Jonckheere, Caroline Diaz, Michèle Dujardin, Elisa Espen, Michel Falempin, Claude Favre, Jean-Yves Fick, Jean-Marc Flahaut, Stéphane Gantelet, Nathanaël Gobenceaux, Christine Jeanney, Anne Kawala, Klimperei, Stéphane Korvin, Elise Lamiscarre, David Lespiau, Laurent Margantin, Stéphane Massa-Bidal, Pierre Ménard, Juliette Mezenc, Sandra Moussempès, Régis Nivelle, Florence Noël, Grégory Noirot, Jean-Noël Orengo, Isabelle Pariente-Butterlin, Arnold Pasquier, Daniel Pozner, Pierremannuel Proux, Alain Robinet, Anne Savelli, Joachim Séné, Nicolas Vasse, Guillaume Vissac, Colette Tron, Éva Truffaut
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

42 auteurs / 135 pages&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le petit texte que je propose pour ce numéro s'appelle &lt;em&gt;Vraie vie dans un vingt pieds&lt;/em&gt;, c'est une histoire de containers, je crois.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Die terrified</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/21/Die-terrified</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0ab9f5e38ab8ef04fc6bb6d18e777858</guid>
    <pubDate>Mon, 21 Jun 2010 20:09:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audrey Lemieux</category><category>Boulot</category><category>Coup de tête</category><category>Homosexualité</category><category>Lautréamont</category><category>P.</category><category>Paris</category><category>Train</category>    
    <description>    J'ai les yeux secs, caressés par la craie. La tête trainée par terre sur un terrain stabilisé. Des épines de suie suspendues sous les paupières. Scotchées à l'envers. Attendent que l'oeil cligne pour éventrer la cornée. La banlieue de banlieue défile : je cherche des métaphores : j'en trouve. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/homereyes.jpg&quot; alt=&quot;homereyes.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;homereyes.jpg, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



Le mois de juin est glacial : même à pieds, de St Lazare à Porte de Clichy, une demi-heure, &lt;a href=&quot;http://fr.mappy.com/&quot;&gt;Mappy&lt;/a&gt; collé au nez, je sue des sueurs froides. J'ouvre la fenêtre en arrivant au bureau une demi-heure en retard. Mon &lt;a href=&quot;http://www.topatoco.com/merchant.mvc?Screen=PROD&amp;Store_Code=TO&amp;Product_Code=ASW-TERRIFIED-SHIRT&amp;Category_Code=ASW&quot;&gt;t-shirt noir&lt;/a&gt; dit : &lt;a href=&quot;http://asofterworld.com/index.php?id=234.&quot;&gt;« I'd rather die terrified than live forrever »&lt;/a&gt; et je le pense. Je ferme la fenêtre en allumant l'ordi. Une voix téléphonée m'explique que d'homme à homme on se comprend pas, que je suis sûrement pas, moi, sur le terrain, que je suis sans doute derrière un bureau, que le terrain c'est sûr je connais pas. Je réponds oui je suis derrière un bureau. Oui je mets des croix dans des cases. C'est comme ça. Pas la première fois qu'on nous sort que le terrain on connaît pas, qu'on vit vraiment dans le virtuel. Je sais pas quoi répondre. Mon terrain à moi, ben c'est l'écran. Voilà ce que j'aurais envie de répondre. À la place je réponds rien. Je réponds pire : soit, ok. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Repris ce matin &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article326&quot;&gt;&lt;em&gt;Isidoro&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, d'Audrey Lemieux. J'explique à P. le truc du livre. C'est une vision fictive de Lautréamont, je lui dis, une version homosexualisée. C'est tout ce que tu retiens ?, il me demande. Et je réponds non : c'est ce que j'ai bien envie de retenir. Ensuite P. plus là répond plus rien. Le mot correct aurait plutôt été &lt;a href=&quot;http://lataraxe.over-blog.com/article-etienne-52647958.html&quot;&gt;« vampirisée »&lt;/a&gt;, en fait. Ailleurs le texte éclabousse un peu de sang sur la chemise du voisin d'en face (train fuyant dans la banlieue de banlieue) : peut-être pas du sang (d'ailleurs), plutôt de la fraise ou du sirop (de fraise). En face de lui qui pionce ça sent la naphtaline : ça veut dire que ça sent bien vieux, pas forcément la naphtaline : d'ailleurs comment décrire l'odeur inconnue ? : simplement juste ça sent bien vieux et je décide de le savoir : ça sentira la naphtaline. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; aujourd'hui, demain, repose. Mercredi relire encore la partie 1 et puis trancher. Faudra finir avant fin juin, ensuite passer à la 2.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Zanzibar Quarterly n°1</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/20/Zanzibar-Quarterly-n1</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0124bb68b6edcfc50773a1d4b101d7a0</guid>
    <pubDate>Sun, 20 Jun 2010 20:26:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>David Foster Wallace</category><category>Sébastien Doubinsky</category><category>Zanzibar Quarterly</category>    
    <description>    Quarterly : truc trimestriel. &lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Zanzibar Quarterly&lt;/em&gt; : truc trimestriel proposé par les &lt;a href=&quot;http://zanzibar-editions.com/&quot;&gt;éditions Zanzibar&lt;/a&gt;. Comporte des « nouvelles, poésies, courts essais, interviews, articles remarquables et illustrations mêlés. » Le truc précise : « Foutraque mais propre sur lui. Onéreux mais généreux. Égoïste mais amical. »
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/quarterly1.jpg&quot; alt=&quot;quarterly1.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;quarterly1.jpg, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bel objet,&lt;em&gt; Zanzibar Quarterly n°1&lt;/em&gt; coûte 29€, c'est cher, oui « ça coûte chaud » comme dit l'édito, mais bel objet, vraiment, couverture en dur, papier épais, graphisme soigné. Le livre avec la jaquette est top ; le livre sans la jaquette est classe (aussi).
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Foutraque, &lt;em&gt;Zanzibar Quarterly n°1&lt;/em&gt; l'est aussi et assume : c'est dit d'entrée. Une tendance se dégage quand même (assumée là encore, revendiquée même) : la littérature US. Parfois au-delà des auteurs présents au catalogue de Zanzibar Editions (et dont le &lt;em&gt;Quarterly&lt;/em&gt; servira aussi de vitrine, c'est le but), comme avec ce portrait plus interview de David Foster Wallace, qui lance pratiquement ce numéro.
&lt;blockquote&gt;Il a écrit quelque part : « Aujourd'hui j'ai reçu environ 500 00 bits d'informations diverses, dont peut-être seulement 25 sont intéressants. Je considère comme mon boulot d'essayer de donner un peu de sens à tout cela. » Il avait « le désir d'écrire ce qu'est la vie plutôt que d'écrire pour se soulager de cette vie. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;David Lipsky, &lt;em&gt;Les années perdues et les derniers jours de David Foster Wallace in Zanzibar Quarterly n°1&lt;/em&gt;, Zanzibar Editions, trad : Xavier Vanault, P.23.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/heart.jpg&quot; alt=&quot;heart.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;heart.jpg, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


L'autre point fort de cette première fournée, c'est un dossier Billy the Kid plutôt bien foutu, ponctué notamment par un bref extrait de &lt;em&gt;Quien és ?&lt;/em&gt; de Sébastien Doubinsky qui remplit parfaitement son rôle : motiver l'achat du bouquin (en plus &lt;a href=&quot;http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/2010/04/knockin-on-heavens-door-sebastien.html&quot;&gt;certains collègues&lt;/a&gt; approuvent). 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
D'autres pièces sont plus inattendues (le très étonnant extrait BD &lt;em&gt;Feed the wife&lt;/em&gt; de Zac Sally) mais se fondent bien dans le décor très patchwork du bouquin. La fin du numéro s'ouvre sur une dominante musicale (&lt;em&gt;Les habitués, Won't get fooled again&lt;/em&gt;, notamment) qui marque une couleur très blues/folk, couleur déteinte sur l'ensemble du bouquin. La dernière page propose d'ailleurs une playlist particulière pour &lt;em&gt;séduire une femme qui porte de la lingerie de qualité&lt;/em&gt; : osons. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

« Truc foutraque », bouquin « à géométrie variable », ce &lt;em&gt;Quarterly&lt;/em&gt; séduit. Le prochain numéro, ce sera pour Noël (curieusement). Tirage limitée à 1500 exemplaires, on lit, « C'est le moment de vous le procurer. »</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Potable #4</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/19/Potable-4</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:09711b1fd55dfaa2c9a8ed7be609a493</guid>
    <pubDate>Sat, 19 Jun 2010 14:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    Contrairement aux espérances d'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/18/Potable-3&quot;&gt;hier&lt;/a&gt;, non seulement j'ai rien corrigé de ce que j'aurais dû, mais j'ai en plus créé de nouveaux problèmes, de nouvelles saloperies qui collent plus, alors j'ai mal à la gorge et je perds bien mon temps.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Potable #3</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/18/Potable-3</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8249dfe326673a5ad1a52e20fdb810ac</guid>
    <pubDate>Fri, 18 Jun 2010 16:31:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    Le problème c'est que ça l'est pas (potable), que c'est encore mal greffé, cicatrices visibles. C'est (aussi) le problème des lectures partielles sur liseuse : en passant au format livre, on s'attend forcément (plus ou moins consciemment d'ailleurs) à être enfin convaincu. C'est bon, on se dirait, lecture nickelle, on se dirait, on touche plus rien et on y va. Et justement parce que ces pensées là viennent pas ou peinent à venir on grince un peu.
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Le point positif, c'est que je sais encore exactement ce qui tourne pas rond, ce qu'il faut changer et même comment. Le point négatif c'est que des trucs à changer y en aurait encore beaucoup. Et que c'est que la partie 1, que derrière elle y en a trois autres. 
&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;
Réponse bien simple à apporter : neuf pages en moins c'était trop peu, faudrait encore en couper deux ou trois pour tendre mieux que ça le texte. Désengorger le debut, trop long, trancher aussi la question du prologue (garder ou pas ?). Derrière et hors de ça c'est des histoires de dialogues à affiner encore, des passages précis qui seraient trop mous : des détails. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Alors pour pas encore prendre un an, six mois dans la vue, je fixe au pif des dates butoires. J'ai relu dans le train cette semaine. Réécrit deux fois en rentrant du boulot, dont une hier avant le grand matche. Le point de fuite maintenant m'amène fin du weekend : terminer une autre version de la partie 1 dimanche pour lire encore pendant la semaine et corriger. L'autre deadline ce serait 31 aout. Finir le truc une bonne fois pour toute à cette date là. Finir,finir, finir : plus que ce mot là à la tête maintenant.  </description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Dissonances 18</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/15/Dissonances-18</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8e3c3f65493ac4ceeb8588ae7d02377a</guid>
    <pubDate>Tue, 15 Jun 2010 19:16:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Alain Giorgetti</category><category>Alban Lecuyer</category><category>Alban Orsini</category><category>Dissonances</category><category>Littérature</category><category>Revue</category>    
    <description>    Sortie récente du numéro 18 de la &lt;a href=&quot;http://revuedissonances.over-blog.com/&quot;&gt;revue &lt;em&gt;Dissonances&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (j'avais lu l'année dernière le numéro 16 car V. y avait casé un texte et j'avais kiffé, comme ça que j'avais découvert). Outre &lt;em&gt;Rapport d'A.&lt;/em&gt;, petit texte en forme d'abécédaire méticuleux (et qui est tatoué à mon nom), vous retrouverez également les camarades cyclocosmiaques Alain Giorgetti et &lt;a href=&quot;http://lataraxe.over-blog.com&quot;&gt;Alban Orsini&lt;/a&gt;, dont j'avais déjà salué la plume il y a &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/20/Rapatrie-par-l-image&quot;&gt;quelques&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/13/Semaine-Bolano&quot;&gt;mois&lt;/a&gt;. Voici d'ailleurs le sommaire intégral du numéro (et l'édito), avec lien direct pour commander le numéro (qui ne coûte que 3 euros, à ce prix là c'est une affaire, c'est presque donné, c'est presque comme si on gagnait de l'argent en fait, oui, tout à fait) :
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.CouvDisso18Oueb_m.jpg&quot; alt=&quot;CouvDisso18Oueb.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;CouvDisso18Oueb.jpg, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;a href=&quot;http://revuedissonances.over-blog.com/pages/Comment_se_procurer_DISSONANCES_-3243159.html&quot;&gt;Comment se procurer DISSONANCES ?&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://revuedissonances.over-blog.com/pages/Comment_participer_a_DISSONANCES_-3243298.html&quot;&gt;Comment participer à DISSONANCES ?&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://revuedissonances.over-blog.com/pages/Comment_contacter_DISSONANCES_-3245212.html&quot;&gt;Comment contacter DISSONANCES ?&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Edito : 
 
&lt;blockquote&gt;LA TRIPE C'EST CHIC&lt;br /&gt;
 On peut faire les malins avec nos grosses cervelles et nos bonnes manières, on en est tous sortis, petits, fripés, hurlant, êtres de chair, matière, fruits d'entrailles nous-mêmes irrémédiablement. On s'y était sentis bien : logés au chaud, flottant, stupides et innocents sous perfusion copieuse on y avait germé puis forci et grandi: attentives, enveloppantes, elles s'étaient distendues et nous avaient nourris tout ce qu'il avait fallu pour, sans nous avertir, nous expulser soudain et, en contrepartie des services rendus, nous condamner dès lors à devoir composer sans cesse avec les nôtres - leur clones, nos dedans - qu'il faudrait contenter quasi à chaque instant sous peine de les faire se nouer ou s'agiter, d'en souffrir tout de suite et très concrètement, de se mettre en danger : nous serions désormais esclaves de nos tripes. Car, comme les dieux anciens, celles-ci sont capricieuses, puissantes et sans pitié. Elles exigent comme eux de constants sacrifices et se rappellent durement à qui les négligerait. Dissonances 18 au contraire s'en empare, s'en pare et les célèbre, gonflé à trente-deux pages où vingt-et-un auteurs se sont ouverts en grand pour déballer les leurs.
  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Marc FLAPP&lt;/blockquote&gt;
 
 
Sommaire :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;em&gt;Rapport d'A&lt;/em&gt;. de Guillaume VISSAC
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Problème Majeur&lt;/em&gt; de Lionel FONDEVILLE
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Vomissures&lt;/em&gt; de Michel REYNAUD
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Genèse de la Procréation in vacuum&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://courttoujours.hautetfort.com&quot;&gt;Eric DEJAEGER&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Chant des entrailles qui plus ne chient&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://myspace.com/pierremayerdantec&quot;&gt;Pier Mayer-Dantec&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;L'Entaille de Pierre&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/BrutdeCrustace&quot;&gt;Tristan FELIX&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Celle qui Manque&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://delitdepoesie.hautetfort.com&quot;&gt;Cathy GARCIA&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mula &lt;/em&gt;d'&lt;a href=&quot;http://lataraxe.over-blog.com&quot;&gt;Alban ORSINI&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Petit Précis de l'Entraille&lt;/em&gt; de Yann DALL'AGLIO
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Nothing Important Never Happened Today&lt;/em&gt; de Rodrigue VERON
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Les Fruits Gâtés de Vos&lt;/em&gt; d'Elodie Le Bail
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Détricoter mes entrailles&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://monnuage.free.fr&quot;&gt;Marlène T&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Biographie de la Pudeur&lt;/em&gt; d'&lt;a href=&quot;http://albanlecuyer.weebly.com&quot;&gt;Alban LECUYER&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Prise de Pouvoir&lt;/em&gt; de Marc BONETTO
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mes Abats&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.cendres-lavy.com&quot;&gt;Cendres LAVY&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Adoravoration&lt;/em&gt; de Basile ROUCHIN
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Back Inside&lt;/em&gt; de Loïc MARCHAND
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Chiarogne&lt;/em&gt; de Sylvio SOBRAL
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Mon Ventre Rose&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://miladyrenoir-et-son-autre-oeil.skynetblogs.be&quot;&gt;Milady RENOIR&lt;/a&gt;
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Ventre à Terre&lt;/em&gt; de Jean-Marc FLAPP
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Dernier Mouvement&lt;/em&gt; d'Alain GIORGETTI
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Questions à : Hubert HADDAD
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Regards Croisés : Jérôme (Jean-Pierre MARTINET)
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Fenêtre sur : les Editions HERMAPHRODITE
 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
A lire, à voir, à ouïr
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Autre extrait en passant, celui de &lt;em&gt;Biographie de la pudeur&lt;/em&gt;, d'&lt;a href=&quot;http://albanlecuyer.weebly.com&quot;&gt;Alban Lecuyer&lt;/a&gt;, parce qu'il accroche, parce qu'il décape, parce qu'il retient la vue quand on s'y penche (vraiment) :
&lt;blockquote&gt;Pour l'instant tu te demandes à quoi tu ressembles. Si tous ces gens qui 'ont apprise par coeur dans un traité d'anatomie, disséquée en deuxième année de fac, démontée remontée pièce par pèice sur des moulages en plastique, éprouvent encore ta présence. S'ils ont conscience de tes contours, ou seulement du dessin en rouge et bleu de ton système reproducteur.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

On ne connaît pas la pudeur tant qu'on n'a pas montré sons dedans à des étrangers. Il faut avoir été ouverte sous péridurale, et que d'autres se soient servis à pleines mains, pour comprendre qu'avant le début des crampes, avant le rasage et les morphiniques, on n'a jamais été nue. En réalité, on peut voir bien plus profond de nous.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Potable #2</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/14/Potable-2</link>
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    <pubDate>Mon, 14 Jun 2010 20:25:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    Ce que j'ai pas dit &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/13/Potable&quot;&gt;hier&lt;/a&gt;, mais qui aurait pu sortir, c'est que &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; au fond doit bien rester tendu sec et pas perdre en intensité. Plus important bien sûr que des histoires de dialogue ou des bouts de phrase qu'on ampute. Pour ça aussi qu'il a fallu casser net dans ces neuf pages, pas forcément plus mauvaises que d'autres (un peu quand même), pas forcément plus à côté de la plaque que le reste (un peu quand même) mais parce que ça détendait le fil du récit. Alors pour garder la tension faut juste jeter ce qui va distraire, et même ce qu'on aimerait garder parce qu'on aime bien, surtout ce qu'on aimerait garder parce qu'on aime bien : parce qu'on sait bien que le vrai truc est ailleurs.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Potable</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/13/Potable</link>
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    <pubDate>Sun, 13 Jun 2010 19:12:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category><category>Edgar Hilsenrath</category>    
    <description>    Relire encore &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (toujours), finir la première partie, c'était l'objectif du week-end, plus ou moins respecté. Disons que j'ai atteint ce soir une « version potable », bonne base de travail pour terminer, sans doute, plus tard. Mais la partie 1 nécessitait beaucoup de passages, alors retour aux fondamentaux, c'est à dire une technique qui a fait ses preuves : premier passage, surligner tout ce qui colle pas et deuxième passage le corriger, le réécrire. C'est tout. Dix rotations dans la journée. Souvent les phrases qui accrochent sont celles qui sont réécrites à chaque rotation. Signe que ça sert d'insister. Signe qu'on comprend ce qu'on fait et où ça bloque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/.potable2_m.jpg&quot; alt=&quot;potable2.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;potable2.png, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



Décision prise également : supprimer tous les tirets de dialogue, intégrer la parole au texte, détail qui collait pas et que je sentais depuis des mois sans vraiment comprendre comment mettre le doigt dessus. La lecture de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/12/Fuck-America-roman-de-formation&quot;&gt;&lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/04/Fuck-Hilsenrath&quot;&gt;malgré tout&lt;/a&gt;, m'a apporté ce regard neuf sur les dialogues, ce qui me manquait pour les dépoussiérer sans copier/coller pour autant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/potable1.jpg&quot; alt=&quot;potable1.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;potable1.jpg, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Et pas se fier à l'arrière-goût maussade qui traîne encore quand on n'a pas le texte sous les yeux : savoir que cette impression est pas loin d'être fausse, que c'est pas un point de vue honnête. Alors on va reprendre encore les rotations pour hisser la partie 1 au niveau des autres, faire un tout homogène. J'expliquais il y a quelques jours qu'une dizaine de pages devait être coupée pour que la partie 1 fonctionne et je suis pas loin du compte : neuf pages ont sauté depuis début mai.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Fuck America, roman dé-formation</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/12/Fuck-America-roman-de-formation</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1f9703eb08f1b7228406bf432b88fe6a</guid>
    <pubDate>Sat, 12 Jun 2010 20:15:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Edgar Hilsenrath</category><category>Littérature</category><category>X.</category>    
    <description>    C'est juste des notes que je pose comme ça sur traitement de texte en attendant de les assembler, de les compiler, de leur trouver un sens. Il y a un peu plus d'un an X. lançait de son côté une &lt;a href=&quot;http://la-vitesse-des-trucs.blogspot.com/2009/03/lamerique-des-ecrivains-creve-la-faim.html&quot;&gt;analyse comparative de &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt; sur les récits d'immigré&lt;/a&gt;, portrait croisé notamment avec les bouquins de John Fante. Je recommande (aussi) car c'est un point que j'aborderai pas. Ce qui m'intéresse et que j'ai envie de creuser, dans &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt;, c'est la dégradation du récit initiatique (ou roman d'apprentissage, de formation ou &lt;em&gt;Bildungsroman&lt;/em&gt; pour reprendre la langue d'Hilsenrath), la mise en pièce d'un genre, la subversion du récit. (Bien évidemment les quelques points éparpillés ci après dévoilent des éléments clés de l'intrigue, la spoile, comme on dit, et il est bien évidemment conseillé à ceux qui n'aurait pas encore lu Fuck America et souhaiterait le faire de les parcourir afin de leur gâcher la lecture du bouquin).
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/fucka.gif&quot; alt=&quot;fucka.gif&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;fucka.gif, juin 2010&quot; /&gt;



&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



&lt;strong&gt;0&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Définition. &lt;em&gt;Bildungsroman&lt;/em&gt; = récit initiatique = roman d'apprentissage = roman de formation. Je reprends la définition donnée par Charles Ammirati (&lt;em&gt;Le roman d'apprentissage&lt;/em&gt;, Paris, Presses Universitaires de France, 1995) et qui m'avait aussi servi de point de départ artificiel lorsque je m'étais posé la même question, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/09/22/334-la-question-de-la-fiction-dans-moon-palace&quot;&gt;encore en fac&lt;/a&gt;, sur &lt;em&gt;Moon Palace&lt;/em&gt; (parce qu'elle est simple, parce qu'elle est brève) : 
&lt;blockquote&gt;Le roman d'apprentissage [met] en scène un héros jeune qui quitte l'univers familial et fait ses premiers pas dans le monde en essayant d'y conquérir une place et d'y découvrir le bonheur, traversant pour ce faire des épreuves qui l'obligent à réfléchir sur lui-même et sur la société.&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je prends la définition d'Ammirati par la fin : &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt; est un roman social : le titre déjà. L'ouverture propose copies de lettres envoyées par Bronsky père au Consul Général des US pour l'obtention de visas d'émigration pour la famille Bronsky (rappelons les dates, les lieux, les faits : 1939, Allemagne, famille juive). Ensuite les bas fonds new-yorkais, immigrés dans les années cinquante, la rue, les jobs, les clodos puants de NYC, la société de consommation américaine. Mais Bronsky ne réfléchit pas sur la société : c'est la société qui &lt;em&gt;réfléchit&lt;/em&gt; Jakob Bronsky.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bronsky est relativement jeune encore (27 ans) mais c'est un corps déformé : on dit qu'il en fait facilement 40. Et aux US, culture du paraître oblige, parce qu'il fait 40, il a 40.  Alors le jeune du récit initiatique ne l'est plus et foire du même coup son initiation parce qu'il passe à côté (avant même de l'entamer).
&lt;blockquote&gt;J'ai dit : « J'ai vingt-sept ans. »
« Mais vous faites plus. »
« Je sais. »
« Vous pourriez en avoir quarante. »
« Je sais. »
« En Amérique », a dit l'agent matrimonial, « les femmes recherchent des hommes du même âge. C'est comme ça. Ce qui compte, ce n'est pas l'âge que vous avez réellement. »
« Qu'est-ce qui compte alors ? »
« L'âge que vous faites. »
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Edgar Hilsenrath,&lt;em&gt; Fuck America&lt;/em&gt;, Attila, trad : Jörg Stickan, P.179&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Quitter l'univers familial parlons-en : la guerre a éclaté la famille Bronsky, et les seules références familiales sont soit issues du passé (fantasmé ou non), soit périphériques : comme ces fantomatiques membres Bronsky qui auraient réussis aux US (paraît que) et qui traversent parfois l'écran. Mais Jakob ignore et s'exile : comme Hilsenrath lui-même il ère un certain temps dans le désert avant de débarquer vraiment.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La position du jeune homme qui veut apprendre c'est : tourné vers devant, avance et ne te retourne pas. La position de Jakob Bronsky n'est pas la même. Enroulé sur lui-même pour y extraire, de lui-mêmes encore, les réalités enfouies du passé. Jamais vraiment droit, sinon sous les douches froides qui lui servent à « calmer sa bite ». Puis assis à sa table de cafétéria-clodo, tordu sur sa page et ses chapitres qu'il poursuit tout au long du récit pour un récit (un autre) qui se développe dans le non-dit et qui s'appelle &lt;em&gt;LE BRANLEUR&lt;/em&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;LE BRANLEUR&lt;/em&gt; est lui-même une déformation d'un autre livre d'Edgar Hilsenrath, palpable, qui affleure sous la page de &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt; et qui s'appelle &lt;em&gt;Nacht&lt;/em&gt;. &lt;em&gt;Nacht&lt;/em&gt; prend le ghetto comme épicentre, l'Holocauste, y survivre et comment. &lt;em&gt;LE BRANLEUR&lt;/em&gt; a pour but d'extraire de Bronsky son passé oublié, son expérience du ghetto, la guerre.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Bronsky d'ailleurs n'a qu'une idée fixe : écrire &lt;em&gt;LE BRANLEUR&lt;/em&gt; pour retrouver une mémoire perdue, son expérience de l'Holocauste. C'est une autre déformation du récit initiatique. L'objectif du héros n'est pas ici d'accéder à « une connaissance de lui-même, des autres, de la société et du monde » mais de retrouver un passé dissimulé, refoulé dans trou, enterré sous les os. Le sens est inversé, le point de fuite, à son tour, tordu, donc déformé.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Retour à la définition. Y a pas de bonheur dans &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt;, ou alors des bonheurs simples, éphémères, souvent ratés, voire sacrifiés. Y a l'expérience de l'agence matrimoniale qui tourne à vide, il y a les quelques jours d'écriture, les pourboires, les jobs faciles. Et puis y a les putes, quand on a l'argent pour, et c'est souvent minable, et c'est souvent gâché :
&lt;blockquote&gt;Je n'ai même pas pris le temps d'enlever le couvre-lit. Tellement j'avais envie d'elle. Je l'ai poussée sur le lit en me jetant sur elle. J'ai juste eu le temps d'ouvrir la braguette de mon pantalon parisien – la braguette aux boutons démodés – que je giclai déjà.

J'ai dit : « Ça ne compte pas. »
« Comment ça ? »
« J'ai joui trop vite. »
« C'est pas de pot, mon petit. »
« Je ne te l'ai même pas mise. »
« C'est pas de mot, mon petit. »
« Laisse-moi faire encore une fois ! »
« C'est encore vingt-cinq dollars. »
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P. 201&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;8&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Autre déformation, et pas des moindres : celle du langage. Dans &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt; la langue elle saute, saccade comme un vinyle rayé : c'est pathologique dans les dialogues, qui répètent sensiblement les mêmes répliques dans un style sec, haché, épuré à l'extrême (cf. plus haut). Disque rayé aussi dans la mémoire de Bronsky qui ne se rappelle rien de la période qu'il essaye d'écrire mais qui pourtant retisse les mêmes histoires d’émigrés, inventées, souvent entendues de la bouche d'un autre. Il déforme aussi des légendes urbaines. Il met en scène sa propre méconnaissance de son passé. Au début du livre, il va même jusqu'à s'inventer un double, prenant des nouvelles d'un certain Jakob Bronsky, et inventant plusieurs versions d'histoires potentiellement vraisemblables. Sa quête de vérité (faussée dès le début) passe automatiquement par la fiction. Et quand elle y passe (c'est le récit lui-même, voire le récit dans le récit) elle est mixée par une autre déformation, beaucoup plus visible : celle de la typographie, qui dévie les paragraphes, enfle les caractères...
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;9&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Fiction ou bien fantasme, c'est possible aussi. C'est une écriture typiquement américaine, qu'on retrouve d'ailleurs chez les minimalistes comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Amy%20Hempel&quot;&gt;Amy Hempel&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Chuck%20Palahniuk&quot;&gt;Chuck Palahniuk&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Tom%20Spanbauer&quot;&gt;Tom Spanbauer&lt;/a&gt;. On parle aussi du syndrome &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/05/05/134-six-feet-under&quot;&gt;&lt;em&gt;Six Feet Under&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; plus connu sous la formule je vois des gens qui sont morts. Et les morts cohabitent avec les vivants, filtre fictif déposé sur celui de la réalité transparente. C'est la même chose dans &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt;. Rien n'est vrai donc tout est vrai car tout est mis au même plan sur le fil directeur du récit. Bronsky est double. Il viole une secrétaire de direction comme il l'invente durant une longue séance de masturbation. Il utilise une animatrice de télévision comme psychiatre comme il l'invente durant une longue séance de masturbation (bis). Il revit son passé et déroule le fil fictif du &lt;em&gt;BRANLEUR&lt;/em&gt;. Quand toutes les trames sont au même niveau tout devient vrai.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;10&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La quête de vérité de Bronsky arrive à son terme dans un curieux final qui dynamite le rythme du récit (là encore : déformation de la structure du livre). Mais l'histoire (car c'en est une) racontée par Bronsky sur le divan de Mary Stone correspond à un autre tour de passe-passe : Jacob Bronsky raconte l'histoire des « autres six millions », les six millions de Jacob Bronsky restés morts dans le trou de l'Holocauste. 
&lt;blockquote&gt;« La guerre est alors arrivée », je dis. « Et la guerre a rattrapé la famille Bronsky. Y compris Jakob Bronsky. Et quand la guerre a été finie il y a eu, tout d'un coup, deux Jakob Bronsky. »
« Comment ça, il y a eu deux Jakob Bronsky ? »
« Il y en a eu deux », je dis. « Le premier Jakob Bronsky, mort avec les six millions, et l'autre Jakob Bronsky, celui qui a survécu aux six millions. »
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P. 251&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;11&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La fin du récit initiatique pose la question de l'accomplissement (ou non) de l'initiation du héros. À la fin de &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt; Bronsky étale un autre fantasme, celui d'un retour en Allemagne
&lt;blockquote&gt;'Nous allons vous louer un appartement dont, évidemment, nous règlerons le loyer', dit le secrétaire général de l'association Crime et Châtiment. 'Chaque jour, vous recevrez de notre part votre paquet Châtiment-Amour avec tout un tas de gourmandises. Il est donc pourvu à votre bien-être. Vous recevrez également de l'argent de poche et si vous avez d'autres souhaits, faites-le nous savoir.'
(…)
'J'ai besoin de femmes aussi', dis-je. 'Car en Amérique, c'était un gros problème.'
'Des femmes, nous en avons plus qu'il n'en faut', dit le secrétaire général de l'association Crime et Châtiment. 'Il s'agit de femmes d'anciens SS, mais nous avons aussi des femmes sans culpabilité personnelle mais qui croient à la culpabilité collective et souhaitent faire réparation au nom de nous tous.'
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P. 282 -283.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

, celui de l'arrivée au pays d'un nouveau &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/11/27/Dans-les-bas-fonds-honteux-de-la-litterature&quot;&gt;Kafka&lt;/a&gt; : naissance d'un autre Jakob Bronsky. Les dernières pages inventent ou racontent une conférence de presse, déforment encore l'initiation en prenant la tangente : lisez &lt;em&gt;LE BRANLEUR&lt;/em&gt;, dit Jakob Bronsky, et le récit se mord la queue. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;12&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;LE BRANLEUR&lt;/em&gt;, énigme de &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt;, n'est pas montré. Nous n'aurons tout au long du livre qu'un compte rendu sommaire de l'avancement des chapitres. Le seul détail mentionné concerne l'invention du titre, et il n'est pas signé Jakob Bronsky. L'énigme du livre est un trou noir à lui tout seul qui, comme la mémoire foutue de Bronsky, lui déforme le corps.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Fil #Larbaud</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/10/Fil-Larbaud</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f80d0249c2d7af7bdee35d43bf31d6b8</guid>
    <pubDate>Thu, 10 Jun 2010 20:26:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Littérature</category><category>Twitter</category><category>Valery Larbaud</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/vlarbaud.jpg&quot; alt=&quot;vlarbaud.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;vlarbaud.jpg, juin 2010&quot; /&gt;Pendant deux mois lecture &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Valery%20Larbaud&quot;&gt;Larbaud&lt;/a&gt; (son &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt;) = 1500 pages de vie lue bout en &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/01/Larbaud-6-fin&quot;&gt;bout&lt;/a&gt; = prise de notes embarquée tout du long. C'était &lt;a href=&quot;http://twitter.com/search?q=%23Larbaud&quot;&gt;à suivre sur Twitter&lt;/a&gt;, on appelait ça le fil #Larbaud. Alors bien sûr &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Twitter&quot;&gt;Twitter&lt;/a&gt; révolutionne pas la prise de notes, mais permet une prise directe avec une lecture de fond (comme une course de fond : celle qui embarque), un hublot vivant par lequel observer les délires du lecteur pendant l'acte. Ces deux mois de twitts marqués par le hashtag éponyme sont reproduits là, ci-dessous, par ordre chronologique inverse pour pomper la &lt;a href=&quot;http://www.twitter.com&quot;&gt;présentation Twitter&lt;/a&gt;. Y a pas de leçon à tirer de cette expérience sinon ces deux broutilles : pour ça vaut mieux prévoir lecture qui pèse (prise de notes Twitter de &lt;em&gt;Mon plus secret conseil&lt;/em&gt; ça aurait pas beaucoup d'intérêt) et curieusement la langue ici vaut tout autant que le poids physique du bouquin, détail trivial qui revient régulièrement...

&lt;blockquote&gt;
  
récapitule #Larbaud : http://tinyurl.com/vlarbaud&lt;br /&gt;
10 juin 2010 20:28:23 HAEC via Netvibes&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


remplacera bientôt #Larbaud par #Claudel&lt;br /&gt;
4 juin 2010 11:56:23 HAEC via Netvibes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
#Larbaud encore mais plus pour longtemps : http://tinyurl.com/28aebrg #vieuxuséfatigué&lt;br /&gt;
1 juin 2010 20:41:52 HAEC via web&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
Terminer le Journal, c'est comme assassiner #Larbaud&lt;br /&gt;
1 juin 2010 17:45:06 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Il faut attendre d'avoir la force électrique&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
1 juin 2010 17:41:47 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Le seul fait qu'une voie ferrée existe, avec les services réguliers que cela suppose, doit diminuer l'impression de sauvagerie.&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
1 juin 2010 17:26:51 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Marcel R. parait être le seul &quot;intellectuel&quot; de cet Olympe ; les autres, fonctionnaires sans plus.&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
1 juin 2010 17:23:16 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Beaucoup de soldats, se promenant deux par deux, se tiennent par le petit doigt, - geste affectueux et gracieux.&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
1 juin 2010 07:52:47 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Non, il n'est pas possible de se montrer bien vêtu et dans une tenue correcte au milieu d'une population encore misérable&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
1 juin 2010 07:39:06 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Cette douche phrase&quot; #Larbaud #lapsuslecture #déformationprofessionnelle&lt;br /&gt;
31 mai 2010 20:33:21 HAEC via Netvibes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Si ce paysage était nu et désertique comme le Monténégro, on crierait d'angoisse en le decouvrant&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
31 mai 2010 18:11:54 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;De toute part ils se hérissent, (...) chaînes déchiquetées, (...) vaste tumulte (...) dans son désordre&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
31 mai 2010 17:54:21 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
#Larbaud mate les défilés fascistes : quelle allure ! http://tinyurl.com/2w9d7l4&lt;br /&gt;
28 mai 2010 20:17:14 HAEC via Netvibes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Il a restreint son output au moment où il risquait d'être envahi par une cohue de vulgarités&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
28 mai 2010 17:45:20 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
calcule le peu de #Larbaud qu'il lui reste&lt;br /&gt;
28 mai 2010 08:03:35 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
#Larbaud &quot;pas au bout de [ses] peines : il y a cette - typographiquement - terrible affaire de citation musicale&quot;&lt;br /&gt;
27 mai 2010 17:45:52 HAEC via Twitterrific&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Sensiblerie = Transsiberie #lapsuslecture #Larbaud&lt;br /&gt;
26 mai 2010 18:03:03 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Cette tradition de raillerie francaise à l'égard de la Belgique, quelles peuvent en être les origines ?&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
26 mai 2010 17:46:29 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Mais il était à une phase de son ivresse qui faisait de lui un danger pour la propreté de notre table et de nos vêtements&quot; #Larbaud 2/2&lt;br /&gt;
26 mai 2010 17:44:42 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Un jeune homme de type rimbaldien, un ange plein de chopes , s'est jeté à mon cou pour me supplier&quot; #Larbaud 1/2&lt;br /&gt;
26 mai 2010 17:42:34 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud croise &quot;quelques femmes - non professionnelles&quot; et les mate&lt;br /&gt;
25 mai 2010 18:23:28 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;It is BUMPTIOUSNESS rather than OUTRECUIDANCE&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
25 mai 2010 18:17:07 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Le caquet : tout son caractère se réduisait au caquet.&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
25 mai 2010 08:04:56 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud a &quot;remarqué le prénom : Pâquerette, désuet en France, et c'est dommage, vraiment.&quot;&lt;br /&gt;
24 mai 2010 18:07:42 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud &quot;étanche des paragraphes entiers, qui rentrent sous une autre forme. Ça devient un livre !&quot;&lt;br /&gt;
24 mai 2010 08:22:10 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Rouille dévore les rails / graviers avale l'ombre par napes / fait trop chaud pour lire #Larbaud&lt;br /&gt;
22 mai 2010 14:19:36 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud &quot;écrit avec une rapidité presque égale à la parole, et c'est bien mauvais&quot;&lt;br /&gt;
20 mai 2010 18:19:32 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Personne ne sait ce qu'est au juste le Fascisme, mais le mot sert d'épouvantail, comme si c'était le nom d'une épidémie politique&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
20 mai 2010 08:16:56 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Je ne lui reproche pas d'être étranger, mais d'être vulgaire&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
20 mai 2010 08:15:05 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Apparemment &quot;Vaduz a un Tonkino, un cinématographe parlant&quot; #Larbaud #(!)&lt;br /&gt;
19 mai 2010 17:58:14 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

ruine #Larbaud (mais #Larbaud le vaut bien)&lt;br /&gt;
18 mai 2010 08:05:15 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

reprend #Larbaud (Lucas Letheil n'est pas très loin...) http://tinyurl.com/3ylnfuj&lt;br /&gt;
14 mai 2010 20:37:32 HAEC via Netvibes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Un #Larbaud ça se mérite&lt;br /&gt;
14 mai 2010 16:40:52 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Un #Larbaud ça pèse son poids&lt;br /&gt;
14 mai 2010 16:40:17 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Entre #Larbaud et le pain de mie je choisis le pain de mie&lt;br /&gt;
12 mai 2010 17:24:28 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Il se peut que l'irrégularité de l'écriture vienne en partie de l'irrégularité du pouls&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
11 mai 2010 08:07:36 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Ce qu'il y a d'amusant, c'est que vraiment on n'a jamais été mieux en Italie que depuis que le Fascisme s'est installé&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
11 mai 2010 08:06:09 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud aurait adoré notre époque : &quot;je ne trouverai pas exagérés 6 mois de réclusion au salaud qui crache dans le tramway&quot;&lt;br /&gt;
11 mai 2010 08:03:56 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud &quot;peut encore flâner dans Milan, où les fiacres existent encore&quot;&lt;br /&gt;
29 avril 2010 17:37:35 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;On asphalte ; on construit des maisons neuves ; les bordels mêmes se sont fait repeindre !&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
29 avril 2010 08:06:37 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;11 novembre - Le jour de la Victoire ! L'observera-t-on jusqu'à la fin du XXe siècle ? Peu probable&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
29 avril 2010 08:05:18 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 

sans #Larbaud marche plus vite&lt;br /&gt;
26 avril 2010 08:26:48 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Il m'a dit que cet éditeur, pour parer à la crise, publiait des classiques (...), une déchéance !&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
23 avril 2010 18:00:09 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud remarque &quot;qu'en Suisse française beaucoup de magasins de jouets ont pour propriétaires des veuves.&quot;&lt;br /&gt;
23 avril 2010 08:02:19 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud traverse la guerre sans voir ni dire : attend 1931 pour en écrire le nom&lt;br /&gt;
22 avril 2010 17:49:30 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


#Larbaud : &quot;Gaston [Gallimard] ought to publish less books, and DO them better.&quot;&lt;br /&gt;
22 avril 2010 08:09:42 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;La grève est finie.&quot; #Larbaud visionnaire&lt;br /&gt;
21 avril 2010 18:12:01 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

		 

#Larbaud : &quot;Do I care ?&quot;&lt;br /&gt;
21 avril 2010 18:01:32 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;Et on finit par savoir(...)qu'on a envie de se faire désinfecter, ou tout au moins bien laver, avec un champoing a l'eau du Léthé&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
21 avril 2010 08:28:01 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 

&quot;Comme ça prend vite l'air d'un métier, d'une affaire, la littérature ! On a envie de dire : N'en jetez plus !&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
21 avril 2010 08:24:43 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 

#Larbaud à propos de #Rimbaud illuminé : &quot; un gamin, pas un homme&quot;&lt;br /&gt;
20 avril 2010 18:21:24 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;Mais les omnibus étaient pleins (la grève !)&quot; #Larbaud, un siècle plus tôt&lt;br /&gt;
20 avril 2010 18:13:57 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 

&quot;La grève continue mais ne s'étend guère.&quot; #Larbaud, un siècle plus tôt&lt;br /&gt;
20 avril 2010 18:08:34 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud une fois débarqué à Londres reprend le journal en français&lt;br /&gt;
20 avril 2010 18:06:26 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;How is it that people are so ignorant of their own language ?&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
20 avril 2010 09:10:58 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud &quot;under the influence of the Mood ; a tremendous crisis : the feeling of utter loneliness, complete despair, etc.&quot;&lt;br /&gt;
19 avril 2010 18:28:50 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


Carte postale de #Larbaud : &quot;no fever, no blood, and, what's best, good spirits&quot;&lt;br /&gt;
16 avril 2010 17:52:47 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;The Mood again, and under its most cruel shape ; the complete indifference, the drifting away from life&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
16 avril 2010 08:27:43 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud rencontre tout le monde (exceptée Cesárea Tinajero)&lt;br /&gt;
15 avril 2010 18:29:25 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;No Mood ; rather &quot;joie de vivre&quot; and even buoyancy&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
15 avril 2010 18:13:21 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;THE MOOD&quot; est devenu &quot;THE MOOD !&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
15 avril 2010 08:25:08 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

1918 : The mood devient THE MOOD #Larbaud&lt;br /&gt;
14 avril 2010 08:47:35 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;We shall not see again men like Léon Bloy, I mean, men believing in themselves with so much passion and such blindness&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
13 avril 2010 18:04:12 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
		 
&quot;The world cannot, has no right to interfere with us ; we do not care for what its does, or thinks, or says.&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
13 avril 2010 17:59:09 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;What a mixture of utterly bad writing and the post magnificent poetry !&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
13 avril 2010 08:29:10 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;How difficult it is to write about oneself ! Of course I shall make a mess of it&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
12 avril 2010 18:08:40 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;All &quot;actualité&quot;, when taken too seriously, is, ipso facto, out of date.&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
12 avril 2010 17:51:42 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Le &quot;Mood&quot; de #Larbaud s'appelle aussi le vide&lt;br /&gt;
12 avril 2010 08:53:25 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Selon Jouannais #Larbaud incarne &quot;une sorte d’idéal shandy (son amour des voyages avec une mallette contenant son œuvre à l’infime densité)&quot;&lt;br /&gt;
11 avril 2010 11:30:35 HAEC via Netvibes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

attrape aussi ce que #Larbaud appelle &quot;The Mood&quot;&lt;br /&gt;
10 avril 2010 22:40:47 HAEC via Netvibes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

1917 : Pas un mot sur les soins aux blessés à l'hôpital de Vichy mais journaux entiers sur Alicante - San Vicente #Larbaud&lt;br /&gt;
9 avril 2010 18:46:12 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&quot;My days are all alike : (...) I want to keep a record of this day, always dear to me.&quot; #Larbaud&lt;br /&gt;
9 avril 2010 08:08:20 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud guest star dans #GTA4 ! http://tinyurl.com/y86zlmb&lt;br /&gt;
8 avril 2010 20:52:26 HAEC via Netvibes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Le grand mugissement des sirènes des très gros bateaux (...) si important qu'on pense à des départs pour d'autres planètes. #Larbaud&lt;br /&gt;
1:48 PM Apr 8th via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Fantômes lapdancent (#Larbaud aussi)&lt;br /&gt;
8 avril 2010 16:59:33 HAEC via Twitterrific&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

#Larbaud me casse la nuque, me pète le dos&lt;br /&gt;
7 avril 2010 08:34:48 HAEC via Twitterrific&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>100609</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/09/100609</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ae92be66a5a43a5d46c7e1e3b4a3344b</guid>
    <pubDate>Wed, 09 Jun 2010 20:13:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Coup de tête</category><category>David Foster Wallace</category><category>David Menear</category><category>Migraine</category><category>P.</category><category>Vide</category><category>Zanzibar Quarterly</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/06/6393&quot;&gt;Poursuivons&lt;/a&gt; dans les chiffres : 6 boites de deux fois 8 comprimés de Daffalgan 1G pour faire des stocks. Je sais plus combien ça m'a coûté : j'ai payé sans voir. C'est ma drogue blanche fictive dorsale en comprimés. Dorsale parce que je sais pas. Fictive parce que c'est pas vrai. Blanche parce que chaleur faisant migraine repart et perce molle en fin de journée, revient par derrière et tombe sur les yeux : je sais enfin ce que ça fait l'impression de vomir par les orbites, sauf que c'est une image donc c'est pas vrai. D'ailleurs c'est pas si nocif que ça et le sang pulsé part vite et tape même pas, comme il devrait, et même baiser ça booste pas la douleur alors qu'est-ce qu'il y a à comprendre ? H. me dit : c'est dégueulasse de te faire porter le chapeau, je dis : quel chapeau ? H. me dit : tu devrais consulter pour ta tête et je dis : je veux pas vraiment plus avoir mal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Lu dans le train (aller / retour) biographie succincte de David Foster Wallace (&lt;em&gt;The Lost Years &amp; Last Days of David Foster Wallace&lt;/em&gt;, par David Lipsky) dont je n'ai jusque là jamais lu le moindre mot. L'article traduit est paru dans &lt;a href=&quot;http://zanzibar-editions.com/les-livres/zanzibar-quarterly-n-1/&quot;&gt;le premier &lt;em&gt;Zanzibar Quarterly&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; (« tirage limité à 1500 exemplaires, c'est le moment de vous le procurer ») dont je reparlerai sans doute. D'ici là, motus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Croisé aussi des corps sans vie bien zombifiés qui traînaient leurs peaux sur des dizaines de quais. &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;Peur primaire&lt;/a&gt; n'apparaît pas, mais &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/David%20Menear&quot;&gt;David Menear&lt;/a&gt; écrit dans une de ses cartes postales : « Les corps croisés par coeur c'est des cancers bien mis. », ouais, alors je me rappelle la phrase. Je me demande combien de corps croisés sens inverse me voient pendant que moi je les vois pas. Faudrait compter. Arrêter et reprendre chaque fois qu'on se perd dans les chiffres. Arrêter souvent, reprendre idem.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Pensé à &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; sans pourtant peser le moindre mot. Me suis dit que si je continuais la découpe de la partie 1 (faudrait encore charcuter dix pages, je pense, mais pas dix pages de suite, dix pages disséminées entre les phrases, entre les mots, des soixante autres) &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; ça tiendrait  plus que sur un timbre poste. Et ça dirait quoi ? Que ma main, main droite, me chope la gorge ? Que je compte les corps en sens inverse ? Que je plante la chair dans le moignon ou le moignon dans la chair ? Qu'Ajay attend à côté de moi muet comme on pourrait pas dire ? Peut-être bien.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'ai pas dormi la nuit dernière, j'ai mal aux yeux. Ce temps d’insomnie tombé au pif, l'aurait fallu l'utiliser pour mieux écrire, travailler un peu, mais je l'ai pas fait. Hausse les épaules. Pourtant là qu'on est le plus efficace, le plus dévoué : quand la fatigue retire aux gestes, aux têtes, tous les moulinets inutiles. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/P.&quot;&gt;P&lt;/a&gt;. aussi s'enterre dans son mutisme : pas de mail, rien. Moi non plus d'ailleurs. D'ailleurs j'ai pas ouvert ma boite mail en question. D'ailleurs même pas envie de le faire.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>6393</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/06/6393</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b362386cc67efd8e764d3935e3341dc8</guid>
    <pubDate>Sun, 06 Jun 2010 17:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Corps</category><category>Coup de tête</category><category>Edgar Hilsenrath</category><category>I.</category><category>kiss bye boy</category><category>L.</category><category>P.</category><category>Train</category>    
    <description>    Numéro du TGV du jour. Étudiants japonais investissent le wagon et je me dis que peut-être ce serait cool d'en vrai encore être étudiant. Ou que ce que serait cool de partir vivre à l'étranger le temps d'y croire et d'oublier que ça aurait pu être différent. Plus loin Bronsky fait portier de nuit pendant trois semaines (&lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt;) et je me dis que peut-être ce serait cool de bosser de nuit pendant trois semaines. Plus loin corps voisin monté gare de Perrache traverse le sas Converse noires montantes aux chevilles et je me dis que peut-être ce serait cool, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/100_2201.jpg&quot; alt=&quot;100_2201.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;100_2201.jpg, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je relis encore &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, j'y comprends rien : tout est à chier depuis que je lis Hilsenrath : &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/04/Fuck-Hilsenrath&quot;&gt;fuck lui&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;Larbaud&lt;/a&gt; au moins était envahissant, lourd à traîner, ok, mais avec lui j'avais pas ce problème. Dans le train aussi difficulté à se concentrer. Faut être ailleurs. Faut mieux bosser.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Vendredi vu L. et I. pour une soirée. Pas vu L. depuis quoi ? des années ? Je lui dis salut. Prends des nouvelles. Elle me demande où j'en suis maintenant : la dernière fois qu'on s'est vu tu &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/10/22/Cordialement-etc&quot;&gt;vendais&lt;/a&gt; des machins sur Internet. Je lui dis putain &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/category/Journal&quot;&gt;mon Journal est en ligne&lt;/a&gt; et t'es même pas foutue d'avoir accès à ma vie privée ? Puis je lui explique. C'est à dire que je sais plus trop où je suis ni trop où je vais ni quand. Elle me ramène dans sa voiture en panne. Me dit faudra se revoir.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le contrôleur du 6393 me dit franchement faudra changer la photo de la carte 12-25 parce qu'on n'a plus 16 ans. Lui réponds que j'ai pas demandé à plus l'être.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Voisine de droite chiale retournée contre sa vitre place 80. Elle vérifie de temps en temps qu'autour on l'entend bien chialer et qu'on est là. Voilà maintenant qu'elle me demande un kleenex.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Aperçu hier P. comme Pierrot qui s'endormait quand il m'a vu. J'ai pris des photos à bout portant droit sur l'écran, droit sur la cam quand il dormait. J'ai pas cadré le visage, enfin je crois pas. Je crois plus qu'il pourra être mon personnage de &lt;em&gt;kiss bye boy&lt;/em&gt; qui est un ado, certes, mais qui n'est pas lui, et surtout qui est ailleurs. Et puis &lt;em&gt;kiss bye boy&lt;/em&gt; n'existe pas, c'est juste un titre avec des notes que je complète des fois. Tout à l'heure corrigé le fichier, j'y ai supprimé toute la ponctuation, j'arrive à trois pages titre compris, alors on est nulle part. D'ailleurs il me parle par monosyllabe et il s'endort encore. Je lui dis bonne nuit Pierrot et me déconnecte. Torse nu figé sur la cam qui freeze quand on éteint. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
J'aimerais juste être partout où je suis pas (c'est à dire à côté) mais quand je bouge y a tout qui suit, alors je râle. J'ai dit hier la fameuse phrase à P. : « rien ne sera jamais possible entre nous parce que je suis marié ».</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Fuck Hilsenrath</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/04/Fuck-Hilsenrath</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3785ff5a38d32850e13814dcebd8c22f</guid>
    <pubDate>Fri, 04 Jun 2010 17:03:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Coup de tête</category><category>Edgar Hilsenrath</category><category>X.</category>    
    <description>    Commencé mercredi &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt; d'&lt;a href=&quot;http://www.hilsenrath.de/&quot;&gt;Edgar Hilsenrath&lt;/a&gt;, recommandé &lt;a href=&quot;http://la-vitesse-des-trucs.blogspot.com/2009/03/lamerique-des-ecrivains-creve-la-faim.html&quot;&gt;à l'époque&lt;/a&gt; par &lt;a href=&quot;http://la-vitesse-des-trucs.blogspot.com/&quot;&gt;X.&lt;/a&gt; et acheté en sa compagnie d'ailleurs &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/27/SDL&quot;&gt;au dernier salon du livre&lt;/a&gt;. À peine cent pages pas plus et c'est le genre de livre qui me fait dire (comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Tom%20Spanbauer&quot;&gt;Spanbauer&lt;/a&gt; ou&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt; Fresán&lt;/a&gt; avant lui) que j'ai tout faux, n'ai rien compris, et ferai mieux d'écrire comme lui, lire lui, être lui. D'ailleurs les relectures &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; qui ont suivi ont marqué l'impact, ce qui me gêne, car je crains toute forme d'influence plaquée comme ça, sans prévenir et intempestivement. 

&lt;blockquote&gt;« Ça fait combien de temps que vous n'avez pas baisé, Monsieur Bronsky ? »&lt;br /&gt;

« Ça ne vous regarde pas. »&lt;br /&gt;
« Vous vous tapez des branlettes ? »&lt;br /&gt;
«  Ça ? Moi jamais. »&lt;br /&gt;
« Mais je suis certain que vous le faites. Après tout vous êtes encore un jeune homme. »&lt;br /&gt;
« Et pourtant, jamais. »&lt;br /&gt;
« Alors, je ne comprends pas pourquoi votre roman porte ce nouveau titre ! »&lt;br /&gt;
« LE BRANLEUR ? »&lt;br /&gt;
« LE BRANLEUR. »&lt;br /&gt;
« Les nouvelles vont si vite que ça ? »&lt;br /&gt;
« Comme vous voyez... »&lt;br /&gt;
Je dis : « Le titre est de Monsieur Grünspan. »&lt;br /&gt;
« Mais, il vous plaît ? »&lt;br /&gt;
« Je l'aime bien et j'ai l'intention de le garder. »&lt;br /&gt;
Le germaniste Rosenberg dit : &lt;br /&gt;
&lt;font-size=&quot;20&quot;&gt;« Un titre profond, énigmatique ! Les critiques vont se creuser la cervelle. »&lt;/font&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Edgar Hilsenrath,&lt;em&gt; Fuck America&lt;/em&gt;, Attila, trad : Jörg Stickan, P.78-79&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

J'aime : la fluidité du texte, le détachement des contraintes du dialogue, le jeu sur les redites, les bricolages typographiques, le bordel du texte. Sans doute, aussi, la qualité de la traduction joue-t-elle un rôle ?
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/fucka.png&quot; alt=&quot;fucka.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;fucka.png, juin 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Mais &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; c'est pas ça. J'aimerais que le texte soit aussi fluide et sec mais c'est pas ça. J'aimerais que la langue soit plus en surface, j'aimerais que la fiction comprenne qu'elle en est une et assume, mais c'est pas ça. Je me suis rendu compte, aussi, après ces relectures, que &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; visait l'asphyxie pure et que les lourdeurs c'était du coton bien doux dans la gorge. Que le texte au rythme décortiqué bloque le souffle et casse la gorge, voilà ce qui semble être l'enjeu. &lt;em&gt;Fuck America&lt;/em&gt; est plus nerveux, sanguin, et c'est une langue que j'admire, adore même, mais que je ne maîtrise pas. Et c'est pas la mienne. Pour ça bien sûr que je la veux.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Larbaud #6 &amp; fin</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/06/01/Larbaud-6-fin</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e487740161f1c628452ef4ef10a17eee</guid>
    <pubDate>Tue, 01 Jun 2010 20:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Littérature</category><category>Mort</category><category>Valery Larbaud</category>    
    <description>    &lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/larbaud.JPG&quot; width=&quot;600&quot;&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;

Le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Valery%20Larbaud&quot;&gt;Larbaud&lt;/a&gt; prend fin en 1935, on en vient. J'ai mis deux mois pour traverser ses 34 ans de plume et d'encre. Le livre aussi a souffert, 1500 pages embarquées chaque jour dans le cirque des transports. Comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/03/Roberto-Bolano-2666&quot;&gt;&lt;em&gt;2666&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; avant lui il ressort de cette lecture pas tout à fait indemne. En novembre 1935 Larbaud est atteint d'aphasie et se retire de l'écriture comme de la parole. Plus de &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; après cette date. Sa dernière escale l'emmène en Albanie et lorsqu'il en revient il cherche des drapeaux (mais n'en trouve pas). Le fil &lt;a href=&quot;http://twitter.com/search?q=%23Larbaud&quot;&gt;#Larbaud&lt;/a&gt; reste branché, avant de peu à peu se dissiper dans la masse...

&lt;blockquote&gt;&lt;em&gt;Ici se termine le journal de Larbaud. Suivent : un document en cyrillique, avec un timbre officiel, daté du 2 juillet 1935, à Tirana ; une page de carnet sur laquelle figurent quelques chiffres (comptes...) et sont collés deux timbres (albanais ?) ; une fracture de boissons prises à bord du Srbin (la facture, datée du 4 juillet 1935, écrite en caractères romains, porte la mention de la classe (I) ; le texte qui sert de chapeau à la facture est traduit en français : &quot;Les passagers sont priés de reporter tous désirs ou plaintes éventuelles au revers de ce feuillet en le posant dans la cassette de contrôle, se trouvant à tel but à bord&quot;) ; quelques feuillets de papier bleu dont le premier porte l'entête de l'Hôtel Royal Danieli à Venise et sur lesquels Larbaud a rédigé les notes ci-dessous.&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Larbaud #5</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/31/Larbaud-5</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:54af8359e08886745c78361b77f227a9</guid>
    <pubDate>Mon, 31 May 2010 20:38:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Littérature</category><category>Souvenir</category><category>Valery Larbaud</category>    
    <description>    &lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/mai10/27-05-10.jpg&quot; width=&quot;580&quot;&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Avant que &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/28/Larbaud-4&quot;&gt;Larbaud&lt;/a&gt; laisse place au souvenir de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/14/Larbaud-3&quot;&gt;Larbaud&lt;/a&gt;, lui-même étape transitoire avant l'oubli complet et définitif de&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/22/Larbaud-2&quot;&gt; Larbaud&lt;/a&gt;, deux paragraphes de 1934, entre Paris – Langar – Genève, décortiquant le souvenir, le souvenir du souvenir, l'image du souvenir du souvenir, etc. Et demain on termine.

&lt;blockquote&gt;La lumière de la conscience flétrit une bonne partie de nos souvenirs : je veux dire qu'elle leur ôte leur sève vivante et fraîche, ne laissant, à leur place, que des souvenirs de souvenirs, - ce qui explique l'erreur de l'homme à qui on avait raconté la bataille de Waterloo quand il avait quinze ans, et qui, à soixante-quinze ans, était sûr d'y avoir pris part. Elle réduit nos souvenirs vrais à l'état de souvenirs de faits racontés, de paroles entendues. Ainsi JE SAIS que sur cette route de Brides à Salins je me suis trouvé, à l'âge de 8 et 9 ans, assis sur le strapontin ou le siège avant d'un landau, en face de ma Mère et de Germaine Grille qui avait à peu près le même âge que moi. Je sais, de toute certitude, que la présence, la vue, de cette petite fille, me comblaient de bonheur, etc. - MAIS je me le suis redit si souvent dans les mois et les années qui suivirent, que je ne peux plus retrouver la vision primitive, ni les traces en moi du sentiment primitif et vivant dont cette certitude est LE RÉSULTAT et non LA REPRODUCTION. Je ne peux pas dire : « Je revois le mouvement de sa main qui, dans un geste fréquent chez elle, écartait doucement quelques brins de ses cheveux noirs, très fins, qui avaient tendance à couvrir sa tempe droite. » Je sais que j'ai vu ce geste, mais JE NE LE REVOIS PLUS. Le sentiment, même alors que mon amour était encore vivant (en 1891-92), avait été remplacé par la NOTION. La notion l'avait peu à peu absorbé en elle, et comme desséché. Je sais que je lui ai dit un jour, mais JE NE M'ENTENDS PLUS LUI DIRE (et j'avais préparé bien à l'avance cette douce phrase, et j'avais hésité plusieurs jours à la lui dire) : « Puisque la douche mouille toujours vos cheveux, vous devriez demander après, à la baigneuse, un séchoir. » (Dans ma pensée c'était une espèce de compliment sur la longueur et la beauté de ses cheveux ; il me semblait aussi qu'une telle « personnal remark » me rapprochait d'elle : je n'aurais jamais eu l'audace de les toucher, ses cheveux ; mais lui en parler était comme un « acte équivalent », the next thing to it.&lt;br /&gt;

Cependant le souvenir, même desséché par la conscience, est précieux ; on peut espérer qu'il n'est pas entièrement passé de l'impression reçue à la notion acquise ; et que la notion est une sorte de centre, de signal, que peuvent rejoindre un jour ou l'autre tels ou tels éléments de la sensation primitive non encore parvenus à la conscience, ou qui ont échappé à sa lumière. Mais à mesure qu'ils y arrivent, et l'instant de leur passage, de leur arrivée, révolu, les voici desséchés. L'art, qui ne tend qu'à reconstituer, pour les conserver et les communiquer, la sensation et le sentiment et l'idée EN VIE, est bien, en ce sens, « le salut ». Par une marche inverse on va de la notion à l'image, à l'idée, au sentiment. Mais comme on n'y arrive jamais, qu'on ne fait qu'en approcher plus ou moins, et qu'une fois qu'on a reconquis quelque bribe il faut encore « se tourner vers le peuple » pour communiquer, à travers les hasards du langage, cette bribe, quelles tonnes de minerai pour une pincée de cet or !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Valery Larbaud, &lt;em&gt;Paris – Langar – Genève in Journal&lt;/em&gt;, Gallimard, P.1206-1207.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Morphing</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/29/Morphing</link>
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    <pubDate>Sat, 29 May 2010 20:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>17h34</category><category>E.</category><category>Littérature numérique</category><category>P.</category><category>Publie.net</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/Vc_PU3D3QNE&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/Vc_PU3D3QNE&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

P. m'envoie dimanche cette vidéo en m'indiquant « clin d'oeil pour ton truc 17h34 » et je lui réponds que c'est fascinant quoiqu'un peu monstrueux en fait. Réponse : c'est assez égocentrique, ton projet c'est autre chose. Pas vraiment : &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/&quot;&gt;17h34&lt;/a&gt; reprenant à son compte un système d'autoportraits quotidiens, synthétisant en une série de clichés séparés une période assez importante. L'autoportrait est différent car le regard fixé est le mien. Et forcément cet autoportrait poussera vers l'effacement, le reflet, le spectre, puisque c'est moi qui représente, suis représenté. On pourrait par exemple s'amuser à compter le nombre de photos sur lesquelles on m'aperçoit, quelques dizaines sans doute, guère plus. P. me demande si je compte faire durer la série huit ans, comme &lt;a href=&quot;http://www.c71123.com/daily_photo/&quot;&gt;notre am&lt;/a&gt;i, et je réponds non, sans doute, l'objectif initial ayant toujours été de pousser l'expérience jusqu'au jour #1734, pas un de plus. Et c'est faux : cette idée n'ayant germé qu'en cours de route, quand je ne sais plus. D'autres autoportraits animés, avec morphing parfois, ont depuis écumé le net : une mode : façon de faire du rien un spectacle en streaming. Quel sera le format final de cette série ? Je ne sais pas. Une version animée de 17h34 n'aurait, de toute façon, pas beaucoup d'intérêt.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

E. au téléphone, sur le point de partir pour New-York, découvre après coup que &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?rubrique172&quot;&gt;mes trucs Publie.net&lt;/a&gt; ne sont pas format papier mais écran only et s'étonne. Mais les livres, elle me dit, mais les pages, elle me dit, mais comment toi, toi qui sniffes les pages, les vraies, à longueur de temps, tu peux cautionner ça ?</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Larbaud #4</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/28/Larbaud-4</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6f1cddaf7ea7af818d86d92e6749a7a1</guid>
    <pubDate>Fri, 28 May 2010 20:14:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Corps</category><category>Littérature</category><category>Valery Larbaud</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/Gioventu.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.Gioventu_t.jpg&quot; alt=&quot;Gioventu.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;Gioventu.jpg, mai 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;1932 : &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Valery%20Larbaud&quot;&gt;Larbaud&lt;/a&gt; lève &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/22/Larbaud-2&quot;&gt;enfin&lt;/a&gt; la tête : c'est la première incursion de l'Histoire dans le &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt;, et c'est Naples. Un regard au hasard entre les rangs d'un défilé militaire et ce que voit Larbaud c'est la mode, c'est les silhouettes, c'est l'uniforme. &lt;em&gt;Quelle allure !&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;


&lt;blockquote&gt;Remarquables et même beaux types de jeunes garçons et de jeunes hommes, à Pozzuoli et dans le tram ; presque tous appartenant aux diverses organisations fascistes : avant-gardistes (aiguillettes blanches sur chemise noire), jeunesses fascistes (mouchoirs aux couleurs de Rome noués autour du cou). Même la figure d'un gosse de 14 ans avait un caractère extraordinaire, une puissance d'expression qui arrêtait l'attention. Ces jeunes gens sont heureux de pouvoir mettre cette espèce d'uniforme le dimanche ; cela leur donne tout de suite de l'importance, un air de responsabilité et de maturité, qui est juste ce qu'ils désirent, et cela fait valoir le physique de ceux qui en ont un. C'est très bien trouvé ; parce que c'est plus « homme » que la tenue des boy-scouts ou des bataillons scolaires (le nom même de bataillons scolaires était mal trouvé.) Le gars de 17 ans, Pza Plebiscito, avec sa toque noire, sa chemise noire à aiguillettes blanches, ses culottes gris-vert, ses bottes, et ses gants BLANCS, - quelle allure ! Et il y aussi des hommes faits, et mûrs même, qui sont contents de se parer de ces uniformes, au moins le dimanche et les jours de revue d'exercices ; ils font tout ce qu'ils peuvent pour avoir l'air d'officiers, et j'en ai vu un avec la petite tunique noire à brandebourgs noirs et bordée de fourrure, qu'un règlement récent vient d'interdire. Le pantalon long, gris clair à deux bandes noires, et la toque galonnée, avec le fiocco de soie noire, - un officier, mesdames ! Et il était avec sa dame, plein de sérieux, d'importance, et de self-respect. Bien entendu ce sont les gardes-nationales de 1850, mais il y en a moins et on les choisit mieux ; pas une bedaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Valery Larbaud, &lt;em&gt;D'Annecy à Corfou in Journal&lt;/em&gt;, Gallimard, P.942.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Rue Saint Ambroise 25</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/25/Rue-Saint-Ambroise-25</link>
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    <pubDate>Tue, 25 May 2010 19:52:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Rue Saint Ambroise</category>    
    <description>    Signalons en passant la parution du nouveau numéro de la revue &lt;a href=&quot;http://ruesaintambroise.weebly.com/&quot;&gt;&lt;em&gt;Rue Saint Ambroise&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, lancée il y a une semaine à la Maroquinerie. Au sommaire de ce numéro, entre autre, figure &lt;em&gt;Tics du cordon&lt;/em&gt;, texte écrit &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/13/Syndrome-court&quot;&gt;l'année dernière&lt;/a&gt; et qui est hébergé dans ce numéro. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/RSA25.jpg&quot; alt=&quot;RSA25.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;RSA25.jpg, mai 2010&quot; /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>CLX &amp; CdT 1</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/23/CLX-CdT-1</link>
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    <pubDate>Sun, 23 May 2010 14:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audio</category><category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category><category>Jamie Cullum</category><category>Jean-Patrick Manchette</category><category>Livre des peurs primaires</category><category>N.</category><category>Roberto Bolaño</category>    
    <description>    Vu N. hier, fait beau, un verre, parlé un peu des trucs qu'on s'est pas dits depuis trois mois qu'on s'est pas vus. Me demande comment avance &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;, si tout est terminé, lui réponds que c'est en cours, qu'il ne devrait plus rester que trois ou quatre mois de travail avant de tout boucler. Ça fait  trois ans qu'il reste plus que quelques mois de travail, je précise, alors points de suspension. Il m'explique aussi qu'il comprend rien aux trucs que je balance en ligne, si c'est vrai, si c'est pas vrai, prenant exemple entre autres mon récent passage aux urgences psychiatriques évoqué sur &lt;a href=&quot;http://www.twitter.com/gvissac&quot;&gt;Twitter&lt;/a&gt;. Je lui réponds que je comprends pas, que rien n'est faux dans mes notes et que jamais je ne me permettrais de balancer de la fiction dans mon &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/category/Journal&quot;&gt;Journal&lt;/a&gt;. Qu'on se comprenne. J'ai une éthique. Qu'on puisse croire que c'est faux, vraiment, est une sorte de peur primaire en soit. D'ailleurs le &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article303&quot;&gt;&lt;em&gt;Livre des peurs primaires&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est toujours &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;en pleine expansion&lt;/a&gt;, qu'on se le dise, et signalons au passage la &lt;a href=&quot;http://pagesapages.wordpress.com/2010/05/21/livre-des-peurs-primaires-de-guillaume-vissac/&quot;&gt;chronique récente de Christine Jeanney&lt;/a&gt; sur le sujet, merci pour son retour. Plus tard passage à la F.N.A.C. pour achat divers. Si nous étions momentanément transposé dans le Journal d'Andy Warhol je devrais écrire que achat de &lt;em&gt;Nada&lt;/em&gt; et du &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/20/La-cible-dans-quinze-jours&quot;&gt;Manchette&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Le troisième reich&lt;/em&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/03/Roberto-Bolano-2666&quot;&gt;Bolaño&lt;/a&gt; et DVD &lt;em&gt;Un jour sans fin&lt;/em&gt; &amp; &lt;em&gt;La belle personne&lt;/em&gt; = 95€. &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/14/Larbaud-3&quot;&gt;Larbaud&lt;/a&gt; pas encore terminé j'achète déjà un nouveau journal car c'est plus fort que moi : et la première page lue en rentrant dans le RER me donne raison : et Manchette n'a alors que 24 ans : dommage que la couverture soit abimée, m'en suis rendu compte après coup. Je reverrai sans doute N. prochainement. D'ici là retour prévu Sainté du 2 au 6 juin, dans deux semaines, billets payés ce jour. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/Avu_4TcnxFs&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/Avu_4TcnxFs&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ce matin reprise &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; partie 1, premier jour repris aux trois quart, je m'attaque maintenant au deuxième, le but premier étant de dynamiser (dynamiter) le dialogue qui sert à présenter le personnage de Nil. L'idéal, je me suis dit en mettant les mains dans le cambouis des mots, ce serait encore de ne faire parler Nil qu'au discours direct et le narrateur qu'au discours indirect &amp; indirect libre mais ce n'est pas vraiment faisable et ce serait (trop) systématique. 
&lt;blockquote&gt;- T'es sourd ?, il me gueule. Je te dis que c'est le jeudi ! Est-ce qu'on est jeudi ?&lt;br /&gt;

Je lui dis ben non. C'est ma voix qui parle à ma place.&lt;br /&gt;

- Non !&lt;/blockquote&gt;

Etc.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>La cible dans quinze jours</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/20/La-cible-dans-quinze-jours</link>
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    <pubDate>Thu, 20 May 2010 19:17:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Jean-Patrick Manchette</category><category>Littérature</category>    
    <description>    Sans raison particulière, il est vrai que je lis très peu de roman noir. 
&lt;blockquote&gt;Assis à un bureau de métal, M. Cox mangeait des frites dans une assiette en carton, avec les doigts. Il portait un complet trois pièces en flanelle grise et n'avait pas ôté son pardessus en poil de chameau qui pendait, ouvert, autour de lui. Il y avait une goutte de gras sur son double menton. Il semblait las.&lt;br /&gt;

- Voulez-vous un café ? Demanda-t-il. Il y a une machine à café. Voulez-vous quelques frites ? C'est tout ce que j'ai à vous offrir. (Martin secoua la tête.) Je suis content que vous ayez changé d'avis, fit M. Cox d'un air de grande conviction.&lt;br /&gt;
- Vous avez déjà lu mon annonce ?&lt;br /&gt;
- Bien sûr.&lt;br /&gt;
- Dans le journal de demain ?&lt;br /&gt;
- Bien sûr, répéta Cox. Nous n'utilisons pas trente-six organes de presse, pour correspondre. Il n'est pas compliqué d'appointer un ou deux employés, ici et là, pour connaître à l'avance le contenu d'une petite rubrique d'annonces. Routine pure, Christian. (Il sourit.) Martin Terrier, dit-il en souriant.&lt;br /&gt;
- Vous saviez ça depuis le début ?&lt;br /&gt;
- Nous aimons connaître bien nos employés. Vous en avez fait de belles, dites-moi. (M. Cox souriait toujours.) Vous avez cette Anne Schrader avec vous, paraît-il.&lt;br /&gt;
Terrier hocha la tête. Cox haussa les épaules.&lt;br /&gt;
- C'est important pour vous ? Elle vous importe ? Demanda-t-il. (Terrier ne répondit pas. Cox sourit de nouveau.) Sommes-nous toujours d'accord pour 150 000 francs ?&lt;br /&gt;
- 200 000, dit Terrier. Vous aviez parlé de 200 000.&lt;br /&gt;
- C'était avant que vous fussiez acculé. Maintenant c'est 150, et c'est déjà un très bon prix. Et il y a des avantages en nature : vous et cette femme, des papiers, des passeports, tout ce qu'il faut. La cible dans quinze jours. Avant cela, vous êtes pris en charge, bien entendu.&lt;br /&gt;
- Je ne veux pas que la fille soit prise en charge. Je veux que la laissiez partir.&lt;br /&gt;
- Bien sûr, c'est ce que vous voulez, dit Cox. C'est impossible, bien sûr. (Il jeta un regard las à Terrier.) Vous voulez discuter ? Vous voulez nous faire perdre notre temps ?&lt;br /&gt;
- Non. Où sera la cible ?&lt;br /&gt;
- Ici. A Paris.&lt;br /&gt;
- Les quinze jours d'attente, dit Terrier, je veux les passer en Océanie.&lt;br /&gt;
- Mais pourquoi ? demanda Cox avec un étonnement sincère.&lt;br /&gt;
- Parce que je ne vois rien de mieux. Où est-ce que vous iriez, vous, à ma place ?&lt;br /&gt;
- Je ne bougerais même pas.&lt;br /&gt;
- Ça ne m'étonne pas.&lt;br /&gt;
- Vous êtes stupide, Christian, dit Cox avec une espèce de colère. Vous êtes un crétin. Je ne bougerais pas d'ici ou de n'importe quel endroit où je me trouverais, parce qu'il n'y a aucun endroit qui soit mieux qu'un autre, sauf les pays communistes qui sont encore pires. Il n'y a plus aucun endroit qui soit bien, vous ne comprenez pas ça ? Ah non, je ne bougerais même pas ! Répéta-t-il avec force. Il n'y a nulle part où aller.&lt;br /&gt;
- Je veux aller en Océanie, dit encore Terrier.&lt;br /&gt;
- Vous irez dans la forêt de Tronçais, dit fermement M. Cox.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Jean-Patrick Manchette, &lt;em&gt;La position du tireur couché&lt;/em&gt;, Folio policier, P.113-115.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Mate la révolution</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/17/Mate-la-revolution</link>
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    <pubDate>Mon, 17 May 2010 21:05:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Audio</category><category>Crise !</category><category>David Bowie</category>    
    <description>    Il mate la révolution. Jumelles ou sniper dans l'oeil, c'est pareil. Il mate les corps minuscules contrebas qui s'agitent. Le champ de bataille c'est terrain vague. Le terrain vague des voies ferrées. Les voies ferrées points de fuite éteints sur l'horizon qui crame. Les toits des immeubles maintenant des balcons où on mate. Il est fatigué de mâcher une vie qui est loin d'être la sienne. Plus bas il reconnaît l'un des corps, grenade F-1 à la main prêt à dégoupiller. Foulard collé au cou qui l'étouffe à moitié mais protège bien des vagues lacrymo. Lunettes de ski, de nage ou plongée pour pas chialer. Épaule en sang, droite ou gauche. S'abrite derrière un quai fauché par une mine. Attend le bon moment. Voit dans ses verres défiler un passé minuscule. Sous sa gorge le viseur du sniper, objectif des jumelles, le marqueur pour voir juste le bordel trop lointain. Pression du doigt cramerait d'un coup sa vie, la grenade lui péterait dans les moignons. Mais il hésite. Son taf à lui c'est dire ce qu'il voit et il se tait. Son taf à lui c'est faucher par balles traçantes la vie des autres à découvert, sauf qu'il fauche pas. Il a encore dans son chargeur les 7 cartouches déjà chargées mais sans détente. Il attend de voir. Il mate le show. L'autre en bas sort de son trou, balance derrière sa bombe. La grenade pète : kilos de sable que ça soulève : rails éventrés, points de fuite foutus, et quelques corps s'enfoncent sous la fumée. La fumée masque l'oeil du sniper, il perd sa trace. Il le cherche entre les dunes de zinc mais aucun corps à l'horizon pour porter le même foulard, les mêmes lunettes, la même ceinture de TNT autour des hanches. Quand il le trouve il a changé. C'est peut-être plus le même. Le sang séché sur l'autre épaule, foulard défait, lunettes fondues. Il arme un peu le PGM Hécate II et il vise sec juste à côté de ses pompes. Presse la détente. Tire. L'autre en bas se jette par terre, lève la tête et voit. Il lance des codes à coup de miroir qu'on bouge face au soleil et qui veulent dire : réponds-moi, j'y comprends rien. Et il attend sa réponse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


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&lt;br /&gt;
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Je mate la révolution. Jumelles ou sniper dans l'oeil, c'est pareil. Je mate les corps minuscules contrebas qui s'agitent. Le champ de bataille c'est terrain vague. Le terrain vague des voies ferrées. Les voies ferrées points de fuite éteints sur l'horizon qui crame. Les toits des immeubles maintenant des balcons où on mate. Je suis fatigué de mâcher une vie qui est plus la mienne. Plus bas je reconnais l'un des corps, grenade F-1 à la main prêt à dégoupiller. Foulard collé au cou qui l'étouffe à moitié mais protège bien des vagues lacrymo. Lunettes de ski, de nage ou plongée pour pas chialer. Épaule en sang, droite ou gauche. S'abrite derrière un quai fauché par une mine. Attend le bon moment. Je vois dans ses verres défiler un passé minuscule. Sous sa gorge le viseur du sniper, objectif des jumelles, le marqueur pour voir juste le bordel trop lointain. Pression du doigt cramerait d'un coup sa vie, la grenade lui péterait dans les moignons. Mais j'hésite. Mon taf en fait c'est dire ce que je vois et je ferme ma gueule. Mon taf en fait c'est faucher par balles traçantes la vie des autres à découvert, et moi je regarde. J'ai encore chaud dans mon chargeur les 7 cartouches déjà chargées mais sans détente. J'attends de voir. Je mate le show. L'autre en bas sort de son trou, balance derrière sa bombe. La grenade pète : kilos de sable que ça soulève : rails éventrés, points de fuite foutus, et quelques corps s'enfoncent sous la fumée. La fumée m'étouffe, je perds sa trace. Je le cherche entre les dunes de zinc mais aucun corps à l'horizon pour porter le même foulard, les mêmes lunettes, la même ceinture de TNT autour des hanches. Quand je le retrouve il a changé. C'est peut-être plus le même. Le sang séché sur l'autre épaule, foulard défait, lunettes fondues. Je charge un peu le PGM Hécate II et je vise droit contre ses pompes. Presse la détente. Tire. L'autre en bas se jette par terre, lève la tête et voit. Je lance des codes à coup de miroir qu'on bouge face au soleil et qui veulent dire : réponds-moi, j'y comprends rien. Et j'attends sa réponse.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

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&lt;/div&gt;


&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Tu mates la révolution. Jumelles ou sniper dans l'oeil, c'est pareil. Tu mates les corps minuscules contrebas qui s'agitent. Le champ de bataille c'est terrain vague. Le terrain vague des voies ferrées. Les voies ferrées points de fuite éteints sur l'horizon qui crame. Les toits des immeubles maintenant des balcons où tu mates. T'es fatigué de mâcher une vie qui est peut-être pas la tienne. Plus bas tu reconnais un corps, grenade F-1 à la main prêt à dégoupiller. Foulard collé au cou qui l'étouffe à moitié mais protège bien des vagues lacrymo. Lunettes de ski, de nage ou plongée pour pas chialer. Épaule en sang, droite ou gauche. S'abrite derrière un quai fauché par une mine. Attend le bon moment. Vois dans ses verres défiler un passé minuscule. Sous sa gorge le viseur du sniper, objectif des jumelles, le marqueur pour voir juste le bordel trop lointain. Pression du doigt cramerait d'un coup sa vie, la grenade lui péterait dans les moignons. Mais t'hésites. Ton taf en vrai c'est dire ce que tu vois et tu la fermes. Ton taf en vrai c'est faucher par balles traçantes la vie des autres à découvert, sauf que tu mates. T'as encore dans ton chargeur les 7 cartouches déjà chargées mais sans détente. Alors t'attends de voir. Tu mates le show. L'autre en bas sort de son trou, balance derrière sa bombe. La grenade pète : kilos de sable que ça soulève : rails éventrés, points de fuite foutus, et quelques corps s'enfoncent sous la fumée. La fumée t'arrache la gueule, tu perds sa trace. Tu cherches entre les dunes de zinc mais aucun corps à l'horizon pour porter le même foulard, les mêmes lunettes, la même ceinture de TNT autour des hanches. Quand tu le retrouves il a changé. C'est peut-être plus le même. Le sang séché sur l'autre épaule, foulard défait, lunettes fondues. Tu charges sans âme le Hécate II et tu vises juste, mais à côté de ses pompes. Presses la détente. Tires. L'autre en bas se jette par terre, lève la tête et voit. Tu lances des codes à coup de miroir qu'on bouge face au soleil et qui veulent dire : réponds-moi, j'y comprends rien. Et t'attends sa réponse.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.smasc_t.jpg&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.smasc_t.jpg&quot; /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.smasc_t.jpg&quot; /&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Larbaud #3</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/14/Larbaud-3</link>
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    <pubDate>Fri, 14 May 2010 19:36:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Coup de tête</category><category>Littérature</category><category>V.</category><category>Valery Larbaud</category>    
    <description>    Après &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/02/Coup-de-tete-4/5&quot;&gt;légère pause&lt;/a&gt;, reprise Larbaud. Ce passage en particulier, entre Annecy et Corfou, retient mon attention. Parce que j'y reconnais le même mécanisme de la mémoire qui vient fixer, dans des espaces réels, des instants de fiction pure. Je revois souvent le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/04/07/107-reperages&quot;&gt;périple&lt;/a&gt; du narrateur de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, par exemple, en revenant quelques jours à St-Etienne. Son périple n'est pas le mien, n'est pas superposé au mien, il reste le sien, le sien à part entière. V. à l'époque s'était demandée pourquoi je devais tellement &lt;em&gt;fixer les lieux&lt;/em&gt; avant de les écrire (habitude qui m'est complètement passée depuis ?) et je n'avais pas su répondre (ou alors j'ai répondu puis oublié ma réponse, ce qui revient au même). La réponse est simple : parce que le texte le nécessitait. Pas besoin d'en savoir plus.(Et, toujours, bien sûr, le &lt;a href=&quot;http://twitter.com/search?q=%23Larbaud&quot;&gt;fil #Larbaud&lt;/a&gt; qui suit son cours...)

&lt;blockquote&gt;Naples, lundi 22 Février. – Travaillé une partie de la nuit, in fact it was 4 a.m. When I went to bed, lavorando per il MS Autographe cioè per Jean Royère. – Alzato tardi, e usciti insieme per dejeûner, this time D'A Bersagliera cioè nell'altro ristorante « sotto ripa » in faccia al Castel dell' Ovo. – Puis promenade à pied Villa Francesco De Sanctis. Retour à pied le long de la mer, et donné les photos (anche quelle fatte a Civitavecchia, Ostia e Roma) à développer dans une boutique voisine du Continentale. - Un heure dans la chambre, puis sortie en tram 18 jusqu'à la Poste Centrale où j'ai trouvé un petit courrier (nouvelles de Valbois, un mot de Jean Paulhan, une lettre de Giovanni Comisso, de San Remo ; etc.) A pied Pza Dante, et tram n°7 pour le Vomero, jusqu'à Pza Vanvitelli. Assez ému par ce retour « au pays » : mon quartier, mes fenêtres (devenues, depuis, celles de Lucas Letheil dans &lt;em&gt;Mon plus secret conseil...&lt;/em&gt;). Aucun changement dans l'architecture, mais un plus grand nombre de magasins, et mieux éclairés, tant via Scalatti que Pza Vanvitelli. La « Grocery » qui était en face de ma fenêtre sur la rue qui mène au funiculaire de la Chiaha, s'est déplacée et a été remplacée par une pâtisserie-caffè, dont l'enseigne est : Unica. Nous avons flâné là un moment, pris un léger goûter, et fait de petits achats de bouche, redescendant en ville par un tram 28, qui fait un long circuit par la via Tasso, le Corso Vittorio Emanuele, la via dei Mille, v. Domenico Morelli, etc., passant près de l'endroit où Lucas Letheil trouve la carrozzella qui mène à la Gare Centrale. (J'y ai pensé avec une telle intensité en composant &lt;em&gt;Mon plus secret conseil...&lt;/em&gt;, j'y suis effectivement revenu en pensée, qu'à présent mes souvenirs personnels liés à ces endroits-là (mais pas ceux du Vomero même, ceux que j'ai appliqués à la descente de Lucas Letheil seulement) ont cédé la place à ces souvenirs imaginaires  ; et je conçois comment beaucoup de légendes ont pu se former ; comment, par exemple, quelqu'un qui n'aurait jamais vu le Pape, ne serait jamais allé à Rome, pourrait, après avoir lu des récits de cérémonies dans S. Pierre et y avoir beaucoup pensé, être certain, après un grand nombre d'années, d'avoir le Pape, d'être allé à Rome, etc. Voici l'explication : j'ai fait, en 1904, à plusieurs reprises, entièrement et en parties, cette descente du Vomero à la Chiaja, à pied ; mais toujours dans des circonstances banales, indifférentes ; tandis que j'ai fait faire cette même descente à mon personnage dans des circonstances pour lui exceptionnelles et quasiment dramatiques ; je l'ai refaite avec lui, dans sa peau, partageant ses sentiments, son inquiétude, ses préoccupations etc. ; et il est assez naturel que maintenant les souvenirs de mes promenades de 1904 entre le Vomero et le Chiaja, souvenirs du décor, des lieux, se trouvent indissolublement liés à mon personnage et à son action dans ces lieux ; de sorte qu'en revoyant le coin de la via dei Mille je pense aussitôt à Lucas Letheil trouvant là la première carrozzella de la journée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Valery Larbaud, &lt;em&gt;D'Annecy à Corfou in Journal&lt;/em&gt;, Gallimard, p.922-923.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Notes CdT (2/2)</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/13/Notes-CdT-2/2</link>
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    <pubDate>Thu, 13 May 2010 12:25:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    &lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/notescdt2.JPG&quot; width=&quot;580&quot;&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;

Notes &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; embarquées au quotidien, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/10/Notes-CdT-1/2&quot;&gt;suite&lt;/a&gt; et fin.

&lt;blockquote&gt;16/10/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

CdT &gt; ne faudrait-il pas inverser les titres des parties II et III ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
27/11/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT (II) &gt; pour le problème de bus vers V. flouter la chose, formulation type « d'un train à un autre plus petit à un autre plus petit, etc. » Matriochkas ferroviaires.&lt;br /&gt;
+ /!\ I, J1, passage Ajay qui s'insère &lt;ins&gt;entre les phrases&lt;/ins&gt;, ce qui ne se reproduit plus après. A rectifier. S'en servir quand le rythme s'accélère et que deux évènements se superposent (tête et jambes, grosso modo).&lt;br /&gt;
+ /!\ sur tout le texte : ne pas se servir de la faim comme d'une anecdote qui apparaît pour meubler mais bien comme &lt;ins&gt;baromètre&lt;/ins&gt; de sa condition mentale. Fluctue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
28/11/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; Attention à l'uniformisation des temps dans les adresses à Ajay. Alternent présent et imparfait (grosso modo selon l'humeur du moment).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
14/12/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; problème vis à vis des plannings de Nil. À corriger directement lors de la première rencontre via adresse à Ajay. + rajouter des incises en milieu de phrases comme au début.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
19/12/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; Coup d'oeil au plafond du grand hall : l'impression de devenir épileptique à fixer les néons longs et le grillage serré.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
08/02/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; se servir du mot « désafférentation » (même si CD le maîtrise mal)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
01/03/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; supprimer les pronoms dans les phrases type je pense – (je) supporte, (je) subis –&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
05/03/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; fin I : Nil l'immobilise, il arête de se débattre quand il comprend qu'il fait ça pour n'être plus face à face (les yeux, reflets, regards). Il lui pose des questions simples auxquelles il doit répondre. Au bout : trouver un substitut au mot truc. Ellipse. Scène de la lune, larmes avortées. + fragmenter &amp; insérer des adresses à Ajay. Pas plus de deux à quatre répliques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
14/03/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
début IV : « Tout ce qui suit a pu arriver, aurait pu arriver, aurait mieux fait. L'un ou l'autre ou tout à la fois. / Tout est arrivé. Question de point de vue, de lignes de fuite, compression des regards. Question de perspective. »&lt;br /&gt;
+ faire de la IV une succession de fins alternatives.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
08/04/09 : s'inspirer de &lt;em&gt;Tentatives de pourquoi j'ai toujours si mal à la tête&lt;/em&gt; vis à vis de la langue de Nil + voir s'il est utile de prononcer « l'envers du décor »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
14/04/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Phrase de fin possible : « (Et) Franchement Ajay j'ai l'impression de te connaître, je lui dis. Mais de là à te dire comment j'ai fait pour arriver jusqu'ici devant toi, je peux pas, c'est au dessus de mes forces. Vraiment. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
20/04/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
La fin de &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; : elle doit cibler la mort répétée du narrateur, la destruction du corps, avant souffle cru pris par l'absurde et le fantasmé. Se servir de l'expérience « peurs primaires ». Y aller, y aller vraiment. Offrir tout ce qui en moi ne peut pas se retenir, comme si ce livre pouvait être le seul.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
27/04/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; CdT IV &gt; récupère canif ou scalpel &amp; briquet (Nil ?) et s'entaille le moignon, automutilations d'abord, puis boucherie progressive pour y greffer la main noire. Ne pas savoir à quel degré d'hallucination on se trouve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
01/05/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; III &gt; partie 505, aperçoit le type en ligne de mire, baisse les yeux pour le laisser disparaître mais ne disparaît pas, sauf au sommet avant réapparition. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
20/05/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
P.27  &gt; faire en sorte que l'eau zigzague dans ses intestins et qu'il le sente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
24/05/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT, III (début) : commencer le 10e jour matin &gt; mange sa dernière madeleine entre gorgées d'eau avec récit à Ajay de l'arrivée à V. Il laisse filer le type de lui-même : se retourne vers lui et le voit + la tension d'une filature accumulée à la trouille : son corps ne bouge plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

23/06/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT III : passage 505 (ou après) : « je te vois, toi aussi mais (juste) : regarde-moi »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
02/10/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT III &gt; scène où le type parle de son père ? Un jeune type F. recruté, deux ans de plus, comme meilleure version de moi qu'il pourrait avoir à la place ou qu'il pourrait baiser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
05/11/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT, fin possible : « J'irai ailleurs » (dialogue) Plus tôt, rencontre Ajay : « Ajay, c'est ça ton nom ? Je prononce bien ? » et « Première fois de ma vie que je rentre dans un casino. Je peux lancer les dés avec cette main ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
10/11/09&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT (fin) : faire une partie « zéro », à part, fragmentaire, où s'enchevêtreraient des instants possibles ou non, courts, peut-être noyés dans le blanc de la page ? À voir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
06/02/10&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT IV &gt; multiplier les boucles temporelles : le narrateur retrouve des passages fragmentés de la partie I qu'il dépasse ou bouscule. Ensuite les boucles se nécrosent : temps d'en finir. + boucle avec le début de la partie IV qui débouche cette fois sur un double suicide&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
15/03/10&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
« Cours pas : marche juste et marche encore » (fin ?)&lt;br /&gt;
Partie IV : dort et vit et mange sur les marches d'un escalier très fréquenté : se fait piétiner.&lt;br /&gt;
Rebaptiser le type aux cheveux bleus X ou l'X ? (yx)&lt;br /&gt;
Un chapitre sans chiffre (ensuite accumuler les points) : « Voilà, ça y est, j''en ai fini / j'arrête de compter les jours »&lt;br /&gt;
Ne pas amputer la mécanique du corps (faim) mais la rendre systématique, automatisée. La résoudre , bouton sur lequel on appuie, on l'a compris par habitude.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
11/04/10&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; pour la cohérence de l'ensemble, ajouter un passage après la scène du tram qui dit clairement le dégoût actuel ?&lt;br /&gt;
+ y ajouter plus haut extrait de Nil qui explique peut-être que vers l'envers = la fin de cette misère là (par exemple : lettre d'insulte à Nil postée dans bouche d'égout ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
28/04/10&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; remplacer la lumière blanche du lampadaire (cliché cliché) par un objet plus trivial (poubelle ? Extincteur ?) &amp; une languette Flamby ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
06/05/10 &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT II &gt; moment du rêve de l'X. Préciser via adresse à Ajay une ligne type « il me touchait et je claquais, Ajay. Après il devenait moi. Je te fais pas un dessin pour te laisser comprendre/voir ce que ça peut impliquer/porter »&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Notes CdT (1/2)</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/10/Notes-CdT-1/2</link>
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    <pubDate>Mon, 10 May 2010 20:46:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    &lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/cdtnotes.JPG&quot; width=&quot;580&quot;&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;


Quatre ans que dure &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; : quatre ans que je prends notes régulières sur cahier &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/04/25/268-le-cahier-vert&quot;&gt;vert&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/10/05/Cahier-bleu&quot;&gt;bleu&lt;/a&gt;, jaune ou &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/09/10/Notes-tactiles-1&quot;&gt;Ipod, iPhone&lt;/a&gt; pour fixer les idées vagabondes. Après avoir &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/02/Coup-de-tete-4/5&quot;&gt;relu&lt;/a&gt; intégralement les quatre parties les unes à la suite des autres pour sonder le texte dans la profondeur je rassemble ces notes manuscrites, vérifier en compilant que je n'ai rien oublié. La plupart de ces notes sont caduques mais témoignent de l'évolution du texte. Première partie aujourd'hui, la suite plus tard.


&lt;blockquote&gt;24/06/06&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


Prise de notes sur fond de Jack the Ripper, &lt;em&gt;Old stars&lt;/em&gt; : aux planètes verticales, elles crépitent / douleur qui inverse le mouvement des choses / se perdre avant que tout s'éteigne / je me languis des étreintes que la lune ne m'a jamais données / pas de sensation régulière / la cicatrice entre nous deux / ensemble de couleurs salées / la lumière du phare / depuis le ciel sur les courbes / ton cœur sur la peau / torse endolori / clavicules respirées et mâchoires / membres plastique / notre seul contact / orbites exaspérées / tout ce qu'il me faut&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
25/07/06&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Note CdT : truc miroir dans le train, sous porte-bagages, permet de voir devant&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
14/01/07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Idée pour la partie II &gt; insérer des annonces SNCF dans le texte (cf. Larbaud), mais plus poussé, au milieu des phrases, en gras ou en majuscule.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

05/10/07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Pour &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; : faire de CD un personnage plus désespéré, affamé, évolutif &gt; jusqu'à la violence. + Allonger durée du récit. + changer passage du tram : frappe et prend la place du conducteur. + confidences au croupier sous la forme d'un chapitre pair &amp; impair. Rallonger considérablement la partie IV + superposer aux événements un calque de folie + Ne comprend pas les objets qu'on lui donne, reste encore longtemps dans la rue après ça
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
14/10/07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Phrase qui s'impose d'elle-même sans contexte : « la douleur est immense et l'immensité croît »
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
13/11/07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; « Le temps des premiers muscles est mort. Et moi, resté à l'air libre, je suffoque » = l'air / la fumée du pneu qui crame en permanence coincé/bloqué dans la gorge&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
26/11/07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; « chaque (nouvelle) poignée de main, aussi formelle soit-elle, est une humiliation »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
27/11/07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L'adolescence c'est partir et ne pas / ne plus revenir. C'est ce moment là : aller vers la fuite et s'y fondre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
28/11/07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Phrase pour CdT (IV) : son odeur aujourd'hui / maintenant ne sent plus rien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
04/12/07&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT, scène du tram &gt; fantasme de violence ou fantasme d'irréel ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
11/04/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; &gt; personnages mal calibrés. À revoir :&lt;br /&gt;
Le Maître, M.N., Karl ?, Nil ?, CD ??&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
21/04/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; CD &lt;ins&gt;doi&lt;/ins&gt;t être en mouvement. A l'arrêt, il subit les affres de ses propres complexes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
22/04/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; passage transition après le départ de CD de chez A. : a l'impression d'être suivi. Parano. Se planque dans une Poste (ou banque) pendant que le type s'en va. Le voit s'éloigner dans l'écran de surveillance. Le suit à son tour. C'est peut-être Nil. Il perd sa trace devant l'Eden.&lt;br /&gt;
+ voit régulièrement son image dans le reflet des vitrines. Motive sa fuite permanente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
24/04/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; pour les trains au départ &gt; « le train TGV va être mis en place voix X... »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
17/05/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; ça a commencé dans un tram, alors probablement que ça doit finir dans|&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
18/05/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT Fin I&lt;br /&gt;
CD – Je sais ce que je veux. Je veux juste récupérer ma main.&lt;br /&gt;
Nil – Alors va falloir te mettre à chercher ce qu'il y a derrière. L'envers du décor (t'as déjà entendu parler ?)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
23/05/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT : Nil porte des lunettes de ski.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
26/08/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT : l'enjeu du texte ne serait-il pas en réalité la déconstruction du corps ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&gt; l'anesthésier progressivement depuis le moignon jusqu'au buste. Parce que l'adolescence est en soit un exemple de dépossession du corps (forcée)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
27/08/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Passage CdT qui explique le coup de tête et le rapport au corps. « C'est pas une question de c'était bien, c'était pas bien. Ces cons là méritaient ce qu'on leur imposait parce qu'ils étaient pas foutus d'être en contrôle de leurs corps. Nous on l'était. Moi je l'étais. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
10/09/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; changer les bouts de monologue intégrés en vrais bouts de récit anticipé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
25/09/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT : Gare &gt; Arjeen Manguel est une femme qu'il invente. Évidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
29/09/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; « Poignée de mains, salut. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&gt; à un moment préciser que la paume de sa main gauche résonne indolore-insensible contre la peau froide des autres corps.&lt;br /&gt;
&gt; relectures de la totalité de Ville 1, à couper : la partie course-poursuite (?) &amp; mieux gérer la montée-descente dans la faim (montagnes russes)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
30/09/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; Ne pas oublier les lunettes de Nil pour le passage Gare du début + passage Montagne : il espère pouvoir monter jusqu'en haut mais s'étale bien avant. Fantasmes. + garder les noms ? Les jours ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
01/10/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CdT &gt; si suppression des jours, se servir des plannings maniaques de Nil pour organiser un calendrier cohérent après coup (V) et permettre la recomposition d'un schéma temporel cohérent OU se servir des adresses à Ajay pour situer les jours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
14/10/08&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
CD en quête de conseils auprès d'AMF : &lt;br /&gt;
- Si t'étais Nil, qu'est-ce que tu me conseillerais de faire ?&lt;br /&gt;
- Si j'étais Nil, je te dirais : putain mais t'es qui (au fait) ?&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Aussi sur l'Ipad</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/05/Aussi-sur-l-Ipad</link>
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    <pubDate>Wed, 05 May 2010 20:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Ipad</category><category>Littérature numérique</category><category>Livre des peurs primaires</category><category>Publie.net</category>    
    <description>    L'Ipad en France c'est pour bientôt. Le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Livre%20des%20peurs%20primaires&quot;&gt;&lt;em&gt;Livre des peurs primaires&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est déjà prêt pour s'adapter au support, que ce soit bien sûr dans sa &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;version en ligne&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article303&quot;&gt;reconditionnée pour Publie.net&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;http://nicolinux.fr/&quot;&gt;Merci à Nicolinux&lt;/a&gt; pour cette petite capture d'écran du texte Publie.net embarqué sur l'Ipad, diffusée &lt;a href=&quot;http://twitpic.com/1l1jhv&quot;&gt;via Twitter&lt;/a&gt; hier soir/ce matin et &lt;em&gt;ça rend super bien !&lt;/em&gt; (ce sont ses mots), preuve que le texte est high tech (au moins), alors faut l'acheter !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./lppipad.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./lppipad.jpg&quot; width=&quot;580&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;/border&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>4/5 (bis)</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/04/4/5-bis</link>
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    <pubDate>Tue, 04 May 2010 21:22:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    Les relectures du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; recomposé dont je parlais &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/02/Coup-de-tete-4/5&quot;&gt;dimanche&lt;/a&gt; on commencé hier, se poursuivront toute la semaine. Première partie terminée, c'est la plus chaotique. Ce qui est rassurant c'est que peu de changements structurels seront effectués : rien ne m'a choqué dans la construction du récit. Reste ce qui racle et c'est la langue : ne passe pas vraiment. Il faudra corriger le texte dans l'infiniment petit. Pas grave, c'était attendu. Première partie écrite &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/27/Coup-de-tete-1/5&quot;&gt;il y a maintenant deux ans&lt;/a&gt; et l'écart est trop important par rapport à ma langue d'aujourd'hui. Et deux ans c'est juste interminable quand on a 24, quand on en a 22. Alors reprendre, soit, pas la fin du monde. Suis arrivé tout à l'heure à la jonction partie 1 / partie 2 et satisfait du résultat. Satisfait, non : fier. Parce que là la langue coule exacte et comme elle devrait être. Ça pourrait être un livre, un vrai. Et même si H. à l'époque n'avait pas trop accroché à la lecture je sais que cette détente là est bonne, aboutie, telle qu'elle devrait être. Paradoxalement, c'est peut-être la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/21/Coup-de-tete-2/5&quot;&gt;partie 2&lt;/a&gt; qui sera la plus réussie.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Coup de tête 4/5</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/05/02/Coup-de-tete-4/5</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e459f83823880c635b25e8ee63dc4cf1</guid>
    <pubDate>Sun, 02 May 2010 12:10:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Amputation</category><category>Carnet de bord</category><category>Corps</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; 4 prend fin. Relectures sur liseuse cette semaine et corrections le soir, hier, ce matin aussi pour appliquer au texte les notes furtives de la lecture. Rappelons que la partie 5 initialement prévue &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/05/12/490-dans-les-jambes-dans-la-tete&quot;&gt;sur le papier&lt;/a&gt; a été amputée, fondue avec la 4, j'arrive donc au bout du récit, bientôt au bout du roman, du projet qui me tient en haleine depuis plus de 4 ans. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

D'autres retouches restent à venir. Relectures globales des 4 parties les unes à la suite des autres, reprise de la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/27/Coup-de-tete-1/5&quot;&gt;première partie&lt;/a&gt; encore imparfaite et correction de certaines incertitudes, réécritures de quelques passages. Peut-être envisager un point final avant la fin de l'été ? Rappelons encore qu'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/04/01/101-coincidence&quot;&gt;à l'origine&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; était censé s'écrire fulgurant, en quelques semaines, pour surfer sur la spontanéité des premières phases d'écriture. On voit où ça mène et comment ça penche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

L'extrait copié/collé ci-dessous reprend le début de la partie 4, assez court car j'ai déjà proposé d'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/17/La-fin-avant-le-reste&quot;&gt;autres&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/25/Cam-s-adapte&quot;&gt;extraits&lt;/a&gt; de la partie 4 par le passé. La partie 4 miroir de la première mais déformant, alors le narrateur aussi (se) déforme et plonge.

&lt;blockquote&gt;Je passe une main, la gauche, dans mes cheveux moches pour les exploser. Je tire sur mon T-shirt Quicksilver pour en défaire le col. Qu'on voie la peau dans l'échancrure. Qu'on voie les os tracés qui pointent. Je remonte un peu le jean par dessus mes Van's : les semelles ouvertes trahissent orteils bien crades sous le cuir. Je m'assois calé contre le mur du tabac, derrière panneau fourrière. J'ouvre à mes pieds mon sac Lafuma : qu'on y mette au moins ce qu'on pourra y mettre. Détail : je remonte main gauche la manche droite de mon blouson Lévis. Qu'on voie au moins que je suis &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Répète après moi et découpe les syllabes, Ajay : moi-gnon.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

cassé. Qu'on voie trop bien que j'ai besoin de leur fric pour vivre et bouffer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Dans cet ordre&lt;/em&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Après des jours de centimes et de pièces rouges, je sais – sens, sue –  : ça marche mieux comme ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Je compte le nombre de pièces récoltées dans le sac Lafuma. Je compte un, deux, trois euros. Après les euros je compte les centimes. Après les centimes je compte la crasse. Après la crasse je compte les pieds sans tête qui me dépassent, traversent, et vivent sans voir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Les gars c'étaient des pères de famille. Ils allaient acheter un paquet de clopes et ils ressortaient. Me captaient pas. Disparaissaient. Des fois c'était mon père, des fois c'était ton père. Des fois ils me lâchaient une clope ou deux. Des fois même ils l'allumaient.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Devant le tabac les trams traversent toutes les cinq, six minutes. Trafic réduit du mois d'aout, sièges vides, wagons sans corps. Mais ils traversent encore, glissent. Des fois font demi-tour. Ils sonnent encore pour éparpiller piétons aveugles du bord de la nuit. Ils s'arrêtent de rouler passées vingt-trois heures. Des fois je m'assois entre les rails pour me donner du|&lt;br /&gt;
Des fois je me couche entre eux, jambes contre rails qui montent au sud, la tête attrape le nord, et j'attends qu'on les tranche. Les corps autour, montés sens inverse sur la pupille, me dévisagent. J'ai un mégot éteint entre les dents. Un filtre froid qui sent que dalle. Je leur demande du feu qu'ils ont jamais. Personne ne fume et moi non plus.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>2 x Rimbaud</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/28/2-x-Rimbaud</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f54d5148193d0e74f70331bcc3238b1f</guid>
    <pubDate>Wed, 28 Apr 2010 20:28:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Arthur Rimbaud</category><category>Corps</category><category>Crise !</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/rimbaud.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.rimbaud_s.jpg&quot; alt=&quot;rimbaud.jpg&quot; title=&quot;rimbaud.jpg, avr 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
On parle au on, c'est mieux quand le je bégaye. On reçoit domicile des fax à en-tête « cabinet neuro-psychiatrique mon cul » qui disent « rappelez-nous c'est urgent » mais&lt;br /&gt;


1) la hotline elle déborde&lt;br /&gt;

2) c'est faux numéro&lt;br /&gt;

3) y a pas de téléphone&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Alors on parle au on, c'est mieux que le ils, ça fait moins faux. On fabrique des photos inédites. Des portraits de Rimbaud jamais vus. Quand il marche c'est à l'envers sur les voies ferrées désamorcées. Les cratères déforment le rail. Les gravats charcutent les plots. Il fuse intacte, trace impeccable dans les champs de mine. On essaye de suivre sa trace mais&lt;br /&gt;

1) l'envers est pas prenable&lt;br /&gt;

2) le sens de lecture c'est autre chose&lt;br /&gt;

3) l'ombre de l'ombre elle coule trop loin&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Alors on stagne. Alors on fuit. Paraît que certaines zones de la ville sont propices au genre d'exploration qu'on souhaite. La chasse au corps c'est populaire. On traque le mâle. On traque le jeune. Pour fabriquer aussi le Rimbaud qui nous échappe. Une bombe humaine prête à péter. Les corps aussi sont juste des corps à apprêter. Les modèles ils prennent tout. Après on coupe. Après on colle. Charcute. Redresse les épaules. Écarte le torse. Bois la lumière. Faut pas bouger pendant qu'on te peint le ventre. Dedans ficher les bouts de &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Semtex&quot;&gt;Semtex&lt;/a&gt; chinois reçu la veille au port. Le signal déclencheur c'est ton portable. Le mot de passe c'est genre un code. Le code une autre connerie en prose. Et fais ce qu'on te dit. Et tiens-toi droit. Et force dehors droit vers la ville pour qu'on te voit bien. Entre autres, là-bas, tirs de roquette, quelques appels au meurtre. Mais toi comme t'es, beau comme tout avec ton masque qu'on t'a craché, ils te butteront pas. On parle au tu pour t'impliquer, que tu comprennes mieux comment là-bas ça va tracer mais&lt;br /&gt;

1) oublie pas que le déguisement c'est temporaire&lt;br /&gt;

2) fais juste comme si t'étais pas toi et&lt;br /&gt;

3) on réserve la traduction</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Cam s'adapte</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/25/Cam-s-adapte</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1e8c6bab3695a3736cc85b3cb3637768</guid>
    <pubDate>Sun, 25 Apr 2010 15:06:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category><category>Joachim Séné</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; 4 : passage dont on sait à l'avance, pendant l'écriture même, qu'il ne conviendra pas au texte et que sa place n'est pas là. Je l'ai écrit quand même, inscrit dans la continuité du récit, relu plusieurs fois, jusqu'à trouver les couilles de trancher net. Passage que je ne trouve ni mauvais, ni raté, mais qui ne correspond pas à &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;. Ce matin tranché net. Je le propose ici pour ne pas l'effacer des brouillons pour autant. Sa construction, sa mécanique, est évidemment fortement inspiré de &lt;a href=&quot;http://publie.net/tnc/spip.php?article305&quot;&gt;&lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; de &lt;a href=&quot;http://www.joachimsene.fr/&quot;&gt;Joachim Séné&lt;/a&gt;, lu &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/25/Joachim-Sene-La-crise&quot;&gt;il y a quelques semaines&lt;/a&gt;.

&lt;blockquote&gt;Je fais le tour du bâtiment. Évite d'emblée les portes automatiques et la banque d'accueil, téléphones saccadés, sonneries d'infirmes balancées contre les murs. À l'arrière, cour désaffectée, cauchemar propice à tous les trafics, même les miens. J'attends ici mon dealer, celui qui porte ma cam dans ses poches de jean neuf et qui sourit fluo quand il me voit arriver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ma cam main droite tranchée nette sous le poignet.&lt;br /&gt; 
Ma cam trop large, trop lourde pour être planquée sous un t-shirt.&lt;br /&gt;
Ma cam voyage dans sac difforme réfrigéré pour respecter la chaîne du froid. &lt;br /&gt;
Ma cam sans artifice, ma cam est chair, ma cam respire. &lt;br /&gt;
Ma cam est à choisir parmi sélection exhaustive déroulée sur papier glacé, ensuite paiement comptant en cash à la commande.&lt;br /&gt;
Ma cam se dépigmente, ma cam se montre, ma cam s'adapte. &lt;br /&gt;
Ma cam série de travaux pratiques ratés, ma cam exutoire pour soit disant étudiants en médecine soit disant.&lt;br /&gt;
Ma cam rayon boucherie-charcuterie. &lt;br /&gt;
Ma cam issue des morgues, des blocs éteints, salles d'op fermées, fight club ouverts. &lt;br /&gt;
Ma cam expérience génétique interdite. &lt;br /&gt;
Ma cam vient d'ailleurs mais d'où ?, personne ne sait.&lt;br /&gt;
Ma cam sans code-barre mais on graverait ça au feutre, code aiguisé à même la peau.&lt;br /&gt;
Ma cam référence PBOX836-BB-W55 (55 mesure en millimètres).&lt;br /&gt;
Ma cam sans jack ne fonctionne pas à l'électrique.&lt;br /&gt;
Ma cam est écologique est issue de l'agriculture biologique est développement durable.&lt;br /&gt;
Ma cam et moi me manquent, ma cam le sait, ma cam savoure.&lt;br /&gt;
Ma cam raccord de peau à faire entre les membres inadaptés.&lt;br /&gt;
Ma cam n'est pas fournie avec pigmentation des tissus ni concordance des peaux, ces ajouts là sont en option.&lt;br /&gt;
Ma cam soupire, ma cam suffoque.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Nécrose(s) #2</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/24/Necroses-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6d1d77d1ce6104c9076dffc0e2a8e416</guid>
    <pubDate>Sat, 24 Apr 2010 16:38:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Dissonances</category><category>Mikhail Boulgakov</category><category>Tom Spanbauer</category><category>Valery Larbaud</category><category>Vide</category>    
    <description>    Lire &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/22/Larbaud-2&quot;&gt;Larbau&lt;/a&gt;d n'a pas &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/06/Necroses&quot;&gt;aidé&lt;/a&gt;. Le livre toujours fixe ne m'enthousiasme pas. Je cherche encore le dernier livre entre mes mains qui auraient pu « changer la face du monde », ai du mal à retrouver. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chateauambulant.png&quot; alt=&quot;chateauambulant.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;chateauambulant.png, avr 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Il y a quelques semaines questionnaire de la revue &lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/revuedissonances&quot;&gt;&lt;em&gt;Dissonances&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; qui va publier bientôt &lt;em&gt;Rapport d'A.&lt;/em&gt;,   texte court répondant à l'appel « Entrailles ». Le questionnaire très simple demandait trois titres, un livre, un film, un disque, comme source d'inspiration potentielle. Le film venu simplement, le disque y était déjà avant même la question. Pour le livre j'ai cherché, j'ai dû remonter à l'adolescence pour trouver. Les deux seuls titres spontanés à s'être présenté sous mes yeux étaient &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/23/Alveole&quot;&gt;&lt;em&gt;Récit d'un jeune médecin&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; de Boulgakov et &lt;em&gt;The city of shy hunters&lt;/em&gt; de Spanbauer. J'ai choisi Spanbauer. Un livre d'adolescence, certainement bourré de défauts, sans doute anecdotique, mais le seul encore capable de changer la face du monde. Je ne sais pas vraiment si d'autres livres seront capable de le faire comme lui l'avait fait à l'époque.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Larbaud #2</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/22/Larbaud-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a2749f5b36ef8f6867c0ea69f515c5b8</guid>
    <pubDate>Thu, 22 Apr 2010 19:29:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Littérature</category><category>Valery Larbaud</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/08/Rondes&quot;&gt;Larbaud&lt;/a&gt; jamais où il pourrait être. Il traverse un siècle en marchant à côté. L'Histoire est fausse. Il n'y a pas de guerre début 20e. Il n'y a pas de monde, juste un microcosme itinérant. La langue aussi témoigne du même déplacement : en Espagne, en France écrit en anglais, en Angleterre poursuit en français et de nouveau l'anglais une fois retrouvée la France, l'Espagne. Ici l'extrait de novembre 1918 creuse cette impression. Mieux vaut être ailleurs qu'être où on pourrait. Mieux vaut l'à côté que l'ici.  Idem aussi 13 ans plus tard : pour la première fois le mot guerre, pourtant à l'instant T silence radio. Et suivre aussi le &lt;a href=&quot;http://twitter.com/#search?q=%23Larbaud&quot;&gt;fil #Larbaud&lt;/a&gt; sur &lt;a href=&quot;http://twitter.com/gvissac&quot;&gt;Twitter&lt;/a&gt; pour voir au fil des pages se développer l'absence (Larbaud était un &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/11/21/Bartleby&quot;&gt;Bartleby&lt;/a&gt; pour &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/04/19/Jean-Yves-Jouannais-Artistes-sans-oeuvres-I-would-prefer-not-to&quot;&gt;Jean Yves Jouannais&lt;/a&gt;, rappelons le).

&lt;blockquote&gt;Yesterday, at night, under a pelting rain, I walked through Plaza Hernan Cortes and memories of these last years crowded upon me at once. Still, I keep thinking and thinking about England. I know very well that, once there, I shall sometimes think of Spain with something of the same longing which I feel now towards England ; but still, I like thinking about the dear old places, London especially, of course. I am alright here, ME ENCUENTRO A GUSTO, but England is the place for me. My thoughts always avoid France, and even Paris, because of my memories of the years 1896-1902, and for other reasons (mainly ''family'' reasons) ; they ''jump over'' France and go directly to the white cliffs over there. Briefly, I say : better to be in Spain than to be in France ; but better to be in England than to be in Spain. - I must note a few things. The walks up and down the Explanada, and the fine colours of the clouds reflected on the water of the harbour. All the joy and happiness of the winter world (or rather hemisphere) seems to have escaped from the North and be here, in this luminous and transparent atmosphere. The mornings, the fine quality of the air and the light, at about 8 a.m., the hush, the stillness over the vacant sea, the youthfulness of everything.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Valery Larbaud, &lt;em&gt;Alicante – Paris – Londres – Alicante in Journal&lt;/em&gt;, Gallimard, P.456-457.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;blockquote&gt;Traduction :
Hier, à la nuit, sous une pluie battante, je traversais la Plaza Hernan Cortes et les souvenirs de ces dernières années m'ont soudain assailli. Mais je ne cesse de penser à l'Angleterre. Je sais très bien que, lorsque j'y serai, je penserai parfois à l'Espagne, avec la même nostalgie que je sens en ce moment de l'Angleterre ; j'aime évoquer les bons vieux endroits, Londres particulièrement, bien sûr. Je suis bien ici, ME ENCUENTRO A GUSTO, mais l'Angleterre est l'endroit qu'il me faut. Mes pensées évitent toujours la France, et même Paris, à cause de mes souvenirs des années 1896-1902, et pour d'autres raisons (surtout des raisons « familiales ») ; elles « sautent » la France et atteignent directement les falaises blanches de l'Angleterre. Pour être bref, je dirai : mieux vaut être en Espagne qu'en France ; mais mieux vaut être en Angleterre qu'en Espagne. Il faut que je note quelques choses. Mes promenades le long de l'Explanada, et les belles couleurs des nuages qui se réfléchissent dans l'eau du port. Toute la joie et le bonheur du monde (ou plutôt de l'hémisphère) hivernal semblent s'être échappés du Nord et se trouver ici, dans cette atmosphère transparente et lumineuse. Les matinées, la qualité subtile de l'air et de la lumière, vers 8 heures, le silence, le calme sur la mer libre, la jeunesse de toute chose.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.638.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Ashitaka</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/20/Ashitaka</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:84e53eabda9df51b39239211d7763cf9</guid>
    <pubDate>Tue, 20 Apr 2010 20:07:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Accident de personne</category><category>E.</category><category>H.</category><category>Hayao Miyazaki</category><category>Trains</category><category>Vide</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/mononoke_ashitaka3.gif&quot; alt=&quot;mononoke_ashitaka3.gif&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;mononoke_ashitaka3.gif, avr 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;1&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


L'impression (aussi) d'avoir traversé des jungles (mais lesquelles ?) et au bout du périple l'impossibilité toujours de pouvoir « porter sur le monde un regard sans haine », comme dit &lt;a href=&quot;http://www.buta-connection.net/films/mononoke_personnages.php&quot;&gt;Ashitaka&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Appel de E. fin d'après-midi, Saint-Lazare / &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/21/Coup-de-tete-2/5&quot;&gt;Gare de Lyon&lt;/a&gt;. J'arrive train D, départ imminent. E. me demande si je suis bien arrivé chez moi. Lui réponds non, encore une heure et demi de rail à suivre. J'aime aussi porter sur moi l'image d'un martyr des transports, voie ferrée sur le dos, heures enroulées au cou qui serrent, marchant pieds nus sur des cailloux bouillants. C'est pas exactement ça.

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
H. est parti dimanche pour la semaine, l'appartement est vide. E. tout à l'heure m'explique qu'elle a déménagé. Je regarde mois d'août prochain mes vacances, ou essaie de les imaginer. Ce que je vois ? La même chose qu'ici : Iphone / Macbook, coque blanche aussi, lignes de codes sur l'écran, peut-être un peu de texte. Cette semaine (et les précédentes) aucun mort sur les voies ferrées : &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/15/Accident-de-personne&quot;&gt;&lt;em&gt;Accident de personne&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, comme &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/planete/portfolio/2010/04/18/le-volcan-eyjafjoll-continue-de-cracher_1335424_3244.html&quot;&gt;notre ciel bleu d'Islande&lt;/a&gt;, stagne encore.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Les avions volent notre air(e) #2</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/18/Les-avions-volent-notre-aire-2</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6a2a1376ec57dd0b4135ba297398b381</guid>
    <pubDate>Sun, 18 Apr 2010 15:08:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Crise !</category><category>Trains</category>    
    <description>    &lt;center&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/avions.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/avions.jpg&quot; alt=&quot;avions.jpg&quot; width=&quot;600&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/11/Les-avions-volent-notre-aire&quot;&gt;Les avions volent notre air(e)&lt;/a&gt; : on vole aussi le leur. Nuages entiers pulvérises au dessus des pistes pour &lt;em&gt;clouer les avions au sol&lt;/em&gt; et rire. Le reste de la poudre sert aussi pour contaminer les moteurs, saboter les infrastructures, amputer les couloirs aériens. Le ciel devient silence. On fait pas ça pour sauver la planète : on fait ça parce qu'on maîtrise les données du transport ferroviaire. On fait ça parce que le business le dicte. On arpente les rails armés de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/26/FAMAS&quot;&gt;FAMAS&lt;/a&gt; pour escorter les convois et avancer nos pions dans la lutte territoriale qui quadrille le sol. Plus à l'ouest les trains de banlieue bondés serviront la cause des &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/17/&quot;&gt;dynamiteurs&lt;/a&gt; qui coupent les rails à leurs tours et amputent le trafic. Demain ce sera autre chose, hier c'était ailleurs, voilà comme ça progresse.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Image empruntée &lt;a href=&quot;http://www.bap.propagande.org/modules.php?name=Medias&amp;do=showpic&amp;pid=1766&quot;&gt;à la brigade anti-pub&lt;/a&gt;.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Croquis #21</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/14/Croquis-21</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:551331c3d508d92c20755e4b022a982f</guid>
    <pubDate>Wed, 14 Apr 2010 21:15:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audio</category><category>Corps</category><category>Croquis</category><category>David Bowie</category><category>Métro</category><category>Pierre Guyotat</category>    
    <description>    oui c'est moi rappelle moi vite stp c'est urgent ça concerne le gorille merci&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

20 ans, fleurs dans une main : dans son sillage vieillard sur les rotules&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
elle joue à être un corps mais écrasée par le monde ne relève pas la tête&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;moi &lt;br /&gt;
j'adore &lt;br /&gt;
les fesses &lt;br /&gt;
des mecs &lt;br /&gt;
(dans la sueur de la foule)&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
il enlève sa casquette entrant dans le métro et se recueille yeux fermés devant la liste des stations desservies&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
elle fourre les coudes au fond du sac Versace, y sonde enfin aussi un puits sans fond&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
il marche fier, un parapluie léopard à la main&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
métro : sa tête et nuque émergent seulement des corps et on dirait qu'il est nu vraiment&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;center&gt;&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/COj5BWnxd9U&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/COj5BWnxd9U&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Excipits #3</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/11/Excipits-3</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:9a1f6a3429ef705e0c990435dc048863</guid>
    <pubDate>Sun, 11 Apr 2010 20:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category><category>Fin</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; termine. Je relis la dernière partie gribouillée ces dernières semaines. Hier &lt;a href=&quot;http://twitter.com/gvissac&quot;&gt;twitte&lt;/a&gt; : &lt;em&gt;travaille mieux dans l'épuisement du corps : tranche mieux, charcute mieux la chair de la phrase, se pose aucune question quant au peut-être&lt;/em&gt; parce que c'est vrai. La fatigue faisant j'économise les gestes. Je coupe plus facilement dans l'inutile, le pourquoi pas, le déjà dit. J'allège mieux la périphérie du texte, du coup le texte y gagne.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Les derniers mots dimanche dernier n'ont pas été faciles à poser. Parce qu'ils sont à côté, je crois, mais aussi parce que la notion même de fin me dérange. Le problème &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/09/23/Excipits&quot;&gt;n'a pas changé&lt;/a&gt;. La quatrième partie est une tentative interminable de diffracter les fins possibles, comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/25/D-autres-excipits&quot;&gt;ces exemples proposés  il y a quelques mois&lt;/a&gt;. La quatrième partie est donc un pot pourri des fins possibles. Pourtant doit toujours en rester une, dernière, terminale, qui enfoncera toutes les autres. Celle-là qui accroche, peine à sortir. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

En tant que lecteur, déjà, je suis un mauvais finisseur car je ne lis pas les fins. Je les espionne avant début, premier geste avant l'ouverture du livre, oui, mais une fois venue la continuité du récit je démissionne. Les cinq, dix dernières pages sont sacrifiées. Je les lis pour les lire, je n'y suis pourtant pas. Les mots chuchotés dans ma tête ne sont pas ceux du livre mais bien les miens, toujours les mêmes, ceux qui répètent : &lt;em&gt;voilà la fin, sois attentif, voilà la fin, sois attentif, etc.&lt;/em&gt; Mais la fin elle-même m'échappe et je referme le livre en ayant tout &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/7-tentatives-de-metaphores-cycliques-pour-saisir-lacher-Pont-de-l-Alma-de-Julian-Rios&quot;&gt;raté&lt;/a&gt;. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Alors la fin de &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; est un semi-échec, bien sûr, puisqu'elle existe. Idéalement on se perdrait dans les multiples &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;peurs primaires&lt;/a&gt; qui poussent le texte à (au choix) s'évaporer ou recommencer éternellement. Pour ça d'ailleurs que les récits issus du numérique m'intéressent plus : ces fins multiples, ces textes aléatoires on peut très bien les programmer (exemples évidents avec &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article302&quot;&gt;&lt;em&gt;Qu'est-ce qu'un logement&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article303&quot;&gt;&lt;em&gt;Livre des peurs primaires&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; qui proposent eux-mêmes des systèmes potentiellement interminables). Mais&lt;em&gt; Coup de tête&lt;/em&gt; est un récit linéaire on ne peut plus traditionnel : nécessite donc une fermeture. Parfois je me surprends à penser durant mes relectures des &lt;em&gt;si c'était moi je couperais bien avant&lt;/em&gt; mais sans savoir au juste exactement jusqu'à quel &lt;em&gt;avant&lt;/em&gt; je pourrais bien remonter.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Ronde(s)</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/08/Rondes</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:270be045b46b4eab332f5abf0896aeff</guid>
    <pubDate>Thu, 08 Apr 2010 20:47:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>GTA</category><category>Littérature</category><category>Mort</category><category>Valery Larbaud</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;br /&gt;

&lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/GTA4MAP.jpg&quot; width=&quot;590&quot; alt=&quot;GTA4MAP.jpg&quot; /&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Expérience &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/01/30/Pixel-sur-homicide-et-nuque-brisee&quot;&gt;GTA 4&lt;/a&gt;. Suivre un type au pif qui trace. Monte dans sa voiture, démarre. Filature mécanique derrière. À bord d'une PMP 600 grise suivre pare-choc collé à l'autre une PMP 600 noire métallisée. Radio : Electro Choc. Objectif : voir en vrai les boucles aléatoire pré-enregistrées, décrypter sec les déambulations artificielles. L'expérience commence début de journée, matin sans doute, le type tourne sans ordre autour du même &lt;em&gt;block&lt;/em&gt;, pneus collés aux rails, percés sous  polygones. Bousculer l'expérience : je pète la vitre conducteur au coude et lâche rafales d'Uzi sur son pare-choc. Résultat : cobaye se sauve et accélère, feu arrière gauche éclaté. S'en suit poursuite dans Liberty City. Quelques carambolages. PMP noire emboutie avant dans un mur. Victime innocente laissée tout contre. Cadavre au sol se décompose : à ses côtés gun et cash, icônes respectivement rouge et verte, laissés libre par le macchabée. Je sors. Ne fais rien. Attends. Vois cobaye, homme blanc, brun, &lt;em&gt;middle life crisis&lt;/em&gt;, retrouver l'habitacle de la PMP noire et repartir, « comme si de rien n'était ». Croise l'ambulance 911 venue récupérer son cadavre. Je reprends le volant, filature. Change de station radio : The Journey. Voiture déviée de sa boucle habituelle repart au pif entre les rues. Poursuit plus loin sans tracé apparent. S'arrête et sollicite services d'une prostitué qui repart en l'insultant mais sans monter à bord. Y a pas d'ordre dans sa déroute. Pas de trajet pré-enregistré par la machine. L'itinéraire zigzague, jamais deux fois la même rue mais toujours même quartier de la carte : entre East Borough Bridge et Dukes Boulevard. Une journée GTA s'écoule, au bout d'un bail cobaye s'écarte : il prend l'expressway Dukes – Algonquin et quitte la zone... pour mieux reparaître par Meadows Park et, au bout, Dukes Boulevard encore. Alors ici reprend la boucle d'une journée commencée là-bas plus tôt. Temps de clore l'expérience. Sur fond de Philip Glass sortir shotgun en mains et deux balles plein torse travers pare-brise. Cobaye dépasse de la portière et meurt (bug de collision) : en réalité cobaye est une femme blonde, son sang auburn sur mon pare-choc avant. La fusillade attire les flics qui prennent en chasse : rupture d'aléatoire. J'abandonne ma PMP 600 grise au capot éventré et vole une Dilettante, grise encore. Suis exécuté au volant de la Dilettante durant tentative de fuite infructueuse. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Larbaud #1, ici à Mèze, 20 février 1914.&lt;/em&gt;

&lt;blockquote&gt;Remarqué l'espèce de lagune et les maisons à toits rouges, et quelques champs vert-tendre à la sortie de Cette. Du haut du Mt Saint-Clair, l'autre jour, j'ai vu que c'était une presqu'île, une langue de terre plate, très étroite, tendue en avant de Cette du côté de l'étang. Mais du bateau on ne s'en rend pas compte. - Sur le pont, sans pardessus. Trois élèves de l'école des Mousses ; accent du midi. Entre 14 et 16 ans. Very self-conscious, as young girls might be. Avant Mèze, la flottille des nacelles mézoises : « Jouet des flots » - « Hugo Victor » (sic.) Un remorqueur entre derrière nous dans le port. La ligne rouge de la bauxite. Enfant en souliers rouges. La couleur arrive par hasard ; et alors elle paraît triste.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Valery Larbaud, &lt;em&gt;Journal de Septimanie in Journal&lt;/em&gt;, Gallimard, P.167.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Fable</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/07/Fable</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:c54e5f5b1b51940394271522f552e66a</guid>
    <pubDate>Wed, 07 Apr 2010 20:27:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Adolescence</category><category>Lou Reed</category><category>Train</category><category>Y.</category>    
    <description>    Jour de grève veut dire marcher comme on peut et imposer discret son corps aussi dans la masse de ceux des autres. &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/21/Coup-de-tete-2/5&quot;&gt;Gare de Lyon&lt;/a&gt; jeune homme demande si c'est bien le train pour C., je réponds oui c'est bien. Une fois arrivé C., même quai en face, même jeune homme demande si train à venir c'est bien celui pour M., je réponds oui c'est bien. Une fois la rame tout contre, une fois les corps dans la machine jeune homme encore demande idem, réponse pas mieux. Peu avant l'arrêt, 18h45, jeune homme demande si c'est Y., je réponds oui c'est bien. Je remonte l'avenue X. et jeune homme derrière l'épaule demande si c'est par là l'église et je réponds oui c'est bien. Dépassée l'église jeune homme demande si c'est bien ça la rue de l'F. et je réponds oui c'est bien. Planté devant le 31, clés dans les poches, jeune homme planté pareil demande si c'est bien le 31. En haut de l'immeuble me demandera aussi si c'est bien ça le 3e et si derrière aussi c'est bien chez lui qui pointe ? Lou Reed fredonne dans l'oreille gauche et &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=461DTk1C5_Y&quot;&gt;suggère&lt;/a&gt; &lt;em&gt;une espèce de plastique je pourrais plaquer sur lui&lt;/em&gt;... &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/fable.jpg&quot; alt=&quot;fable.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;fable.jpg, avr 2010&quot; /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Nécrose(s)</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/06/Necroses</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:685e7a8497c5b8f9ede730f899c49fa8</guid>
    <pubDate>Tue, 06 Apr 2010 20:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Hayao Miyazaki</category><category>Train</category><category>Valery Larbaud</category><category>Vide</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je reste à quai, attends d'autres trains qui ne viennent pas, avec moi le sans-visage &lt;a href=&quot;http://www.buta-connection.net/films/chihiro.php&quot;&gt;d'hier&lt;/a&gt; me dévisage.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/sansvisage.jpg&quot;&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Plusieurs semaines bientôt que la lecture dégoûte. La vue du livre agresse. Je l'emporte le matin par habitude, l'ouvre le matin par habitude, l'ouvre encore le soir, fatigué, par habitude encore. Les livres eux-mêmes sont peut-être concernés, les &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/24/Sur-Pygmy&quot;&gt;Pigmy&lt;/a&gt;, Études de silhouettes, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/22/Liste&quot;&gt;Saphir Antalgos&lt;/a&gt;, J'ai tué, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/31/Larsen-Deglingue&quot;&gt;Mannish Boy&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; ou &lt;em&gt;Des aveugles&lt;/em&gt;, mais c'est l'oeil qui vaque. J'ai ouvert hier soir, repris ce matin, le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/07/18/Semaine-blanche&quot;&gt;fameux&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Journal&lt;/em&gt; de Valery Larbaud comme remède possible à la nécrose du livre. Lire en bloc pendant des mois la vie des autres, voilà encore ce qui pourrait manquer. Sinon rester encore à quai pendant que devant soi les pages se tournent (mais sans moi).</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Déséquilibrés</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/04/Desequilibres</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8789da16a3123b578212e30a7e7865e5</guid>
    <pubDate>Sun, 04 Apr 2010 20:24:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Accident de personne</category><category>Mort</category><category>Train</category>    
    <description>    Ces histoires de maniaques rôdant autour des quais de RER &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/societe/0101628336-pousseur-du-rer-un-suspect-arrete&quot;&gt;ressortent&lt;/a&gt; depuis vendredi. On &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/societe/0101628350-pousseurs-deja-quatre-affaires-depuis-le-debut-de-l-annee&quot;&gt;lance&lt;/a&gt; des statistiques : déjà quatre affaires de dingue poussant des corps sous les rames depuis le début de l'année. Ces dingues s'appellent (la presse le dit) des « déséquilibrés », ils marchent comme des funambules et flirtent avec les rails. Sur certains quais bondés (dont &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/04/14/262-reperages-coup-de-tete-gare&quot;&gt;Gare de Lyon&lt;/a&gt;), suffit à peine d'une pulsion de mort qui transparaît, d'un réflexe, d'un écart de nerf pour entraîner tout contre réactions en chaînes et chutes des corps en bas des voies. Dominos de chair et peaux. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Il y a moins de deux semaines, prise de note en pleine voie d'un fragment #116 pour &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/15/Accident-de-personne&quot;&gt;projet &lt;em&gt;Accidents de personne&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; :
&lt;blockquote&gt;on les connaît les dingues, ceux qui poussent au bord des quais, on les connaît mais comment se retenir d'être attiré droit dans leurs bras?&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Journal du brise-lames, par Juliette Mézenc</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/04/01/Journal-du-brise-lames-par-Juliette-Mezenc</link>
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    <pubDate>Fri, 02 Apr 2010 07:01:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Juliette Mézenc</category><category>Neige</category><category>Vases communicants</category>    
    <description>    &lt;center&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/images/bl%20filaire0001.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/images/bl%20filaire0001.jpg&quot; width=&quot;600&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Image de Stéphane Gantelet&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;7 mars
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Des flocons tels qu’on croirait que les goélands ça y est perdent leurs plumes par centaines de milliers. Ils voltigent, se stabilisent, remontent même un peu, parfois, font mine, avant de lentement se poser. Tout s’enfonce dans ce feutre blanc froid douillet, avec beaucoup de silence à l’intérieur, qui étouffe jusqu’au bruit de la mer. &lt;br /&gt;
La ville s’efface.&lt;br /&gt;
La girafe du port n’en revient pas.&lt;br /&gt;
Mathilde accroupie serre ses genoux entre ses bras. Elle écoute les flocons se poser dans ses cheveux. Elle se dit : pour un peu on croirait aux anges. Mais alors&lt;br /&gt;
il faudrait penser que les anges se déplument, pas très étonnant, effet de serre qui se resserre, pas de raison qu’ils soient épargnés, mais ce serait si triste, des anges aux ailes sans plumes – des poulets corsetés de bandeaux « prêt à cuire » s’alignent sagement dans ses pensées – qu’elle décide en philosophe de ne pas y croire plus d’une seconde. Il neige et ça lui suffit. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Elle regarde la neige. Elle écoute la neige.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Disparition progressive du monde connu. Ça fait un bien. Si, vous savez.

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le journal du brise-lames&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Juliette Mézenc&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net&quot;&gt;Tiers Livre&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.scriptopolis.fr&quot;&gt;Scriptopolis&lt;/a&gt; sont à l'initiative d'un projet de &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/group.php?gid=104893605886&quot;&gt;vases communicants&lt;/a&gt; : le premier vendredi du mois, chacun écrit sur le blog d'un autre, à charge à chacun de préparer les mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire des liens autrement… Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Une première pour Omega-Blue qui accueille pour premier vendredi d'avril un extrait du Journal du brise-lames de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Juliette%20Mézenc&quot;&gt;Juliette Mézenc&lt;/a&gt;, qui elle-même &lt;a href=&quot;http://juliette.mezenc.over-blog.com/&quot;&gt;reçoit chez elle&lt;/a&gt; une de mes déviances textuelles. Lire aussi d'autres vases communicants : &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;a href=&quot;http://www.koukistories.blogspot.com&quot;&gt;Kouki Rossi&lt;/a&gt;  et &lt;a href=&quot;http://www.luclamy.net/blog &quot;&gt;Luc Lamy&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.pendantleweekend.net/&quot;&gt;pendant le week-end&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://ruelles.wordpress.com/ &quot;&gt;ruelles&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.lesmarges.net/&quot;&gt;Jean Prod'hom&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://enfantissages.free.fr/ &quot;&gt;Juliette Zara&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://mariannejaegle.over-blog.fr/&quot;&gt;Mariane Jaeglé&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://futilesetgraves.blogspot.com/ &quot;&gt;Anthony Poiraudeau&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://petiteracine.over-blog.com&quot;&gt;Cécile Portier&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://leslignesdumonde.wordpress.com/ &quot;&gt;Loran Bart&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://fut-il-ou-versa-t-il.blogspot.com&quot;&gt;Christophe Sanchez&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://l-oeil-bande.blogspot.com &quot;&gt;Murièle Laborde Modély&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://tentatives.eklablog.fr&quot;&gt;Christine Jeanney&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.minetteaferraille.net/ &quot;&gt;Kathie Durand&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://sarah-cillaire.blogspot.com/&quot;&gt;Sarah Cillaire&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://aout-en-attendant.blogspot.com/ &quot;&gt;Anne Colongues&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://france.burghellerey.over-blog.com&quot;&gt;France Burguelle Rey&lt;/a&gt;  et &lt;a href=&quot;http://ericdubois.over-blog.fr &quot;&gt;Eric Dubois&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://promenadedunefleur.blogspot.com/&quot;&gt;Fleur de bitume&lt;/a&gt;  et &lt;a href=&quot;http://chezjeanne.free.fr/&quot;&gt;chez Jeanne&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://matro7isoupirail.blogspot.com&quot;&gt;Mathilde Rossetti&lt;/a&gt;  et &lt;a href=&quot;http://aloredelam.com&quot;&gt;Lambert Savigneux&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.bodyspacesociety.eu/&quot;&gt;Antonio A. Casilli&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.scriptopolis.fr/ &quot;&gt;David Pontille&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://rvjeaney.wordpress.com&quot;&gt;RV.Jeanney&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://jeanyvesfick.wordpress.com &quot;&gt;Jean-Yves Fick&lt;/a&gt; &lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://pantarei.hautetfort.com/&quot;&gt;Florence Noël&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://brigetoun.blogspot.com&quot;&gt;Brigitte Célérier&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Larsen Déglingue</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/31/Larsen-Deglingue</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d0a12ef80886f0677ab0ef36c4491b07</guid>
    <pubDate>Wed, 31 Mar 2010 20:39:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audio</category><category>David Bowie</category><category>Littérature</category><category>Littérature numérique</category><category>Massive Attack</category><category>Michel Brosseau</category><category>Publie.net</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/mboy.jpg&quot; alt=&quot;mboy.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;mboy.jpg, mar 2010&quot; /&gt;Étonné par ma lecture express de &lt;a href=&quot;http://publie.net/tnc/spip.php?article46&quot;&gt;&lt;em&gt;Mannish boy&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; entre hier et demain (passant par là seulement mais suffisamment entraîné par la langue pour bien tourner les pages). Vu de loin intordable le texte saccadé, on passe d'une voix à l'autre, corps à l'autre, langue à l'autre en quelques minuscules phrases syncopées. Pourtant curieusement limpide et frêle à la lecture. On a ôté au texte tout ce qui pouvait défaire. Reste au centre une moelle irréductible au coeur de quoi coule la langue. Fragments de paroles, notes de passage, le tout composé comme une impro solo corsée, « jouant un blues sur sa guitare ».  Entre les choeurs des poches de vide, « ennui, morosité familiale ». 

&lt;blockquote&gt;Il pleurait à jamais dans la cour de la maternelle. Serrant sa main. Courant vers la barrière qu’elle refermait. Se roulant au carrelage salle à manger. Criant. Cognant rude au dos de son frère. Poin-poin du collège qui traînait en vélo sur le chemin du retour. Le nul en maths. Le paresseux. 
Ennui, morosité familiale. &lt;br /&gt;

Bribes d’une vie en famille. Clichés enfilés. Ce qu’elle savait de lui. Ce qu’elle en disait. Ce qu’il en croyait. &lt;br /&gt;
Fin : le type chez lui, seul dans son appart’, jouant un blues sur sa guitare.&lt;br /&gt;
Il était là. Étalé en mots. Banalités de circonstance. Peu et rabâché.&lt;br /&gt;
Larsen Déglingue. Banale histoire d’un type ordinaire. La haine peut-être à exprimer. Poings serrés au fond des poches. Cette violence...&lt;br /&gt;
Hésitait. &lt;br /&gt;
Dire aussi le besoin d’air. Envie d’ailleurs. &lt;br /&gt;
Pierre serait bien allé boire un verre de cognac au bowling d’à côté. Souffler enfin sous les néons. Affalé au fauteuil. Boire dans le fracas imbécile des quilles qui tombent et des lascars qui glissent au parquet. &lt;br /&gt;
Que dire d’eux Ses parents ! Montrer leur vide Clamer leur ennui.&lt;br /&gt;
Quitter ce cercle familial un moment. Cercle étroit. &lt;br /&gt;
Étriqué. Ce cercle attriste. Ce cercle étouffe. &lt;br /&gt;
Né chez Clampin !... Importe à qui &lt;br /&gt;
Chanson fanée.Trop monotone. &lt;br /&gt;
Portrait Son visage dans la glace du buffet de la gare. &lt;br /&gt;
Comment parler de lui Qui voudrait de son texte &lt;br /&gt;
Trop peu cultivé pour être brillant, suffisamment pour être malheureux... &lt;br /&gt;
Ces pages finiraient dans un tiroir. Passe-temps de monsieur le professeur. &lt;br /&gt;
A workin’ class hero is somethin’ to be !... &lt;br /&gt;
Classe moyenne. Belle invention ! Fourre-tout où l’on s’enlise. &lt;br /&gt;
Dire. Se dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;&lt;a href=&quot;http://www.àchatperché.net/&quot;&gt;Michel Brosseau&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Mannish boy&lt;/em&gt;, Publie.net, P.97-98.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;center&gt;&lt;div style=&quot;position: relative; width: 315px; height: 40px; overflow: hidden;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;position: absolute;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; id=&quot;music-widget&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;type&quot; value=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=2319804&amp;skin=round&quot; /&gt;&lt;embed src=&quot;http://jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=2319804&amp;skin=round&quot; wmode=&quot;transparent&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; name=&quot;music-widget&quot; width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img style=&quot;visibility:hidden;width:0px;height:0px;&quot; border=0 width=0 height=0 src=&quot;http://counters.gigya.com/wildfire/IMP/CXNID=2000002.0NXC/bT*xJmx*PTEyMjAzMjU4OTgxNDQmcHQ9MTIyMDMyNTg5OTk1NiZwPTMwODM*MSZkPSZuPSZnPTE=.gif&quot; /&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>S.D.V.N.M.O.R.N.B.</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/29/SDVNMORNB</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:deb41c823efc17a60e20c15f18c4d6b1</guid>
    <pubDate>Mon, 29 Mar 2010 20:51:00 +0100</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Boulot</category><category>Migraine</category><category>Métro</category><category>Train</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Itunes au lieu de charger les playlists fraîchement extirpées du net choisit de les détruire. Je me retrouve au seuil de la porte sans aucun titre enregistré dans la machine. Le silence d'un lundi matin, bleu ciel ou pas, est insurmontable. Le chaos des gens qui vivent, autour, et empiètent sur moi m'agresse. Même sous le vacarme de la rame, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/02/Ligne-14&quot;&gt;ligne 14&lt;/a&gt;, trouver le moyen d'entendre ce corps opposé, cravate au col, miettes aux lèvres, qui mastique, racle trop loin la gorge, exhibe en bref salive et pulsations tout contre mon tympan à sec. À la place, autre jour, une playlist que j'aurais choisie moi-même aurait recouvert tout ce calvaire.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quitté plus tard, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/11/19/Broutille&quot;&gt;boulot&lt;/a&gt; plus lent. Pot de départ d'un collègue muté à T. J'ai souri quelques fois, soufflé en choeur dans une langue de belle mère, dit bonne chance, bonne continuation. En lui tapant les doigts sur l'épaule, lui dire aussi qu'en lui réside tous les espoirs de la société s'il ne veut pas à son tour « couler la boite ». 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Chaque traversée du couloir souterrain gare de C. réveille souvenir indistinct d'école maternelle. L'odeur du détergeant fait office de détente, madeleine mécanique inattendue. Rien d'autre ne vient, seul le souvenir de l'odeur qui reste déconnecté du reste. D'un souvenir à l'autre, il déclenche aussi l'image d'un soir à M., je ne sais pas quel âge j'ai ni pourquoi je ne dors pas dans la chambre où habituellement mon frère et moi dormons, où ma mère m'explique que je dois fermer les yeux avant « d'arriver à dormir ». Alors je réalise qu'il faut bien fermer les yeux pour dormir, et non pas s'endormir pour que les yeux se ferment, découverte qui renverse au moins le monde.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je reprends sans rire le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/01/Tentatives-de-geolocalisation-des-crises&quot;&gt;fameux&lt;/a&gt; &lt;em&gt;Journal des activités migraineuses, échantillonnages de la douleur &amp; tentatives de géolocalisation des crises&lt;/em&gt;, en poursuit les éternelles compilations de données fragmentées. Je constate que depuis quelques semaines la douleur évolue. Plus beaucoup de crises mais des douleurs régulières, moins longues, plus diversement localisées. Je ne cherche plus de cohérence dans ces douleurs ni d'origine. Je n'écoute pas H. qui me conseille encore de consulter. Je cartographie simplement l'évolution des sens. Je ferme les yeux dans les trains du retour. Consomme facile les Dafalgan par boite de seize. Je me persuade que ces douleurs sont peut-être liées au stress régulier qui m'habite, aux colères perpétuelles cultivées. Je me force à rester calme, calme, calme, plus que je ne pourrais jamais l'être. Je reprends sans le vouloir mes propres paris de mes 16 ans passés : aujourd'hui, promesse faite à moi-même, je ne serai désagréable, désagréable avec personne.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>#SDL</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/27/SDL</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8d51ab984f14b7cfd2867a8f826e230a</guid>
    <pubDate>Sat, 27 Mar 2010 20:33:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Antoine Emaz</category><category>X.</category>    
    <description>    Croisé &lt;a href=&quot;http://la-vitesse-des-trucs.blogspot.com/&quot;&gt;X.&lt;/a&gt; au salon du livre. Je le cherche au stand Seuil en ne sachant pas qui est X. pour ne l'avoir encore jamais rencontré. Je manque d'aborder un corps qui n'est pas à lui mais &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/28/Kreuznach&quot;&gt;lui ressemble&lt;/a&gt;, ai bien fait de m'abstenir. Finalement lui qui nous trouve devant le dernier &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Antoine%20Volodine&quot;&gt;Volodine&lt;/a&gt; noir et blanc. Il m'explique qu'il ne suit plus mon blog, ce qui me brise le coeur. Je lui explique à mon tour que le soir venu figurera sur le blog la phrase « X. ne suit plus mon blog et ça me brise le coeur » et j'ai raison, voyant veinard improvisé. Ensuite un verre, café tout proche, lui, H., et moi. Un peu plus tôt lecture d'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Antoine%20Emaz&quot;&gt;Antoine Emaz&lt;/a&gt;, relevé la phrase : « il faudrait interdire l'arrière tête ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/emaz.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.emaz_m.jpg&quot; alt=&quot;emaz.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;emaz.jpg, mar 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>FAMAS</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/26/FAMAS</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b8c3da868852c6fd1f5a8c7cc08b64aa</guid>
    <pubDate>Fri, 26 Mar 2010 20:42:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Adolescence</category><category>Audio</category><category>Crise !</category><category>Keren Ann</category>    
    <description>    &lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;div style=&quot;position: relative; width: 315px; height: 40px; overflow: hidden;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;position: absolute;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; id=&quot;music-widget&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;type&quot; value=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=238267&amp;skin=round&quot; /&gt;&lt;embed src=&quot;http://jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=238267&amp;skin=round&quot; wmode=&quot;transparent&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; name=&quot;music-widget&quot; width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img style=&quot;visibility:hidden;width:0px;height:0px;&quot; border=0 width=0 height=0 src=&quot;http://counters.gigya.com/wildfire/IMP/CXNID=2000002.0NXC/bT*xJmx*PTEyMjAzMjU4OTgxNDQmcHQ9MTIyMDMyNTg5OTk1NiZwPTMwODM*MSZkPSZuPSZnPTE=.gif&quot; /&gt;&lt;/center&gt;


On remarquerait plus facilement les mouvements de foule. On les suivrait du bout du monde, à bord d'un téléobjectif propulsé en orbite, son bord dicté par des programmes qu'on saurait plus lancer, maintenir encore moins. Les images arriveraient directement placardées sur l'écran qui cracherait automatique des impressions en chaîne. On l'appellerait le mappage des extrêmes, le calvaire des corps, l'exode des sans rien. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/famas2.png&quot; alt=&quot;famas2.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;famas2.png, mar 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

De plus en plus s'articuleraient en MEUTES, toujours adolescentes, colonisant des ZONES, toujours périurbaines, et la masse des corps écrasés s'afficherait rouge ou bleu sur le blanc des diagrammes. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/famas.png&quot; alt=&quot;famas.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;famas.png, mar 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Plus loin, enfoncées dans la topographie, certaines MEUTES réactiveraient la production de FAMAS artisanaux d'après vieux schémas obsolètes, poutant remis au goût du jour. Ceux là connaissent le chinois et traduisent les notices avec enthousiasme et approximations.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Sur Pygmy</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/24/Sur-Pygmy</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d5a45c9b8b72aae65fefe5a52caf08dc</guid>
    <pubDate>Wed, 24 Mar 2010 21:15:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Chuck Palahniuk</category><category>Train</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

J'ai, tatoué sur le pouce, les horaires effacés de mes trains du soir. Ils sont séparés sur la peau par les reliefs tendons et les quarts d'heure. De cette façon savoir d'avance lequel prendre et lequel oublier.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;2
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.pygmy_s.jpg&quot; alt=&quot;pygmy.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;pygmy.jpg, mar 2010&quot; /&gt;&lt;em&gt;Pygmy&lt;/em&gt; n'a pu passer le cap des &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/22/Liste&quot;&gt;quelques&lt;/a&gt; pages. Déjà, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/28/Chuck-Palahniuk-Snuff&quot;&gt;juin dernier&lt;/a&gt;, &lt;em&gt;Snuff&lt;/em&gt; m'avait beaucoup indifféré. N'étant pas totalement bilingue je n'ai pas résisté au rythme mécanique de la langue empruntée. Il faut avoir trop de mâchoires en rab pour mastiquer ce texte en l'état. Derrière la langue robotisée du livre un scénario déjà fait et recopié, un temps sous titre &lt;em&gt;Lettres persanes&lt;/em&gt;, un temps label Simpson ou South Park : c'est le cliché reproduit du regard étranger, du quand on arrive en ville, de la critique sociale apportée par dehors. Que le texte soit caviardé pour la forme, que le narrateur soit terroriste en culotte courte ne change pas grand chose. Si c'est un bon livre je l'ai raté, s'il est mauvais ce n'est pas grave.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Liste</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/22/Liste</link>
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    <pubDate>Mon, 22 Mar 2010 20:27:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Amy Hempel</category><category>Chuck Palahniuk</category><category>Coup de tête</category><category>Cécile Portier</category><category>Fuir est une pulsion</category><category>Tom Spanbauer</category><category>Train</category>    
    <description>    - on ferait des listes aussi surtout parce qu'on pourrait pas mieux dire ailleurs ou autrement&lt;br /&gt;

- paraît aussi qu'on ferait des listes parce qu'on serait trop épuisé pour faire plus dense&lt;br /&gt;
- et peut-être que même en listes ça pourrait simuler &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/21/Qu-est-ce-qu-un-Journal&quot;&gt;semblant de Journal&lt;/a&gt; comme on saurait pas trop l'écrire pourtant&lt;br /&gt;
- au matin l'avant du train perce sous la brume derrière déboulent hectolitres de lumière qu'on a greffé sous l'astre&lt;br /&gt;
- j'essaye en vain de tracer en tête un ersatz de template pour &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/17/Noms&quot;&gt;futur site Spip&lt;/a&gt; encore en germe(s) mais échoue&lt;br /&gt;
- l'idée la plus saine ce serait encore d'en supprimer header pour faire tenir un site sans tête dans l'architecture web&lt;br /&gt;
- quand je relis les quelques bribes d'&lt;em&gt;In the city of shy hunters&lt;/em&gt; que j'ai pas oubliées je me dis que moi aussi je béguaye des fois et que c'est révélateur de mots qui trouvent pas toujours place pour émerger (&lt;em&gt;« Synchronicity ! I said. Well then, I said, Have you ever, I said, Met a man named Charlie 2 Moons ? »&lt;/em&gt;)&lt;br /&gt;
- je termine &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article298&quot;&gt;&lt;em&gt;Saphir Antalgos&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; on en parle peu mais c'est pas mal&lt;br /&gt;
- je commence &lt;em&gt;Pygmy&lt;/em&gt; pour une seule première page une seule première seulement&lt;br /&gt;
- j'ai jamais rencontré personne appelé Charlie 2 Moons&lt;br /&gt;
- la fin de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; approche et tenir le compte à rebours en attendant sa fin c'est comme voir disparaître le blog lui-même qui une fois le texte fixé aura plus de raison d'être&lt;br /&gt;
- je relirai bien encore un peu d'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/06/Could-not-keep-my-attention&quot;&gt;Amy Hempel&lt;/a&gt; citée en ouverture de &lt;em&gt;Pigmy&lt;/em&gt; justement pas par nostalgie mais bien à lire comme une béquille pour mieux comprendre comment écrire correctement&lt;br /&gt;
- je me décourage pas non je me décourage pas contrairement à ce que j'ai dit à H. sur le ras le bol bouillant du monde je me décourage pas</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Qu'est-ce qu'un Journal</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/21/Qu-est-ce-qu-un-Journal</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:27e37150383b3a3a20ca16db9b3b88e0</guid>
    <pubDate>Sun, 21 Mar 2010 16:18:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Andy Warhol</category><category>Antoine Emaz</category><category>Capitaine Scott</category><category>Ernst Jünger</category><category>Franz Kafka</category><category>Fuir est une pulsion</category><category>Henry Bauchau</category><category>Philippe de Jonckheere</category><category>Philippe Didion</category><category>Pierre Guyotat</category><category>Valery Larbaud</category><category>Virginia Woolf</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/journal.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.journal_s.jpg&quot; alt=&quot;journal.png&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 0 0;&quot; title=&quot;journal.png, mar 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Et j'ai pas la réponse, pour ça que j'y joindrai pas de point d'interrogation. En bloguant j'ai jamais l'impression d'en écrire un, de Journal, même si j'ai toujours l'impression d'en écrire un. En bricolant Spip pour la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/17/Noms&quot;&gt;plateforme&lt;/a&gt; qui sera amenée à avaler Omega Blue dans quelques mois tout est Journal, tout est fragment de Journal, rien n'est Journal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Exemple : j'ai toujours du mal à poser première phrase dans mes fichiers, pas parce que je sais qu'ils seront lus dans l'instant (c'est pas forcément le cas), mais parce que j'ignore comment entrer dans une entrée Journal. Des fois je me dis : et si c'était pas vraiment écrire Journal qu'écrire comme ça. Je cogite deux minutes puis j'arrête de cogiter : j'écris mon truc et puis voilà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Des fois je prends aussi tous les journaux dispos à portée de main et je vérifie : comment eux font pour entrer dans leurs fragments ? Je sélectionne au hasard des pages traversées par le doigt un échantillonnage de fragements attrapés, liste exhaustive et étude comparée de quoi commence quoi et surtout comment. Je note la première phrase, ou les deux premières en fonction des cas, après  c'est déjà plus le début. L'une de ces études, si elle existait réellement, pourrait poser le résultat suivant  :

&lt;blockquote&gt;Since I left writing here, I have had days of almost perfect health, days of illness too, and days when the Mood assailed me. (Larbaud) / Rêvé, dans la nuit, des tranchées durant la première guerre mondiale. (Jünger) / Conférence d'une certaine Mme Ch. sur Musset. Habitude qu'ont les femmes juives de faire claquer leur langue. (Kafka) / Ce n'est pas l'inconscient qui a surchargé mon livre de ce trop que je m'efforce d'éliminer. (Bauchau) / In the morning the conditions were unaltered. Went for a ski run before breakfast. (Capitaine Scott) / Mon fils Nathan. Mon coeur se serre souvent quand je pense à Nathan, mon petit garçon. (De Jonckheere) / Ma belle-soeur a appelé dans la matinée, elle est à New-York. Elle veut me vendre un vibromasseur à 90 dollars parce qu'elle en a acheté trois et qu'elle ne se sert pas de tous. (Warhol) / Je rentre at home par le 13 heures 44. Je scrute : pas trace de Gérard Longuet, ni même d'un obscur conseiller général de canton rural. (Didion) / &lt;em&gt;Rouges et Blancs [de Milklós Kancsó]&lt;/em&gt; : nudité, rituel du déshabillage, extrême audace de scène du baiser « rouge » ↔ infirmière, indifférence atroce où surgissent quelques actes cruels (« rouges » jetés à l'eau et pieutés avec gaffe pointue), épopée nouvelle, temps étiré, syncopes, symbolisme des regards. (Guyotat) / Aujourd'hui, c'est l'anniversaire de Trafalgar, et hier fut le jour mémorable de la publication de &lt;em&gt;Nuit et Jour&lt;/em&gt; ; mes six exemplaires me sont parvenus ce matin, et il en est déjà reparti cinq, de sorte que j'imagine cinq becs d'amis plantés déjà dedans. (Woolf) / Emotion. L’émotion vécue, impact ou contrecoup, est sans mots. (Emaz)&lt;/blockquote&gt;

Voilà les données brutes, à suivre pour analyse ?</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Footballeur et futuriste</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/19/Footballeur-et-futuriste</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:82a4d2bef3a6a33aa98b2816c7cec67c</guid>
    <pubDate>Fri, 19 Mar 2010 21:35:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Cyclocosmia</category><category>Littérature</category><category>Roberto Bolaño</category>    
    <description>    Ayant épuisé &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Roberto%20Bolaño&quot;&gt;Bolaño&lt;/a&gt; au bord du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/03/Roberto-Bolano-2666&quot;&gt;chaos&lt;/a&gt; (c'est à dire &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/14/2667&quot;&gt;au-delà&lt;/a&gt; de sa propre mort d'état civil), je reprends le Bolaño plus ancien, ancré au fond des pages, pour mieux pouvoir remonter le texte à coup de pagaie. &lt;em&gt;La littérature nazie en Amérique&lt;/em&gt;, fausse anthologie d'écrivains fascites en Amérique (texte à lire à la lumière de l'article &lt;em&gt;A la gauche de Bolaño&lt;/em&gt;, de &lt;a href=&quot;http://table-rase.blogspot.com/&quot;&gt;François Monti&lt;/a&gt; paru dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/13/Semaine-Bolano&quot;&gt;le fameux Cyclocosmia III&lt;/a&gt; il y a quelques semaines), est un livre montagnes russes et lunatique. On tombe d'un portrait à un autre et les notices saccadent. Parfois (souvent ?), le texte est aussi très drôle, cf. ce qui suit.
&lt;blockquote&gt;
&lt;center&gt;Silvio Salvatico&lt;br /&gt;

Buenos Aires, 1901 – Buenos Aires, 1994&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;


Parmi ses propositions de jeunesse, on relève la restauration de l'Inquisition, les châtiments corporels publics, la guerre permanente soit contre les Chiliens soit contres les Paraguayens ou les Boliviens comme une forme de gymnastique nationale, la polygamie masculine, l'extermination des Indiens pour éviter une plus grande contamniation de la race argentine, la restriction des droits des citoyens d'origine juive, l'émigration massive en provenance des pays scandinaves, pour blanchir peu à peu l'épiderme national assombri par des années de promiscuité hispano-indigène, la consession de bourses littéraires à perpétuité, l'exemption fiscale des artistes, la création de la plus grande force aérienne de l'Amérique du Sud, la colonisation de l'Antarctique, l'édification de nouvelles villes en Patagonie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


Il fut footballeur et futuriste.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Roberto Bolaño, &lt;em&gt;La littérature nazie en Amérique&lt;/em&gt;, Christian Bourgois, trad : Robert Amutio, P. 61.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>(des) miniatures perceptibles</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/15/des-miniatures-perceptibles</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:26312e344bcbea322a382a20ca66cee3</guid>
    <pubDate>Mon, 15 Mar 2010 21:29:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>David Menear</category><category>Littérature</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/femur.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.femur_m.jpg&quot; alt=&quot;femur.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;femur.jpg, mar 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;En marge du &lt;em&gt;Journal des sens&lt;/em&gt; (mais réellement en marge : c'est à dire dans des coins de feuilles brouillon, à l'envers, entre les blancs et sous les titres), &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/David%20Menear&quot;&gt;David Menear&lt;/a&gt; compose un autre pan aléatoire de son Journal général. Chaque matin il s'astreint à l'écriture de la phrase : la première apparue. Il l'écrit une fois, la fixe et n'y revient plus. Souvent prétexte à la « scarification des rêves », parfois incohérente, généralement sans ponctuation ni majuscule. Il tient journal chaque matin avant premier mot prononcé, avant surtout l'écriture du vrai, le réel, celui qui fait oeuvre et qu'il nomme &lt;em&gt;Journal des sens&lt;/em&gt;. Un titre pour cet ersatz perpétuel qui rappelle un peu les &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/08/30/557-plein-de-larmes&quot;&gt;larmes d'Henri Calet&lt;/a&gt; (dont il est contemporain) ? Pas vraiment. Plusieurs sont mentionnés dans le chaos du texte mère. Il écrit &lt;em&gt;essais sans y croire&lt;/em&gt; ou une autre de ses variantes : &lt;em&gt;essais semés qui flanchent&lt;/em&gt;. Il écrit aussi &lt;em&gt;fragmentation du m... tel qu'on l'avale&lt;/em&gt;. Il écrit &lt;em&gt;où le grain pousse&lt;/em&gt;, il écrit &lt;em&gt;miniatures percéptibles&lt;/em&gt;, parfois variante : &lt;em&gt;des miniatures perceptibles&lt;/em&gt;. Le seul titre à posséder majuscule est moqué dans la phrase qui suit : &lt;em&gt;Merde Blanche&lt;/em&gt;. Les extraits choisis sont tous dus au hasard : celui du doigt aléatoire plongé entre les pages.

&lt;blockquote&gt;paris catamaran sans histoire&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;je t'ai fait triste &lt;br /&gt;

comme une poupée vaudou &lt;br /&gt;
tout droit sorti de mes rêves les plus mous&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;demain énumérer les jours où je n'aurais pas pu les énumérer&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;avaler l'âme&lt;br /&gt;
au microscope&lt;br /&gt;
au microscope&lt;br /&gt;
décortiquer&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;nuit de foutre &amp; de lumière  ils m'en ont mis plein les yeux&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;préférerais encore en mon âme &amp; conscience être un chien dans la nuit ou un fémur de chien&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;j'ai laissé dans mes mains mon visage et dans mes mains mon visage s'est perdu&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;trop peu d'air&lt;br /&gt;
sous le torse&lt;br /&gt;
&amp; trop peu comme on pourrait pas dire&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Eric Chevillard, Choir</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/14/Eric-Chevillard-Choir</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e89b3b20675d36b006f9e8fb27b27f46</guid>
    <pubDate>Sun, 14 Mar 2010 17:32:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Eric Chevillard</category><category>Litérature</category>    
    <description>    Non je ne me suis pas &lt;a href=&quot;http://l-autofictif.over-blog.com/article-836-46647438.html&quot;&gt;pendu&lt;/a&gt;, mais sans doute une copie de moi-même aurait souhaité rester à Choir. Choir : patrie des vagues-à-l'âme et des broie-du-noir, Choir : île perdue dans le nulle part des lettres et dans le vide intersidéral de l'humanité. Choir où le mot bonheur n'existe pas mais où il existe « trois cent douze mots pour dire gris ». Choir où le gris, donc, recouvre le ciel, la terre et les sources d'eau, cette « soupe de têtards, de tipules et de vase » derrière laquelle il « faudrait quelque chose à boire pour la faire passer ».
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.choirchoirchoir_m.jpg&quot; alt=&quot;choirchoirchoir.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;choirchoirchoir.jpg, mar 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; est mon premier livre d'Éric Chevillard : me voilà dépucelé de Chevillard par Choir : je lui en serai à jamais reconnaissant. &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; met en pratique les plus noirs des fragments du fameux &lt;a href=&quot;http://l-autofictif.over-blog.com/&quot;&gt;Autofictif&lt;/a&gt;, le journal fragmenté quotidien de Chevillard, et l'érige en livre. Roman, dit la couverture ? Pas vraiment. C'en est un sans en être. Ce n'est pas très important.
&lt;blockquote&gt;Sans doute ne pouvons-nous espérer quitter Choir que par la voie des airs. Or ce n'est pas un avion qui nous emportera. Les atterrissages en catastrophe de long-courriers constituent même l'une des principales sources de peuplement à Choir ;  les passagers débarqués n'ont plus aucune chance de repartir. Les avions piquent du nez dans le sable. Ils resteront plantés là. Tous les livres dont nous disposons nous sont parvenus ainsi, dans les bagages. Ils sont écrits dans des langues que nous ignorons. À vrai dire, nous ignorons aussi quelle est la nôtre, mais les rescapés l'apprennent vite et sans efforts. Idiome assez pauvre, semble-t-il, comparé à ceux de ces livres dont nous ne comprendrons jamais le premier mot. Ils acceptent parfois de nous les traduire, avant qu'ils ne deviennent pour eux aussi indéchiffrables, ce qui ne tarde guère. Ceux qui contienent des images ont d'ailleurs notre préférence. Ainsi obtenons-nous quelques informations sur le reste du monde. En revanche, nous ne nous fions pas trop aux récits des rescapés eux-mêmes, empreints d'une nostalgie certainement excessive qui les conduit à tout idéaliser et que nous attribuons plutôt aux conditions nouvelles de leur séjour à Choir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Eric Chevillard, &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt;, Minuit, P.48-49.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; est un livre construit sur des fragments, des paragraphes. Il y a un narrateur, un habitant de Choir. Il y a cette légende : un sauveur nommé Ilinuk, parti par les airs il y a tant d'années, qui reviendrait un jour pour sauver le peuple de Choir : c'est à dire les extraire hors de Choir et les emmener avec lui loin, si loin de Choir. Il y a d'autres personnages périphériques. Et au centre de tout il y a Choir : matrice boueuse, puits sans fin, marasme quotidien qui contrôle tout et retient tout contre elle les corps. Choir (ou &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt;) envahit tout, devient dystopie fabuleuse puisque totalement absurde.

&lt;blockquote&gt;Mal chaussés, comme si cela ne suffisait pas, il faut encore que le sol tremble. Il y eut ce jour où il s'ouvrit et nous crûmes alors que la terre de Choir allait se diviser. Profitant de ce que la faille n'était pas trop béante, la population se scinda en deux, selon les affinités. C'est-à-dire que chacun espérait se retrouver seul et sautait par-dessus la lézarde du côté où demeurait le groupe le moins nombreux en exhortant ses membres à rejoindre l'autre bord – &lt;em&gt;sautez, vite ! Ilinuk a débarqué là-bas !&lt;/em&gt; Tous mensonges étaient bons pour éloigner autrui, pour rester seul et, dans cet espoir, nous franchissions sans cesse la faille qui s'élargit jusqu'à devenir bientôt un insondable précipice. Nombreux furent ceux qui s'y abîmèrent. Puis, tout aussi soudainement, elle se referma, coinçant la jambe droite de Ra'oof entre ses bords rapprochés. L'infortuné est toujours prisonnier de cet étau, nourri par ses chiens qui traînent jusqu'à lui leurs os et leurs croûtes.
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P. 56&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Comme vu précédemment, l'écriture de &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; fonctionne au fragment : signe d'une oeuvre qui aurait vu son cheminement dicté par l'entreprise d'écriture internet quotidienne ? Peut-être. D'autant que certains de ces fragments pourraient tout aussi bien prendre forme dans l'une des publications de &lt;a href=&quot;http://l-autofictif.over-blog.com/&quot;&gt;l'Autofictif&lt;/a&gt;.

&lt;blockquote&gt;Plutôt patienter dans la salle d'attente du salon de soins de Toqueboeuf. &lt;em&gt;Étrranglements. Énucléations. Supplices à la demande.&lt;/em&gt; Raffinement suprême, il ne chauffe pas ses serviettes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.93&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Mais &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; est méticuleux. La poésie berce &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt;. Des supplices à la demande aux jeux cruels et sanguinaires de Choir. &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; compose de petites sonates, parfois de brèves mélodies qui, soufflées dans l'air de Choir, prennent la forme de litanies de gorge, de marmonnements de sectes, de souffles  gluants interminables et monotones (évidemment).

&lt;blockquote&gt;Nous tenons pour sûr que les omoplates et les malléoles sont les moignons des ailes que nous avions à l'origine aux pieds et dans le dos et que avons chu sur cette île lorsqu'elles se sont atrophiées pour des raisons que nous ignorons. Mais quand nous avons bu, nous nous laissons aller à croire qu'omoplates et malléoles sont plutôt les bourgeons de nos ailes à venir, que le germe est là encore, dans l'os, qu'Ilinuk alors viendra plutôt nous chercehr quand celles-ci auront repoussé et que nous pourrons le suivre : il prendra la tête de notre vol triangulaire et conduira la grande migration.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.193&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;

&lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt;, la version textuellement possible de &lt;a href=&quot;http://www.explosm.net/comics/&quot;&gt;&lt;em&gt;Cyanide &amp; Happiness&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.asofterworld.com/&quot;&gt;&lt;em&gt;Softer world&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; réunis ? Pourquoi pas après tout ? Ce serait bien le même humour, noir et détaché, planant à quelques mètres de Choir comme les vautours avant la faim ou bien enfoui dans la vase structurante de Choir, entre les crânes des ancètres qui parfois pointent sous les semelles et découpent la terre de Choir.

&lt;blockquote&gt;Nous inculquons aussi à nos enfants – car pour tout ce qui touche à la science, nous avons plus confiance en nous-mêmes qu'en ces nurses ombrageuses – l'idée que la sodomie constitue l'acte reproducteur. Ainsi s'anéantira d'elle-m^me peut-être notre pleurnicharde engeance, dans les convulsions d'une jouissance stérile. Mais la nature n'en finit pas de s'adapter à nos comportements – pour nous garder, pour nous tenir et parce qu'il faut bien un socle ou un support pour que croisse et prolifère le champignon de la moisissure – et nous voyons naître déjà les premiers bébés conçus de la sorte, exactement semblables aux autres, un peu plus joufflus peut-être.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.159-160.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Choir est aussi « l'autre île », lien de parenté peut-être avec &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/05/20/280-michal-ajvaz-l-autre-ile&quot;&gt;celle de Michal Ajvaz&lt;/a&gt; ? Entre mes doigts en tout cas, leurs personnages difformes et geignards ont sensiblement la même forme, peut-être aussi le même look, et leurs voix sonnent pareil. Car Choir est terne, Choir est morne, Choir est désespérément vase et vicère : Choir est magique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/Strug.jpg&quot; alt=&quot;Strug.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;Strug.jpg, mar 2010&quot; /&gt;

&lt;blockquote&gt;L'amour au contraire nous affronte. Ah ? vous y mettes les dents ? nous demandent avec les yeux les rescapés quand pour la première fois l'un de nous les embrasse. Mais nous y mettons les dents parce que vous y mettez la langue ! La faim a de telles tenailles. Il ne faut pas la tenter avec un tendre morceau de viande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.142&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt;, dont l'île éponyme pourrait avoir pour devise un bien trop familier « rien n'est suffisant », est une grosse bouffée d'air frais dans le paysage littéraire et mon coup de coeur ému de ce début 2010. &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; est piment, &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; est fort, &lt;em&gt;Choir&lt;/em&gt; est drôle. Choir est une terre marrécageuse où il fait bon lire, j'y aurais fort volontiers demandé un droit d'asile si par mégarde je ne l'avais pas déjà refermé.

&lt;blockquote&gt;BONDIR HORS DE CHOIR !&lt;br /&gt;
oh ! moi !&lt;br /&gt;
laisser Choir sous moi, déchet immonde de ma décréptitude, de mon incontinence !&lt;br /&gt;
HORS DE CHOIR BONDIR ! ISSIR !&lt;br /&gt;
m'arracher à ses glus, à ses boues, élargir les huit trous de mon corps afin que s'écoule au travers tout le sable de Choir !&lt;br /&gt;
puis dans mon dos retombe !&lt;br /&gt;
derrière moi laisser les tumulus et les prisons de Choir !&lt;br /&gt;
oh ! Jaillir des taupinières de Choir !&lt;br /&gt;
oiseau oison oisillon oiselet m'essorer !&lt;br /&gt;
toutes mes plumes pour la flèche !&lt;br /&gt;
et allez, va !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P. 7-8&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

D'autres ont chu :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://www.revue-analyses.org/document.php?id=1537&quot;&gt;@nalyses (entretien avec Eric Chevillard)&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1995&quot;&gt;Tierslivre&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://rhinoceros.eu/2010/02/choir-d-eric-chevillard/&quot;&gt;Rhinoceros&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://www.liberation.fr/livres/0101613612-du-chevillard-premier-choir&quot;&gt;Libé&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/02/25/choir-d-eric-chevillard_1311077_3260.html&quot;&gt;Le Monde
&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
-&lt;a href=&quot;http://journallecteur.blogspot.com/2010/02/de-choir-lile-de-chevillard-au.html&quot;&gt; Journal d'un lecteur&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;

- &lt;a href=&quot;http://www.telerama.fr/livres/eric-chevillard-choir,51358.php&quot;&gt;Télérama&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Croquis #20</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/11/Croquis-20</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:de5f0491e9bd80cac8980cb26cb26e54</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Mar 2010 18:35:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Croquis</category>    
    <description>    &lt;br /&gt;
&lt;center&gt;si c'est un homme, il est superbe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


si c'est une femme, elle me fascine&lt;/cente&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quantique</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/09/Quantique</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:77574e2d4fa5a91411b41c5a8802e0d2</guid>
    <pubDate>Tue, 09 Mar 2010 18:33:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Homosexualité</category><category>Jeux vidéo</category><category>Métro</category>    
    <description>    Si c'était &lt;a href=&quot;http://www.heavyrainps3.com/&quot;&gt;&lt;em&gt;Heavy Rain&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, plaqué derrière l'algorithme y aurait des choix préétablis qu'on pourrait faire, des canaux pré-tracés qu'on pourrait prendre. Comme changer d'aiguillage, même brutalité dans l'orientation des rails. On suivrait par défaut l'autorail général, celui qui conduit les pas quotidiens, celui qui dit wagon 4, quai 2, escalier C, voie D, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/02/Ligne-14&quot;&gt;ligne 14&lt;/a&gt;, changement St Lazare, et d'un coup sans prévenir secouer fort la manette pour changer d'angle, prendre la 3 au lieu de la 13, s'arrêter Opéra et de là suivre les corps qu'on connaît pas. Les choix sont toujours un peu secs&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/09/#sdfootnote1sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;, limite caricaturaux. Moi j'ai toujours aimé suivre les inconnus, j'expliquerais à l'X, mon PNJ accompagnateur, même dans ce que j'écris les fictions s'arrangent souvent pour mettre en abyme la filature, c'est mon côté voyeur. Par exemple dans &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, le personnage qu'on mate et qu'on suit, justement, s'appelle l'X. Abyme encore. Derrière suivre deux types qui sont ensemble peut-être sans l'être. La possibilité qu'ils le soient m'accompagne et on trouve ça un peu touchant, en tout cas notable, ce couple de types qui se trahissent en se regardant et moi je m'attache. Ils sont jeunes. Baignent encore dans l'alternativité (parmi lesquels, sans doute, quelques &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;peurs primaires&lt;/a&gt;), c'est à dire qu'ils marchent sans autorail, et moi aussi je veux en être. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/AiguillageAnime.gif&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.AiguillageAnime_m.jpg&quot; alt=&quot;AiguillageAnime.gif&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;AiguillageAnime.gif, mar 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;________________&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote1sym&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/09/#sdfootnote1anc&quot;&gt;1&lt;/a&gt;
Lapsus clavier : un peu sex.
&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>7 tentatives de métaphores cycliques pour saisir &amp; lâcher Pont de l'Alma de Julián Ríos</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/7-tentatives-de-metaphores-cycliques-pour-saisir-lacher-Pont-de-l-Alma-de-Julian-Rios</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0149691722ec4105b90a29679a008380</guid>
    <pubDate>Sun, 07 Mar 2010 17:34:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Julián Ríos</category><category>Littérature</category>    
    <description>    &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt; terminé : certains disent que c'est déjà le livre à lire en 2010. Ça je ne sais pas. Sais seulement que &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt; creuse et que la chronique pure, de fond, est impossible, ou bien déjà très bien tracée chez les voisins du &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/&quot;&gt;Fric-Frac Club&lt;/a&gt;, cf. &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article541&quot;&gt;g@rp&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article457&quot;&gt;François Monti&lt;/a&gt;, pas vraiment besoin d'en écrire plus. Ma lecture de &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt; n'a pas été concentrée mais divaguée. Affabulatrice. J'ai retrouvé un peu de &lt;em&gt;La vitesse des choses&lt;/em&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Rodrigo%20Fresán&quot;&gt;Fresán&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/pages/La-vitesse-des-choses&quot;&gt;traversé&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/09/28/Rodrigo-Fresan-La-vitesse-des-choses&quot;&gt;avec fracas en 2008&lt;/a&gt;, dans ce pont là. &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt; a balancé des pistes, esquissé des gestes, qui sont autant de fragments possibles rapidement répertoriés ici :
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/alma.jpg&quot; alt=&quot;alma.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;alma.jpg, mar 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt; – Des coquilles d'escargots. On s'y déplace en crabe, les couloirs trop étroits. Une main toujours sur la paroi pour savoir où on va. Du calcaire sur les doigts. On suit les flèches. Les lieux publics toujours un labyrinthe. Un musée peut-être en forme de spirale. On ne cherche pas les prochaines galeries mais les toilettes. Pour ça on suit les flèches, la main toujours traînée sur la paroi si proche. On est déjà passé par là, pourrait mettre sa main à couper. On échange les couloirs, traverse les carrefours, s'enfonce dans le coeur du coeur de la spirale. Les possibilités labyrinthiques de s'y égarer sont monstrueuses. Les flèches tournent au fil du vent, des courants d'air, la climatisation interne. On trouve des fois des écriteaux en différentes langues, ils disent : out of order ou bien vous êtes ici.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt; – Énumération des trucs possibles censés stopper le hoquet (liste non exhaustive)&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/#sdfootnote1sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. : apnée prolongée, hyperventilation, stimulation vagale, déglutition, boire un verre d'eau rapidement, boire à l'envers, boire en se bouchant les oreilles, avaler pain sec, avaler glace pilée, avalée sucre au vinaigre, traction sur la langue, compression des globes oculaires, massage sur une ligne horizontale passant par la pointe des deux omoplates, pression sur la dernière phalange de l'auriculaire, pression sur les artères radiales au pouls, pression sur les nerfs phréniques en arrière des articulations sternoclaviculaires, lavage gastrique, simulation galvanique du nerf phrénique, dilatation oesophagienne, traitements médicamenteux : scopalamine, amphétamines, prochlorpézarine, chlorpromazine, phénobarbital, narcotiques, métoclopramide, etc.

&lt;blockquote&gt;Je n'ai pas trouvé le gardien ou le conservateur de ce cimetière ni même aucune indication me guidant vers mon Maître, qui demanda à l'occasion à être enterré à la fosse commune, c'est ce qu'il aurait préféré.&lt;br /&gt;
À l'entrée, près d'une pompe à eau, il y avait une demi-douzaine d'arrosoirs en plastique vert, observa Bonzo.&lt;br /&gt;
Pour arroser les marguerites et les dents-de-lion, ou les daysies et les pissenlits, manquai-je d'envoyer à Bonzo, qui ne connaissait sans doute pas l'expression bouffer des pissenlits par la racine.&lt;br /&gt;
Après avoir fait plusieurs tours je tombai sur la dalle de granit sous laquelle gît le corps de mon Maître. Ainsi dit Bonzo. Un ou plusieurs visiteurs m'avaient précédé dans le rituel, ajouta-t-il, car il y avait quatre pierres blanches à côté de la petite croix inscrite sur le coin supérieur gauche de la dalle et plusieurs cailloux plus petits, du gravier, sur le bas.&lt;br /&gt;
Au lieu de la croix, dit Bonzo, il aurait été plus juste d'inscrire sur la dalle en majuscules, NON NON NON, c'était bien la seule épitaphe que désirait mon Maître, comme il l'écrivit à un ami. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Julián Ríos, &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt;, Tristram, trad : Albert Bensoussan et Geneviève Duchêne, P.106.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt; – Étude de mine antipersonnel modèle PMN CEI&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote2anc&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/#sdfootnote2sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; : dimensions : 110x53mm / poids total : 550g / poids de la charge : 240g / utilisée en : Afghanistan, Angola, Cambodge, Ethiopie, Honduras, Koweit, Rwanda, Somalie / autres versions : Type 58 (Chine), HGE (Irak), MKK-F (Albanie) / mine AP cylindrique / plateau de pression recouvert de caoutchouc souple maintenu par un collier de serrage métallique / corps de la mine en Bakélite / deux bouchons sur la circonférence : bouchon de forme aplatie obstrue le logement du détonateur MD9, l'autre cylindrique contient le dispositif de retard d'armement maintenu en place par goupille de sécurité en position stockage / l'arrachement de la goupille de sécurité entraîne la mise en oeuvre du retard d'armement fonctionnant par cisaillement d'une lamelle de plomb / une force de 8 à 25kg exercée sur le plateau de pression entraîne l'abaissement du corps plongeur maintenue en position haute par son ressort, déplacement qui libère le percuteur projetée sous l'influence du ressort sur le détonateur qui initie la charge principale de la mine / durée d'armement variable en fonction de la température ambiante : entre 2,5 et 12 minutes à +40°C, entre 3 et 15 heures à -40°C
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt; – Il existe 20 700 000 pages fournies par la requête &lt;a href=&quot;http://www.google.com&quot;&gt;Google&lt;/a&gt; &lt;em&gt;princess doll&lt;/em&gt;, 780 000 pour la requête &lt;em&gt;princess lady doll&lt;/em&gt;, 391 000 pour la requête &lt;em&gt;princess lady di doll&lt;/em&gt;, 284 000 pour la requête &lt;em&gt;princess lady diana doll&lt;/em&gt; et seulement 5 530 pour la requête &lt;em&gt;princess lady diana dies in a horrible car accident doll&lt;/em&gt;.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt; – Alma est&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote3anc&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/#sdfootnote3sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;3&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; une ville en Algérie, un village au Maroc, deux villes, un village et un district au Canada, un fleuve en Ukraine, une aire urbaine germano-belgo-néerlandaise en Europe, quatorze villes aux Etats-Unis (dont quatre pour le seul état du Wisconsin), un pont, une place et un palais à Paris, un centre commercial à Rennes, une ville depuis rebaptisée au Kazakhstan, une « petite localité » en Nouvelle-Zélande, un village détruit par la guerre en Palestine, un projet astronomique multinational au Chili, un astéroïde dans l'espace et une bataille dans l'Histoire.

&lt;blockquote&gt;Du centre de Paris on arrivait assez vite à ce parc d'Issy-les-Moulineaux en suivant la Seine et Henri Paul dut passer maints samedis par le tunnel de l'Alma pour aller à son tennis et en revenir. Qui sait si la nuit de l'accident ou du triple assassinat il ne choisit pas le tunnel de l'Alma parce qu'il le connaissait bien ? Camille II se demandait en outre s'il avait choisi pour ses matchs du samedi cet endroit, au sud-ouest de Paris, parce qu'il fut le berceau de l'aviation : en réalité la grande passion d'Henri Paul fut de voler et il passa à dix-huit ans son permis de pilote privé. La plus grande frustration du Breton volant fut de ne pouvoir entrer dans l'aviation militaire et piloter un Mirage à cause de son acuité visuelle insuffisante. Il jouait aussi assez bien du piano, Camille, fille de pianiste professionnelle, ne pouvait l'oublier, et elle se rappela qu'il aimait Liszt et Schubert. Aucun des deux, affirma Camille, ne figurait parmi les compositeurs classiques favoris de la Princesse, qui étaient Bach, Mozart, Schumann, Tchaïkovski et Rachmaninov. Le malheureux Schumman croyait au spiritisme et, comme la Princesse, participa à ces séances où les tables tournent ou se font tourner et il tenta aussi de se suicider, comme elle, quoique seulement trois fois. Les musiciens préférés de Diana, excepté Bach, finirent de vilaine manière. Probablement le pilote pianiste interpréta-t-il quelques morceaux de ces musiciens. Il avait reçu deux prix, d'alto et de piano, au conservatoire de sa ville natale.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P. 269-270.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;strong&gt;6&lt;/strong&gt; – Suicide : en français suicide, en anglais suicide, en allemand Selbstmord, en espagnol Suicidio, en portugais Suicídio, en italien suicidio, en russe Самоубийство, en chinois 自杀, en japonais 自殺, en hébreu התאבד...&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;7&lt;/strong&gt; - 48.868131, 2.328667&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote4anc&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/#sdfootnote4sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;4&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt; : l'hôtel Ritz à Paris, place Vendôme, littéralement et dans tous les sens (cliquez pour zapper) :&lt;br /&gt;
&lt;IFRAME SRC=&quot;http://www.omega-blue.net/Ritz1.htm&quot; width=595 height=220 frameborder=&quot;0&quot; SCROLLING=&quot;no&quot;&gt; &lt;/IFRAME&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;________________&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote1sym&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/#sdfootnote1anc&quot;&gt;1&lt;/a&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_953_hoquet.htm&quot;&gt;Doctissimo&lt;/a&gt; (et les souvenirs d'enfance).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div id=&quot;sdfootnote2&quot;&gt;&lt;p class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote2sym&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/#sdfootnote2anc&quot;&gt;2&lt;/a&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.cpadd.org/&quot;&gt;CPADD.org&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div id=&quot;sdfootnote3&quot;&gt;&lt;p class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote3sym&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/#sdfootnote3anc&quot;&gt;3&lt;/a&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Alma&quot;&gt;Wikipédia&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;

&lt;div id=&quot;sdfootnote4&quot;&gt;&lt;p class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote4sym&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/07/#sdfootnote4anc&quot;&gt;4&lt;/a&gt;Source : &lt;a href=&quot;http://www.geoportail.fr/&quot;&gt;Géoportail&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>4 tentatives d'attraper au vol l'accident de personne quand il se jette sous nos roues</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/06/4-tentatives-d-attraper-au-vol-l-accident-de-personne-quand-il-se-jette-sous-nos-roues</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0889de052476ee219919068bb5291478</guid>
    <pubDate>Sat, 06 Mar 2010 16:28:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Accident de personne</category><category>Julián Ríos</category><category>Littérature</category><category>Mort</category><category>Train</category>    
    <description>    &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt;, livre des coïncidences, m'impose lecture de cet &lt;em&gt;accident de personne&lt;/em&gt;, peu avant la fin du livre, fin de semaine, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/05/1-tentative-d-expliquer-comment-j-ai-pu-rater-Dans-un-autre-monde&quot;&gt;hier&lt;/a&gt;, instant où je m'assois dans mon train en attente de départ, peu après avoir pris notes encore (tactiles, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/09/10/Notes-tactiles-1&quot;&gt;toujours&lt;/a&gt;) de quelques morts en plus pour mon propre projet d'&lt;em&gt;Accident de personne&lt;/em&gt; qui se &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/15/Accident-de-personne&quot;&gt;prépare en coulisse&lt;/a&gt; et pour lequel je traque les suicidés comme des médailles (plus de 100 notes à présent), instant où le retard de ma rame pourrait après tout être lié à un l'un de ces &lt;em&gt;accidents de personnes&lt;/em&gt; tacites qu'on préférerait nous cacher, peut-être, peut-être, on ne sait jamais... 

&lt;blockquote&gt;Soudain le train s'arrêta en rase campagne, juste après deux heures de l'après-midi. Par haut-parleur on nous annonça qu'un accident de personne s'était produit sur la voie, telle fut l'expression utilisée. Plus tard les employés du chemin de fer nous expliquèrent qu'un homme d'environ quatre-vingts kilos s'était jeté sous le train, qui allait à près de cent soixante kilomètres à l'heure. Il ne manquait plus que de préciser le poids de la locomotive ; mais avant d'entendre cette description d'un combat aussi inégal...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


...sur un chemin à côté de la voie plusieurs voitures sont passées, l'une de pompiers et l'autre du personnel du service médical d'urgence, le SAMU, et on nous a informés peu après que la locomotive n'avait pas été endommagée. Mais qu'il fallait du temps pour débloquer les freins et surtout faire venir un nouveau conducteur pour remplacer son collègue, qui devait encore être sous le...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

...un garçon aux cheveux en brosse demeurait plongé dans la lecture de son roman policier de la Série Noire. Je me rappelle que lorsqu'il leva enfin la tête de son livre, comme s'il sortait d'un rêve, et apprit, tout étonné, ce qui venait de se passer, il fit ce seul commentaire, dont je notai les paroles : Il y a des gens qui ont du mal à vivre. À quelques pas de là, la demoiselle en tailleur noir venait de dire au téléphone : C'est la dernière fois que je vais à...
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

...passer sous ma vitre des employés du SAMU, qui ramassaient les restes du suicidé dans de grands sacs en plastique noir, et ma voisine de place se couvrit le visage de ses mains. Le train s'ébranla lentement et soudain, comme si la machine l'avait aussi déchaînée, à moins que ce ne soit un deus ex machina théâtral, une pluie torrentielle s'abattit, rideau qui cachait à nos yeux le lieu de la tragédie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Julián Ríos, &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt;, Tristram, trad : Albert Bensoussan et Geneviève Duchêne, entre les pages 288 et 290.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>1 tentative d'expliquer comment j'ai pu rater Dans un autre monde</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/05/1-tentative-d-expliquer-comment-j-ai-pu-rater-Dans-un-autre-monde</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6db4f2655df0da421976d4509d7c461d</guid>
    <pubDate>Fri, 05 Mar 2010 23:25:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Julián Ríos</category><category>Littérature</category><category>Radiohead</category><category>Train</category>    
    <description>    Ils parlent beaucoup trop, impossible de se concentrer sur le texte, la voix dans la tête qui lit, superposée aux autres, hors tête, qui disent, mélangent et recouvrent. J'ai pris la tête du wagon, deuxième wagon, vue plongeante sur l'escalier, étage. Les voix qui disent sont derrière ou à gauche, sur l'autre rangée de sièges. Les filets de voix qui traversent la mienne, muette et monocorde sur la page, est toujours prétexte à écouter ailleurs ce qui se passe mieux qu'ici. Je lis mais perds le texte. Les yeux lisent mais ne suivent pas. Le texte avance sans moi. J'écoute l'autre voix. Pour reprendre le texte j'ai ma technique : le texte gueule. La voix de tête – celle du narrateur du livre en cours, mettons &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article457&quot;&gt;&lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; puisque c'est le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/03/Tetris&quot;&gt;cas&lt;/a&gt; – hurle littéralement le contenu des mots imprimés sur la page, exemple &lt;a href=&quot;http://page48.blogspot.com/&quot;&gt;P.48&lt;/a&gt; :

&lt;blockquote&gt;INTÉRÉSSÉ PAR LES MACHINS ÉROTIQUES ET LA PORNOGRAPHIE. SON PREMIER ACHAT, ET LE GRAND PATRON EN RIAIT, AVAIT ÉTÉ UNE STATUETTE DE SAINT NICOLAS AVEC HALO, QUI DEVENAIT PHALLUS QUAND ON LA RETOURNAIT. ELLE SE RAPPELA ALORS QUE SON GRAND-PÈRE LUI AVAIT PARLÉ DE &lt;em&gt;LA BELLE AURORE&lt;/em&gt; CAR, AU TEMPS OÙ ELLE ASPIRAIT À ÊTRE PEINTRE, ELLE AVAIT ÉVOQUÉ UN JOUR L'ÉVENTUALITÉ DE PARTAGER UNE PÉNICHE SUR LA SEINE AVEC D'AUTRES ARTISTES, ET IL AVAIT AFFIRMÉ QU'ELLE SERAIT MALADE DU MATIN AU SOIR COMME SI ELLE SE TROUVAIT EN PLEINE MER, IL SE SOUVENAIT TRÈS BIEN QUE &lt;em&gt;LA BELLE AURORE&lt;/em&gt; ÉTAIT BALLOTÉ À CHAQUE FOIS QU'UNE AUTRE EMBARCATION, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Julián Ríos, &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt;, Tristram, trad : Albert Bensoussan et Geneviève Duchêne, p.48&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Ils se racontent leur vie, leur vie m'indiffère, pourtant je prends notes mentales du déroulement des évènements, succession de scènes, coïncidences croisées, hasards découpés. Les voix périphériques (comme autant de bouches qu'on voudrait coudre) recouvrent. Le narrateur a beau gueuler, c'est déjà mort. Le texte est mort. Cette fraction de texte est morte. Défile comme un générique de film sur l'écran surexposé. Personne ne lit tous les noms des techniciens un par un. Personne ne prend les mots dénués de leur contexte pour le simple principe qu'il faut &lt;em&gt;continuer à lire&lt;/em&gt;. Je lis sans lire pourtant j'ai besoin d'air, copie conforme de cette seconde où Tom Yorke trouve l'air et respire, chanson &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/18/Machoires-a-leur-place&quot;&gt;&lt;em&gt;Jigsaw falling into place&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, album &lt;em&gt;In Rainbows&lt;/em&gt;, minute 2'16, Tom Yorke trouve l'air et respire, puis crache des &lt;em&gt;the beat goes round and round&lt;/em&gt; (x 2), puis crache encore &lt;em&gt;come on and let it out&lt;/em&gt; (x 4). Le texte (qui continue de défiler) n'a plus aucun sens, se confond avec lui-même, entortillé sur la page, et sur la page elle-même se révèlent multitudes de caractères à l'endroit/l'envers qui s'enchevêtrent, métaphore plein soleil sur la page verticale, lorsque le texte verso s'imprime aussi recto sur la même transparence. C'est le même effet, le texte est le même, le même sans s'imprimer. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/danslautremonde.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.danslautremonde_m.jpg&quot; alt=&quot;danslautremonde.JPG&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;danslautremonde.JPG, mar 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

C'est toute la partie VI de &lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt; « Dans un autre monde » que j'ai lu sans la lire.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Croquis #19</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/04/Croquis-19</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2a3c49f251908c16f0a358c6f909aa2c</guid>
    <pubDate>Thu, 04 Mar 2010 20:17:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Adolescence</category><category>Carnet de bord</category><category>Croquis</category><category>Pierre Guyotat</category><category>Train</category>    
    <description>    grand brun, regard de poulpe à l'encre brute, cowboy à la ceinture, rugueux comme on pourrait pas dire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

retraités en groupe, voyage organisé, étreintes poignantes du presque-après, adieux, la bise, et au revoir : salut Josette, salut Marcelle, salut Lulu...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
quelques loups dans le corps d'un garçon&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
adolescent / emo / cheveux plaqués noirs / plaqués front / acheté par un couple de noirs pour divertissement nocturne&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
sweat Quicksilver, rasé d'hier : la tête dans les béquilles et cheville apparente&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
lui tête baissée sous la capuche, elles discutent sodomie avant/après en reniflant sous les écharpes : dès que je perds du poids (dit-elle) je perds des seins automatiquement</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Tétris</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/03/Tetris</link>
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    <pubDate>Wed, 03 Mar 2010 20:07:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audio</category><category>Boulot</category><category>David Bowie</category><category>Publie.net</category><category>Rêve</category>    
    <description>    Je n'ai pas mis les bons verres, pourtant c'est les bons, peut-être un problème de pupille alors, ou de filtre directement déposé sur le panorama frontal. J'ai l'impression de marcher sur des tessons de bouteille, de flotter contretemps entre deux air. Le décor bouge mais ce ne sont pas des vertiges. Mon abonnement &lt;a href=&quot;http://www.publie.net&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt; se termine. J'ai émergé d'un rêve où la mort d'un anonyme remplissait tout l'écran : encore un deuil que je ne pourrais jamais connaître mais qui lui me traverse. Dans l'après-midi une voix téléphonique me dit « vous êtes merdique ». Moi perdu entre deux lignes tableurs sur mon écran, confondues puis retournées, brouillées déjà dans ma tête, je lui réponds « oui quelque chose », sans me débattre, signe que déjà je sais, j'avoue, j'assume, je &lt;em&gt;suis&lt;/em&gt; merdique et toutes mes voix ont raison. Au retour je laisse le &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article541&quot;&gt;&lt;em&gt;Pont de l'Alma&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; me mener par le bout : je m'y perds, vaincu déjà par les microfictions. Je cherche ce que je lirai ensuite. Je n'ai pas trouvé. Sur l'Iphone je traque application utile pour dissiper l'ennui : existe en version payante 7.99€ un &lt;em&gt;Tétris&lt;/em&gt; érotique où les corps s'empilent, ce qui me rappelle une scène particulière d'&lt;a href=&quot;http://www.jeuxvideo.com/articles/0001/00012209-heavy-rain-test.htm&quot;&gt;&lt;em&gt;Heavy Rain&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, mais à l'envers. Hier je me suis dit peut-être écrire une fable où des corps tomberaient inanimés du ciel et il faudrait que tu les répares. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


&lt;center&gt;&lt;object width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/YWGvoRFCaj8&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/YWGvoRFCaj8&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;480&quot; height=&quot;385&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Peur d'être au monde</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/03/01/Peur-d-etre-au-monde</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:6afd354567d65fd9b2e8708d118f5c87</guid>
    <pubDate>Mon, 01 Mar 2010 20:38:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Littérature</category><category>Littérature numérique</category><category>Marina Damestoy</category><category>Publie.net</category><category>V.</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/mangezmoi.jpg&quot; alt=&quot;mangezmoi.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;mangezmoi.jpg, mar 2010&quot; /&gt;&lt;em&gt;Mangez-moi&lt;/em&gt; est un texte &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article309&quot;&gt;proposé par Marina Damestoy sur Publie.net&lt;/a&gt; depuis une petite semaine. Dans la lignée de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/25/Joachim-Sene-La-crise&quot;&gt;&lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, lu dans le même mouvement, dans le même mouvement de tête aussi, regard de l'oeil nu sur le trottoir, réalité fragmentée d'un monde en dessous du nôtre qui est pourtant le nôtre. Comme &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article305&quot;&gt;&lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; encore (mais aussi comme celle du &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article302&quot;&gt;logement&lt;/a&gt; &amp; des &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article303&quot;&gt;peurs primaires&lt;/a&gt; ?), le format suivi est celui du fragment : forme courte, notes prises en marchant, et compilées après, plus tard. Mais les notes restent : de terrain bien sûr, embarquées, au plus près du sujet. a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article309&quot;&gt;&lt;em&gt;Mangez-moi&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est une chronique vivante (et politique) de notre rapport au monde, rapport à l'autre, rapport à la ville. Extraits (quatre).

&lt;blockquote&gt;Quand la ville nous rend stériles. Quand un poids indicible écrase nos visages. Nous en sommes à absorber ce qui peut nous hisser hors du lieu où nous choisissons de vivre... lutter contre ce pourquoi nous travaillons, ce à quoi chacun contribue.&lt;br /&gt;

Je regarde sur l'étalage : un médicament pour calmer les nerfs, le stress, le surmenage, la fatigue mentale, les troubles psychiques, les tentions anxieuses, l'instabilité émotionnelle, les manifestations somatiques de notre peur d'être au monde, les troubles fonctionnels, spasmes, convulsions, cachexie,...
Le nom du produit : Xanax, Prozac, Urbanil, annihilateur de ce que nous extirpe de la ville.&lt;br /&gt;
Médicament pour citadins, produit par la ville et pour la ville. Autrement dit, substances issues de ce qui consti-tue nos maux, crées par eux pour nous permettre de nous armer contre eux, afin de mieux en faire partie.&lt;br /&gt;
Être contre, c'est être tout contre, lisais-je. Je ne vois plus de choix, j'en gobe pas mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Marina Damestoy, &lt;em&gt;Mangez-moi&lt;/em&gt;, Publie.net, P.35&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;Je laisse traîner mes pensées sur des phrases. Je laisse tomber ces mots-véhicules au hasard de papiers que des yeux survolent. Je laisse glisser ces feuilles entre des mains intruses et l'autre devient détective, témoin – voyeur qui s'ignorait.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P.101&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;Un squat est une maison de bris d'ardoise pour mauvais élèves.
Sous la craie, poudre de dope, je suis l'agneau planqué qu'on va bientôt bouffer.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P.104&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;Angoisse parce qu'en moi est la merde. Mon ventre porte éventuellement la vie mais surtout la chair putréfiée des aliments. Comment s'épanouir sachant que ces denrées ingérées en mon sein me font vivre par fermentation, asphyxie, déliquescence. Je vis par la mort et détruit par mon transit. Intestins, symboles de la gadoue-ma vie.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P.131&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Message à V. : voilà un truc susceptible de t'intéresser !</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quatre</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/27/Quatre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:0ccfc3658be3844e7631b55b8c5abcd4</guid>
    <pubDate>Sat, 27 Feb 2010 20:08:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est malade : je relis (encore) &lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;. Compilation des trois premières parties bouclées (ou presque), c'est la première fois que je les lis à la suite &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/30/Lecture-ecran-2-%3A-sur-liseuse&quot;&gt;en format livre&lt;/a&gt;. Besoin de me replonger dans le texte, puisque la dernière mouture &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/05/Coup-de-tete-3/5&quot;&gt;date de novembre&lt;/a&gt;. Besoin aussi de voir comment s'articulent ensemble ces parties distinctes, écrites à part, séparément. Pour ça je me suis forcé à couper ma lecture, j'ai bousculé l'ordre habituel des paragraphes : je me suis arrêté avant la fin de telle ou telle scène pour mieux pouvoir ensuite lire l'entre deux dans la continuité. De cette façon j'ai pu tracer un pont entre les parties. Et je vois que ça fonctionne, première satisfaction. L'autre, c'est que le texte vit, il pourrait être écrit par quelqu'un d'autre, il pourrait être livre, il serait cohérent. Je serais quidam et je lirais ce livre écrit par un autre, je ne serais peut-être pas bouleversé, mais j'irais au bout de ma lecture et je ne demanderais pas remboursement à l'éditeur. Alors ce n'est pas parfait (la première partie, notamment, la plus ancienne, devra être remaniée), mais je commence à voir. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/fevrier10/19-02-10.jpg&quot; width=&quot;580&quot;&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt; est malade car je dois (&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/05/03/482-quelques-centimetres-de-mine-en-moins&quot;&gt;encore&lt;/a&gt;) m'y remettre. Et me remettre à ce texte, dans ce texte, dans l'écriture brute, est une douleur, chaque fois. Je freine avant de voir poindre le jour où il faudra encore écrire quelque chose. Je freine par pure paresse, bien sûr, parce que s'y remettre m'engage loin, m'engage pour des mois. Je freine aussi car je sens venir la fin, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/09/23/Excipits&quot;&gt;toujours la même&lt;/a&gt;, et que je veux la retarder le plus possible.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

J'ai abandonné l'idée de réécrire un plan complet pour la dernière partie. Le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/05/12/490-dans-les-jambes-dans-la-tete&quot;&gt;plan composé en 2008&lt;/a&gt; n'est plus bon, mais peu importe, je ne le suis pas de toute façon. Je sais d'avance grosso modo la façon de procéder. Fragmenter plus et taper plus fort. Je voulais y aller à l'aveugle, fragmenter tout seul. Semi échec. Me faut pourtant des notes tracées sur la page. Alors j'ai repris le plan 2008, je l'ai recouvert d'annexes manuscrites à la va vite. C'est sans sens, sans ordre, sans temps : comme la partie IV elle-même. Demain je reprendrai où je me suis arrêté aujourd'hui.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Douleurs comparatives</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/26/Douleurs-comparatives</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:04c3243184b2054fce991227d0672134</guid>
    <pubDate>Fri, 26 Feb 2010 22:16:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Migraine</category><category>Train</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/migrainemachine.png&quot; alt=&quot;migrainemachine.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;migrainemachine.png, fév 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;

Les &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Migraine&quot;&gt;migraines&lt;/a&gt; d'hiver ne sont pas celles d'été&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/26/#sdfootnote1sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Paradoxalement plus chaudes, elles prennent en dessous des yeux avant de remonter frontales ou temporales. Elles se respirent dans la sueur du chauffage électrique plaqué à même la peau, s'intensifient sous les sinus, propulsées par la grippe, retenues par la morve. Fouettées par les écarts de températures, revigorées par le gel du dehors, l'étuve d'intérieur. Les migraines d'hiver sont grises, les migraines d'été sont solaires et irradiées. Glaciales comme la lumière blanche d'après Paris qui tape sur les vitres du train et se répandent sur la pupille. Celles-là sont moins couvées, plus brutales, nerveuses, rarement paroxystiques. Brèves mais sèches, lame couleur alu qui décape la tête, prend droit dans les yeux et s'ancre avec pulsations dans l'orbite, un côté après l'autre. Parfois elles remontent pariétales comme un écho de l'arrière sur l'avant. Curieusement février est un point de bascule entre ces deux couleurs. Plus vraiment l'une sans jamais cesser d'être l'autre. Le soleil couchant d'après Paris bascule à nouveau sur le côté ouest du train, rangée où je ne peux plus m'aventurer avant, au moins, le mois d'&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/archive/2009/10&quot;&gt;octobre&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;(L'image&lt;/em&gt; Migraine Machine &lt;em&gt;est empruntée au &lt;a href=&quot;http://www.brotron.com/&quot;&gt;site Brotron&lt;/a&gt;.)&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;________________&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote1sym&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/26/#sdfootnote1anc&quot;&gt;1&lt;/a&gt;
Comme, d'ailleurs, les migraines du lundi (tendues, assourdissantes mais brèves quand elles arrivent) n'ont rien à voir avec celles du vendredi. Celles-ci pâteuses, qui coulent doucement depuis les yeux vers la partie intérieure du visage, à commencer par les mâchoires. Le poids de la semaine pèse depuis le front jusqu'à la gorge et bat trop lent dans les tempes. Migraine du vendredi qu'on autorise et qu'on admet, justement, parce que « c'est le week-end » et que le week-end permet tout.
&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Joachim Séné, La crise</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/25/Joachim-Sene-La-crise</link>
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    <pubDate>Thu, 25 Feb 2010 20:31:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Joachim Séné</category><category>Littérature</category><category>Littérature numérique</category><category>Publie.net</category>    
    <description>    Après &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article159&quot;&gt;&lt;em&gt;Hapax&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article225&quot;&gt;&lt;em&gt;Roman&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article305&quot;&gt;&lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; : depuis quelques jours sur &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;. Déjà eu &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/04/02/Transpirent-secret-inoubliable&quot;&gt;l'occasion de le dire (écrire)&lt;/a&gt;, peut-être pas en ces termes, mais je kiffe &lt;a href=&quot;http://www.joachimsene.fr/&quot;&gt;Joachim Séné&lt;/a&gt;. Je suis ce qu'il fait (&lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?rubrique147&quot;&gt;écrit&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://twitter.com/joachimsene&quot;&gt;twitte&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.joachimsene.fr/txt/&quot;&gt;propose&lt;/a&gt;) et j'aime ça pouce levé façon Facebook. 

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/lacrise.png&quot; alt=&quot;lacrise.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;lacrise.png, fév 2010&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Avec &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;, on reste dans le court, dans l'instant, dans le bref. La lecture dure une vingtaine de minutes en prenant son temps. Et &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; est litanie, slogan, chanson, refrain. &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; et tous ses visages. &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; ondule. 
&lt;blockquote&gt;
Une preuve d'existence de « la crise » c'est « la crise ».&lt;br /&gt;

La vie chère nourrit « la crise » qui nourrit la vie chère.&lt;br /&gt;

« La crise » mène la vie chère.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Joachim Séné,&lt;em&gt; La crise&lt;/em&gt;, Publie.net, P.10&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

J'aime &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;, aussi, car c'est un pur produit web. Pensé depuis. Développé par. Propulsé sur. Diffusé entre. On sent d'avance les impulsions Twitter et statuts Facebook. On reconnaît dans la brièveté des messages la forme fixe des 140 caractères max (du moins pour la plupart d'entre eux). On sent que ces plateformes, formats, statuts, sont des rampes de lancement, et derrière programmés par &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/11/06/Publienet&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt; pour diffusion numérique. Ce texte n'est pas un déçu du papier, n'aurait pas vraiment eu de sens sur papier.
&lt;blockquote&gt;« La crise », de ses millions de bras musclés sait manier la grue, poser des cloisons de béton armé au trente-septième étage, creuser des tunnels, extraire le pétrole et le diamant tout ça pour un salaire d'une remarquable humilité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.15&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Comme &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article309&quot;&gt;&lt;em&gt;Mangez-Moi&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, proposé depuis le week-end dernier sur &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/&quot;&gt;Publie&lt;/a&gt;, La crise est bien sûr éminemment politique. Il dit en quelques phrases cruelles car lapidaires (et inversement) non pas une réalité économique ou sociale mais une réalité du langage. &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;, après centaine de fragments écumés successifs, n'est plus qu'un son, deux syllabes, sept lettres, qui font échos aux mille et unes paroles d'information de masse qui les dégainent à la moindre dépêche. La crise c'est tout, c'est rien, c'est ce tag sur un mur qui dit : « La crise c'est chaque fin de mois » et qui sert de couverture au texte. La crise est dopée aux anaphores, la crise est mécanique, la crise est un mythe, est une aliénation.

&lt;blockquote&gt;« La crise » a mis son usine mexicaine à Casablanca, son usine de Gdansk à Skopje, celle de Grenoble à Sfax, Madrid à Dacca, Dakar au Chili, Pékin à Bangkok.&lt;br /&gt;

« La crise » imprime son journal en Pologne sans payer d'impôt.&lt;br /&gt;

« La crise » fait des économies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.17&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; commence toujours ses fragments par « La crise » car « La crise » est au centre de tout,  comme ils disent, comme on &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/24/Pipe-goudron&quot;&gt;avale&lt;/a&gt;, à commencer par &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;.

&lt;blockquote&gt;« La crise » fouille ta bibliothèque, trouve une échelle et des horaires SNCF de terroriste dans ton garage, t'arrête dans la rue, arrache ta boucle d'oreille, te perce un oeil, te place en garde à vue, laisse les clés sur ton scooter, publie un démenti, mène l'enquête.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P.21&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Il faut lire &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; puisque la Crise, l'autre, avec son &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Crise%20%21&quot;&gt;C&lt;/a&gt; majuscule, s'impose à nous matins, demains, midis et soirs. Il faut lire &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; et en taguer des extraits sur les murs, puisque, la couverture le dit, &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; vient de la rue où elle a pris. Et pour lire &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt;, la lire vraiment, extraits ouverts &lt;a href=&quot;http://publienet.immateriel.fr/fr/reader/preview/9782814503045?codex=true&amp;nomenu=true&quot;&gt;au feuilletoir&lt;/a&gt; et texte disponible pour 5.50€ &lt;a href=&quot;http://www.publie.net&quot;&gt;on suit Publie&lt;/a&gt; : de là poser l'oeil sur &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; puisque &lt;em&gt;La crise&lt;/em&gt; est un oeil.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Pipe &amp; goudron</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/24/Pipe-goudron</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:372c3a879998132195393097f139249c</guid>
    <pubDate>Wed, 24 Feb 2010 20:46:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Adolescence</category>    
    <description>    On n'a pas encore vu les affiches dans la rue qu'on les a déjà vues. Sur écran, mitraillées par les dépêches, ponctuées guillemets : « le message est sain mais »,  « on peut choquer avec le tabac mais », « l'Etat participe aussi à ces actes de viols ». C'est une campagne anti-tabac pour &lt;a href=&quot;http://dnf.asso.fr/&quot;&gt;DNF&lt;/a&gt; déclinée en trois tableaux : même image : trois modèles. 

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/Fumer.jpg&quot; alt=&quot;Fumer.jpg&quot; width=&quot;580&quot; title=&quot;Fumer c'est tromper ?&quot; /&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;a href=&quot;http://img.ozap.com/01589918-photo-nadine-morano.jpg&quot;&gt;Nadine Morano&lt;/a&gt; (secrétaire d'Etat à la Famille) dit : il y a d'autre moyens pour expliquer aux jeunes que la cigarette rend dépendant, au moment où on lutte contre la pédopornographie.&lt;br /&gt;
Christiane Therry (déléguée générale de l'association &lt;a href=&quot;http://famillesdumonde.f.a.pic.centerblog.net/hd1i7ke9.jpg&quot;&gt;Familles de France&lt;/a&gt;) dit : on abaisse les jeunes devant une autorité d'adulte / ça laisse à penser qu'on assiste à une fellation / on humilie la jeunesse / les photos auraient sans doute été moins choquantes s'il y avait eu une femme à la place de l'homme&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.monpanierdeletchis.fr/wordpress/wp-content/uploads/roselyne_bachelot_reference.jpg&quot;&gt;Roselyne Bachelot&lt;/a&gt; (ministre de la Santé) dit : on peut avoir des images chocs sans avoir ce type de connotation qui peut abîmer ou gêner&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

La campagne a touché juste : &lt;a href=&quot;http://blog.france2.fr/mon-blog-medical/index.php/2010/02/24/169684-nouvelle-campagne-anti-tabac-le-vrai-scandale-est-ailleurs-nom-dune-pipe&quot;&gt;on en parle&lt;/a&gt;, on fait parler. Les photos sont belles : on en a peu parlé. Toutes cadrées idem &amp; même configuration de l'image. Les couleurs délavées confondent le corps (ici le visage) avec le fond. Le regard est aspiré vers l'hors-champs, en haut, c'est à dire le visage supposé de l'homme, toujours propre, toujours quarante/cinquante ans (on suppose), toujours une main sur la tête, toujours au-dessus. Le reste du corps est plongé vers l'hors-champs, en bas, et toujours ouvert au niveau du cou, peau apparente, gorge fixe, clavicules présentes, car quand jeunesse suce, jeunesse s'apprête aussi à avaler.  Le regard aspiré en haut tire vers lui l'espace : il est aussi fragment de fascination pure. Ces photos sont des images, ces images parenthèses de pornographie urbaine. À la prochaine diapo peut-être, giclée de goudron sur la face des modèles ? Paraît que ce serait moins choquant si seules les femmes étaient esclaves sur les affiches (et c'est une femme qui le dit). Paraît que placées à la sortie des collèges/lycées, le taux d'achat clopes &amp; goudron explosera car campagne pilotée en sous main par les industries du tabac. Campagne de fabrication d'un désir interdit, les commentateurs ont vu à côté. Clope n'est pas soumission mais fantasme de masochisme inassouvi. Nous allons fabriquer des générations de fumeurs. Et le conflit générationnel un détail, puisque depuis toujours l'adulte viole la jeunesse et jeunesse perpétue. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Adolescent anonyme (croisé dans le train, endormi sur son Eastpak, bras croisés, Converse aux pieds) dit (sous le panneau publicitaire) : t'aurais pas une clope ? Allez, s'te plaît...</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>100222</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/22/100222</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1ee3f3c766f56198e85ff22c3dd97d26</guid>
    <pubDate>Mon, 22 Feb 2010 19:19:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audio</category><category>David Bowie</category><category>Marina Damestoy</category><category>Migraine</category><category>Train</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/odoramaiphone.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.odoramaiphone_t.jpg&quot; alt=&quot;odoramaiphone.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 0 0;&quot; title=&quot;odoramaiphone.jpg, fév 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Réveillé 4h30 par ce qu'on peut appeler une rupture de sommeil : d'un coup les yeux ouverts, d'un coup blanc dans la tête, d'un coup pulsé dans les épaules comme endorphines, endorphines convulsées. Je tourne ensuite et tourne encore : éventre des rêves agressifs dans lesquels je me frotte, épines et os pointus, contre la peau des autres mais ça ne passe pas. Levé 6h30. Averse. Trop chaud et dix degrés déjà. Clodo (jeune) me dit bouge-toi, me faut 10 000€. Clodo (vieux) me demande 50 centimes. RER : wagon ouvert, une odeur de cadavre et d'alcool. Regards croisés des uns contre les autres, on tente d'identifier la source : qui c'est qui pue comme ça ? J'ai mes favoris. J'ai mon tiercé quinté gagnant. Je les vois déjà classés ligne d'arrivée. J'ouvre &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article309&quot;&gt;&lt;em&gt;Mangez-moi&lt;/em&gt; (Marina Damestoy)&lt;/a&gt;. Je me dis l'odeur c'est fait pour aller avec le livre, c'est un livre en odorama. J'ai du mal à me concentrer. Une vieille débarque, gare de C., tartine un mouchoir de parfum plastique quelle se colle dans les narines pour sentir mieux. L'odeur plastique recouvre les sièges. Quelle odeur est la pire ? Bifurque premier étage, balcon sur puanteur, assaut de mp3 crépité, conversations insipides. Je peux plus lire. Quelle nuisance est la pire ? Douleur fixée tempe gauche que les nerfs alimentent : c'est optique : &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/07/07/529-ouroboros-cqfd&quot;&gt;c'est viscéral&lt;/a&gt;. Des &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/12/Lapins&quot;&gt;lapins&lt;/a&gt; morts défilent derrière mes yeux. Wagon arrière, voix mexicaine, commentateur de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/20/305-rodrigo-fresan-mantra&quot;&gt;catch&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://superluchas.files.wordpress.com/2009/10/south-park-blue-demon.jpg&quot;&gt;El Pollo Loco&lt;/a&gt; s'élance, écrase des mâchoires et hurle à la victoire. Maintenant il chante. J'entends des voix ? Je lance &lt;em&gt;Hallo Spaceboy&lt;/em&gt; version &lt;a href=&quot;http://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/8/8a/David_Bowie_-_A_Reality_Tour_DVD.jpg&quot;&gt;&lt;em&gt;Live in Dublin&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; pour enfoncer marteau-piqueur ma migraine sous le crâne. Ça marche : elle se fige au soleil. J'entends des voix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


&lt;center&gt;&lt;object width=&quot;560&quot; height=&quot;340&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/T6w2JDNjTvo&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/T6w2JDNjTvo&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;560&quot; height=&quot;340&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/centeer&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Emmanuelle Pagano, L'Absence d'oiseaux d'eau</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/21/Emmanuelle-Pagano-L-Absence-d-oiseaux-d-eau</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7670bee11e6a8e99f02292b93142c408</guid>
    <pubDate>Sun, 21 Feb 2010 20:12:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Corps</category><category>Emmanuelle Pagano</category><category>Littérature</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/11/12/373-emmanuelle-pagano-les-adolescents-troglodytes&quot;&gt;J'aime&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/11/19/Emmanuelle-Pagano-Les-mains-gamines&quot;&gt;beaucoup&lt;/a&gt; la langue d'&lt;a href=&quot;http://lescorpsempeches.net/&quot;&gt;Emanuelle Pagano&lt;/a&gt;, mais pas celle-là : celle-là je l'ai lue comme un somnolent, et jamais réellement en phase avec le texte. 

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/oiseauxdeau.jpg&quot; alt=&quot;oiseauxdeau.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;oiseauxdeau.jpg, fév 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


 Peut-être que &lt;em&gt;l'avant livre&lt;/em&gt; a pris le pas sur le &lt;em&gt;pendant lecture&lt;/em&gt;. Parce que nous avions suivi les coulisses en ligne de l'écriture de ce livre : livre-romance entre deux écrivains. Et une romance entre deux écrivains se propage, se propulse par écrit. C'était censé être un roman épistolaire. Et entre temps l'un des deux je a coupé court, et « en partant il a repris ses lettres », comme l'indique le petit paragraphe en préambule. Peut-être pour ça que je suis resté dehors ?

&lt;blockquote&gt;Je ne veux pas savoir si ces lettres sont fictives ou réelles, mens-moi si tu veux, si tu peux. Moi je peux. Au point dont tu parles : au point du langage du droit. J'écris quelque chose et ça arrive, ça devient. J'écris notre histoire, elle grandit. Mais elle ne deviendra pas comme comme je l'écris, comme je la veux, parce que tu l'écris.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt; Emmanuelle Pagano, &lt;em&gt;L'Absence d'oiseaux d'eau&lt;/em&gt;, P.O.L, P.17&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Les lettres sont à sens uniques, il n'y a jamais de réponses, on devine parfois les réponses, mais elles ne sont jamais là. Peut-être stockées quelque part, dans un tiroir, ou plus vraisemblablement dossier perdu dans quelque disque dur endormi. On connaît son propriétaire, mais chut, car son nom n'est jamais prononcé.
&lt;blockquote&gt;Nous, c'est notre métier de raconter la vie des gens, privée ou pas. On ne doit jamais se censurer, sinon, autant arrêter tout de suite ce livre. S'il avait fallu se taire, je n'aurais jamais écrit mes romans. Tu sais les libertés que j'ai prises avec eux. Tout est vrai dans mes livres. La fiction n'est que dans l'assemblage. Elle colle ensemble les morceaux de réel hétéroclites que je trouve autour de moi. Elle leur donne une cohérence, elle les tient ensemble, c'est tout.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P. 57&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Je cherche les raisons qui me poussent à traverser ce livre sans rien en retirer. Ce n'est pas un mauvais livre et l'autofiction (si c'en est une) ne me pose pas problème. J'ai corné beaucoup de ses pages, souligné beaucoup de ses lignes, même métaphoriquement, la langue n'est pas en cause. Mais comme un somnolent je l'ai lu et c'est un mot très dur : ce livre n'a aucun pouvoir sur moi et moi je ne retiens que son absence.
&lt;blockquote&gt;Je suis un de tes personnages. Je suis une femme dans ta tête, un fantasme, juste un fantôme. Mais il suffit que ce fantôme te regarde, te parle, t'écrive, pour que le désir bouge, sorte de mes lettres et s'installe en toi. Je connais ce pouvoir immédiat que j'ai sur toi, ça me donne une sensation de puissance, mêlée de tristesse, dont j'ai envie d'abuser.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P.97&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

On dit souvent Emanuelle Pagano, c'est l'écriture du corps. Les corps ne parlent pas mais battent, pulsent, craquent. Ces corps là parlent trop de leurs corps en train d'éprouver : c'est le piège de la lettre. L'érotisme est décalqué voyeurisme mais même ça ce n'est pas le problème. D'autres fois les corps s'éventrent et battent durs en plein sur le texte et là, oui, j'ai corné la page.
&lt;blockquote&gt;J'ai l'impression que quelque chose à l'intérieur de mon thorax découd mes muscles et ma peau, je ne sais pas bien comment, me défait, crève la plèvre de mes poumons, ça fait mal, je mets mes mains pour retenir mon souffle et mon coeur, pour qu'ils ne sortent pas. Ma respiration s'accélère et me submerge, je ne la maîtrise plus. J'ai l'impression de craquer sous elle, quand je pense à toi, il me semble tendre les bras, comme un joueur d'accordéon sans air, abîmé de musique et le souffle court, ouvrant son geste à s'en décrocher la poitrine. Je me replie dans tes bras de musique, mais il n'y a plus de bras, il n'y a plus de musique. L'air me manque dans le silence envahissant. Je tousse. Cette toux fait le même bruit de déchirure qu'un papier gras dont on se débarrasse. J'essaie doucement de respirer, de rester calme, mais tu as donné à mes poumons des gestes d'accordéoniste malade.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
P.256-257&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

En route j'ai abandonné ma chronique, et sans doute n'ai-je jamais eu l'intention de la commencer. Je n'ai pas trouvé quelles étaient les raisons qui m'ont conduit à rater ce livre. Je ne suis donc pas compétent pour en conseiller ou déconseiller la lecture. Je garde seulement les derniers mots du livre, ceux qui accompagnent tellement bien ma lecture, unique et déjà défaite : « C'est juste une carte postale, juste un décor de livre. »</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Tigre de métal</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/20/Tigre-de-metal</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:d2a2d48603b31afb10158eee0cf4e5d9</guid>
    <pubDate>Sat, 20 Feb 2010 18:45:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Littérature</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/tigre1.jpg&quot; alt=&quot;tigre1.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;tigre1.jpg, fév 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;

Signalons, une semaine après la bataille, la sortie en kiosque du nouveau &lt;a href=&quot;http://le-tigre.net/&quot;&gt;Tigre&lt;/a&gt; (ou Tigre nouvelle formule), désormais quinzomadaire, disponible à 2.50€.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;&lt;strong&gt;Boulevard Louis-Salvator, 17h&lt;/strong&gt; - sur un mur, un graffiti utopiste en lettres capitales est apparu : &lt;em&gt;&quot;Le monde est à nous&quot;&lt;/em&gt;; et juste en-dessous, pour préciser, de la même main, mais en plus petit :&lt;em&gt; &quot;Sait baise la police&quot;&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Mâchoires à leur place</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/18/Machoires-a-leur-place</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4a21dfe4aade172ec842a5baf1c56598</guid>
    <pubDate>Thu, 18 Feb 2010 20:08:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Audio</category><category>Corps</category><category>Crise !</category><category>Radiohead</category>    
    <description>    &lt;br /&gt;&lt;center&gt;&lt;div style=&quot;position: relative; width: 315px; height: 40px; overflow: hidden;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;position: absolute;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; id=&quot;music-widget&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;type&quot; value=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=687626&amp;skin=round&quot; /&gt;&lt;embed src=&quot;http://jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=687626&amp;skin=round&quot; wmode=&quot;transparent&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; name=&quot;music-widget&quot; width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img style=&quot;visibility:hidden;width:0px;height:0px;&quot; border=0 width=0 height=0 src=&quot;http://counters.gigya.com/wildfire/IMP/CXNID=2000002.0NXC/bT*xJmx*PTEyMjAzMjU4OTgxNDQmcHQ9MTIyMDMyNTg5OTk1NiZwPTMwODM*MSZkPSZuPSZnPTE=.gif&quot; /&gt;&lt;/center&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/ordre.jpg&quot; alt=&quot;ordre.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;ordre.jpg, fév 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;

Ils ont poussé si loin les poings que l'os tremble, articulations forcées ouvertes, joues bleues sous les coups, hématome et relief sur l'épiderme. Lunettes émiettées : branches tordues, verre incrusté pommettes, éclats de glace sous les paupières. Les coups se taisent. Les poings dans les poches, poches battues contre les cuisses. On marche ailleurs, on n'est plus là. Les néons battent. Le sang se tait. Marques de semelles brunes sur le thorax et sous la gorge, sur le dos moulés le nom de la marque et le logo. Silence capitonné, lieu inédit. Mâchoires sous les mâchoires, upercut seulement les remettraient en place. Terre grasse dans les cheveux. Cheveux traînés dans la terre, le sol, des étincelles au bord des barres électriques. Séquelles pour ceux qui dorment comme des cadavres, séquelles soufflées dans les poumons. Avant de partir, après avoir poussé si loin les poings, ont précisé : avec ça dans les dents il devrait la fermer. Mais gueule ouverte pourtant, mâchoires sous les mâchoires, douleurs mécaniques tracées jusqu'au crâne, il crache, il dit, il chante : parole est la dernière pornographie, parole est la dernière pornographie, etc.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Secteur 7</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/16/Secteur-7</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a440bb5fafa23983ad63d31053fb7ef4</guid>
    <pubDate>Tue, 16 Feb 2010 20:17:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Accident de personne</category><category>Carnet de bord</category><category>Train</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Depuis l'hiver, ils ont ressortis les vieux trains allu des années soixante-dix, les p'tits gris, les trains du secteur 7. Le chauffage plonge depuis les sièges et sèche une fois dissipé sous les cuisses. Ils n'ont qu'un étage. Ils s'entassent, cimetière des trains de V. Triage, on les voit longer les vitres et l'immobilité. Le soleil basculé fin février se reflète sur leurs toits de zinc. La tôle ondule sous la lumière. Les aiguillages les éparpillent entre les boites à chaussures qui émergent et annoncent plus loin l'apparition des villes, des bouts de villes, banlieues. Depuis le haut des immeubles on les voit serpenter, aiguilles entre les arcs électriques des prochains &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/06/Deux-ans-de-17h34&quot;&gt;17h34&lt;/a&gt;. Je dis à H. : un jour j'aimerais habiter un de ces immeubles, vue par dessus les voies, je pourrais compter les trains et deviner, montre en main, le nom de leurs destination, par coeur, les jours se répéteraient... 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/secteur7.png&quot; alt=&quot;secteur7.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;secteur7.png, fév 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Soit un nombre composé de 140 chiffres : soit 100 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 000 de possibilités pour la composition d'un tel nombre (il est probable que mes calculs soient faux : j'autorise N., et N. seulement, à me corriger). Application de la démonstration à une phrase composée de 140 caractères : combien de possibilités peut-il y a avoir ? Combien de phrases parallèles pourrait-on recenser, classifier, archiver ? Et sur ce chiffre choc, combien d'entre elles pourraient être intelligibles ? Et sur ce chiffre bis, combien d'entre elles pourraient traquer, tracer et dire le suicide dans les transports en commun ? Et sur ce chiffre ter, combien d'entre elles pourraient faire sens ? Voilà le dilemme posé par &lt;em&gt;Accident de personne&lt;/em&gt;, projet &lt;a href=&quot;http://twitter.com/&quot;&gt;twitter&lt;/a&gt; encore &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/15/Accident-de-personne&quot;&gt;en cours&lt;/a&gt;, et voilà pourquoi je me dois de le résoudre.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>2667</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/14/2667</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:4e9d0210c7d968eb21a86472ba0f3fcf</guid>
    <pubDate>Sun, 14 Feb 2010 16:33:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Alex Rigola</category><category>Roberto Bolaño</category><category>Théâtre</category>    
    <description>    Ensuite nous sommes entrés dans la salle et la salle s'est éteinte et sur le noir de la scène s'est affiché blanc le titre « 2666 de roberto bolaño » (sans majuscules) et &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/13/Semaine-Bolano&quot;&gt;comme prévu&lt;/a&gt; nous y étions.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/2667-1.jpg&quot; alt='31' width='580' onmouseover=&quot;this.src='http://www.omega-blue.net/public/chroniques/2667-2.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.omega-blue.net/public/chroniques/2667-1.jpg'&quot; class='titre'  style='width:580px;' title='2666 par Alex Rigola' /&gt;&lt;br /&gt;
2666&lt;em&gt;, adaptation du roman de Roberto Bolaño par Alex Rigola et Pablo Ley proposé entre le 11 et le 14 février &lt;a href=&quot;http://www.mc93.com/public/artistik/saison/12_2666/index.htm&quot;&gt;au MC93 de Bobigny dans le cadre du festival le Standard Idéal&lt;/a&gt;.&lt;/em&gt;&lt;/center&gt;

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
L'image est saisissante : spectacle espagnol monté par un espagnol (Alex Rigola) en espagnol : nous fallait des surtitres. Les surtitres défilent, sommaires, en blanc sur noir au-dessus de la scène, surplombent les comédiens, les décors, les planches. Alors oui l'image est saisissante : le texte qui défile, traduction de ce qui est dit, c'est le texte de &lt;em&gt;2666&lt;/em&gt; lui-même, celui de Bolaño, le texte du livre, et le texte est par dessus, il écrase le reste. Tout le reste.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;
&lt;object width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot;&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.youtube.com/v/Ze4i-tPDn-U&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowFullScreen&quot; value=&quot;true&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;param name=&quot;allowscriptaccess&quot; value=&quot;always&quot;&gt;&lt;/param&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.youtube.com/v/Ze4i-tPDn-U&amp;hl=fr_FR&amp;fs=1&amp;&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; allowscriptaccess=&quot;always&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; width=&quot;425&quot; height=&quot;344&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le spectacle est découpé en cinq parties : &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/03/Roberto-Bolano-2666&quot;&gt;comme le livre&lt;/a&gt;. Comme le livre il commence par la partie des critiques, puis la partie d'Amalfitano, puis la partie de Fate, puis la partie des crimes, puis la partie d'Archimboldi. Comme le livre il suit la trame désorganisée du récit, truffé de digressions et de microfictions esquissées au fil des mots. Comme le livre il se mord le queue. Comme le livre, comme le livre, comme le livre. Très fidèle au texte il reprend, plan par plan, des fragments de récit chaotique. Trop fidèle au texte jamais il ne s'en écarte.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Le &lt;em&gt;2666&lt;/em&gt; d'Alex Rigola dure cinq heures. Sur ces cinq heures une heure d'entractes éparpillées. Donc le &lt;em&gt;2666&lt;/em&gt; d'Alex Rigola dure quatre heures. Chaque partie dure entre trente et quarante-cinq minutes. Pour rappel, le roman-monde de Roberto Bolaño dans sa traduction française chez Christian Bourgois dure 1016 pages. Difficulté majeure : faire tenir ces 1016 pages dans quatre heures de scène. Toutes ces 1016 pages. L'intégralité de ces 1016 pages. La terrifiante totalité de ces 1016 pages. Alors Alex Rigola a essayé : heureusement que l'espagnol est une langue qui déferle. Permet au moins de gagner du temps.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/2667-4.png&quot; alt=&quot;2667-4.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;2667-4.png, fév 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


La première partie commence bien : comme un colloque on nous présente Benno von Archimboldi, le fameux écrivain mystère que personne n'a jamais vu. Mais très vite le texte surgit. Celui qu'on n'interprète pas mais qu'on lit : lecture par coeur, lecture habillée d'un peu de scène, d'accord, mais lecture quand même. C'est une réflexion possible sur la narration : la narration emporte tout. Les personnages (et donc les comédiens) sont des voix au service du texte. Le texte n'est pas interprété, ni adapté, il est plaqué. Plaqué sur le noir de la scène. Il ne s'agit pas d'une adaptation d'un livre mais d'une transposition pure. Les quelques efforts scéniques notables (principalement utilisés pour la partie de Fate, sans doute la seule à être bien exploitée, peut-être aussi l'apothéose finale de la partie des crimes, même si terriblement grossière) : broutilles. Encore une fois s'effacent sous le texte. Rarement les comédiens décollent : ils traînent le texte comme un boulet. Paroxysme atteint pour la partie d'Archimboldi, la dernière, où la scène est vide, jamais habitée, où l'on mitraille une biographie accélérée complètement indigeste, comme si les yeux sur la montre, comme si la montre dans la tête, comme si tout absolument tout devait être dit, et dit vite, lu, et lu sans crochets, sans parenthèses, sans apocryphes. C'est aussi cette dernière partie plombante qui lâche un arrière goût terrible lorsque les lumières se rallument : nous partons, nous partons déjà, mais voilà bien une demi-heure au moins que nous n'y étions plus.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;


&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.2667-5_m.jpg&quot; alt=&quot;2667-5.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;2667-5.png, fév 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je n'avais rien lu du spectacle avant de m'y rendre : ni critique, ni résumé, ni rien. Je voulais me plonger dedans sans savoir. Je pensais que devant l'immensité de la tâche le parti-pris serait d'aller droit au coeur du livre, en plein &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/07/22/Pire-encore-%3A-la-peur-d-ouvrir-les-yeux&quot;&gt;dans la partie des crimes&lt;/a&gt;, et de ne pas s'en écarter. Paradoxalement, le coeur du livre est aussi sur scène la partie la plus courte. Pour moi ce &lt;em&gt;2666&lt;/em&gt; n'est pas une adaptation, c'est une lecture. Une lecture trop fidèle d'un livre démesuré. Et il n'est pas question ici de parler de « trahison de l'oeuvre », justement, mais de crise de tétanie. &lt;em&gt;2666&lt;/em&gt; est une pièce elle-même paralysée par l'ombre de &lt;em&gt;2666&lt;/em&gt;. Non pas une mauvaise pièce mais assez terne, et si j'ai pris grand plaisir à me replonger dans la langue de Bolaño, dans ses visions, dans ses corps, je regrette encore que l'adaptation n'ait pas été réalisée coûte que coûte, avec les tripes, quitte à déplaire, quitte à rater, quitte à n'avoir pas respecté son modèle&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/14/#sdfootnote1sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.2667-3_m.jpg&quot; alt=&quot;2667-3.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;2667-3.jpg, fév 2010&quot; /&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;________________&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote1&quot;&gt;&lt;p class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote1sym&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/14/#sdfootnote1anc&quot;&gt;1&lt;/a&gt;La métaphore est celle d'un match de football, pas n'importe lequel, un match de coupe nécessairement, où un petit poucet affronte un ogre. Lorsque la plus petite équipe (division souvent inférieure) rate son match on dit souvent qu'elle est « paralysée par l'enjeu » ou qu'elle « respecte trop son adversaire ». Ça ne signifie pas nécessairement qu'elle a fait un mauvais match : elle aura simplement oublié de jouer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Semaine Bolaño</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/13/Semaine-Bolano</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:544576c07c98ff58de0ccea1936d8013</guid>
    <pubDate>Sat, 13 Feb 2010 14:56:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Cyclocosmia</category><category>Littérature</category><category>Roberto Bolaño</category>    
    <description>    &lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/fevrier10/11-02-10.jpg&quot; width=&quot;580&quot; alt=&quot;&quot; /&gt;&lt;/center&gt;&lt;br /&gt;
Mardi dernier sortait (comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/27/Cyclocosmia-III-a-un-visage&quot;&gt;vu précédemment&lt;/a&gt;) le volume III de la revue &lt;a href=&quot;http://www.cyclocosmia.net&quot;&gt;Cyclocosmia&lt;/a&gt;. Reçue lundi, lue cette semaine, vous y trouverez (outre &lt;em&gt;Ernesto &amp; variantes&lt;/em&gt;, signé de ma main) le très singulier &lt;em&gt;Martha le matin&lt;/em&gt; d'Alban Orsini que j'ai beaucoup aimé. En voici un extrait (le début en réalité).

&lt;blockquote&gt;La gourmandise faite à Martha voudrait que ma main coure sur son dos couché, à niveau dans l'horizontal. La gourmandise faite à Martha voudrait que je me colle contre son corps, que j'en possède l'espace et en goûte l'essence. Y râle un peu, juste pour voir, dans le murmure et tout. La gourmandise faite à Martha devrait m'occuper l'esprit à la mesure d'une idée fixe, tatouée dans mon âme comme elle l'est si bien, elle, dans les draps. La gourmandise faite à Martha voudrait que je lui coule dans l'oreille les trois petits mots qu'elle m'a appris dans la nuit et qu'elle en sourie pour réponse, un frisson d'elle m'irait tout aussi bien. La gourmandise faite à Martha voudrait que je sois le plus heureux des hommes à la voir ainsi nue et arrondie sur mon lit, le drap en seule équivoque à moitié replié, abandonné, dans le haut de ses épaules à la manière de. La gourmandise faite à Martha voudrait que je lui plie les cheveux dans le cou, que je les verse dans le creux de la clavicule et des salières pour lui baiser la nuque.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Alban Orsini, &lt;em&gt;Martha le matin in Cyclocosmia III&lt;/em&gt;, L'association minuscule, P.180.&lt;/right&gt;&lt;/blockquote&gt;


Également présent (et bien présent) dans ce volume III un dossier critique assez large centré sur (bien évidemment) Roberto Bolaño. Mention spéciale pour l'article d'Eric Bonnargent, alias &lt;a href=&quot;http://bartlebylesyeuxouverts.blogspot.com/&quot;&gt;Bartleby&lt;/a&gt;, et son étude du roman policier chez Bolaño.

&lt;blockquote&gt;Le mal est absolu lorsque ses causes ne peuvent être clairement identifiées et c'est de ce mal dont il est question dans &lt;em&gt;Les détectives sauvages&lt;/em&gt;. On ne peut rien contre ce qui, comme la rose, est sans pourquoi ; on ne peut que constater les dégâts et essayer de s'en tirer. Cela explique pourquoi il ne saurait y avoir de véritable romans policiers chez Bolaño. Les écrivains qui expliquent, les écrivains qui, tels les auteurs de romans policiers, réduisent la complexité des choses et rationalisent à tout-va ne sont que des imposteurs. Le mal est là, rien ne peut le résoudre. L'un des rôles de l'écrivain est simplement d'en rendre compte le plus discrètement possible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Eric Bonnargent, &lt;em&gt;L'auberge espagnole chez Roberto Bolaño in Cyclocosmia III&lt;/em&gt;, L'association minuscule, P.120.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
Semaine Bolaño aussi par &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/spip.php?article554&quot;&gt;l'évocation chez les voisins du Fric-Frac Club&lt;/a&gt; de la parution future du &lt;em&gt;Troisième Reich&lt;/em&gt; « nouveau roman posthume » du chilien à paraître chez Christian Bourgois en avril. Enfin semaine qui se termine ce week-end avec la programmation de la pièce &lt;em&gt;2666&lt;/em&gt;, adaptation du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/03/Roberto-Bolano-2666&quot;&gt;bouquin éponyme&lt;/a&gt; de qui vous savez par Pablo Ley et Alex Rigola, du 11 au 14 février (jusqu'à demain, donc) au &lt;a href=&quot;http://www.mc93.com/public/artistik/saison/12_2666/index.htm&quot;&gt;festival Le Standard Idéal au MC93 de Bobigny&lt;/a&gt;. Nous y serons.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Croquis #18</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/11/Croquis-18</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:99a8a5dbbc9eaf5cb50c23c1075e41d9</guid>
    <pubDate>Thu, 11 Feb 2010 21:11:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Croquis</category><category>Train</category>    
    <description>    costume cravate au corps, eastpack encore balancé sur l'épaule&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

casquette envers et yeux baissés, déjà ailleurs où il n'est pas mais pourrait être, filtre froid entre ses lèvres tuméfiées&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
l'oeil pressé sur son Iphone elle se repoudre et son fond de teint déteint tactile entre les lettres&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
elle quadrille le monde en rouge sur blanc, chiffres et tableurs empilés papier / il révise consciencieux la conjugaison des verbes choir et défaillir&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
piercing narine, coiffure iroquois, de près : odeurs de chaussures neuves&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Narcisse en cuir enchaîné à la barre de métro, plongé dans la vitre&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
seize ans dans ses petits souliers (de ministre)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
jeune guévariste casquette blanche, barbe éparse, et seulement pouvoir le frôler, si seulement le frôler juste</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Coming out d'écriture</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/09/Coming-out-d-ecriture</link>
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    <pubDate>Tue, 09 Feb 2010 21:36:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Audio</category><category>Boulot</category><category>Carnet de bord</category><category>David Bowie</category>    
    <description>    Je n'ai jamais caché à personne que &lt;em&gt;j'écrivais&lt;/em&gt; : alors mon titre est faux. Mais pas faux comme on croirait qu'il pourrait être : je détourne simplement les choses.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div style=&quot;text-align: center;&quot;&gt;&lt;object type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; data=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/?pf=player_mp3.swf&quot; width=&quot;200&quot; height=&quot;20&quot;&gt;
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&lt;/object&gt;
&lt;/div&gt;


&lt;br /&gt;




Au &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Boulot&quot;&gt;boulot&lt;/a&gt; tout le monde sait que &lt;em&gt;j'écris&lt;/em&gt; : c'est à dire qu'ils ne savent rien. Je n'ai pas pris trente-six pseudonymes pour rien : j'ai toujours eu en tête l'idée de cloisonner les vies, les périodes : étant par exemple &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/07/24/307-de-l-autre-cote-des-livres&quot;&gt;vendeur-éclair de librairie&lt;/a&gt;, il n'était pas question que je recommande un livre frappé de mon propre nom. Il en va de même pour les autres fragments de carrières que j'ai brièvement traversées, essayées, puis reposées. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je travaille &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/11/19/Broutille&quot;&gt;chez PdG&lt;/a&gt; depuis novembre : autrement dit je ne les connais pas, là-bas, je les côtoie, c'est tout. Ils n'ont peut-être pas à savoir ce qui s'écrit, ce qui se montre : je n'ai pas besoin d'une autocensure de plus entre les touches du clavier. Je ne les connais pas, d'accord : pas comme on pourrait penser, mais sept heures par jour je suis avec eux et sept heures par jour nous traversons des tempêtes ensemble. Tempêtes de bureaucratie pure, oui : mais tempêtes aussi.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Écrire&lt;/em&gt;, aussi, surtout, est prise de risque. En bloquant sciemment ce regard là je fais encore ce que je sais faire de mieux : je me retiens, je me protège. Contre quoi : ça je ne sais pas. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Là-bas on ne sait pas exactement ce que j'écris : lorsqu'on me demande, je résume simplement &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; par « une histoire d'amputé cherchant sa main », mais je ne m'étends pas sur la question. Le laboratoire qu'est &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/&quot;&gt;le blog&lt;/a&gt;, les &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34&quot;&gt;fictions complémentaires et parallèles&lt;/a&gt; que j'éparpille : ça je n'en parle pas. Même &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34&quot;&gt;17h34&lt;/a&gt; n'est officiellement qu'un « projet d'archives personnelles pour transformation de la vie privée en sanctuaire désespérant » : privé, lui aussi, de fenêtre sur cour, d'angle ouvert au public. Alors voilà comment on se construit soi-même sa propre petite coquille numérique : voilà comment moi je l'ai tracée, et voilà comment elle se développe. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Et maintenant, depuis &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/27/Cyclocosmia-III-a-un-visage&quot;&gt;&lt;em&gt;Cyclososmia&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, depuis &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/31/Maintenant-sur-Publienet&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;, je serais une sorte d'&lt;em&gt;auteur&lt;/em&gt; (je ne sais pas si j'ai le droit d'utiliser ce mot ?) : peut-être que c'est différent. Je pourrais ôter les verrous puisque j'écris, cette fois, sans italique : je prise de risque.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il y a quelques mois coup de sang qui m'a conduit à supprimer d'un geste toutes les photos identifiables de mon &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/gvissac&quot;&gt;compte Facebook&lt;/a&gt; et celles du blog : ne reste plus que les reflets incongrus quotidiens de mes 17h34 successifs. À la suite de cette pulsion frénétique, touche échap martelée, &lt;a href=&quot;http://grandeurs-et-decadences.cowblog.fr/&quot;&gt;croisé F.&lt;/a&gt; pour une de nos trop rares conversations numériques qui m'avait dit : « tu me rappelles C. : son cauchemar est que l'on sache qu'il écrit ».  Il est inutile de savoir ici qui est C. : moi-même, je ne suis plus très sûr de savoir, car je mélange maintenant les initiales amputées, ne retrouve plus toujours les corps auxquels ils correspondent. Peut-être que mon cauchemar est que l'on sache, non pas que j'écris, mais &lt;em&gt;ce que&lt;/em&gt; j'écris : et peut-être que pour cette raison, sans italique encore, je prise le risque. Dois le prendre. Mais, comme à mon habitude, avec discrétion : discrétion méticuleuse : discrétion slash invisibilité.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Au diable</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/07/Au-diable</link>
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    <pubDate>Sun, 07 Feb 2010 20:53:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Arctic Monkeys</category><category>Audio</category><category>Correspondance</category><category>E.</category><category>N.</category><category>Paris</category>    
    <description>    &lt;div style=&quot;position: relative; width: 315px; height: 40px; overflow: hidden;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;position: absolute;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; id=&quot;music-widget&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;type&quot; value=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=675975&amp;skin=round&quot; /&gt;&lt;embed src=&quot;http://jiwa.fr/res/widget/monotitle.swf?trackId=675975&amp;skin=round&quot; wmode=&quot;transparent&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; name=&quot;music-widget&quot; width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img style=&quot;visibility:hidden;width:0px;height:0px;&quot; border=0 width=0 height=0 src=&quot;http://counters.gigya.com/wildfire/IMP/CXNID=2000002.0NXC/bT*xJmx*PTEyMjAzMjU4OTgxNDQmcHQ9MTIyMDMyNTg5OTk1NiZwPTMwODM*MSZkPSZuPSZnPTE=.gif&quot; /&gt;&lt;br /&gt;



De : G.V.&lt;br /&gt;

À : N.J.&lt;br /&gt;

Cc: E.D.&lt;br /&gt;
Objet : Paris, etc.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;




Cher N.,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Me suis bien occupé de la p'tite, te la rends (j'espère) en bon état. Nous sommes trouvés 14h55 &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/04/14/262-reperages-coup-de-tete-gare&quot;&gt;gare de Lyon&lt;/a&gt; sous les destinations, numéros de trains, numéros de quais, entre palmiers. Ensuite avons remonté boulevard Diderot et avenue Philippe Auguste jusqu'au Père Lachaise. N'avons pas vraiment vu les tombes connues mais n'avons pas cherché. À un moment vue de Paris depuis sommet, tombes et caveaux contre-plongé, la même que F. et moi et H. avions fixé plusieurs minutes &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/01/17/33-semaine-parisienne&quot;&gt;il y a quelques années&lt;/a&gt;, mêmes arbres février, même gris du ciel et silence capitonné. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Nous avons marché plus de cent mètres, sommes à présent lessivés. Passé 17h enfermés dans un bar, retour Châtelet, au &lt;a href=&quot;http://www.diable.com&quot;&gt;Diable des Lombards&lt;/a&gt;, proche Beaubourg, parlé de toi aussi un petit peu, mais pas trop. D'après E. les chiottes du Diable sont psychédéliques mais n'ai pas vérifié moi-même. Ai pris plusieurs photos de la petite, séance lumière tamisée mais visage toujours gommé-flou par ailleurs et aspiré derrière, rarement visible (vois par toi-même). Derrière nous couple d'étudiants première année philo qui dissertait concepts entre deux bières puis s'échangeait entre eux des vignettes dinosaures (« pas juste, tu m'as filé tous les herbivores »). E. s'est moquée d'eux et moi aussi un peu. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

&lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/diable1.JPG&quot; alt='31' width='550' onmouseover=&quot;this.src='http://www.omega-blue.net/public/diable2.JPG'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.omega-blue.net/public/diable1.JPG'&quot; class='titre'  style='width:550px;' title='diable' /&gt;&lt;/center&gt;


&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Ensuite séparés 18h10, elle devrait te revenir dans le courant de la soirée. Prends bien soin d'elle.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Merci encore pour &lt;em&gt;Psychose&lt;/em&gt;, hier.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
À bientôt,
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Guillaume
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
PS : E., j'ai vérifié dans le train ma série photos pour &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/&quot;&gt;17h34&lt;/a&gt; du jour, navré de t'apprendre qu'une seule a prise, les autres buguées indéchiffrables, celle où tu grimaces avec les dents. Elle sera mise en ligne dimanche prochain, pensais qu'il valait mieux t'avertir.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Upon bones</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/05/Upon-bones</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e8130859bf995f6fbc1066e5389b5cf8</guid>
    <pubDate>Fri, 05 Feb 2010 20:01:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Cormac McCarthy</category><category>Littérature</category><category>Mort</category>    
    <description>    &lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/blood.jpg&quot; alt=&quot;blood.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;blood.jpg, fév 2010&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Blood meridian&lt;/em&gt;, livre aux pages gorgées de poussière, je m'y enfonce, fallu reprendre déjà deux fois car je me perds : de la poussière, oui, et du sable, de l'os calciné, blanchi par le jour, carcasses d'animaux aux chairs évaporées. &lt;em&gt;Blood meridian&lt;/em&gt; plus dense que &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/02/28/Cormac-McCarthy-La-route&quot;&gt;&lt;em&gt;La route&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/09/Nature-of-you&quot;&gt;&lt;em&gt;No country for old men&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; auquel il ressemble pourtant et chaque phrase est une traversée du désert. Chaque traversée du désert océan de sécheresse.



&lt;blockquote&gt;In two days they began to come upon bones and cast-off apparel. They saw halfburied skeletons of mules with the bones so white and polished they seemed incandescent even in that blazing heat and they saw panniers and packsaddles and the bones of men and they saw a mule entire, the dried and black춅ned carcass hard as iron. They rode on. The white noon saw them through the waste like a ghost army, so pale they were with dust, like shades of figures erased upon a board. The wolves loped paler yet and grouped and skittered and lifted their lean snouts on the air. At night the horses were fed by hand from sacks of meal and watered from buckets. There was no more sickness. The survivors lay quietly in that cratered void and watched the whitehot stars go rifling down the dark. Or slept with their alien hearts beating in the sand like pilgrims exhausted upon the face of the planet Anareta, clutched to a namelessness wheeling in the night. They moved on and the iron of the wagon-tires grew polished bright as chrome in the pumice. To the south the blue cordilleras stood footed in their paler image on the sand like reflections in a lake and there were no wolves now.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Cormac McCarthy, &lt;em&gt;Blood Meridian&lt;/em&gt;.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Couloirs de fictions</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/02/03/Couloirs-de-fictions</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1a95a84e60893074ae64e5ce3fe15d82</guid>
    <pubDate>Wed, 03 Feb 2010 15:55:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>17h34</category><category>Boulot</category><category>David Menear</category><category>H.</category><category>Train</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Depuis que je &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/07/Preterition&quot;&gt;bosse pour PDG&lt;/a&gt; je ne traite &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/01/21/Diction-etrangere&quot;&gt;plus&lt;/a&gt; directement avec les clients, ça ne me manque pas. Les yeux perdus dans des tableurs à longueur de journée je n'ai contact avec personne sinon formules Excel =somme(L6:L12) et autres listes + pourcentage &amp; moyenne statistique. Mon téléphone perso en ligne de mire, rarement utilisé, ligne fermée souvent, simplement décroché pour contact direct avec la chaîne de production pour préciser des évidences quand il en manque. Mais non, la voix des clients soufflée-outrée dans micro-casque ne me manque pas : me manque en revanche les montagnes de conneries balancées pour les calmer, détourner, perturber, les couloirs de fiction déversés à coup de casse transport + palette perdue + mauvais tracking + dysfonctionnement paroxystique transitoire pour masquer nos erreurs à tous, nos incohérences à tous, nos lacunes à tous : mais qu'au moins l'entreprise ne soit pas responsable des problèmes rencontrés. Des jours c'était : aujourd'hui je serai honnête avec tout le monde et sur tous les sujets, mais jamais j'y parvenais.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Un jour H. et moi partions pour trois semaines, voyage en transsibérien jusqu'en Chine, au moins. En train, assis, je rêve de train, je suis comme ça. Le poivrot à ma gauche me déborde et me presse contre la vitre glacée : il sent l'orange ou mandarine gelée.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Depuis ce matin &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/06/Deux-ans-de-17h34&quot;&gt;17h34&lt;/a&gt; est &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/&quot;&gt;de nouveau accessible&lt;/a&gt; : j'ai renseigné à la main le fichier conf &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/21/100121&quot;&gt;défiguré il y a quinze jours&lt;/a&gt;. D'autres couloirs de fiction s'apprêtent à déferler.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;blockquote&gt;Salon K., la dépressive me coiffe encore. Pas un mot du début à la fin, pas un sourire. Je sais bien que c'est une requête spéciale de ma part pour qu'on me foute la paix mais a-t-elle &lt;em&gt;besoin&lt;/em&gt; d'être mutique à ce point ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

David Menear,&lt;em&gt; Journal des sens vol&lt;/em&gt; 3.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Maintenant sur Publie.net</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/31/Maintenant-sur-Publienet</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a705426ec298e12482212433b2f6a84f</guid>
    <pubDate>Sun, 31 Jan 2010 11:24:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>François Bon</category><category>Livre des peurs primaires</category><category>Publie.net</category><category>Qu est-ce qu un logement.</category>    
    <description>    C'était en chantier, &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/&quot;&gt;maintenant c'est en ligne&lt;/a&gt;. &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article302&quot;&gt;&lt;em&gt;Qu'est-ce qu'un logement&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; et le  &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article303&quot;&gt;&lt;em&gt;Livre des peurs primaires&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; aka les &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/&quot;&gt;&lt;em&gt;Fictions du bord de l'oeil&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; sont disponibles depuis ce matin sur &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/11/06/Publienet&quot;&gt;Publie.net&lt;/a&gt;. Les deux textes sont téléchargeables sur les pages suivantes (cliquer sur couvertures pour ouvrir), 5.50€ par fichier, lecture possible sur PDF, liseuse ebook ou directement en ligne :
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article302&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/logement.jpg&quot; alt=&quot;logement.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;        &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article303&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/peursprimaires.jpg&quot; alt=&quot;peursprimaires.jpg&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Remerciements bien sûr à &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net&quot;&gt;François Bo&lt;/a&gt;n pour &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article2031&quot;&gt;l'accueil&lt;/a&gt; fait à ces deux textes mais aussi à Cécile Carret qui a travaillé sur la correction de &lt;em&gt;Qu'est-ce qu'un logement&lt;/em&gt;, étape que j'ai particulièrement appréciée l'année dernière. Les deux textes sont écrits par fragments, les deux textes sont des jeux, d'où navigation et narration éparpillées. Bien évidemment, j'invite tous ceux qui passeraient sur cette page à découvrir ces textes et, au-delà, &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/&quot;&gt;l'ensemble du catalogue Publie.net&lt;/a&gt;, pour ceux qui ne connaitraient pas déjà.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Littérature ultraïste</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/30/Litterature-ultraiste</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:1c388de46935b75e59d30faa5b62d821</guid>
    <pubDate>Sat, 30 Jan 2010 19:38:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Hilda Mundy</category><category>Littérature</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/tina5.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.tina5_t.jpg&quot; alt=&quot;tina5.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;tina5.jpg, jan 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Tina 5 est sortie : le &lt;a href=&quot;http://www.editions-ere.net/projet212&quot;&gt;numéro de janvier&lt;/a&gt;. Rayon fictions quelques étrangetés (histoire d'amour obsessionnelle entre un homme et un citron, archives web-sex de Karl Marx, entre autres), parmi lesquelles &lt;em&gt;Pyrotechnie&lt;/em&gt; de Hilda Mundy, pour moi tombé du ciel, et traduit par &lt;a href=&quot;http://www.fricfracclub.com/spip/&quot;&gt;Antonio&lt;/a&gt; &lt;a href=&quot;http://www.cyclocosmia.net&quot;&gt;Werli&lt;/a&gt;. Le passage ci-dessous en est (j'imagine) le préambule.

&lt;blockquote&gt;J'offre cet attentat à la logique.&lt;br /&gt;
Il n'a ni place ni filiation dans le champ bibliographique.&lt;br /&gt;
Car il fait abstraction de la vraisemblance et frise l'absurde.&lt;br /&gt;
Quelqu'un m'a dit : votre livre sera un échec qui amusera.&lt;br /&gt;
Et j'ai trouvé du plaisir dans cette prédestination : en imaginant trois douzaines de lecteurs riant des pages de mon échec.&lt;br /&gt;
Je ne souhaite pas qu'on me punisse avec des commentaires.&lt;br /&gt;
Ces petits opuscules, éparpillés, rapides, « polycolores » représentent : RIEN – (prétentieuse propriété de la pyrotechnie).&lt;br /&gt;
Disons que ce fascicule est une ligne... - Historiette, roman avorté, il aurait pu constituer une figure géométrique.&lt;br /&gt;
Evidemment, je suis bien incapable de cela.&lt;br /&gt;
J'abandonne ma position et me présente au public avec 50 étincelles artificielles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;div  align=&quot;right&quot;&gt;Hilda Mundy, &lt;em&gt;Pyrotechnie&lt;/em&gt; in &lt;em&gt;Tina 5&lt;/em&gt;, trad : Antonio Werli, P. 43.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Cyclocosmia III a un visage...</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/27/Cyclocosmia-III-a-un-visage</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:dcad5ca2974c90da82dee92576336e8d</guid>
    <pubDate>Wed, 27 Jan 2010 19:10:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Cyclocosmia</category><category>Ernesto variantes</category><category>Littérature</category><category>Roberto Bolaño</category><category>Rodrigo Fresán</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/cyclo3.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.cyclo3_m.jpg&quot; alt=&quot;cyclo3.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;cyclo3.jpg, jan 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
...et un sommaire :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;CYCLOCOSMIA III&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
- totem : &lt;em&gt;pseudoceros bifurcus&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;
- mots-clefs : nuit, couteau, désert&lt;br /&gt;
- dossier : Roberto Bolaño&lt;br /&gt;
- parution : 9 février 2010&lt;br /&gt;
- 125 x 202 mm - 192 pages - 22 euros&lt;br /&gt;
- ISBN : 978-2-918989-00-4&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Blason :&lt;br /&gt;
- Julien Frantz : &quot;L'envers du rêve&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Invention &amp; Observation :&lt;br /&gt;
- Carlos Henderson : &quot;Brisants&quot;&lt;br /&gt;
- Delphine Merlin-Zimmer : &quot;Miettes pour Herman&quot;&lt;br /&gt;
- Horacio Castellanos Moya : &quot;Deux souvenirs de Bolaño&quot;&lt;br /&gt;
- Sergio Gonzalez Rodriguez : &quot;Roberto Bolaño zen&quot;&lt;br /&gt;
- Eric Schwlad : &quot;[...]&quot;&lt;br /&gt;
- Jorge Herralde : &quot;Vie éditoriale de Roberto Bolaño&quot; suivi de &quot;Une esquisse bibliographique&quot; par Antonio Werli&lt;br /&gt;
- Antonio Werli : &quot;Au-delà l'espace transparent - Vision du corpus bolañien&quot;&lt;br /&gt;
- Julien Frantz : &quot;Prosopopée pour anapocalypse&quot;&lt;br /&gt;
- Eduardo Lago : &quot;La soif de mal - Au sujet de 2666&quot;&lt;br /&gt;
- Néstor Ponce : &quot;Chili noir - Du Manifeste infrarréaliste à Nocturne du Chili&quot;&lt;br /&gt;
- François Monti : &quot;A la gauche de Bolaño&quot;&lt;br /&gt;
- Eric Bonnargent : &quot;L'auberge espagnole de Roberto Bolaño - Une lecture des Détectives sauvages&quot;&lt;br /&gt;
- Guillaume Vissac : &quot;Ernesto &amp; variantes&quot;&lt;br /&gt;
- Yaël Taïeb : &quot;Bolaño et Borges - Deux gauchos dans la distance&quot;&lt;br /&gt;
- David Gondar : &quot;Samuel Augusto Sarmiento - A la poursuite de l'étoile distante&quot;&lt;br /&gt;
- Rodrigo Fresan : &quot;Le samouraï romantique - Sur Le secret du mal et La Universidad Desconocida&quot;&lt;br /&gt;
- Joaquin Manzi : &quot;Bolaño poète - La Universidad Desconocida ou l'écriture de la dépense&quot;&lt;br /&gt;
- Horacio Castellanos Moya : &quot;Le mythe Bolaño aux Etats-Unis&quot;&lt;br /&gt;
- Alban Orsini : &quot;Martha le matin&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Illustrations :&lt;br /&gt;
- Benjamin Monti : &quot;dessins&quot;&lt;br /&gt;
- Lazare Bruyant : &quot;portraits&quot;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Tothématique :&lt;br /&gt;
- Roberto Bolaño&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Pour plus d'infos sur la revue : &lt;a href=&quot;http://www.cyclocosmia.net&quot;&gt;le site officiel&lt;/a&gt; OU &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/10/16/Cyclocosmia&quot;&gt;la chronique du volume I&lt;/a&gt; OU &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/05/18/Vers-Cyclocosmia-2-et-d-autres-ensuite&quot;&gt;l'aperçu du volume II&lt;/a&gt; OU &lt;a href=&quot;http://latavernedudogeloredan.blogspot.com/2009/11/la-taverne-passe-la-bete-en-revue.html&quot;&gt;d'autres horizons&lt;/a&gt;.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Sacha Sperling, Mes illusions donnent sur la cour</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/25/Sacha-Sperling-Mes-illusions-donnent-sur-la-cour</link>
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    <pubDate>Mon, 25 Jan 2010 20:55:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Adolescence</category><category>Littérature</category><category>Sacha Sperling</category>    
    <description>    &lt;blockquote&gt;Buzz (anglicisme de &lt;em&gt;bourdonnement&lt;/em&gt;) : technique marketing consistant, comme son nom l'indique, à faire du bruit autour d'un nouveau produit ou d'une offre. (Merci Wikipédia)&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/mesillusions.jpg&quot; alt=&quot;mesillusions.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;mesillusions.jpg, jan 2010&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
1 – Pour une fois la quatrième de couverture résume réellement tout ce qu'il y a à savoir : « Sacha Sperling a dix-huit ans. Il signe ici son premier roman. » Deux phrases courtes, rythme similaire,  rimes plates. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
2 – Livre court, moins de trois cent pages, grosse police, phrases courtes. Chapitres non numérotés, séparés pages blanches, disséminés à intervalles réguliers. Durée du livre entier : une année scolaire : le narrateur à 14 ans. Tout le monde à 14 ans.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
3 – Sacha Sperling n'a pas de présence en ligne (simple &lt;a href=&quot;http://www.facebook.com/pages/Sacha-Sperling/130695823076?ref=search&amp;sid=661799420.1860222641..1&quot;&gt;page facebook vide&lt;/a&gt; où l'on peut « devenir fan » mais pas vraiment échanger), ce qui est curieux (voire dommage) pour un auteur de cette génération.

&lt;blockquote&gt;Le vide. Comme si une plaque de verre s'était installée entre moi et le monde. Ma mère est encore partie. Au Maroc, peut-être. On est dimanche. J'appelle Augustin. Il ne répond pas. Tant pis. J'ai envie de sortir. Je décide d'aller acheter des cigarettes. Je n'ai pas d'appel en absence. Je suis aussi seul dans ma chambre que dans la rue. J'entre dans un tabac.&lt;br /&gt;
« Jeune homme... vous désirez ? »&lt;br /&gt;
Non, madame, je ne désire rien. Ou plutôt si, je veux bien revenir en arrière, recommencer.&lt;br /&gt;
« Un paquet de Rothman bleu. »&lt;br /&gt;
Mes Converse traînent sur le trottoir. Dans le reflet d'une vitrine, un collégien tout ce qu'il y a de plus banal. Peut-être qu'il ne rêve plus de fuite. Il n'y aura plus de fêtes. J'ai envie d'aller dans une gare, dans la zone des départs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Sacha Sperling, &lt;em&gt;Mes illusions donnent sur la cour&lt;/em&gt;, Fayard, P. 229.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

 4 – La couverture cadre photo de deux adolescents, bien sûr, mais découpé sur forme de CD collé sous le titre. La musique tient un rôle majeur dans le récit, enchaînant référence sur référence (en premier lieu le titre : Gainsbourg). Le livre s'inscrit dans la continuité d'un Boris Bergmann (publié à 15 ans avec &lt;em&gt;Viens là que je te tue ma belle&lt;/em&gt; en 2007) ou de l'éclosion de la &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Nouvelle_scène_rock_française&quot;&gt;nouvelle scène rock française&lt;/a&gt; il y a quelques années. Dénominateur  commun : adolescents bourgeois parisiens restés hors de leur époque. Autre dénominateur commun : l'ennui. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

5 – Phrases courtes, parfois lapidaires, parfois mitraillettes dans la bouche ou la tête de celui qui les sort. L'esthétique prend vite et fonctionne : descriptions saccadées, violence quotidienne de gestes simples : ouvrir les yeux, boire, fumer, boire, sucer, vomir, lécher, cracher, fumer, fermer les yeux.

&lt;blockquote&gt;Dans notre chambre, les lits jumeaux se touchent presque. Augustin déballe ses affaires. Il est bordélique. Les bagages défaits, il veut prendre une douche. Il me fait un clin d'oeil. Il en fait souvent, de plus en plus. Je le rejoins. L'eau bouillante, excitante. Il m'embrasse. La bouche, le torse, le nombril. Il me suce. Je caresse ses cheveux et je lui plaque le visage contre mon ventre. On entend plus que l'eau. Plus que la chaleur de l'eau. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
P. 154&lt;/blockquote&gt;

&lt;em&gt;6 – Une fausse note entortillée dans le texte : tous les passages en italiques sont dispensables.  Non : tous les passages en italique auraient dû être supprimés sans vergogne lors de la correction. Tous sans exception, à commencer par les dernières pages : voilà ce qui arrive quand on assume pas sa fiction.&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
7 – Si &lt;em&gt;Mes illusions&lt;/em&gt; « fait le buzz », ce n'est pas tant parce que Sacha Sperling est un « fils de » (d'ailleurs on s'en fout), mais plutôt parce qu'il décrit dans son livre une adolescence qu'« on » aimerait mieux ne pas voir : celle du journal télévisé de 13 ou 20 heures qui vous apprend que oui, c'est vrai, maintenant les jeunes se droguent, baisent, boivent, se tuent, ou, non ça tout le monde le sait, que les &lt;em&gt;collégiens&lt;/em&gt; se droguent, baisent, boivent, se tuent, et qu'un coma éthylique à 12 ans ou une ligne de coke dans les chiottes avant une épreuve du brevet, c'est &lt;em&gt;oui bon quoi et alors ?&lt;/em&gt; Voilà pourquoi &lt;em&gt;Mes illusions&lt;/em&gt; fait le buzz : il joue la carte de l'excès, d'ailleurs il la joue bien, même si parfois se contente de simuler.

&lt;blockquote&gt;J'ai mis du coton dans mes Converse. C'est pas facile de rentrer en boîte à quatorze ans. Augustin me dit que lui y est déjà allé, en vacances. Je ne le crois pas vraiment. Nous prenons un taxi. Nous mettons du temps à trouver Sam, le copain d'Augustin qui est censé nous faire rentrer au Scream. Il est en train de sniffer des lignes sur le siège de son scooter. Il nous en propose. Nous acceptons. Je sais m'y prendre, j'ai appris en regardant des films. Je tremble malgré tout en approchant le billet du miroir de poche. C'est amer. Augustin à l'air d'avoir fait ça des centaines de fois, même si je ne crois pas que ce soit le cas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
P. 53&lt;/blockquote&gt;

 8 – Le problème c'est la langue. Ce n'est pas celle d'un adolescent de 14 ans, ni même celle d'un auteur de 18. C'est la langue d'un ado qui tente de se faire passer pour un adulte qui lui-même se mettrait en tête « d'écrire l'adolescence ». La distance reste : parfois Sacha Sperling se voit écrire l'adolescence. Parfois (pire), il s'écrit en train d'écrire l'adolescence. Certains passages sont vigoureux, ils viennent des tripes. Les autres pages se contentent de lier le texte, meubler. Les dialogues tombent de nulle part, ne collent pas avec le ton du récit : on revient cinquante ans en arrière. Le problème ce n'est pas que le texte est trash, mais bien qu'il ne l'est pas. Mes illusions n'est pas un pavé dans la marre ni un &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/06/27/297-bret-easton-ellis-american-psycho&quot;&gt;Bret Easton Ellis like&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; mais un roman terriblement académique qui connaît parfois quelques fulgurances décoiffées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

9 – L'adolescence est une &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Fuite&quot;&gt;fuite&lt;/a&gt;. Même fictive, c'en est une. Ici ce qu'on fuit, ce n'est pas le cocon familial, ni même le vide sidéral qui pèse sur la nuque au quotidien. C'est une fuite temporelle, car l'époque traversée n'est pas celle qui est écrite. On puise le temps dans la musique, d'abord, et aucune des références faites en bord de texte ne sont celles des années 2000. Ce sont les années 60, 70, 80 et plus rarement 90. Idem pour les films, idem pour les drogues. Le Sacha du récit est un Sacha qui fuit en arrière, qui tourne le dos.

&lt;blockquote&gt;« Y a pas des moments où t'as envie de te barrer ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
P. 119&lt;/blockquote&gt;

 10 – Le titre &lt;em&gt;Mes illusions donnent sur la cour&lt;/em&gt; vient de nulle part : il sent fort l'ajout marketing de l'éditeur durant la correction du manuscrit. Il ne colle pas au texte. On aurait presque préféré &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com/watch?v=XJXkaM3ukoM&quot;&gt;&lt;em&gt;Black Trombone&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. On aurait préféré autre chose. De plus réel. De moins  ailleurs.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
 11 – Un livre beaucoup plus banal que ce qui a été écrit ici ou là, nettement moins bon, sûrement moins mauvais. Non pas épidermique mais un peu vague, pas moins plaisant pour autant d'ailleurs. &lt;em&gt;Mes illusions&lt;/em&gt; (titre que l'on abrège d'ailleurs avec beaucoup de tendresse : comme un diminutif), c'est une photo polaroïd où les os ressortiraient, mal cadrée, surexposée et un peu floue. Celui qui prend la photo est aussi celui qui s'y imprime. Il ferme un peu les yeux, ouvre la bouche, flash dans la gueule on dirait. Ça tremble, c'est maladroit, rapidement on se lasse. Oui mais les os ressortent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'autres cours :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://carnetsdejlk.hautetfort.com/archive/2009/12/02/un-enfant-du-siecle.html&quot;&gt;Carnets de JLK&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://marcsefaris.canalblog.com/tag/Sacha%20Sperling&quot;&gt;La littérature du sous-sol&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.lexpress.fr/culture/livre/mes-illusions-donnent-sur-la-cour_823687.html&quot;&gt;L'express&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://livres.fluctuat.net/blog/39522-sacha-sperling-seduisant-ou-enervant-.html&quot;&gt;Fluctuat.net&lt;/a&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>%</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/23/</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a5bc0d7a655e5805adb1d278ca49d11d</guid>
    <pubDate>Sat, 23 Jan 2010 19:45:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Livre des peurs primaires</category>    
    <description>    En &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/19/Livre-des-peurs-primaires&quot;&gt;moins d'un an&lt;/a&gt; déjà &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/index.php?post/2010/01/13/100&quot;&gt;100&lt;/a&gt; peurs au compteur, pensais pas en arriver là. Ces 100 peurs décortiquées, fichées, classées sont compilées en archives. Ces archives sont indexées, référencées, bouclées. Ensuite à l'oeuvre : les statistiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/peurs-graphiques.png&quot; alt=&quot;peurs-graphiques.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;peurs-graphiques.png, jan 2010&quot; /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Temporel (suite)</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/22/Temporel-suite</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:fc673fd0061e0d4863ecf9b80d7d0595</guid>
    <pubDate>Fri, 22 Jan 2010 23:09:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>17h34</category><category>Train</category>    
    <description>    Je choisis pas le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/&quot;&gt;17h34&lt;/a&gt; du jour. À la place j'attends. Tout à l'heure sur mon siège à fixer derrière la vitre jeune homme capuche turquoise, tête aspirée, de dos, achète canette soda au distributeur. On le voit choisir le truc, mettre les pièces, récupérer sa monnaie, son bras sous plastique lourd puis canette entre les doigts, repart, longe le quai, disparaît happé sous le S de Securit. 17h34 sonne et j'y suis plus, j'ai tourné la tête. Je prends la photo du bouquin sur mes genoux, c'était ça l'instant. Et ma photo mentale je l'ai loupée, pas eue, tant pis. Faudrait ouvrir un 17h34bis où tous les clichés du jour seraient ceux qui auraient pu être au lieu de ceux qui ont tenu : on ferait des embranchements, on poserait des réseaux. Puis les portes du train se ferment, il va partir, ça veut dire que c'est 17h37 et pas 34, horaire en tête à l'appui. Avec le temps &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/21/100121&quot;&gt;le temps&lt;/a&gt; s'est défait un peu, étiré. L'heure sur mon portable est erronée, quelque part je le savais. Et même en mettant des mots sur l'impression je peux pas changer l'heure pour autant. Pas aussi simple. En deux ans le truc s'est un peu détendu, on a glissé. Ça veut pas dire que 17h34 est faux, simplement qu'il est autre : projette un monde où c'est 34 quand c'est 37, c'est à dire ailleurs et là en même temps, c'est à dire fiction. M'aura fallu deux ans pour le dire : 17h34 est une fiction de plus, celle-là silencieuse. À 39, il est 36 quelque part. À 40 il est 37 et on boucle la boucle. À 48 c'est 45 et le texto tombe : réponds à ce texto et 1€ par texto reversé pour Haïti, envoyer vos... Message supprimé.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>100121</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/21/100121</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:7e1b9d1849cb1f330351421887f6fda2</guid>
    <pubDate>Thu, 21 Jan 2010 20:35:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Métro</category><category>Paris</category><category>Sacha Sperling</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1
&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Paris trop petit quand on marche : maintenant je m'en rends compte, maintenant je mesure au nombre de pas les mesures de la ville. Métro 13 bouché St Lazare, me faut marcher jusqu'à Brochant, presque sortir de la ville et tomber dans Clichy (dingue ici le nombre de ville qui se termine par l'y), vingt minutes, vingt-cinq minutes top max, via rue de Rome, puis boulevard des Batignolles et enfin avenue Clichy : c'est ma première unité de mesure des diagonales parisiennes. Idem trajet Louvre – Montparnasse, la tour comme compas plus loin dans les yeux, et autrefois, parcourant cette même distance en métro, je me disais que c'était immense ces lignes souterraines, immense et très loin, mais plus maintenant, puisque c'est sous les semelles à peine et que tout est connecté : Paris moins plan de Paris &amp; métro mais panorama grignoté, carte réelle et non plus îlots de micro-cartes reliées entre elles par des câbles, des fils de couleurs et des couloirs invisibles. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Dans RER du retour, l'homme à ma gauche les coudes aux corps sentait comme si, comme quand on débouche les effaceurs, on se rappelle, au collège (peut-être ça venait de son jogging). 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J'ai terminé hier &lt;em&gt;Mes illusions donnent sur la cour&lt;/em&gt;, de Sacha Sperling et ce n'est pas un bon livre, pas un mauvais non plus, un peu comme &lt;a href=&quot;http://www.deezer.com/listen-3134293&quot;&gt;la chanson &lt;em&gt;Rue des cascades&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; : assez plaisante, assez pénible. Je me souviens que &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; est en pause, à reprendre : il serait temps.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au bout du quai à Pyramides, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/02/Ligne-14&quot;&gt;ligne 14&lt;/a&gt;, c'est terminus temporel : on y côtoie des affiches de films expiré(e)s depuis des années. À l'autre bout une pub pour les cent ans du Bus, dessus des évènements datés 2006, 2007. Et depuis dimanche, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/&quot;&gt;17h34&lt;/a&gt; est en panne : supprimé un dossier conf par inadvertance, genre de dossier qu'il vaudrait mieux pas. Depuis la plateforme se croît amnésique : &lt;em&gt;Weblog not configured yet&lt;/em&gt;. Plus de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/06/Deux-ans-de-17h34&quot;&gt;deux ans&lt;/a&gt; de regards fixes, non pas disparus mais absents : toujours là, quelque part, mais manque le référent, celui qui fait le lien entre la base et la page, celui qui pointe la mémoire sur l'écran et retrace les intersections. En attendant réparation ou réinitialisation du système, je reste sans mémoire visuelle : suis littéralement planté sur mon quai à « attendre le prochain ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/dejavu.png&quot; alt=&quot;dejavu.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;dejavu.png, jan 2010&quot; /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Arnaud Cathrine, Le journal intime de Benjamin Lorca</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/19/Arnaud-Cathrine-Le-journal-intime-de-Benjamin-Lorca</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:18f83d08c473ff593a0816a403fa5bc8</guid>
    <pubDate>Tue, 19 Jan 2010 19:45:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Arnaud Cathrine</category><category>Florent Marchet</category><category>Littérature</category><category>Mort</category><category>Vide</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.arnaudcathrine.com/&quot;&gt;Arnaud Cathrine&lt;/a&gt; ne m'est pas inconnu (&lt;a href=&quot;http://www.myspace.com/frereanimal&quot;&gt;&lt;em&gt;Frère animal&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, projet de livre-disque sorti chez Verticales en 2008 avec, entre autres, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Florent%20Marchet&quot;&gt;Florent Marchet&lt;/a&gt; : j'ai écouté et j'ai aimé) pourtant je n'ai rien lu de lui. Et parce que son nom était chez moi associé à celui de Florent Marchet, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/04/05/258-florent-marchet-rio-baril&quot;&gt;que j'aime beaucoup&lt;/a&gt;, je le découvre, et je le lis, finalement. &lt;em&gt;Le journal intime de Benjamin Lorca&lt;/em&gt; est paru chez &lt;a href=&quot;http://www.editions-verticales.com/&quot;&gt;Verticales&lt;/a&gt; ce mois pour la rentrée d'hiver.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;



&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/lorca.gif&quot; alt=&quot;lorca.gif&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;lorca.gif, jan 2010&quot; /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Je ne le savais pas en le découvrant mais la clé centrale de ce livre est la fuite, abîme ancré qui avait déjà tout en lui-même pour m'attirer. &lt;em&gt;Le journal intime de Benjamin Lorca&lt;/em&gt; n'en est pas un, c'est un portrait et, pire, un faux. Benjamin Lorca, personnage central mais absent permanent, est une figure qu'on cherche, qu'on fuit, qu'on voit mais qu'on ne trouve jamais. La raison première est simple : Benjamin Lorca est mort : mort bien avant le début du texte. La deuxième raison qui explique ce constat vient directement de ses proches (ils correspondent aux quatre narrateurs qui s'échangent et alternent leurs voix pour les prêter au récit) : personne ne l'a jamais vraiment connu.
&lt;blockquote&gt;En groupe, on dirait souvent quelqu’un qui perd pied. &lt;em&gt;Un enfant dans la foule&lt;/em&gt;, comme il le disait lui- même, citant un film de Gérard Blain qu’il affectionnait particulièrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Arnaud Cathrine, &lt;em&gt;Le journal intime de Benjamin Lorca&lt;/em&gt;, Verticales, P.166&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Tableau diffracté composé de quatre parties qui avancent à rebours en direction de l'épicentre (la mort de Benjamin Lorca) : voilà la structure du récit. Le premier tableau celui de l'amant éconduit (quinze ans après), le deuxième celui du frère (dix ans après), l'ami le troisième (cinq ans après), et l'amoureuse enfin (sobrement intitulé « après » : le voilà l'épicentre). Ce n'est pas gâcher l'intrigue que de dévoiler la structure : c'est bien la structure du deuil, elle avance à quatre voix vers avant.
&lt;blockquote&gt;C’était mon frère, mon grand frère, je l’ai aimé, j’ai beaucoup attendu de lui, mais rien n’est jamais venu. Ou si peu. Si peu que je nomme: rien.
Quand on me parle de Benjamin, je sauve les apparences. Je réponds en ayant droit (que je ne suis pas), en fin connaisseur, en frère bien aimé, et quoi d’autre? Je fais comme si j’avais réellement et durablement eu la sensation d’être son frère. Au lieu de quoi nous n’aurons jamais été que d’immuables étrangers l’un à l’autre. Mais je fais comme si, aujourd’hui encore. Comme si ça avait marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;P.60&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Benjamin est l'unique point de fuite qui unit toutes les voix, qui les accordent entre elles. Et c'est bien ce qu'il est : un point à l'horizon qui se défait de l'image à mesure qu'on la fixe. Benjamin est écrivain, mais ne publie que de la fiction. Depuis plusieurs années il alimente son fameux journal intime (celui du titre) régulièrement, ce « livre qu'il n'écrira jamais » et qu'il poursuit pourtant. Dans son journal sa vie telle qu'il n'a pas pu la vivre ou telle qu'il aurait aimé la vivre ou autre chose peut-être : personne ne sait vraiment, et d'ailleurs qui a pu le lire, ce fameux journal ? Ceux qui ont lu ne disent rien. Les proches de Benjamin gravitent autour de son absence, réagissent à leur deuil intérieur, le recherchent par leurs propres moyens. Ce n'est pas une querelle d'ayants droits ou de charognards qui veulent récupérer chez Benjamin le Texte, la Phrase, mais bien une quête plus intime, fragmentée, d'une personne dont on se demande, au fond, si elle a un jour réellement existé (les proches peuvent être comme ça).
&lt;blockquote&gt;Une fois encore, Benjamin ne m’a pas suivi. C’est le propre des gens qui se protègent de notre amour que de s’octroyer le droit à l’imprévisible, se désolidarisant de la plus implacable façon, comme pour dire: tu ne m’envahiras pas, je ne suis pas à toi, je suis libre, et d’abord libre de toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;P.80&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Le texte est incertain : jongler sur du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Vide&quot;&gt;vide&lt;/a&gt; sur 200 pages, c'est compliqué. Le texte est inégal, aussi. La première et la dernière partie sont un ton en dessous des deux autres. La personnalité des narrateurs successifs peinent à s'imprimer sur le texte (la langue se déroule elle-même, parfois très académique, sans réellement sursauter en passant d'une voix à une autre) et la quatrième narratrice, Ninon, censée être de fort tempérament, déçoit un peu une fois venue la fin du livre : le livre se termine, d'ailleurs, en queue de poisson, un peu convenu, et sans grande conviction. Le texte est simple, presque dénué de personnalité (comme Benjamin lui-même ?), ce qui n'est pas forcément un mal, mais souvent trop simple, trop net, trop chaste, et rarement aussi précieux qu'il aurait pu être. Les dialogues jouent pour beaucoup sur cette impression très mitigée : là encore, compliqué de bien rendre les banalités tout en évitant de rendre le texte, lui-même, banal.

&lt;blockquote&gt;La vie finit toujours par revenir et c’est une trahison contre laquelle nous ne pouvons rien. À croire qu’il y a une date de péremption sur tous les cercueils, fixée d’un accord tacite par cette entité inflexible qui finit immanquablement par réussir à nous enrôler: les autres. Les autres qui vivent et travaillent, ceux qui ont peut-être vécu la même chose que nous, ceux qui n’ont pas vécu la même chose que nous, ceux qui ont été épargnés pour le moment, ceux qui sont heureux, ceux qui se traînent pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les nôtres ou même avec une quelconque disparition, les autres, plus ou moins compréhensifs, plus ou moins attentifs et présents, les autres qui ne peuvent pas partager ce que l’on endure et prendre notre douleur, les autres qui nous laissent seuls car ce n’est pas de leur ressors ni même humain de s’arrêter de vivre comme nous sommes contraints de le faire ou, plutôt, de se mettre en marche forcée comme nous. Et moi qui craignais, la semaine de l’enterrement, que Benjamin ne se mette à leur «appartenir», comme vulgairement tombé dans le domaine public... Rien du tout: sitôt le rituel passé, on nous le rendit, lui et la béance. On ne garda de lui que ses livres. Et l’injustice était voué à persister: à nous le pire, aux lecteurs et admirateurs le meilleur. Aux autres, ses romans suffirent à faire croire qu’il était encore un peu là. Nous, rien ne put nous leurrer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;P.111-112&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;


Benjamin est discret, son livre l'est également. Et même s'il reste en demi-teinte, jamais vraiment tenace, jamais vraiment aigu, la perspective que dégage le récit me traverse, car je l'ai fait mienne. De Benjamin Lorca on ne saura jamais vraiment rien (l'image est celle d'un épisode des &lt;em&gt;Simpson&lt;/em&gt; : Homer en pleine hallucination cherche à rattraper Marge, il lui tourne autour, mais il ne voit jamais que son dos et sa nuque : ici ils sont quatre à regarder un point censé les rassembler, narrateurs, mais ils ne voient qu'une silhouette et de dos, c'est la même vision inflexible depuis les quatre postions pourtant opposées) sinon qu'il disparaît, sinon qu'il est vide. Sa parole s'incarne uniquement dans ses propres textes, dispersées avec parcimonie sous forme de citations. Et Arnaud Cathrine d'aller voir au-delà de la question du deuil, puisque connaître Benjamin, c'était déjà, en soit, pour les autres comme pour lui-même, être en deuil d'un autre Benjamin, qu'il ne serait jamais ou ne pourrait pas être. Ce livre n'évoque pas l'absence d'un mort mais bien l'absence du vivant qu'il avait été. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
D'autres lorgnons sur Lorca :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.telerama.fr/livres/le-journal-intime-de-benjamin-lorca,51134.php&quot;&gt;Télérama&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.ouest-france.fr/ofdernmin_-Arnaud-Cathrine-sort-Le-journal-intime-de-Benjamin-Lorca-mardi_-1212519_actu.Htm&quot;&gt;Ouest France&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.mediapart.fr/club/edition/bookclub/article/070110/le-journal-intime-de-benjamin-lorca&quot;&gt;Mediapart&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.lesinrocks.com/actualite/actu-article/article/livres-arnaud-cathrine-eloge-funebre/&quot;&gt;Les inrocks&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;iframe src=&quot;http://rcm-fr.amazon.fr/e/cm?lt1=_blank&amp;bc1=000000&amp;IS2=1&amp;bg1=FFFFFF&amp;fc1=000000&amp;lc1=0000FF&amp;t=omeblu-21&amp;o=8&amp;p=8&amp;l=as1&amp;m=amazon&amp;f=ifr&amp;md=0V7HTNAW9BB7KPZWWWG2&amp;asins=2070128245&quot; style=&quot;width:120px;height:240px;&quot; scrolling=&quot;no&quot; marginwidth=&quot;0&quot; marginheight=&quot;0&quot; frameborder=&quot;0&quot;&gt;&lt;/iframe&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Mise à jour mosaïque #10</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/17/Mise-a-jour-mosaique-10</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:68c6279bfaf7ebf555a529b5c66ed41c</guid>
    <pubDate>Sun, 17 Jan 2010 09:49:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Blog</category><category>Mosaïque</category>    
    <description>    Voilà quatre mois que je n'avais pas mis à jour ma page lien, ça s'arrose.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/images/rouge.jpg&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://mahigan.ca/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Le dernier des Mahigan&lt;/a&gt; 
&lt;blockquote&gt;Enfant, on me disait souvent (en tout cas, ce me semble) que je ressemblais à Philémon. L’identification en était facilitée. L’apparence mince et fluette, oblique de Philémon, ses cheveux en bataille – c’est bien l’image que j’avais, que j’ai encore en quelque façon de ma propre &lt;a href=&quot;http://mahigan.ca/?p=993&quot;&gt;allure&lt;/a&gt;.&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/images/vert.jpg&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://souklaye.wordpress.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Observatoire des sociétés mourantes&lt;/a&gt; 
&lt;blockquote&gt;Je ne remets pas en cause l’impact industriel de la chute du mur de Berlin ou même encore l’émoi animalier qu’a suscité la libération de Nelson Mandela, mais que les choses soient claires : la Super Nintendo, par son héroïsme de plateforme et ses combats de rue, a réuni les peuples comme jamais – les possesseurs de Megadrive étant des sous-hommes, cela va de soi – en vérité je vous le &lt;a href=&quot;http://souklaye.wordpress.com/2010/01/15/36-15-me-myself-i-ma-super-nintendo-street-fighter-ii-et-le-lien-social/&quot;&gt;dis&lt;/a&gt; !!!&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/images/rouge.jpg&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://www.face-ecran.fr/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Face écran&lt;/a&gt; 
&lt;blockquote&gt;La bibliothèque est un tout qui n’a de sens que comme tel. Et penser/concevoir/animer la bibliothèque, c’est penser/concevoir/animer ce tout, sans exclusive : les exigences que nous avons dans le monde “physique” doivent être les mêmes dans le monde “virtuel”. Un bâtiment laid, un site qui dysfonctionne, c’est inacceptable dans les deux mondes parce que c’est la même &lt;a href=&quot;http://www.face-ecran.fr/2010/01/12/continuum/&quot;&gt;chose&lt;/a&gt;.&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/images/rouge.jpg&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://www.àchatperché.net/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;A chat perché&lt;/a&gt; 
&lt;blockquote&gt;ne faire que passer ne pas s’exposer ne pas laisser prise pas tant que le monstre bête à misère l’immonde puant qui toujours flaire les failles gratte les plaies mais trop lourd du poids des pendules se sentir rouler à la moindre impulsion des paroles rouler comme bille et disparaître ne pas risquer marcher passer parce que toujours s’être su vasque ne plus jouer à l’éponge rentrer dans sa coquille savoir qu’à l’étroit et puis les nuits &lt;a href=&quot;http://www.àchatperché.net/spip.php?article107&quot;&gt;d’hiver&lt;/a&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/images/vert.jpg&quot; border=&quot;0&quot;&gt; &lt;a href=&quot;http://kaleidoplumes.canalblog.com/&quot; target=&quot;_blank&quot;&gt;Kaléidoblog&lt;/a&gt; 
&lt;blockquote&gt;Souvent dans ces vies se produit un déclic qui ouvre le personnage à une altérité. Antoine Peluchet achète Manon Lescaut , un Atlas et son avenir en est changé…
Il faudrait souligner aussi l’importance des femmes, mères et grands-mères dans ce travail de transmission et dans l’accès au symbolique qui serpente tout au long du &lt;a href=&quot;http://kaleidoplumes.canalblog.com/archives/2010/01/06/16143464.html&quot;&gt;livre&lt;/a&gt;.&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Des axes imaginaires</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/16/Des-axes-imaginaires</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:74cb6f9d21abfcb39d677ecccdae3bb1</guid>
    <pubDate>Sat, 16 Jan 2010 19:33:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Claro</category><category>Littérature</category><category>Thomas Pynchon</category><category>Train</category>    
    <description>    Commencé 2 décembre, hier terminé, mais j'ai loupé la fin (de &lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/17/V-la-le-pompiste&quot;&gt;Contre&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/03/Non-sans-sarcasme&quot;&gt;-&lt;/a&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/10/Carnesalve&quot;&gt;jour&lt;/a&gt;&lt;/em&gt;). &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/31/question-A-voix-haute&quot;&gt;Impression&lt;/a&gt;(&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/01/05/Neige-au-nylon&quot;&gt;s&lt;/a&gt;) de déjà vu. Voyage qui m'a pris je sais pas quand, m'a emmené je sais pas où, laissé je sais pas comment. Durant ces lignes deux images : celle d'un dynamiteur fou que j'ai &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/01/Gefahr&quot;&gt;casé&lt;/a&gt; partout sans savoir et celle du Transsibérien, traversé de gauche à droite, et qui m'attend.
&lt;blockquote&gt;Il traversa donc la mer Caspienne, parmi les tankers de la Bnito et les bancs d'esturgeons, embarqua à Krasnovodsk sur le Transcapien, qui lui fit longer le Qaraqum dont l'immensité béait bizarrement à gauche, tandis qu'à droite, telle une parabole, des fossés d'irrigation et des champs de coton s'étendaient jusqu'aux montagnes. Des vendeurs de melons attendaient aux arrêts citerne. Ce qu'il trouva mémorable, chemin faisant, ce fut moins le paysage qu'une sorte de métaphysique ferroviaire, tandis qu'il se tenait entre deux wagons, dans le vent, regardant d'abord d'un côté, puis de l'autre, deux morceaux radicalement différent de pays. Des plaines défilaient de droite à gauche, des montagnes de gauche à droite, deux courants opposés, chacun porté par la masse inimaginable du monde visible, chacun s'écoulant à la vitesse du train, une collision continue dans le silence, d'une évidente nature vectorielle du train, une collision continue dans le silence, d'une évidente nature vectorielle, hors celle du temps et de sa conscience scindée en deux observations. Comme on pouvait s'y attendre, le fait de pivoter à quatre-vingt-dix degrés depuis un axe temporel mobile vous expédiait dans un espace contenant des axes imaginaires – le voyage semblait se dérouler en trois dimensions, mais il y avait les éléments ajoutés. Le temps ne pouvait pas, d'une certaine façon, aller de soi. Il accélérait et ralentissait, telle une variable dépendant d'autre chose, une chose, jusqu'ici au moins, indétectable.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Thomas Pynchon, &lt;em&gt;Contre-jour&lt;/em&gt;, Seuil, trad : Claro, P.842.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Droite &amp; gauche</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/13/Droite-gauche</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2f0a7fc03647b6e27972363184847108</guid>
    <pubDate>Wed, 13 Jan 2010 19:48:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Corps</category><category>Train</category>    
    <description>    Précisément parce que celui/celle qui
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

s'accroche à moi pour ne pas sombrer dans ses vertiges intérieurs, quand bien même le wagon ne bouche pas
&lt;br /&gt;se bouche les oreilles et ferme les yeux pour hurler des &lt;em&gt;on va tous crever, on va tous crever, on va tous crever !&lt;/em&gt; au moindre fracas sur la voie
&lt;br /&gt;déverse à voix haute et par téléphone l'intégralité de sa vie sexuelle de ces six derniers mois en utilisant à plusieurs reprises le qualificatif &lt;em&gt;pathétique&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;fredonne puis chante puis danse sur son siège, malgré wagon bourré-comprimé, son MP3 branché ouvert pour que tout le monde en profite
&lt;br /&gt;déverse à voix haute et par téléphone l'intégralité de son agenda professionnel pour la semaine à venir en utilisant à plusieurs reprises le qualificatif &lt;em&gt;overbooké&lt;/em&gt;
&lt;br /&gt;s'enfonce à l'intérieur de sa capuche douteuse pour y mâcher la boucle de son sac plastique
&lt;br /&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/fictions/index.php?post/2010/01/10/97&quot;&gt;déborde&lt;/a&gt; sur moi de tous ses bourrelets et ses spasmes durant son paisible sommeil
&lt;br /&gt;encourage à voix haute Elie Domota et toute l'équipe de football du Cameroun 1990 avant de s'enfoncer dans son cou
&lt;br /&gt;ronfle sa bière sur mes genoux quasi
&lt;br /&gt;prend une opération marketing pour une « mission » sur son &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/08/-206C&quot;&gt;petit calepin ouvert&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;lit par dessus mon épaule durant mes &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Croquis&quot;&gt;prises de notes sauvages&lt;/a&gt;
&lt;br /&gt;se frotte lentement la main sous la poche de jean pendant que les corps tout devant se succèdent
&lt;br /&gt;hurle &lt;em&gt;des bouge tes yeux !&lt;/em&gt; à qui ose axer son regard sur sa paire de cuisses débordée
&lt;br /&gt;bave durant sommeil et malheureusement tâche sa belle chemise
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
choisit toujours la place voisine de la mienne pour s'asseoir dans le RER, je finis par m'imaginer que tous ces corps que je côtoie sans le vouloir sont des monstres en puissance. &lt;div class=&quot;ecriture-blanche&quot;&gt;Ou des monstres tout court.&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Les avions volent notre air(e)</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/11/Les-avions-volent-notre-aire</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:91210871fc88eac88eb88cc6e1ec445a</guid>
    <pubDate>Mon, 11 Jan 2010 20:48:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Corps</category><category>Crise !</category><category>Métro</category>    
    <description>    &lt;center&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/avions.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/avions.jpg&quot; alt=&quot;avions.jpg&quot; width=&quot;600&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/center&gt;

&lt;blockquote&gt;« Moi j'y crois. Pas parce que j'sais ou j'crois vraiment ou parce que c'est graphé sur les murs du métro mais parce que celui qui nous le hurle dans la tête le hurle à coup de bombe au torse et de détonateur dans les dents. » Témoignage anonyme, un jour. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Collectif,&lt;em&gt; Apologie de la lutte armée en milieu souterrain&lt;/em&gt;, Editions des sans, P.182.&lt;/blockquote&gt;

Image empruntée &lt;a href=&quot;http://www.bap.propagande.org/modules.php?name=Medias&amp;do=showpic&amp;pid=1766&quot;&gt;à la brigade anti-pub&lt;/a&gt;.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Carnesalve</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/10/Carnesalve</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:3b633c18d54d9632230c9073e04f91c8</guid>
    <pubDate>Sun, 10 Jan 2010 16:50:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Claro</category><category>Littérature</category><category>Thomas Pynchon</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/eyeswideshut-2-57f7c.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.eyeswideshut-2-57f7c_s.jpg&quot; alt=&quot;eyeswideshut-2-57f7c.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;eyeswideshut-2-57f7c.jpg, jan 2010&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;em&gt;&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/17/V-la-le-pompiste&quot;&gt;Contre&lt;/a&gt;-&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/03/Non-sans-sarcasme&quot;&gt;jour&lt;/a&gt;&lt;/em&gt; est une immense machinerie saturée de pistons et cylindres, vapeur et suie dégoulinant des appareils de mesure, et cette machine n'a qu'un seul but : amorcer le changement de siècle, passer de 19 à 20 dans l'échelle du temps et ouvrir vers ce qu'hier encore on appelait demain. Superbe exemple ci-dessous, qui appelle un siècle de transgression (&lt;em&gt;Ne sommes-nous pas le monde à venir ?&lt;/em&gt;), déjà prêt à révéler &lt;em&gt;la vie secrète des masques&lt;/em&gt;.

&lt;blockquote&gt;Tard le soir, ils restaient allongés à regarder les lumières, mobiles et immobiles, que reflétaient les canaux.&lt;br /&gt;

« Quels doutes pouvais-tu avoir ? » dit-elle tout bas. « J'ai aimé des femmes, comme tu as aimé des hommes - »&lt;br /&gt;
« Peut-être pas ''aimé'' - »&lt;br /&gt;
«  - et alors ? Nous pouvons faire ce que nous imaginons. Ne sommes-nous pas le monde à venir ? Les règles de bonne conduite sont pour les mourants, pas pour nous. »&lt;br /&gt;
« Pas pour toi, en tout cas. Tu es beaucoup plus courageuse que moi. »&lt;br /&gt;
« Nous serons aussi courageux qu'il le faudra. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

(…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Ici, à minuit, entre le samedi saint et le dimanche de Pâques, commençait le contre-Carnaval secret connu sous le nom de Carnesalve, non pas un adieu mais un accueil enthousiaste fait à la chair, dans toutes ses promesses. Comme objet de désir, nourriture, temple, porte donnant sur des états au-delà de la connaissance immédiate.&lt;br /&gt;
Sans aucune interférence des autorités, ecclésiastiques ou civiques, tous ceux qui se rendaient là succombaient à un impératif masqué, leur maîtrise des identités se délitant jusqu'à se perdre complètement dans le délire. Finalement, après un jour ou deux, on comprenait qu'il avait toujours existé un monde distinct dans lequel les masques étaient les vrais visages de tous les jours, des visages obéissant à leurs propres lois d'expression, qui se reconnaissaient entre eux  - une vie secrète des masques. Ce n'était pas tout à fait comme pendant le Carnaval, quand les civils pouvaient feindre d'être membres du Monde masqué, et emprunter un peu de cette distance hiératique, cette intimité profonde avec les rêves inexprimés des masques. Pendant le Carnaval, les masques témoignaient d'une indifférence privilégiée au monde de la chair, auquel après tout l'on disait adieu. Mais ici à Carnesalve, comme dans l'espionnage, ou telle aventure révolutionnaire, le désir du Masque était d'être invisible, tout sauf menaçant, être transparent et cependant impitoyablement trompeur, car sous sa sombre autorité le danger régnait et tout était transgressé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Thomas Pynchon, &lt;em&gt;Contre-jour&lt;/em&gt;, Seuil, trad : Claro, P.982-983.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>-20.6°C</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/08/-206C</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:34f154eaf6ff5f18d6e790247cb59056</guid>
    <pubDate>Fri, 08 Jan 2010 23:00:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Croquis</category><category>Froid</category><category>Train</category>    
    <description>    Ils ont relevé ailleurs, quelque part &lt;a href=&quot;http://www.rtl.fr/fiche/5931886906/record-de-froid-20-6-dans-l-essonne.html&quot;&gt;dans un coin de l'Essonne&lt;/a&gt;, une température de -20.6°, record de l'hiver, pas très loin d'ici. À J., ce matin, la ligne C éteinte, les caténaires gelées, ont fait refluer sur les quais des foules compactes de visages séchés par le froid. Le train entre en gare lentement, frôle les anoraks au bord, un pas de trop derrière pourrait cisailler un membre devant, mais non. Les corps basculent à l'intérieur du train : les wagons penchent. Après avoir repris sa course le train gèle, le froid durcit l'intérieur des vitres, il progresse à l'oeil nu. Il cisaille la moitié du paysage (&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/03/03/Le-dernier-flux-des-choses&quot;&gt;casse automobile&lt;/a&gt; à l'arrêt, montagne de voitures prises sous pyramides de neige, autoroutes de brouillard et parkings ensevelis) avant arrivée Gare de Lyon. 
&lt;blockquote&gt;Croquis #16 pris entre Y. et J.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

aviateur anglais, blouson cuir, échappé faille temporelle j'crois, écrit carnet de bord sur les genoux, papier jaune, lignes brunes, mot « mission » souligné deux traits secs et schéma géo compris en annexe : mon erreur, déception, c'est juste un banquier de plus en mission pour des ronds&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

éthiopien dont la beauté palpite, noeud coulant colourfull et par dessus adidas immaculées pantalon velours, orange et râpé d'accord, mais délicatement repassé&lt;/blockquote&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.000_0002_m.jpg&quot; alt=&quot;000_0002.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;000_0002.jpg, jan 2010&quot; /&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Qu'est-ce qu'un logement. 65</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/05/Qu-est-ce-qu-un-logement-65</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:ed2af2da1777d324886a80d00f16ef9c</guid>
    <pubDate>Tue, 05 Jan 2010 22:36:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Paris</category><category>Qu est-ce qu un logement.</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/.q_sq.jpg&quot; alt=&quot;q.gif&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;q.gif, nov 2008&quot; /&gt;J'aime cette idée de texte évolutif : quand bien même arrêté dans le temps, figé sur support (papier, cristaux liquides, encre numérique ?), quand bien même percuté point final une bonne dizaine de fois, quand bien même quand bien même, le texte poursuit sa voix sans accord ni conscience. Le texte croît encore, encore un peu, au rythme d'un paragraphe tous les &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/05/11/Qu-est-ce-qu-un-logement-64&quot;&gt;quatre&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/04/16/Qu-est-ce-qu-un-logement-63&quot;&gt;six&lt;/a&gt; mois, dans un coin de crâne un peu ailleurs, zone pariétale sûrement bourrée de &lt;em&gt;et si&lt;/em&gt; et autres &lt;em&gt;pourquoi pas&lt;/em&gt;. Exemple : si &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/11/15/Qu-est-ce-qu-un-logement&quot;&gt;&lt;em&gt;Qu'est-ce qu'un logement.&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; se poursuivait un soir de janvier glacial, voilà le fragment qu'il pourrait proposer (résolument un extrait de la troisième partie, ou troisième partie bis, identifiée C ou C' dans le labyrinthe) :

&lt;blockquote&gt;
&lt;div class=&quot;ecriture-times&quot;&gt;&lt;strong&gt;65&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Au carrefour du silence et du froid, voilà mes habitudes : je compte mes clés. Je compte un, je compte deux, je compte mes doigts engourdis par dehors et la nuit, je compte en tout six anneaux sur mon porte-clé métal-décapité. Je compte :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;1/&lt;/strong&gt; chez mes parents qui ne retournent plus mes appels ni ne décrochent quand je harcèle&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2/&lt;/strong&gt; clé d'immeuble qui n'est jamais rentrée une seule fois dans la serrure : seul le digicode fonctionne&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3/&lt;/strong&gt; clé d'ancien appartement si dure à copier, facile à tordre&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4/&lt;/strong&gt; clé de mon ancien boulot que je n'ai jamais eu le luxe d'avoir, mon dernier jour excepté, venu seul au mois d'août célébrer mon départ&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;5/&lt;/strong&gt; porte d'une vieille salle de classe qui, vestige de mes vieux intérims, continue de puer pisse et plomb mélangés&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;6/&lt;/strong&gt; clé usb dont les données hackées ne servent plus aujourd'hui qu'à alourdir le trousseau&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Au carrefour du silence et du froid, voilà ce que je fais. Compter mes clés. À présent la nuit tombe, il est temps de dormir. Un coup de pied dans le lampadaire rue Berger pour qu'il s'éteigne, je m'enroule dans mon carton La Poste et siffle entre mes dents un air qui ne me réchauffe pas. Mes potes au coin de la rue, gueules fripées, belle étoile : s'il faut, nous forcerons les Halles et squatterons les couloirs.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Non sans sarcasme</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/03/Non-sans-sarcasme</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:8b2faf06ca60d2334ae3d91614a6ac3a</guid>
    <pubDate>Sun, 03 Jan 2010 15:21:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Claro</category><category>Littérature</category><category>Thomas Pynchon</category>    
    <description>    &lt;em&gt;Contre-jour&lt;/em&gt; (&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/17/V-la-le-pompiste&quot;&gt;suite&lt;/a&gt; et non fin), non sans sarcasme.
&lt;blockquote&gt;Ruperta mit du temps à parachever sa toilette et faire passer sa robe par la porte. Reef faisait les cent pas en fumant, et chaque fois qu'il jetait un coup d'oeil à Mouffette il aurait pu jurer qu'elle aussi était sur les nerfs. Il avait l'impression que la chienne lui décochait des regards en biais qui, s'ils avaient été ceux d'une femme, auraient pu être qualifiés d'aguicheurs. Finalement, après des adieux prolongés et notables pour leur quantité d'échanges salivaires, Mouffette s'avança à pas feutrés vers le canapé où se trouvait Reef et s'assit à côté de lui d'un bond. Sauter sur les meubles était quelque chose que Ruperta lui permettait rarement de faire, et la chienne regarda Reef en supposant qu'il ne serait pas choqué. Loin de là, puisqu'il en éprouva une érection. Mouffette observa la chose, détourna les yeux, regarda à nouveau, et sauta soudain sur ses genoux.&lt;br /&gt;

« Ohlavache. » Il caressa le minuscule épagneul pendant un moment puis, sans prévenir, l'animal sauta à bas du canapé et retourna lentement dans sa chambre, en jetant de temps en temps un regard en arrière. Reef suivit la bestiole en sortant son pénis, tout haletant. « Tiens, Mouffie, regarde le joli gros nonosse pour toi, regarde un peu, c'est bien, t'en as vu beaucoup récemment des comme ça ? Allez, ça sent bon non, mmm, miam ! » Et ainsi de suite, jusqu'à ce que Mouffette penche la tête, se rapproche, renifle, curieuse. « C'est cela, maintenant, ou-vre grande la... gentille fifille, gentille Mouffette, maintenant on va mettre ce – yaahhgghh ! »&lt;br /&gt;

Lecteur, elle le mordit. Là-dessus, comme surprise par la violence de la réaction de Reef, Mouffette sauta à bas du lit et, tandis que Reef allait se chercher un seau de glace, elle s'enfuit quelque part dans le grand hôtel. Reef la pourchassa un temps mais s'aperçut que ça lui valait les regards soupçonneux du personnel.&lt;br /&gt;

Dans les jours qui suivirent, Mouffette ne manqua pas une occasion de sauter sur les genoux de Reef et de le fixer dans les yeux – non sans sarcasme, de l'avis de Reef –, ouvrant la gueule de façon suggestive, allant même parfois jusqu'à baver. Chaque fois, Reef s'efforçait de ne pas broncher. Chaque fois Ruperta, exaspérée, s'écriait : « Franchement, c'est pas comme si elle voulait vous &lt;em&gt;mordre&lt;/em&gt;. »&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Thomas Pynchon, &lt;em&gt;Contre-jour&lt;/em&gt;, Seuil, trad : Claro, P. 750.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>01012010</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/02/01012010</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:54a426359c99acf61e140d667c8e2131</guid>
    <pubDate>Sat, 02 Jan 2010 21:18:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Nouvelles</category>    
    <description>    Maintenant 2009 est mort, on pourrait la brûler. Dans le répertoire Journal, le dossier 2009 pèse 8.5MO (soit 8 091 235 octets), réparti en 248 fichiers classifiés dans douze sous-répertoires (un pour chaque mois). Suffirait d'un pouce, index, fausse manip égarée, touche SUPR enclenchée et 2009 tomberait (tomberait). 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Avant Noël H. a lu une première version de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/13/Dzoosotoyn-Elisen&quot;&gt;&lt;em&gt;46° 17'N 86° 40'E&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; mais n'a pas aimé (trop froid ou pas assez). Moi non plus, mais j'ignore comment prendre en compte ses remarques &amp; lectures. Le texte est déjà bien ancré sur l'écran et appartient à lui-même : c'est à dire qu'il existe. Le &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/02/22/242-dans-le-depotoir&quot;&gt;dossier dépotoir&lt;/a&gt; lui est destiné, c'est &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/13/Syndrome-court&quot;&gt;encore&lt;/a&gt; un échec (dois-je le comptabiliser dans 2009 ou dans 2010 ?). Je dois oublier les nouvelles car je ne sais (toujours) pas les écrire.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
___________________&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Ajout du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/03/Non-sans-sarcasme&quot;&gt;lendemain&lt;/a&gt; pour la veille&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
J'ai peut-être compris, un mois plus tard, les remarques de H. sur &lt;em&gt;46° 17'N 86° 40'E&lt;/em&gt;. Alors j'ai repris le texte et j'ai coupé. Ne pas hésiter à oser plus et trancher la parole même, malmener le personnage qui se détache. En faire aussi une traque, violenter un peu le corps inerte qui s'enfonce entre l'écorce. La seule phrase réelle est la suivante : &lt;em&gt;Cette histoire est comme toi : sans suspens ni récit, elle ne crache pas un mot.&lt;/em&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Gefahr</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2010/01/01/Gefahr</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:48e12d1b406ace1f722fbc93fba6d642</guid>
    <pubDate>Fri, 01 Jan 2010 18:13:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Fictions</category>
        <category>Crise !</category><category>Mort</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/11/07/Synthese-vocale&quot;&gt;Avant&lt;/a&gt;, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/02/10/Mardifevrier-catastrophe-naturelle&quot;&gt;bien avant&lt;/a&gt;. Le contexte politique c'était : ils interdisaient les rassemblements, les visages masqués, interdisaient les cagoules et les trucs sur les yeux, interdisaient qu'on s'approche des voies, les voies ferrées, parce qu'on pouvait « foutre la terreur ». Le contexte politique c'était aussi : ils cassaient les grèves en nous remplaçant par des intérimaires. On savait pas trop qui c'était ni d'où ils venaient mais on savait qu'ils étaient pas trop là pour longtemps et qu'ils faisaient que passer, mais ils étaient partout puisque tout était devenu provisoire.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/gehfarensymbol.png&quot; alt=&quot;gehfarensymbol.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;gehfarensymbol.png, jan 2010&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

En passant dans les rues on pouvait traverser les contrôles, mais jamais longtemps. Les yeux doivent être visibles, ils disaient. Le visage dégagé. On doit voir la peau, ils disaient. Elle est où ta peau ? ils demandaient. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

On maquillait les meurtres. Ils tuaient les clodos comme on ramasse les branches d'arbre pourries passé l'hiver  : en tas. On disait : il volait de l'alcool dans les magasins, on disait : c'est une insulte à notre mode de vie, on disait : faut qu'on se défende. Puis à quatre contre un ils l'ont bloqué et tabassé en attendant que « la police fasse son travail », sauf que c'était déjà fait. Les rapports d'autopsie &lt;a href=&quot;http://www.france-info.com/france-justice-police-2009-12-31-mort-d-un-voleur-de-biere-a-carrefour-le-rapport-d-autopsie-accable-386630-9-11.html&quot;&gt;disaient&lt;/a&gt; : « asphyxie mécanique par compression de la cage thoracique », ça fait beaucoup de poids sur un corps juste pour une bouteille de bière, non ? Mais eux ils disaient : on a fait notre travail, ils disaient : on a fait ce qu'il fallait. Sauf que juste : les clodos dans les magasins c'était pas que des voleurs, c'était des dynamiteurs et on voulait pas que ça se sache et on voulait pas que ça enfle. Eux ils avaient pas besoin d'avoir de masque ou de cagoule parce qu'ils avaient déjà plus de visage. Et comme ils avaient plus de visage on leur compressait la cage thoracique. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

C'était avant, pendant et après les grandes grèves. On parlait de ça dans les journaux et les bulletins d'infos permanents. Tout le monde savait tout et tout le temps. Mais personne avait peur. Ils ont commencé à prendre peur quand les premiers trains ont sauté. Les journaux parlaient de nitroglycérine tous les jours. Fabrication artisanale peu coûteuse, ils disaient. Hautement instable, ils disaient.  C3H5(ONO2)3 + 3/2 O2 ----&gt; 3/2 N2 + 3 CO2 + 5/2 H2O + ¼ O2, ils disaient. La formule était dans les gros titres. Tout le monde pouvait s'amuser à en faire. Les composants venaient de Chine dans des containers bleus. On dépotait au Havre et tout le monde laissait faire.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Quatre</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/26/Quatre</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:b82627f6e4e69556e96ffc1f63f015d8</guid>
    <pubDate>Sat, 26 Dec 2009 16:47:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Blog</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/12/26/Trois-bougies&quot;&gt;Autre&lt;/a&gt; anniversaire, quatre ans que le blog existe. Je doute qu'il y ait un jour un cinquième anniversaire. Nous verrons bien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/max.jpg&quot; alt=&quot;max.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;max.jpg, dec 2009&quot; /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Omega Blue à présent, c'est 809 billets, 1172 commentaires et plus précisément 523 entrées du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/category/Journal&quot;&gt;Journal&lt;/a&gt;, 113 &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/category/Chroniques&quot;&gt;chroniques&lt;/a&gt;, 102 &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/category/Fictions&quot;&gt;fictions&lt;/a&gt; et 71 &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/category/Images&quot;&gt;images&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Joyeux noël.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Architexture web : lifecasting</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/23/Architexture-web-%3A-lifecasting</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:eef381548f8cda15507bffe3067ac118</guid>
    <pubDate>Wed, 23 Dec 2009 15:10:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Adolescence</category><category>Carnet de bord</category><category>George Orwell</category><category>Twitter</category><category>Vide</category><category>Vidéo</category><category>Youtube</category>    
    <description>    Fictions que j'aimerais écrire mais que je ne sais pas par quel bout prendre. Fictions qu'il aurait fallu saisir à une heure donnée, mais que j'ai laissé échapper, et que je ne pourrais plus jamais retrouver. Fictions déjà découragées avant même d'avoir pu s'écrire. Fictions qui sonnent creux, fictions qui sonnent faux. Fictions « pourquoi pas », fictions « faudrait qu'un jour », fictions « j'abandonne ». Fictions de bas de page, fictions sans paroles, fictions regards échoués sur l'écran blanc du Macbook. Fictions « j'suis pas encore prêt », fictions « j'sais pas faire », fictions « j'aimerais bien mais ». Fictions défaites avant d'être construites. Il y en a tellement que ça fait presque trop. Dans mes notes internes de journal bis non publiées, j'appelle ces ersatz de fictions décapitées des « idées susceptibles d'un jour pouvoir exister » et qui, généralement, n'existent jamais, végètent à ce stade d'idée sans texte, moignons desséchés qui n'ont pas su pousser.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

J'aimerais écrire quelque chose (juste « quelque chose ») sur ce phénomène adolescent que je n'ai pas connu (&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; c'est trop tôt, récit initiatique de l'avant Internet) qu'est le &lt;a href=&quot;http://en.wikipedia.org/wiki/Lifecasting_(video_stream)&quot;&gt;&lt;em&gt;lifecasting&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, comprendre la diffusion vidéo, par streaming, parfois en direct, parfois permanente, de la vie de leurs utilisateurs&lt;a class=&quot;sdfootnoteanc&quot; name=&quot;sdfootnote1anc&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/23/#sdfootnote1sym&quot;&gt;&lt;sup&gt;1&lt;/sup&gt;&lt;/a&gt;. Ceux-ci sont à la fois diffuseurs, réalisateurs, metteurs en scène, acteurs et scénaristes de leur propre petite fiction vidéo. Youtube, ordinateur, micro et webcam sont les outils. Il n'y a pas de texte, tout est image. Donc tout est vrai. Donc tout est faux. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/eyecam.jpg&quot; alt=&quot;eyecam.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;eyecam.jpg, dec 2009&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Je ne sais pas qui serai(en)t mon/mes personnage(s). Je ne sais pas quelle serait, justement, la &lt;em&gt;mise en scène&lt;/em&gt;. L'instinct, ce serait de ne retenir que le discours, le flux de parole capté micro-webcam. L'oeil de la caméra serait le focalisateur commun de tous les corps en mouvement devant l'écran. Mais pour dire quoi, pour montrer qui, ça je ne saurais pas dire. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il y a une quinzaine de jours, S. nous parlait des évolutions &lt;a href=&quot;http://www.twitter.com&quot;&gt;Twitter&lt;/a&gt; qui se rapproche de ces expériences de lifecasting, par exemple : &lt;br /&gt;

&lt;ul&gt;
 &lt;li&gt;* avec usage d'un GPS qui twitte toutes les X minutes la position de l'utilisateur, savoir en temps réel la position de celui-ci durant ses déplacements &lt;/li&gt;
 &lt;li&gt;* avec placement d'un appareil photos autour du cou qui twitte toutes les X minutes une photo automatique de ce qui est vu par l'utilisateur. &lt;/li&gt;
 &lt;li&gt;&lt;/li&gt;
&lt;/ul&gt;
Quelque part, ces expériences, qui sont de l'art conceptuel sans en être (quand on montre tout, on ne montre rien), se rapprochent assez du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/&quot;&gt;projet 17h34&lt;/a&gt; (une photo par jour à la même heure de ce qui me fait face, et ce &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/06/Deux-ans-de-17h34&quot;&gt;depuis deux ans&lt;/a&gt;) et, plus généralement, du blog en lui-même, mais mis en image. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/BIGBROTHER.jpg&quot; alt=&quot;BIGBROTHER.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;BIGBROTHER.jpg, dec 2009&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Le principe est le même pour &lt;a href=&quot;http://www.youtube.com&quot;&gt;Youtube&lt;/a&gt;, dont le slogan est bien « Broadcast yourself » : à la fois « diffuse toi-même » mais aussi « diffuse-&lt;em&gt;toi&lt;/em&gt; toi-même ». Les utilisateurs Youtube ne font pas que diffuser du contenu, on s'y diffuse également le corps, la parole et le quotidien le plus élémentaire, dans des vidéos courtes, extraits de journaux vidéo, montées ou non (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Vidéoblog&quot;&gt;vidéo + blog = vlog&lt;/a&gt;). Ces vidéos-là sont fascinantes, non pas par ce qui y est dit ou montré (« quotidien le plus élémentaire ») mais simplement parce qu'elles existent. Qu'un adolescent de 14 ans puisse faire son coming out par chaîne Youtube interposée quand je ne parvenais pas, au même âge, à me le murmurer à moi-même est à la fois inconcevable et captivant. Comme fuite en avant (image), c'est fascinant.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/youtube-video.jpg&quot; alt=&quot;youtube-video.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;youtube-video.jpg, dec 2009&quot; /&gt;

&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Je ne sais pas ce que j'écrirais si je devais aujourd'hui commencer ce projet qui n'en est pas un, ce texte mort-né puisque inexistant. Je ne sais pas quel serait son titre ni son contenu. C'est &lt;em&gt;1984&lt;/em&gt; à l'envers, c'est pousser l'autofiction à son paroxysme, c'est s'incarner comme acteur de sa propre vie, mais en image. Il ne s'agit que de « notes pour une idée susceptible d'exister », je ne sais pas encore quoi en faire.
&lt;div class=&quot;ecriture-blanche&quot;&gt;Recherche web : mon nom civil est désormais introuvable via Google. Abreuver cet espace de mots quasi quotidiens ne me rend pas visible pour autant. Je reste encore invisible, loin derrière les mots, fondu en blanc sur blanc dans l'arrière plan de la page. Plus je remplis le blog et plus je suis convaincu qu'il est vide.&lt;/div&gt;

&lt;p style=&quot;margin-bottom: 0cm; font-style: normal;&quot; align=&quot;justify&quot;&gt;________________&lt;/p&gt;
&lt;div id=&quot;sdfootnote1&quot;&gt;
&lt;p class=&quot;notes&quot;&gt;&lt;a class=&quot;sdfootnotesym&quot; name=&quot;sdfootnote1sym&quot; href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/23/#sdfootnote1anc&quot;&gt;1&lt;/a&gt; Quelques dates pour repères chronologiques : 1949, parution de &lt;em&gt;1984&lt;/em&gt; de George Orwell / 1963, Andy Warhol tourne &lt;em&gt;Sleep&lt;/em&gt;, « anti film » dans lequel John Giorno dort durant huit heures / 1994, Steve Mann propose pour la première fois une diffusion 24h/24 et 7j/7 de son quotidien via caméra vidéo / 1996, lancement du site JenniCam, une étudiante de 19 ans propose de suivre son quotidien par webcam /1999, diffusion de la première version hollandaise de Big Brother, première émission de TV réalité (en France Loft Story,2001) / 2007, Justin Kan lance &lt;a href=&quot;http://www.justin.tv&quot;&gt;Justin.TV&lt;/a&gt;, où il propose de suivre son quotidien 24h/24 et 7j/7, webcam fixée sur sa casquette en permanence. Plus tard, Justin.TV devient une plateforme de vidéos en direct (réseau aujourd'hui composé de plusieurs milliers de chaînes, parmi lesquelles des chaînes de lifecasting) / 2008, Abraham K. Briggs, 19 ans, se suicide en direct sur sa chaine Justin.TV devant plusieurs centaines de spectateurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Saratoga</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/22/Saratoga</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:93e0f5bb921e4ed5294d9f42149f06c0</guid>
    <pubDate>Tue, 22 Dec 2009 16:19:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Amputation</category><category>Audio</category><category>David Menear</category><category>Jim Carrey</category><category>Mort</category><category>St-Etienne</category>    
    <description>    &lt;strong&gt;1&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/saratoga.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/.saratoga_s.jpg&quot; alt=&quot;saratoga.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;saratoga.jpg, dec 2009&quot; /&gt;&lt;/a&gt;Je me sens parfois comme Jim Carrey sur Saratoga Avenue (&lt;em&gt;Eternal Sunshine of the Spotless Mind&lt;/em&gt;) : coupé du monde. Je suis là sans y être, il y a un film opaque entre moi et le reste. On voit flou dedans, on voit mal. On comprend rien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;&lt;center&gt;
&lt;div style=&quot;position: relative; width: 315px; height: 40px; overflow: hidden;&quot;&gt;&lt;div style=&quot;position: absolute;&quot;&gt;&lt;object width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; id=&quot;music-widget&quot;&gt;&lt;param name=&quot;wmode&quot; value=&quot;transparent&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;type&quot; value=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;allowScriptAccess&quot; value=&quot;always&quot; /&gt;&lt;param name=&quot;movie&quot; value=&quot;http://www.jiwa.fm/res/widget/monotitle.swf?trackId=14422&amp;skin=round&quot; /&gt;&lt;embed src=&quot;http://www.jiwa.fm/res/widget/monotitle.swf?trackId=14422&amp;skin=round&quot; wmode=&quot;transparent&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; name=&quot;music-widget&quot; width=&quot;315&quot; height=&quot;40&quot; allowScriptAccess=&quot;always&quot;&gt;&lt;/embed&gt;&lt;/object&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;img style=&quot;visibility:hidden;width:0px;height:0px;&quot; border=0 width=0 height=0 src=&quot;http://counters.gigya.com/wildfire/IMP/CXNID=2000002.0NXC/bT*xJmx*PTEyMjAzMjU4OTgxNDQmcHQ9MTIyMDMyNTg5OTk1NiZwPTMwODM*MSZkPSZuPSZnPTE=.gif&quot; /&gt;&lt;/center&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;2&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L'odeur des clopes sur mes fringues me rappelle que j'ai (pourtant) traversé les autres, hier.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;3&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quand je vois dans la rue, entre Jules et Natalys, un adolescent qui fait la manche niveau trottoir (le panneau dit « Aidez-moi, j'ai faim », la gamelle du chien est pleine), ma première pensée est : il a des couilles, il est sorti du monde. Deuxième pensée : lui, au moins.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;4&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;blockquote&gt;Mes obsessions sont le deuil et l'amputation, mais je ne sais pas encore ce qui me manque, ni dans un cas ni dans l'autre. Voilà l'objet de mes recherches.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;
David Menear, &lt;em&gt;Journal des sens Vol 1&lt;/em&gt; (fragment non daté, simplement identifié comme « Un jour »).&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;strong&gt;5&lt;/strong&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/nounours1.jpg&quot; alt='nounours' width='550' onmouseover=&quot;this.src='http://www.omega-blue.net/public/nounours2.jpg'&quot; onmouseout=&quot;this.src='http://www.omega-blue.net/public/nounours1.jpg'&quot; class='titre'  style='width:550px;' title='nounours' /&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>V'là le pompiste</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/17/V-la-le-pompiste</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:a9a70f9cced428005135a92f66bbb071</guid>
    <pubDate>Thu, 17 Dec 2009 22:18:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Claro</category><category>Littérature</category><category>Thomas Pynchon</category>    
    <description>    Je suis en retard : je lis &lt;em&gt;Contre-jour&lt;/em&gt;, mais juste maintenant. M'a fallu un an pour avoir le courage de commencer ce pavé, qui jusque là patientait en silence sur mon bureau. Pareil que pour &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/03/Roberto-Bolano-2666&quot;&gt;&lt;em&gt;2666&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, mais en plus dense. À présent à mi-parcours (ou presque), deux passages coup sur coup, on est dans les sables, on est presque dans les sables, on serpente sous la terre :

&lt;blockquote&gt;C'était là, de toute évidence, que la frégate sous-désertique comptait accoster. Après avoir « cassé la croûte » et savouré un cigare sur la voûte du vaisseau, Chick entendit un hurlement haut perché, qui lui parut presque articulé. Il dénicha une paire de lunettes sous-sableuses et scruta l'obscurité au-delà des murailles. Quelque chose de gros et de lourd approchait dans un bruit de tonnerre, procédant par bonds et par piqués, et Chick crut reconnaître l'odeur du sang. « Mais qu'est-ce que c'est, bon Dieu ? »&lt;br /&gt;

Gaspereaux jeta un coup d'oeil. « Oh. Des puces de sable. Viennent toujours voir ce qui se passe quand un nouveau vaisseau arrive. »&lt;br /&gt;
« Qu'est-ce que vous racontez ? Ce qui vient de passer avait la taille d'un chameau. »&lt;br /&gt;
Gaspereaux haussa les épaules. « Ici-bas, on les appelle des &lt;em&gt;chong pir&lt;/em&gt;, des gros poux. Depuis l'arrivée des premiers Vénitiens, ces créatures, qui se nourrissent exclusivement de sang humain, sont devenues au fil des générations plus grosses, plus intelligentes, on pourrait dire plus ingénieuses. Se nourrir de l'hôte n'est plus une opération facile se résumant à un assaut mandibulaire, c'est désormais une négociation consciente, voire carrément un échange de vues - »&lt;br /&gt;
« Les gens ici parlent à des puces géantes ? » demanda Darby avec son franc-parler habituel.&lt;br /&gt;
« Effectivement. D'ordinaire dans un dialecte ouïgour ancien, mais parfois, du fait de la structure buccale unique du &lt;em&gt;Pulex&lt;/em&gt;, on éprouve certaines difficultés phonologiques, notamment la fricative interdentale sonore - »&lt;br /&gt;
« Oui... tiens, v'là le pompiste. Ici ? On doit remettre le tuyau, c'est ça ? »&lt;br /&gt;
« Cela dit, mon garçon, une ou deux expressions utiles ne seront pas superflues en cas de rencontre. »&lt;br /&gt;
Darby tapota son calibre sous son revers gauche et haussa les sourcils puis les abaissa de façon éloquente.&lt;br /&gt;
« Peur que non », objecta Gaspereaux, « ça serait du pulicide. Relève ici des mêmes lois pénales qui s'appliquent là-haut aux homicides. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;Thomas Pynchon, &lt;em&gt;Contre-jour&lt;/em&gt;, trad : Claro, Seuil, P.501.&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

&lt;blockquote&gt;« Les années passent, aucun résultat, et me voilà atteint de la manie litigieuse, « paranoïa &lt;em&gt;querulan&lt;/em&gt;s », comme disent les toubibs des nerfs, j'ai même essayé de traîner le vieux Vibe en justice pour ça, au moins pour éponger les frais de psy, mais comme d'habitude, nib de nib. »&lt;br /&gt;
« Vous m'avez l'air bien joyeux », trouva Merle, « pour quelqu'un affligé d'une P.Q. Chronique. »&lt;br /&gt;
Roswell cligna des yeux. « Il y en a qui trouvent Jésus, non ? Eh bien ça m'est arrivé à moi, également, sauf que mon Sauveur s'est révélé être un demi-dieu classique, à savoir », feignant de jeter des regards furtifs à droite et à gauche, et baissant la voix, « Hercule. »&lt;br /&gt;
Merle, reconnaissant le nom d'une marque populaire d'agent explosif, lui rendit discrètement son clin d'oeil. « Un type puissant. Douze Travaux au lieu de Douze Apôtres, dans mon souvenir... »&lt;br /&gt;
« Exactement » acquieça Roswell. « Alors maintenant c'est plutôt de la « paranoïa &lt;em&gt;detonans&lt;/em&gt; ». Vibe m'a peut-être volé mes brevets, mais je sais encore construire mon propre équipement. Je me harnache le Hypops, me déplace sous terre aussi tranquillement qu'une taupe dans un jardin et un jour je finirai par avoir ce salaud juste au-dessus de moi et alors – bon, pas la peine de faire un dessin... »&lt;br /&gt;
« Boum-badamoum, c'est ça que vous voulez dire ? »&lt;br /&gt;
« Oh, c'est &lt;em&gt;vous&lt;/em&gt; qui le dites, moi je ne suis qu'un savant fou, aussi inoffensif qu'une mamie. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align=&quot;right&quot;&gt;P.518&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Accident de personne</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/15/Accident-de-personne</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:e98dda2b608af345f9d4f000725e0417</guid>
    <pubDate>Tue, 15 Dec 2009 21:41:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Accident de personne</category><category>Carnet de bord</category><category>Mort</category><category>Train</category><category>Twitter</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/adp.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/.adp_m.jpg&quot; alt=&quot;adp.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;adp.jpg, dec 2009&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Depuis &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/30/Cyanure&quot;&gt;plusieurs mois&lt;/a&gt; je rassemble, dans l'attente de monter un projet cohérent, des notes quotidiennes, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/09/10/Notes-tactiles-1&quot;&gt;tactiles&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/05/26/Notes-T9&quot;&gt;non&lt;/a&gt;, sur ce que la SNCF et la RATP appellent les « accidents de personne », et qui désignent souvent les suicidés projetés sur les voies. J'écris des notes, mais je pense fragments, instants, virgules. Le projet &lt;em&gt;Accident de personne&lt;/em&gt; a depuis le début été tourné vers &lt;a href=&quot;http://www.twitter.com/&quot;&gt;Twitter&lt;/a&gt; (&lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Twitter&quot;&gt;qu'est-ce que Twitter ?&lt;/a&gt;). Une « fiction minute » composée de plusieurs dizaines de fragments de 140 caractères ou moins. À ce jour, j'en ai déjà fixé plus de 70. Idéalement, j'en souhaite une centaine. À partir de 100, je commencerai à trier : n'en conserver ensuite que 60 ou 80. Poster ensuite un fragment par jour, pendant X jours, tous les matins. Aux heures de transport en commun. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


Aujourd'hui, 15 décembre, j'ai pu noter dans mes fichiers classés &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Webfiction&quot;&gt;webfiction&lt;/a&gt; la formule suivante : 

&lt;blockquote&gt;Accident de personne, 17h55 (photo). &lt;br /&gt;

&lt;strong&gt;Fragment #71&lt;/strong&gt;, diverses déclinaisons possibles : &lt;em&gt;réactions lentes suite à l'annonce sncf : toutes ces têtes qui crachent sur la chair en charpie (mais à distance) / réactions lentes au bord des quais : visages en chaîne, crachent ensemble sur la chair en charpie (mais à distance) / réactions lentes sncf, salive aux lèvres, prêts à cracher sur les cadavres / réactions lentes au bord des quais : y manquait plus que ça&lt;/em&gt;&lt;/blockquote&gt;

Liens précieux à archiver sur la question : &lt;a href=&quot;http://www.jidv.com/njidv/index.php?option=com_content&amp;view=article&amp;id=265:laccident-de-personne-a-la-sncf&amp;catid=58:jidv01&amp;Itemid=384&quot;&gt;JIDV&lt;/a&gt; (côté conducteur),  &lt;a href=&quot;http://largeur.com/?p=2007&quot;&gt;Largeur&lt;/a&gt; (côté passager), &lt;a href=&quot;http://www.blogencommun.fr/2008-11-accident-de-personne-a-sartrouville/&quot;&gt;Blogencommun&lt;/a&gt; (côté commentateurs).</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Dzoosotoyn Elisen</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/13/Dzoosotoyn-Elisen</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:5adc160cd461a1d0bf983441129bd9d0</guid>
    <pubDate>Sun, 13 Dec 2009 17:50:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Antoine Volodine</category><category>Carnet de bord</category><category>Cyclocosmia</category><category>Nouvelle</category>    
    <description>    Je n'ai bien sûr jamais mis les pieds dans le désert de Dzoosotoyn Elisen, ni dans aucun autre désert d'ailleurs, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/09/17/330-belle-vue&quot;&gt;la Sarthe&lt;/a&gt; mise à part. Le désert de  Dzoosotoyn Elisen sert de point de fuite à ma nouvelle &lt;em&gt;46° 16,8' latitude nord / 86° 40,2' longitude est&lt;/em&gt; (rebaptisée ce jour &lt;em&gt;46° 17'N 86° 40'E&lt;/em&gt;, ce qui revient sensiblement au même) : c'est dans ce désert qu'on trouve le &lt;a href=&quot;http://fr.wikipedia.org/wiki/Pôle_d%27inaccessibilité#P.C3.B4le_terrestre_d.27inaccessibilit.C3.A9&quot;&gt;pôle terrestre d'inaccessibilité&lt;/a&gt;, c'est à dire le lieu terrestre le plus éloigné des océans. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/DzoosotoynElisen.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.DzoosotoynElisen_m.jpg&quot; alt=&quot;DzoosotoynElisen.jpg&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;DzoosotoynElisen.jpg, dec 2009&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;46° 17'N 86° 40'E&lt;/em&gt; est pratiquement terminé, le texte est juste encore un peu trop incompréhensible. Je dois encore écumer les incertitudes et faire mon deuil d'éléments du texte qu'on pourrait qualifier de &lt;em&gt;too much&lt;/em&gt;, ceux dont on peut se passer, ceux dont la présence n'est pas indispensable : ce sont les pistes que j'aurais pu creuser mais que je ne suis pas parvenu à tenir et que par conséquent je me dois d'abandonner en route, peu importe l'attachement que je peux encore avoir vis à vis d'eux.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/public/600px-Continental_pole_of_inaccessibility.png&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.600px-Continental_pole_of_inaccessibility_m.jpg&quot; alt=&quot;600px-Continental_pole_of_inaccessibility.png&quot; style=&quot;margin: 0 auto; display: block;&quot; title=&quot;600px-Continental_pole_of_inaccessibility.png, dec 2009&quot; /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;46° 17'N 86° 40'E&lt;/em&gt; pourrait être une fin possible à &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Crise%20%21&quot;&gt;&lt;em&gt;Crise !&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, fiction climatique esquissée ici ou là &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/02/10/Mardifevrier-catastrophe-naturelle&quot;&gt;depuis une dizaine de mois&lt;/a&gt;, postée en laboratoire ici-même sur le blog. 46° 17'N 86° 40'E embarque des réfugiés dans un train, tourne autour des cartes, prend le désert de Dzoosotoyn Elisen comme Eldorado mis à sec. Comme rempart contre les miasmes, le silence, et les révolutions indigènes, il y a le sable et le silence. Je reste dans le sillage de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Antoine%20Volodine&quot;&gt;Volodine&lt;/a&gt;, également, puisque le texte sera envoyé pour &lt;a href=&quot;http://cyclocosmia.over-blog.net/article-en-resume-souscription-iii-appel-a-contribution-iv-40169057.html&quot;&gt;proposition pour Cyclocosmia 4&lt;/a&gt;. J'ai encore un mois et demi devant moi pour relire et corriger le texte, c'est suffisant.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Lapins</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/12/Lapins</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:37f152d2812da9afa4eeccb54f92a82b</guid>
    <pubDate>Sat, 12 Dec 2009 10:05:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Lapin</category>    
    <description>    Tôt ce matin rendez-vous vétérinaire du 91 pour soigner &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/08/30/176-ce-matin-un-lapin&quot;&gt;le lapin&lt;/a&gt; (le lapin est malade). Lapin trimballé mal de mer dans la petite cage plastique qui lui servira pour traverser la France, samedi prochain, pour retour programmé Sainté dans la voiture de N. Lapin déballé sur la table du vétérinaire qui l'examine. Dialogue introductif :
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Dr des lapins : comment elle s'appelle ?&lt;br /&gt;
Moi : M. Lapin.&lt;br /&gt;
Dr des lapins : mais c'est une femelle.&lt;br /&gt;
Moi, &lt;em&gt;après léger silence&lt;/em&gt; : le genre est une construction mentale, docteur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;

Et toc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;


&lt;center&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/octobre08/12-10-08.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Mahigan Lepage, Vers l'ouest</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/10/Mahigan-Lepage-Vers-l-ouest</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:f67305809218da5af6b559f5c2735731</guid>
    <pubDate>Thu, 10 Dec 2009 20:09:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Chroniques</category>
        <category>Littérature</category><category>Littérature numérique</category><category>Mahigan Lepage</category><category>Publie.net</category>    
    <description>    &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/11/16/376-important-le-texte-numerique&quot;&gt;Publie.net a deux ans&lt;/a&gt;, on dirait que ça dure depuis plus longtemps que ça, c'est déjà passé dans les habitudes, dans les gestes quotidiens d'écriture, de lecture (saluons au passage la &lt;a href=&quot;http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1971&quot;&gt;nouvelle version du site Publie.net&lt;/a&gt; toute récente). L'une des dernières nouveautés ajoutée au catalogue vient du Québec : le texte s'appelle &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article286&quot;&gt;&lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://mahigan.ca&quot;&gt;Mahigan Lepage&lt;/a&gt; (site cassé mais bientôt plus ?), il y est question d'asphalte, de grands horizons, d'asphalte encore. &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt;, c'est le cas de le dire, ouvre vers ailleurs, et bouscule un peu le catalogue déjà existant de Publie.net, qui peut parfois paraître &lt;em&gt;très français&lt;/em&gt;. C'est pas un roman, &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt;, c'est, c'est, je sais pas vraiment ce que c'est, mais c'est sacrément fort, &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt;, on s'en prend plein la vue, on se perd sur la route, on se perd un peu avec le narrateur du texte, qui est un adolescent, qui porte le texte avec sa peau pendant qu'il traverse cet ouest qui ne s'épuise jamais, puisqu'il est toujours « vers », c'est à dire vers ailleurs, toujours un peu plus loin.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/chroniques/verslouest.jpg&quot; alt=&quot;verslouest.jpg&quot; style=&quot;float: left; margin: 0 1em 1em 0;&quot; title=&quot;verslouest.jpg, dec 2009&quot; /&gt;

&lt;blockquote&gt;C'était encore la même histoire. On cherchait à s'émanciper de nos parents en rejouant leur propre émancipation. C'était absurde. On n'avait de révoltes que le rock et la route et la drogue, mais c'étaient déjà les révoltes de nos parents. On était une génération perdue, peut-être même pas une génération. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
 &lt;div align-&quot;right&quot;&gt;Mahigan Lepage, &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt;, Publie.net, P.5&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;br /&gt;

&lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt; , c'est la route. Le récit de l'adolescence c'est la fuite, j'en &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;sais quelque chose&lt;/a&gt;. Donc &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt;, poursuivons l'équation du texte qui s'amorce, c'est la fuite par la route, le stop, la remontée d'asphalte jusqu'à, et bien, jusqu'à ce que la route s'arrête, la terre avec elle, généralement coupée par l'océan, l'océan Pacifique en l'occurrence : on ira où on pourra aller (comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2006/05/27/146-paul-auster-moon-palace&quot;&gt;&lt;em&gt;Moon Palace&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;, qui était une fuite d'un océan vers un autre). Alors &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt; prend corps sur la route, le long des routes, au bord des routes, est délimité par la route, encadré par la route, trace un itinéraire, un périmètre, un décor qui est aussi celui de la route. D'ailleurs le récit commence sur un parking, c'est à dire en marge de la route, au bord, les pieds déjà plongés dans l'asphalte. Zone de stationnement avant le départ véritable. Mise entre parenthèse et présentation du contexte avant la fuite. « C'était encore la même histoire », dit le narrateur (cf. extrait ci-dessus), peut-être parce qu'il est conscient de la banalité d'un tel récit : en l'occurrence, le récit initiatique, en mouvement, d'un voyageur qui fait du surplace. Récit d'adolescence, sans doute écrit bien après (ou un peu après ?). Peut-être pas un roman, et puis même on s'en fout : le paragraphe unique qui englobe l'intégralité du texte emporte tout, emporte trop pour qu'on reste sur le bas côté à se poser des questions de genre.

&lt;blockquote&gt;Il n’est pas encore temps de couler le béton de l’intérieur de la ville. Couler la ville dans l’asphalte c’est demander seulement comment on y entre et comment on en sort, comment on s’en débarrasse. La ville comme un nœud inextricable sur le ruban de la route, on voudrait l’éviter, on ne peut pas l’éviter. Parce que la route c’est déjà la ville, mais la ville comme coulée d’asphalte, comme bande d’asphalte à travers la ville et ce qui tente de s’en détacher. Il est plus facile d’entrer dans la ville que d’en sortir. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align-&quot;right&quot;&gt;P.24&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Un paragraphe unique traverse et porte le texte de bout en bout, un peu comme la route unique porte le narrateur d'un point A vers un point B, traversant en chemin multitude de points intermédiaires qui sont autant de villes, villages ou lieux-dit (villes, le plus souvent), qui servent d'étapes au narrateur, et donc au texte. &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt; est une histoire de fuite, mais aussi de déambulation. 
&lt;blockquote&gt;On était tellement contents de se retrouver et tellement excités de partir. On avait réservé une chambre dans une auberge de jeunesse pas très loin du centre-ville. Le lendemain on était sur la route. On allait vers Toronto. Je ne sais plus les routes exactement, les numéros et le reste. Je pourrais faire des recherches, déplier une carte, mais je ne le ferai pas. Je m’en tiendrai pour l’heure à ce que j’ai dans la tête, et à rétablir les liens dans la matière asphalte de ce que l’expérience de la route morcelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align-&quot;right&quot;&gt;P.34&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Je n'ai pas vraiment retenu le nom des villes. Je ne me les représente pas. Pas besoin. Le narrateur marche sur le bord des routes, « fait du pouce », traverse habitacles et véhicules, ceux qui le prennent à bord, alterne est et ouest en fonction des souvenirs mélangés, croise les routes et les temporalités. Le voyage n'apporte rien, il propulse. Les villes traversées ne sont pas des villes réelles, elles sont architecture de goudron et ciment, on s'y enfonce ou on les évites en fonction des moyens de locomotion : pieds, voitures, bus, avions, trains, métros. Autant d'habitacles dans lesquels s'enfoncer pendant que la ville surgit au loin et se rapproche. &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt; n'est pas vraiment une quête des grands espaces mais de la ville, plutôt, celle qui s'érige et grandit, la ville américaine dont les réseaux entremêlés tapissent des mégapoles tortueuses. La ville et ses quartiers en briques, des fois ses bas fonds, hôtels miteux où l'on s'enfonce. &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt;, récit d'adolescence, explore aussi ces misères en mouvement contre lesquels on se réfugie.
&lt;blockquote&gt;Je suis sorti de l’aéroport. J’ai marché vers la route. Une voiture de police s’est arrêtée, m’a demandé ce que je faisais. J’ai dit Je viens de l’aéroport, je marche un peu. La voiture s’est éloignée. J’ai dormi au bord d’une bretelle, derrière un buisson, dans mon sac à couchage. Chaque fois qu’une voiture passait sur la bretelle je me réveillais, je pensais La police. Au matin j’étais sale, terreux, empâté. J’ai regagné l’aérogare. J’avais de la chance, j’avais ma place dans le prochain départ. L’avion c’est la ville. Cela monte et redescend sur le béton et le verre, comme s’il n’y avait entre de prairies et de lacs et de forêts. Dans l’avion on n’a pas l’impression d’avancer comme sur la route. On reste quelques heures immobile au-dessus de la ville, on redescend. La ville a changé, mais c’est toujours la ville.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;div align-&quot;right&quot;&gt;P.74&lt;/div&gt;&lt;/blockquote&gt;

Ecriture nerveuse, discours prolongé sur plusieurs dizaines de pages, mais sans jamais perdre son souffle. La foulée est régulière, l'effort très bien maîtrisé. Succession phrases courtes (cf. extrait précédent), phrases plus longue, digressions, discours entremêlé, mais toujours la route au fil des pas, toujours la ville en ligne de mire. On perd pas de vue qu'au bout c'est le fond de la page qu'on vise. Qu'on y parvienne ou pas c'est pas grave, le but c'est quand même de pouvoir avancer, c'est à dire &lt;em&gt;traverser les espaces&lt;/em&gt;. Rester en mouvement. C'est ça l'adolescence, en tout cas l'adolescence telle qu'on veut bien l'écrire, c'est la fuite en mouvement. Et &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt;, c'est juste le meilleur livre proposé à ce jour par Publie.net, sûr.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

D'autres routes :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://tentatives.eklablog.fr/mahigan-lepage-dans-vers-l-ouest-a832744&quot;&gt;Tentatives&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://www.babelio.com/critiques/Lepage-Vers-lOuest/152344&quot;&gt;Babelio&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://blog.lignesdefuite.fr/post/2009/12/10/que-la-nuit-les-verticales-disparaissent&quot;&gt;Lignes de fuite&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;
- &lt;a href=&quot;http://www.publie.net/tnc/spip.php?article286&quot;&gt;Lire &lt;em&gt;Vers l'ouest&lt;/em&gt; via Publie.net&lt;/a&gt;

&lt;div class=&quot;ecriture-blanche&quot;&gt;
Parfois j'aimerais écrire des textes qui ne soient pas juste des chroniques mais bien des textes sur d'autres textes, des extraits de journaux, des vrais, de ceux qui existent et qu'on lit vingt ans plus tard. L'immédiateté du web rend les journaux transparents et les laboratoires ouverts. Alors ce texte prend ses airs de chronique et dit ce qu'il faut lire et ne pas lire, donne des conseils de lecture ou d'achat. C'est usant, veux pas rester dans ces codes très figés qui m'imposent (qu'en réalité je m'impose) des intro, corps, extrait, conclusion bien huilés, tellement bien huilés qu'au fond toutes les chroniques se ressemblent, se succèdent, sans saveur.&lt;/div&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Prétérition</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/07/Preterition</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2d745c975d296d305709afdbe460c2c7</guid>
    <pubDate>Mon, 07 Dec 2009 21:02:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Boulot</category><category>Métro</category><category>Paris</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/./.pdg_s.jpg&quot; alt=&quot;pdg.jpg&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;pdg.jpg, dec 2009&quot; /&gt;Je ne parlerai pas de mon premier jour &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/11/19/Broutille&quot;&gt;chez PDG&lt;/a&gt; car il n'y a rien à en dire. Je suis arrivé à l'heure, ai pris ma pause à l'heure, suis reparti à l'heure. Les yeux derrière l'écran, je sais faire. L'écran est grosso modo le même qu'avant, peut-être un peu plus grand, et les bureaux idem, plus spacieux sans doute, plus confortables. Les visages traversés sont les mêmes, ils ont simplement d'autres traits, mais derrière les traits les mêmes personnes, caractères, tics et syndromes. L'entreprise est la même, elle ne rend pas exactement les mêmes services, ne vend pas les mêmes produits. D'ailleurs que vend-on ? Je ne sais &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/11/19/Broutille&quot;&gt;toujours&lt;/a&gt; pas. Pour moi les produits manufacturés, importés, dédouanés, expédiés, livrés, ne sont que des références informatiques que je dois classer dans des suites de tableurs sans fin. Je n'ai pas d'image, de nom, de fiche qui puissent me permettre d'en deviner leur usage ou leur utilité. Je ne connais pas même leur prix, simplement leurs poids, et le coût transport qu'ils représentent, de la Chine vers la France et de la France vers la France (parfois la Belgique, l'Italie ou l'Espagne, mais c'est rare).
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

Je ne parlerai pas de mon premier jour chez PDG, mes collègues sont les mêmes sans en être, ils me parlent, me surveillent et m'encadrent, veillent sur moi, je suis le petit nouveau, je suis celui qui assiste, je suis celui qui corvée, qui assume, qui dit oui. Mes collègues sont les mêmes, j'aurais tout aussi bien pu ne pas changer de boite, ça n'aurait rien changé, justement. Mes collègues sont les mêmes, me voient comme un extra-terrestre sans doute, un de ceux qui lisent et qui ne parlent pas, un de ceux pour qui l'ambition professionnelle et les bonus de fin d'année ne représentent rien, un de ceux pas comme nous qu'on aimerait bien connaître mais qu'on ne sait pas par quel bout accrocher.
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne parlerai pas de mon premier jour chez PDG, je suis parti à l'heure. Montre en main, chronomètre, afin de savoir exactement où être et à quel heure franchir tel ou tel point de passage : déterminer pour plus tard les standards de transport et horaires subis quotidien, afin de savoir, justement pour plus tard, comment rentrer chez moi, et surtout quand, et surtout quels délais. Je ne suis plus &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/10/22/Cordialement-etc&quot;&gt;aux portes des Halles dans un bureau minuscule&lt;/a&gt;, je suis dans un bureau de taille respectable, dans le 17e arrondissement, aux portes de Clichy, qui possède d'ailleurs, entre autres, un micro-ondes : je n'aurais plus à faire la queue devant les fast-food et boulangeries hors de prix de la rue du L.. Mes trajets sont donc minutés et je teste aujourd'hui montre en main mon premier essai retour : quel temps à l'entrée du métro ? Quel temps à St Lazare ? Quel temps à Invalides ? Quel temps à Orsay ? Quel temps Austerlitz ? Quel temps Oberkampf ? Quel temps Gare de Lyon ? Mon but dans les couloirs de métro comme face à l'écran Ubuntu de mon ordinateur au bureau : rentabiliser au mieux mes déplacements, c'est à dire mon temps, c'est à dire de l'argent. Aujourd'hui : retour porte à porte une heure trente sept montre en main : peux mieux faire.</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Deux ans de 17h34</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/06/Deux-ans-de-17h34</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:57d3ce42eaf1cde294f350ec2075ad03</guid>
    <pubDate>Sun, 06 Dec 2009 18:27:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Images</category>
        <category>17h34</category>    
    <description>    Comme &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2008/12/06/Un-an-de-17h34&quot;&gt;l'année dernière&lt;/a&gt;, mais avec un an &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/12/11/389-17h34&quot;&gt;de plus&lt;/a&gt;. Ce qui signifie qu'à présent, ce sont plus de 700 clichés qui s'accumulent, jour après jour, dans les dossiers et archives du &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/&quot;&gt;site 17h34&lt;/a&gt;. Il était un temps question d'abandonner, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/07/18/Semaine-blanche&quot;&gt;d'arrêter après deux ans de photos&lt;/a&gt;, de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/08/28/Kreuznach&quot;&gt;passer la main à quelqu'un d'autre&lt;/a&gt;, mais les photos se sont poursuivies, &lt;em&gt;par habitude&lt;/em&gt;, évidemment, mais poursuivies quand même. J'ai refait le même exercice récapitulatif que l'an passé : j'ai repris l'une après l'autre les 365 dernière photos, j'en ai gardé une par mois. Une qui marque quelque chose, qui prouve qu'un instant a existé, qu'il était important. Ce sont des moments non écrits. Ce sont des moments qui saccadent, un jour après l'autre après l'autre, et qui, peut-être, un jour, trouveront une fin. Quand, je ne sais pas encore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;center&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/decembre08/31-12-08.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/decembre08/31-12-08.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/janvier09/05-01-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/janvier09/05-01-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/fevrier09/25-02-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/fevrier09/25-02-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/mars09/04-03-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/mars09/04-03-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/avril09/19-04-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/avril09/19-04-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/mai09/18-05-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/mai09/18-05-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/juin09/11-06-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/juin09/11-06-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/juillet09/13-07-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/juillet09/13-07-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/aout09/04-08-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/aout09/04-08-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/septembre09/04-09-09.JPG&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/septembre09/04-09-09.JPG&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/octobre09/04-10-09.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/octobre09/04-10-09.jpg&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/novembre09/14-11-09.jpg&quot;&gt;&lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/17h34/images/novembre09/14-11-09.jpg&quot; width=&quot;550&quot;&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/center&gt;</description>
    
    
    
      </item>
    
  <item>
    <title>Coup de tête 3/5</title>
    <link>http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/12/05/Coup-de-tete-3/5</link>
    <guid isPermaLink="false">urn:md5:2cc74cc73628db52b83d4bf346b648aa</guid>
    <pubDate>Sat, 05 Dec 2009 19:13:00 +0000</pubDate>
    <dc:creator>Guillaume Vissac</dc:creator>
        <category>Journal</category>
        <category>Carnet de bord</category><category>Coup de tête</category>    
    <description>    &lt;img src=&quot;http://www.omega-blue.net/public/carnet_de_bord/potable.png&quot; alt=&quot;potable.png&quot; style=&quot;float: right; margin: 0 0 1em 1em;&quot; title=&quot;potable.png, dec 2009&quot; /&gt;En réalité, et comme il a déjà été indiqué précédemment, il s'agira plutôt d'un 3/4, la cinquième partie de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Coup%20de%20tête&quot;&gt;&lt;em&gt;Coup de tête&lt;/em&gt;&lt;/a&gt; ayant été préventivement supprimée – avortée, amputée. Cette troisième partie, terminée depuis dix jours environ, aura duré cinq mois. Un peu moins peut-être, juillet/août ayant été consacré à 1) repos et 2) &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/tag/Ernesto%20variantes&quot;&gt;&lt;em&gt;Ernesto &amp; variantes&lt;/em&gt;&lt;/a&gt;. 
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;

La troisième partie plus courte que la &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/06/21/Coup-de-tete-2/5&quot;&gt;deuxième&lt;/a&gt; (deux mille mots de moins), ce qui n'était pas nécessairement prévu mais tombe finalement sous le sens, puisque cette partie voit le déroulement d'une journée complète, pas plus. On ne pouvait pas vraiment aller au-delà.
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Par rapport à la partie précédente (enterrée sous gare), le narrateur s'élève, gagne en altitude. Les cartes, photos et souvenirs m'ont été utiles, mais pas trop. Je me rappelle qu'à l'époque des premiers/deuxième jet (c'est à dire il y a trois ou quatre ans) V. s'étonnait que j'ai besoin, pour progresser dans mon récit, de &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/12/08/387-reperages-coup-de-tete-gare-2&quot;&gt;repérages géographiques&lt;/a&gt; sur les lieux du crime, &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/05/31/284-reperages-coup-de-tete-ville-2&quot;&gt;ville&lt;/a&gt;,&lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/04/14/262-reperages-coup-de-tete-gare&quot;&gt; gare&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2007/05/29/283-reperages-coup-de-tete-montagne&quot;&gt;montagne&lt;/a&gt;. À présent je n'en ai plus besoin, car chaque lieu, chaque plan, a déjà été malaxé suffisamment et digéré par le texte. Maintenant les lieux traversés sont clairement fixés à l'intérieur et ce travail, déjà effectué en amont, n'est plus nécessaire. 
&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Court extrait pour illustrer la partie 3 : court car d'autres extraits ont déjà été publiés &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/07/20/5-0-5-%3A-le-zero&quot;&gt;ici&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&quot;http://www.omega-blue.net/index.php/post/2009/10/20/Cette-incredulite-la&quot;&gt;là&lt;/a&gt; au fil de la plume. Dans celui-ci, autre dialogue, narrateur plongé dans une supérette, corps miné et dicté par la faim. Rencontre avec un employé qui le prend sur le fait en plein vol.

&lt;blockquote&gt;- Qu'est-ce t'as dans la poche, il me fait, la gueule bien droite, bouteille Schwarzkopf fermée remise sur les rayons, qu'est-ce tu caches, montre, montre-moi ce que c'est que tu caches. &lt;br /&gt;
- Moi ?, je lui réponds, sac Lafuma fermé omoplate-gauche, ma main, main droite, découpée-brève sous les coutures et pisse bouillante à l'envers de mes tripes. &lt;br /&gt;
- Sors ta main de ta poche et montre. &lt;br /&gt;
Je me recule, paume frôlée contre le bord du tapis roulant. Je cherche un truc à attraper au vol et lui balancer dans la tronche, je pense, je cherche une batte moisie pour lui défoncer le crâne, une agrafeuse à lui scotcher dans la tempe, je pense, sauf que sur le PVC du tapis, je constate, tout ce que je trouve, tout ce qui s'accroche sous ma paume gauche, c'est une de ces barres plastique marquée « client suivant ». Je pourrais la lui balancer dans les dents ou lui enfoncer dans la nuque, mais franchement je vois pas trop quel genre de dégât ça pourrait lui faire. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Il s'est collé devant moi pour me boucher la sortie. Autour y avait des paquets de lessive et barils de bouffe pour chien. Moi j'étais derrière. Le seul moyen pour lui passer devant, c'était soit de faire le tour par le rayon boucherie, soit de lui foncer dessus pour dégager les portes automatiques.&lt;/em&gt; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
Il attend que je bouge pour réagir. Là où il est, je pense, tout seul, je pense, l'un contre l'autre et lui face à moi, je vois, c'est juste impossible qu'il puisse appeler les flics. Impossible. &lt;br /&gt;
- Tu vas enlever la main de ta poche et tu vas| &lt;br /&gt;
Je regarde autour de moi : aucune issue frontale, aucun hachoir caché que je pourrais lui planter entre son œil et l'autre. &lt;br /&gt;
- Quelle main ? &lt;br /&gt;
Il se penche sur sa droite, donc ma gauche, m'attrape par le col de mon blouson Lévis. Il tend le bras pour atteindre le combiné qui dépasse de sous sa caisse, je crois, sauf que son bras est trop court pour pianoter sur les touches, on dirait, et donc son équilibre il est en train de le perdre. Ce gars, je pense, pendant que ma main, main droite, se défait et que sa main, main droite, se gonfle depuis les veines du poignet jusqu'au bout des doigts &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
&lt;em&gt;Le poignet : artère radiale, artère ulnaire, arcade palmaire superficielle, nerf médian, tendons fléchisseurs, nerf ulnaire, muscles courts et opposants, lombricaux... L'affiche d'anatomie de l'époque collée en face de mon lit, même quand je veux pas la voir je la vois quand même.&lt;/em&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;
il a pas dû regarder beaucoup de films d'action dans sa vie, je me dis, parce que sinon, sinon, il saurait qu'on peut pas retenir un type en le serrant d'une main par le col. Une main c'est pas assez. Du coup, il me voit pas m'arracher vers l'arrière pour le déséquilibrer complètement, me défaire de ses doigts trop mous, et sortir, sortir ma main, main droite, de sous ma poche, main droite vraiment, pour la lui coller sous le pif, calibre 9 ou 11mm entre les doigts, détente pressée dans l'instant, cervelle crachée lourde sur le carrelage derrière et cadavre tombé sec à mes pieds. Une gerbe de sang projetée du sol au faux plafond, ma sale gueule fouettée par la décharge, douche hémoglobine prise 37° entre Le Chat Machine et Canigou Viandes Blanches. Sous mon t-shirt et sous mes bras, la sueur se remet à couler comme si mon corps réagissait au reste.&lt;/blockquote&gt;</description>
    
    
    
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