Mes trucs




Fictions du bord de l'oeil /
17h34 |
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mercredi 28 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le mercredi 28 juillet 2010, 16:50
dimanche 25 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le dimanche 25 juillet 2010, 13:14 - Journal
mercredi 21 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le mercredi 21 juillet 2010, 16:29 - Journal
dimanche 18 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le dimanche 18 juillet 2010, 12:57 - Journal
mercredi 14 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le mercredi 14 juillet 2010, 18:59 - Journal
Quiconque a le bon sens d'établir son testament ne peut qu'être sain d'esprit. Sa famille était prête à la re-avouer. Ils fondirent en larmes, tant leur coeur était ému.
Mais don Quichotte était un monstre sans coeur.
- Voici la preuve que je suis saine d'esprit :
« AU CHIEN : je lègue tout à mon chien. Je t'en prie, chien, pardonne mon égoïsme ; je t'en prie, par tous les moyens je je t'ai pas compris, car je n'ai pas été assez maligne et je n'ai pas su ce qu'était l'amour. Je te souhaite d'être très heureux pour le restant de tes jours et, de plus, je sais que tu le seras, car tu es fort, patient, avide de comprendre, plus encore que moi, bien que tu sois fou.
Le chien l'interrompit : « Je ne veux pas que vous vous en alliez. »
Don Quichotte : « Il faut ce qu'il faut. »
Le chien : « Vous mourez parce que je ne vous aimais pas. »
Don Quichotte : « Non. »
Don Quichotte retourna à ses dernières volontés et enseignements :
« À MON FILS AVORTÉ : si tu épouses quelqu'un, homme ou femme, qui n'est pas richissime, tu seras dans la dèche. Sinon tu seras dans la dèche.
« À MOI-MÊME : j'avais tort d'avoir raison, d'écrire, d'être chevalier, d'essayer de faire quelque chose, n'importe quoi : parce qu'avoir un rêve, c'est juste vivre dans sa tête. Être un fanatique te sépare des autres. Si tu es comme tout le monde, tu crois l'opinion commune ou ce qu'on te dit. Qu'y a-t-il d'autre ? Ô néant, je dois avoir des visions, je ne peux avoir de visions, je dois aimer : je dois avoir tort pour écrire.
Quand elle eut fini de rédiger ces enseignements profonds, étant vieille et épuisée, elle réaffirma sa croyance en l'inexistence de l'amour humain et mourut. « Pour moi seule tu es né, et moi pour toi. On n'est qu'un, même si on se fait des misères et du mal. Tu es mon maître et je suis la servante ; je suis ta maîtresse et tu es mon serviteur. Je suis malade à en mourir parce que j'ai tenté de t'échapper, amour. Je te cède de tout mon coeur ou esprit. Nul autre remède à la maladie que cette imbrication de nos appareils génitaux. Il n'est pas nécessaire d'écrire ni d'avoir raison vu qu'écrire ou avoir raison c'est créer plus d'illusion : il est nécessaire de détruire et d'avoir tort. »
Kathy Acker, Don Quichotte, Éditions Laurence Viallet, trad : Laurence Viallet, P. 39.
lundi 12 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le lundi 12 juillet 2010, 22:47 - Journal
samedi 10 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le samedi 10 juillet 2010, 11:23 - Journal
Encore évolutif, le texte enfle : j'ai l'impression qu'ils enflent tous (ceux dont la méthode de composition choisie est le fragment, toujours). Parce que la question des murs je me la pose encore, parce que les murs je les traverse encore et les lâcherai jamais. Aujourd'hui le fragment 66 est une particule détachable, un trait d'union possible entre Qu'est-ce qu'un logement. et Prudhommes.rtf qui ne verra jamais le jour.
66
J'ouvre les yeux sur des murs pourtant toujours présents mais que je découvre. Des ombres et des paupières entre deux. Désormais seul dans cet espace connu par coeur je me demande encore s'il est mien, s'il m'a apprivoisé (ou bien l'inverse). Je regarde partout dans la pièce, même dans les coins, mais ne trouve pas la réponse. J'écoute sans croire et elle refuse d'y être.
Je me souviens d'une nuit passée entre ces murs : une nuit, une seule. Trop tard pour le dernier métro, trop tôt pour repartir. J'ai dormi trois heures dans un fauteuil en cuir. Est-ce qu'une nuit suffit à faire d'un lieu un lieu ? De transformer en murs les cloisons ? Est-ce qu'un lieu où on souffle, un lieu où on souffre, un lieu où ennuie, c'est pas aussi un lieu où on vit quand même ? Je regarde partout dans la pièce, même dans le coins, mais ne trouve pas la réponse.
jeudi 8 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le jeudi 8 juillet 2010, 18:33 - Journal
Finalement nous avons réussi à dénicher une bonne place debout – non loin de l'autel. En me retournant, j'ai eu un choc : derrière nous, ils étaient des millions.
« Moi qui pensais... qu'il ne viendrait que les gens de Wieshalle et des environs, j'ai dit à Monsieur Siegfried Stick von Sel. Il y en a d'autres. Beaucoup d'autres ! Je dirais des millions !
- Presque toute l'Allemagne est réunie, a dit Monsieur Stick von Sel.
- Presque toute l'Allemagne, c'est-à-dire ?
- Tous les mécontents, a dit Siegfried Stick von Sel. Ici sont réunis les mécontents de toute l'Allemagne !
- Les communistes ? »
Mon ancien professeur d'allemand a secoué la tête.
« Les autres, il a dit... les autres mécontents. Voyez-vous, il existe un autre mécontentement. Et celui-là le communisme ne pourra jamais le guérir. »
Monsieur Stick von Sel a eu un petit sourire, puis il a dit :
« Du moins pas aussi radicalement.
- Mais qui ? j'ai demandé. Qui peut le guérir ?
- Adolf Hitler, a dit Siegfried Stick von Sel. C'est lui, le grand guérisseur. »
Mon ancien professeur d'allemand s'est curé le nez un petit moment, puis il a dit :
« Ici sont réunis tous ceux qui un jour ont reçu un coup sur la tête, du bon Dieu ou des hommes.
- Ah d'accord, j'ai dit, c'est ça l'histoire.
- Oui c'est ça, a dit Siegfriend Stick von Sel, ici c'est la réunion des ratés. Il y a les dégonflés, il y a les lèche-culs professionnels, et d'autres qui ont loupé le coche, soit parce qu'ils manquaient de souffle, soit parce qu'ils n'ont jamais appris à ramper dans les règles de l'art, ou que le cul qu'ils léchaient n'en avait jamais assez.
Mon ancien professeur d'allemand a ricané un petit moment, perdu dans ses pensées.
« Et bien sûr tous les autres, il a dit, pensif, en me regardant d'un air grave. Comment j'ai dit tout à l'heure ? Tous ceux qui un jour ont reçu un coup sur la tête, du bon Dieu ou des hommes. Les chauves par exemple. Ils sont tous là. Regardez autour de vous : il y a les trop maigres, les trop gros, les trop courts sur pattes, les trop hauts sur pattes, les trop jeunes, les trop vieux, les pervers solitaires, les impuissants, les étrangleurs qu'on a empêché jusque-là d'étrangler, n'autorisant que la caresse ; les hommes à lunettes sont là, les femmes à lunettes sont là, car 'IL' a dit 'LAISSEZ VENIR À MOI LES PETITS ENFANTS'. Mais : ses petits enfants sont frustrés – Oui, c'est ça a dit Monsieur Stick von Sel, des frustrés. Pas que. Mais quand même. Des qui aimeraient y arriver, mais qui n'y arrivent pas.
- Mais vous, pourquoi êtes-vous là, Monsieur Stick von Sel ? j'ai demandé. Pour vous, tout baigne, non ?
- À cause du poivre, a dit Siegfried von Sel.
- Quel poivre ? j'ai répondu.
- Celui que ma femme verse tous les matins dans mon café, a dit Siegfried Stick von Sel en chouinant.
- Pourquoi elle fait ça ?
- Aucune idée, a dit Siegfried Stick von Sel.
- Et il n'y a rien à faire ?
- Rien du tout, a dit Siegfried Stick von Sel, abattu. Je ne peux rien faire. La nuit je ronfle pour me venger, mais ça ne change rien.
- C'est affreux, j'ai dit. Et moi qui pensais... quelqu'un avec une belle position comme vous, il a toutes les raisons de sourire. »
Edgar Hilsenrath, Le barbier et le nazi, Attila, trad: Jörg Stickan & Sacha Zilberfarb, P. 52-54.

lundi 5 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le lundi 5 juillet 2010, 20:29 - Journal
samedi 3 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le samedi 3 juillet 2010, 16:49 - Journal
mardi 29 juin 2010
Par Guillaume Vissac le mardi 29 juin 2010, 19:13 - Journal
Lautréamont est le premier poète que j'ai acheté et lu. Pas le premier que j'ai acheté, ni le premier que j'ai lu, mais le premier que j'ai acheté ET lu. C'était y a pas longtemps et j'en avais dix-sept, âge idéal pour le lire. Isidoro retrace par le biais de la fiction une traversée : l'Atlantique et une autre : la traversée à l'intérieur de Doucassé Isidoro, double fictif d'Isidore Ducasse (et Lautréamont son double littéraire). Le Lautréamont du texte est un vampire, un charognard aussi, la bouche en sang. C'est bien ce qui perce et qui accroche : la rage, oui, la rage. Aujourd'hui à la lecture, sept ans après le vrai, je l'ai aussi la rage (oui, la rage).
Ils se chamaillaient dans la chambre de Georges lorsqu’Isidore avait eu une idée. Ils joueraient tour à tour à être boucher égorgeur et poulet égorgé. Georges avait endossé le rôle de la victime et s’était étendu sur son lit ; Isidore, du tranchant de la main, avait fait semblant de lui couper la tête et de le saigner. Puis, il avait fait mine de lui arracher les plumes, de le vider, de l’assaisonner. Georges ne pouvait s’empêcher de rire, et Isidore avait dû lui mettre la main sur la bouche. Il ne restait plus qu’à le faire cuire. Georges se tortillait encore de rire, et Isidore sentait ses dents humides contre sa paume. Si tu ne t’arrêtes pas de rire, je te mangerai comme du bouilli froid. Isidore était monté sur le lit et s’était assis sur le ventre de Georges, qui avait enfin cessé de rire – le poids d’Isidore lui écrasait les côtes.
Lentement, il s’était penché sur lui – Georges avait-il cru qu’il allait coller sa langue contre la sienne ? Erreur : il allait le manger, il l’avait prévenu. Il sentait la rage, oui, la rage qui montait en lui. Il avait mordillé le nez de Georges, sa joue, son menton ; ses dents avaient fini par s’enfoncer, avec une lenteur inouïe, dans son épaule. Il avait soudain eu l’impression de résider tout entier dans ses muscles maxillaires, et une envie incontrôlable s’était emparée de lui – il aurait voulu briser les os de l’épaule sous la seule pression de ses molaires, comme font les chiens, mais les cris et les pleurs de Georges s’étouffaient au creux de sa paume, et il s’était ressaisi. Georges, en se relevant, avait ôté sa chemise. Isidore avait été parcouru d’un frisson lorsqu’il avait découvert l’empreinte de ses dents incrustée dans la peau de Georges ; le sang en sourdait encore. Il avait léché la blessure, et avait été surpris : ça goûtait le métal – exactement comme une pièce de cinq francs. Son propre sang n’avait aucune saveur.
Audrey Lemieux, Isidoro, Publie.net, P. 35-36.
dimanche 27 juin 2010
Par Guillaume Vissac le dimanche 27 juin 2010, 15:27 - Journal
1 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même mouvement. Alors je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.Alors ce qu'on garde c'est l'infinitif. Comme ça que le texte part mieux, comme ça qu'on sent que le truc se propage bien. Après le mouvement est donné et le reste peut suivre.
2 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même| Je pète la porte sans la claquer, avale les marches brûlantes, évite l'ascenseur. Je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.
3 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut| Péter la porte sans la claquer, avaler les marches brûlantes, éviter l'ascenseur : je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.
mercredi 23 juin 2010
Par Guillaume Vissac le mercredi 23 juin 2010, 17:46 - Journal

lundi 21 juin 2010
Par Guillaume Vissac le lundi 21 juin 2010, 20:09 - Journal
dimanche 20 juin 2010
Par Guillaume Vissac le dimanche 20 juin 2010, 20:26 - Chroniques
Il a écrit quelque part : « Aujourd'hui j'ai reçu environ 500 00 bits d'informations diverses, dont peut-être seulement 25 sont intéressants. Je considère comme mon boulot d'essayer de donner un peu de sens à tout cela. » Il avait « le désir d'écrire ce qu'est la vie plutôt que d'écrire pour se soulager de cette vie. »
David Lipsky, Les années perdues et les derniers jours de David Foster Wallace in Zanzibar Quarterly n°1, Zanzibar Editions, trad : Xavier Vanault, P.23.
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