Le voilà tout beau, tout chaud, c'est le deuxième épisode de la série "Mécanismes" ! Tout le monde l'attendait (enfin, au moins une ou deux personnes... j'espère...) et le voici désormais en ligne, trois semaines après la mise en ligne du premier. A l'origine, je voulais publier un épisode toutes les deux semaines mais j'ai été malade tout le week-end dernier et je n'ai donc pas pu écrire beaucoup. Enfin bon, peu importe, puisque l'épisode est là, maintenant, et c'est tout ce qui compte. J'en profite au passage pour préciser (je ne l'avais pas fait lors du billet accompagnant l'épisode un) que les noms des personnages de cette série vous paraitront peut être familiers. C'est normal, puisqu'il s'agit en fait de noms de rue. Je n'ai pas pris de personnalités trop connues (pas de Emile Zola, donc, désolé) puisque le concept c'était de s'interroger sur l'identité de ces noms qu'on croise tous les jours dans notr vie quotidienne. L'idée m'est venu lorsque je me demandais qui avait bien pu être Edgar Quinet (je le croyais ancien président... je me trompais).

Une petite autre chose également : les trois (trois !) musiques qui accompagnent cet épisode sont toutes signées Yoko Kanno, ce n'est pas un hasard : et d'une je l'adore, et de deux sa musique se prête particulièrement à mon univers, attendez-vous à la retrouver souvent dans les prochains épisodes, donc, même si j'essairais de varier les plaisirs ;).

Bon, cette fois je me tais, et je vous laisse avec Luca Pacioli, Maryse Bastie, le Capitaine Scott et les autres ;).

Le Solferino s’amarra à vingt et une heures trente au port est de la Nouvelle Carthage, battant pavillon hollandais. On l’autorisa officiellement à pénétrer l’espace maritime de l’île pour cause d’avarie. A ce moment précis, Clarisse Louvet, l’officier local que devrait rencontrer plus tard le Capitaine Scott, plus connue par sa hiérarchie sous le nom de « Vendredi Février », effectua sa ronde du soir. L’officier habitait un petit appartement du quartier sud et il avait pris l’habitude, tous les soirs, depuis qu’il avait été affecté ici, de patrouiller, marchant lentement, observant attentivement l’intérieur des maisons et des appartements. Il s’arrêta devant une fenêtre à demie ouverte et il serra les poings. Devant lui, comme souvent à cette heure là, se trouvait un spectacle d’ombre. Le spectacle d’une silhouette. La fenêtre donnait directement sur la rue, un peu en pente, et Vendredi Février s’était à peine appuyé contre le mur, sans se cacher. Il regardait, simplement. Dans cette pièce, un peu étroite, un drap blanc traversait la largeur et, derrière, un homme. Un homme, nu, mince, sous une douche capricieuse et irrégulière. L’homme ne disait rien. Il devait être jeune, il avait les cheveux courts, et sa silhouette était superbe. Un intérieur remplit de noir, une présence transparente ; un homme réceptacle à imagination. Vendredi Février resta une dizaine de minutes, oubliant tout le reste, à contempler cette silhouette, à écouter son silence, à deviner son souffle. Il savait qu’on l’observait, c’est pourquoi il devait se taire. Cette simple possibilité semblait plaire à l’officier. Il s’en alla finalement lorsque la silhouette émergea de l’eau. Il la regarda une dernière fois, avant que le drap ne redevienne vierge de toute ombre. Il s’en alla alors, songeur, se raccrochant peut être à ce qui arriverait par la suite, à l’arrivée du Solferino.

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