Je réfléchissais, tout à l'heure (dans le tram, en route pour mon cours de Langue Médiévale si mes souvenirs sont bons), à ce travail que nous devons faire en Atelier d'Ecriture pour dans deux semaines (vacances obligent), tout en écoutant, de mes oreilles ébahies, le merveilleux mais court "Frosti", chanson sans parole issue de l'album Vespertine de Björk. Le travail en question, c'est d'écrire un court monologue plus ou moins poétique avec didascalie, inspirée de Tardieu. Mon idée, influencée par ce Frosti sublime (quelques notes de xylophone glacé dans le vide et c'est tout), c'était de suggérer, d'évoquer le froid, la glace, le dépouillement. Mais comment faire ?

De retour à la maison, de retour devant l'ordinateur et là, je retrouve le froid, la glace, le dépouillement, sur la page vierge de mon traitement de texte. Que faire ? Etre incisif, court, juste, fragmenté ? Etre dur, être métallique, être à la fois liquide et mousseux ? Facile à dire. Et puis, de toute façon, la poésie, c'est pas mon truc. J'écrirais autre chose, quelque chose qui n'a rien à voir avec ce travail, j'écrirais un parcours, un voyage, quelque part, ailleurs, dans le pays du froid. Oui, tiens, je vais faire ça. Brian Eno, Before and After Science comme musique "stimulatrice" et je commence. Allez, c'est parti, j'avance dans les terrains du froid...