Allez, la partie "coups de coeur" va changer un peu de raison d'être. Je vais plutôt en faire un espace de comptes rendus de films/livres/musiques/autre-préciser que j'aurai apprécié (ou pas) dans un passé relativement récent. Aujourd'hui, je me penche donc sur le cas Syriana, film que je suis allé voir pas plus tard qu'il y a une petite heure, en compagnie de Nico et d'un de ses potes... qui s'appelle aussi Nico.

Syriana, c'est ce film avec George Clooney et Matt Damon qui vient de sortir et qui a quelques nominations aux Oscars, vous avez dû en entendre parler. Non ? Tant pis. C'est donc "l'histoire" de plusieurs personnes, toutes liées de près ou de loin à l'activité pétrolière au Moyen Orient, et qui se croisent, s'emmêlent, et s'opposent dans un seul but : satisfaire les Etats-Unis. Voilà pour le scénario. Mais est-ce que c'est bien ? Ah, là, c'est plus difficile de répondre...



Commençons d'abord par les points positifs : de bons acteurs et un concept intéressant (montrer plusieurs activités a priori n'ayant rien à voir les unes avec les autres mais qui en fait se voient reliées au fil de l'intrigue). Le message également, politique bien sûr, est fort et sans doute de bon ton concernant l'actualité au Moyen Orient. Ce que nous dit ce film, c'est que tout ce qui a à voir avec les intérêts pétroliers ont à voir avec les USA, et que tout ce qui se passe là-bas est, de près ou de loin, à rattacher avec le pétrole. On y développe même l'idée que les USA ont intérêt à ce que le Moyen Orient reste instable, d'où les conflits et, même, les états non démocratique, comme ce qui concerne la succession d'un Emir en Arabie Saoudite. Etonnant que la Warner ait produit ce film, quand même... Sur ce plan là, en tous cas, il n'y a rien à redire.



Mais là où le film pêche, c'est dans sa trop grande complexité. Ici, complexité devient même confusion, dans les différentes mini-intrigues entremêlées paraissent brouillon. Déjà, le film est trop long : il dure deux heures dix, mais ne commencent réellement qu'après une heure de film. On y retrouve beaucoup de scènes courtes, beaucoup d'ellipses et beaucoup (trop) de changements de lieux à la minute, ça devient vite incompréhensible. Ensuite, certaines scènes sont clairement inutiles, comme cette incident avec le fils de Matt Damon qui apporte si peu à l'intrigue, de même que ces scènes de vie quotidienne entre l'avocat joué par Jeffrey Wright et son père alcoolo. Enfin, il y a trop de personnages, trop de noms, si bien qu'on se retrouve vite perdu devant tous ces noms qui finissent tous par ce ressembler (nous étions trois à voir le film et on s'est tous embrouillé avec les noms des Emirs !).


Alors, oui, à la fin, dans la dernière demie-heure notamment, on se dit que bon, peut être que ça valait le coup. Peut être que ça mérite un second visionnage, également. Ce n'est d'ailleurs pas un mauvais film, loin de là, l'idée de base est excellente, les acteurs sont bons et la réalisation n'est pas mauvaise mais il me semble qu'il a été mal pensé, et surtout très mal monté (sans mauvais jeux de mots). Dommage donc, ça aurait pu être bien, j'essairais peut être de revoir la deuxième heure lorsqu'il passera à la télé, histoire de comprendre un peu mieux la complexité des intrigues. Dans le même genre de film, cependant (c'est à dire les "pamphlets" contre la politique américaine), je conseillerai plutôt Lord of War, bien plus incisif, bien mieux réalisé même s'il est plus cynique et sans doute moins subtil.