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samedi 29 mai 2010

Morphing

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P. m'envoie dimanche cette vidéo en m'indiquant « clin d'oeil pour ton truc 17h34 » et je lui réponds que c'est fascinant quoiqu'un peu monstrueux en fait. Réponse : c'est assez égocentrique, ton projet c'est autre chose. Pas vraiment : 17h34 reprenant à son compte un système d'autoportraits quotidiens, synthétisant en une série de clichés séparés une période assez importante. L'autoportrait est différent car le regard fixé est le mien. Et forcément cet autoportrait poussera vers l'effacement, le reflet, le spectre, puisque c'est moi qui représente, suis représenté. On pourrait par exemple s'amuser à compter le nombre de photos sur lesquelles on m'aperçoit, quelques dizaines sans doute, guère plus. P. me demande si je compte faire durer la série huit ans, comme notre ami, et je réponds non, sans doute, l'objectif initial ayant toujours été de pousser l'expérience jusqu'au jour #1734, pas un de plus. Et c'est faux : cette idée n'ayant germé qu'en cours de route, quand je ne sais plus. D'autres autoportraits animés, avec morphing parfois, ont depuis écumé le net : une mode : façon de faire du rien un spectacle en streaming. Quel sera le format final de cette série ? Je ne sais pas. Une version animée de 17h34 n'aurait, de toute façon, pas beaucoup d'intérêt.

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E. au téléphone, sur le point de partir pour New-York, découvre après coup que mes trucs Publie.net ne sont pas format papier mais écran only et s'étonne. Mais les livres, elle me dit, mais les pages, elle me dit, mais comment toi, toi qui sniffes les pages, les vraies, à longueur de temps, tu peux cautionner ça ?

mercredi 3 février 2010

Couloirs de fictions

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Depuis que je bosse pour PDG je ne traite plus directement avec les clients, ça ne me manque pas. Les yeux perdus dans des tableurs à longueur de journée je n'ai contact avec personne sinon formules Excel =somme(L6:L12) et autres listes + pourcentage & moyenne statistique. Mon téléphone perso en ligne de mire, rarement utilisé, ligne fermée souvent, simplement décroché pour contact direct avec la chaîne de production pour préciser des évidences quand il en manque. Mais non, la voix des clients soufflée-outrée dans micro-casque ne me manque pas : me manque en revanche les montagnes de conneries balancées pour les calmer, détourner, perturber, les couloirs de fiction déversés à coup de casse transport + palette perdue + mauvais tracking + dysfonctionnement paroxystique transitoire pour masquer nos erreurs à tous, nos incohérences à tous, nos lacunes à tous : mais qu'au moins l'entreprise ne soit pas responsable des problèmes rencontrés. Des jours c'était : aujourd'hui je serai honnête avec tout le monde et sur tous les sujets, mais jamais j'y parvenais.

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Un jour H. et moi partions pour trois semaines, voyage en transsibérien jusqu'en Chine, au moins. En train, assis, je rêve de train, je suis comme ça. Le poivrot à ma gauche me déborde et me presse contre la vitre glacée : il sent l'orange ou mandarine gelée.

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Depuis ce matin 17h34 est de nouveau accessible : j'ai renseigné à la main le fichier conf défiguré il y a quinze jours. D'autres couloirs de fiction s'apprêtent à déferler.

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Salon K., la dépressive me coiffe encore. Pas un mot du début à la fin, pas un sourire. Je sais bien que c'est une requête spéciale de ma part pour qu'on me foute la paix mais a-t-elle besoin d'être mutique à ce point ?

David Menear, Journal des sens vol 3.

vendredi 22 janvier 2010

Temporel (suite)

Je choisis pas le 17h34 du jour. À la place j'attends. Tout à l'heure sur mon siège à fixer derrière la vitre jeune homme capuche turquoise, tête aspirée, de dos, achète canette soda au distributeur. On le voit choisir le truc, mettre les pièces, récupérer sa monnaie, son bras sous plastique lourd puis canette entre les doigts, repart, longe le quai, disparaît happé sous le S de Securit. 17h34 sonne et j'y suis plus, j'ai tourné la tête. Je prends la photo du bouquin sur mes genoux, c'était ça l'instant. Et ma photo mentale je l'ai loupée, pas eue, tant pis. Faudrait ouvrir un 17h34bis où tous les clichés du jour seraient ceux qui auraient pu être au lieu de ceux qui ont tenu : on ferait des embranchements, on poserait des réseaux. Puis les portes du train se ferment, il va partir, ça veut dire que c'est 17h37 et pas 34, horaire en tête à l'appui. Avec le temps le temps s'est défait un peu, étiré. L'heure sur mon portable est erronée, quelque part je le savais. Et même en mettant des mots sur l'impression je peux pas changer l'heure pour autant. Pas aussi simple. En deux ans le truc s'est un peu détendu, on a glissé. Ça veut pas dire que 17h34 est faux, simplement qu'il est autre : projette un monde où c'est 34 quand c'est 37, c'est à dire ailleurs et là en même temps, c'est à dire fiction. M'aura fallu deux ans pour le dire : 17h34 est une fiction de plus, celle-là silencieuse. À 39, il est 36 quelque part. À 40 il est 37 et on boucle la boucle. À 48 c'est 45 et le texto tombe : réponds à ce texto et 1€ par texto reversé pour Haïti, envoyer vos... Message supprimé.

dimanche 6 décembre 2009

Deux ans de 17h34

Comme l'année dernière, mais avec un an de plus. Ce qui signifie qu'à présent, ce sont plus de 700 clichés qui s'accumulent, jour après jour, dans les dossiers et archives du site 17h34. Il était un temps question d'abandonner, d'arrêter après deux ans de photos, de passer la main à quelqu'un d'autre, mais les photos se sont poursuivies, par habitude, évidemment, mais poursuivies quand même. J'ai refait le même exercice récapitulatif que l'an passé : j'ai repris l'une après l'autre les 365 dernière photos, j'en ai gardé une par mois. Une qui marque quelque chose, qui prouve qu'un instant a existé, qu'il était important. Ce sont des moments non écrits. Ce sont des moments qui saccadent, un jour après l'autre après l'autre, et qui, peut-être, un jour, trouveront une fin. Quand, je ne sais pas encore.

























mercredi 16 septembre 2009

Sinnlos #2

Je ne me suis pas encore habitué à mon nouveau rythme (c'est à dire non-rythme) d'inactif. Même déconnecté moins dix, mon réveil sonne toujours mentalement sur le coup des 6h34 et sur le coup des 6h34 je me tourne vers lui pour lire l'heure en rouge sur noir. Ma première pensée du matin va à ces jours que j'aurais pu vivre avec des si ou en partant du principe que. Puis généralement je me rendors. 

Plus tard, mêmes pensées parallèles, horaires différents. Les jours de la semaine se confondent un peu, mais la machine à si les propulse, réels, vers leur ancienne identité. Je m'imagine lundi arrivé plus tôt au matin, repartir plus tard, les appels se succédant. Vendredi arriver plus tôt aussi, repartir plus tôt, en week-end au cœur de la foule souterraine. Le matin les appels pleuvent, les après-midi construisent des galeries entières de fichiers, dossiers et archives. Le téléphone sonne, parfois je décroche le sourire professionnel aux lèvres, la réplique toute prête à la bouche (puis me ravise). Il m'arrive de me rendre de temps à temps sur leur site pour voir comment évoluent les gammes et produits maintenant que je ne suis plus là pour les suivre au quotidien. J'ai ouvert mon ancienne boite mail ce matin, anciens identifiants, mots de passe, toujours valides, archives et dossiers en cours qui s'accumulent. J'imagine que mon remplaçant, ma remplaçante, prendra le relais des affaires courantes. Celle-ci peut-être pas.  Mail tatoué gras en haut de la page sans aucun titre. Je l'ouvre. Je reconnais vaguement le nom de celui qui me l'envoie sans pour autant retrouver précisément quelle affaire le concerne. Le corps du message est bref et sans ponctuation :  M. V. vous êtes un personnage malhonnête et je vais porter plainte contre vous

Autre horaire indiqué qui me rappelle à mon ancienne vie : j'ai gardé  la sonnerie quotidienne du 17h34 malgré la rupture d'objectif dont a été victime mon Kodak il y a quinze jours. Je l'ai gardé  enregistrée entre circuits pour pouvoir encore imaginer la photo qui aurait pu m'être imposée si jamais, etc. Je les garde en tête deux jours, trois peut-être et elles s'évanouissent. Je me demande, au même moment, quel cliché exactement embrasse le clone de X. censé me remplacer dans ma tâche et dont je n'ai plus la moindre nouvelle. Deux clichés différents mais similaires se superposent l'un à l'autre entre deux images cristaux liquides d'une quelconque représentation télévisuelle ou vidéoludique. Les calques s'appliquent et se défont et puis j'oublie. 

Le soir je vois rentrer les trains. A heures fixes ils défilent. Je me dis : si on est mardi je suis (c'est à dire un autre moi-même parallèle au premier, parfois superposé) dans celui-là. Si on est hier (c'est à dire lundi, c'est à dire avant-hier) je serai dans le prochain. Parfois le prochain se perd, je crois comprendre qu'il est annulé. Alors je suis certainement quelque part entre Gare de Lyon et C. et j'attends le suivant. Quoiqu'il arrive, quelqu'un, quelque part, attend le suivant, ces choses ne changent pas.

vendredi 28 août 2009

Kreuznach

Mon appareil photo cassé aujourd'hui met fin aux quelques mois de 17h34 – une photo quotidienne à la même heure de ce qui me fait face au moment où, mis en ligne sur blog parallèle – rideau. La dernière photo sera sans doute noire car elle n'a pas pu se faire. L'objectif s'est ouvert après allumage puis écran noir alors refermé. Le clic a bien retenti, mais derrière aucun cliché n'a été conservé. Un autre train est parti sans photo pour le capturer.



Aujourd'hui dernier jour de mon contrat qui, officiellement, se termine demain. Je suis resté devant mon écran comme les autres jours à attendre que les heures s'épuisent. Je les ai vu préparer un petit quelque chose pour mon départ (« tu peux encore rester tu sais nous on a besoin de toi ici », petit sourire en coin, roulement d'épaule, non merci je m'en vais). Comment se faire à l'idée même de l'indéterminé ? Moi je ne peux pas, donc restons-en là. La petite fête préparée pour mon départ a lieu un peu après la fin de ma garde (standard). Je leur dis une seconde je descends je reviens, prétexte bidon trouvé par terre. J'ai pris toutes mes affaires avec moi et j'ai filé. La petite fête sans moi et j'ai fermé mon portable. J'ai toujours préféré partir par la fenêtre, pendant que personne ne regarde, je me laisse disparaître et on ne s'en aperçoit pas. Et puis les fêtes, même organisées en mon honneur, ne me concernent pas.
Entre les tempes toujours Les chansons d'amour qui me flinguent et bouleversent à la fois. Les personnages du film continuent à vivre MP3 et je suis triste de ne pas être eux, lui ou lui, encore une fois. Le rien n'est suffisant revient et pointe à chaque chanson traversée.
Un peu plus tôt ce matin, aperçu à nouveau le sosie de X. qui n'est pas vraiment lui (vérifications faites auprès du X. réel), que j'ai déjà croisé hier dans le métro. Aujourd'hui également, attendait pour le même train, même poteau, même wagon. Ensuite même correspondances, mêmes arrêts, destinations. Il est allé au delà de mon terminus, continuant un peu vers le nord, sans doute le croiserais-je encore dans les jours à venir. Mais il n'est pas X. Probablement une version parallèle de moi-même ou de ce que j'aurais pu être. Nous pourrions peut-être, un jour ou deux, une semaine, un mois qui sait, s'échanger nos parcours mutuels, et par conséquent nos vies, je serais lui et lui serait moi, ce pourrait être rafraîchissant. A ce moment là je lui confierais la tâche de poursuivre 17h34 et il portera les quelques centaines de photos manquantes lui-même, sans moi, je me contenterais de les regarder de temps à autre, au fur et à mesure de leur mise en ligne. Et je verrais ma vie telle qu'elle aurait pu être (ou telle qu'il croirait qu'elle devrait être, ce qui n'est pas tout à fait la même chose).

samedi 6 décembre 2008

Un an de 17h34

Tout est dans le titre. Voilà un an, depuis cette semaine, que je m'astreins à cette photo quotidienne, devenue une habitude, lorsque mon portable sonne l'heure fétiche de 17h34. Plus de 365 photos plus tard, cela nous fait une bonne petite base de données, des dossiers saturés d'instants fixés par la pupille numérique de mes trois appareils photos successifs (deux portables de mauvaise qualité et enfin, à partir de fin août, un appareil photo digne de ce nom). Chaque photo en ligne sur le mini-site dédié possède une histoire tacite. Chaque photo cristallise un moment, une musique. Parmi cette longue série (toujours en cours), j'ai gardé douze clichés que je reproduis dans ce billet, douze clichés pour autant de mois passés à figer cette minute numérique (cliquez sur chaque photo pour agrandir). Ce ne sont pas forcément les plus belles, ni les plus représentatives, mais simplement celles qui se sont imposées naturellement à moi lors du revisionnage de cette année écoulée. Simplement pour reprendre le but premier de tout le processus : pouvoir s'assurer que ces moments là comptent, qu'ils ont existé, et tous les autres avec.

























samedi 23 février 2008

Épurer-émigrer

Faisons bref : raboter le blog, c'est usant. J'ai bousculé quelques petites choses, concentré quelques autres. J'ai dépoussiéré un peu tout ça, petit ménage de presque-printemps qui s'imposait, me semblait-il. Comme souvent, la plupart des modifications ne sautent pas aux yeux, c'est d'ailleurs pour ça que je prends la peine de les souligner en gribouillant ces quelques lignes.

D'abord, le projet 17h34 déménage : je l'ai rapatrié sous l'hébergement général du blog (la nouvelle adresse est désormais la suivante : http://www.omega-blue.net/17h34/, tout simplement), pour une question de visibilité d'abord (l'autre plateforme était assez moche), et puis aussi parce que l'espace-disque ne manque pas, que PHPnet est d'ordinaire plus stable que Blogsphotos machin, donc, bon, voilà. Au passage, avis à ceux qui s'en servent : n'oubliez pas de mettre vos flux à jour.

Le reste, ça concerne surtout la navigation, avec le retour des Fictions dans le menu de droite, et aussi l'apparition des "Fils" qui sont ici détaillés directement dans le menu. Plus besoin de naviguer entre les pages explicatives pour y avoir accès, du coup.

Petit ménage dans les catégories, également : il y en avait beaucoup, j'en ai supprimé une (peut-être d'autres suivront) : la catégorie "Regard sur" disparaît, désormais toutes les chroniques s'appellent des... chroniques et on ne fait plus de distinction entre les billets généralistes et les billets ciblés.

Voilà pour aujourd'hui. Prochaine étape des mini-travaux sur la V.3.0 : la mise en place d'un système de pagination qui MARCHE, voilà, c'est dit.

vendredi 15 février 2008

J'archive tout

Je n'écris pas. Ochracé terminé depuis plus d'une semaine, Scapulaire en pleine impasse, Coup de tête au repos : je n'écris pas. Impossible de prévoir quoi que ce soit niveau écriture tant que je ne saurais pas de quoi mon quotidien sera fait dans les prochaines semaines à venir. Je fonctionne comme ça. Ne fonctionne pas, en l'occurrence. Et comme je n'écris pas, peut-être pour combler un vide, peut-être pour occuper mes doigts lâchés par habitude sur le clavier, j'archive. J'archive tout.

Je dis j'archive, je devrais dire je numérise. Tout. J'ai récupéré, rassemblé, réunis, tous ces carnets, ces lettres, ces mails, ces peu-importe-ce-que-ça-peut-être. Juste : des traces écrites de ces dernières années. Des mots inscrits comme ça, des fois par hasard, des fois par ennuis. Des conversations écrites sur nos feuilles de lycée. Des engueulades par phrases interposées. Des résidus. Des phrases-témoins. Et tous ces trucs, je les empile, je les classe, je les compile. Je les tape. Numérise. Archive. Voilà ce que je fais depuis ces derniers jours.
Tout est compilé dans le dossier « Journal » qui trône / qui traîne sur mon disque dur. De 1998 à aujourd'hui, dix ans de prise de notes. Parfois incomplètes, parfois idiotes. Souvent lacunaires. Et même : j'aurais pu remonter plus loin, si tous les cahiers, les notes, les feuilles, si tout était encore en ma possession. Le nombre de trucs que j'ai égaré, perdu, oublié, le nombre de trucs que j'ai moi-même détruit sûrement, le nombre de trucs que d'autres personnes ont gardé ; j'aurais du faire des doubles de toutes les lettres que j'ai envoyé. J'aurais du. Mais j'ai pas. Donc tant pis.



Archiver-numériser, ça n'a pas vraiment de but en soi. Peut-être pour pouvoir ensuite se permettre de négliger ces notes/textes/lettres/conversations sur support papier. Mais même pas. Je me vois mal tout balancer, quand même. Simplement, sans doute, bâtir un dossier où tout est réuni. Comme si c'était par ce biais là que ma vie pouvait se matérialiser. Rendre ces dernières années concrètes, matérialisées. Être productif en permanence, voilà mon obsession. Parce que vivre les trucs, ça ne suffit pas si derrière ça ne se cristallise pas ailleurs. Dans ce dossier là.
Le Journal comme squelette de ma mémoire, aussi. Parce que les évènements importants, je les zappe avec une facilité alarmante, parce que je ne me souviens que des détails, que des trucs pas importants. Squelette de ma mémoire mais je ne suis pas dupe pour autant : au moins aussi mensonger que n'importe quoi d'autre.

Dans le tas de souvenirs, des bribes importantes. Des réalités qui transparaissent depuis des tournures de phrase maladroites, des mots isolés, des silences. Surtout des silences. Toutes ces vérités dans tout ce que je ne dis pas, dans tout ce que je contourne, habilement ou non d'ailleurs. Tout ce que je ne nomme pas. Tout ce que je travestis dans l'orthographe, par hasard ou par jeu. (C. pas une fois je l'ai écris correctement)
Dans ce tas de souvenirs, la genèse de mon projet de laboratoire internet, c'est sûr (voir Désordre de Philippe De Jonckheere, énorme révélation). J'ai déjà trouvé le nom. Je fais des essais. Je sais comment ça va s'articuler. Je sais que ce sera privé. Je connais le mot de passe. Je ne sais pas encore comment organiser le jeu de pistes en revanche. On verra. 17h34, le projet, ça fait aussi partie de ce même élan. C'est la même chose.
Dans le tas de souvenirs, il y a aussi tous ceux que j'ai croisé, ou juste effleuré, même, ils y ont laissé leur empreintes. Malgré tout, à la lecture de ces notes beaucoup trop parcellaires à mon goût : le regret de n'avoir pas tout écrit en permanence. Toutes les idées, toutes les pensées, tous les actes. Tout. Pour réellement pouvoir tout archiver. Pour réellement pouvoir bâtir un dossier cohérent. En attendant, je comble les énormes vides avec ces bribes rachitiques, bribes de phrases, bribes de mots, bribes d'instant. Mes notes, radicalement imparfaites, éternellement incomplètes. Le Journal, éponge de tout ce qui est un jour passé par la lettre, squelette émietté de ma mémoire qui, elle, s'en fout.

dimanche 23 décembre 2007

Fac côté tram / Devant Méliès

Passé un mois de décembre plutôt absent niveau relation au monde extérieur, la faute à « Coup de tête » qui m'occupait un peu trop la tête, justement. Alors un coup de fil par ci, quelques mails par là, sûr que c'est pas l'idéal, surtout quand on avait l'habitude de côtoyer certaines personnes tous les jours pendant plusieurs années. Et comme je sais que je coupe très facilement (et sèchement) les ponts avec les autres, et comme je sais que j'ai pas envie que ça arrive avec ces personnes là, ça fait du bien de pouvoir les revoir de temps à autre. Genre (prononcez « jare ») quand je retourne sur Sainté, par exemple.



Alors j'ai vu Virginie, vendredi, parce que j'arrivais l'avant-veille seulement et qu'elle partait le lendemain alors du coup : pas évident de se croiser. Le temps de se voir au Voltaire, notre bar à glande près de la fac, et de passer quelques heures à discuter de tout et de rien, et des clips à la con en fond sonore et visuel et parler de nous et des autres, ce genre de choses. De Nuggets City, de mes écrits, de son mémoire. De films, de bouquins. De mon projet 17h34 qu'elle a dû subir elle-même comme sujet photographié parce qu'il était 17h34 quand on s'est posé.
Et puis Virginie, c'est bizarre, parce que j'ai l'impression qu'on s'est « rapproché » à partir du moment où moi je suis parti de Sainté, en juin dernier. L'impression que c'est une personne à laquelle je tiens et avec qui j'apprécie beaucoup discuter, que ce soit par mail ou devant un verre de Coca Light au Voltaire. De littérature ou d'autre chose. L'impression d'avoir loupé un truc, du coup, de pas avoir su se rapprocher d'elle au(x) moment(s) où je la croisais pourtant régulièrement dans les couloirs de la fac.

Le lendemain, samedi, j'ai retrouvé Nico, en ville, devant le Méliès, pour finalement passer notre aprem là-bas : plus pratique. Le temps de boire un verre au Méliès Café, puis d'aller voir Là nuit nous appartient dans la foulée (pas de chronique pour ce film pourtant sympathique, pour la simple et bonne raison que Léo a déjà écrit une critique qui exprime très bien ce que j'en pense sur Culturopoing), puis retourner au Méliès Café pour manger un morceau, le soir venu.
Nico, c'est un peu l'un de ceux sur lesquels je sais que je peux me reposer si jamais y a besoin. Nico, ça sera le premier que j'appellerais au cas où, et rien à voir (ou si peu) avec le fait que ce soit un numéro gratuit et illimité. Idem pour Elise, d'ailleurs (sauf qu'elle, elle est payante). Sorte de triangle Elise-Nico-Moi sur lequel on pouvait tous mutuellement s'appuyer à l'époque. Triangle éclaté, à présent, puisque que moi à Nuggets City, lui à Sainté et elle à Grenoble, mais triangle quand même. On devrait se retrouver tous les trois cette semaine si tout va bien.
Bref, Nico, disais-je : de quoi discutailler sur son master, sur son Capès qu'il prépare en parallèle (ou bien serait-ce l'inverse ?), sur d'autres que je n'ai pas pu ou ne pourrais pas voir ces jours-ci, sur mes écrits, etc. Du coup : parfois l'impression de répéter des phrases que je disais déjà mot pour mot à Virginie la veille mais quelle importance.

D'ici le 31, date de mon départ : voir Elise et Nico et Laurianne aussi et d'autres peut-être si c'est possible, si on arrive à se croiser.
Dans la semaine : l'habituel marathon familial de ces périodes festives, qui s'annonce cette année anémique. A vérifier.

Bizarre, sinon, de parler à voix haute de personnes dont on sait qu'ils liront ces lignes d'ici quelques heures ou quelques jours ; voilà ce qui arrive quand on n'est pas un habitué du blog introspectif.

mardi 11 décembre 2007

17h34

Après une semaine d'expérimentations secrètes (ça y est, en voilà un billet qui débute bien !) j'ai décidé de révéler au grand jour mon nouveau projet super tendance de bogueur qu'est dans l'coup. En l'occurrence, ça s'appelle 17h34.

17h34, c'est un truc qui me trotte dans la tête depuis quelques temps maintenant mais que j'ai toujours eu la flemme de mettre en place. Aujourd'hui je me prends mon courage à deux mains et voilà, ça y est, c'est en ligne, c'est disponible. Pire, ça marche. Le concept est très simple : chaque jour, à 17h34 très précisément, mon portable sonne et me force (enfin, façon de parler) à prendre une photo : la photo du truc (ou du non truc) que je regardais au moment de la sonnerie. Du coup, ça forme au file des jours un petit agenda pictural de ma vie (parfois trop) quotidienne. Bref, c'est amusant et on verra bien combien de temps je ferai durer le projet. Voilà au passage l'une des photos de ce projet, c'était hier :



Pour consulter le blog dédié au projet, c'est ici que ça se passe. Pour le flux RSS, c'est là. Sinon, le menu de navigation d'Omega Blue comprend désormais une sous catégorie consacrée au projet (en dessous des "Suppléments").