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lundi 22 mars 2010

Liste

- on ferait des listes aussi surtout parce qu'on pourrait pas mieux dire ailleurs ou autrement
- paraît aussi qu'on ferait des listes parce qu'on serait trop épuisé pour faire plus dense
- et peut-être que même en listes ça pourrait simuler semblant de Journal comme on saurait pas trop l'écrire pourtant
- au matin l'avant du train perce sous la brume derrière déboulent hectolitres de lumière qu'on a greffé sous l'astre
- j'essaye en vain de tracer en tête un ersatz de template pour futur site Spip encore en germe(s) mais échoue
- l'idée la plus saine ce serait encore d'en supprimer header pour faire tenir un site sans tête dans l'architecture web
- quand je relis les quelques bribes d'In the city of shy hunters que j'ai pas oubliées je me dis que moi aussi je béguaye des fois et que c'est révélateur de mots qui trouvent pas toujours place pour émerger (« Synchronicity ! I said. Well then, I said, Have you ever, I said, Met a man named Charlie 2 Moons ? »)
- je termine Saphir Antalgos on en parle peu mais c'est pas mal
- je commence Pygmy pour une seule première page une seule première seulement
- j'ai jamais rencontré personne appelé Charlie 2 Moons
- la fin de Coup de tête approche et tenir le compte à rebours en attendant sa fin c'est comme voir disparaître le blog lui-même qui une fois le texte fixé aura plus de raison d'être
- je relirai bien encore un peu d'Amy Hempel citée en ouverture de Pigmy justement pas par nostalgie mais bien à lire comme une béquille pour mieux comprendre comment écrire correctement
- je me décourage pas non je me décourage pas contrairement à ce que j'ai dit à H. sur le ras le bol bouillant du monde je me décourage pas

jeudi 6 août 2009

Could not keep my attention

Outre The Harvest, qui est sans doute l’une des nouvelles (ou macro-fiction) les plus fortes qui soient (lignes intégrales offertes en version originale, suivez mon doigt), d’autres textes de Amy Hempel arrivent à brosser des incipit nets et complets, une véritable incision dans la page. J’apprends beaucoup sur l’art du texte court en lisant ses courtes histoires. L’importance de l’adjectif « net » en fait partie.
On the last night of the marriage, my husband and I went to the ballet. We sat behind a blind man ; his guide dog, in harness, lay beside him in the aisle of the theater. I could not keep my attention on the performance ; instead, I watched the guide dog watch the performance. Throughout the evening, the dog’s head moved, following the dancers across the stage. Every so often the dog would whimper slightly. “Because he can hear high notes we can’t ?” my husband said. “No,” I said, “because he was disappointed in the choregraphy.”

Amy Hempel, The dog of the marriage in The collected stories, Scribner, P.347

dimanche 26 mars 2006

Exercice minimaliste

Il y a un livre que j’affectionne particulièrement. Il est signé Chuck Palahniuk (l’auteur de Fight Club) et il s’appelle Stranger than Fiction (je donne le titre original, non pas par snobisme, mais simplement parce que le titre français est grotesque). Ce livre, qui n’est pas un roman, regroupe en fait beaucoup de petites anecdotes, pensées et tout ce que vous voulez de cet auteur que j’apprécie beaucoup, et pour cause, en plus d’être un « disciple » de Tom Spanbauer (je vous parlerais un jour de cet homme, il a écrit mon livre culte) il est simplement brillant.

Dans le passage qui m’intéressera aujourd’hui (un chapitre nommé Amy, parce qu’il y parle, entre autres, de Amy Hempel, auteur (autrice) éminemment minimaliste), Palahniuk parle du minimaliste et débute comme suit :

Quand vous étudiez le minimalisme dans l’atelier d’écriture de Tom Spanbauer, le premier texte qu’il vous fait lire, c’est The Harvest d’Amy Hempel. Puis vous vous attaquez à Strays de Mark Richard.
Et après ça, vous êtes démoli.
Si vous aimez les livres, si vous aimez bouquiner, c’est une ligne que vous ne devriez jamais franchir.
Je ne plaisante pas.
Parce que dans le cas contraire, ensuite, vous trouvez nuls tous les romans que vous ouvrez. Tous ces pavés à la troisième personne bourrés d’intrigues piquées dans les journaux… Après Amy Hempel, vous économiserez un paquet de temps et de pognon.

Je garde quelques réserves concernant les « pavés à la troisième personne bourrés d’intrigues piquées dans les journaux », ce n’est pas mon genre ni mon but de ne subir l’influence que d’un seul courant, quel qu’il soit. Pas question, donc, de dénigrer d’autres auteurs ou d’autres mouvements sous prétexte que j’apprécie cette démarche minimaliste. Bref.

En relisant ce petit chapitre, et les quelques « instructions minimalistes » (que j’ai, bien sûr, soit accepté, soit ignoré selon mes désirs) j’ai décidé de me livrer à un petit exercice. Je voulais écrire, depuis hier, un petit « fragment » sur le non-dit. Un instantané du non-dit, en fait. Je me suis donc laissé tenter par l’optique d’écrire un premier jet que je remodèlerais par la suite, dans un mouvement de simplification (peut-on parler de minimalisme dans ce cas précis, à vrai dire je n’en sais rien, mais ce n’est pas vraiment ça qui importe). J’ai donc écrit quatre versions du même texte (qui fait moins d’une page). Ou en fait non, j’ai écrit une version qui s’est par la suite vu amélioré trois fois. Je suis donc toujours resté sur la base de mon premier jet puisque, de toute façon, il n’y a que comme ça que j’arrive à quelque chose (je vous parlerais un jour, peut être, de mon attachement au premier jet). Voici donc les résultats :

Non-dit, première version.
Non-dit, deuxième version.
Non-dit, troisième version.
Non-dit, quatrième version (définitive).

Ce petit exercice est assez révélateur de la façon dont j’écris. Le premier jet constitue une sorte de grosse statue obèse, que j’affine au fur et à mesure jusqu’à en arriver à la forme voulue, plus fine, plus mince. Maintenant, je ne respecte pas toutes les règles du minimalisme dont parle Palahniuk dans son chapitre. J’ai essayé, une fois, de me lancer dans un projet de ce type, projet qui n’a abouti sur rien car, si le texte en lui-même me satisfaisait je savais pertinemment qu’il s’agissait d’un « texte à la manière de » (en l’occurrence, à la manière de Tom Spanbauer) et ce genre d’entreprise ne m’intéresse pas. J’ai donc pris ce que je voulais dans ces règles et j’ai laissé le reste. J’ai complété le tout par mes propres envies, mes propres idées, sans quoi je ne ferais jamais rien de réellement satisfaisant. Tout ça pour dire qu’en fait, le titre de ce billet est trompeur… Mais peu importe, n’hésitez pas à commenter cette évolution (plus ou moins bien réussie d’ailleurs) de ce petit « fragment ».