Me suis bien occupé de la p'tite, te la rends (j'espère) en bon état. Nous sommes trouvés 14h55 gare de Lyon sous les destinations, numéros de trains, numéros de quais, entre palmiers. Ensuite avons remonté boulevard Diderot et avenue Philippe Auguste jusqu'au Père Lachaise. N'avons pas vraiment vu les tombes connues mais n'avons pas cherché. À un moment vue de Paris depuis sommet, tombes et caveaux contre-plongé, la même que F. et moi et H. avions fixé plusieurs minutes il y a quelques années, mêmes arbres février, même gris du ciel et silence capitonné.
Nous avons marché plus de cent mètres, sommes à présent lessivés. Passé 17h enfermés dans un bar, retour Châtelet, au Diable des Lombards, proche Beaubourg, parlé de toi aussi un petit peu, mais pas trop. D'après E. les chiottes du Diable sont psychédéliques mais n'ai pas vérifié moi-même. Ai pris plusieurs photos de la petite, séance lumière tamisée mais visage toujours gommé-flou par ailleurs et aspiré derrière, rarement visible (vois par toi-même). Derrière nous couple d'étudiants première année philo qui dissertait concepts entre deux bières puis s'échangeait entre eux des vignettes dinosaures (« pas juste, tu m'as filé tous les herbivores »). E. s'est moquée d'eux et moi aussi un peu.
Ensuite séparés 18h10, elle devrait te revenir dans le courant de la soirée. Prends bien soin d'elle.
Merci encore pour Psychose, hier.
À bientôt,
Guillaume
PS : E., j'ai vérifié dans le train ma série photos pour 17h34 du jour, navré de t'apprendre qu'une seule a prise, les autres buguées indéchiffrables, celle où tu grimaces avec les dents. Elle sera mise en ligne dimanche prochain, pensais qu'il valait mieux t'avertir.
Écrit sur un coin de table, avant de l'oublier. Coup de tête partie III, un peu plus loin que cette page 8 qui depuis dix jours n'a pas avancé. Je préfère écrire en suivant la chronologie mais cet instant s'est présenté le premier, je respecte. J'ai pris note et construis premier jet cet ersatz de page. La montée vers les cimes, dans la troisième partie, est calqué sur le rythme de la chanson 505 des Arctic Monkeys. Ce passage là, ce passage précisément, correspondrait plutôt au zéro.
Trop de pas stoppés nets dans la poussière de l'effort. Mes Van's traînées par terre découpent un je sais pas quoi dans la pente fumée derrière. Silence-douleur trop dur à digérer, je respire ou j'essaye. Coup d'œil derrière l'épaule pour voir ce qui s'étend, le chemin parcouru. Silence lourd dans les mâchoires et yeux plissés : moi, je me dis, je me dis en voyant ça, je voulais juste, je voulais juste. Mais ma phrase, je sais pas pourquoi, devant la pente censée se trouver derrière, je la termine pas. Je la soulève juste et elle se laisse défaire comme si c'était, comme si c'était pas si important que|
Ma main, la gauche, fondue dans ma hanche comme si ça pouvait m'aider à me tenir, mon dos quatre-vingt-dix degrés contre mon ombre que je vois par terre avec le reste. Je vois aussi celles, découpées-brèves dans la poussière, des cimes portées au sol qu'on voit à peine et qu'on subit.
Je sens doucement le sang noir me descendre à la tête. Je me sens plus lourd, je constate, plus lourd qu'en bas des pistes, plus lourd que ces jours d'avant où le vide était plus fort. Je respire par saccade entre les décharges régulières de ma main, main droite, qui s'étendent depuis coudes, épaules et retombent par dessus clavicules et poumons jusqu'au ventre. Estomac déformé qui tremble sous la peau, d'autres aiguilles avalées se répandent par le nombril pour gagner plus haut jusqu'aux côtes et thorax. Je pourrais compter les lancés qui se croisent, je pourrais analyser la rencontre de ces deux couleurs vives et différentes mais je m'abstiens. Je reste là, plié en deux sous les décharges et aiguilles croisées, à attendre que ça passe ou que les jambes reprennent, d'elles-mêmes, l'ascension sous la poussière. Bientôt les décharges côté droit et anguilles sous l'estomac se rejoignent et projettent ensemble les mêmes vagues sous la peau. Chaque pulsation, du poignet jusqu'à la hanche provoque aiguë une pression qui lacère. Chaque pulsation me ramène à ma faim, mes manques. Je lève la tête quand mon œil se défait sous mon sang : je fais semblant de reprendre de fausses respirations. Le sommet est en vue, plus loin, plus haut, derrière les ombres et téléphériques mais qu'est-ce que ça peut faire ? C'est pas l'envers du décors que je pourrais trouver ici, je me dis. L'envers, l'envers, l'envers, toujours l'envers, que ce putain de mot à la|
L'envers du pire ou du reste, au mieux il me fera tomber plus vite, je me dis, mais sur le même versant, autre solstice, même matin. Nouveau silence. C'est comme ça, on n'y peut|
Cinq secondes de plus à y croire et à me le répéter et je dévale la pente et j'oublie le reste. Je compte un, deux, trois. Cinq secondes, c'est plus long quand on tient.
Au boulot l'étau se resserre, ils savent déjà que je n'ai pas de compte Facebook (ne suis pas censé en avoir), mais ils sont sur mes traces : ils me poursuivent en imper-ouvert et filets à papillon brandis derrière. Je suis devant (mais si peu), je les fuis vite (comme je peux), on sait où tout ça mène. Entre-temps d'autres esquisses croquées entre deux rails, c'est le douzième volet sur fond de if you were there, etc :
fringué survet tête-aux-pieds, cheveux lissés-laqués des tempes aux joues, yeux bleus fixés et barbe bleue figée sous l'épiderme : un moment se dissipe en arrière et se laisse emporter par le flux des autres corps
bouche-énergumène, il avale ses croissants à la pelle, mastique sans miettes et bloque en gorge avant d'aspirer la chair : mastique-mastique-déglutition, l'épaule toute contre, et les odeurs factices de huit heures à peine
pris en flag il pisse ou se branle sur mosaïque quai quatre deuxième sous-sol : son regard éclaté attrapé par la foule sur trente-six écrans géants trop successifs
porte-à-porte midi-à-deux : bonjour-bonjour, à-votre-service, photo-ci-jointe en noir-sur-jaune, ici-cv et parenthèse : Peintre, dit-il, non fumeur et très propre
teigneux tiré dans les épaules, t-shirt serré-pectoral, mention Prettiest Star sur l'abdomen, veines saillantes et ce strabisme sur les paupières
Comprendre quelle meilleure fin correspondrait le mieux pour la première partie de Coup de tête : quoi dire, quoi garder hors texte. Celle-ci déjà amputée de son dernier jour originel lors de la refonte au printemps dernier et l'écriture de la troisième version. A présent choisir précisément sur quels mots s'arrêter.
Ce chapitre se termine sèchement sur un fantasme avorté. On glisse ensuite du présent au futur anticipé, lorsque le narrateur s'adresse directement à Ajay, destinataire muet de l'ensemble du texte. Puis deux solutions possible : achever la page sur une supplication à Ajay à transformer ses fantasmes en réalité (Dis-moi juste qu'on est pas obligé et je te croirais. C'est tout ce que je demande.) ou bien compréhension tacite de la diversité des mondes (Peut-être que tout ce qu'on fait pas ou qu'on dit pas, en vrai ça se glisse vers un monde parallèle pour exister là-bas en décalé. Un monde juste à côté du nôtre, un monde dont j'aurais paumé la clé. ) ? Ou bien un mélange des deux (Peut-être que tout ce qu'on fait pas ou qu'on dit pas, en vrai ça se glisse vers un monde parallèle pour exister là-bas en décalé. Un monde juste à côté du nôtre, un monde dont j'aurais paumé la clé. Dis-moi que ce genre de trucs c'est possible, dis le moi juste et je te croirais. C'est tout ce que je te demande) ? A voir, suivant l'impression que l'on veut laisser ou pas, l'arrière goût qu'on veut fixer sous la langue du lecteur. Un arrière goût amère, résolument cruel pour le narrateur, la partie suivante, une fois l'ellipse enjambée, tranchant sec dans la continuité de la première intrigue.
Cette fin de première partie a déjà été réécrite de nombreuses fois. Souvent différente, mais toujours marquée par l'immense déception du narrateur a n'avoir pas pu se rapprocher des corps qu'il a brièvement frôlés. L'idée, c'est celle d'un échec cuisant qui le pousse (une nouvelle fois) à la fuite. L'idée, c'est encore de ne voir que ce qui n'existe pas pour finalement rater l'instant, l'instant réel où l'on aurait pu, où l'on aurait du pouvoir influencer l'écoulement naturel des choses. Cette fin de première partie, c'est un échec de plus de vivre dans son propre corps, et sa main, sa main droite, qui n'en finit pas de se défaire de lui, de le fuir à son tour.
Après deux ans et demi de travail sur ce texte c'est en tout trois versions différentes dont j'ai gardé la trace pour cette fin de chapitre (je ne parle pas de fin de première partie cette fois, puisque les premières versions comptaient un jour de plus avant de migrer vers la partie II). Le sens a évolué au fil des mois, des réécritures, et la recomposition progressive de ce passage dévoile un mouvement général intéressant : plus je réécris cet épisode, et plus je l'aiguise vis à vis du narrateur, moins je lui accorde ce qu'il souhaite obtenir, plus je le tourmente.
Et tout ça n’arrive pas qu’en moi.
Alors j’oublie tout de suite ma main, ma main droite.
Silence.
Et j’oublie tout le reste. (Version 0 et 1)
Et moi à un bon mètre de lui. Glacé dans la nuit Canicule.
Silence.
Et dans ma tête : rends-moi service, Nil, et pète moi le nez. Rends-moi service et étrangle-moi. Maintenant.
Silence.
Et ma main, ma main droite, solidement engluée entre mes reins.
Silence.
Et seul au milieu de la ville en ruines, ma peau sèche et mon œil mort, lentement je me rhabille. Et plus rien n'a de sens. (Version 2)
A la relecture de cette fin tracée pour la version 2, je me souviens d'avoir oublié la phrase rends-moi service et pète moi le nez, directement empruntée à l'album Favourite Worst Nightmare des Arctic Monkeys, phrase qui trouverait parfaitement sa place dans la version actuellement en cours d'écriture. Comme quoi ce genre de billet, malgré l'agencement chaotique des phrases qui n'ont peut-être pas beaucoup de sens pour ceux qui n'auraient pas mon texte sous le nez, m'est terriblement utile. Je peux prendre ce bon mètre de recul qui m'est indispensable. Voir qu'il n'y avait pas que du mauvais dans les étapes précédentes de l'écriture. Et comprendre que cette fin de première partie est bien fixée : Dis-moi que ce genre de trucs c'est possible, dis le moi juste et je te croirais. C'est tout ce que je te demande. Le reste n'a pas besoin d'être dit (bien au contraire).
De nouveau sur « Coup de tête » depuis cette semaine (il était temps), je me suis mis dans l'idée de plaquer contre les pages du blog ce planning tacite et autoritaire qui me soumet et me contrôle durant ces phases d'écriture pure (pure, oui) ; ce planning qui dans ma tête fait grossir l'impératif catégorique au rang de couteau sous la gorge. Je n'exagère qu'à peine. Bref, un planning qui grosso modo ressemble à ça (ça peut varier d'une heure, en plus ou en moins, ça peut se décaler, ça peut être bousculé par quelque imprévu surnaturel, comme par exemple aller faire les courses, (et oui)) et que je poste quand même, bien que ça ne serve probablement pas à grand chose et malgré les plagiats de certains qui me piquent mes idées avant même que je les applique (dingue ça !)...
7h30 : Trouver la force de se détacher brusquement de l'oreiller et de son attraction naturelle et se mettre sur ses deux jambes et se lever. Premier geste de la journée : gratouiller M. Lapin entre les noreilles. Deuxième geste de la journée : allumer l'ordi. 7h30 – 8h30 : Déjeuner en silence ou bien sur fond de France Inter, la tête dans l'écran de l'ordi, à parcourir les nouveautés et les actualités du Netvibes et de ses flux. Vérifier, lire et éventuellement répondre aux mails. Vider la file de modération de Spamplemousse, aussi (et ça prend du temps !). 8h30 – 9h : Douche avec France Infos qui résonne dans la salle de bain jusqu'à ce que l'eau chaude devienne bouillante puis froide. Râler parce que y a plus d'eau chaude, avec France Infos qui résonne toujours dans la salle de bain, mais un peu moins fort. 9h – 10h : Lire, avec cahier bleu (anciennement vert) à portée de main, et de stylo. 10h – 12h : Écrire (premier tiers).
12h – 13h : Manger, parler, souffler : coucou, salut, comment c'est passé ta journée, tout ça, tout ça. Et toi ? Oh, la même chose qu'hier et avant-hier, à la minute prêt. Variante éventuelle, si je mange tout seul : je Friends. 13h – 13h30/14h : Lire, avec cahier bleu toujours à portée de main. 13h30/14h – 15h30 : Écrire (deuxième tiers).
15h30 – 17h : Pause. Pause voulant dire, la plupart du temps, des corvées déguisées : vaisselle avec Arctic Monkeys dans les oreilles, repassage en regardant Friends et puis grignoter, aussi, éventuellement. 17h – 19h : Écrire (troisième tiers).
19h – 21h30 : Souffler un peu (ras le bol, en général) : écrire des billets potentiels pour le blog, si le temps le permet. Manger, encore (mais pas trop, ceux qui me connaissent savent), un Family Guy, deux quand vraiment on peut pas s'en empêcher, lire un peu plus pourquoi pas et puis la série en cours (X-Files, en l'occurrence). 21h30 – 22h30 : Relire, corriger et arranger le travail de la journée. Après 22h30 : Souffler pour de bon, reprendre un bouquin si j'en ai encore le courage, brancher la play ou MSN sinon (et encore : j'ai même pas dépassé le tiers de Chrono Cross depuis que je m'y suis remis !). Et puis enfin : aller dormir, quand tout est fini. Derniers gestes de la journée : éteindre l'ordi et gratouiller M. Lapin entre les noreilles ?
Voilà à peu près le planning draconien que je m'impose pendant ces phases là (ça s'est imposé pour la première fois il y a trois ans, pour mon roman foiré « Point d'interrogations », je reproduis depuis ce schéma qui fonctionne). Bien sûr, il y a des variantes, des changements intempestifs, des jours plus forts et d'autres moins productifs. Mais grosso modo, à une heure près, c'est ça. Et la règle de trois (d'où les « tiers » d'écriture) qu'on s'impose en même temps, plus ou moins sans le savoir : trois moments dans la journée pour écrire, trois pages par « moment », neuf pages à l'arrivée (entre sept et douze, en réalité). Et trois moments pour lire, également, trois fois trente pages, grosso modo (moins si c'est Proust, plus si c'est un bouquin Actes Sud). En général : ce rythme là, je le tiens trois semaines, un mois, grand maximum. On verra pour cette fois là. Sans ça, évidemment, sans ce programme tacite que chaque jour je m'impose sans y penser et en ne pensant qu'à ça, je ne produis rien. Indispensable, par conséquent.
Note : aujourd'hui, journée off, en revanche. Trucs à faire en parallèle (préparer les destinations futures, par exemple), et puis des recherches à produire, pour « Coup de tête », encore, et qui manquent à l'appel. Dès demain : s'y remettre.
Quand j'ai entendu ici ou là qu'Arctic Monkeys, c'était le groupe qui claque et qu'il fallait écouter sous peine de louper une révolution musicale à la White Stripes ou Libertines, j'ai allégrement pris la tangente et j'ai, pour le coup, loupé le phénomène (il faut dire que je n'aime ni les White Stripes, ni les Libertines). Une petite écoute de leur précédent album (dont j'ai déjà oublié le nom) m'aura suffi : je n'ai pas accroché et je n'ai pas cherché à accrocher. Quelle ne fut donc pas ma surprise lorsque, il y a une dizaine de jours environ, je me suis retrouver à triper (ouais, carrément, « triper ») sur le premier single de leur dernier album (le deuxième si j'ai bien compris) en live à Taratata et quelle ne fut pas ma surprise à l'écoute de ce Favourite Worst Nightmare : eh oui, j'ai aimé. Donc en fait, Arctic Monkeys, j'y connais pas grand chose, mais tant pis, je vais quand même disserter sur le sujet, le temps de cinq ou six milles signes, as usual...
Bon alors, partons d'entrée sur le single et piste inaugurale de l'album, j'ai nommé « Brianstorm » (attention : jeu de mot), puisque c'est bien celle-là qui m'a fait entrer dans l'esthétique arctique. Superbe morceau pop/rock de trois minutes, parfaitement calibré pour toucher les amateurs de sensations purement physiques, car cette chanson-là est sans doute ce que j'ai entendu de plus frénétique depuis longtemps (et pourtant, Dieu sait que ça ne veut pas dire grand chose, « frénétique », en musique). Car « Brainstorm » n'est pas seulement bruyante, elle est également superbement bien agencée, avec plusieurs tronçons successifs de furie musicale juvénile (la moyenne d'âge du groupe, c'est à peine plus de la vingtaine si les informations de Nagui sont correctes... sic...). Mais ce qui impressionne le plus, ce qui décalque véritablement la gueule quand on l'écoute à un volume bien boosté dans les couloirs de la fac c'est le génial jeu rythmique. Je ne connais pas le nom du batteur (pas plus que ceux des autres membres du groupe d'ailleurs) mais alors putain, on peut dire que ça fait son petit effet, le couplet uniquement accompagné de batterie, principalement. Bref, Favourite Worst Nightmare mérite d'être écouté, ne serait-ce qu'uniquement pour cette chanson.
Mais ça ne s'arrête pas là, ce serait trop facile. Car toutes les éloges que je viens d'annoncer pour « Brianstorm » valent pour la majorité des pistes de l'album. Ou, en tout cas, ces éloges valent pour toutes les pistes intéressantes de l'album.
C'est par exemple le cas de « Balaclava », servie par un super refrain instrumental et survitaminé. Là encore, la batterie est géniale (« jouissive » diraient les forumeurs adorateurs d'un japonais moustachu, private joke inside) et structure une chanson à la fois très pop et mélodique mais qui ne se prive pas de sortir de ses gonds et démonter un peu l'ambiance gentillette qu'elle dégage parfois. Idem pour « Teddy Picker », piste numéro 2 au débit entraînant et dont l'amputation finale révèle toute la richesse.
Avec « Do Me a Favor », on touche un genre certainement plus mélodique, on est probablement plus dans l'idée d'une chanson pop parfois un peu sirupeuse, mais le rythme est superbement mené, avec, encore une fois, une base rythmique très bonne (et probablement, parce que je n'y connais rien, très bien mixée). La chanson se met peu à peu en route, montant crescendo jusqu'aux premiers refrains aux paroles un peu gnan-gnan mais efficaces, le tout bien porté par la voix du chanteur un peu moins nasillarde que d'ordinaire. L'apogée finale, qui marque aussi celle du crescendo structurant, rejoint un peu celle de « Brianstorm » dans la puissance qu'elle dégage.
Avec « Old Yellow Bricks », on a une chanson très efficace, quoi que lorgnant certainement du côté des Libertines (ou les White Stripes, j'arrête pas de les confondre), mais peu importe, quel punch dans les couplets inauguraux et quelle batterie (encore) qui sonne parfois comme les rythmes techno-pop de With Teeth (mon album préféré de Nine Inch Nails – au passage, laissez-moi vous annoncer un billet sur le dernier album de NIN à venir pour tout bientôt !).
Niveau rythmique, le must est quand même atteint avec « If You Were There, Beware », dont l'intro saccadée au possible donne une bonne idée de ce qu'est, par effet de miroir intéressant, la fin de la piste. Morceau le plus long de l'album, c'est aussi, pour moi, le plus travaillé. Avec une rythmique permanente quoique discrète, une montée progressive de la tension musicale, des directions souvent inattendues avec changement de rythmes et des ruptures mélodiques déconcertantes mais, là encore, qui se terminent sur une apogée finale sublime : tous les instruments utilisés ensemble pour exprimer une furie commune synthétisé par le martellement saccadé de la batterie. Waw, comme on dit. Le tout s'organise finalement en effet de miroir, orchestré par la double phrase centrale
« If I'd have known then I wouldn't have said/
I wouldn't have said it if I would have known », centrale réplique, également, des paroles de la chanson. Ce morceau je vous le mets d'ailleurs volontiers en écoute libre dans la Oblue Radio, je vous encourage donc à l'écouter.
Très bon album, donc et très bonne surprise pour moi qui étais un peu récalcitrant à la base. Je suivrais donc volontiers l'évolution et les fluctuations à venir de ce groupe qui marque, dit-on, un tournant générationel (comme toujours), et je ne me priverai pas de réécouter leur précédente production, peut-être jetée à la corbeille trop rapidement...
Au passage, plutôt que de vous proposer le clip de « Brianstorm », voici la version live enregistrée pour Taratata. Pourquoi ? Et d'une parce que je ne suis pas fan du clip, et de deux parce que je préfère la version live à la version album. Enjoy !
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