Mes trucs




Fictions du bord de l'oeil /
17h34 |
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mercredi 3 mars 2010
Par Guillaume Vissac le mercredi 3 mars 2010, 20:07 - Journal
lundi 22 février 2010
Par Guillaume Vissac le lundi 22 février 2010, 19:19 - Journal
Réveillé 4h30 par ce qu'on peut appeler une rupture de sommeil : d'un coup les yeux ouverts, d'un coup blanc dans la tête, d'un coup pulsé dans les épaules comme endorphines, endorphines convulsées. Je tourne ensuite et tourne encore : éventre des rêves agressifs dans lesquels je me frotte, épines et os pointus, contre la peau des autres mais ça ne passe pas. Levé 6h30. Averse. Trop chaud et dix degrés déjà. Clodo (jeune) me dit bouge-toi, me faut 10 000€. Clodo (vieux) me demande 50 centimes. RER : wagon ouvert, une odeur de cadavre et d'alcool. Regards croisés des uns contre les autres, on tente d'identifier la source : qui c'est qui pue comme ça ? J'ai mes favoris. J'ai mon tiercé quinté gagnant. Je les vois déjà classés ligne d'arrivée. J'ouvre Mangez-moi (Marina Damestoy). Je me dis l'odeur c'est fait pour aller avec le livre, c'est un livre en odorama. J'ai du mal à me concentrer. Une vieille débarque, gare de C., tartine un mouchoir de parfum plastique quelle se colle dans les narines pour sentir mieux. L'odeur plastique recouvre les sièges. Quelle odeur est la pire ? Bifurque premier étage, balcon sur puanteur, assaut de mp3 crépité, conversations insipides. Je peux plus lire. Quelle nuisance est la pire ? Douleur fixée tempe gauche que les nerfs alimentent : c'est optique : c'est viscéral. Des lapins morts défilent derrière mes yeux. Wagon arrière, voix mexicaine, commentateur de catch, El Pollo Loco s'élance, écrase des mâchoires et hurle à la victoire. Maintenant il chante. J'entends des voix ? Je lance Hallo Spaceboy version Live in Dublin pour enfoncer marteau-piqueur ma migraine sous le crâne. Ça marche : elle se fige au soleil. J'entends des voix.jeudi 18 février 2010
Par Guillaume Vissac le jeudi 18 février 2010, 20:08 - Fictions
mardi 9 février 2010
Par Guillaume Vissac le mardi 9 février 2010, 21:36 - Journal
dimanche 7 février 2010
Par Guillaume Vissac le dimanche 7 février 2010, 20:53 - Journal
mardi 22 décembre 2009
Par Guillaume Vissac le mardi 22 décembre 2009, 16:19 - Journal
Je me sens parfois comme Jim Carrey sur Saratoga Avenue (Eternal Sunshine of the Spotless Mind) : coupé du monde. Je suis là sans y être, il y a un film opaque entre moi et le reste. On voit flou dedans, on voit mal. On comprend rien.Mes obsessions sont le deuil et l'amputation, mais je ne sais pas encore ce qui me manque, ni dans un cas ni dans l'autre. Voilà l'objet de mes recherches.
David Menear, Journal des sens Vol 1 (fragment non daté, simplement identifié comme « Un jour »).

samedi 7 novembre 2009
Par Guillaume Vissac le samedi 7 novembre 2009, 16:23 - Fictions
UN.
Toujours non identifiés, les miasmes continuent de se propager. Chaque jour de nouveaux cas recensés dans les villes et provinces, chaque jour de nouveaux symptômes indétectables qui rendent difficile l'élaboration d'une classification précise et exhaustive des agents infectieux actuellement à l'oeuvre dans les populations.
DEUX.
Les recherches menées sur le terrain pour l'identification des miasmes n'ont pour l'heure apporté aucune réponse précise sur ces épidémies, leurs symptômes, ou leur traitement possible.
TROIS.
Les miasmes progressent malgré la prévention. Qui peut savoir comment ceux-ci se propagent est un menteur. Liste des cas de transmissions recensés, à ce jour : par contact de la peau, des muqueuses, frôlements, postillons, haleines, regards, pensées. Tout existe, tout mouvement est désormais susceptible de porter en lui les germes dégénérescents présents et à venir.
QUATRE.
Ne pas céder à la panique. Eviter les rassemblements de corps interdits. La parole orale est prohibée. Les contacts autorisés, sous réserve de plastification des peaux. Les grossesses actuellement en cours doivent être désamorcées jusqu'à nouvel ordre.
CINQ.
La parole orale est prohibée.
SIX.
Paradoxe, injustice. Personne ne peut vivre sans mot. Viendra le jour où le prochain mot, éclat de gorge, soupir, sera soufflé à nouveau sur les autres. Ce jour-là anéantira des mois de mutisme. Prévision : les parlants seront traqués, chassés et exécutés par les masses silencieuses.
SEPT.
Est-ce une vie pour nous autres habitants de ces ruines ?
HUIT.
Colère, révolte : pourquoi se plier à la fatalité du silence ? Pourquoi aucune solution n'a encore été inventée ?
NEUF.
Réponse, soulagement : ces solutions existent. La synthèse vocale, doublée d'une totale et sécurisante plastification des peaux, nous permet déjà de pouvoir briser notre silence, de rassembler à nouveau nos corps et nos âmes.
DIX.
Soulagement : ces solutions existent. Nouveaux artefacts de synthèse vocale vendus et manufacturés exclusivement par les lycanthropes dans votre ville.
ONZE.
Ces solutions existent. Nouveaux artefacts de synthèse vocale disponibles dès à présent au nouveau Forum des Trocs, place Carrée souterraine. Stock limité ! Prix à débattre ! Venez nombreux !
Ceci est un message du comité général de lutte contre la contagion des masses et la propagation sinistre des maladies infectieuses.lundi 19 octobre 2009
Par Guillaume Vissac le lundi 19 octobre 2009, 22:34 - Journal
J'ai manqué une marche, escaliers Gare de Lyon, pris le rebord sec sur genou droit : la marque de la marche est restée imprimée sur la peau. Une seconde arrêté le temps de me dire : putain de merde, temps de me demander : est-ce que quelqu'un m'a vu ? je suis remonté sur une jambe, me suis traîné jusqu'à la ligne 14. N'ai pas pu faire une station, me suis retenu de vomir sur les gens autour, ai dit pardon à ceux qui bouchaient la porte, un pardon que j'ai vu prononcé mais pas entendu, les visages autour ont viré flou et je suis tombé contre l'armoire électrique près du wagon de tête. J'ai pensé entre deux souffles : j'étais sûr que je tomberai quelque part et aussi : au moins j'ai pas bloqué le métro (c'était une peur primaire). Deux ombres sans tête m'ont demandé : vous voulez qu'on appelle les secours et j'ai dit oui. Un type est arrivé, m'a demandé qu'est-ce qui s'est passé ? et j'ai raconté. Allongé par terre dans un courant d'air devant les portes du métro je voyais rien, je voyais à peine la tête du type penché sur moi à qui je parlais, je voyais le néon plaqué plafond par dessus moi, me suis dit pendant dix minutes : cette photo là tu devrais la prendre, mais l'ai pas prise, de peur que l'autre penché sur moi me dise : mais qu'est-ce que vous foutez ? Le type penché sur moi m'a demandé vous avez froid ? et j'ai dit oui parce que c'était vrai. Il a sorti la couverture allu et attendu à côté de moi que les pompiers arrivent. J'ai attendu avec lui en silence, en me disant : il doit penser que je n'ai aucune conversation et il aurait raison. Sur la droite j'aurais pu compter le nombre de métros entrants, portes ouvertes, corps vidés, échangés, portes fermées, métros sortants : au moins dix, au moins quinze, ce qui me donne vaguement une idée du temps qui passe. Le type penché sur moi m'a dit : vous êtes très pâle quand même, et je lui ai dit non, ça c'est normal.dimanche 4 octobre 2009
Par Guillaume Vissac le dimanche 4 octobre 2009, 20:42 - Journal
Croquis #15Je compte ensuite le nombre de clavicules visibles malgré les degrés en moins et le vent soufflé entre les rues. Peau découverte sous le nombril, entre les reins, lorsqu'ils passent le bras par dessus l'épaule. Poitrine ouverte, t-shirt plaqué lin bien découpé, forme des hanches, masculin-féminin entre les ombres. Souvent ils traversent juste, ne restent pas. Moi même, je ne reste pas. Rentrer tôt pour avoir la possibilité d'écrire et ne rien en faire, rentrer tôt le soleil encore ambivalent par dessus les wagons dans le train du retour. J'y reprends Volodine. Demain nuit blanche.
terrasse Haagen Dazs rue de S., cocottes bobo, carafe Ricard : ''je suis pas raciste, mais''
lundi 10 août 2009
Par Guillaume Vissac le lundi 10 août 2009, 22:28 - Journal
jeudi 23 juillet 2009
Par Guillaume Vissac le jeudi 23 juillet 2009, 20:24 - Journal
lundi 15 juin 2009
Par Guillaume Vissac le lundi 15 juin 2009, 19:56 - Journal
Le marque-page improvisé des Carnets de bord de Guyotat s'est renversé, face contre moi, les inscriptions tapées à l'encre sur le ticket ont défilées comme des lignes de codes incohérentes. Suffit de décoder la chose pour revenir en arrière : mon marque-page improvisé est un ticket de tram marqué 2008 d'il y a un an au Mans.mercredi 10 juin 2009
Par Guillaume Vissac le mercredi 10 juin 2009, 19:06 - Journal
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