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mercredi 15 avril 2009

Iris pleine face

...si le film de mon quinze avril devait être joué-forcé, ce serait un orage de nuit d'abord grêlé depuis les toits et noircis tout autour de la fenêtre ; et la main de derrière qui arrache mon sac puis s'enfuit à l'envers de l'escalator dans mon dos (voleur immobile à jamais piégé par sa fuite) ; et la voix crachée-pleurée de cette femme dans le combiné du téléphone qui dit hystérique c'est impossible vous devez faire quelque chose vous êtes obligé d'arranger les choses obligé si vous réparez pas tout je vous jure je suis dans un grand magasin maintenant je suis seule dans un grand magasin je vous jure si vous ne faites pas je suis dans un grand magasin il y a un balcon devant moi j'avance je vous jure si vous ne changez pas les choses je vous jure il y a un balcon dans le grand magasin et je saute je saute oui je vous jure que je saute ; et la voix lourde et sèche dans ce même combiné qui dit il faut que vous enleviez la mention du coloris dans la facture c'est impératif c'est pour la compta c'est genre super important ; et un poil de cul oublié dans mon Bo-bun du midi ; et la voix grasse et lente dans ce même combiné qui dit je voulais juste que vous sachiez que j'ai porté plainte contre vous votre entreprise pour la saloperie que vous m'avez refilé et tout le fric le pognon que vous m'avez piqué sur ma carte bleue ; et des heures sup qu'on fait gratos pour le plaisir de faire des heures sup gratos ; et Alex Krycek boursouflé à l'envers du wagon de retour ; et un homme sa main tranchée rouge tranquillement mise dans un sac plastique blanc comme un gigot ; et un homme qui crache des litres de morve sur la porte fermée du RER, ses lunettes de soleil bien larges sur le front ; et le conducteur qui dit arrêtez de cracher sur les portes pendant qu'on roule merci ; et tous les trucs qu'on voit, on constate, même plus œil banal en bordure mais iris pleine face carrément, tellement qu'on fait plus la différence ; et la voix d'une femme qui chanterait California killed me et qui se chargerait de la bande-son du truc, un peu quinée derrière le reste pendant la projection...

lundi 19 janvier 2009

Rythmes

...depuis mon premier jour de boulot je crains qu'on me dise, qu'on me propose, qu'on me sonde, qu'on vérifie auprès de moi, qu'on tâte le terrain, qu'on se faufile, qu'on essaie de voir si, qu'on me fasse comprendre, qu'on me demande, qu'on m'exige, qu'on me pose des conditions, qu'on me sorte des impossibilités de ou des nous ne nous sommes pas compris sur ; la peur d'une chose : devoir passer à temps plein ; depuis le début je l'ai senti venir, et d'une parce que le boulot est là, et de deux parce que j'ai l'impression (l'impression) de le faire comme il faut ; mais depuis le début aucune solution alternative, aucune entente cordiale qui arrangerait tout le monde, simplement des contraintes et des contraintes encore ; et mercredi dernier mon responsable qui me demande si ça me dirait de faire des heures sup' ; réponse : non-pas-du-tout ; mais nuancer la chose, puisque dans un futur proche il se pourrait que, il faudrait que nous puissions, il serait préférable que, ce ne serait pas impossible de, il serait appréciable qu'en fait ; et même moi de mon côté, savoir que dans ce même futur proche, ce serait bien d'avoir un peu plus, un peu plus qu'un demi-salaire smiqué, qu'il faudra réfléchir, faire des concessions, des jolies concessions la-la-la ; mais le passage à temps plein me fait freiner des quatre fers à la fois ; la seule question du temps de cerveau disponible en ligne de mire : quand écrire et surtout comment ? une fois passé à temps plein (boulot), c'est à dire à temps broyé (travail) ; question de timing : cette accroche se produit la semaine où je commence enfin à apprécier mon rythme alterné : trois jours boulots, trois jours travail, un jour baisser le pied ; de cette façon, je ne me crame pas la tête à répéter les mêmes opérations cinq jours de suite (commandes, téléphone, chat, e-mail, commandes) et je ne me zombifie pas non plus à force d'enfermement à l'intérieur de ma tête ; l'équilibre est là, reposant ; alors un jour de boulot en plus, pourquoi pas, c'est à l'étude (mon jour baisser le pied baisé par conséquent), mais le passage à temps plein, plein trop-plein, ce sera plus délicat ; je ne suis pas Kafka, je ne sais pas écrire la nuit...

mardi 13 janvier 2009

Sashimi

...deux aubes de suite (six heures trente-trois moins dix, c'est l'aube) le brouillard se lève sur un ciel-hématome, et le temps de descendre et de traverser un bout d'Essonne derrière vitres-buées, le voir virer rose, devenu cieux-sashimi arrivé Paris, saturés crus au dessus de Beaubourg, derrière mon épaule ; tous les matins même heure, je croise ce regard errant perdu derrière moi, qui me tend le numéro actuel de Macadam (ce mois-ci Souchon en une), même posture, même tenue, même chapeau, juste devant les portes avant place Carrée (les Halles), et moi de le dépasser sans rien dire (je finis de reboutonner mon manteau et change de chanson, dernière avant le boulot), chaque jour il est là, le matin, à la même heure : je me dis que chaque jour prendre une photo de lui, même distance, même angle, la masse de corps autour qui varie, la une de Macadam qui tourne selon les mois, son visage toujours le même, le même regard, je me dis que chaque jour prendre une photo de lui, oui, comme ça, ça aurait du sens, genre 17h34 à l'envers, avec inclus Macadam et chapeau ; aujourd'hui une voix dans le combiné-casque qui dit : le produit machin, y a marqué sur le site que c'est en rupture, vous en avez encore ? lui répondre que non, puis : ça veut dire que y en a plus ? voilà c'est ça, et : donc on peut pas commander ? tout à fait, tout à fait, et enfin : alors ça veut dire que je peux pas les avoir ? ; puis la voix d'un sourd, à qui il faut répéter plusieurs fois que c'est bien les prix TTC, TTC, les prix TTC, oui, tous les prix affichés sur le site sont en TTC, TTC, voilà voilà TTC, puis lui qui répond un : quittez pas, je vous amplifie, sans plus de succès dans l'échange ; je m'amuse avec le calendrier du blog : s'arranger pour que les jours colorés par les liens (jours où l'on poste) suivent toujours le même rythme, à savoir : trois jours postés, un jour repos, trois jours postés, un jour repos, trois jours postés, un jour repos, et ainsi de suite, pour des enchaînements dissonants visuellement et une carotte pour me forcer à écrire ; je m'amuse avec la chronologie du blog, billet de demain écrit la veille, donc aujourd'hui, entre deux heures de téléphone décroché et de commande reçue, son titre : autonomie de la fiction, ou comment comprendre comment fonctionne la fiction courte une bonne fois pour toute à la fin, rapport aux trucs qui me traversent la tête quand je m'endors ou bien quand je change de trottoir, le matin, pour éviter le verglas, entre hématome et sashimi, B.B. dans les gencives, et Novembre toute l'année par dessus le reste : le ciel est blanc, le ciel est blanc, cassé, etc...

lundi 15 décembre 2008

A l'endroit/l'envers


...je descends sur le bon quai cette fois ; la condensation sur la vitre grésille sous les lumières de la nuit ; le MP3 traverse Forward and reverse de Bang Gang et Keren Ann ou bien l'inverse ; dans mes rêves où je me crashe, c'est vrai, je ne vois jamais la gueule de la voiture, simplement de l'intérieur, mais c'est peut-être bien toujours la même ; au passage du train par dessus l'autoroute, il chante dans ma tête (et aussi sur l'écran du MP3 turquoise) que always crashing in the same car ; je vois dehors le ciel tomber, les yeux trop secs de n'avoir pas les bons verres ; le type d'à côté écrit au fait t'es qui ? sur son téléphone portable ; du coup c'est comme si je relisais le même livre deux fois de suite mais c'est peut-être une excuse pour simplement ne pas en sortir ; l'impression aussi de reprendre le même jeu depuis le début, en new game + cette fois, en ayant conservé tous mes objets, compétences et inventaire de la partie précédente ; l'impression d'avoir mal lu les consignes et d'avoir traité les deux sujets à la suite sans comprendre que c'était au choix ; je me rends compte que j'ai mal compris le mode d'emploi de Marelle, il fallait choisir entre les deux possibilités (lecture dans l'ordre ou dans le désordre) et non les enchaîner l'une à l'autre ; je monte dans le train, il est 16h37 précisément, même si le quai habituel n'est pas le bon ; j'écoute discrètement les confidences de mon chef pour les mois à venir mais ce ne sont que des bulles d'hypothèses en suspension ; mon ordinateur refuse de me laisser aller sur d'autres sites que celui pour lequel je travaille : tant pis pour Google ; la joie de devoir dialoguer avec une espagnole en anglais sur le chat, de régler un problème de commande par téléphone, tout en vérifiant la commande en question sur un logiciel qui plante, et le reste de mon internet explorer également (tout ça en même temps) ; un coup d'œil en sortant de l'escalator et la lune a coulé dans le ciel plus clair ; ces quelques minutes d'attente en plus font qu'en plus j'arrive en retard de quelques minutes ; pendant que la carcasse du wagon se refroidit dehors et se réchauffe dedans, une dame crache dans son téléphone qu'il n'en est pas question, tu ne rentres pas à la maison, et c'est qui qui bloque d'abord ? je m'en fous, tu ne rentres pas, tu te débrouilles pour aller en cours et tant pis si ça te prends une heure pour traverser les barrages ; train qui reste immobile sur la voie pendant un quart d'heure en tout, peut-être un suicidé devant nous mais j'en doute ; la lumière de la lune brille fort à la verticale du reste ; mon train habituel remplacé par un autre à l'acronyme peu reluisant, il me faut pourtant m'y enfoncer sans y réfléchir plus en détail, puis reprendre à zéro ma lecture de Marelle : je dois m'en aller de tous les côtés comme il dit...

lundi 27 octobre 2008

Day in & out

...les trains après les bus et les trams ; en réalité la même chose, si ce n'est que le monde défile plus vite sur la voie d'à côté ou encore que la stabilité de l'habitacle me permet de lire sans avoir le mal des mots ; l'attente est la même, sur un quai en ciment ou devant la place chauve derrières les rues de Nuggets City ou derrière les lignes en braille au sol qui tatouent l'asphalte aux arrêts de tram ; les secondes sont les mêmes ; derrière les vitres sales du RER, la buée par dessus, les noms des gares au-delà floutés par la pluie, l'impression que la nature rend tout le monde myope le temps d'un aller simple au moins ; puis Breathe me me traverse les tempes et mes vitres sifflent mais sifflent mal et l'impression, Sia et les morts de Six Feet Under n'y sont pas pour rien, que mon wagon se remplit de larmes l'espace de trois minutes trente ; l'attente de tout à l'heure, un peu plus tôt, oubliée, évaporée comme mon train, supprimé dixit l'écran de contrôle, et ce gros sac de tôles que j'imagine percé comme une bulle entre deux voies, bulle de rien qui n'a jamais existé et moi non plus d'ailleurs ; j'y pense entre deux heures de mouvement-tire-bouchons ; j'y pense, profitant de la trêve souhaitable qui empêche les téléphones de sonner à nouveau ; je dis sonner comme une métaphore anachronique, car bien sûr rien ne sonne, mon écran se colore juste de cette annonce clignotée qui me rappelle que je dois faire semblant de l'entendre sonner avant de décrocher mon combiné fictif et d'étaler mon ignorance de tout sur tout ce qu'on voudra bien me demander à l'autre bout de la ligne ; puis retour traversé via la Gare de Lyon et quelques annonces filtrées, prises au vol au portable pendant que je trompe l'attente, pour Coup de tête : La voie de départ sera affichée dès que possible / La SNCF vous présente ses excuses / M. Machin est attendu au bureau d'accueil qui fait face à la voie, etc. ; ma journée symétrique se termine comme elle a commencé : le train suivant qu'on attrape parce qu'il faut bien, la nuit qui tombe déjà faute d'une heure en moins, des maux de têtes en buée sèche autour des yeux ; je regarde par la fenêtre pourtant et j'attrape tous les arcs électriques qui traversent les wagons défilants, puis les étincelles bêtement lâchées derrière qui crépitent ; le ciel est gris, les fumées d'usine n'arrangent rien ; dans mon MP3 à présent, ne se découvrent que des paroles du type I don't want anything but you ou and darling I think of you, etc. ; ma seule perspective réjouissante pour la soirée (et celle-ci après s'être farci ma pile vaisselle d'hier négligée pour cause d'OM-PSG) : voir l'épisode 5 de la dernière saison de Desperate Housewives diffusée de la veille et téléchargée du matin ; je crois qu'il est temps que H. revienne : je n'aime pas trop ma vie de célibataire, ces jours-ci...

Diana Krall - Day In Day Out - From This Moment On

lundi 13 octobre 2008

Ondes courtes

...tout passe par les ondes ; je reçois fin de matinée un coup de fil d'une voix qui m'annonce que mon profil les intéresse rapport au CV que je leur ai envoyé Dieu sait quand ; je dis cool mais quelle annonce ? ; alors la voix me dit son nom et m'explique que son entreprise fait ceci et cela ; je dis ok mais je vois toujours pas qui vous êtes (pas comme ça mais ça veut dire ce que ça veut dire) ; puis ensuite il m'explique que son entreprise vend et exporte des tire-bouchons alors ça fait tilt et je me rappelle enfin de qui est qui et pourquoi ils m'appellent ; poste à temps partiel, CDD of course, une douzaine d'heures par semaine, sur Paris, mais au trajet RER très direct donc ok ; veulent me rencontrer demain, me demandent si je suis libre de suite, je dis oui, alors je me prépare implicitement à commencer rapidement si l'entretien de demain est convainquant ; bonne nouvelle, je me dis en raccrochant, puis ensuite je calcule le salaire que je serais censé obtenir et je me pose la question de savoir si c'est vraiment une si bonne nouvelle que ça ; je décide que oui après quelques minutes de grommèlements ; puis retour tâches quotidiennes ; à savoir changer le lapin en écoutant (ondes toujours) François Bon chez Alain Veinstein de l'autre jour (s'inventer en dehors de soi-même, il dit, on peut pas écrire sans passer par les morts, il dit un peu plus tard) ; avant d'enfin m'imaginer mon casque-audio sur la tête à disperser des ondes garnies de tire-bouchons dans toute la France et au-delà (sur fond de cold wind cold wind cold wind blowing, etc.) ; du moment qu'elles sont pas cancérigènes...

Arcade Fire - Cold Wind - Six Feet Under, Volume 2: Everything Ends

lundi 22 septembre 2008

Fantômes en spray

...un peu l'impression de rester cloîtré sur le Maid of Palestine avec le narrateur schizophrène de La vitesse des choses ; alors ok on voit défiler le monde autour mais soyons honnête, on ne le voit défiler que depuis l'envers d'un hublot un peu terne donc bon ; depuis deux semaines que je me règle tous les matins sur radio-anpe rien n'arrive (mer d'huile faut croire) ; des CV-lettres de motivation envoyées il y en a eu, et pas qu'un peu, simplement de l'autre côté il n'y a rien ; aucun retour ; que dalle ; à croire que moi aussi je suis l'un de ces fantômes en spray qui sature le pont du Maid of Palestine (ou S.S. Quantum) ; à croire que moi aussi je parle aux morts enfermé dans la chambre froide au sous-sol sauf que les morts ne me répondent pas ; ils ne me demandent même pas de les regarder (je veux que tu me regardes... voilà... c'est mieux maintenant) ; alors bon je continue d'envoyer ce que je suis censé envoyer en me disant un jour où l'autre ça finira bien par ; pour autant mes journées ne sont pas vides ; l'impression de revivre sans arrêt les mêmes heures façon Un jour sans fin (Bill Murray en moins) ; cette journée d'août 2004 ou 2005 je sais plus et tout se répète en permanence, les moindres mots, les moindres pas ; mon narrateur déambule puis marche arrière il revient sur le parvis de la gare à se faire engueuler par un type dont il ne connaît même pas le nom ; un type qui pourrait bien être un fantôme lui aussi ; puis il remonte la rue du tram jusqu'à chez lui et on revient sur le moment où il se dit ok je me tire et c'est ce qu'il fait, bien avant de mourir à son tour, cervicales éclatées sur le chaud de la route ; un fantôme à l'envers somme toute ; je préfère le laisser sur le bord du plongeoir à attendre que le signale éclate ; Ajay en ligne de mire ; tous les fantômes de sa vie d'avant réunis autour ; c'est plus calme ; c'est plus doux ; c'est plus digne ; j'aimerais quand même qu'on me réponde ; qu'on me force à sortir ; qu'on m'impose des heures fixes ; sinon le moteur tourne à vide ; sinon je reste bloqué entre les mêmes journées caniculaires à jongler entre avance et retour rapide sans trop me décider sur quelle image mettre pause ; paraît que c'est aussi ça le S.S. Quantum...


Scott Matthew - Amputee

mardi 29 juillet 2008

Sang trop lent

...parce qu'étrangement cette semaine se déroule en travers ; d'abord le vide des premiers jours à errer entre les murs et les rues ; vu personne pratiquement ; Élise le jour de mon arrivée et Nico dans la foulée par hasard ; puis ce week-end et depuis les journées qui se chevauchent de travers ; se recouvrent les unes les autres ; je n'ai dormi que trois quatre heures ce matin ; je fonctionne au ralenti parce que (ou bien alors c'est un symptôme et non une cause) du sang trop lent dans mes veines ; le journal en panne sèche pendant ce temps parce que plus vraiment l'impression de pouvoir l'approvisionner encore ; je devrais faire comme Laurianne et tracer précisément dans l'agenda les évènements qui dépendent de chaque jour et etc. ; ce vendredi je repars ; entre juilletiste et aoutien ; en réalité rien du tout ; simplement en train de poireauter à Lyon entre deux quais ; une dernière nuit à Nuggets City ensuite ; déménagement dans la foulée du lendemain ; et d'ici là retour aux normes des pulsations subies, sans doute...

vendredi 11 juillet 2008

Prendre une photo du magasin de tondeuses

...seule chose qu'il aurait fallu, non, qu'il fallait absolument que j'accomplisse cette année durant mon exil à Nuggets City ; prendre une photo du magasin de tondeuses à cinq minutes de chez nous même pas ; la vitrine j'entends ; dans la ruelle à côté de l'ancienne station service, en face de la pharmacie ; probablement l'unique décors qui vaille quelque chose par ici ; impossible de le décrire en revanche, d'où l'importance de la photo ; et en dix mois de vie sarthoise, pas une fois je n'aurais trouvé le courage d'attraper mon appareil pour descendre en ville et prendre une photo de la chose ; toujours ces non mais plus tard, j'ai encore le temps ; départ qui se rapprochait de plus en plus ; zéro photo au final ; je me rassure en me disant que peut-être, au moment du déménagement, un petit détour vers ; sinon je serais foutu de revenir exprès pour...

lundi 7 juillet 2008

Ouroboros CQFD

Fera office de test pour la webfiction Qu'est-ce qu'un logement, actuellement en cours d'écriture.





Le reste est usant jusqu'aux nerfs.

vendredi 13 juin 2008

Vendredi 13

...enfin la paix (ou l'impression d'avoir la paix) puisque « mes » monstres se sont enfin comportés comme des gamins normaux (ou tout du moins tel qu'on aimerait qu'ils le soient) ; comme quoi, ô surprise, il suffit de leur coller un devoir pour qu'ils se calment ; il suffit de les menacer à coup de moins un moins deux moins trois et ainsi de suite ; il suffit de ; en sortant du collège, croiser l'un des monstres en question qui demande, pendant que je sors mon MP3 de ma veste, ce que j'écoute ; lui répondre : un groupe disco-punk hongrois de la fin des années 80 et puis de l'accordéon minimaliste aussi évidemment ; et en quittant le collège (en week-end !), une conversation qui se répète de semaine en semaine ; exactement ; au mot près ; un collègue, vacataire comme moi (ou « deux cent heures » comme aiment le marteler grassement un autre de mes « collègues », avec guillemets cette fois) qui me raconte ses malheurs de vacataire et que l'éducation nationale, ça va plus, c'est plus possible, on va droit dans le mur, c'est déplorable ; et moi qui acquiesce en face de lui ; hmm hmm ; jusqu'à ce qu'il finisse par descendre du tram en question ; parce que quoi dire d'autre que je ne lui aurais pas déjà dit lors de nos discussions des semaines précédentes ? ; entre temps je commence à me rappeler (des fois que j'aurais oublié) que la course des 24 heures du Mans c'est ce week-end et c'est... au Mans ; chic ; je vois défiler les grosses voitures et les gros beaufs à l'intérieur ; la palme à tous ceux qui klaxonnent comme des veaux ; la palme à ceux qui font ronfler le moteur avec des sourires de gars-bien-satisfait-de-l'engin ; la palme à tous ceux qui, déguisés, s'agglutinent dans les trams ; déguisés, je veux dire, avec des casquettes et des t-shirt et des lunettes officielles (o-ffi-i-ciel-les!) des 24 heures du Mans ; ceux-là, particulièrement, me font un drôle d'effet ; mais les autres aussi ; et puis le portrait-type du touriste-fan de course automobile : grand, large, le crane rasé, de grosses lunettes de soleil en travers de la tronche, un t-shirt ou une casquette qui a un rapport, de près ou de loin, avec un quelconque sport automobile ; évidemment, il parle soit anglais, soit allemand et il prend deux places à lui tout seul dans le tram ; et les rues bien propres du centre-ville ; et les petits panneaux/photos/affiches qui nous rappellent que c'est bien ce week-end, ouais, trop bien ; du coup, je me dis, Le Mans, ce week-end : à éviter... je foire mes titres ces temps-ci...

jeudi 12 juin 2008

Un Tom Selleck dépressif en réalité

Journée d'hier postée le lendemain et datée de la veille.

...malgré ce que j'ai déjà pu en dire, commencer sa journée sur la gueule-à-Tom-Selleck qui tire la tronche quand il ouvre les portes de son bus, ça donne pas très envie de la poursuivre ; faut dire que conduire la bus-NRJ-à-fond dès sept heures et demi le matin ça doit être moyennement motivant comme perspective de journée ; ne nous racontons pas d'histoire, la perspective de retrouver mes chieurs m'inspire tout autant ; chacun sa merde ; et de devoir errer dans les allées irradiées aux néons d'un Carrefour pris d'assault par des p'tits vieux ; et de devoir poireauter à la caisse dix minutes, tout ça pour une bouteille de Destop, pas particulièrement épanouissant non plus ; de plus Le Mans (24h ou pas) sous la pluie, ça craint ; trois heures de cours de suite dans l'après-midi, ça craint aussi ; ramper jusqu'au bureau de la secrétaire pour piteusement demander si son contrat (qui se termine le lendemain) sera ou non reconduit jusqu'à la fin de l'année, c'est un peu pénible également ; surtout quand la secrétaire en question se fend d'un « ah ouais tiens ben chépa trop en fait » ; puis d'un « non mais vous inquiétez pas hein Mme X elle est pas prête de revenir hein » ; du coup non, du tout, je m'en fais pas ; pénible aussi de ne toujours pas savoir si je suis attendu pour le conseil de classe (qui a lieu je-sais-pas-quand) ; du coup, je me dis, on me prend pour un con donc je joue au con (et je sais bien jouer au con) donc je fais comme si de rien n'était, donc je demande rien à personne, donc je me prépare à ne pas aller au conseil de classe ; c'est pas comme si j'avais des choses à y dire de toute façon ; agaçant enfin de devoir apprendre par « ses » élèves que « la semaine prochaine vendredi on sera pas là parce qu'on part avec la prof de Maths à Poufville » (troisième semaine de suite qu'un truc comme ça se produit, parfois les élèves me préviennent le matin pour l'aprem...) ; information de suite corrigée par les plus attentifs ; « oui mais par contre y a que les filles qui y vont » ; « oui parce que les garçons presque tous ils viennent pas parce qu'ils sont trop pénibles » ; du coup se préparer à occuper six ou sept emmerdeurs, vendredi prochain ; du coup, continuer de jouer au con (je sais très bien jouer au con) et rien leur préparer du tout, simplement leur filer un film ou une série à regarder ; j'ai été engagé pour faire la nounou, rien de plus normal, donc, à ce que je me comporte comme telle ; fin de journée où je remarque en rentrant que j'ai laissé ma voix entre les murs de la salle 202 ; et s'amuser à compter le nombre d'occurrences du mot « pénible » et ses dérivés dans ce billet, voilà qui devrait occuper...

jeudi 29 mai 2008

225F. l'heure de vacation

...et me voilà à essayer de squatter l'intranet du collège pour bloguer ; on occupe ses heures de trou (trois en l'occurrence) comme on peut ; on évacue si possible les tensions des heures d'avant ; j'ai collé trois élèves aujourd'hui ; pas particulièrement agréable en plus parce que ça me fait remplir de la paperasse et que dans cette paperasse il faut que je fasse gaffe à pas laisser de faute d'orthographe ; ça ferait con sinon ; je récupère ce matin en arrivant une feuille dans mon casier qui est en fait une photocopie de mon pseudo contrat de travail ; du ... au ... pour un maximum de ... heures de vacation rémunérées sur la base de 225F. l'heure de vacation ça dit ; la prose du rectorat me laisse sans voix ; leur modernité également ; en plus il y a une faute à Firminy dans la case « lieu de naissance »; mais ça c'est peut-être à cause de moi ; jamais fichu de l'épeler sans l'écorcher ; je fuis comme la peste la salle des profs en revanche ; ras le bol qu'on me donne des conseils au cas où ça se passe mal ou alors des hésite pas à demander de l'aide si jamais il y a un problème ; c'est sympa en soi, je reconnais, mais je commence à me dire que si jamais ça se passe bien (soyons fou), alors plus personne ne sera fichu de m'aider ; je fuis les contacts humains comme la peste depuis que ces mêmes contacts humains passent leur temps à disserter sur des non mais les fonctionnaires faut arrêter aussi, bien sûr qu'il y en à trop, il a raison en fait Sarko, et puis faut voir le boulot qu'ils font dans les bureaux et tout, je veux dire faut arrêter, ils bossent entre neuf et onze heures quoi ; et puis aussi : ouais enfin sauf dans l'éducation nationale parce que bon voilà à cause d'eux on se fait mal voir ; ou encore : ouais enfin, sauf ceux qui sont dans des bureaux, hein, on les connaît ; et puis enfin, après : intervention murmurée d'une pionne à côté de moi : ah ça c'est beau d'être con ; on se prépare à se lasser, sinon : je rentre ce soir avec Il n'y a pas d'amour heureux en boucle dans ma tête ; c'est avec la chanson que j'entame ma séquence poésie (puisqu'il faut que j'en fasse une) ; et tant pis pour les questions du style m'sieur dites est-ce que c'est votre chanson pré-fé-rée ? ; en réalité l'intranet du collège, ça passe pas ; pas plus que ce réseau sans fil non sécurisé que je détecte de je sais pas où ; tant pis, je finis par le mettre en ligne à la maison, comme d'hab...

dimanche 25 mai 2008

Frontière d'un monde sans écran

...un des derniers week-end sarthois qu'on se le dise (ça se tire, ça se tire) ; enfin un climat potable dans notre campagne-à-volailles ; déçu cela dit de ne pas pouvoir migrer sur Lyon le temps d'une table ronde aux Assises du roman la semaine prochaine ; Rodrigo Fresan sera présent ; une bien belle soirée en revanche avec ce double concert d'hier soir ; le festival de l'Epau au Mans ; avec Francesco Tristano Schlimé d'abord et le Kronos Quartet ensuite ; ambiance très Télérama bien sûr mais peu importe ; de 19h30 à 23h15 environ pour six euros et vive les tarifs pour les jeunes gens dynamiques (comme nous) ; Schlimé qui nous sert un piano/laptop glacial (pas franchement péjoratif, qu'on se comprenne) avec ambiance électronique très intéressante ; le Kronos Quartet et une très belle interprétation d'un thème bollywoodien avec éléphants en fond sonore (entre autres) ; le tout dans une abbaye, soirée charmante ; un peu plus tôt un investissement que je retiens depuis plusieurs mois ; un petit Eeepc tout petit petit ; histoire de pouvoir continuer à écrire pendant mes heures de trou au collège Prévost ; et pourquoi pas histoire de m'occuper sur MSN durant ces mêmes heures de trou ; et avec cette acquisition là c'est un fantôme que j'enterre définitivement ; la frontière d'un monde sans écran est dépassée ; il n'y avait déjà plus beaucoup de moments de mon temps libre que je passais hors de l'écran jusque là ; à présent avec la possibilité de lire des livres électroniques et de surfer et d'écrire sur le petit Eeepc ça va devenir encore plus rare de me décoller du LCD ; le nombre d'écran qu'on commence à accumuler ici c'est assez impressionnant ; mais l'opportunité de continuer à corriger/reprendre « Coup de tête » à l'ombre du jardin des plantes, je l'admets, est assez séduisante...

samedi 17 mai 2008

Reload

...première fois depuis qu'on est là qu'il fait un temps potable dans la Sarthe ; probablement que ça tombe à pic pour « Coup de tête » censé se dérouler en plein mois d'août été-caniculaire ; chaleur-lourde qui s'est un peu calmée depuis ces derniers jours ; amusantes coïncidences dans mes lectures (journal des coïncidences) : je remarque que la trame principale de The Sorrows of an American (dernier Siri Hustvedt que je suis en train de lire) est assez similaire à celle de Balayer fermer partir, mon livre précédent ; dans le Hustvedt, il arrive parfois que le narrateur, un psy, s'amuse à retranscrire certains de ces rêves ; que penser du mien, le dernier, celui où je mélange Blacksad et X-Files pour construire une situation-polar tout à fait pertinente ; celui où je marche ensuite dans la rue en quête de munitions « au cas où j'en ai besoin pour la suite » ; je suis aussi poursuivis par les flics ; obsession de l'anticipation-permanente bien réelle ; Girl, you thougt he was a man but he only was a muffin, dit Frank Zappa dans mes enceintes (Muffin man) ; notre grande télé en rade, voilà qu'on s'écrase les yeux sur le petit écran à présent (à nouveau) ; hier Nico m'envoie un mail pour me demander de lui envoyer le contenu d'un oral sur Proust qu'on a fait l'année dernière ; le rythme binaire du début (anaphore en « comme je + négation ») traduit son enthousiasme ; ce billet-brève est foutraque ; replongé dans une quatrième version de « Coup de tête » finalement ; à mon rythme cette fois ; sans programme, sans quota ; sans foncer ; même si j'ai le nez dessus en ce moment, il me semble que c'est sur la bonne voie ; parano à présent sur la bonne santé de mon ordinateur, je me mets à faire des sauvegardes quotidiennes de mon dossier « Textes » histoire de parer à toute mauvaise surprise...

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