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dimanche 5 novembre 2006

Scoop

Chaque année, à la même époque (c'est à dire celle-là, c'est à dire le début de l'automne, quand il commence à faire froid, quand les vacances de la Toussaint arrivent, ce genre d'époque), on sait que quoi qu'on fasse, qu'on ait du boulot ou pas, qu'on ait des trucs à faire ou pas, on trouvera toujours au moins un film à aller voir. Pourquoi ? Mais parce que c'est la saison pour le Woody Allen nouveau, bien sûr ! A condition, évidemment (entendons-nous bien) de ne pas être allergique aux monologues bégayées, aux réflections New-Yorkaises sur les juifs, la psychanalyse ou la masturbation (et hop, pleins de mots clés pour Google !). Cette condition est vérifiée ? Bon, passons donc à ce Scoop, dernier né du cerveau dérangé d'Allen...

Mais avant toute chose, mieux vaut faire un petit retour en arrière d'un an environ. Parlons du désormais avant dernier Allen. A savoir Match Point. Car Scoop s'inscrit tout de même dans sa lignée, si l'on peut dire. L'année dernière, donc, Woody épatait tout son monde avec un excellent film qui ne ressemblait pas du tout à un « vrai » film de Woody Allen. Cette année, il s'agit plus d'un retour aux sources, mais un retour aux sources dépoussiérées. Comme Match Point, le film se déroule à Londres, terrain de jeu qui fait oublier, le temps d'un ou deux (ou trois ?) films, Manhattan, Brooklyn, and co. Comme dans Match Point, l'héroïne principale s'appelle Scarlett Johansson, qui rejoint la déjà longue liste d'actrices fétiches de Woody. Sauf que, contrairement à Match Point, Woody nous honore de sa présence dans Scoop, et voilà donc le retour du monologueur juif semi-bègue !

Qu'on se le dise : Scoop est avant tout une comédie. Une bonne vieille comédie, qui rappelle plus les années 90 que son dernier essai (transformé !) londonien. C'est même une bonne grosse comédie pas très subtile. On nage en pleins clichés permanents et ça ne fait rien, parce qu'on (le spectateur) adore ça ! L'intrigue est elle-même assez classique : Sandra Pronski est une « apprentie journaliste » qui apprend par des moyens détournés (très détournés !) qu'un séduisant fils de Lord britannique pourrait être lié à une série de meurtre à la Jack the Ripper. Elle décide donc de mener l'enquête comme une professionnelle qu'elle n'est pas. Le tout secondée par un magicien loser et bavard (rôle parfait pour Woody himself, donc). Comme je le disais avant ce simili résumé, il s'agit d'une comédie assez bateau, mais bateau assumé. Les clichés sont légions, les dialogues cherchent toujours le raccourci vers l'humour (mais attention, l'humour Allenien, of course) et certaines scènes donnent même parfois l'impression que les personnages sont eux-mêmes conscients qu'ils sont des personnages et qu'ils s'en amusent. Et le tout fonctionne à merveille : cette comédie est très agréable, très drôle également, et tire parfaitement profit du lieu dans lequel se déroule l'action (Londres, je le rappelle), ce qui dépoussière véritablement la « comédie de Woody Allen » en tant que genre cinématographique. Pour schématiser un peu, on pourrait dire que ce même film, s'il avait été tourné quelques années plus tôt dans le « contexte » habituel des comédies des années 90/00, ce film hypothétique, donc, aurait été agréable, mais sans plus. Dans ce nouveau contexte, le film en gagne en intensité, en fraîcheur et, tout simplement, en qualité.

Scoop est un bon, voire un très bon film, extrêmement agréable et drôle, le tout servi par un très bon casting (Hugh Jackman est également présent, ressemblant étrangement à Hugh Grant, m'a-t-il semblé). Bref, tout simplement, pour faire court et parce qu'une conclusion – parait-il – s'impose, voyez-le ;) .

mardi 1 août 2006

Tideland

Une semaine après l’avoir vu, j’arrive enfin à trouver le courage de vous parler du dernier film vu au ciné, à savoir Tideland, le dernier Terry Gilliam. Disons le tout de suite, je ne savais pas du tout à quoi je m’exposais en allant le voir, ou si peux. Le nom du réalisateur me suffisait, et le peu de critique que j’avais lu me donnait une impression de conte décalé qui me convenait parfaitement. Il se trouve qu’en fait, Tideland est le film le plus insupportable que j’ai jamais vu. Jamais un autre film ne m’avait autant donné envie de quitter la séance en plein milieu. Pourtant, c’est loin d’être un mauvais film pour autant. Je m’explique.

Commençons d’abord banalement avec le résumé de l’intrigue de départ. Comme j’ai la flemme de le faire moi-même, voici le résumé récupéré sur allociné ( :P) :

''Lorsque sa mère meurt d'une overdose, la petite Jeliza-Rose part s'installer dans une vieille ferme avec son père, Noah, un rocker héroïnomane qui a connu des jours meilleurs. Afin d'échapper à la solitude de sa nouvelle maison, Jeliza-Rose s'évade dans un monde imaginaire. Pour lui tenir compagnie, Jeliza-Rose n'a que les têtes de quatre poupées qui ont perdu leur corps... jusqu'à ce qu'elle rencontre Dickens, un jeune homme ayant l'esprit d'un garçon de dix ans. Vêtu d'une combinaison de plongée, il passe son temps caché dans une carcasse d'autocar, son "sous-marin", attendant de capturer le requin géant qui habite sur la voie ferrée. Dickens a une grande soeur, Dell, une sorte de fantôme vêtu de noir qui se dissimule constamment sous un voile d'apiculteur. Pour Jeliza-Rose, le voyage ne fait que commencer...''

Le « voyage » de Jeliza-Rose, douze ans environ, sera donc, vous l’aurez peut être compris, un voyage à l’intérieur de ses propres rêves, de ses propres fantasmes et de son imagination. Le sujet n’est donc pas forcément très original : comment un enfant s’approprie-t-il ce qui se déroule autour de lui et le transforme en intrigue « merveilleuse ».

Le problème, c’est que ce film est tout sauf un film sur le merveilleux. Ici, le merveilleux n’existe pas. La petite fille le cherche, mais ne le trouve pas. Tout le film est une attente de ce merveilleux révolu. Alors, à la place, on y substitue autre chose. Le glauque, le malsain, le morbide. Mais pas de merveilleux du tout. Dans cette optique là, Gilliam y va à fond. Tout ce qui peut mettre mal à la l’aise, tout ce qui est malsain et insoutenable, on le retrouve dans ce film si bien résumé par la première scène : la petite fille, dans une carcasse de bus, qui crie (de joie ou d’horreur, on ne sait pas) au passage d’un train assourdissant. Après, on ajoute en vrac un peu de nécrophilie, de pédophilie, et de folie pour avoir un beau pot-pourri de « trucs qui foutent la gerbe » (je pense à une scène en particulier). C’est ce qui rend ce film si insoutenable, pour moi en tous cas, même si le tout est très bien réalisé, que la photo est impeccable et la bande son très adaptée.

Je passe également sur la fin, que j’ai personnellement trouvé atroce, à tous les niveaux. Sans vouloir « spoiler », disons simplement que je n’adhère pas du tout à son propos, qui est celui du film en entier. Dans Tideland, comme l’illustre d’ailleurs très bien l’affiche (le principe du conte y est inversé), c’est le deuil du merveilleux qui est fait, remplacé par le morbide. Et je n’adhère pas, bien au contraire. Pareil pour ce qui concerne un soit disant « portrait de l’enfance », je n’y crois pas. Pour faire simple, disons que ce film est pour moi un « voyage initiatique » (c’est bien pratique, il y a toujours des voyages initiatiques partout) qui échoue. Au mieux, c’est un portrait d’une enfant de junkies, condamné à rester une enfant de junkies. Je ne déconseille pas ce film pour autant, car beaucoup de personnes ont aimés et que c'est très loin d'être un mauvais film, mais renseignez-vous un minimum avant de le voir, ça peut être utile...

mercredi 7 juin 2006

Marie Antoinette

Hier, à la suite d’une après-midi fort sympathique passée en compagnie de mon groupe d’amis habituel, on a décidé d’aller au ciné (troisième fois en moins d’une semaine, mine de rien, et j’y retourne demain !), voir Marie Antoinette. J’étais un peu sceptique au début (je n’ai pas vraiment aimé Lost in translation, pour parler franchement disons que je me suis fait chier), mais bon, j’ai suivi le mouvement général qui allait vers ce film (j’ai pourtant proposé le film sur Zidane une bonne quinzaine de fois mais, bizarrement, personne ne semblait emballé…). Le verdict est un peu moins sévère que ce à quoi je m’attendais mais bon, c’est quand même un peu mitigé…

Marie Antoinette, c’est donc un film qui se propose de suivre, quelle surprise, Marie Antoinette, depuis sa présentation à Louis XVI jusqu’à son départ de Versailles. Le gros de l’histoire est dit puisqu’en fait, il n’y a pas vraiment d’intrigue à proprement parler : Sofia Coppola préférant simplement observer son personnage se débattre dans son propre ennui, un peu comme dans ‘’Lost in Translation’’ en fait. Mais commençons par le positif, c’est plus sympa. D’abord, le concept du film m’a beaucoup séduit, ce qui n’était pourtant pas évident : le sujet du film n’est pas tellement Marie Antoinette, personnage historique, mais une femme dépassée, perdue, mal à l’aise qui pourrait être n’importe quelle femme, dans n’importe quelle époque. Malgré le luxe de Versailles, les costumes, les bijoux et l’environnement pour le moins historique du film, l’Histoire est complètement évacuée (c’est pour cela que des critiques concernant le non respect de certains éléments historiques sont tout simplement grotesques, puisqu’il s’agit d’un parti pris artistique). Coppola s’intéresse ainsi à montrer une Marie Antoinette irresponsable, jeune et terriblement seule au milieu de la foule, notamment grâce à la magnifique Kirsten Dunst, c’est d’ailleurs sur ses épaules que repose tout le film. ‘’Marie Antoinette’’ est également une belle réussite graphique, c’est un film très esthétiques, notamment grâce aux impeccables costumes pastels, et à la bande son pop, légère et par la même occasion complètement décalée du sujet historique. Le film se complet également dans un décalage assumé avec le réalisme du au contexte (le plan montrant une paire de Converse au milieu des chaussures d’époque montre bien que ce décalage est totalement assumé), de même qu’il se plait à prendre des partis souvent clichés, mais des clichés complètement revendiqués (l’affiche en témoigne).

Mais le problème avec Marie Antoinette, et ça je m’y attendais, se trouve en fait ailleurs. La raison pour laquelle je n’ai pas vraiment pu l’apprécier, c’est qu’il a été réalisé par Sofia Coppola. Et je n’adhère pas du tout à son cinéma. Comme je l’ai dit précédemment (et comme dans Lost in Translation), il n’y a pas vraiment d’intrigue, puisque le film entier est le théâtre des déambulations d’un personnage pour le moins confus. Mais il n’y a pas vraiment de personnages non plus, car tout est évacué par cette espèce de lenteur « Coppolienne » qui nous donne l’impression de passer tout le film à nager dans de la guimauve. Pour parler plus clairement : on s’ennuie. On s’ennuie un peu trop souvent à mon goût. Le film est ponctué de scène qui ne semblent pas essentielles et qui constituent, au final, le gros de la pellicule (je pense à cette scène d’arrivée des carrosses à Versailles où on prend le temps d’attendre tous les carrosses, ou alors cette traversée en barque où personne ne fait rien). La deuxième partie du film est un peu plus vivante, mais le « mal » est déjà fait. Sofia Coppola s’attache en plus à exagérer certaines symboliques à un tel point que ça en devient agaçant (je pense à toutes les métaphores simplettes autour des épées et des clés de Louis XVI et des nombreux déshabillages de Marie Antoinette).

Le film n’est pas dépourvu de belles scènes cela dit, et quelques unes sont réellement très réussies (la partie « d’enigma », les déambulations de Marie Antoinette et de sa fille au petit Trianon, la scène de révérence face au peuple…), mais elles étaient trop peu nombreuses pour me faire oublier cet ennuie latent. J’en profite au passage pour préciser que le film n’a rien à voir avec la bande annonce, qui semble rassembler tous les moments énergiques des deux heures que dure le film. Mais je reconnais aussi que cette opinion est purement personnelle, et je comprends tout à fait qu’on puisse aimer, voire adorer ce cinéma, ce n’est simplement pas celui auquel j’adhère. Tant pis.

samedi 20 mai 2006

C.R.A.Z.Y.

J’ai entendu parler de ce film pour la première fois par hasard, en lisant en diagonale les critiques de Télérama, comme ça, pour passer le temps. La critique en question était plutôt positive (même très positive, en fait, tout comme la majorité de la presse), ce qui m’a motivé pour voir ce film québécois dont je ne connaissais finalement pas grand-chose (le fait que le personnage principal ait une belle gueule et soit fan de Bowie m’ayant déjà convaincu). Je ne suis pas allé le voir au ciné, cela dit, mais je l’ai mis à télécharger (c’est bien entendu une métaphore pour dire que j’ai commencé à économiser pour m’acheter le DVD quand il sortira, je ne fais rien d’illégal, moi… hum…). Je l’ai oublié pendant quelques jours ou semaines et puis voilà que Fanny me parle de ce film il y a deux ou trois jours, film qu’elle est allé voir, elle, au ciné. Ce qu’elle m’en a dit m’a donné envie de le voir et, ça tombe bien, les vacances aidant, je n’ai pas grand-chose à faire de mes journées, j’ai donc programmé ça pour un après-midi.

Bon, on ne va pas tourner en rond pendant cent sept ans : c’est un bon film, une très bonne surprise. Le point de départ est le suivant : le spectateur suit l’évolution d’un personnage, Zac, avant dernier né d’une famille de cinq enfants. Le tout se déroule dans les années soixante-dix/ quatre-vingt et propose de suivre la jeunesse de Zac à travers trois âges : l’enfance, l’adolescence et le début de l’âge adulte. Autour de lui se trouvent ses parents (une mère très croyante et un père fan d’Aznavour un peu en retard sur cette époque de changements permanents) et ses quatre frères (qui sont, bonjour les stéréotypes, l’intello, le rebelle drogué, le sportif et le plus jeune qu’on ne voit que peu souvent). Ajoutez à cela que la mère de Zac est persuadé que celui-ci à des dons (il est né le 25 décembre et aurait des facultés à soigner les coupures ou les brûlures) et vous aurez plus ou moins le tableau du film. Un point de départ assez banal, mais on n’y fait pas réellement attention.

En fait, ce qui est le plus plaisant dans ce film, ce sont les galeries de personnages qui se développent autour de Zac. La famille proche en général et ses parents en particulier, constituant des personnages comiques très réussis, le comique naissant de leurs forts caractères et de leurs grandes différences les un avec les autres. Cela dit, le film n’est pas simplement une comédie, loin de là même. Il s’agit plutôt d’un film « quête d’identité », la quête de Zac qui, au milieu de ses frères qui entrent facilement dans des carcans préétablis (cf. les stéréotypes énoncés plus haut), ne sait pas réellement à quoi se rattacher. Au fil du film, il en viendra à redouter ce qui parait inévitable, ce que son père et lui-même craignent : il devra se confronter à son homosexualité probable. La quête d’identité prend alors un tournant un peu plus brutal, plus dur, où la confrontation avec le père, et au-delà du père toutes les valeurs d’une autre époque, est inévitable.

Cette confrontation, c’est assez intéressant, se fait de façon détournée. C’est la musique qui permet au personnage de se rattacher à une identité. Le fait que l’époque concernée soit les années soixante-dix et quatre-vingt prend alors un rôle important. Pour le père, c’est Aznavour, en plus d’un disque de Country (qui donne son nom au film, d’ailleurs, « Crazy »), qui marque son identité. Il passe en effet son temps à chanter ses chansons (souvent les mêmes), lors des « grandes occasions familiales ». Pour Zac, en revanche, le rattachement à la musique marque une identité opposée au père : le héros du film étant fan de Pink Floyd, Bowie ou des Rolling Stones. Une scène en particulier montre bien cette identification poussée à la musique : à un moment du film, Zac, musique à fond dans sa chambre, chante « Space Oddity », le visage maquillé à la Bowie, avec un éclair rouge sur le front. L’identification à Bowie allant bien sûr dans le sens de son homosexualité « à venir », Bowie étant le symbole de la rupture des clivages homme/femme, d’un « monstre androgyne » inégalé depuis (Ziggy Stardust) et de la naissance d’un nouveau courant, d’une nouvelle musique, d’une nouvelle façon de se voir et de se montrer. L’éclair sur le front marque, lui, l’éclosion d’un être différent et brutal. Pour conforter cette idée, la couverture de « The Dark Side of the Moon » de Pink Floyd au dessus du lit de Zac n’est pas anodine, insistant sur la face caché du personnage de Zac.

Au niveau de la réalisation, là encore, la surprise est agréable. Il s’agit d’un film dynamique, drôle et esthétique, qui emprunte parfois, semble-t-il, à une vision fantasmé du monde que l’on retrouve, par exemple, dans Six Feet Under (les divers fantasmes de Zac pendant la messe de minuit par exemple), tandis que les transitions entre les divers « âges » de la vie du jeune héros sont très bien trouvé (la « transformation » de l’enfant en adolescent, par exemple).

Quand on récapitule, ça fait donc pas mal de bonnes choses. C.R.A.Z.Y. est une quête d’identité intelligente, très bien filmé, parfois drôle, parfois tragique, toujours bien appuyé par le jeu des acteurs et par la bande-son, dont l’importance est primordiale (il est intéressant de noter que le symbole de l’unité père/fils soit symbolisé par un disque, le fameux disque « Crazy »). Un petit bémol vient un peu ternir le tout, cependant : le film étant en québécois, certains dialogues sont parfois durs à suivre (je crois que le film en salles bénéficie de sous-titres, ce qui n’est pas le cas de ma version), notamment ceux contenant des expressions françaises un peu datés, des insultes ou des morceaux d’anglais avec accent. On s’y fait cela dit, même si certaines répliques restent toujours incompressibilités pour moi. L’autre petit défaut concerne peut être la longueur du film, deux heures dix, auxquelles on aurait peut être pu enlever une dizaine de minutes… Mais ces défauts sont des détails mineurs ; je ne sais pas si le film passe toujours, mais si c’est le cas, je le recommande ;) .

dimanche 30 avril 2006

Questionnaire ciné

Bon, allez, comme mine de rien, je n’ai pas grand-chose à raconter (glandage, je veux dire vacances, obligent) mais que je ne veux pas me faire engueuler par Virgil sur MSN parce que j’ai pas assez mis mon blog à jour ces derniers temps (trois billets pour la semaine qui vient de se terminer, c’est vrai que c’est pas top), j’ai décidé de refaire un petit questionnaire (comme le questionnaire musical, fait il y a quelques semaines). J’avais d’abord pensé à un questionnaire du même genre, appliqué à la littérature, mais je n’en ai pas trouvé de potable, donc ce sera pour une autre fois. Aujourd’hui, c’est un questionnaire ciné qui vous attend ;) .

Quel film avez-vous vu le plus souvent ? J’ai honte, mais je crois qu’il s’agit des Visiteurs (le premier), dans ma lointaine jeunesse… Il y aussi Les Liaisons Dangereuses que j’ai pas mal vu (il passe souvent à la télé), de même que le troisième volet de la trilogie d’Indiana Jones (« La dernière croisade »).

Quel film voudriez-vous vivre ? Hmmm drôle de question… Sans grande conviction, je dirai Retour vers le futur (yeah :D !).

Dans quels films ou personnages vous retrouvez-vous ? Je ne sais pas si ça répond réellement à la question, mais Eternal Sunshine of the Spotless Mind m’a donné l’incroyable impression d’être l’histoire que j’aurais voulu raconter moi-même…

Quelle est pour vous la plus belle performance d'un acteur ? Sans doute John Malkovitch dans Les Liaisons Dangereuses (encore !), même si je pense aussi à Kevin Spacey dans American Beauty, où il est fabuleux. Plus récemment, je dirais Philipp Seymour Hoffman, dans Truman Capote.

Et d'une actrice ? J’ai plus de réponses pour cette question là. D’abord, Glenn Close pour Les Liaisons Dangereuses (décidément !), parce qu’elle est géniale, tout simplement. Il y a aussi Nicole Kidman dans Dogville, pas mal du tout. Au niveau des « géantes », je n’en garderais que deux : Björk dans Dancer in the Dark et la fabuleuse Maggie Cheung dans Clean.

Quel est le plus beau film que vous ayez vu ? Question difficile… Parce que « beau », ça ne veut pas dire grand-chose… Sur un plan « simplement » esthétique, je serais tenté de citer Jin Roh (pour de l’animation « traditionnelle », c’est superbe et diablement réel qui plus est) et Métropolis. Si on parle d’émotion, alors je mentionnerais plutôt The Hours.

La scène qui vous emmène ailleurs à chaque vison ? La fin du Solaris de Soderbergh, certainement…

Le film le plus triste que vous ayez vu ? Sans doute The Hours, encore une fois, même si Le tombeau des lucioles est pas mal aussi, à ce niveau là… Edit : il y aussi Parle avec elle, comment ai-je pu l’oublier au premier coup…

Et le plus drôle ? Sans hésiter (pour une fois !) : The Big Lebowski des frères Coen. J’irais même jusqu’à dire : presque tous les films des frères Coen (Fargo, Intolérable Cruauté et Ladykillers en tête). Il y aussi Annie Hall de Woody Allen, bien sûr.

Le plus choquant ? Requiem for a dream, la fin surtout. Plus récemment, V pour Vendetta m’a pas mal choqué au niveau de l’idéologie et parce que c’est un film assez médiocre…

Le plus con ? La cite de la peur ? XD

Le plus nul ? J’hésite entre Resident Evil Apocalypse (mais c’était drôle, alors…) et Matrix 3. Je dirais Matrix 3.

Le plus fou ? Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le sexe sans jamais avoir osé le demander, de Woody Allen (je suis plus très sûr du titre, il est trop long), surtout la « partie » où Woody Allen est déguisé en spermatozoïde :D. Ah, y a aussi Sacré Graal des Monthy Python aussi, mais je pouvais aussi le mettre dans la catégorie « le plus con » ^^. Une nuit en enfer (le premier) est pas mal aussi niveau dingue, vers la fin. Edit : il y aussi Dans la peau de John Malkovitch, bien entendu.

Le film avec le plus de suspense ? Usual Suspects pour ne pas être original. Seven, peut être, également… Mais comme je ne suis pas un grand fan de film à suspens… Ah si, y a Les autres et Memento, aussi, mais qui ne supportent peut être pas quarante-cinq visions…

La meilleure comédie musicale ? Je ne suis pas un grand fan du genre, mais j’ai beaucoup aimé Moulin Rouge (à prononcer avec l’accent s’il vous plaît ^^ !) et Chicago, malgré la présence de Richard Gere.

Le meilleur western ? Ah, les western, ça m’emmerde en général… Allez, si jamais y a des fans de western entrain de lire ce billet, fermez les yeux quelques secondes : Retour vers le futur 3 ! :P (Voilà, c’est bon…)

Le meilleur film d'horreur ? Rho encore un genre que j’aime pas >_<. Pour le coup j’en ai vraiment aucune idée -_-…

La scène la plus hallucinante ? La scène du « ce n’est pas m’a faute » des Liaisons dangereuses, celle où Maggie Cheung pleure devant Béatrice Dalle dans Clean et celle où Jim Carrey et Kate Winslet sont sur le lac gelé dans Eternal Sunshine. Je pensais bien sûr à des scènes qui m’ont marquées, mais son prend « hallucinant » comme « incroyable », alors je choisirais peut être la « gros bordel » final du film Akira.

La scène la plus romantique ? Sans doute une des scènes d’In the mood for love, mais laquelle… Dans un genre complètement différent, il y aussi la fameuse scène de sculpture sur glace d’Edward aux mains d’argent.

La meilleure course poursuite ? Celles de La mémoire dans la peau et La mort dans la peau. Sinon, j’aime bien aussi la scène de poursuite en bateau dans La dernière croisade.

De quel film faites-vous souvent la promo ? Eternal Sunshine of the spotless mind, Clean et American Beauty. C’est le trio gagnant ;) .

Votre réplique préférée ? J’aime beaucoup le “You wake up at Seatac, SFO, LAX. You wake up at O'Hare, Dallas-Fort Worth, BWI. Pacific, mountain, central. Lose an hour, gain an hour. This is your life, and it's ending one minute at a time. You wake up at Air Harbor International. If you wake up at a different time, in a different place, could you wake up as a different person? » du début de Fight Club (mais c’est directement tire du bouquin, donc est-ce que ça compte ?). Sinon, y a aussi le : “monsieur n’est pas une tapette, monsieur est commissaire de police !” (La cité de la peur, of course).

Quelle est votre bande originale préférée ? Oulah, ça va être dur. Edward aux mains d’argent, Jin Roh, Akira et Clean ont ma préférence. Mais il y aussi Dancer in the dark, La marche de l’empereur et , bien sûr, toutes les BO de Yoko Kanno. Allez, je n’en citerais qu’une de la Dame (pour une BO de film) : The Other Side of Midnight.

Votre plus grand déception ? Spiderman 2, peut être, parce que j’avais bien aimé le un. Mais, en général, je n’attends pas suffisamment un film pour être déçu.

La meilleure surprise ? Récemment, Hellboy m’a pas mal surpris, de même que Master and Commander, malgré la présence de Russel Crow. Sinon, Moulin Rouge et Chicago, car je ne croyais pas pouvoir aimer une comédie musicale.

Votre plus lointain souvenir de film ? Euh… Il me semble avoir un vague souvenir de Peau d’âne… Je revois aussi quelques passages de Fantasia

Quel film rêvez-vous de voir ? L’adaptation d’une de mes « œuvres » par un réalisateur de talent (au hasard, je dirais Michel Gondry !). Sinon, un film écrit et réalisé par Alan Ball (American Beauty, Six Feet Under).

Le plus beau titre ? J’aime bien In the mood for love. De battre mon coeur s’est arrêté, est bien, aussi. Allez, un petit Eternal sunshine of the spotless mind pour la route, aussi.

Quel est pour vous le film parfait ? Il y a quelques temps, j’aurais peut être répondu 2001 l’odyssée de l’espace (comme beaucoup, je pense), mais là je ne sais pas vraiment. Je suppose que les films parfaits ne sont que des fantasmes, heureusement que personne ne les réalise parfaitement, sinon il n’y aurait plus aucun film ensuite…

jeudi 27 avril 2006

V pour Vendetta

Je suis allé au ciné, hier, avec Nico. Comme je n’étais pas rancunier concernant son dernier choix (Syriana, cf. le billet du même nom) j’ai accepté d’aller voir V pour Vendetta avec lui, adaptation de la BD du même nom écrite par Alan Moore. Je ne m’attendais pas à quelque chose d’énorme (je ne pouvais pas faire autrement : le scénario étant signé des créateurs/réalisateurs de Matrix:/), mais simplement à quelque chose d’agréable qui me fasse passer un bon moment au ciné. Je pense que j’ai eu ce bon moment, mais il est difficile d’aller au-delà tant V pour Vendetta est un film moyen…

Histoire de résumer grossièrement l’intrigue du film, voici un essai : dans un futur incertain, la société britannique a sombré dans un totalitarisme à peine déguisé à la 1984 (mais en moins abouti). Contre cette société fasciste, un « justicier masqué » répondant au surnom V (Hugo Weaving, dont on ne voit jamais le visage) se dresse contre le gouvernement et ceux qui l’incarnent, allant jusqu’à tuer certains de ses membres et entamer des actions terroristes. Sur son chemin, il fait la connaissance d’une jeune fille (Nathalie Portman) qu’il va plus ou moins prendre son sous aile. S’en suit alors une double narration : on suit à la fois les agissements de Portman (j’ai oublié le nom du personnage, Evey je crois…) de même que l’avancement d’une enquête policière visant à trouver V. Voilà pour l’histoire.

Le premier mot qui me soit venu à l’esprit après la projection, c’était « maladroit ». Je l’ai d’ailleurs dit de suite à Nico qui, lui, a un peu plus apprécié que moi. C’est vrai, ce film est incroyablement maladroit. Dans le scénario, d’abord, écrit par les frères W. (Matrix) très en deçà de ce que l’on était en droit d’attendre d’une adaptation de BD de Moore (je précise au passage que je n’ai pas lu la BD, mais j’en ai l’intention désormais, histoire de voir à quel point ce film est passé à côté de son sujet). Le script est faiblard (flirtant entre la superproduction et le film à pseudo message sur fond d’anti-Bushisme habituel), de même que les dialogues (la première réplique de V. a au moins le mérite de verser dans le kitsch assumé, les autres sont simplement fades) et les personnages sont relativement insipides (V verse tantôt dans le cliché, tantôt dans le « contre cliché », mais il aurait été difficile de l’éviter, tandis que le personnage joué par Portman est tout simplement sans saveur, plat, voire inexistant par moments). Avouez que ça fait déjà pas mal pour un seul film, mais ce n’est pas terminé. Oui, car la réalisation est assez poussive, également. Il n’y a rien de particulièrement original dans cette façon de filmer, surtout quand quelques plans nous rappellent Matrix (quelques combats, la façon de filmer les pieds, etc.) et que les autres se contentent juste de montrer platement les actions des personnages. De la même façon, la narration est assez brouillon, puisqu’à la moitié du film le mode de narration est brutalement modifié, on oublie l’intrigue policière, on oublie V et cache tout sous un subterfuge gros comme une maison (je ne révèle rien, mais quand même…) pour finalement revenir à l’intrigue de base et fermer la parenthèse. C’est assez déroutant, surtout lorsque cela ne sert pas l’intérêt du film…

Mais il y a pire que ces petites faiblesses techniques. Le problème de ce film, c’est qu’il est incroyablement naïf, dans le mauvais sens du terme. Les personnages ont ainsi été caricaturalisés (pour être plus accessibles au grand public ?) et le message délivré est idéologiquement très dérangeant. Pour les frères W, la révolte semble en effet être l’alternative idéale au conflit (le processus démocratique est oublié dans ce film), révolte vue comme un clonage massif des masses, une manipulation populaire fortement dérangeante. On frôle presque l’apologie de la manipulation des masses et la négation de toute individualité, ça fout la trouille. C’est, une nouvelle fois, l’application du dicton « la fin justifie les moyens » que l’on nous sert, et je frôle l’indigestion, je dois l’avouer. Naïf, le film l’est également concernant l’une de ses références assumé, j’ai nommé 1984. On a l’impression que les frères W. ont voulus aller au-delà quand ils se sont en fait arrêté en chemin (je pense à une scène en particulier, mais dont je ne peux pas parler pour cause de spoiler). Dommage.

Cela dit, tout n’est pas à jeter dans ce film, Dieu merci. Quelques scènes sont plaisantes (celle où V prépare le petit déjeuner avec un tablier à fleurs, notamment) et l’intrigue policière est agréable à suivre. Le problème étant bien entendu que le film croule sous les défauts, il est difficile d’en faire émerger les qualités. C’est la raison pour laquelle je parlais de « maladresse ». C’est dommage, car ça aurait pu être un film sympathique. Côté adaptation de BD, je lui préférerai donc La ligue des gentlemen extraordinaires (kitsch mais fun) et Hellboy, vu récemment qui, s’ils sont loin d’être de grands films ont au moins le mérite de faire passer un bon moment. C’est tout ce que je cherchais…

dimanche 16 avril 2006

April Snow

Dans la série samedi soir + ciné + merci maman ;), je demande le film d’hier. Vous l’aurez deviné, comme vous n’êtes pas bête et un minimum observateur, hier, c’est April Snow que nous sommes allés voir, film coréen d’un cinéaste coréen dont j’ai oublié le nom mais dont je sais qu’il a réalisé Locataires, son précédent film (que je n’ai pas vu) a l’affiche particulièrement jolie.

April Snow, pour résumer brièvement, c’est l’histoire d’un jeune homme et d’une jeune femme (oui, bah, désolé, mais comme ils avaient tous des noms coréens difficiles à retenir, je ne m’en souviens pas ! >_<) qui se rencontrent dans de délicates circonstances, à l’hôpital. En fait, il se trouve que leurs conjoints respectifs se trouvaient tous les deux dans la même voiture et qu’ils ont eu un accident. Ils se trouvent alors dans le coma, et les deux conjoints, les deux personnages principaux du films, seront donc « obligés » de se croiser, de se côtoyer, voire même de se parler, par moment (mais pas trop quand même, malheureux !). Evidemment, on s’en doute, une histoire d’amour est alors en route…

La première chose qu’on peut dire à propos d’April Snow c’est que c’est bien filmé. Là-dessus, rien à redire. Le réalisateur s’attarde à capturer des moments (qui frôlent parfois l’instant), dans un style dépouillé et sobre mais qu’il parvient à garder esthétique. On retrouve alors de nombreuses scènes intelligemment filmées, qui jouent souvent sur la dualité des personnages, sur les reflets ou sur des jeux de regards et de silence.

Car le « problème » majeur de ce film, c’est que c’est très lent et très dépouillé. Ce n’est pas que ça me dérange habituellement (j’ai beaucoup aimé In the mood for love par exemple), mais j’ai eu l’impression que le concept était poussé à l’extrême dans ce film là. Il y a un certain nombre de scènes, par exemple, dont on va jusqu’à douter de leur intérêt. Certaines scènes sont tout à fait dispensables, en effet, si bien qu’on se demande à quoi elles servent. Mais en fait je me trompe, le problème majeur du film, ce n’est pas ça. Le problème majeur du film, c’est qu’il n’y a pas vraiment de personnages. Ce que j’aime, dans un film, c’est éprouver quelque chose pour les personnages, or ici, il n’y a rien à éprouver. Il s’agit d’une sorte de spectacle froid et inexpressif où les deux personnages sont à chaque fois plus inerte que lors de la scène précédente. Ils ne parlent pas, ils ne pensent pas, ils ne ressentent pas et ils n’expriment pas. Il n’y a aucun échange avec le spectateur, et c’est ça, surtout, qui m’a dérangé.

De la même façon, ce couple de personnages principaux est un couple fantomatique (on le voit notamment lors des plans qui impliquent des reflets, des miroirs ou des échangent à sens unique). C’est une relation froide et « par défaut », où l’être aimé est en fait un double de soi-même, un personnage « qui reste », contrairement aux deux conjoints dans le comas.

Enfin, tout ça pour dire que je n’ai pas vraiment été convaincu par ce film, que je qualifierai simplement de « moyen ». A voir si on aime ce genre de film, mais certainement pas si on a peur de s’ennuyer…

dimanche 9 avril 2006

Truman Capote

Je suis allé voir Truman Capote, hier soir. Ca faisait un petit moment que je n’étais plus allé au ciné (un mois, je crois) et j’ai donc profité de l’une des dernières programmation d’un film qu’a beaucoup aimé la critique, sur un écrivain américain qui plus, alors j’y suis allé (et en plus je me suis fait inviter par ma mère, que demander de mieux ? au passage, merci maman ;) ).

Pour résumer brièvement, le film s’intéresse à la vie de l’écrivain Truman Capote au moment où il décide de suivre une affaire de meurtre sur une famille entière dans le Kansas. Il y voit le moyen d’inventer une nouvelle façon de concevoir la littérature (et donc une nouvelle façon d’écrire), une façon nouvelle qu’il appelle « Non-fiction » (Chuck Palahniuk reprendra ce terme, il me semble, pour l’un de ses ouvrages). Il se rend donc sur les lieux et se renseigne sur à peu près tout, y compris sur les auteurs du massacre. L’un d’eux (car ils sont deux) surtout : Perry. Capote se met en tête de l’approcher, de l’interroger, de le séduire, presque, pour qu’il lui livre tous les secrets de sa psychologie. De tous ces renseignements et de ces recherches, Capote en tirera un livre : De Sang Froid.

Autant le dire tout de suite, Truman Capote est un très bon film. Le réalisateur, apparemment sans grande expérience (c’est Télérama qui parle, là ^^), réussit sobrement à nous suggérer (plutôt que nous montrer) la complexité du personnage de Truman et surtout sa relation ambiguë avec Perry. Entre manipulation, séduction et aliénation, le couple Truman/Perry apparaît clairement comme le cœur, le moteur même, de ce film. C’est d’ailleurs un film difficile à endurer pour le spectateur, car il est toujours à la limite, toujours sur le fil. Chacun des deux personnages majeurs, qui se ressemblent et qui sont pourtant des opposés, marchent sur un fil imaginaire. On ne peut jamais vraiment les approuver ou les plaindre, on ne peut jamais vraiment les détester. L’équilibre pourrait être risqué, mais ça marche, et ce jusqu’à la fin du film, particulièrement dure et qui, pour ma part, trouve surtout sa cruauté et son cynisme dans l’une des dernières phrases qui clos le film, écrite simplement sur fond noir.

Au passage, saluons la performance de l’acteur principal (j’ai oublié son nom), excellent dans ce rôle délicat d’écrivain mondain maniéré au possible, laid, triste et parfois monstrueux. D’ailleurs, de façon plus générale, tous les acteurs sont parfaitement choisis, parfaitement dans le ton. Evidents, tout simplement. Saluons aussi la bande son, impeccable, sobre, discrète. Juste ce qu’il fallait, ce qui n’était pas évident car quelques notes de trop pouvaient facilement casser l’ambiance mise en place. Au contraire, les quelques notes de pianos que l’on entend parfois, rares, froides, sont exemplaires.

Enfin, pour retomber sur mes pattes, je parlerais aussi de la très bonne réalisation, surtout dans ces passages souvent muets, où la caméra est à la fois stable et sobre et esquisse par moment de légers tremblements déroutants. De la même façon, le film est très bien monté ; l’enchaînement des évènements est ainsi sec mais vrai. Il (le montage) évoque à merveille les enchaînements de paragraphes parfois brutaux que l’on retrouve dans certains livres. Peut être ceux de Capote…

Pour ceux qui n’auraient pas compris, oui, je recommande le film qui, et c’est déjà pas mal, donne réellement envie de lire le livre dont il est question :  De sang froid .

samedi 4 mars 2006

L'ivresse du pouvoir

On est allé voir l' Ivresse du pouvoir, hier soir, avec Hugo, c'est à dire, pour ceux qui ne le sauraient pas, le dernier film de Chabrol avec, entre autres, Isabelle Hupert et François Berléand (ouah, c'est dingue le nombre de virgules qu'il y a dans cette phrase !). Verdict : et bah, c'était mieux que Syriana !

Pour résumer brièvement, le film retrace de façon très très peu déguisée l'affaire Elf, avec dans le rôle du juge d'instruction un peu (beaucoup !) chiante et chieuse, Isabelle Hupert. Il s'agit donc de suivre, dans son travail et dans sa vie privée, cette femme pas ordinaire (heureusement, mon Dieu ce qu'elle peu être énervante comme personnage !). Elle enquête sur des malversations, des détournements de fonds et ainsi de suite.

De toute évidence, le film est très bien filmé, très bien mené d'un point de vu scénaristique (il consiste en fait en une succession de scènes plus ou moins importantes, ce qui permet une grande progression dans le temps) et est merveilleusement bien interprété (ah Isabelle Hupert !). Le regard porté par Chabrol est lui-même intéressant, car il cède rarement à la facilité (juges = gentils et patrons = méchants) et s'attarde plus à montrer de façon parfois cynique (parfois non) l'aspect humainde l'affaire, avec le cheminement du personnage de la juge. Ce point là est très réussi.

Malheureuseument, tout n'est pas rose et il y a quelques "imperfections" (on les appellera comme ça). La musique, tout d'abord, est nullissime >_< : quelle idée de mettre des espèces de trompettes un peu partout ? Non, visiblement, celui qui s'en est chargé était pas très inspiré. La fin, également, est peut être un peu brutale, on a un peu l'impression que l'auteur ne savait pas trop comment finir, c'est un peu dommage...

Enfin, c'était quand même un bon film, un film sympathique comme tout (et qui avait, de plus, l'avantage de présenter un canapé à un moment du film qui exactement comme le mien !!), à aller voir ou à regarder en DVD quand il sortira. C'est bien mieux que Syriana, en tous cas XP (mais bon, c'était parce qu'on avait laissé choisir Nico, aussi).

jeudi 2 mars 2006

La quinzaine sans cinéma

Mail reçu hier et qui tourne un peu partout à priori (blogs, sites, forums, radios...), donc voilà, je fais tourner et je participe au mouvement ;).

Si vous aussi vous en avez marre de dépenser tout votre argent pour une sortie lisez ce qui suit.

En allant au Gaumont à Paris samedi dernier, je ne m'attendais pas à un tel choc avant même que le film ne commence !! Quelle surprise !!! Quel spectacle !!! Non pas dans la salle de cinéma mais au guichet ! Une pancarte informe qu'à compter du 4 janvier 2006, les tarifs sont revus. Revus ? A la hausse c'est évident. Je suis outré, une place de cinéma à 9.20 EUR !!!! Vous vous rendez compte ? Ca ne vous choque pas ? Je suis absolument dégoutté d'autant plus qu'ils ne pratiquent pas de tarifs pour les demandeurs d'emplois !!!! Vraiment trop c'est trop, j'hallucine de tels tarifs alors qu'ils se font déjà des couilles en or (même la fille au guichet est d'accord avec moi pour dire qu'ils n'ont pas besoin d'argent et que les bénéfices sont déjà colossaux). Alors cette fois je décide d'agir car je pense que ceci ne concerne pas que le Gaumont mais tous les grands groupes du cinéma qui détruisent et tuent les petits cinémas (exemple du cinéma à 2EUR a Nantes). Ils finissent par obtenir un certain monopole et se permettent d'abuser et de voler le pauvre Français qui souhaite juste passer une soirée sympa, une soirée juste un peu plus culturelle qu'une balade en ville? La culture n'est décidément pas pour tous ! L'écart se creuse. Seuls les riches pourront prétendre avoir un minimum de culture cinématographique. Les chômeurs ? Ils ne bossent pas ? N'ont pas beaucoup de moyens ? Alors augmentons les tarifs et voici une nouvelle façon de les couper encore plus de tout lien social et de toutes activités culturelles. Je suis dégoutté et je propose donc de lancer « LA QUINZAINE SANS CINEMA ». Je vous invite à ne plus fréquenter les salles de ciné du 15 au 30 mars 2006 dans toute la France. Mon projet est peut être débile ou infaisable mais je vais envoyer ce mail à tous mes contacts et j'espère que vous en ferez autant? Nous avons tous des dizaines de mails avec MSN alors allons-y et notons ces dates : DU 15 AU 30 MARS, occupons nous, sortons mais surtout pas au ciné. J'attends avec impatience cette date pour savoir si nous serons assez intelligents, solidaires et objectifs pour enfin réagir devant cette arnaque et ce vol collectif. Nous pourrons observer des salles vides dans toute la France et constater que pour une fois, nous sommes solidaires devant les grands groupes qui détruisent les petits cinés associatifs et qui ruinent une famille qui devrait payer plus de 40 EUR (260 Francs !!) pour 2 adultes et 2 enfants. Juste pour une soirée, juste pour que leurs enfants aient une autre culture que le mac do, la star Ac et Lorie !!!!! Merci pour votre soutien, prenez 5 minutes pour envoyez cela et ajoutez des commentaires si vous le souhaitez. On se retrouvera certainement du 15 au 30 mars, dans un bar ou devant le ciné pour rigoler un peu en voyant les guichets sans personne. "

ps : essayer de ne pas faire "Transférer" pour faire passer ce message afin d'éviter les écritures inutiles. Merci d'avance.

en plus il n'y a aucune garantie anti navet! @@

Tiens, au passage, pendant que j'y suis, j'ai fait un rêve sympa cette nuit : Helen Fielding (l'auteur du Journal de Bridget Jones) avait adapté mon blog en livre, que j'achetais en anglais XD. Si tu me lis, Helen, demande-moi l'autorisation d'abord s'il te plait !

samedi 25 février 2006

Syriana

Allez, la partie "coups de coeur" va changer un peu de raison d'être. Je vais plutôt en faire un espace de comptes rendus de films/livres/musiques/autre-préciser que j'aurai apprécié (ou pas) dans un passé relativement récent. Aujourd'hui, je me penche donc sur le cas Syriana, film que je suis allé voir pas plus tard qu'il y a une petite heure, en compagnie de Nico et d'un de ses potes... qui s'appelle aussi Nico.

Syriana, c'est ce film avec George Clooney et Matt Damon qui vient de sortir et qui a quelques nominations aux Oscars, vous avez dû en entendre parler. Non ? Tant pis. C'est donc "l'histoire" de plusieurs personnes, toutes liées de près ou de loin à l'activité pétrolière au Moyen Orient, et qui se croisent, s'emmêlent, et s'opposent dans un seul but : satisfaire les Etats-Unis. Voilà pour le scénario. Mais est-ce que c'est bien ? Ah, là, c'est plus difficile de répondre...



Commençons d'abord par les points positifs : de bons acteurs et un concept intéressant (montrer plusieurs activités a priori n'ayant rien à voir les unes avec les autres mais qui en fait se voient reliées au fil de l'intrigue). Le message également, politique bien sûr, est fort et sans doute de bon ton concernant l'actualité au Moyen Orient. Ce que nous dit ce film, c'est que tout ce qui a à voir avec les intérêts pétroliers ont à voir avec les USA, et que tout ce qui se passe là-bas est, de près ou de loin, à rattacher avec le pétrole. On y développe même l'idée que les USA ont intérêt à ce que le Moyen Orient reste instable, d'où les conflits et, même, les états non démocratique, comme ce qui concerne la succession d'un Emir en Arabie Saoudite. Etonnant que la Warner ait produit ce film, quand même... Sur ce plan là, en tous cas, il n'y a rien à redire.



Mais là où le film pêche, c'est dans sa trop grande complexité. Ici, complexité devient même confusion, dans les différentes mini-intrigues entremêlées paraissent brouillon. Déjà, le film est trop long : il dure deux heures dix, mais ne commencent réellement qu'après une heure de film. On y retrouve beaucoup de scènes courtes, beaucoup d'ellipses et beaucoup (trop) de changements de lieux à la minute, ça devient vite incompréhensible. Ensuite, certaines scènes sont clairement inutiles, comme cette incident avec le fils de Matt Damon qui apporte si peu à l'intrigue, de même que ces scènes de vie quotidienne entre l'avocat joué par Jeffrey Wright et son père alcoolo. Enfin, il y a trop de personnages, trop de noms, si bien qu'on se retrouve vite perdu devant tous ces noms qui finissent tous par ce ressembler (nous étions trois à voir le film et on s'est tous embrouillé avec les noms des Emirs !).


Alors, oui, à la fin, dans la dernière demie-heure notamment, on se dit que bon, peut être que ça valait le coup. Peut être que ça mérite un second visionnage, également. Ce n'est d'ailleurs pas un mauvais film, loin de là, l'idée de base est excellente, les acteurs sont bons et la réalisation n'est pas mauvaise mais il me semble qu'il a été mal pensé, et surtout très mal monté (sans mauvais jeux de mots). Dommage donc, ça aurait pu être bien, j'essairais peut être de revoir la deuxième heure lorsqu'il passera à la télé, histoire de comprendre un peu mieux la complexité des intrigues. Dans le même genre de film, cependant (c'est à dire les "pamphlets" contre la politique américaine), je conseillerai plutôt Lord of War, bien plus incisif, bien mieux réalisé même s'il est plus cynique et sans doute moins subtil.

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