NPAI      

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Correspondance

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 7 février 2010

Au diable


De : G.V.
À : N.J.
Cc: E.D.
Objet : Paris, etc.

Cher N.,

Me suis bien occupé de la p'tite, te la rends (j'espère) en bon état. Nous sommes trouvés 14h55 gare de Lyon sous les destinations, numéros de trains, numéros de quais, entre palmiers. Ensuite avons remonté boulevard Diderot et avenue Philippe Auguste jusqu'au Père Lachaise. N'avons pas vraiment vu les tombes connues mais n'avons pas cherché. À un moment vue de Paris depuis sommet, tombes et caveaux contre-plongé, la même que F. et moi et H. avions fixé plusieurs minutes il y a quelques années, mêmes arbres février, même gris du ciel et silence capitonné.

Nous avons marché plus de cent mètres, sommes à présent lessivés. Passé 17h enfermés dans un bar, retour Châtelet, au Diable des Lombards, proche Beaubourg, parlé de toi aussi un petit peu, mais pas trop. D'après E. les chiottes du Diable sont psychédéliques mais n'ai pas vérifié moi-même. Ai pris plusieurs photos de la petite, séance lumière tamisée mais visage toujours gommé-flou par ailleurs et aspiré derrière, rarement visible (vois par toi-même). Derrière nous couple d'étudiants première année philo qui dissertait concepts entre deux bières puis s'échangeait entre eux des vignettes dinosaures (« pas juste, tu m'as filé tous les herbivores »). E. s'est moquée d'eux et moi aussi un peu.

31


Ensuite séparés 18h10, elle devrait te revenir dans le courant de la soirée. Prends bien soin d'elle.

Merci encore pour Psychose, hier.

À bientôt,

Guillaume

PS : E., j'ai vérifié dans le train ma série photos pour 17h34 du jour, navré de t'apprendre qu'une seule a prise, les autres buguées indéchiffrables, celle où tu grimaces avec les dents. Elle sera mise en ligne dimanche prochain, pensais qu'il valait mieux t'avertir.

jeudi 8 octobre 2009

Re : Devis

Retrouvé dans mes archives, daté du 8 juillet, période où les soldes atteignent un pic d'appels et commandes, période parallèle où mon dégoût profond pour l'humanité toute entière, lui aussi, suit une courbe ascendante qui ne veut plus redescendre. Enregistré dans les brouillons de mon mail anciennement professionnel, à présent futur-ex-tout, toujours pas déconnecté, qui continue de se remplir malgré les semaines écoulées.
Bonjour Madame I.,

Suite à nos récents échanges je reviens vers vous concernant votre dernière demande de devis envoyée à mon intention pour une livraison X. rue de etc. dans le 94. Après vérifications les références PB802-X44-DOM-L et PFO1005-000-460 sont bien disponibles en stock en quantité suffisante pour pouvoir honorer cette commande. Les délais de livraison concernant ces articles seraient, conformément à ce qui est indiqué sur notre site, de quatre à six semaines.

Malheureusement et malgré votre demande je ne peux à l'heure actuelle vous envoyer ce devis pour les raisons énoncées ci-après. Lors de vos deux précédents achats sur notre site vous m'avez eu pour interlocuteur depuis l'enregistrement de la commande jusqu'à l'accomplissement de la livraison en passant par les diverses difficultés d'expédition ou de transport que nous avons rencontrées. Par deux fois j'ai traité personnellement votre dossier jusqu'à sa résolution totale et je me félicite des issues heureuses et des compromis que nous sommes parvenus à trouver malgré nos divergences. Après vérifications en interne auprès de mon responsable, la prise en charge de vos deux commandes et les dossiers litiges qui y ont été rattachés ont nécessité 213 minutes d'enregistrements informatiques, rédactions d'emails et courriers, argumentations et dialogues téléphoniques et déplacements à la Poste pour envoi des diverses pièces détachées ou échantillons réclamés à l'époque. Après analyse de ces chiffres et comparaison avec notre moyenne de temps accordé par dossier sur l'ensemble de l'année 2009 mon responsable et moi-même avons pris la décision de ne pas poursuivre notre relation commerciale actuelle. C'est la raison pour laquelle je ne peux accéder à votre demande d'enregistrement d'une nouvelle commande sur notre site. Nous nous réservons le droit de sélectionner nos clients en fonction de critères qui nous sont propres et refusons dorénavant de recevoir votre argent : comparées aux efforts et au temps dépensés sur vos précédents dossiers, les marges réalisées sur vos commandes précédentes ne sont pas suffisantes pour nous permettre de vous proposer à nouveau nos services ; il est à présent avéré qu'une relation commerciale avec vous n'est pas rentable.

Par conséquent et conformément aux éléments précédemment énoncés, je vous demanderai de ne plus nous contacter pour quelque raison que ce soit. Votre numéro de téléphone ayant été blacklisté par nos serveurs, vous ne pourrez plus nous contacter par le biais du standard habituel du service client. Vos emails seront automatiquement classés en courrier indésirable à compter d'aujourd'hui et votre compte client a été désactivé ce matin. Je vous prierai donc de bien vouloir vous abstenir de rentrer en contact avec nous à compter de ce jour. Dans le cas d'un litige futur concernant nos accords ou transactions précédents, merci de nous contacter uniquement par le biais d'envois postaux en courrier recommandé, comme le préconisent actuellement les articles de loi régissant la vente à distance.

Le refus d'enregistrement de votre nouvelle commande et l'arrêt immédiat de toute relation commerciale avec vous ne nous forcent pas pour autant à nous désintéresser de la suite de vos achats dans notre secteur. Ainsi, afin de vous aiguiller au mieux et de ne pas vous décourager de la vente sur internet, nous vous recommandons chaudement à nos concurrents actuels dont vous trouverez une liste exhaustive en annexe. Ceux-ci sont tous dotés de services client compétent qui pourront sans doute, du fait de leur meilleure organisation et leur plus grosse densité d'effectifs, mieux gérer vos dossiers futurs.

En vous souhaitant malgré tout une bonne journée et une bonne continuation pour la suite veuillez recevoir, Madame, l'expression de mes sentiments distingués.

Cordialement,

Guillaume Vissac

mardi 29 septembre 2009

Réclamation SDTC [6612]

J'imagine que la fenêtre est la même que la mienne, quelques semaines plus tôt, ouverte sur écran et logiciel embarqué d'un autre âge. Les onglets du haut sont anglais sans doute et le titre dit Réclamation SDTC suivi d'un numéro de dossier attribué arbitrairement par la technique. J'imagine que la personne issue du service comptabilité qui remplit ce dossier dont nous parlons tant est un visage semblable au mien, qui cherche à trouver les mots sans les avoir, à brasser de l'air en feignant le concret, à donner des délais tout en dégageant d'autres points de fuite. Si j'en crois l'expérience de mes quelques mois passés là-bas, la face ouverte de ce fameux dossier censé être le mien doit ressembler à quelque chose comme ça. Au-delà, les conversations des ombres argumentant qu'on « manque de cash » et qu'on « n'est pas à un mois prêt ».

28/08/09 : Fin de contrat du salarié. Restent X jours de congés non pris et dernier mois de salaire.

04/09/09 : Appel ex-salarié pour informations sur le versement du dernier mois de salaire : virements en retard de la comptabilité pour tous les salariés, virement prévu le 07/09.

08/09/09 : Appel ex-salarié suite non versement du dernier mois de salaire. Finalement versement groupé avec solde de tout compte prévu sous peu.

11/09/09 : Relance par mail.

16/09/09 : Relance par mail.

18/09/09 : Message téléphonique et relance par mail. Mise en copie du responsable d'enseigne et directeur financier.

25/09/09 : Relance par téléphone plus énervée, « somme importante », « nécessité de », etc. Ok pour versement du total dès fin du mois, maximum début octobre. Degré de d'importance du dossier modifié de « Bas » à « Normal ».

vendredi 20 juin 2008

A coller dans le carnet et à faire signer par les parents

Madame, Monsieur,

En votre qualité de parent il me semble juste que vous soyez informés de ce qui se déroule dans la classe de votre enfant, c'est pourquoi je tiens à vous communiquer les informations suivantes. Il est en effet utile que vous sachiez que :

- je ne suis pas professeur
- quand bien même je possède les diplômes nécessaires à l'enseignement du français sur la base de contrats précaires de courtes durées, personne, au Rectorat de Nantes ou au collège Prévost n'a semblé disposé à vérifier que je les possédais effectivement, ce qui signifie simplement qu'une personne n'ayant strictement aucune qualification pour ce poste peut se faufiler entre les mailles du système pour prendre la responsabilité de plusieurs classes pendant plusieurs jours sans être inquiétée par qui que ce soit
- je n'aime pas enseigner
- je ne sais pas enseigner
- je ne suis pas professeur
- je n'ai par ailleurs aucune qualification réelle qui me permettrait d'enseigner ni en collège, ni ailleurs, mon seul « domaine de prédilection », la littérature que je n'ai étudié que trois ans, n'ayant strictement aucun rapport avec la matière que je me dois d'imposer à « mes » élèves
- le Rectorat de Nantes m'a recruté par le biais d'une annonce ANPE
- le Rectorat de Nantes, après une première expérience de deux semaines en collège, m'a proposé de m'inscrire pour me permettre de m'engager comme professeur contractuel (contrat de longue durée) pour l'année prochaine sans même avoir cherché à se renseigner sur ma personne et/ou sur la qualité du remplacement effectué
- je ne suis actuellement supervisé par personne, je ne suis inspecté par personne, personne ne rends compte de mon travail à personne, personne ne pousse la porte de ma salle de classe ne serait-ce que pour vérifier que je suis effectivement en train de travailler
- la direction de l'établissement dans lequel j'officie actuellement depuis un mois n'accorde pas la moindre importance au bon déroulement supposé de mon remplacement, et ne vérifie pas non plus ni la qualité de mon travail, ni que je suis effectivement en train de travailler (bis)
- je ne suis pas professeur
- je ne respecte pas « mes » élèves et ils ne me respectent pas
- j'enfreins successivement la plupart des règles de savoir vivre qu'il est d'ordinaire souhaitable qu'un professeur daigne suivre s'il souhaite inculquer le b-a-ba de ces fameuses règles à ses élèves
- je me fiche éperdument d'inculquer le b-a-ba des règles de savoir vivre à « mes » élèves
- que je choisisse ou non de suivre le programme actuel et la progression naturelle des cours telle que le professeur que je remplace l'avait prévue, personne ne semble disposé à le vérifier
- que je choisisse ou non de faire travailler « mes » élèves sur des objets d'étude censés et pertinents, personne ne semble disposé à le vérifier
- que je choisisse ou non de faire travailler « mes » élèves, personne ne semble disposé à le vérifier
- je n'ai pas été engagé pour enseigner quoique ce soit aux élèves dont on m'a confié la responsabilité, j'ai été engagé pour les garder
- je ne suis pas professeur, je suis une baby-sitter payée 29€ net de l'heure
- en terme de salaire horaire je suis actuellement mieux payé qu'un professeur titulaire qui débute
- je n'ai été recruté que pour combler un vide, pour projeter une impression : celle qu'un professeur s'occupe de vos enfants, qu'il n'existe aucun trou dans leur emploi du temps, que l'Education Nationale remplit son rôle de service public
- si j'ignore encore où ma place me destine, je sais d'ors et déjà qu'elle ne se trouve pas derrière un bureau dans une salle de classe
- j'avais conscience de cet état d'esprit bien avant d'accepter ma première proposition de remplacement et je continue d'en avoir la certitude
- j'ai été recruté par le Rectorat de Nantes avec la liberté de pouvoir choisir mes postes, mes affectations et autres niveau d'enseignement
- je peux démissionner à n'importe quel moment, pourvu que je délivre un simple préavis de 48h et abandonner du jour au lendemain le sort et le destin de votre enfant qui m'est par ailleurs tout à fait étranger
- je n'aspire pas à devenir professeur titulaire, ne l'ai jamais désiré, ne le désirerai jamais
- ma seule motivation à enseigner à votre enfant un savoir que je ne possède que de façon fragmentaire est uniquement alimentaire
- je suis pas professeur et, pire :
- je suis loin d'être un cas isolé et :
- plus les effectifs de l'Education Nationale baissent, plus le personnel recruté pour combler ce vide concerne des personnes comme moi, des personnes qui ne sont pas professeurs, qui n'ont pas forcément les qualités requises pour enseigner et dont la place ne se trouve probablement pas dans une salle de classe

Madame, Monsieur,

En votre qualité de parent il me semblait juste que vous soyez informés de ce qui se déroule dans la classe de votre enfant, c'est pourquoi j'ai tenu à vous communiquer ces informations. Ma démarche n'est motivée par aucun mouvement syndical, ni par aucune conscience professionnelle quelle qu'elle soit, puisque je ne suis pas payé pour en avoir une. Ma démarche n'a pour but que sa seule existence. Je ne terminerai pas même cette missive par une question rhétorique. Je me contente de vous adresser bien aimablement mes salutations distinguées, comme le veulent les conventions : veuillez agréer, etc.

lundi 9 juin 2008

salutations distinguées mon cul

madame [virgule] nous avons eu la surprise plutôt étonnante [virgule] oui une surprise en général c'est assez étonnant [virgule] et là c'était surtout agaçant en fait [virgule] du genre qui démange et qui lance juste dans le bas du dos [virgule] là où on peut pas physiquement l'atteindre [virgule] là où ça fait le plus chier en réalité [virgule] nous avons eu la surprise [virgule] donc [virgule] de découvrir ce matin que les travaux prévus pour rénover notre appartement [virgule] celui-là même que tout le monde jugeait tout à fait habitable lorsque nous avons emménagé [virgule] et qui désormais devient insalubre dès lors que le nouveau principal du collège s'apprête à y entasser ses meubles [virgule] ces travaux disais-je [virgule] ont commencé sans aucune confirmation officielle de votre part [point] étant tous deux de nature plutôt conciliante [virgule] surtout Hugo en fait [virgule] mais admettons [virgule] et n'étant pas opposés sur le principe à la réalisation de quelques [virgule] j'ai bien dit quelques [virgule] travaux avant notre départ [parenthèse] et puis si vous pouviez passer l'aspi au passage ça nous arrangerait bien merci [parenthèse] comme on n'était pas contre [virgule] nous n'avons pas souhaité refuser l'accès de l'appartement à l'ouvrier qui s'est présenté ce matin devant notre porte [virgule] lui-même n'étant par ailleurs pas franchement responsable des décisions quelques peu [virgule] allez soyons franc [virgule] complètement anarchiques et stupides [virgule] qui ont du être prises n'importe comment [virgule] à l'heure du déjeuner [virgule] les doigts de pieds en éventail [virgule] au niveau de l'intendance [virgule] c'est à dire vous [virgule] madame [virgule] car oui c'est bien à vous que je m'adresse [point]

[retour ligne]

je vous rassure tout de suite [virgule] les travaux dans le hall et le couloir principal [virgule] en même temps de couloir y en a qu'un seul [virgule] ont pu se dérouler sans accroc [parenthèse] enfin sans accroc façon de parler [virgule] le lapin était complètement flippé par le bruit de la ponceuse [virgule] vous imaginez bien [parenthèse] [point] en revanche [virgule] nous notons avec une certaine incompréhension [parenthèse] et je pèse mes mots [parenthèse] que les décisions quant au commencement des travaux et au planning de ceux-ci [parenthèse] oui en réalité je parle surtout d'eux [virgule] des travaux [virgule] parce que j'avoue que de parler de vous m'intéresse relativement peu [parenthèse] ne nous ont pas été communiquées autrement qu'entre deux couloirs [virgule] sur le lieu de travail de mon compagnon [parenthèse] qui [virgule] même s'il n'aime pas beaucoup que j'utilise ce mot [virgule] le mot compagnon [virgule] et moi non plus d'ailleurs [virgule] je le trouve affreux [virgule] mais il faut bien que je donne un ton sec [virgule] méprisant et officiel à cette missive [virgule] n'est-ce pas [point d'interrogation] [parenthèse] et de façon tout fait floue et évasive [point] il n'est évidemment pas tolérable qu'une telle source de dérangement potentiel [parenthèse] j'écris le mot potentiel pour faire gentil [virgule] vous pensez bien qu'en réalité l'expression appropriée serait plutôt [deux points] ça me fait grave chier ton truc [parenthèse] nous soit communiquée par des approximations quant au déroulement des opérations [parenthèse] dit comme ça ça fait un peu militaire [virgule] mais bon quoi j'assume [parenthèse] [point] un propriétaire sérieux [parenthèse] et je ne vous considère pas comme tel [virgule] ce rapprochement n'a pour but que de vous rappeler que vous n'êtes ni propriétaire [virgule] ni sérieuse [virgule] simplement la personne en charge des produits d'entretien et des contrôles anti-amiante [virgule] ceci n'étant en aucun cas méprisant ou condescendant [virgule] simplement il me semble que c'est là le gros de votre travail [virgule] n'est-ce pas [point d'interrogation] d'ailleurs de l'amiante [virgule] puisque vous abordez le sujet [virgule] il y en a dans les placards [virgule] vous n'oublierez pas de le dire au prochain locataire [virgule] c'est à dire le nouveau principal pour qui vous organisez ces travaux [parenthèse] n'avertit pas ses locataires de l'éxécution de travaux importants dans leur logement par des [guillemets] ça commencera peut-être dans la semaine on verra et puis après tout ça vous dérange pas hein [guillemets] en s'exemptant de quelconques traces écrites [point] ce point est d'autant plus important que nous avons toujours fait preuve de bonne foi à votre égard [parenthèse] sauf quand on a balancé des oeufs pourris sur ta porte et qu'on t'a crevé les pneus de ta bagnole mais là ça ne compte pas [virgule] nous ne sous sommes jamais opposés à la réalisation d'une partie des travaux avant juillet [virgule] même si ça nous faisait grave chier quand même parce que franchement je te verrais bien [virgule] toi [virgule] avec ton appart envahi par les travaux [virgule]comme ça [virgule] du jour au lendemain [virgule] bref [virgule] on s'est pas opposé donc [virgule] et en plus on s'est toujours montré on ne peut plus compréhensif et à l'écoute de vos impératifs débiles [virgule] en dépit des circonstances précédemment énoncées et qui disent [virgule] si tu as vraiment besoin d'une traduction [virgule] que tu nous les brises sévère en ce moment [point]

[retour ligne]

en conséquence [virgule] restant tous deux aussi conciliants que possible compte tenu de la situation actuelle [virgule] c'est à dire de moins en moins conciliants en réalité car on n'aime pas trop se faire prendre pour des cons [virgule] nous tolérons aujourd'hui [virgule] lundi neuf juin deux mille huit [virgule] la présence de l'ouvrier chargé de la réfection du hall et du couloir principal [point] en revanche [virgule] à l'avenir [virgule] nous refusons catégoriquement [parenthèse]ca-té-go-ri-que-ment [parenthèse] d'être ainsi tenu à l'écart du planning des dits travaux [point] nous exigeons donc d'être informés au minimum quarante-huit heures [parenthèse] ça fait deux jours [parenthèse] à l'avance lorsque d'autres travaux viendront à être éventuellement [virgule] si c'est indispensable [virgule] effectués [virgule] et nous nous réservons le droit de refuser purement et simplement vos propositions si celles-ci ne nous conviennent pas ou handicapent notre vie quotidienne [virgule] parce que regarder l'Euro avec la ponceuse à côté qui oblige à mettre Thierry Roland à fond par dessus [virgule] non merci [point]

[retour ligne]

je vous communique au passage [parenthèse] façon de parler bien entendu [parenthèse] les jours de la semaine durant lesquels le déroulement des travaux n'emmerdera pas trop [virgule] et encore je suis gentil [virgule] je fais des concessions [virgule] notre vie quotidienne [point-virgule] il s'agit en l'occurrence des lundis [virgule] jeudis et vendredis [point] merci de vous adapter en conséquence [point]

[retour ligne]

à l'avenir [parenthèse] c'est à dire pour les quelques semaines qu'il nous reste encore à tirer dans ce trou [parenthèse] je demande également à ce que la suite du planning soit préalablement discutée [virgule] en dehors des heures de travail [virgule] et en présence conjointe de M. P. et de moi-même [virgule] si celle-ci devait faire l'objet de dérangements possibles [virgule] probables [virgule] je veux dire [virgule] nous concernant [point]

[retour ligne]

dans l'attente de votre réponse [virgule] veuillez agréer [virgule] madame [virgule] grosse conne qui commence sérieusement à faire chier [virgule] et tu crois que je te vois pas dans le couloir quand tu te dépêches de le traverser pour pas avoir à me dire bonjour alors que je suis à cinq mètres de toi à peinte [virgule] l'expression de mes salutations [virgule] putain fait chier [virgule] distinguées [point]

[retour ligne]

[signature]

[retour ligne]

ps [deux points] ci joint [deux points] l'enregistrement sonore d'une partie des travaux [virgule] histoire que vous vous rendiez compte de l'inconfort que ça peut être [point] l'enregistrement en question ne dure que cinq minutes cinquante et un [virgule] donc pour imaginer ce que ça peut donner sur une journée entière je vous recommande de le jouer en boucle [virgule] disons de neuf heures du matin à quatre heures de l'après-midi [virgule] soit l'amplitude horaire de l'ouvrier que nous avons eu la surprise de découvrir ce matin devant notre porte [point] conseils [deux points] à jouer fort [virgule] à ponctuer de larges coups dans le mur [virgule] histoire de pouvoir également bénéficier des vibrations [point]