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Tag - Coup de tête

Fil des billets

mercredi 29 septembre 2010

Double Meetic

Ce matin trop peu dormi, parti retrouver Juliette Mézenc au Louvre, déjeuner au Num (décidément), saumon je crois. Ce matin 8h H. me réveillait car j'avais laissé la clé sur la porte et la porte (donc) n'ouvrait pas. J'ai dit franchement, 8h, quoi, 8h... M'a dit fallait pas laisser la clé gros malin. Me suis recouché.

Dans le train pour venir poursuite Vies de saints, un mec bourré derrière explique qu'à l'enterrement on lui a rien filé mais on lui a tout pris. Et hier croisé P., très brièvement, sur messagerie instantanée me demandant pourquoi j'avais flingué kiss bye boy et lui répondant que ce n'était pas très important, que c'était foutu déjà, il se vexe. Et qu'est-ce que ça me coûterait de l'ajouter au site Fuir est une pulsion qui prendra la suite du blog dans quelques semaines, me suis demandé. Réponse à venir. "La suite sous peu." (© g@rp)
« Moi, j'ai fait la guerre, Max, et pas toi », pense Alejo. « Toi, tu es plus jeune que Nina et ça me dégoûte un peu, je ne sais pas très bien pourquoi. Tous ces muscles ne peuvent certainement pas cacher plus de dix-huit, dix-neuf ans. Tu es un petit gamin du millénaire et moi j'appartiens à cette espèce bizarre en voix d'extinction. Pour toi, je suis un animal préhistorique. Le fait que tu puisses me tuer à coups de pied sans grand effort n'empêche pas que je sois bien plus digne d'attention pour le monde entier, que je possède plus de valeur et que je sois plus important que toi. Cela dit, il est vaguement vraisemblable qu'un petit gamin de notre millénaire soit mieux assemblé qu'un légitime survivant des inoubliables et lointaines années 1980. C'est vaguement vraisemblable... »

Rodrigo Fresán, Vies de saints, Passage du Nord Ouest, trad : Serge Mestre, P.93.
Juste avant de se retrouver cour carrée du Louvre Juliette, ne m'ayant jamais rencontré précédemment et ne sachant pas précisément quelle tête j'avais, a visiblement accosté un de mes doubles qui n'était, sauf lourde erreur de ma part, pas moi. Le double lui a répondu je ne suis pas Guillaume mais bon courage et a pensé, sans doute, à une rencontre Meetic ou un blind date occasionnel. Je ne sais pas quelle tête avait ce double et si son ombre était réellement une déclinaison possible de la mienne (j'aime le penser) mais je me pose la question de savoir quelle a été, par la suite, la progression de sa journée. Peut-être l'envers de la mienne.



Plus tard, au Num, entre deux saumons, Juliette m'explique la poursuite du journal du brise-lames dont j'avais accueilli ici-même un épisode lors d'un vase communicant précédent. Je lui explique mon chômage tombé du ciel, la fin de Coup de tête. Je prononce même la phrase, très improbable mais bien réelle « je vendais des chiottes, et oui, sur internet ».

Un peu plus tard, après que Juliette soit repartie de son côté, achat du dernier Philippe Vasset. Achat aussi de Tanganyika Project, de Sylvain Prudhomme, sans doute pour fêter silencieusement l'annonce de la poursuite du Tigre.

samedi 25 septembre 2010

Fini

Je pourrais faire plus bref encore et relayer mon tweet de début d'après-midi.

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Je pourrais aussi faire plus long et détailler point par point toute la chronologie nécessaire à l'élaboration, la destruction, la réécriture et la finalisation de Coup de tête mais ce serait pure redite. Pour ça : explorez les liens, remontez les archives.

La dernière relecture était presque accessoire : sur liseuse pour faire tout comme, lentement et à cheval sur les parties pour avoir une bonne vision d'ensemble. Quasiment aucune modification, sinon des petits ajustements de typographie pure (sauts de lignes, essentiellement), quelques remplacements d'un mot pour un autre. Tout au plus trois ou quatre phrases supprimées (dont la dernière). Rien de bien méchant. Fallait juste s'assurer que c'était bon, juste vérifier une dernière fois au cas où. Désormais c'est chose faite.

La période de corrections & relectures en réalité a commencé début juin, après avoir terminé la partie écriture de la partie 4, la dernière. Entre cette date et aujourd'hui, 18 000 signes ont sauté, parce qu'il fallait, ramenant le poids total du truc à 300 000 signes environ. 5% du texte a donc été charcuté pour un meilleur impact, pour densifier la trame. J'en suis très satisfait. Enfin satisfait.

Je ne pense plus modifier quoi que soit, mais attendons de voir les retours des bêta lecteurs à qui j'ai envoyé ou vais envoyer le texte. Ensuite ce sera déjà hors de mes mains.

jeudi 23 septembre 2010

Lune - Nuit - Hélium

Je poursuis mon exploration viscérale de la banlieue de banlieue et tapant plus près de Paris, ligne A et non plus D, Vincennes, Fontenay sous bois, Joinville le pont. Rendez-vous hier anciens collègues pour comparer respectivement nos expériences de Pôle Emploi. J'explique Svetlana, ma conseillère perso à moi, qui tient à me voir tous les quinze jours et squatte depuis lundi déjà ma boite mail. Alors faire semblant de chercher quelque chose tout en s’évertuant de surtout, surtout, ne pas trouver. Je vis plutôt bien mon chômage (ou plutôt j'en profite).

Traverser de nuit banlieue de banlieue en bus démultiplie sans trop le vouloir le sens de la géographie. Ça veut dire le temps, ça veut dire l'espace, ça veut dire la lune qui rôde en haut comme un chaman rempli d'hélium. Serpenter dans la nuit, le béton minuscule, les bretelles autoroute, diffracte aussi la carte telle que je l'avais en tête ; j'en profite pour écouter podcast d'Eden matin midi et soir (Chloé Delaume via France Culture) et recommande vivement.
Vide, tu es je suis vide. L’esprit en appel d’air, organes fantoches et cœur aride. Une âme stérile, une voix de pierre. Des cailloux plein la bouche, des crachats de silex. Mais aucune étincelle n’affleure aux commissures, aucune, jamais.

(Voir aussi Arnaud Maïsetti pour lecture et écoute du podcast)
lune-helium.JPG

Coincé Gare de Lyon, comme le narrateur bien anonyme de Coup de tête je cherche Nil, Nil est nulle part, ou plutôt si, des Nils, c'est à dire des clodos, y en a partout, certains même n'en sont pas, ils puent l'alcool, ils dorment par terre. Gare de Lyon coincée la nuit ressemble en fait à Gare de Lyon ouverte le jour. Quelques corps en moins. Mais grosso modo la même absence de temporalité : la nuit, le jour, là-bas, sous terre, comme dans un Casino en fait, c'est juste exactement la même chose. La même lumière, les mêmes annonces. On fait, au fond, pas trop la différence. Est-ce que j'ai pensé ne serait-ce qu'une seconde aux risques d'attentat dans les transports ou même ailleurs, aux bombes disséminées partout sur, sous et dans les rails, les wagons, les caténaires, est-ce que j'en ai profité pour en construire une peur primaire de plus à ajouter au catalogue ? Même pas. J'y pense maintenant, mais a posteriori.

Coup de tête, deux mots, juste pour dire que la dernière des dernières relectures est en cours, se terminera d'ici demain, samedi au plus tard. Ensuite ce sera terminé, ça fait bizarre rien que de le penser, mais c'est bien vrai. Après je ferai lire.

Pour passer le temps dans la nuit tartinée au néon j'ouvre 79 carré nuit blancs de Jean Gilbert acheté au pif il y a un mois. Ce livre de poésie fiévreuse est en réalité une traversée en Insomnie. Je me rappelle lecture d'Arnaud Maïsetti, « Où que je sois encore... il y a quelques semaines et j'insomnise. Il faudra que je relise, faudra aussi en reparler.

vendredi 17 septembre 2010

17 sept.

Paris gare de Lyon en travaux : bientôt gare va s'extirper de l'ombre dans laquelle je l'ai fixée en écrivant Coup de tête. Ce n'est pas, en soit, un sacrifice puisque la gare telle que je l'ai arpentée en repérages et fréquentée au quotidien n'a jamais pu correspondre au lieu évoqué dans le texte, le temps du récit étant situé quelques années trop tôt. V. me demandait autrefois pourquoi ces détails liés aux lieux étaient si importants : je n'ai pas vraiment pu répondre à l'époque, je n'ai toujours pas la réponse aujourd'hui.

J'attends, Gare de Lyon, l'arrivée de E. au pied du TGV : c'est pour cette raison que je traverse encore cette gare. Rien à voir avec Coup de tête. E. arrive à l'heure, son TGV sur les épaules. Aux guichets, près des Départs Express Pro dont il est brièvement question dans la deuxième partie elle change son billet de retour. Midi différé quatorze heures mangeons thaï au Num proche les Halles. Plus loin Tuileries via le Louvre. Météo : soleil, 15 degrés de septembre. Je lui raconte mercredi, mon entretien Pôle Emploi. Les phrases retenues sont les suivantes : 
1) Pôle Emploi n'est pas là pour vous trouver du travail
2) les licenciés économiques comme vous ne sont pas comptabilisés dans les chiffres du chômage et
3) désormais c'est un cabinet privé qui va vous prendre en charge.
E. me parle de faire le tour du monde. Je lui dis tous les deux on se supporterait pas, quelque part ce serait marrant. Je lui dis je sais pas trop si faire un tour du monde ça me tenterait. Je lui dis tu crois pas qu'au fond on y retrouverait quand même notre même petite vie banale, même au bout du monde ? Elle me dit si. Derrière nous des mecs jouent au foot, se foutent à poil. Au cœur de Paris elle me déplie New York, la ville qui n'existe pas. Elle me parle de ceux qu'elle croise. Sans prononcer son nom, elle demande P., des nouvelles ? Je lui réponds nous avons disparu simultanément l'un pour l'autre. Peut-être, sans doute, est-ce une fiction factice de plus qu'il me faudra gommer. Et kiss bye boy n'existe plus.

Avant de repartir je lui demande si elle veut bien lire Coup de tête une fois que le truc sera bien terminé. Elle me laisse pas finir ma phrase pour accepter.

En quittant Gare de Lyon je me rends compte que tous les Escalators traversés aujourd'hui étaient inversés depuis mes derniers jours de boulot. Bizarre. Ça fait déjà un mois, ça fait à peine deux heures. 

mardi 7 septembre 2010

Potable #5

À quoi je joue, exactement, je saurais même pas dire. Si j'ai repris samedi le fil du texte en reprenant depuis le début c'était surtout pour

1) fragmenter le début pour mieux propulser le bonhomme (c'est bon, c'est fait) et
2) désépaissir le texte, comme chez coiffeur, en fait, sauf qu'à la place des cheveux, ben c'est des mots.

Et boom, repartir pour un tour, relire encore toute la partie 1 et m'arrêter tous les trois mots en sachant bien que c'est supportable mais pas vraiment aussi nickel qu'on l'aurait espéré. J'aurais voulu que ce soit parfait, terminé cette semaine et ne plus y revenir. Et quand je relis j'ai encore cet arrière-goût qui me pourrit la gorge : je sais au fond que le truc se tient mais c'est pas aussi abouti que ce que j'aurais voulu. Pourtant je sais pertinemment que toutes les corrections que je fais sont invisibles : susceptibles, d'ailleurs, d'être défaites à la prochaine lecture, parce que c'est accessoire. Parce que changer un mot ou un autre ne changera pas fondamentalement la nature du texte. Et parce qu'il faut j'apprenne à lâcher le truc, à dire : ok, c'est bon, c'est terminé. Et le faire lire à d'autres. Mais je m'enferme toujours dans cette idée d'une « dernière relecture, juste au cas où ». Au cas où quoi, ça, j'en sais rien, mais c'est pas grave. C'est d'autant plus pénible que seule la partie 1 me donne cette impression là. En relisant la partie 4, la semaine dernière et celle d'avant, j'étais persuadé d'être au bout du bout d'un processus vieux de quatre ans. Et d'avoir surtout porté mon écriture au bout d'elle-même (au bout de ce projet là, s'entend).

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Avec les archives que j'ai, je me dis, c'est à dire un fichier séparé correspondant à une séance de travail (soit grosso modo 500Mo de fichiers textes éparpillés), je pourrais aisément monter une installation qui montrerait plan par plan, fichier par fichier, séance après séance, l'évolution du texte, la prolifération des mots et, passé un cap donné au milieu du projet, qui correspondrait sans doute au troisième jet merdique produit fin 2007, une régression du texte, progressive et continue, jusqu'à ce que l'inévitable survienne, c'est à dire la suppression pure et simple, jour après jour, du texte entier. Peut-être qu'au bout du bout il resterait une phrase, un bouquet de phrases, ou quelques syllabes, des abréviations, un tweet, et puis pfffiout, plus rien, plus rien du tout, le silence une bonne fois pour toute : le-si-len-ce.

(Mais cette semaine je finirais, quand même et malgré tout.)

lundi 30 août 2010

Chute

Chute issue de Coup de tête partie 4, de celle qu'il faut couper pour pas enterrer le texte sous des monceaux de certitudes, sous des trop plein de cohérence. Je crois aussi (surtout) que ma lecture du Fond du ciel (comme Hilsenrath au mois de juin, comme Spanbauer l'étincelle) est arrivée au bon moment.
Nil, je pense.
Nil sait mieux que personne comment, putain, on fait ici pour pas crever. Comment, aussi, faut disparaître. Comment reprendre (mais à l'envers) le fil du temps. Le fil rouillé comme un rasoir qui s'appelle aussi la mémoire, je crois.

mercredi 25 août 2010

Nickel #3


Je suis pas surpris de savoir que si je le voulais : si je le voulais vraiment : je pourrais clore Coup de tête avant la fin de cette semaine. Bien sûr que je le sais. Bien sûr que je fais durer.

J'ai procédé hier à un découpage brutal du texte : c'est à dire que j'y ai glissé des pages blanches pour faire respirer un peu les phrases. Au fond j'ai fait qu'appliquer à l'ensemble du livre la fragmentation narrative mise en place pour la partie 4. À présent (j'espère) tout est plus équilibré, plus vrai, plus cohérent.

J'ai relu aujourd'hui l'intégralité de la partie 3, vraisemblablement bouclée. Quand je dis relu je veux dire lu : lu à voix haute. Pour voir si le texte suivait et si la gorge s'écorchait pas, parfois, sur des caillasses oubliées. C'est le cas (un peu), c'est corrigé. Le fichier d'enregistrement de cette lecture dure près d'une heure : une heure entière : j'aurais pas cru. Je pensais pas non plus en ressortir épuisé, tabassé par mon souffle, que je n'ai plus. À un moment dans la partie 3 le narrateur dit : «  la tête propulsée dans l'ailleurs de l'en haut : ça tangue ». Vraiment je pensais pas.

Derrière la partie 4 qui reste encore à relire (ensuite l'ensemble, réuni, et faire comme si c'était le livre d'un autre), étant la plus jeune, il est probable qu'elle ait droit à plus de corrections. Alors bien sûr que je pourrais finir cette semaine, faut plutôt se demander si j'en ai juste envie.

Comme je l'expliquais à H. avant hier : au fond, ces trucs, ces corrections que je fais, c'est juste des broutilles, rien pour changer véritablement le fondement, le corps, du texte. Alors autant y aller, finir, faire ça au mieux, et puis tout clore, comme si c'était le livre d'un autre, et passer vite vite à autre chose, complètement autre. Et tant pis si ça m'emmerde d'avoir à l'envoyer à droite, à gauche, et refaire le même cirque encore une fois.

dimanche 15 août 2010

Kinzoute

Faut que je m'entraîne à jouer du Kinzoute : quelques semaines de vacances blanches m'attendent. J'en ai eu la confirmation hier ou vendredi, la semaine de boulot qui arrive sera bien ma dernière. J'ai quelques papiers à remplir, quelques têtes à vider et simplement faire semblant d'être là (et y être).
Je réponds à l'enquête lancée par Christophe Petchanatz : « Pourquoi j'écris ? ». J'écris d'abord pour dissimuler ce que je pense réellement.

Lucien Suel, Versets de la bière, Dernier télégramme, P. 37.
Je pense occuper ma semaine en recopiant les récentes lettres recommandées AR reçues dans le cadre de ce licenciement à peu près propre pour les ajouter au fichier Prudhommes.rtf dont il est probable que je ne fasse rien.
on est grave --- on est franchement ringard --- on a le cerveau lavé bien profond --- on se regarde dans la glace --- on déborde sur les côtés --- on se fait son petit chorus pour la célébrité --- on se baigne dans l'eau recyclée régénérée réoxygénée --- les poissons aveugles stagnent à la sortie des égouts

P. 56
J'ai récupéré mon MacBook vendredi. Passé le week-end à faire des transferts de données, à réinstaller ce qui ne l'était plus. Le mac est neuf ou quasiment. J'ai gagné presque un an d'utilisation matériel en tapant dessus l'autre jour : c'est mal, oui (oui mais l'avait bien cherché).
Je ne crains pas l'ennui, ni l'adversité, n'attends rien des mutations de la société.
Je compare le terreau de mon jardin et la matière interstellaire. La mort des étoiles produit des atomes qui produiront d'autres étoiles.

P.60
J'ai repris hier les relectures et corrections de Coup de tête partie 3. Il n'y a rien (de neuf) à en dire. Ma deadline initiale a été compromise par le crash du MacBook et reportée d'un mois. Je me fixe à présent fin septembre pour finir. Après se poser la question du qu'en faire et du l'envoyer.
Avril 1997, Pays de Galles, liste des pubs dans lesquels j'ai bu des peintes de bière :
The Holly Bush (St Hillary, The Tavern, Mulligan's, King's Cross (Cardiff), Victoria Inn (Pen-y-Bont), Plough & Harrow (Nash Point)
O'Neill's, The Angel, The Pheasant (Bridgend), The Sawyer's Arms, Malsters Arms (Maesteg), Harry Ramsden's (Cardiff) ; c'est dans celui-ci que j'ai remporté le Harry Ramsden's Challenge : Avaler entièrement un gigantesque fish & chips.

P. 68
J'ai l'impression de prendre le Journal à l'envers : je n'y consigne pas ce que j'ai pu faire, j'anticipe sur les jours, semaines à venir. Des fois même je pipotte, je joue du Kinzoute, je remplis des vides. Je traverse aussi l'étonnant journal (1986 – 2006) de Lucien Suel, et donc il me traverse aussi. J'ai besoin d'autres journaux encore pour mieux vivre d'autres vies. Prochainement, une fois Omega Blue terminé et Fuir est une pulsion ouvert, je mettrai en ligne les archives du Journal préparées initialement pour Publie.net. Une version compilée 2006-2008, ni plus fictive ni moins fausse que la version actuellement en ligne, mais légèrement réécrite et réorganisée.

dimanche 25 juillet 2010

Crache

Si j’en crois les génies d’Apple, le crash du Macbook concernerait soit le disque dur, soit la carte mère, soit les deux. La garantie court jusqu’à fin septembre, je n’ai donc pas à me soucier du remplacement matériel. Ce qui me tord la tête, encore, c’est bien la question de la récupération des données.

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Après avoir tout essayé cette semaine et ce week-end qui était à ma portée, ne reste plus l’option, vraisemblable, d’une récupération chez des professionnels de la récupération. Autrement dit : ça fait ch(i)er. Et c’est cet entre-deux usant qui me retourne le crâne : entre l’absence de ces données et la possibilité d’une récupération possible : si tout espoir était perdu, au moins, dans ma colère, je n’aurais d’autre choix que de me plonger devant et me remettre petit à petit dans les mots. Mais ce n’est pas possible. Coup de tête est en arrêt complet. Tant que je n’aurais pas fait une croix sur la possibilité de récupérer la dernière version finalisée le week-end dernier, je ne pourrais pas le reprendre. Je ne pourrais donc pas tenir mes propres deadlines persos. Et je ne parviens pas à me mettre en conditions pour écrire autre chose : pour m’occuper la tête le temps de résoudre cette mécanique qui déraille.

Le cas de Prudhommes.rtf est différent. Je l’ai repris hier pour réécrire un mois plus tard ce qui a déjà été entamé. L'exercice est pénible au possible, car je suis incapable de reprendre le texte dans les détails, de là où je me trouve je n’ai maintenant plus que les grandes lignes. Mais je dois “profiter” d’être encore dedans pour recomposer ces dix pages, au cas où la récupération ne donne rien. Au pire, la récupération échoue et je pourrais me rabattre sur cette version de secours. Au mieux, la récupération est un succès et je peux me baser sur deux versions parallèles pour boucler un texte complet. Alors dans le doute je continue de recomposer ces notes, ces drafts, ces fragments pris en cour de route et qui me serviront de base de travail pour un projet futur. Quoiqu’il en soit je n’écris plus rien sur le DD du Dell prêté par H. pour dépanner. Tout fichier ouvert est saisi directement en ligne via Google docs. Je n’ai plus confiance en la mémoire statique. Idem pour les sauvegardes qu’on veut régulières mais qu’on oublie de poursuivre passés quelques mois de prudences. Si tout est en ligne, je risque peu.

mercredi 21 juillet 2010

Crash

Si le crash disque dur du Macbook survenu dimanche après l'attaque de Rafael Valls dans le Col de Pailhères mais avant le cirque Schleck / Contador dans l'ascension (comme il semblerait que cela se confirme dans les jours qui viennent) et si aucune récupération des données n'est possible, cela signifierait la perte de :

- 40 pages de corrections Coup de tête effectuées samedi ainsi que toutes les versions intermédiaires effectuées depuis septembre 2009
- 550 pages de journal quotidien non mis en ligne
- environ 130 fragments compilés d'Accident de personne
- 30 fragments du Livre des peurs primaires
- 5 pages de kiss bye boy
- environ 10 pages de Prudhommes.rtf
- tous les brouillons de tous les machins, écrits ou pensés
- tous les machins commencés, oubliés et jamais terminés
- tous les fichiers sources d'Omega-Blue, Qu'est-ce qu'un logement. et Fuir est une pulsion

C'est pas vraiment pire que le pire de mes cauchemars mais c'est pas terrible non plus : le pire est sauf (Coup de tête pas mort, Accident de personne éparpillé dans mes Ipod/Iphone) et toutes les pertes concernent surtout le back office : c'est à dire le labo du texte. Mais à suivre...

dimanche 18 juillet 2010

Nickel #2

J'ai trois jours de retard sur mon planning mental : autant dire que je suis dans les temps (ou presque). Je m'étais fixé le 15 pour clore les relectures de la partie 2 (Coup de tête) et je termine ce matin. Je suis donc dans les temps (ou presque).

La partie 2 était facile, je le savais avant de reprendre. Mises à part quelques virgules je n'ai pas touché grand chose. J'ai supprimé un peu (bien sûr), j'ai épuré encore le nombre de caractères récalcitrants, mais c'était clair déjà, c'était bien mis. J'ai juste un peu coupé ce qui dépassait derrière. Le prochain objectif, c'est fin juillet : la partie 3, elle aussi quasiment terminée. Je relirai quand même, pour être sûr.

En parallèle progresse la mise en page du site fantôme destiné à remplacer Omega Blue. J'ai changé le titre de la catégorie Journal, comme prévu, en Journal, etc. ou Journal (est une pulsion, etc.), ce qui revient au même. Dans la version compilation de mes journaux, journaux parallèles, journaux fictifs et journaux bis qui couvrent la période 2006 – 2008, le titre choisi devrait être le suivant : Fuir (journal, etc. 2006 – 2008).

lundi 5 juillet 2010

Symptomatique

Je suis pas triste parce que je perds mon boulot : je suis triste d'avoir à en chercher un autre. Rien n'est vrai, je peux pas encore en parler : disons simplement qu'un fichier nommé Prudhommes.rtf est apparu dans mes docs de travail. D'écriture j'entends.

Et je n'ai plus envie de lire : c'est symptomatique. Écrire, pas mieux. Ça va ensemble. Et c'est pile le moment chaud a négocier : faut enchainer tout de suite avec les relectures de Coup de tête 2 : faut pas attendre. Et faut foncer, foncer juste. Et j'ai que 24 ans bordel, 24 voire 22, c'est la rage que je devrais avoir, c'est violent que je devrais écrire et, pire, composer. Mais ce qui sort c'est juste du vide, du bon sinnlos en boite sans date de péremption. Je pensais que le taf c'était seulement alimentaire mais non : un bon moyen, 35 heures par semaine au moins, de me détourner de mon identité misérable.

Mais je bosse quand même. Je fais semblant. J'attends de voir filer ces deux derniers mois : ceux censés finir Coup de tête. En espérant ne pas les perdre et perdre encore du temps dans mes errances. En espérant reprendre demain le texte, le seul qui compte, et poursuivre imperturbable son épuration. Hier j'ai commencé. J'ai pas beaucoup coupé.

dimanche 27 juin 2010

Nickel

De potable atteindre nickel : visiblement deux semaines sont nécessaires. La partie 1 de Coup de tête est enfin bonne pour la casse : pour l'impression. J'ai terminé ce qu'il fallait terminer avant fin juin. Suis dans les temps. Ai même fait lire à H. les passages qui accrochaient encore et j'ai trouvé ce que j'y cherchais : la certitude qu'à part peut-être deux/trois virgules y aura plus rien à modifier.

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Les derniers doutes portaient notamment sur l'incipit : le vrai : hors prologue. Comment bien propulser le bonhomme ? Il a fallu pour ça s'arracher les cheveux et changer un mot à la fois par petites touches. Les dernières étapes de transition, entre le week-end dernier et ce week-end, sont les suivantes :
1 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même mouvement. Alors je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.

2 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même| Je pète la porte sans la claquer, avale les marches brûlantes, évite l'ascenseur. Je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.

3 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut| Péter la porte sans la claquer, avaler les marches brûlantes, éviter l'ascenseur : je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.
Alors ce qu'on garde c'est l'infinitif. Comme ça que le texte part mieux, comme ça qu'on sent que le truc se propage bien. Après le mouvement est donné et le reste peut suivre.

La chaleur du texte d'ailleurs sort de l'écran pour peser lourd au dernier étage : mis à part les échos saturés de RNB de masse du voisin d'en face (on contre en mettant plein pot par la fenêtre La reine de la nuit version Florence Foster Jenkins) on n'entend plus que les vibrations des ventilos (tous : les vrais et ceux des ordis qui crachotent). Chaleur qui me ferait presque oublier qu'hier H. m'explique que Fuites chroniques comme titre du prochain blog ça passe moyen : paraîtrait que ça évoquerait plutôt des fuites urinaires ! Genre beaucoup ?, je lui demande. Genre beaucoup, il répond. Genre pire que Les gouttes de Dieu ?, je lui demande. Genre presque, il répond. Depuis je ne pense qu'à ça en voyant le titre. Serai sûrement bien obliger de le changer, sans doute en Journal, etc., plus sobre. On n'en est pas encore là mais ce serait bien que le blog soit prêt avant la fin de Coup de tête.

Cette semaine j'attaquerai la partie 2, et je sais qu'il y a peu à reprendre, rafraîchir les dialogues, couper un peu dans le ventre-mou sûrement, ça devrait aller vite.

lundi 21 juin 2010

Die terrified

J'ai les yeux secs, caressés par la craie. La tête trainée par terre sur un terrain stabilisé. Des épines de suie suspendues sous les paupières. Scotchées à l'envers. Attendent que l'oeil cligne pour éventrer la cornée. La banlieue de banlieue défile : je cherche des métaphores : j'en trouve.

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Le mois de juin est glacial : même à pieds, de St Lazare à Porte de Clichy, une demi-heure, Mappy collé au nez, je sue des sueurs froides. J'ouvre la fenêtre en arrivant au bureau une demi-heure en retard. Mon t-shirt noir dit : « I'd rather die terrified than live forrever » et je le pense. Je ferme la fenêtre en allumant l'ordi. Une voix téléphonée m'explique que d'homme à homme on se comprend pas, que je suis sûrement pas, moi, sur le terrain, que je suis sans doute derrière un bureau, que le terrain c'est sûr je connais pas. Je réponds oui je suis derrière un bureau. Oui je mets des croix dans des cases. C'est comme ça. Pas la première fois qu'on nous sort que le terrain on connaît pas, qu'on vit vraiment dans le virtuel. Je sais pas quoi répondre. Mon terrain à moi, ben c'est l'écran. Voilà ce que j'aurais envie de répondre. À la place je réponds rien. Je réponds pire : soit, ok.

Repris ce matin Isidoro, d'Audrey Lemieux. J'explique à P. le truc du livre. C'est une vision fictive de Lautréamont, je lui dis, une version homosexualisée. C'est tout ce que tu retiens ?, il me demande. Et je réponds non : c'est ce que j'ai bien envie de retenir. Ensuite P. plus là répond plus rien. Le mot correct aurait plutôt été « vampirisée », en fait. Ailleurs le texte éclabousse un peu de sang sur la chemise du voisin d'en face (train fuyant dans la banlieue de banlieue) : peut-être pas du sang (d'ailleurs), plutôt de la fraise ou du sirop (de fraise). En face de lui qui pionce ça sent la naphtaline : ça veut dire que ça sent bien vieux, pas forcément la naphtaline : d'ailleurs comment décrire l'odeur inconnue ? : simplement juste ça sent bien vieux et je décide de le savoir : ça sentira la naphtaline.

Coup de tête aujourd'hui, demain, repose. Mercredi relire encore la partie 1 et puis trancher. Faudra finir avant fin juin, ensuite passer à la 2.

samedi 19 juin 2010

Potable #4

Contrairement aux espérances d'hier, non seulement j'ai rien corrigé de ce que j'aurais dû, mais j'ai en plus créé de nouveaux problèmes, de nouvelles saloperies qui collent plus, alors j'ai mal à la gorge et je perds bien mon temps.

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