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Tag - Coup de tête

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lundi 30 août 2010

Chute

Chute issue de Coup de tête partie 4, de celle qu'il faut couper pour pas enterrer le texte sous des monceaux de certitudes, sous des trop plein de cohérence. Je crois aussi (surtout) que ma lecture du Fond du ciel (comme Hilsenrath au mois de juin, comme Spanbauer l'étincelle) est arrivée au bon moment.
Nil, je pense.
Nil sait mieux que personne comment, putain, on fait ici pour pas crever. Comment, aussi, faut disparaître. Comment reprendre (mais à l'envers) le fil du temps. Le fil rouillé comme un rasoir qui s'appelle aussi la mémoire, je crois.

mercredi 25 août 2010

Nickel #3


Je suis pas surpris de savoir que si je le voulais : si je le voulais vraiment : je pourrais clore Coup de tête avant la fin de cette semaine. Bien sûr que je le sais. Bien sûr que je fais durer.

J'ai procédé hier à un découpage brutal du texte : c'est à dire que j'y ai glissé des pages blanches pour faire respirer un peu les phrases. Au fond j'ai fait qu'appliquer à l'ensemble du livre la fragmentation narrative mise en place pour la partie 4. À présent (j'espère) tout est plus équilibré, plus vrai, plus cohérent.

J'ai relu aujourd'hui l'intégralité de la partie 3, vraisemblablement bouclée. Quand je dis relu je veux dire lu : lu à voix haute. Pour voir si le texte suivait et si la gorge s'écorchait pas, parfois, sur des caillasses oubliées. C'est le cas (un peu), c'est corrigé. Le fichier d'enregistrement de cette lecture dure près d'une heure : une heure entière : j'aurais pas cru. Je pensais pas non plus en ressortir épuisé, tabassé par mon souffle, que je n'ai plus. À un moment dans la partie 3 le narrateur dit : «  la tête propulsée dans l'ailleurs de l'en haut : ça tangue ». Vraiment je pensais pas.

Derrière la partie 4 qui reste encore à relire (ensuite l'ensemble, réuni, et faire comme si c'était le livre d'un autre), étant la plus jeune, il est probable qu'elle ait droit à plus de corrections. Alors bien sûr que je pourrais finir cette semaine, faut plutôt se demander si j'en ai juste envie.

Comme je l'expliquais à H. avant hier : au fond, ces trucs, ces corrections que je fais, c'est juste des broutilles, rien pour changer véritablement le fondement, le corps, du texte. Alors autant y aller, finir, faire ça au mieux, et puis tout clore, comme si c'était le livre d'un autre, et passer vite vite à autre chose, complètement autre. Et tant pis si ça m'emmerde d'avoir à l'envoyer à droite, à gauche, et refaire le même cirque encore une fois.

dimanche 15 août 2010

Kinzoute

Faut que je m'entraîne à jouer du Kinzoute : quelques semaines de vacances blanches m'attendent. J'en ai eu la confirmation hier ou vendredi, la semaine de boulot qui arrive sera bien ma dernière. J'ai quelques papiers à remplir, quelques têtes à vider et simplement faire semblant d'être là (et y être).
Je réponds à l'enquête lancée par Christophe Petchanatz : « Pourquoi j'écris ? ». J'écris d'abord pour dissimuler ce que je pense réellement.

Lucien Suel, Versets de la bière, Dernier télégramme, P. 37.
Je pense occuper ma semaine en recopiant les récentes lettres recommandées AR reçues dans le cadre de ce licenciement à peu près propre pour les ajouter au fichier Prudhommes.rtf dont il est probable que je ne fasse rien.
on est grave --- on est franchement ringard --- on a le cerveau lavé bien profond --- on se regarde dans la glace --- on déborde sur les côtés --- on se fait son petit chorus pour la célébrité --- on se baigne dans l'eau recyclée régénérée réoxygénée --- les poissons aveugles stagnent à la sortie des égouts

P. 56
J'ai récupéré mon MacBook vendredi. Passé le week-end à faire des transferts de données, à réinstaller ce qui ne l'était plus. Le mac est neuf ou quasiment. J'ai gagné presque un an d'utilisation matériel en tapant dessus l'autre jour : c'est mal, oui (oui mais l'avait bien cherché).
Je ne crains pas l'ennui, ni l'adversité, n'attends rien des mutations de la société.
Je compare le terreau de mon jardin et la matière interstellaire. La mort des étoiles produit des atomes qui produiront d'autres étoiles.

P.60
J'ai repris hier les relectures et corrections de Coup de tête partie 3. Il n'y a rien (de neuf) à en dire. Ma deadline initiale a été compromise par le crash du MacBook et reportée d'un mois. Je me fixe à présent fin septembre pour finir. Après se poser la question du qu'en faire et du l'envoyer.
Avril 1997, Pays de Galles, liste des pubs dans lesquels j'ai bu des peintes de bière :
The Holly Bush (St Hillary, The Tavern, Mulligan's, King's Cross (Cardiff), Victoria Inn (Pen-y-Bont), Plough & Harrow (Nash Point)
O'Neill's, The Angel, The Pheasant (Bridgend), The Sawyer's Arms, Malsters Arms (Maesteg), Harry Ramsden's (Cardiff) ; c'est dans celui-ci que j'ai remporté le Harry Ramsden's Challenge : Avaler entièrement un gigantesque fish & chips.

P. 68
J'ai l'impression de prendre le Journal à l'envers : je n'y consigne pas ce que j'ai pu faire, j'anticipe sur les jours, semaines à venir. Des fois même je pipotte, je joue du Kinzoute, je remplis des vides. Je traverse aussi l'étonnant journal (1986 – 2006) de Lucien Suel, et donc il me traverse aussi. J'ai besoin d'autres journaux encore pour mieux vivre d'autres vies. Prochainement, une fois Omega Blue terminé et Fuir est une pulsion ouvert, je mettrai en ligne les archives du Journal préparées initialement pour Publie.net. Une version compilée 2006-2008, ni plus fictive ni moins fausse que la version actuellement en ligne, mais légèrement réécrite et réorganisée.

dimanche 25 juillet 2010

Crache

Si j’en crois les génies d’Apple, le crash du Macbook concernerait soit le disque dur, soit la carte mère, soit les deux. La garantie court jusqu’à fin septembre, je n’ai donc pas à me soucier du remplacement matériel. Ce qui me tord la tête, encore, c’est bien la question de la récupération des données.

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Après avoir tout essayé cette semaine et ce week-end qui était à ma portée, ne reste plus l’option, vraisemblable, d’une récupération chez des professionnels de la récupération. Autrement dit : ça fait ch(i)er. Et c’est cet entre-deux usant qui me retourne le crâne : entre l’absence de ces données et la possibilité d’une récupération possible : si tout espoir était perdu, au moins, dans ma colère, je n’aurais d’autre choix que de me plonger devant et me remettre petit à petit dans les mots. Mais ce n’est pas possible. Coup de tête est en arrêt complet. Tant que je n’aurais pas fait une croix sur la possibilité de récupérer la dernière version finalisée le week-end dernier, je ne pourrais pas le reprendre. Je ne pourrais donc pas tenir mes propres deadlines persos. Et je ne parviens pas à me mettre en conditions pour écrire autre chose : pour m’occuper la tête le temps de résoudre cette mécanique qui déraille.

Le cas de Prudhommes.rtf est différent. Je l’ai repris hier pour réécrire un mois plus tard ce qui a déjà été entamé. L'exercice est pénible au possible, car je suis incapable de reprendre le texte dans les détails, de là où je me trouve je n’ai maintenant plus que les grandes lignes. Mais je dois “profiter” d’être encore dedans pour recomposer ces dix pages, au cas où la récupération ne donne rien. Au pire, la récupération échoue et je pourrais me rabattre sur cette version de secours. Au mieux, la récupération est un succès et je peux me baser sur deux versions parallèles pour boucler un texte complet. Alors dans le doute je continue de recomposer ces notes, ces drafts, ces fragments pris en cour de route et qui me serviront de base de travail pour un projet futur. Quoiqu’il en soit je n’écris plus rien sur le DD du Dell prêté par H. pour dépanner. Tout fichier ouvert est saisi directement en ligne via Google docs. Je n’ai plus confiance en la mémoire statique. Idem pour les sauvegardes qu’on veut régulières mais qu’on oublie de poursuivre passés quelques mois de prudences. Si tout est en ligne, je risque peu.

mercredi 21 juillet 2010

Crash

Si le crash disque dur du Macbook survenu dimanche après l'attaque de Rafael Valls dans le Col de Pailhères mais avant le cirque Schleck / Contador dans l'ascension (comme il semblerait que cela se confirme dans les jours qui viennent) et si aucune récupération des données n'est possible, cela signifierait la perte de :

- 40 pages de corrections Coup de tête effectuées samedi ainsi que toutes les versions intermédiaires effectuées depuis septembre 2009
- 550 pages de journal quotidien non mis en ligne
- environ 130 fragments compilés d'Accident de personne
- 30 fragments du Livre des peurs primaires
- 5 pages de kiss bye boy
- environ 10 pages de Prudhommes.rtf
- tous les brouillons de tous les machins, écrits ou pensés
- tous les machins commencés, oubliés et jamais terminés
- tous les fichiers sources d'Omega-Blue, Qu'est-ce qu'un logement. et Fuir est une pulsion

C'est pas vraiment pire que le pire de mes cauchemars mais c'est pas terrible non plus : le pire est sauf (Coup de tête pas mort, Accident de personne éparpillé dans mes Ipod/Iphone) et toutes les pertes concernent surtout le back office : c'est à dire le labo du texte. Mais à suivre...

dimanche 18 juillet 2010

Nickel #2

J'ai trois jours de retard sur mon planning mental : autant dire que je suis dans les temps (ou presque). Je m'étais fixé le 15 pour clore les relectures de la partie 2 (Coup de tête) et je termine ce matin. Je suis donc dans les temps (ou presque).

La partie 2 était facile, je le savais avant de reprendre. Mises à part quelques virgules je n'ai pas touché grand chose. J'ai supprimé un peu (bien sûr), j'ai épuré encore le nombre de caractères récalcitrants, mais c'était clair déjà, c'était bien mis. J'ai juste un peu coupé ce qui dépassait derrière. Le prochain objectif, c'est fin juillet : la partie 3, elle aussi quasiment terminée. Je relirai quand même, pour être sûr.

En parallèle progresse la mise en page du site fantôme destiné à remplacer Omega Blue. J'ai changé le titre de la catégorie Journal, comme prévu, en Journal, etc. ou Journal (est une pulsion, etc.), ce qui revient au même. Dans la version compilation de mes journaux, journaux parallèles, journaux fictifs et journaux bis qui couvrent la période 2006 – 2008, le titre choisi devrait être le suivant : Fuir (journal, etc. 2006 – 2008).

lundi 5 juillet 2010

Symptomatique

Je suis pas triste parce que je perds mon boulot : je suis triste d'avoir à en chercher un autre. Rien n'est vrai, je peux pas encore en parler : disons simplement qu'un fichier nommé Prudhommes.rtf est apparu dans mes docs de travail. D'écriture j'entends.

Et je n'ai plus envie de lire : c'est symptomatique. Écrire, pas mieux. Ça va ensemble. Et c'est pile le moment chaud a négocier : faut enchainer tout de suite avec les relectures de Coup de tête 2 : faut pas attendre. Et faut foncer, foncer juste. Et j'ai que 24 ans bordel, 24 voire 22, c'est la rage que je devrais avoir, c'est violent que je devrais écrire et, pire, composer. Mais ce qui sort c'est juste du vide, du bon sinnlos en boite sans date de péremption. Je pensais que le taf c'était seulement alimentaire mais non : un bon moyen, 35 heures par semaine au moins, de me détourner de mon identité misérable.

Mais je bosse quand même. Je fais semblant. J'attends de voir filer ces deux derniers mois : ceux censés finir Coup de tête. En espérant ne pas les perdre et perdre encore du temps dans mes errances. En espérant reprendre demain le texte, le seul qui compte, et poursuivre imperturbable son épuration. Hier j'ai commencé. J'ai pas beaucoup coupé.

dimanche 27 juin 2010

Nickel

De potable atteindre nickel : visiblement deux semaines sont nécessaires. La partie 1 de Coup de tête est enfin bonne pour la casse : pour l'impression. J'ai terminé ce qu'il fallait terminer avant fin juin. Suis dans les temps. Ai même fait lire à H. les passages qui accrochaient encore et j'ai trouvé ce que j'y cherchais : la certitude qu'à part peut-être deux/trois virgules y aura plus rien à modifier.

nickel.png

Les derniers doutes portaient notamment sur l'incipit : le vrai : hors prologue. Comment bien propulser le bonhomme ? Il a fallu pour ça s'arracher les cheveux et changer un mot à la fois par petites touches. Les dernières étapes de transition, entre le week-end dernier et ce week-end, sont les suivantes :
1 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même mouvement. Alors je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.

2 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut fermer la porte et la retenir dans le même| Je pète la porte sans la claquer, avale les marches brûlantes, évite l'ascenseur. Je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.

3 - Parler de Jour J maintenant, c'est n'avoir rien compris à la chronologie, c'est croire qu'on peut| Péter la porte sans la claquer, avaler les marches brûlantes, éviter l'ascenseur : je sors le dos en sueur, déjà, et sueur idem, depuis deux ans qu'elle coule.
Alors ce qu'on garde c'est l'infinitif. Comme ça que le texte part mieux, comme ça qu'on sent que le truc se propage bien. Après le mouvement est donné et le reste peut suivre.

La chaleur du texte d'ailleurs sort de l'écran pour peser lourd au dernier étage : mis à part les échos saturés de RNB de masse du voisin d'en face (on contre en mettant plein pot par la fenêtre La reine de la nuit version Florence Foster Jenkins) on n'entend plus que les vibrations des ventilos (tous : les vrais et ceux des ordis qui crachotent). Chaleur qui me ferait presque oublier qu'hier H. m'explique que Fuites chroniques comme titre du prochain blog ça passe moyen : paraîtrait que ça évoquerait plutôt des fuites urinaires ! Genre beaucoup ?, je lui demande. Genre beaucoup, il répond. Genre pire que Les gouttes de Dieu ?, je lui demande. Genre presque, il répond. Depuis je ne pense qu'à ça en voyant le titre. Serai sûrement bien obliger de le changer, sans doute en Journal, etc., plus sobre. On n'en est pas encore là mais ce serait bien que le blog soit prêt avant la fin de Coup de tête.

Cette semaine j'attaquerai la partie 2, et je sais qu'il y a peu à reprendre, rafraîchir les dialogues, couper un peu dans le ventre-mou sûrement, ça devrait aller vite.

lundi 21 juin 2010

Die terrified

J'ai les yeux secs, caressés par la craie. La tête trainée par terre sur un terrain stabilisé. Des épines de suie suspendues sous les paupières. Scotchées à l'envers. Attendent que l'oeil cligne pour éventrer la cornée. La banlieue de banlieue défile : je cherche des métaphores : j'en trouve.

homereyes.jpg

Le mois de juin est glacial : même à pieds, de St Lazare à Porte de Clichy, une demi-heure, Mappy collé au nez, je sue des sueurs froides. J'ouvre la fenêtre en arrivant au bureau une demi-heure en retard. Mon t-shirt noir dit : « I'd rather die terrified than live forrever » et je le pense. Je ferme la fenêtre en allumant l'ordi. Une voix téléphonée m'explique que d'homme à homme on se comprend pas, que je suis sûrement pas, moi, sur le terrain, que je suis sans doute derrière un bureau, que le terrain c'est sûr je connais pas. Je réponds oui je suis derrière un bureau. Oui je mets des croix dans des cases. C'est comme ça. Pas la première fois qu'on nous sort que le terrain on connaît pas, qu'on vit vraiment dans le virtuel. Je sais pas quoi répondre. Mon terrain à moi, ben c'est l'écran. Voilà ce que j'aurais envie de répondre. À la place je réponds rien. Je réponds pire : soit, ok.

Repris ce matin Isidoro, d'Audrey Lemieux. J'explique à P. le truc du livre. C'est une vision fictive de Lautréamont, je lui dis, une version homosexualisée. C'est tout ce que tu retiens ?, il me demande. Et je réponds non : c'est ce que j'ai bien envie de retenir. Ensuite P. plus là répond plus rien. Le mot correct aurait plutôt été « vampirisée », en fait. Ailleurs le texte éclabousse un peu de sang sur la chemise du voisin d'en face (train fuyant dans la banlieue de banlieue) : peut-être pas du sang (d'ailleurs), plutôt de la fraise ou du sirop (de fraise). En face de lui qui pionce ça sent la naphtaline : ça veut dire que ça sent bien vieux, pas forcément la naphtaline : d'ailleurs comment décrire l'odeur inconnue ? : simplement juste ça sent bien vieux et je décide de le savoir : ça sentira la naphtaline.

Coup de tête aujourd'hui, demain, repose. Mercredi relire encore la partie 1 et puis trancher. Faudra finir avant fin juin, ensuite passer à la 2.

samedi 19 juin 2010

Potable #4

Contrairement aux espérances d'hier, non seulement j'ai rien corrigé de ce que j'aurais dû, mais j'ai en plus créé de nouveaux problèmes, de nouvelles saloperies qui collent plus, alors j'ai mal à la gorge et je perds bien mon temps.

vendredi 18 juin 2010

Potable #3

Le problème c'est que ça l'est pas (potable), que c'est encore mal greffé, cicatrices visibles. C'est (aussi) le problème des lectures partielles sur liseuse : en passant au format livre, on s'attend forcément (plus ou moins consciemment d'ailleurs) à être enfin convaincu. C'est bon, on se dirait, lecture nickelle, on se dirait, on touche plus rien et on y va. Et justement parce que ces pensées là viennent pas ou peinent à venir on grince un peu.

Le point positif, c'est que je sais encore exactement ce qui tourne pas rond, ce qu'il faut changer et même comment. Le point négatif c'est que des trucs à changer y en aurait encore beaucoup. Et que c'est que la partie 1, que derrière elle y en a trois autres. 

Réponse bien simple à apporter : neuf pages en moins c'était trop peu, faudrait encore en couper deux ou trois pour tendre mieux que ça le texte. Désengorger le debut, trop long, trancher aussi la question du prologue (garder ou pas ?). Derrière et hors de ça c'est des histoires de dialogues à affiner encore, des passages précis qui seraient trop mous : des détails.

Alors pour pas encore prendre un an, six mois dans la vue, je fixe au pif des dates butoires. J'ai relu dans le train cette semaine. Réécrit deux fois en rentrant du boulot, dont une hier avant le grand matche. Le point de fuite maintenant m'amène fin du weekend : terminer une autre version de la partie 1 dimanche pour lire encore pendant la semaine et corriger. L'autre deadline ce serait 31 aout. Finir le truc une bonne fois pour toute à cette date là. Finir,finir, finir : plus que ce mot là à la tête maintenant.  

lundi 14 juin 2010

Potable #2

Ce que j'ai pas dit hier, mais qui aurait pu sortir, c'est que Coup de tête au fond doit bien rester tendu sec et pas perdre en intensité. Plus important bien sûr que des histoires de dialogue ou des bouts de phrase qu'on ampute. Pour ça aussi qu'il a fallu casser net dans ces neuf pages, pas forcément plus mauvaises que d'autres (un peu quand même), pas forcément plus à côté de la plaque que le reste (un peu quand même) mais parce que ça détendait le fil du récit. Alors pour garder la tension faut juste jeter ce qui va distraire, et même ce qu'on aimerait garder parce qu'on aime bien, surtout ce qu'on aimerait garder parce qu'on aime bien : parce qu'on sait bien que le vrai truc est ailleurs.

dimanche 13 juin 2010

Potable

Relire encore Coup de tête (toujours), finir la première partie, c'était l'objectif du week-end, plus ou moins respecté. Disons que j'ai atteint ce soir une « version potable », bonne base de travail pour terminer, sans doute, plus tard. Mais la partie 1 nécessitait beaucoup de passages, alors retour aux fondamentaux, c'est à dire une technique qui a fait ses preuves : premier passage, surligner tout ce qui colle pas et deuxième passage le corriger, le réécrire. C'est tout. Dix rotations dans la journée. Souvent les phrases qui accrochent sont celles qui sont réécrites à chaque rotation. Signe que ça sert d'insister. Signe qu'on comprend ce qu'on fait et où ça bloque.

potable2.png

Décision prise également : supprimer tous les tirets de dialogue, intégrer la parole au texte, détail qui collait pas et que je sentais depuis des mois sans vraiment comprendre comment mettre le doigt dessus. La lecture de Fuck America, malgré tout, m'a apporté ce regard neuf sur les dialogues, ce qui me manquait pour les dépoussiérer sans copier/coller pour autant.

potable1.jpg

Et pas se fier à l'arrière-goût maussade qui traîne encore quand on n'a pas le texte sous les yeux : savoir que cette impression est pas loin d'être fausse, que c'est pas un point de vue honnête. Alors on va reprendre encore les rotations pour hisser la partie 1 au niveau des autres, faire un tout homogène. J'expliquais il y a quelques jours qu'une dizaine de pages devait être coupée pour que la partie 1 fonctionne et je suis pas loin du compte : neuf pages ont sauté depuis début mai.

mercredi 9 juin 2010

100609

Poursuivons dans les chiffres : 6 boites de deux fois 8 comprimés de Daffalgan 1G pour faire des stocks. Je sais plus combien ça m'a coûté : j'ai payé sans voir. C'est ma drogue blanche fictive dorsale en comprimés. Dorsale parce que je sais pas. Fictive parce que c'est pas vrai. Blanche parce que chaleur faisant migraine repart et perce molle en fin de journée, revient par derrière et tombe sur les yeux : je sais enfin ce que ça fait l'impression de vomir par les orbites, sauf que c'est une image donc c'est pas vrai. D'ailleurs c'est pas si nocif que ça et le sang pulsé part vite et tape même pas, comme il devrait, et même baiser ça booste pas la douleur alors qu'est-ce qu'il y a à comprendre ? H. me dit : c'est dégueulasse de te faire porter le chapeau, je dis : quel chapeau ? H. me dit : tu devrais consulter pour ta tête et je dis : je veux pas vraiment plus avoir mal.

Lu dans le train (aller / retour) biographie succincte de David Foster Wallace (The Lost Years & Last Days of David Foster Wallace, par David Lipsky) dont je n'ai jusque là jamais lu le moindre mot. L'article traduit est paru dans le premier Zanzibar Quarterly (« tirage limité à 1500 exemplaires, c'est le moment de vous le procurer ») dont je reparlerai sans doute. D'ici là, motus.

Croisé aussi des corps sans vie bien zombifiés qui traînaient leurs peaux sur des dizaines de quais. Peur primaire n'apparaît pas, mais David Menear écrit dans une de ses cartes postales : « Les corps croisés par coeur c'est des cancers bien mis. », ouais, alors je me rappelle la phrase. Je me demande combien de corps croisés sens inverse me voient pendant que moi je les vois pas. Faudrait compter. Arrêter et reprendre chaque fois qu'on se perd dans les chiffres. Arrêter souvent, reprendre idem.

Pensé à Coup de tête sans pourtant peser le moindre mot. Me suis dit que si je continuais la découpe de la partie 1 (faudrait encore charcuter dix pages, je pense, mais pas dix pages de suite, dix pages disséminées entre les phrases, entre les mots, des soixante autres) Coup de tête ça tiendrait plus que sur un timbre poste. Et ça dirait quoi ? Que ma main, main droite, me chope la gorge ? Que je compte les corps en sens inverse ? Que je plante la chair dans le moignon ou le moignon dans la chair ? Qu'Ajay attend à côté de moi muet comme on pourrait pas dire ? Peut-être bien.

J'ai pas dormi la nuit dernière, j'ai mal aux yeux. Ce temps d’insomnie tombé au pif, l'aurait fallu l'utiliser pour mieux écrire, travailler un peu, mais je l'ai pas fait. Hausse les épaules. Pourtant là qu'on est le plus efficace, le plus dévoué : quand la fatigue retire aux gestes, aux têtes, tous les moulinets inutiles.

P. aussi s'enterre dans son mutisme : pas de mail, rien. Moi non plus d'ailleurs. D'ailleurs j'ai pas ouvert ma boite mail en question. D'ailleurs même pas envie de le faire.

dimanche 6 juin 2010

6393

Numéro du TGV du jour. Étudiants japonais investissent le wagon et je me dis que peut-être ce serait cool d'en vrai encore être étudiant. Ou que ce que serait cool de partir vivre à l'étranger le temps d'y croire et d'oublier que ça aurait pu être différent. Plus loin Bronsky fait portier de nuit pendant trois semaines (Fuck America) et je me dis que peut-être ce serait cool de bosser de nuit pendant trois semaines. Plus loin corps voisin monté gare de Perrache traverse le sas Converse noires montantes aux chevilles et je me dis que peut-être ce serait cool, etc.

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Je relis encore Coup de tête, j'y comprends rien : tout est à chier depuis que je lis Hilsenrath : fuck lui. Larbaud au moins était envahissant, lourd à traîner, ok, mais avec lui j'avais pas ce problème. Dans le train aussi difficulté à se concentrer. Faut être ailleurs. Faut mieux bosser.

Vendredi vu L. et I. pour une soirée. Pas vu L. depuis quoi ? des années ? Je lui dis salut. Prends des nouvelles. Elle me demande où j'en suis maintenant : la dernière fois qu'on s'est vu tu vendais des machins sur Internet. Je lui dis putain mon Journal est en ligne et t'es même pas foutue d'avoir accès à ma vie privée ? Puis je lui explique. C'est à dire que je sais plus trop où je suis ni trop où je vais ni quand. Elle me ramène dans sa voiture en panne. Me dit faudra se revoir.

Le contrôleur du 6393 me dit franchement faudra changer la photo de la carte 12-25 parce qu'on n'a plus 16 ans. Lui réponds que j'ai pas demandé à plus l'être.

Voisine de droite chiale retournée contre sa vitre place 80. Elle vérifie de temps en temps qu'autour on l'entend bien chialer et qu'on est là. Voilà maintenant qu'elle me demande un kleenex.

Aperçu hier P. comme Pierrot qui s'endormait quand il m'a vu. J'ai pris des photos à bout portant droit sur l'écran, droit sur la cam quand il dormait. J'ai pas cadré le visage, enfin je crois pas. Je crois plus qu'il pourra être mon personnage de kiss bye boy qui est un ado, certes, mais qui n'est pas lui, et surtout qui est ailleurs. Et puis kiss bye boy n'existe pas, c'est juste un titre avec des notes que je complète des fois. Tout à l'heure corrigé le fichier, j'y ai supprimé toute la ponctuation, j'arrive à trois pages titre compris, alors on est nulle part. D'ailleurs il me parle par monosyllabe et il s'endort encore. Je lui dis bonne nuit Pierrot et me déconnecte. Torse nu figé sur la cam qui freeze quand on éteint.

J'aimerais juste être partout où je suis pas (c'est à dire à côté) mais quand je bouge y a tout qui suit, alors je râle. J'ai dit hier la fameuse phrase à P. : « rien ne sera jamais possible entre nous parce que je suis marié ».

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