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mercredi 3 mars 2010

Tétris

Je n'ai pas mis les bons verres, pourtant c'est les bons, peut-être un problème de pupille alors, ou de filtre directement déposé sur le panorama frontal. J'ai l'impression de marcher sur des tessons de bouteille, de flotter contretemps entre deux air. Le décor bouge mais ce ne sont pas des vertiges. Mon abonnement Publie.net se termine. J'ai émergé d'un rêve où la mort d'un anonyme remplissait tout l'écran : encore un deuil que je ne pourrais jamais connaître mais qui lui me traverse. Dans l'après-midi une voix téléphonique me dit « vous êtes merdique ». Moi perdu entre deux lignes tableurs sur mon écran, confondues puis retournées, brouillées déjà dans ma tête, je lui réponds « oui quelque chose », sans me débattre, signe que déjà je sais, j'avoue, j'assume, je suis merdique et toutes mes voix ont raison. Au retour je laisse le Pont de l'Alma me mener par le bout : je m'y perds, vaincu déjà par les microfictions. Je cherche ce que je lirai ensuite. Je n'ai pas trouvé. Sur l'Iphone je traque application utile pour dissiper l'ennui : existe en version payante 7.99€ un Tétris érotique où les corps s'empilent, ce qui me rappelle une scène particulière d'Heavy Rain, mais à l'envers. Hier je me suis dit peut-être écrire une fable où des corps tomberaient inanimés du ciel et il faudrait que tu les répares.

lundi 22 février 2010

100222

odoramaiphone.jpgRéveillé 4h30 par ce qu'on peut appeler une rupture de sommeil : d'un coup les yeux ouverts, d'un coup blanc dans la tête, d'un coup pulsé dans les épaules comme endorphines, endorphines convulsées. Je tourne ensuite et tourne encore : éventre des rêves agressifs dans lesquels je me frotte, épines et os pointus, contre la peau des autres mais ça ne passe pas. Levé 6h30. Averse. Trop chaud et dix degrés déjà. Clodo (jeune) me dit bouge-toi, me faut 10 000€. Clodo (vieux) me demande 50 centimes. RER : wagon ouvert, une odeur de cadavre et d'alcool. Regards croisés des uns contre les autres, on tente d'identifier la source : qui c'est qui pue comme ça ? J'ai mes favoris. J'ai mon tiercé quinté gagnant. Je les vois déjà classés ligne d'arrivée. J'ouvre Mangez-moi (Marina Damestoy). Je me dis l'odeur c'est fait pour aller avec le livre, c'est un livre en odorama. J'ai du mal à me concentrer. Une vieille débarque, gare de C., tartine un mouchoir de parfum plastique quelle se colle dans les narines pour sentir mieux. L'odeur plastique recouvre les sièges. Quelle odeur est la pire ? Bifurque premier étage, balcon sur puanteur, assaut de mp3 crépité, conversations insipides. Je peux plus lire. Quelle nuisance est la pire ? Douleur fixée tempe gauche que les nerfs alimentent : c'est optique : c'est viscéral. Des lapins morts défilent derrière mes yeux. Wagon arrière, voix mexicaine, commentateur de catch, El Pollo Loco s'élance, écrase des mâchoires et hurle à la victoire. Maintenant il chante. J'entends des voix ? Je lance Hallo Spaceboy version Live in Dublin pour enfoncer marteau-piqueur ma migraine sous le crâne. Ça marche : elle se fige au soleil. J'entends des voix.

mardi 9 février 2010

Coming out d'écriture

Je n'ai jamais caché à personne que j'écrivais : alors mon titre est faux. Mais pas faux comme on croirait qu'il pourrait être : je détourne simplement les choses.


Au boulot tout le monde sait que j'écris : c'est à dire qu'ils ne savent rien. Je n'ai pas pris trente-six pseudonymes pour rien : j'ai toujours eu en tête l'idée de cloisonner les vies, les périodes : étant par exemple vendeur-éclair de librairie, il n'était pas question que je recommande un livre frappé de mon propre nom. Il en va de même pour les autres fragments de carrières que j'ai brièvement traversées, essayées, puis reposées.

Je travaille chez PdG depuis novembre : autrement dit je ne les connais pas, là-bas, je les côtoie, c'est tout. Ils n'ont peut-être pas à savoir ce qui s'écrit, ce qui se montre : je n'ai pas besoin d'une autocensure de plus entre les touches du clavier. Je ne les connais pas, d'accord : pas comme on pourrait penser, mais sept heures par jour je suis avec eux et sept heures par jour nous traversons des tempêtes ensemble. Tempêtes de bureaucratie pure, oui : mais tempêtes aussi.

Écrire, aussi, surtout, est prise de risque. En bloquant sciemment ce regard là je fais encore ce que je sais faire de mieux : je me retiens, je me protège. Contre quoi : ça je ne sais pas.

Là-bas on ne sait pas exactement ce que j'écris : lorsqu'on me demande, je résume simplement Coup de tête par « une histoire d'amputé cherchant sa main », mais je ne m'étends pas sur la question. Le laboratoire qu'est le blog, les fictions complémentaires et parallèles que j'éparpille : ça je n'en parle pas. Même 17h34 n'est officiellement qu'un « projet d'archives personnelles pour transformation de la vie privée en sanctuaire désespérant » : privé, lui aussi, de fenêtre sur cour, d'angle ouvert au public. Alors voilà comment on se construit soi-même sa propre petite coquille numérique : voilà comment moi je l'ai tracée, et voilà comment elle se développe.

Et maintenant, depuis Cyclososmia, depuis Publie.net, je serais une sorte d'auteur (je ne sais pas si j'ai le droit d'utiliser ce mot ?) : peut-être que c'est différent. Je pourrais ôter les verrous puisque j'écris, cette fois, sans italique : je prise de risque.

Il y a quelques mois coup de sang qui m'a conduit à supprimer d'un geste toutes les photos identifiables de mon compte Facebook et celles du blog : ne reste plus que les reflets incongrus quotidiens de mes 17h34 successifs. À la suite de cette pulsion frénétique, touche échap martelée, croisé F. pour une de nos trop rares conversations numériques qui m'avait dit : « tu me rappelles C. : son cauchemar est que l'on sache qu'il écrit ». Il est inutile de savoir ici qui est C. : moi-même, je ne suis plus très sûr de savoir, car je mélange maintenant les initiales amputées, ne retrouve plus toujours les corps auxquels ils correspondent. Peut-être que mon cauchemar est que l'on sache, non pas que j'écris, mais ce que j'écris : et peut-être que pour cette raison, sans italique encore, je prise le risque. Dois le prendre. Mais, comme à mon habitude, avec discrétion : discrétion méticuleuse : discrétion slash invisibilité.

lundi 10 août 2009

Croquis #15

Ne pas chercher de lien entre l'un et l'autre : se sont simplement traversés en faisant mine de ne pas se voir.



seul au milieu des rails, maillot Chelsea short blanc sur la peau, chaussettes blanches baissées sous talon, Nike Tiempo, il remonte en dribblant la voie du tram, un ballon contre le cuir, intérieur extérieur du pied, foulée lente qui claque sur les pavés, il remonte à contre sens, de la terre sous les crampons, les crampons atrophiés, remonte nuit plongée du nord au sud, à contre temps, inversion chronologique qui le ramène adolescence, les matchs du samedi après-midi puis dimanche matin puis samedi après-midi encore, sur un demi-terrain cette fois, les cages dépliées le long de la ligne de touche dans la largeur des plus grands, terrain pelouse puis synthétique puis stabilisé, le contact entre les doigts, les ongles lorsque la terre s'y glisse et racle, comme accrochés sur un tableau noir, craie figée sèche entre rainures des empreintes digitales, il remonte, une accélération, passements de jambes, feinte de corps puis jongle un, deux, trois coup de pied droit puis gauche et stop dans le creux de la nuque, déséquilibre, retombe, mauvais rebond sur le pavé en biais, puis reprend, passements de jambe, accélération, une Okocha ratée, ballon piqué, jongle un deux trois, genou droit puis gauche, cuisses lourdes et courbatures, la rue en pente un peu plus, la côte s'accentue, contre sens toujours, contre temps contre épaule, et cheville qui se délite sous les appuis, crampons trop longs sur les pavés, nuit noire plus noire au bout du bout de ces lignes d'horizons qui devant, loin devant, se défont, maillot Juventus short noir, chaussettes blanches baissées sans protège-tibias, ballon Nike, ballon Umbro, ballon crevé, ballon en mousse dont le cœur inégal se dépèce à chaque passe, frappe ou contrôle, ballon d'hélium qui n'accroche plus au sol et flotte, ballon fait d'air que l'on fait mine d'effleurer et qui ne rebondit plus trop lourd contre les murs et dont on raconte, après, plusieurs jours plus tard, les exploits nocturnes, fictifs et enragés, seul au milieu des rails bien avant que les rails ne fassent demi-tour, un, deux, trois jongles sur languette Puma repliée pince à linge durant la nuit, remonte à contre-sens et temps mêlés, chaussettes baissées sous les talons et peau marquée d'incisions diverses, crampons claqués sur mollet ou suture à la cuisse et tempe, tibias fracturé, ligaments rompus mal recomposés, malléole fendue et clavicule fêlée, la peau des mains éraflée dans la paume et rouge aux genoux de trop de tacles sur l'asphalte, remonte les rails à mesure qu'ils se prolongent, peau marquée sous l'ombre et le numéro sept dans son dos tatoué qui lentement se décompose à force de lavages, puis frappe pied gauche au loin où le ballon s'étend sous trajectoire, chaussures laissées bord du terrain près du banc de touche, chaussettes baissées puis enlevées, frappe pied droit pieds nus sur les pavés chauds d'après dix heures, entre les rails, se change encore entre deux matchs, sous les gradins, peau offerte vent du nord, poussière stabilisée, autre maillot à enfiler

jeudi 26 mars 2009

Croquis #9

Dans les trains, sur le bord des trottoirs qu'on traverse ou qu'on fuit, dans les trains encore, sur les quais des fois, entre tous ces trucs, je me dis : le nombre de croquis potentiels que je rate, juste comme ça, en tournant la tête à l'opposé du point fuite écran où il faudrait voir. En échange de tous ces cadavres en absence, j'en propose quatre, ceux qui existent vraiment, ceux qu'on rattrape et retient sur fond (par association d'idées) d'African night flight :


il : crâne semi-rasé du centimètre invisible sauf lumière discrète qui se reflète, cheveux clairs et reflet or, profil jeune et œil miné, hache la tête sur le reflet des parois d’en face, glisse les yeux sur la vitre à gauche, son crâne hoché menu rythmé sur la musique interne, écouteurs secs enfoncés contre et tympans brusqués, frappe du genou fort sur sol tendu, remue mâchoire en fonction des lyrics explicites et articule les mots sans dire, porte jean large et veste kaki des treillis déguisés commercial, sac bourré entre les malléoles et Van’s raclées par terre, sent propre des fringues sans tabac, voit dehors s’articuler les gares qui s’écoulent, les panneaux qui s’embranchent, sort ses billets SNCF destination E. qu’il vérifie compulsif à la lueur du poignet brusqué, range ses billets dans la pochète foutue, trouve dehors encore, attend les gares suivantes, me tape sur l’épaule finalement, écouteurs hors champ, savez-vous, savez-vous, dit-il, si c’est bien le bon, le bon train pour E ?

type bras ballants autour et bandeau bleu sur le front et la nuque, oreilles plaquées rugbyman par dessous, survêtement bleu le long et veste remontée jusqu'au col et adidas noires du siècle d'avant, il tend dans sa main (gauche) l'écuelle d'un chien rouge tatouée marqueur « s'il vous plaît aidez-nous », il la tend dans sa main (gauche) aux clients qui émergent, le dégoût en travers de la face ou bien la main tendue déjà pour y lâcher quelques pièces jaunes quand il y en a, rouges si la crise pèse, il la tend dans sa main (gauche) et de la droite il caresse mou le chien vautré qui roupille entre ses pieds, posé soyeux sur une serviette trop mauve et valise calée au sol, pavé noir des trottoirs de Paris, le chien par dessus le dos mâchouille un pull rouge qui le moule bien au corps et les pattes avant étirées comme si, comme si au fond l'on se prélassait devant Gosselin, boulangerie estampillée « Fournisseur de l'Elysée », voilà, comme si, vraiment, et d'ailleurs c'est le cas, la vitrine aux lettres dorées brillent, c'est bien le cas

Greg Pratt le dos posé sur la rambarde et ses pieds blancs comme dans un ascenseur

elle, elle devant qui s'agite sur le bloc-notes retourné, elle d'abord qui fixe au loin dans le fond du wagon qui traîne, un peu trop peut-être mais ne remarque pas, elle ne remarque pas, non, la lenteur de la carlingue et le retard sur les horaires qui auraient dû être, elle qui griffonne et son stylo bic entre les dents des fois, elle qui voit dehors les arbres couler, elle qui jette un œil, souvent, mais ne regarde pas vraiment, elle, elle qui aurait pu être il mais qui n'est pas, elle et des faux airs de Charlotte Gainsbourg un peu, dans sa façon de ne pas voir peut-être, et cheveux bruns reflets bleus attachés derrière une queue de cheval, elle et les mains parfaites posées sur le noir du bic, le papier noirci, elle qui lève le nez en fonction des mouvements des autres, elle qui, elle qui, celle qui croque, au fond, comme moi sauf que sur papier, elle, celle qui enchevêtre les visages tellement les uns dans les autres qu'au fond on ne sait pas, on ne sait plus, où qui se trouve, et moi non plus, devant elle, mon faux bouquin sur les genoux à faire semblant de lire pour mieux la voir elle, je ne sais pas où je suis, ni si je suis quelque part, sous le bic là-bas, entre ses mains à elle, et dans son croquis vraiment

transsexuel qui lit Les détectives sauvages par dessus mon épaule puis descend ouvre la porte des toilettes embarquées qui ne s'ouvre pas force un coup puis deux puis renonce s'écarte disparaît dans le mystère indicible de l'étage du dessous

mercredi 7 janvier 2009

(redondances) Cycliques

la journée d'hier

vendredi 19 décembre 2008

6685


Mes journées passées en continu dans l'habitacle pressurisé d'un train. Pas toujours le même, mais le même au fond. Le RER qui part pas ou qui part mal, ou reste à quai ou attend que l'alimentation revienne par dessus lui. Le RER du retour annulé, téléporté une gare plus loin, les autres RER qu'on prend pour rejoindre la gare suivante, celle censée abriter la fuite du premier, puis le changement de quai qu'il faut traverser à coup de genoux sec sur les escalators. Les trains froids au chauffage éteint, les portes ouvertes, les néons défaillants, les courants d'air à chaque gare butée. Les gares au courant d'air bis, les grandes entrées scalpées, pas de distributeur en vue, simplement le vas et viens des bipèdes et bagages qui se croisent et s'inversent en fonction des horaires blanc sur bleu. Se dire au cœur de ce marasme là que pas une fois je n'ai pris en photo le plafond de la gare de Lyon sans pour autant dégainer l'appareil pour corriger l'oubli. Deuxième oubli d'une même pensée dans la foulée. Puis des repas chauds vendus froids au prix de formules exorbitées, les miettes de sandwich sèches sur le bec des pigeons, le bruit des rails en écho surexposé par dessus les quais en béton. L'autre train, celui-là plus rapide, qui grésille sa voie jusque vers le sud, c'est à dire emprunter les mêmes rails que ceux qui conduisent jusqu'à la gare, cette fois dans l'autre sens. Le silence de cette cabine là, au fond toujours la même, le petit bruit de l'air conditionné qui conditionne pendant que nous nous débarrassons de nos couches de tissus respectives. La voix dans le haut-parleur qui crépite et le train, le même, différent, à jamais identique, qui repart, mon siège 102 encadré par deux corps jeunes.

Croquis #6

Sur fond de I would be you're slave (parce que c'est vrai).



- 106 (gauche) : grand type châtain, lunettes effilées aux montures grasses et bords verts, rasé de près dont cou lisse, yeux clairs fixés sur les pages défilées d'un Clan des Otori tome II (poche) puis tome III (neuf), gourmette « Sébastien » au poignet gauche, montre opaque et large au poignet droit, fin soupir fatigué puis sommeil intempestif par dessus pages retournées, réveillé-sursaut par contrôleur qui traverse, carte 12/25 oubliée, amende potentiellement remboursable payée CB dans la foulée, t-shirt manches longues beiges sur gris et jean délavé au centre et effiloché au talon, chaussures Adidas de ville au cuir noir aplati et semelles clean impec par dessous, jambes gauche par dessus la droite, pied droit écrasé tordu sur repose-pieds

- 101 (droite) : grand brun aux piercings gauche asymétriques, un lobe puis deux sommets reliés par une barre fine métallique avec arcade gauche percée dans la hauteur, t-shirt noir mi-moulant sur jean neuf bleu nuit, nike air max d'il y a longtemps croisées sur sac Eastpack motifs fleur-camouflage verts et noirs, barbe de trois jours serrée mais souple sur torse qui lui remonte sous la gorge, peau chair de poule sur nuque lisse inclinée, cicatrices sur avant bras gauche intérieur et veines communicantes du coude droit saillantes et serrées sous la peau, mains aimantées à son A marche forcée, édition couverture souple, écriture large, qu'il lit une heure et demie puis referme sous 98 pages, puis mp3-clé usb avec mouvements régulier des doigts, ongles coupés net aux ciseaux, sur genou droit contre les rythmes hip-hop sucrés dans ses écouteurs


Puis de là attraper le pull de l'un pour le glisser dans le compartiment bagages par dessus les sièges et lui marcher accidentellement sur le pied gauche dans la foulée pendant que l'autre s'endort. Les premières neiges apparaissent sur le coup de 14h20, quelque part entre un point A et un point B, puis soleil d'orage couvé en arrivant sur Lyon. La neige il en reste un peu, on l'aperçoit lorsque la voix sans visage nous crépite un terminus qui s'égosille. Premiers mots du type de droite, place 101, qui grogne un ton de brute anesthésiée dans son portable SE puis referme. Se dire qu'après avoir examiné tous les détails de son image, voir sa voix qui d'un coup brise tout le charme emmagasiné ça fait chier. Le laisser sortir par la droite, et moi à gauche. Depuis la gare, attente frigorifiée des six minutes de délais avant arrivée du 5 Terrasse sur les bons rails. Le froid qui s'infiltre entre les deux wagons, pendant que mon sac grince à la jonction, sur la plateforme circulaire qui tourne à la moindre courbe. Les gamins des collèges et lycées en vacances qui sortent en bruit. Image furtive d'un lycée bloquée et puis se dire que plus les retours se répètent ici et plus mes souvenirs directs, mes images mentales, sont liés aux lieux ciblés par Coup de tête, aux faits fictifs qui en découlent, et non aux souvenirs personnels que je peux en avoir. Quelque chose comme de la tristesse derrière ce constat, de la justesse aussi. Tout sonne comme il devrait. Dernier arrêt Passerelle aux sièges presque vides autour, terminus moins un oblige. Portes ouvertes puis fermées : le froid sec et calme d'un décembre habituel, puis la côte trop forte à subir, mes kilos de sac par dessus l'épaule, l'épaule gauche, main droite serrée-coupée sous la bride.

lundi 15 décembre 2008

A l'endroit/l'envers


...je descends sur le bon quai cette fois ; la condensation sur la vitre grésille sous les lumières de la nuit ; le MP3 traverse Forward and reverse de Bang Gang et Keren Ann ou bien l'inverse ; dans mes rêves où je me crashe, c'est vrai, je ne vois jamais la gueule de la voiture, simplement de l'intérieur, mais c'est peut-être bien toujours la même ; au passage du train par dessus l'autoroute, il chante dans ma tête (et aussi sur l'écran du MP3 turquoise) que always crashing in the same car ; je vois dehors le ciel tomber, les yeux trop secs de n'avoir pas les bons verres ; le type d'à côté écrit au fait t'es qui ? sur son téléphone portable ; du coup c'est comme si je relisais le même livre deux fois de suite mais c'est peut-être une excuse pour simplement ne pas en sortir ; l'impression aussi de reprendre le même jeu depuis le début, en new game + cette fois, en ayant conservé tous mes objets, compétences et inventaire de la partie précédente ; l'impression d'avoir mal lu les consignes et d'avoir traité les deux sujets à la suite sans comprendre que c'était au choix ; je me rends compte que j'ai mal compris le mode d'emploi de Marelle, il fallait choisir entre les deux possibilités (lecture dans l'ordre ou dans le désordre) et non les enchaîner l'une à l'autre ; je monte dans le train, il est 16h37 précisément, même si le quai habituel n'est pas le bon ; j'écoute discrètement les confidences de mon chef pour les mois à venir mais ce ne sont que des bulles d'hypothèses en suspension ; mon ordinateur refuse de me laisser aller sur d'autres sites que celui pour lequel je travaille : tant pis pour Google ; la joie de devoir dialoguer avec une espagnole en anglais sur le chat, de régler un problème de commande par téléphone, tout en vérifiant la commande en question sur un logiciel qui plante, et le reste de mon internet explorer également (tout ça en même temps) ; un coup d'œil en sortant de l'escalator et la lune a coulé dans le ciel plus clair ; ces quelques minutes d'attente en plus font qu'en plus j'arrive en retard de quelques minutes ; pendant que la carcasse du wagon se refroidit dehors et se réchauffe dedans, une dame crache dans son téléphone qu'il n'en est pas question, tu ne rentres pas à la maison, et c'est qui qui bloque d'abord ? je m'en fous, tu ne rentres pas, tu te débrouilles pour aller en cours et tant pis si ça te prends une heure pour traverser les barrages ; train qui reste immobile sur la voie pendant un quart d'heure en tout, peut-être un suicidé devant nous mais j'en doute ; la lumière de la lune brille fort à la verticale du reste ; mon train habituel remplacé par un autre à l'acronyme peu reluisant, il me faut pourtant m'y enfoncer sans y réfléchir plus en détail, puis reprendre à zéro ma lecture de Marelle : je dois m'en aller de tous les côtés comme il dit...

vendredi 7 novembre 2008

Impressions

J'ai passé les trois premiers jours de ma semaine à voir venir le jeudi, début de mon week-end allongé, pour finalement arriver au seuil de mon vide habituel, rien, il n'y a rien, tant de choses écrire et pourtant, non, il n'y a rien devant.



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J'aimerais ne plus avoir à vivre entre les impressions périphériques qui s'écoulent, contre les vitres d'un train ou ailleurs, latérales, permanentes, interminables. Passer mon temps à subir ces impressions, à les émettre parfois moi-même, continuer de creuser ce vide incompressible qui me sature l'œil en permanence. Je suis étudiant en lettres, j'imprime l'impression d'un amateur de littérature qui connaît son sujet quand il en parle, développe une image bombée vers le haut pour masquer un gouffre d'ignorance opposée encore plus large. Je suis vendeur en librairie, parenthèse, je donne l'impression que ce livre que je n'ai pas lu, ne lirai jamais, est bon, excellent, qu'il faut absolument le lire, l'acheter, l'offrir. Je suis prof-vacataire, je dois imposer l'impression de celui qui sait, qui est sûr de, qui transmet des savoirs réels, quand bien même je ne sais rien et n'ai pas envie de savoir. Je suis chargé de la relation clientèle, j'oppose mes impressions d'ensemble, je connais par cœur les produits dont je parle mais que je découvre, j'assure des clauses intenables, je promets des délais idylliques. J'essaie d'écrire : je tisse une impression de bien-huilé, de réalité travaillée, quand en réalité, justement, je laisse aller les mots au hasard du moment. A force d'aller voir l'envers des choses, j'en viens à ne plus croire en rien, car rien n'est suffisant, rien ne marche, tout est décevant.
Ces impressions s'enchaînent les unes aux autres, elles tiennent ce qu'elles tiennent mais finissent toujours par crever. Idem pour les personnes autour, réseau d'impressions plus ou moins bien trempées, en attente de crever à leur tour, tout autour de moi.



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Je suis fatigué de toutes ces virtualités réunies autour et à l'intérieur de moi. Tous ces filtres censés me faire détourner les yeux du vide originel. Fatigué que les personnes croisées ne soient pas à la hauteur de l'impression qu'elles diffusent, parfois sans le savoir. Fatigué de traquer un objectif-accessoire, chimérique, l'atteindre, et n'y rien trouver d'autre qu'un nouveau stage clear incohérent. Fatigué de toujours avoir à en revenir au vide, au vide et non pas à l'ennui, non, le vide, vraiment, celui qui me donnerait l'humeur de relire Un roi sans divertissement, parce que c'est bien de cela dont il s'agit, de vide.



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Alors que faire de ce vide ? L'emmurer dans un système. Bâtir des plateformes d'entretien du vide. Instaurer des quotidiens-type et n'en jamais dévier. L'occuper. Le travestir.



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Et des paroles qui reviennent pour aider à le combler, même mal : just the librium and me |my libido splits on me | do you like girls or boys, it's confusing these days | she doesn't know if you're a boy or a girl | lights out boys | travel mode is the key et ainsi de suite.

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Et puis parce qu'il le faut, j'écris ce truc, pas trop long, six pages maxi, je ne sais pas où je vais ni pourquoi je l'écris mais je m'y enfonce, ça ne donnera rien de bon au bout, ce sont encore des lignes bâties sur le hasard, un autre mot pour le vide, et ça ne tiendra pas, ça ne tient jamais, j'ai juste l'impression que ça pourrait tenir.

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Ces impressions sont trop fragiles, je n'arrive pas à bâtir mon monde par dessus. J'aimerais pouvoir partir encore, fuir ce vide originel, justement parce que le mode voyage est la clé, qu'il faut rester en mouvement, encore, toujours, et ne jamais s'arrêter, ne jamais regarder autour, à l'intérieur, jamais, simplement avancer, peu importe où ni pourquoi, alors écrire, écrire évidemment, c'est bien la pire des options possibles, la pire, écrire c'est immobile, beaucoup trop immobile, j'ai besoin de marcher pour ne pas voir le vide, de courir même, voilà, de courir.

jeudi 2 octobre 2008

Fou

Ou variante (titre) : les yeux tout à l'envers. Coïncidence : scène du zapping ce midi où des candidats de télé-réalité américaine (Fear Factor) devaient crever des yeux de vaches avec leurs dents pour en extraire le jus noir qui leur coulait entre les molaires, recueillir le fameux jus dans un verre, en mordre suffisamment à la suite pour le remplir puis le boire ensuite sans sourciller. Des fous, il y en a déjà tellement qu'il ne sert peut-être plus à rien d'en inventer (question en l'air). Finalement un bon titre après tout.
Et il parla, parla toujours, demandant des nouvelles de chaque arbre de son jardin, s’arrêtant aux détails les plus minimes du ménage, montrant une mémoire extraordinaire, à propos d’une foule de petits faits. Marthe, profondément touchée de l’affection tatillonne qu’il lui témoignait, croyait voir une délicatesse suprême dans le soin qu’il prenait de ne lui adresser aucun reproche, de ne pas même faire la moindre allusion à ses souffrances. Elle était pardonnée ; elle jurait de racheter son crime en devenant la servante soumise de cet homme, si grand dans sa bonhomie ; et de grosses larmes silencieuses coulaient sur ses joues, pendant que ses genoux se pliaient pour lui crier merci.

« Méfiez-vous, lui dit le gardien à l’oreille ; il a des yeux qui m’inquiètent. – Mais il n’est pas fou! balbutia-t-elle ; je vous jure qu’il n’est pas fou!… Il faut que je parle au directeur. Je veux l’emmener tout de suite. – Méfiez-vous », répéta rudement le gardien, en la tirant par le bras. Mouret, au milieu de son bavardage, venait de tourner sur lui-même, comme une bête assommée. Il s’aplatit par terre ; puis, lestement, il marcha à quatre pattes, le long du mur.

« Hou! hou! » hurlait-il d’une voix rauque et prolongée.
Il s’enleva d’un bond, il retomba sur le flanc. Alors, ce fut une épouvantable scène : il se tordait comme un ver, se bleuissait la face à coups de poing, s’arrachait la peau 2 avec les ongles. Bientôt il se trouva à demi nu, les vêtements en lambeaux, écrasé, meurtri, râlant.
« Sortez donc, madame! » criait le gardien.
Marthe était clouée. Elle se reconnaissait par terre ; elle se jetait ainsi sur le carreau, dans la chambre, s’égratignait ainsi, se battait ainsi. Et jusqu’à sa voix qu’elle retrouvait ; Mouret avait exactement son râle. C’était elle qui avait fait ce misérable.
« Il n’est pas fou! bégayait-elle ; il ne peut pas être fou!… Ce serait horrible. J’aimerais mieux mourir. »
Le gardien, la prenant à bras-le-corps, la mit à la porte ; mais elle resta là, collée au bois. Elle entendit, dans le cabanon, un bruit de lutte, des cris de cochon qu’on égorge ; puis, il y eut une chute sourde, pareille à celle d’un paquet de linge mouillé ; et un silence de mort régna. Quand le gardien ressortit, la nuit était presque tombée. Elle n’aperçut qu’un trou noir, par la porte entrebâillée.
« Fichtre! dit le gardien encore furieux, vous êtes drôle, vous, madame, à crier qu’il n’est pas fou! J’ai failli y laisser mon pouce, qu’il tenait entre ses dents… Le voilà tranquille pour quelques heures. » Et, tout en la reconduisant, il continuait :
« Vous ne savez pas comme ils sont tous malins ici!… Ils font les gentils pendant des heures entières, ils vous racontent des histoires qui ont l’air raisonnable ; puis, crac, sans crier gare, ils vous sautent à la gorge… Je voyais bien tout à l’heure qu’il manigançait quelque chose, pendant qu’il parlait de ses enfants ; il avait les yeux tout à l’envers. » Quand Marthe retrouva l’oncle Macquart dans la petite cour, elle répéta fiévreusement, sans pouvoir pleurer, d’une voix lente et cassée : « Il est fou! il est fou! »

Zola, La conquête de Plassans, Chapitre XXII.
Coïncidence (bis) : la chanson I'm deranged de Bowie (Outside) traverse mes enceintes au moment où.

David Bowie - I'm Deranged - Outside

vendredi 4 juillet 2008

Vases communicants

Drôle de temps. Les cartons s'entassent, les piles de livres aussi et puis les piles de livres disparaissent dans les cartons et les cartons restent scotchés au sol. Les fringues débordent des panières, les sacs poubelle viennent à manquer. Rien de bien inhabituel en réalité : simplement le troisième déménagement en un an. On s'y fait d'autant plus que quitter la Sarthe ce n'est pas franchement un crève-cœur (dix mois c'est suffisant).

Depuis quelques jours c'est un peu le principe des vases communicants par ici. D'un côté on dénude les murs de leurs étagères, affiches, bouquins, petits objets divers, de l'autre, l'ouvrier du collège refait le couloir, repeint les encadrements de portes, tapisse. D'un côté, on se sépare de notre table basse qui n'est pas à nous, on range la vaisselle dont on se sert peu ou pas, on déplace la commode, de l'autre, l'ouvrier du collège transforme la pièce interdite en pièce tout court. Déconstruire d'un côté pour rebâtir de l'autre.

Pour une fois, on apprécie le luxe d'avoir le temps, tant pis s'il est drôle. Fini les préparatifs-catastrophes, fini le déménagement-en-trois-jours (j'ai testé pour vous, c'est loin d'être agréable). On peut enfin s'y mettre petit à petit, sans trop se crever, sans trop souffrir de la pression d'une deadline qui n'existe pas. Très différent de septembre dernier, donc. Simplement : la légère impression de se précipiter à pieds joints dans le vague, dans le vide. Parce qu'au jour d'aujourd'hui nous préparons un déménagement qui ne nous conduit nulle part. Simplement dans le flou d'un coup de fil qui tarde à venir. Et s'il ne vient pas, quel point de chute vers lequel se rabattre ? Bonne question. Nos recherches de la semaine dernière ne nous ont pas fourni le luxe de pouvoir envisager un plan B.

En attendant : préparer le départ sans trop subir le stress de l'arrivée. Un retour en Bretagne pour quelques jours et d'autres quelques jours à passer sur Sainté également. En attendant, on continue de transvaser de notre vie d'ici vers une vie d'ailleurs encore fictive : récupérer des cartons au Super U du coin, monter les cartons, remplir les cartons, refermer les cartons, badigeonner les cartons de scotch, stocker les cartons. Une histoire de cartons, donc. Pour le reste : trier, caser, jeter, choisir. On ne pourra pas tout emporter. Ce matin, j'ai déjà jeté deux manuscrits imprimés, soit trois cent et quelques pages, un vieux truc qui n'avait pas trouvé preneur parce qu'effectivement mauvais et que j'avais gardé jusque-là Dieu sait pourquoi. Le tout sur des airs d'Alabama Song.

samedi 7 juin 2008

Croquis #1

Dans le tram d'hier depuis République jusqu'à terminus, bout de course sur (entre autres) Right.


- dégarni à la brochure sécurité sociale écouteurs fixés dans les oreilles
- noir Converse au mp3 regard fixe hors de la fenêtre tape du pied en rythme au sol
- vieille à la béquille qui roule contre la vitre au démarrage puis se laisse tomber sur le siège préalablement retenu par quelqu'un qui l'aide à s'asseoir
- t-shirt orange Van's marrons mal rasé casquette large noire cheveux bouclés mi-longs en dessous poils du torse légers dans l'ouverture du t-shirt lunettes fumées regard en transparence derrière assurance superbe le dos très droit ses yeux fixes
- jeune crête au gel éparpillé lunettes montures larges fashion ou presque
- jeune veste costume noire sur chemise noire deux boutons ouverts au col jean's ceinture rouge sombre toutes petites lunettes de soleil comme un mauvais méchant d'un mauvais film de Hong-Kong un bouquet de fleurs enplastiquées dans la main droite
- fille jupe orange tendance hindou sur gilet blanc laine trois fleurs enplastiquées dans la main gauche sac bleu ornements dorés par dessus mal à l'aise s'assume mal
- robe mauve et grise seize ans chaussures de gamine de six et blouson cuir marron au coude
- air renfrogné lunettes sur le front cheveux attachés-détachés sac blanc cassé sur robe noire sac Eastpack aux pieds et sac Etam à côté par terre des airs de Carla Bruni ado
- sonnerie Soupe aux choux un moment puis décroche
- veste jaune mascara bleu petit sac forme trapèze cuir marron
- blouson rose sac turquoise trop gentille pour être vraie
- changement chauffeur faux playboy veste noir cheveux courts
- lycéen jean's gris sur chemise blanche deux boutons ouverts au col et chevilles visibles car jean's remonté par position assise et chaussettes baissées sous la malléole couché dans l'herbe en sortant face patinoire écoute musique électro-cheap qui crachote depuis portable accroché à la ceinture
- lycéen jean's bleu sombre chemise blanche ouverte sur faux maillot foot ou basket inscription bleu ciel sur fond blanc avec liserets bleus bras autour des genoux un moment assis dans l'herbe en sortant face patinoire
- mamie veste bleu et corsage ocre bouquet jaune bleu rouge dans main droite cheveux frisés-laqués grosses lunettes grosses montures boucles d'oreilles clipées en forme de boules sac de fringues à ses pieds chaussures blanches assise à l'envers du banc en sortant face patinoire bracelets qui brillent au soleil compte avec les doigts de sa main gauche regard dans le vide

question : ai-je épuisé tout le monde ?

vendredi 18 avril 2008

Matriochkas ferroviaires

Hier.

Je suis assis dans le train à côté d'un type qui se cache derrière ses cheveux et de l'autre côté de ses cheveux traverse un regard qui s'étale sur l'écran LCD d'un portable de marque Apple à la carrosserie métallisée. Il regarde Je suis une légende, en version française probablement puisque je ne remarque pas de sous-titres (ou alors en version originale non sous-titrée ou alors en version polonaise parce qu'il doit bosser son polonais), l'image rame lorsque l'action se précipite un peu trop sur l'écran, l'image rame souvent.

Je me souviens avoir marché tout seul le long de l'avenue Mitterrand au Mans et avoir vu glisser sur l'asphalte les gommes d'un bus de la Setram sur les parois duquel on pouvait apercevoir les premières images promotionnelles du film Je suis une légende (de la pub donc) avec la tronche à Will Smith en gros plan et le titre JE SUIS UNE LEGENDE écrit en gros et en gras comme à l'instant. Ignorant tout de ce film (qui à l'époque n'était pas encore sorti en salle)...


et du bouquin aussi par la même occasion car j'ignorais que ce film en réalité était tiré d'un bouquin de Richard Matheson dont Hugo m'a expliqué le concept après coup.


...je me demandais sérieusement, en voyant défiler ces affiches mouvantes autour de moi, pour quel film on faisait là la promotion et pourquoi le slogan de la pub recouvrait toute l'affiche ; en gros je me disais « je suis une légende, ok, on a compris, mais c'est quoi le titre du film ? »


Le film dure peut-être quarante-cinq minutes ou une heure (ou une heure dix) avant de se figer dans le flou d'une image noire : plus de batteries.

Le plan précédent faisait glisser Will Smith dans un piège grossier, un taxi tombe à la renverse depuis le bord d'un pont et le corps de Will Smith bascule à l'envers, pendu par le pied à un mètre du sol, son chien autour s'agite et lui saute autour et l'image noir se fige à ce moment là.


Mon voisin de siège ferme le capot de son portable de marque Apple et sort son lecteur MP3 de marque Apple sur l'écran duquel il regarde quelque chose, autre chose, que je n'arrive pas à identifier parce que l'écran est trop petit, je remarque juste qu'il y a des sous-titres cette fois-ci.

Pendant ce temps je sors un bouquin parce que j'ai toujours des scrupules à visser les écouteurs de mon MP3 dès le début du voyage. Des scrupules, j'en ai également en ouvrant les pages d'Eden, Eden, Eden, ou plutôt non, pas des scrupules, mais plutôt un léger embarras, parce que lire ce genre de livre en public, ça fait bizarre. Donc je m'enfonce sur mon siège.

Et pendant ce temps là je ne lis pas la suite de Mao II comme indiqué sur la banderole de droite...


ou d'ailleurs si jamais un visiteur du futur décide de s'intéresser à ce billet et qu'entre temps le design ait changé


...tout simplement parce qu'il ne m'emballe que moyennement.


Sur la surface filante-panoramique de ma vitre personnelle...

Dans la mesure du possible, j'essaie de toujours prendre des places côté fenêtre, ci-possible à l'étage, pour mieux pouvoir observer le paysage tartiné autour des wagons qui défilent.


L'autre raison c'est que je n'aime pas avoir à me lever pour faire de la place quand mon voisin décide brusquement d'aller aux toilettes ou bien de gagner la voiture bar : cela m'emmerde.



...je remarque ou plutôt j'attends...

Depuis que j'emprunte cette ligne et ces TGV, je suis toujours alerte et impatient quand ce moment arrive, c'est une habitude et un plaisir parfaitement inexplicable.



... l'irruption soudaine-pas-si-soudaine de la gare de Massy...

Elle est enterrée dans le sol, sorte de long couloir obscur dans un trou bordé de quais et, parfois, de voyageurs en file indienne sur ces quais et, au bout du bout du tunnel, parfois, un morceau de ciel sur lequel fusent les réacteurs silencieux d'un avion qui décolle ou bien se pose.



...et surtout l'après Massy, parce que le paysage filant-panoramique exhibe quelques unes de ces zones industrielles que j'aime particulièrement observer, pas parce qu'elles sont esthétiques bien sûr mais justement parce qu'elles sont affreuses et grandioses et que s'enchaînent sur les asphaltes à la fois des usines bétonnées et rouillées ou encore des immeubles écaillés ou bien des champs de voitures brillantes à perte de vue ou bien des sorties d'autoroutes entortillées ou bien des échangeurs ferroviaires qui s'entremêlent et qu'on traverse tout à fait accessoirement.

Je me demande par ailleurs comment fonctionnent ces fameux échangeurs : comment organise-t-on les passages de tels TGV pour telles destinations et comment le planning doit être minuté pour ensuite ouvrir d'autres voies pour d'autres TGV qui eux-mêmes filent déjà vers d'autres destinations, probablement situées à l'autre bout de la France par rapport à celles pour lesquelles je me suis engagé, et probablement, à l'intérieur, des centaines de passagers qui lisent, dorment ou mangent, se déplacent peut-être, à trois cent kilomètres heure et qui ne se demandent pas une seule fois comment fonctionnent ces fichus échangeurs ferroviaires qui ne s'appellent d'ailleurs probablement pas des « échangeurs » en réalité car je dois confondre avec les échangeurs autoroutiers...


Après piètre vérification, Wikipédia ne clarifie pas ni ne confirme ma confusion vis à vis de cette histoire d'échangeurs.


Ajout du 20 avril 2008 : Dans son commentaire d'hier, Tom me suggère fort sympathiquement le mot "aiguillage" . Va pour "aiguillage".



Lorsque ces moments arrivent, je colle mon coude contre la bouche d'aération-climatisation...

L'air froid se colle contre la manche de mon pull et s'infiltre à l'intérieur.


...et mon regard contre la vitre sur laquelle s'animent ces panoramas tant attendus et je fixe les masses défilantes de choses qui s'échouent par dessus la carcasse du TGV.

Je sors par ailleurs mon portable et commence à filmer ces zones fuyantes qui ne cessent de s'échapper de la surface de « ma » vitre.


Depuis que je prend cette ligne et ce TGV pour revenir à Sainté, je me dis que « la prochaine fois j'emporte ma toute petite caméra-vidéo et je filme la vitre sur laquelle s'échouent mes paysages » mais je ne le fais jamais, faute de mémoire, faute de temps, de peur d'avoir l'air d'un pitre.


Cette fois je filme et je fixe l'image mouvante elle-même fixée sur l'écran de mon portable. Deux ou bien trois fichiers (je ne sais plus) pour une durée totale d'un quart d'heure environ. Massy et sa banlieue.


La banlieue parisienne et sa banlieue.


La campagne à portée d'oeillade.



Pendant mes observations panoramiques, tenant mon portable à droite, je zappe les musiques défilantes de mon MP3 à gauche. Je cherche avec plaisir les musiques tirées des duels de la série Utena dans laquelle nous nous sommes replongée, avec Hugo, depuis quelques jours. Quelques musiques tirées du film, également. Arrivant sur l'une des nombreuses chansons de Bowie qui fleurissent entre mes 20 giga de mémoire...

Letter to Hermione, en l'occurrence, tirée de l'album Space Oddity.



...je me remets à penser à ce concert hypothétique et purement fictif que Bowie donnerait si jamais il décidait de rechanter en live toutes les chansons qu'il néglige habituellement dans ses tournées (récentes, tout du moins). J'y repense de temps à autre et au fur et à mesure que se bâtit le temps, je bâtis moi-même ma propre playlist que je ne manquerais pas de proposer au thin white duke lorsque celui-ci décidera enfin de se lancer dans une telle entreprise. Outre Letter to Hermione, je verrais bien des chansons comme Lady Grining Soul...
...Scream like a baby...
ou encore Thru these architect's eyes...
...soit trois chansons pas forcément très connues de Bowie que j'apprécie beaucoup.

En étendant mes jambes parce que trois heures de TGV c'est long je fais craquer mon genou gauche qui me lance toujours depuis mardi.

Mardi, dans les rues du vieux Mans, alors que nous cherchons négligemment un restau pour le soir et qu'on se prépare à opter pour une pizzeria qui à l'air sympathique...


En réalité cette pizzeria sera dégueulasse, comme la première pizzeria mancelle qu'on avait essayé plusieurs mois plus tôt sur la place de la République.


Apparemment les manceaux ne savent pas faire des pizzas : ça fait deux fois qu'on se retrouve avec des espèces de tartes pseudo croustillantes et pleines d'huile dans nos assiettes, et ce n'est pas bon du tout. A noter donc : ne pas manger de pizzas quand on se trouve au Mans. Les glaces (chocolat liégeois, dame blanche), en revanche, sont bonnes.


...je me tords la cheville entre deux pas et deux pavés et je m'étale par terre, sur les genoux en vrac, et les avant-bras un peu, parce que j'avais un sac avec des bouquins dedans entre les mains et, par instinct peut-être, par bêtise sans doute, j'ai préféré les préserver.


En l'occurrence, Le pendule de Foucault d'Umberto Ecco pour Hugo et une version anglaise de Moby Dick imprimée sur du papier chiotte (very dick). De son côté, Hugo porte des petits sacs avec à l'intérieur de nouveaux écouteurs pour mon MP3, un recueil de nouvelles de Roberto Bolano dont j'ai oublié le titre et la saison 4 d'X-Files expressément attendue.


Du coup je me relève avec une boule mouvante dans le genou gauche et des éraflures sur la peau et la surface de mon jean est abîmée.


Tout comme, bien des années en arrière, lorsqu'on jouait au foot dans la rue et donc sur l'asphalte et que j'étais goal souvent et que je plongeais sans hésitation et bizarrement, à cette époque, le sol ne me paraissait pas aussi dur qu'il m'a paru mardi dernier, probablement parce qu'à cette époque je tombais de moins haut ou peut-être parce que c'était une nécessité obligatoire ; mes pantalons, eux, finissaient souvent dans ce même état.



Proche de Lyon, le conducteur nous annonce que nous « arrivons bientôt à la gare de Lyon-Part-Dieu dix minutes d'arrêt » et le type à côté de moi...

Le même qui regardait Je suis une légende à travers ses cheveux et les batteries de son portable.



...me demande si « c'est bien la gare de Lyon-Part-Dieu. Je lui réponds « ouais ! » parce que je ne vois pas quoi lui répondre d'autre. Arrivé à Lyon, comme souvent, le TER pour Sainté se trouve sur le quais d'en face quand je débarque de mon TGV...

Qui, sans moi à l'intérieur, poursuit son parcourt jusqu'à Montpellier.


Où se trouve aujourd'hui (vendredi) Elise qui recherche des apparts, et que je devrais croiser dans les jours à venir.



...donc je poireaute sur ce quais là sans passer par les labyrinthes nains (comparés à la gare de Lyon j'entends) de la gare de Lyon-Part-Dieu. Les rafales d'air froid me rappelle qu'au pays des poulets, ces derniers jours, il faisait plutôt bon. Mon TER a cinq minutes de retard. J'attends en compagnie de trois théâtreux qui, de toutes évidences, se rendent à Sainté dans le but de passer le concours de la Comédie de Saint-Etienne.

Je vérifie bien qu'il ne s'agit pas de la soeur d'Hugo qui doit également se rendre à Sainté pour ce même concours dans les jours à venir (ou aujourd'hui peut-être, je ne sais plus), mais en fait non, il y a deux filles...


Dont une qui fait tomber sa pomme par terre et sa pomme roule sur le quais et manque de tomber au milieu des rails mais en fait non, arrêtée à temps par la main de la fille en question.


...et un mec.


Qui porte des Converse bleues qu'il qualifie lui-même de « chaussures de clown ».



Une fois dans le TER, ils martèlent le nom de « Saint-Etienne »...

Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne, Saint-Etienne...



...suffisamment souvent pour me donner l'impression que cette suite de sons n'est plus un mot mais une espèce de lieu légendaire qui n'existe pas, plus. Autour de nous s'étalent des paysages qui s'engrisent. On remarque parfois les crassiers naissants.

Du côté des sièges de devant, occupés par les théâtreux, j'entends certaines bribes de leurs paroles. Ou plutôt non : je baisse volontairement le volume de mon MP3 pour les entendre.


Ils répètent que ça fait chier pour une fois qu'on va dans le sud et bah il fait froid. Ou encore que pour une fois qu'on va dans le sud et bah c'est moche en fait, beurk.


Ce qui me fait repenser aux premiers temps où Hugo et moi nous connaissions mal...


Voilà qui date de 2002, l'année du fiasco nippo-corréen.


...je pestais déjà contre ceux qui (Hugo compris) faisaient référence à Saint-Etienne comme étant « dans le sud » alors que moi en réponse, souvent, je leur sortais des « hein ? quoi ? Pardon ? » parce que franchement il suffit de regarder une carte pour voir qu'on est dans le ventre mou quoi.


Et aussi que et bah j'avais un peu peur en partant parce qu'avec mon jambon dans mon sac, j'avais peur qu'il se mette à frire mais là comme il fait froid et bah non. Ou enfin que non mais Machin il abuse, je veux dire, voilà quoi, d'accord je sais ce que c'est que de vivre dans une famille monoparentale, m'enfin faut pas abuser non plus, quoi.


Ensuite je remonte le volume de mon MP3 parce que voilà quoi.



Je pose le pied sur le quais de la gare, le ciel est gris, il commence peut-être même à crachoter. Arrivé le jeudi, je repartirai jeudi prochain et entre temps le circuit habituel, je vois celles et ceux que je n'ai pas vu depuis des mois et je fais imprimer des trucs aux photocopieuses près de la fac (je dois aussi récupérer mon diplôme de licence).

Je termine de retenir mon souffle ; j'ai fait long aujourd'hui.

mardi 16 octobre 2007

Variations sur l'homme qui vendit le monde

Il y a dans le répertoire d'un type comme Bowie beaucoup de chansons qui marquent (et beaucoup de chansons qui restent, mais ce ne sont pas toujours les mêmes) : le mythique The man who sold the world en fait partie. Chanson sortie en 1971 sur l'album éponyme et sombre de Bowie (et sur cet album-là se trouve un autre bijoux, All the madmen, dont j'ai déjà eu l'occasion de parler ici-même), elle passe à l'époque relativement inaperçue (en même temps que l'album d'ailleurs, qui ne décolle pas vraiment commercialement, on se réfère à cet article pour plus de précisions). Et puis les années, les décennies passent, et cette chanson on l'oublie un peu, on, le « grand public », on va dire, et puis voilà qu'au bout d'un moment cette chanson est ressortie des cartons. De nombreux artistes, venus d'horizons différents, la reprennent, et le maître lui-même daigne la repêcher de son répertoire oublié pour ses nouvelles sorties en live. La chanson renaît, enfin on l'apprécie à sa juste valeur. Et aujourd'hui, elle figure toujours dans les tournées récentes de Bowie (Reality tour), l'air est universellement connu, la chanson est entrée dans la panthéon des chansons pop, de nombreux chanteurs amateurs se la réapproprient pour trois ou quatre minutes de gloire youtube. Une très bonne chanson (pourtant pas la meilleure de l'album, mais ça ne veut rien dire) qui, comme toute très bonne chanson pop, s'est déclinée à travers les années, a évolué en même temps que ces artistes qui, tour à tour, l'ont remaniée à leur sauce.



La première version, la version album, est déjà excellente. Tout y est : la part sombre de Bowie notamment explorée à travers les arrangements au synthé que découvre Tony Visconti, le traitement de la voix qui déforme le chant (procédé que Bowie reprendra tout au long de sa carrière, de Station to station à Earthling en passant par Scary Monsters) : autant de manipulations du son qui permettent de creuser cette atmosphère glaçante qui émane de la chanson, et de l'album entier. Et « tout y est », c'est vrai, à commencer par ce riff de guitare saillant de Mick Ronson qui va souder les différents éléments de la chanson, qui va lui donner son identité, également.

L'autre grande version de The man who sold the world, c'est bien évidemment Nirvana qui la produit pour son célèbre MTV Unplugged. La plus marquante ne veut pas dire la meilleure (si tant est que la « meilleure », ça veuille également dire quelque chose), qu'on soit bien clair. La voix de Cobain et, rétrospectivement, la proximité de son suicide à venir, confère à cette version une dimension toute autre : c'est un Man who sold the world grinçant, quasiment rouillé, écartelé, qui, bien que très proche de la version d'origine, s'écarte radicalement de ce conte noir de science-fiction pour plonger dans une réalité très concrète. C'est bien pour cette raison avant tout que la reprise de Nirvana est importante : elle va actualiser cette chanson un peu marginalle, peut-être un peu datée et, surtout, résolument fictionnelle.



Loin d'être ma préférée, cette version a tout de même eu le mérite de remettre au goût du jour une chanson plus ou moins oubliée : ce n'est qu'après cette reprise que Bowie la reprend dans son répertoire pour ses concerts et/ou interprétations télévisées. C'est par ailleurs l'époque où Bowie, renforcé par de jeunes groupes comme Nine Inch Nails ou Nirvana qui le citent en référence, sort la tête de l'eau après quelques années difficiles, et redevient artistiquement pertinent (cela coïncide grosso modo avec l'avènement de Outside, le grand album du Bowie des années quatre-vingt-dix, voire même le grand album de Bowie tout court). S'en suit alors des interprétations décalées qui (sauf lors du Reality tour ou du Live at the Beeb) s'apparentent presque à des émanations atmosphériques, qu'il s'agisse de version acoustique comme pour la première des deux vidéos suivantes ou résolument électronisante comme pour la seconde (et, plus encore, lors du concert anniversaire des cinquante ans de Bowie au Madison Square Garden, pas d'images en revanches pour cette version-ci). Une dimension plus mélancolique se dégage de ces variations : sorte de nostalgie incohérente d'autant de « narrateurs » presque plaintifs. Des interprétations intéressantes ; la version acoustique de 1996 présentée ici est peut-être la plus touchante.



Et dans toutes ces versions précédemment évoquées, les mêmes bases, le même ciment unifie le tout : ce riff de Mick Ronson, souvent reproduit à l'identique, comme une signature unique, une mélodie universelle qui à elle seule symbolise le morceau. A ma connaissance, une seule version travestit le riff originel, et c'est aussi ma version préférée, étrangement. Il s'agit d'une reprise co-produite par Bowie pour Lulu, chanteuse écossaise, en 1974, à grande dominante cabaret et où le saxophone tient une place importante, où la voix se fait presque soul (les esthétiques de Diamond Dogs et Station to Station ne sont pas loins). La chanson devient plus bigarrée, les arrangements sont parfois fantaisistes (ce xylophone que l'on entend dans le fond, quelques notes au piano), et tant pis si le final est un peu long (il manque le mysticisme des coeurs que l'on retrouvait dans la version album ; non pas qu'ils manquent pour la cohérence de la chanson, mais tout simplement pour retenir le refrain d'être trop saoulant) mais quelle drôle de version, au bon sens du terme. Et tant pis si la performance vocale de Lulu, au final, est résolument anecdotique.



Difficile de dire, en revanche, pourquoi The man who sold the world et pas All the madmen, After all et Saviour Machine (les autres très bonnes chansons issues du même album). Difficile de comprendre ce qui fait, au juste, une chanson qui marche, qui parle, qui reste. Et, à l'inverse, une petite pensée pour toutes ces chansons de Bowie restées dans l'ombre, que j'adore et qui ne bénéficie pas de la même « renommée ». Une petite remise au goût du jour s'impose donc : la reprise de Lady Grinning Soul par Arcade Fire c'est pour quand ?

Billet écrit avec la bible de David Buckley sous la main. Je n'ai pas évoqué toutes les versions, bien sûr, il y en aurait trop eu, la page aurait saturé de vidéos youtube, je n'ai mentionné que celles qui, pour moi, sont les plus marquantes. Les autres vidéos disponibles se trouvent ici.

mardi 4 septembre 2007

Blackout

Comme annoncé dans le dernier billet, Omega Blue restera en stand-by pendant quelques temps : un peu plus que prévu cela dit, puisque Orange m'a assuré pouvoir transférer notre ligne internet d'ici "deux bonnes semaines". J'écris ces quelques lignes dans un cyber-cafe trop lent pour me permettre de faire ce que je veux. Peu importe. Pour les deux prochaines semaines à venir, donc, c'est blackout bloguesque ; une merveilleuse occasion pour (ré)écouter Blackout, la très agréable chanson de Bowie sur Heroes...




A dans deux semaines !

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