Je ne le savais pas en le découvrant mais la clé centrale de ce livre est la fuite, abîme ancré qui avait déjà tout en lui-même pour m'attirer. Le journal intime de Benjamin Lorca n'en est pas un, c'est un portrait et, pire, un faux. Benjamin Lorca, personnage central mais absent permanent, est une figure qu'on cherche, qu'on fuit, qu'on voit mais qu'on ne trouve jamais. La raison première est simple : Benjamin Lorca est mort : mort bien avant le début du texte. La deuxième raison qui explique ce constat vient directement de ses proches (ils correspondent aux quatre narrateurs qui s'échangent et alternent leurs voix pour les prêter au récit) : personne ne l'a jamais vraiment connu.
En groupe, on dirait souvent quelqu’un qui perd pied. Un enfant dans la foule, comme il le disait lui- même, citant un film de Gérard Blain qu’il affectionnait particulièrement.Tableau diffracté composé de quatre parties qui avancent à rebours en direction de l'épicentre (la mort de Benjamin Lorca) : voilà la structure du récit. Le premier tableau celui de l'amant éconduit (quinze ans après), le deuxième celui du frère (dix ans après), l'ami le troisième (cinq ans après), et l'amoureuse enfin (sobrement intitulé « après » : le voilà l'épicentre). Ce n'est pas gâcher l'intrigue que de dévoiler la structure : c'est bien la structure du deuil, elle avance à quatre voix vers avant.
Arnaud Cathrine, Le journal intime de Benjamin Lorca, Verticales, P.166
C’était mon frère, mon grand frère, je l’ai aimé, j’ai beaucoup attendu de lui, mais rien n’est jamais venu. Ou si peu. Si peu que je nomme: rien. Quand on me parle de Benjamin, je sauve les apparences. Je réponds en ayant droit (que je ne suis pas), en fin connaisseur, en frère bien aimé, et quoi d’autre? Je fais comme si j’avais réellement et durablement eu la sensation d’être son frère. Au lieu de quoi nous n’aurons jamais été que d’immuables étrangers l’un à l’autre. Mais je fais comme si, aujourd’hui encore. Comme si ça avait marché.
Benjamin est l'unique point de fuite qui unit toutes les voix, qui les accordent entre elles. Et c'est bien ce qu'il est : un point à l'horizon qui se défait de l'image à mesure qu'on la fixe. Benjamin est écrivain, mais ne publie que de la fiction. Depuis plusieurs années il alimente son fameux journal intime (celui du titre) régulièrement, ce « livre qu'il n'écrira jamais » et qu'il poursuit pourtant. Dans son journal sa vie telle qu'il n'a pas pu la vivre ou telle qu'il aurait aimé la vivre ou autre chose peut-être : personne ne sait vraiment, et d'ailleurs qui a pu le lire, ce fameux journal ? Ceux qui ont lu ne disent rien. Les proches de Benjamin gravitent autour de son absence, réagissent à leur deuil intérieur, le recherchent par leurs propres moyens. Ce n'est pas une querelle d'ayants droits ou de charognards qui veulent récupérer chez Benjamin le Texte, la Phrase, mais bien une quête plus intime, fragmentée, d'une personne dont on se demande, au fond, si elle a un jour réellement existé (les proches peuvent être comme ça).Une fois encore, Benjamin ne m’a pas suivi. C’est le propre des gens qui se protègent de notre amour que de s’octroyer le droit à l’imprévisible, se désolidarisant de la plus implacable façon, comme pour dire: tu ne m’envahiras pas, je ne suis pas à toi, je suis libre, et d’abord libre de toi.
Le texte est incertain : jongler sur du vide sur 200 pages, c'est compliqué. Le texte est inégal, aussi. La première et la dernière partie sont un ton en dessous des deux autres. La personnalité des narrateurs successifs peinent à s'imprimer sur le texte (la langue se déroule elle-même, parfois très académique, sans réellement sursauter en passant d'une voix à une autre) et la quatrième narratrice, Ninon, censée être de fort tempérament, déçoit un peu une fois venue la fin du livre : le livre se termine, d'ailleurs, en queue de poisson, un peu convenu, et sans grande conviction. Le texte est simple, presque dénué de personnalité (comme Benjamin lui-même ?), ce qui n'est pas forcément un mal, mais souvent trop simple, trop net, trop chaste, et rarement aussi précieux qu'il aurait pu être. Les dialogues jouent pour beaucoup sur cette impression très mitigée : là encore, compliqué de bien rendre les banalités tout en évitant de rendre le texte, lui-même, banal.La vie finit toujours par revenir et c’est une trahison contre laquelle nous ne pouvons rien. À croire qu’il y a une date de péremption sur tous les cercueils, fixée d’un accord tacite par cette entité inflexible qui finit immanquablement par réussir à nous enrôler: les autres. Les autres qui vivent et travaillent, ceux qui ont peut-être vécu la même chose que nous, ceux qui n’ont pas vécu la même chose que nous, ceux qui ont été épargnés pour le moment, ceux qui sont heureux, ceux qui se traînent pour des raisons qui n’ont rien à voir avec les nôtres ou même avec une quelconque disparition, les autres, plus ou moins compréhensifs, plus ou moins attentifs et présents, les autres qui ne peuvent pas partager ce que l’on endure et prendre notre douleur, les autres qui nous laissent seuls car ce n’est pas de leur ressors ni même humain de s’arrêter de vivre comme nous sommes contraints de le faire ou, plutôt, de se mettre en marche forcée comme nous. Et moi qui craignais, la semaine de l’enterrement, que Benjamin ne se mette à leur «appartenir», comme vulgairement tombé dans le domaine public... Rien du tout: sitôt le rituel passé, on nous le rendit, lui et la béance. On ne garda de lui que ses livres. Et l’injustice était voué à persister: à nous le pire, aux lecteurs et admirateurs le meilleur. Aux autres, ses romans suffirent à faire croire qu’il était encore un peu là. Nous, rien ne put nous leurrer.
Benjamin est discret, son livre l'est également. Et même s'il reste en demi-teinte, jamais vraiment tenace, jamais vraiment aigu, la perspective que dégage le récit me traverse, car je l'ai fait mienne. De Benjamin Lorca on ne saura jamais vraiment rien (l'image est celle d'un épisode des Simpson : Homer en pleine hallucination cherche à rattraper Marge, il lui tourne autour, mais il ne voit jamais que son dos et sa nuque : ici ils sont quatre à regarder un point censé les rassembler, narrateurs, mais ils ne voient qu'une silhouette et de dos, c'est la même vision inflexible depuis les quatre postions pourtant opposées) sinon qu'il disparaît, sinon qu'il est vide. Sa parole s'incarne uniquement dans ses propres textes, dispersées avec parcimonie sous forme de citations. Et Arnaud Cathrine d'aller voir au-delà de la question du deuil, puisque connaître Benjamin, c'était déjà, en soit, pour les autres comme pour lui-même, être en deuil d'un autre Benjamin, qu'il ne serait jamais ou ne pourrait pas être. Ce livre n'évoque pas l'absence d'un mort mais bien l'absence du vivant qu'il avait été.
D'autres lorgnons sur Lorca :
Télérama
Ouest France
Mediapart
Les inrocks
mercredi 4 juin 2008
Et le jour se prolonge
Par Guillaume Vissac le mercredi 4 juin 2008, 21:19 - Images
Cieux de fin d'après-midi, série en cours. Florent Marchet pour la musique : Dimanche sur l'album Gargilesse. Paroles quelque part par là-bas. Dommage qu'un morceau de lampadaire transparaisse. Dommage aussi que Deezer n'ait pas toutes les musiques que j'avais en tête devant ces cieux là.
lundi 22 octobre 2007
Hugues Jallon, Zone de combat
Par Guillaume Vissac le lundi 22 octobre 2007, 15:29 - Chroniques
L'actualité littéraire, au fond, d'ordinaire, je la suis de loin, zyeutant parfois les critiques de livres juste parus qui seraient susceptibles de m'intéresser et puis n'allant pas plus loin parce que, mine de rien, les livres neufs, c'est cher, trop cher alors voilà, c'est comme ça, on n'y peut rien : je préfère attendre que ces mêmes livres soient disponibles d'occasion ou bien en poche (quand ils sortent en poche, bien entendu), c'est plus é-co-no-mique. Ces derniers temps, pourtant, j'ai fait quelques exceptions concernant certains livres tout récents (c'est le cas de Bob Dylan une biographie pour lequel j'ai profité de mes fugitifs avantages de libraire de l'époque) et c'est le cas aussi de cette Zone de combat, que je me suis procuré plus ou moins sur un coup de tête, répondant aux coups de coeur expressifs de Chloé Delaume (entre autre) sur son blog. Voilà pour l'histoire de l'objet livre ; pour le texte en lui-même, suivez-moi s'il vous plaît.
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Zone de combat (Verticales, 13.90€) est un livre inclassable : pas un roman, pas de la poésie, pas vraiment de la prose, qu'est-ce que c'est, au juste ? Un « texte de fiction », selon l'auteur lui-même (son deuxième, après La base). Une sorte de Chuck Palahniuk mais français (c'est important, la nuance est énorme), sans intrigue, sans personnage, sans conscience. Ne reste plus rien, semblerait-il, mais non : reste le langage. Le discours. Discours gris, dit Hugues Jallon, celui de la littérature d'épanouissement personnel, celui des rapports administratifs, aussi. Et de ce discours, de ce langage, naissent des situations, des scènes, des ombres, des fantômes qui, s'ils ne sont pas en eux-mêmes des personnages, permettent, à travers les non-dit, l'émergence de formes sous-jacentes, de personnes que l'on n'arrive jamais à cerner, à identifier, à comprendre. Des ombres en perpétuel mouvement : des mouvements de fuites, qui disparaissent à peine sont-elles apparues. Et la zone de combat, au juste, qu'est-ce que c'est ? Ce n'est jamais dit : toujours l'implicite. Ce n'est pas une vision noire de notre société même, ce n'est pas une contre-utopie à la 1984, ce n'est pas non plus un groupe de soutien particulier, mais bien tout ça à la fois : une vision universalisante de la peur (« un seul mot nous rassemble : la peur », dit la quatrième de couverture). La peur dans ce qu'elle a de plus commune à tous et à tout. La peur dans la représentation même que fournie le langage : ces relents de dépêches que l'on retrouve cristallisées dans des expressions-slogans qui reviennent sans cesse : lié à / passé par (par exemple). La peur comme mal à combattre et comme attitude de survie. C'est un peu tout ça à la fois, la zone de combat.
Et sur le blanc de la page vide, rien d'autre. La mise en page est d'ailleurs importante, on lorgne vers la poésie : les retours à la ligne sont légions, les rythmes sont étudiés, les phrases fragmentées. Rien n'est dit et pourtant tout est discours, tout est parole. Ça parle au « nous », ça parle au « vous », on est dans un vrai groupe de soutien, un groupe de dialogue, un groupe qui oeuvre contre et dans la peur. On y entrevoit des relents de société terrorisée post onze septembre, on y ressent les absences chroniques de confiance en soi, de sécurité, de sérénité : scènes d'enfants sacrifiés, bribes de thérapie de couple, agoraphobie... La peur vue comme une dimension pathologique, avec tout ce que cela peut sous-entendre de discours socio-critique. Et le refus permanent d'un quelconque lyrisme (« n'essayez pas de former des images » est-il répété sous arrêt, comme un leitmotiv, comme un slogan), le refus de sortir de ce langage gris, de ce discours au « nous », de ces thérapies qui ne résolvent rien. C'est ça, la « zone de combat ».Zone de combat est un livre hybride, pas réellement livre d'ailleurs tant le texte puise sa force dans son oralité : il suffit d'entendre quelques extraits du texte lu pour s'en convaincre (ici, par exemple, lors de l'émission Poésie sur parole sur France Culture, à écouter). L'oralité est le maître mot de ce monologue thérapeutique et lobotomisant, c'est entre autre pour cela que je pense à Palahniuk, mais pas seulement : je pense également à une chanson de Florent Marchet qui, durant toute ma lecture, m'est revenue en tête, en boucle, en permanence : cette chanson c'est Les cachets sur l'album Rio Baril. On n'est pas loin, c'est vrai.Semaine 5
Vous reprenez les exercices.
L'été en fin d'après-midi. Volets clos. Fenêtres bien verrouillées.
Reste de lumière chaude.
Après dîner, vous êtes restés seuls tous les deux, vous baissez le son de la télévision, assis sur une chaise face à face, vos genoux se touchent à peine, vous devez vous sentir très proche l'un de l'autre pendant toute la durée de la séance.
Dans un premier temps, vous instaurez entre vous un contact visuel direct
dense et prolongé.
Deux minutes de silence.
Vous éprouvez ce moment partagé.
Au plus profond de vous-mêmes.
Trois minutes de silence.
A tour de rôle, vous prenez alors la parole en détachant bien les mots :
Nous avons du mal parce que.
Nous nous sommes réunis ce soir parce que.
Puis vous enchaînez par une minute de silence.
Souriez-vous.
Longuement.
Vous reprenez en détachant bien les mots :
Merci de nous avoir permis de partager ce moment ensemble.
Promettons-nous d'y attacher la plus grande importance à l'avenir.
Vous recommencez en inversant les positions, trois fois de suite.
A la fin, souriez-vous à nouveau.
Etreignez-vous cinq minutes, c'est long vous verrez, mais vous découvrez à quel point vous en aviez envie.
C'est terminé
vous ouvrez grandes les fenêtres, vous n'avez plus peur du monde à l'extérieur. Vous n'avez pas peur de le laisser vous traverser complètement.
Vous tenez bon, c'est évident.
Vous êtes en train de faire la différence.Hugues Jallon, Zone de combat, Verticales, P. 33-34
Zone de combat, c'est certainement un livre à lire, un livre qui permet d'élargir le champ de la littérature à autre chose (c'est une prose de science sociale, une poésie pathologique) et une manière non pas de nier le champ fictionnel mais bien de le redéfinir : tout épurer (l'intrigue, la scène, le personnage) pour mieux révéler par la parole uniquement (révéler l'intrigue, la scène le personnage). Un livre fort, certainement, très fort.
[Article également disponible sur Culturopoing]jeudi 5 avril 2007
Florent Marchet, Rio Baril
Par Guillaume Vissac le jeudi 5 avril 2007, 20:50 - Chroniques
Florent Marchet, je n'en n'avais jamais entendu parler jusqu'à un jour, il y a un an ou plus, où je déambulais plus ou moins par hasard sur la partie Musique du forum du Footoir. Sur le coup, ça ne m'avait pas plus emballé que ça. C'était son premier album, Gargilesse, et ça me laissait un peu sur ma faim. Je n'étais pas(ni ne suis devenu depuis) un grand fan de la chanson française, et encore moins de la pseudo « nouvelle scène française », si bien que dès que je comprenais instantanément les paroles d'une chanson, quelle qu'elle soit, j'avais un peu de mal. Et puis il y a une semaine environ, j'ai appris que ce Florent Marchet, dont je n'avais vraiment aimé qu'une ou deux chansons sur Gargilesse (« Levallois » et « Dimanche », notamment), avait sorti un nouvel album, qui s'appelait Rio Baril et que je devrais me passer en boucle durant les jours qui suivirent...
Rio Baril est une sorte de concept-album qui raconte, à travers quatorze chansons (plus une instrumentale), la vie de « Rio Baril », bled paumé fictif qui servira de décor et d'unité à ce petit roman musical des plus agréable. La chanson titre, qui enchaîne une instrumentale d'ouverture, contribue à peindre par petites touches ce dit décor : clocher, école, Crédit Agricole, mairie fleurie, etc. Les autres chansons se font le porte-parole de personnages anonymes et divers : enfant, mère, trentenaire triste, ado en crise, vieux, et j'en passe. Le tout passant d'une piste à l'autre sans transition ; la musique comme un fil qui vient unifier tous ces portraits épars et qui, portée par ce projet commun, bâtit un microcosme intelligent, agréable et rafraîchissant. Certaines chansons optent pour l'intimiste que l'on retrouvait déjà sur Gargilesse (« J'ai 35 ans »), d'autres assument carrément leurs influences pop (« Sous les draps »), fait sans doute trop rare dans le paysage musical français adepte du parlé/chanté et du culte des noms propres.
L'album étant très bien structuré (ouverture, paysage, interludes, portraits, fermeture), on retrouve parfois quelques pistes transitoires bienvenues, tel « Il fait beau » ou « On a rien vu venir », respectivement touchante et humoristique. L'accompagnement, lui, se fait éclectique : l'habituel piano côtoie les curieux banjo ou ukulélé, tandis que les cuivres de l'orchestre philharmonique de Sofia vient relever le superbe refrain de « Notre jeunesse ». Étrangement, l'album s'ouvre et se clôt sur des instrumentaux où les sifflements rappellent les bandes originales de Western Spaghetti...
Au niveau de la voix, Florent Marchet, c'est un peu un mélange entre Alain Souchon et Benjamin Biolay (période Rose Kennedy / Négatif parce qu'après je n'aime plus trop), qui ne boude pas ces (bonnes) influences : il y a sans doute de l'Elliott Smith et du Sufjan Stevens chez ce bonhomme (références rabâchées à droite à gauche dans les articles qui le critiquent). On sent parfois qu'il ne se risque pas assez à se détacher de son ton fredonnant, mais ce n'est jamais lassant (contrairement à Gargilesse), et ces quelques pistes où il parle n'ont rien de trop « Vincent Delermien » et sont toujours bienvenues (« Les cachets » tout particulièrement, superbe).
Petit à petit, une écoute après l'autre, on se surprend à se sentir bien dans ce Rio Baril qu'on commence presque à connaître, à comprendre, et ces textes désabusés, parfois tristes, parfois cyniques, acides ou drôles, mais collées à des mélodies qui, elle, ne tiennent pas de la dépression nombrilisme des quelques acteurs de la « nouvelle scène française » que j'évoquais tout à l'heure. « Notre jeunesse », « Pavillon » et « Ce garçon » m'ont particulièrement touché. Les paroles, de plus, sont suffisamment réfléchies et composées pour ne pas tomber dans les niaiseries faciles d'une autre pseudo pop française (celle qui passe en radio).
Lors des dernières minutes, après ce « Tout est oublié » qui monte et qui monte et qui se tait simplement, c'est avec beaucoup de plaisir que l'on remet l'album au début, simplement parce qu'on en a envie et que c'est naturel.
Au passage, la page myspace de Florent Marchet, je vous la recommande, ne serait-ce que pour écouter quelques extraits de cet album, et puis la page Amazon, aussi, histoire de le commander, cet album, si jamais l'envie vous prend, après tout on ne sait jamais. Et un petit clip, aussi, merci à YouTube, avec la chanson titre. Alors « bienvenue à Rio Baril » si vous le voulez bien...
dimanche 9 avril 2006
On se croirait dimanche
Par Guillaume Vissac le dimanche 9 avril 2006, 12:11 - Journal
Ca tombe bien, c’est dimanche. C’est dimanche, et avec ce jour sinistre son lot de grisaille, de pluie, de rien, de vide. Même pas envie d’écrire. Même pas envie de continuer « Coup de tête ». Mais il faudra bien, alors je m’y mettrai, dans l’après-midi certainement.
Mais c’est surtout dimanche avec de réjouissantes réflexions sans intérêt sur ce que je vais bien pouvoir devenir dans ce monde tout gris. C’est peut être à cause de la reprise des cours prochaines (j’imagine) ou peut être que c’est autre chose, mais toujours est-il que j’en reviens encore au même point : putain qu’est-ce que j’ai envie d’arrêter la fac. Evidemment, se dire ça au mois d’avril de la deuxième année, ce n’est pas juste « pas malin », c’est même complètement idiot. Mais bon, marre de lire ces livres que je n’ai pas envie de lire, marre de perdre mon temps sur des dissert sans intérêt qui ne rapportent que des 6 ou des 9, marre de ce petit monde universitaire qui s’intéresse à tout sauf à l’Art, marre de tout ça…
Oui mais quoi faire d’autre ? Ah oui, bonne question… Non seulement je ne sais rien faire mais en plus je n’ai envie de rien faire. C’est terrible. C’est pénible, surtout. Parce que ce que je voudrais faire, ça, je le sais. Je voudrais écrire. Parce que, oubliant toute espèce de fausse modestie, c’est tout ce que je sais faire. Mais bon, je ne voudrais pas non plus gagner ma vie en écrivant. Il me faudrait une source de revenues extérieures, histoire que ça ne transforme pas mon « activité littéraire supposée » en travail purement alimentaire. Mon Dieu que c’est compliqué…
Mais c’est vrai que j’aimerai faire comme les artistes que j’apprécie, tout lâcher et se lancer à fond dans « l’Art ». C’est tellement difficile à comprendre ?
Bon, c’est pas grave, tant pis. Dans quelques jours, je suppose, je reprendrai les cours, et puis après les partiels, et puis après l’habituel ennuie des vacances d’été, et puis une autre année, d’autres cours, d’autres partiels et ainsi de suite, et ainsi de suite et ainsi de suite…
Ce billet n’appelle aucun commentaire. Ca tombe bien, c’est dimanche. C’est dimanche, et avec ce jour sinistre son lot de grisaille, de pluie, de rien, de vide. Même pas envie d’écrire. Même pas envie de continuer « Coup de tête ». Mais il faudra bien, alors je m’y mettrais, dans l’après-midi certainement.
Mais c’est surtout dimanche avec de réjouissantes réflexions sans intérêt sur ce que je vais bien pouvoir devenir dans ce monde tout gris. C’est peut être à cause de la reprise des cours prochaines (j’imagine) ou peut être que c’est autre chose, mais toujours est-il que j’en reviens encore au même point : putain qu’est-ce que j’ai envie d’arrêter la fac. Evidemment, se dire ça au mois d’avril de la deuxième année, ce n’est pas juste « pas malin », c’est même complètement idiot. Mais bon, marre de lire ces livres que je n’ai pas envie de lire, marre de perdre mon temps sur des dissert sans intérêt qui ne rapportent que des 6 ou des 9, marre de ce petit monde universitaire qui s’intéresse à tout sauf à l’Art, marre de tout ça…
Oui mais quoi faire d’autre ? Ah oui, bonne question… Non seulement je ne sais rien faire mais en plus je n’ai envie de rien faire. C’est terrible. C’est pénible, surtout. Parce que ce que je voudrais faire, ça, je le sais. Je voudrais écrire. Parce que, oubliant toute espèce de fausse modestie, c’est tout ce que je sais faire. Mais bon, je ne voudrais pas non plus gagner ma vie en écrivant. Il me faudrait une source de revenues extérieures, histoire que ça ne transforme pas mon « activité littéraire supposée » en travail purement alimentaire. Mon Dieu que c’est compliqué…
Mais c’est vrai que j’aimerai faire comme les artistes que j’apprécie, tout lâcher et se lancer à fond dans « l’Art ». C’est tellement difficile à comprendre ?
Bon, c’est pas grave, tant pis. Dans quelques jours, je suppose, je reprendrai les cours, et puis après les partiels, et puis après l’habituel ennuie des vacances d’été, et puis une autre année, d’autres cours, d’autres partiels et ainsi de suite, et ainsi de suite et ainsi de suite…
Ce billet n’appelle aucun commentaire.











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