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lundi 10 août 2009

Croquis #15

Ne pas chercher de lien entre l'un et l'autre : se sont simplement traversés en faisant mine de ne pas se voir.



seul au milieu des rails, maillot Chelsea short blanc sur la peau, chaussettes blanches baissées sous talon, Nike Tiempo, il remonte en dribblant la voie du tram, un ballon contre le cuir, intérieur extérieur du pied, foulée lente qui claque sur les pavés, il remonte à contre sens, de la terre sous les crampons, les crampons atrophiés, remonte nuit plongée du nord au sud, à contre temps, inversion chronologique qui le ramène adolescence, les matchs du samedi après-midi puis dimanche matin puis samedi après-midi encore, sur un demi-terrain cette fois, les cages dépliées le long de la ligne de touche dans la largeur des plus grands, terrain pelouse puis synthétique puis stabilisé, le contact entre les doigts, les ongles lorsque la terre s'y glisse et racle, comme accrochés sur un tableau noir, craie figée sèche entre rainures des empreintes digitales, il remonte, une accélération, passements de jambes, feinte de corps puis jongle un, deux, trois coup de pied droit puis gauche et stop dans le creux de la nuque, déséquilibre, retombe, mauvais rebond sur le pavé en biais, puis reprend, passements de jambe, accélération, une Okocha ratée, ballon piqué, jongle un deux trois, genou droit puis gauche, cuisses lourdes et courbatures, la rue en pente un peu plus, la côte s'accentue, contre sens toujours, contre temps contre épaule, et cheville qui se délite sous les appuis, crampons trop longs sur les pavés, nuit noire plus noire au bout du bout de ces lignes d'horizons qui devant, loin devant, se défont, maillot Juventus short noir, chaussettes blanches baissées sans protège-tibias, ballon Nike, ballon Umbro, ballon crevé, ballon en mousse dont le cœur inégal se dépèce à chaque passe, frappe ou contrôle, ballon d'hélium qui n'accroche plus au sol et flotte, ballon fait d'air que l'on fait mine d'effleurer et qui ne rebondit plus trop lourd contre les murs et dont on raconte, après, plusieurs jours plus tard, les exploits nocturnes, fictifs et enragés, seul au milieu des rails bien avant que les rails ne fassent demi-tour, un, deux, trois jongles sur languette Puma repliée pince à linge durant la nuit, remonte à contre-sens et temps mêlés, chaussettes baissées sous les talons et peau marquée d'incisions diverses, crampons claqués sur mollet ou suture à la cuisse et tempe, tibias fracturé, ligaments rompus mal recomposés, malléole fendue et clavicule fêlée, la peau des mains éraflée dans la paume et rouge aux genoux de trop de tacles sur l'asphalte, remonte les rails à mesure qu'ils se prolongent, peau marquée sous l'ombre et le numéro sept dans son dos tatoué qui lentement se décompose à force de lavages, puis frappe pied gauche au loin où le ballon s'étend sous trajectoire, chaussures laissées bord du terrain près du banc de touche, chaussettes baissées puis enlevées, frappe pied droit pieds nus sur les pavés chauds d'après dix heures, entre les rails, se change encore entre deux matchs, sous les gradins, peau offerte vent du nord, poussière stabilisée, autre maillot à enfiler

mardi 8 janvier 2008

Armindo Ferreira, je m'en souviens encore

Bien avant Chrono Cross, autre réminiscence vidéoludique. En vrai le jeu s'appelait Championship Manager, mais en France ça s'est toujours (ou presque) appelé l'Entraîneur, tout simplement. Et après ça Football Manager, depuis quelques années, mais ça c'est pour l'anecdote ; je joue actuellement à la version 2007 (j'entame ma troisième saison avec Brest, pour ceux que ça intéressent).

Mais rien à voir (ou si peu) avec le 2007 : celui dont je parle, c'était le premier jeu à s'appeler l'Entraîneur et il date de 1995. Me souviens plus exactement de comment on l'avait eu ce jeu là ; certainement mon frère qui l'avait acheté, parce qu'à l'époque, c'était lui qui connaissait ces choses là et moi qui suivait. L'Entraîneur, on y jouait sur le vieux 486, à l'époque où le bureau de ma mère se trouvait dans la pièce du bas (à l'époque, aussi, si je me souviens bien, où sur Fun Radio, car on écoutait Fun Radio, ils diffusaient une chanson des Rembrandts à outrance qui s'appelait I'll be there for you et ils prévenaient que bientôt une série américaine géniale allait être diffusée en France et qu'il fallait surtout pas la louper : elle s'appelait Friends). On y jouait sur le vieux 486, parce qu'à l'époque, le vieux 486 il était plutôt performant : il faisait même tourner Fifa 96, le premier Fifa en 3D.

Bref. Donc on jouait à l'Entraîneur. Et ce qu'il y avait de bien avec l'Entraîneur, c'est que c'était pas un jeu de foot comme les autres (d'abord c'était pas un jeu de foot) : c'était un jeu de management de foot. Nuance. Un jeu d'entraîneur, quoi, comme son nom l'indique.
Et tout ce qu'il y avait, dans l'Entraîneur, au fond (et ça n'a pas beaucoup changé depuis), c'était des tableurs. Et c'était génial. Parce que : une base de donnée hallucinante de je-sais-plus-combien de joueurs exactement, plein de clubs, plein de pays, etc. Et pour chaque joueur : ses statistiques, ses points forts, ses points faibles, les trucs qu'il aimait et les trucs qu'il aimait pas. Son poste de prédilection, sa tolérance à la blessure, sa valeur, ses états d'âmes, ses pétages de plomb. Et ainsi de suite, comme on dit. Alors avec ça, il fallait prendre en main un club (je prenais toujours soit Paris, soit Auxerre, soit Montpellier, allez savoir pourquoi, et dans ces équipes, on trouvait des Christophe Cocard, des Bernard Allou ou des Julio Cesar Dely-Valdes, toute une époque !), gérer les joueurs, les recruteurs, les adjoints, etc. Recruter. Bâtir une équipe. La diriger. Aller au bout des objectifs imposés par le club ou bien prendre le risque de se faire virer en cours d'année (c'est arrivé souvent). Donc, évidemment : gagner le plus de matchs possibles.
Les matchs, parlons en, c'était le plus marrant : à l'époque, il n'y avait pas de retransmission en 3D, ni même de « petites boules » d'ailleurs (match vu du dessus avec représentations des joueurs en petites boules, si si) ; il n'y avait que du texte. Littéralement. C'est à dire que pour décrire les actions, il y avait un bandeau qui s'affichait à l'écran et qui disait : « Machin déborde sur l'aile droite et centre... » et puis un autre qui enchaînait « mais le ballon est contré et sort en touche. ». Par exemple. Ce genre de trucs. En bas, un léger graphique représentait la possession de balle, histoire de savoir si son équipe était en danger ou non. Si je me souviens bien, il y avait possibilité de rajouter des commentaires audio de Jean-Michel Larqué (!!) mais soit que les commentaires buguaient, soit qu'ils étaient pénibles, on ne les a pas souvent activés.

Le plus intéressant, en réalité, dans ce jeu (et ça vaut toujours pour les versions actuelles), c'était justement ce manque numéro un que l'on ressentait en jouant : ne pas voir les images. Comme on n'avait que le texte, on était forcé de se représenter autrement le match pourtant observé depuis notre banc de touche virtuel. Bref, on était obligé d'interpréter le texte laconique (souvent les mêmes phrases qui se répétaient) histoire de le mettre en image, dans un coin de notre tête, histoire de le rendre réaliste. Vivant. Même chose avec les petites boules, où il faut perpétuellement interpréter si ce mouvement de petite boule vers la droite correspond à un lobe tout en finesse ou à une reprise de volée dévastatrice. C'était (c'est) tout un art.

A l'époque, on n'avait pas le droit d'avoir plus de trois joueurs étrangers en même temps sur la feuille de match et on payait à coup de millions de francs. Je me souviens de certains noms de joueurs qui cartonnaient dans le jeu (et une fois qu'on avait fait une partie, on savait à l'avance qui cartonnerait ou non dans les années futures, parce que le jeu générait lui-même ses propres stars) : Joao Pinto en faisait partie, attaquant portugais que j'avais recruté avec Paris. Il y avait Armindo Ferreira, également, qui venait de Niort (et qui joue toujours, je l'ai même croisé dans ma dernière partie de Football Manager, défendant les couleurs de Châteauroux !). J'en ai oublié beaucoup d'autres.
Je me souviens avoir beaucoup gueulé contre ce jeu (je me souviens même avoir cassé une souris à cause de ce jeu), parce que c'était (c'est toujours) le truc le plus stressant qu'on peut imaginer, avec toujours un connard à la 88eme minute qui trouvait le moyen de faucher un attaquant adverse dans la surface et un autre connard (l'arbitre) qui s'amusait à siffler penalty et qui bousillait mes chances de titre. Bref. Stressant, quoi. De quoi gueuler contre l'écran quand l'adversaire égalise dans les arrêts de jeu et dans la seconde qui suit : un blessé alors qu'on a déjà effectué ses trois remplacements. Résultat : deux prolongations à dix contre onze pour finalement encaisser un but... dans les arrêts de jeux de la deuxième prolongation ! Oui, effectivement, ça sonne encore douloureux : c'est arrivé il y a moins d'une heure...

Hum. Reprenons.

Enfin, l'Entraîneur, c'était aussi ma façon à moi de me bâtir une bonne culture footballistique (non, on ne rit pas svp), parce qu'à l'époque, on n'avait pas Canal, et le foot à la télé, ça se limitait donc aux téléfoot du dimanche matin pour les résumés et quelques vrais matchs vus en vrais à Geoffroy Guichard de temps en temps. Bref, parcourir comme ça ces bases de données immenses, ça m'a donné l'occasion de « m'y connaître » un peu plus et de ne pas écarquiller des yeux interdits quand on parlait de Ruud Hesp ou de Ivan Zamorano dans les cours de récré : indispensable, du coup. Il y a également Zoom Travica qui résonne lentement dans mes lointains lointains souvenirs, mais ça c'est une autre histoire, une autre époque, un autre jeu. Une prochaine fois peut-être...

lundi 2 octobre 2006

Un soir à Geoffroy Guichard

Tu sors juste devant chez moi, juste à quelques mètres et tu le sens. Parfois même, c'est arrivé, juste sur mon balcon, tu le sens. Comme un truc dans l'air qui vient d'un peu plus loin. Et c'est encore plus évident quand tu aperçois le stade tout éclairé, là-bas, tout au bout. Et même si en fait, des fois, tu n'entends rien du tout, en le voyant, tu l'entends quand même, ce qui est peut être encore mieux. Une sorte de respiration indescriptible, c'est d'ailleurs pourquoi je ne l'explique pas. L'ambiance. C'est ça le mot, l'ambiance.

Un soir à Geoffroy Guichard, donc, parce que mon frère nous a passé deux places, pour mon père et moi. Et des souvenirs, des souvenirs de gosses (quoi d'autre ?) qui reviennent et qui s'entremêlent. D'abord, le dernier match auquel j'ai assisté. A vue de nez, c'était il y a quelque chose comme six, sept ans. Je ne sais plus exactement. Je me rappelle que c'était l'année de la remontée en D1 (parce qu'à l'époque, on appelait encore ça la D1) de l'ASSE. C'était contre Nantes. C'était contre Nantes et il pleuvait. Je ne me souviens plus du score, je ne me souviens plus non plus du gardien des verts de l'époque. Juste que c'était contre Nantes et qu'il pleuvait beaucoup.

L'autre souvenir, il est encore plus vieux. C'est un souvenir d'un autre ASSE-PSG, il y a longtemps. Et la première chose qui me revient en tête lorsque je me mets à penser à cet ASSE-PSG, c'est un nom, c'est un joueur : Jean-Philippe Séchet. Je revois vaguement sa tête, sa photo des albums Panini que je collectionnais à l'époque, que tout le monde collectionnait. Par contre, je suis incapable de me rappeler dans laquelle des deux équipes il jouait. Je sais qu'il a porté les deux maillots, à un moment dans sa carrière mais là, maintenant, je n'arrive plus à me rappeler où il jouait pour ce match-là. Mais peu importe. Je ne me rappelle que de lui. De Jean Philippe Séchet, qui jouait pour Sainté ou pour Paris et déjà, à cette époque, ma préférence allait pour Paris. Et déjà, à cette époque, il fallait faire semblant d'être content quand l'ASSE marquait et triste quand Paris égalisait. Je crois que c'était dans cet ordre et, dans mon souvenir, il y a eu match nul (Edit du 08/01/08 : en réalité Paris avait gagné trois à un dont un but de Séchet, justement, c'est resté la dernière victoire du PSG à G. Guichard pendant plus de dix ans). Mais peut être est-ce plus une impression reconstituée qu'un vrai souvenir. Sur le terrain aussi, il me semble, Lubomir Moravcik et Joseph-Antoine Bell. Et mes yeux de gamins gigantesques pour les voir tous s'agiter un peu plus bas, petites tâches de couleurs vertes ou bleues.

Autre match, mais même période. Match de coupe de france. David contre Goliath. Côte Chaude contre Paris. Côte Chaude, le quartier de Fanny, celui-là même où, « bien des années plus tard », c'est à dire l'année dernière, je retrouvais des coupures de journaux qui parlaient de ce match dans une salle du quartier dans laquelle Fanny a fêté son anniversaire. Bref. Paris avait gagné 10-0. Et sur le terrain, là-bas, tout en bas, Raï, le numéro dix, mon idole de l'époque. Il me semble qu'il avait marqué mais je ne suis plus très sûr. Je me rappelle même que les journalistes nationaux de l'époque parlaient de Paris contre « la côte chaude », ce qui faisait bien sûr sourire les stéphanois...

Dernier souvenir, qui doit se situer à la même époque que le précédent. Je crois qu'il s'agit du dernier match de championnat, c'est contre Martigues et les verts sont directement concernés par la relégation. Je ne me souviens plus du résultat, je ne me souviens même plus du match en lui-même. Tout ce qui me revient, c'est le retour, en marchant sur le parking du stade, tristes, parce que quel que fut le résultat, St-Etienne descendait en D2. Et puis quelqu'un qui dit, je ne sais plus qui c'est, mon père mon frère, je ne sais plus : on préférerait être lyonnais ce soir. Et comment.

Hier soir, il a encore fallu faire semblant d'être content lorsque St-Etienne a marqué. Mais moins qu'il y a dix ans. Beaucoup moins.

Hier soir, Paris a perdu, tant pis. C'était quand même un beau match. Ne serait-ce que parce qu'il m'a rappelé toutes ces petites choses. C'est bête non ?

lundi 10 juillet 2006

Dur...

Note : Ce billet a été écrit le 10 et publié le 12. Je le date donc au 10 juillet.

Hier soir, comme beaucoup de monde je l’imagine, j’ai regardé la finale de la coupe du monde. Hier soir, vingt heures, j’ai regardé le match, en mangeant un risotto italien préparé par le père d’Hugo avec toute l’ironie que la nationalité du plat peut laisser supposer. Enfin bref, hier soir, après la finale, j’étais quand même bien dégoûté...

Ca avait pourtant bien commencé : penalty généreux accordé dès le début du match, textos de Malika et Elise à chaque action ou presque et but de Zidane qui pouvait partir sur une bonne note, une superbe note. Et pis, bah, j’imagine que vous êtes au courant, alors n’allons pas plus loin.

C’est juste que ça fait chier, ce coup de tête à la con qui, je le sais bien, ne nous aurait pas forcément fait gagner s’il n’avait pas existé, mais ça fait chier parce que ça gâche la fin de carrière du meilleur joueur du monde depuis vingt ans. Dommage... Une « simple » défaite avec Zidane sur le terrain, ça aurait quand même été mieux, plus digne... mais bon, tant pis, on fait avec. Nul doute que ce geste là aussi rentrera dans la « légende » du bonhomme, qui était aussi talentueux balle au pied qu’il avait du mal à maîtriser ses nerfs. Tant pis pour nous, tant pis pour lui, surtout.

Mais on ne va pas être mauvais joueur. L’arbitre a été bon, l’Italie aussi, tout comme la France. C’était une belle finale, quoi que peu spectaculaire. Une finale très intense. Et personne ne voyait les bleus aller si loin. Donc il n’y a aucune raison d’être déçu. L’Italie, sur l’ensemble de sa coupe du monde, mérite largement son titre suprême. Et puis voir des joueurs comme Buffon, Canavaro ou Zambrotta sacré, ça fait quand même plaisir, parce que c’est diablement justifié.

Voilà, c’est sans doute l’une des rares fois où je parlerai de foot ici, car je sais bien que le cercle de proches qui gravite autour de moi n’est pas forcément amateur de ballon rond. Tant pis, je prends quand même le temps d’en parler, tout simplement parce que cette coupe du monde était bien belle, et que nos bleus ont fait un grand, grand parcours.

lundi 12 juin 2006

Overdose

Pour certains, ça pourrait sans doute paraître génial, et quelque part, je le croyais aussi mais en fait on se trompe : c’est abominable (il est évident que je ne parle pas d’une réelle overdose, c’est une façon de parler, je préfère mettre les choses au point dès le début !). Ca a commencé vendredi, juste après la cérémonie d’ouverture. Je veux bien sûr parler de la Coupe du Monde en Allemagne, qui vient juste de débuter. D’ordinaire, j’aime bien regarder des matchs de foot à l’occasion, sans pour autant en être fan. Mais j’ai découvert que Félicia, elle, était réellement fan de foot. On rejoint donc l’entame de ce billet : certains peuvent penser que c’est génial d’avoir une copine qui aime le foot, mais ce n’est pas du tout le cas.

Au début, pourtant, ça se passait bien : un match sympathique, vivant et agréable (Allemagne – Costa Rica) et une soirée passée en ma compagnie, loin des écrans de télé. Et puis ça a commencé à se gâter par la suite. Peu importe le niveau des équipes retransmises (et c’était parfois douteux), Félicia voulait à chaque fois voir le match, ajoutant que « on sortirait un autre jour ». Au début, ça passait encore, jusqu’à ce que je me rende compte que « un autre jour », ça voulait dire pas avant un mois.

Mais qu’on ne me comprenne pas mal : j’aurais adoré partager des moments de supporter des bleus avec elle mais soyons honnête, le destin footballistique de l’Angola, du Paraguay ou de Trinité et Tobago, je n’en ai rien à foutre ! Mais pas elle. Pour elle, peu importe qui joue, il faut regarder, il faut apprécier le beau jeu, même quand il n’y en a pas. C’est donc on ne peut plus fatigant, voire agaçant, surtout lorsqu’elle croit intelligent d’ajouter que « elle ne comprend pas, tous ces ex regardaient les matchs avec elle ». Tant pis pour moi, donc, mais je crois que je vais la laisser devant son foot à présent, à part peut être pour les matchs de l’équipe de France, de peur de faire réellement une overdose. Au passage, nulle doute qu’elle ne se serait pas privé d’un alléchant Australie – Japon si elle n’avait pas du travailler cette après midi… Ca fout la trouille…

dimanche 19 février 2006

0 - 2

J’ai vu Bruno hier soir, mais on a un peu changé nos habitudes : on n’est pas allé au ciné (comme c’était initialement prévu, d’ailleurs), on est allé dans un bar, regarder le match. C’était Ajaccio - Bordeaux et il y avait pas mal de monde. Ca faisait bien longtemps que je n’étais pas allé voir un match, comme ça, dans un bar, avec un pote. Ca fait bien bien longtemps, mais ce n’est pas grave, ça m’a rajeuni. C’est Bruno qui a eu l’idée, évidemment, c’est toujours lui qui a les idées, mais c’était finalement une bonne idée. D’autant plus qu’on a gagné. Deux zéros, buts de Chamakh et Denilson (comment ça tout le monde s’en tape ?). Donc c’était une bonne soirée, tout le monde était content, on a bu, on a mangé et on a déconné. C’était une bonne soirée.

Et puis je lui ai parlé de mes projets, de mes idées, de mes craintes, de cette possibilité de Licence à Nice. Il a fait une drôle de tête, Bruno, quand je lui en ai parlé. Il ne s’y attendait pas. Il ne pensait pas que je pourrais sérieusement me relancer la dedans, tout reprendre de zéro. « A ton âge », il a dit et puis il a laissé sa phrase en suspens. Mais je le sais, ça, ce que je voulais c’était son avis. Et là, il m’a pas vraiment aidé. « C’est à toi de voir », il a dit, en substance, « si tu penses que c’est la bonne solution, vas-y ». Bruno, crétin, c’est pas ça que je voulais que tu me dises. J’aurai préféré qu’il me dise ce qu’il aurait fait à ma place, s’il pensait que c’était possible de tout reprendre à 27 ans, si il me sentait capable… Mais bon, je sais que c’est trop facile de tout mettre sur le dos des autres, et c’est pas comme ça que ça marche. Je dois décider, moi, tout seul, et je dois me donner une réponse claire et définitive.

C’est là qu’il s’est foutu de moi, Bruno. Il m’a dit qu’on était qu’au début de l’année, que j’avais six mois pour me décider, que j’étais pas obligé de trancher maintenant. Ouais, peut être, sûrement même, mais si je ne décide de rien tout de suite je crois que ça va finir par me rendre dingue. Mais bon, ça je l’ai gardé pour moi. Mais peut être qu’il a raison, après tout, peut être que je ferais mieux d’attendre, peut être que je ferais mieux de me sortir cette histoire de ma tête. C’est comme pour Lola, plus j’y pense et plus j’en souffre. Mais ça, je ne lui ai pas dit non plus à Bruno, je n’avais pas envie de lui parler de Lola hier, ça non. Mais bon, peu importe, car je n’ai pas envie de parler d’elle, aujourd’hui non plus.

Je m’étais dit, dans mon dernier billet, que je déciderais quelque chose avant la fin du week-end. C’est la fin du week-end. Alors ? Ma réponse ? Et bien, je crois que je vais suivre le conseil de Bruno : je vais réfléchir encore un peu. Pire, je vais l’oublier quelque temps et j’y repenserais à tête reposée, dans quelques mois. Ce qui est sûr, c’est que plus les jours passent et moins je ressens l’envie de rester ici… C’est triste, mais cette vie me gave, elle ressemble trop à celle que j’ai toujours mené et il faudrait qu’elle change. Enfin, en attendant, je mets tout de côté et je remets à plus tard. Lâche ? Moi ? Comme tout le monde.