NPAI      

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Tag - Fuir est une pulsion

Fil des billets - Fil des commentaires

samedi 17 octobre 2009

Noms €

header1.jpg
Achat ce matin d'un nouveau de domaine que je réserve pour les trois prochaines années : fuirestunepulsion.net. Ce nom là existe déjà depuis deux ans, il vit en parallèle dans une sphère masquée du blog, en écriture blanc sur blanc, de telle sorte qu'il n'est ni lisible, ni accessible, ni consultable. Lorsque je lui ai expliqué le principe de ce site fantôme développé à l'envers de l'autre, V., la dernière fois que nous nous sommes croisés, m'a répondu qu'elle ne comprenait pas trop l'intérêt de la chose (ce ne sont pas là ses mots exacts mais en substance mon souvenir s'arrête là), à l'époque je ne lui avais répondu qu'un « c'est à dire » que j'avais ensuite fini par évacuer ailleurs, par le fenêtre par exemple, déjà entrouverte sur la nuit et par laquelle fuyait en silence un peu de fumée de cigarette, la sienne. Ce nom de domaine est posé, je ne l'utiliserai pas tout de suite, peut-être ne l'utiliserai-je jamais réellement. Je me projette simplement dans une certaine potentialité, à moi de voir s'il sera utile de la matérialiser. A terme, ce projet de blanc sur blanc viendra succéder à / puis remplacer l'Omega-Blue trop bigarré.

Sur internet les mots, les noms, coûtent de l'argent (29€ pour trois ans d'exploitation du domaine fuirestunepulsion). Lorsque je travaillais encore pour mon entreprise de vente en ligne, un budget de plusieurs milliers d'euros par mois était alloué à l'achat de « mots clés » dans Google, référencement payant qui permet ensuite les visites, et donc les ventes. Ils appelaient ça « payer du clic », autrement dit des lettres et des mots. Si je monte demain une entreprise de vente d'organes, je devrai investir dans l'achat de mots clés précis tels que « foie à vendre », « rein en soldes » ou « coeur vente flash » et tous ses dérivés orthographiques, puisque les gens qui cherchent dans Google cherchent mal et que leurs phrases ne sont pas forcément correctes, il faut s'adapter aux déviances langagières de la plèbe, plier sous la majorité. Le nom de domaine répond à ce même désir : celui de posséder la lettre, syllabe, la phrase. Mes mots à moi, mes piètres investissements, ne sont que des pages blanches perdues au coeur des requêtes Google déferlantes, elles ne me rapporteront rien sinon quelques regards de plus penchés sur moi, j'espère en secret qu'on ne m'y trouvera pas.

lundi 2 juin 2008

Un journal des journaux

La lecture de Désordre, un journal (Publie.net) de Philippe De Jonckheere me rappelle aux journaux. J'ai toujours aimé lire des journaux. Des journaux d'écrivain mais pas que. Je piquerais volontiers n'importe quel carnet privé solidement emmuré dans un placard sous clé. Je piraterais volontiers des fichiers intimes que l'on protège via mot de passe. De gens connus ou anonymes je m'en fous. Simplement : la trace écrite (fixée) d'une existence à un moment donné. Un document. Pour entrer dans la tête ou, si ce n'est pas possible, dans les mots de leurs auteurs. Pour explorer les vies, les souvenirs des autres. Pour explorer les autres.

Les miens, également, de journaux, me sont utiles sans être précieux. Une masse d'informations importante que je stocke, que j'archive, si d'aventure j'en ai l'envie ou le temps. Le blog est pratique pour ça. Je reviens sur les mois passés relativement fréquemment. Pour me relire, pour me retrouver. Pour ça, le module de Pagination manque sensiblement ; j'aimerais pouvoir remonter le blog à la verticale comme on le ferait d'archives entassées. Pour cet ajout pour moi indispensable, j'attends que la version 2 de Dotclear sorte définitivement.

Je me retrouve à nouveau entre les murs de ma salle 202 pour y écrire quelques broutilles. J'y mange, j'y lis le journal de Philippe De Jonckheere en mangeant. J'en profite pour expérimenter la lecture écran qui passe à merveille avec mon petit Eeepc. Le grand bureau de prof est vide devant moi. Vide sauf : un lacet noir enroulé et un Petit Larousse Illustré de 1999 rafistolé au gros scotch. Derrière, contre le dossier de ma chaise plastique, le tableau blanc encore brillant des inscriptions de l'heure d'avant. J'arrive facilement à déchiffrer les lettres et les phrases. Il suffit de se décaler un petit peu, de suivre l'inclination de la lumière, de jouer avec les reflets.

There will be lots of forests
There won't be any more forest
There will be more and more wars
There will be lots of wars


Dehors il pleut par intermittence, j'aperçois quelques arbres, ceux du parc voisin probablement. J'ai ouvert la fenêtre – une heure de collégiens enfermés ça pue – et j'entends des bribes de conversations et des bouts de cris qu'ils poussent dans la cour juste en bas.

Quelque part je suis content que le quotidien le plus banal de ma vie actuelle puisse permettre l'écriture de ces quelques lignes. Mine de rien, cela me change de ces jours où le blog s'enterre avec moi dans les dilemmes de « Coup de tête », où mes 17h34 s'engluent devant l'écran (peu importe sa nature). Pas qu'il se passe réellement quelque chose par ici mais ça contribue au moins à donner l'impression que ça puisse être le cas.


Ce matin juste avant de partir, deux types sont venus « prendre des mesures »

l'expression prendre des mesures, ça me rappelle ces épisodes


je dis épisodes parce que j'ai toujours plus vu les adaptations de bande-dessinée que je n'en ai lu les albums


de Lucky Luke où, avant un duel dans la rue poussiéreuse d'un village du far west, le croque-mort (qui se baladait avec un vautour je crois) venait, justement, prendre les mesures des duellistes pour pouvoir ensuite concevoir le cercueil. Je vois ces deux types comme des croque-morts de notre vie de 2007-2008. Ils prennent les mesures, ils s'apprêtent à briser ce dans quoi nous avons vécu. Tant mieux, je me dis. J'aime autant me débarrasser définitivement des choses quand je n'en ai plus l'usage. Si je le pouvais, je brûlerais tout ce qui ne sert plus chaque année, dans un beau feu de joie



en vue de la réfection de notre appart pour l'année prochaine. Les deux types se pointent au moment où je m'apprêtais à m'en aller, ce qui fait que j'ai laissé deux étrangers chez moi pour je sais pas combien de temps, sensation toujours agréable. La réfection de l'appart on n'en profitera pas puisqu'on s'en va dans quelques semaines. La réfection de l'appart est en fait destinée à rendre notre chez nous habitable pour le futur principal du collège des Poulets. Qu'il ne soit pas habitable cette année ne posait par ailleurs aucun problème, cela va de soit.

J'en reviens à mes histoires de journaux. Quelque part je pense que l'expérience blog est en train de traîner. La suite tarde à venir et je sais pourquoi : cela demande beaucoup de travail, beaucoup d'effort. Je parle probablement chinois pour ceux qui ne savent pas que je prépare une suite à Omega-Blue. C'est dit. Mais l'expérimentation internet a un coût, cela s'appelle le temps. Ce nouveau projet tarde donc à se concrétiser. Cela fait pourtant plus d'un an que je l'ai mis sur les rails. Délicat.
J'en reviens à mes histoires de journaux. Mon quotidien ne se prête en général pas à ce genre de déballage biographique. D'ailleurs les déballages biographiques, je ne les apprécie réellement que lorsque les autres sont concernés. Moi, je passe entre les gouttes. Je ne me livre pas. Ou si peu. Je me répète. C'est aussi ça le but de la manœuvre avec ce projet-mystère. Me permettre d'aller un peu plus loin. Creuser plus et plus fort. Fragmenter plus. Brouiller les pistes. Verrouiller. Marcher au bord. La structure est en place, par ailleurs. Ne reste plus qu'à l'articuler, désormais.

Dehors il ne pleut plus, les arbres ne soufflent pas. Les cloisons tremblent par moment : on doit claquer des portes, on doit écraser des crânes contre les murs. Le même brouhaha difforme continue de se diffuser continuellement. Parfois, un connard ou un putain décolle plus haut que le reste.

vendredi 4 avril 2008

D #7 ~ Épaule (de Marcelo)

Description comme exercice anatomique. Marcelo comme modèle.

C'est une épaule de la main tendue, elle plonge dans la continuité du bras, remonte le long de l'humérus et se fond dans la ligne éminemment verticale qu'elle imprime à son mouvement. Une épaule de la main tendue.

Lorsqu'elle se replie, c'est pour ramener le bras vers le corps. N'importe quel corps. C'est un mouvement qui protège. Qui ne s'écarte pas. N' abducte pas. Un mouvement qui embrasse.

La peau se décolore à mesure qu'elle glisse le long de l'acromion puis s'enroule tout contre le tubercule majeur de l'humérus. La peau n'est pas épaisse, pourtant l'os ne ressort pas à travers. Il n'émerge pas. Il ne découpe pas la chair ouverte. Il soutient en silence le muscle deltoïde qui s'emballe par dessus, le maintient serré-rigide sous lui. Sec. Droit.

La veine céphalique sous-jacente cisèle la clavicule, le masque est léger, il s'applique par dessus la peau, on peut la sentir battre quand son sang brusquement s'anime. En plein effort.

Vus de près, les tubercules de l'humérus un peu rêches, la ciselure est nette, elle tranche dans le vide et la peau sous ces écarts se dérobe. Pourtant aucune main ne s'est jamais dérobée contre eux. L'épaule de Marcelo accueille, on y logerait des crânes entre le renfoncement sous l'acromion et le grand pectoral. Pourtant l'épaule de Marcelo s'écarte, elle glisse entre les mouvements succincts du reste du corps. Elle s'écarte. Disparaît au loin. Sa main tendue n'est plus qu'un mirage de plus dans le flou ambiant de son existence quotidienne. Marcelo est un mythe, son épaule roule sur l'air qui la berce en même temps que la décharge de ses pas – elle remonte depuis l'impulsion du gros orteil jusqu'au déhanché du bassin, puis le soulèvement saccadé de ses côtes et de son thorax qu'aspire sa respiration, et enfin la double virgule de ses deux bras qui tracent des sillons parallèles quoique impalpable à l'oeil autour de son buste – avant de se recroqueviller dans l'espace infime qu'on ne voit pas, peut-être parce que justement aucun crâne ne s'est jamais logé entre le renfoncement sous l'acromion et le grand pectoral. Marcelo se défile encore, il est là, à suivre la courbe des rails, il marche sur les blochets en béton, un pied par dessus, un pied entre, dans les interstices bourrés de caillasse et d'argile, son épaule érode ce relief silencieux qui le traverse en contre jour. Il fuit, en avance sur mes pas.

_____________

Ajout du 8 juin 2008 ; variante écrite pour un concours JE

ta main sur mon épaule m'a comme
tiré vers l'arrière
tes doigts sur mes artères
mon sang sous ton pouls
ma gueule brisée en deux
mon regard dans la tienne

mon sang sous ton pouls
mon cul dans les gravats
on entendait tu sais
les lignes à haute tension
défiler par dessus

ma gueule brisée en deux
prise entre les blochets
les rails on les sentait
vibrer sous nos veines

ta main sur mon épaule Marcelo je la
hais je l'adore
ta main sur mon épaule s'imprime
à son revers
à mon insu

tes doigts sur mes artères
le sang pressé-serré dis moi
que tu l'écoutes
tes doigts absent-présent
en incomplète
urgence.

ta main sur mon épaule connard
un souvenir de trop
ta ligne de fuite en friche
floutée par l'horizon

j'attends le train qui bat
j'attends le train qui traîne

vendredi 7 mars 2008

4h : pleuvent les rêves

Quatre heures du mat', horaire propice à l'écriture des rêves. C'est comme ça que le squelette de « Cette vie » s'est imposé, je l'ai déjà répété ici un certain nombre de fois. Hier, c'est comme ça qu'une autre idée a germé. Réveillé à quatre heures, donc. Levé à quatre heures quinze et à quatre heures dix-sept (tout ça est très précis, je suis très méticuleux, genre control freak tout ça) je me mets à l'écriture de ce rêve particulier qui m'a bien remué. Je m'arrête d'écrire quarante minutes et cinq pages plus tard (4h57), j'ai sur mon cahier bleu (anciennement vert) une nouvelle intrigue, un nouveau squelette, une nouvelle idée. Et même si je ne pourrais en réalité garder qu'une toute petite partie du rêve, et même si ça ne produirait qu'une nouvelle, rien de plus long, c'est un poil agaçant. Parce que, comme je le disais déjà il y a à peine deux semaines, je suis déjà plongé dans trente-six projets à la fois. Que ce n'est pas malin. Pas viable. Pas pro-du-ctif. Une nouvelle, un roman, une pseudo-novella en attente. Plus cet autre petite chose sur le net. C'est beaucoup beaucoup trop. Ce qui fait qu'en réalité je ne me concentre sur rien, je me disperse. Je m'étale. Je me perds.

Aujourd'hui, du coup, je me remets dans « Cette mort » (titre toujours très provisoire), histoire de me concentrer quelque part. Mais, comme souvent dans les fictions que j'esquisse, il s'agit d'un récit confus, obscure, emmêlé. Probablement incompréhensible ou si peu. Encore un truc franchement impubliable, à croire que je le ferais exprès, histoire d'avoir une excuse pour ces refus en vrac et en pagaille.
Et pourtant ce truc, « Cette mort », c'est un jeu, un parcours labyrinthique avec au bout, le sens caché de tout le bordel. Une histoire sans intrigue, une fiction éparpillée, qui ne veut sans doute rien dire, et pourtant je dois lui trouver une clé, un point de fuite, un sens. Affaire compliquée. Parce qu'à la base c'est un rêve, et un rêve parcellaire qui plus est. Alors sur la page, les mini-chapitres s'enchaînent, la narratrice se noie, parfois, dans ses propres incohérences. Je dois bien organiser la chose. Ne pas trop forcer les absurdités, les anachronismes, les amnésies. Je dois bien délier mon fil rouge, mieux que ça. Pour aller quelque part, ne pas me paumer en cours de route. Relire Truman Capote, également. Et puis surtout : comprendre avant de me laisser aveugler par tout ça. Dieu que c'est compliqué.

En environ deux semaines d'écriture légère : entre cinquante et soixante pages et un peu moins de cent mille signes. La moitié peut-être. En réalité je n'en ai pas la moindre idée.

vendredi 15 février 2008

J'archive tout

Je n'écris pas. Ochracé terminé depuis plus d'une semaine, Scapulaire en pleine impasse, Coup de tête au repos : je n'écris pas. Impossible de prévoir quoi que ce soit niveau écriture tant que je ne saurais pas de quoi mon quotidien sera fait dans les prochaines semaines à venir. Je fonctionne comme ça. Ne fonctionne pas, en l'occurrence. Et comme je n'écris pas, peut-être pour combler un vide, peut-être pour occuper mes doigts lâchés par habitude sur le clavier, j'archive. J'archive tout.

Je dis j'archive, je devrais dire je numérise. Tout. J'ai récupéré, rassemblé, réunis, tous ces carnets, ces lettres, ces mails, ces peu-importe-ce-que-ça-peut-être. Juste : des traces écrites de ces dernières années. Des mots inscrits comme ça, des fois par hasard, des fois par ennuis. Des conversations écrites sur nos feuilles de lycée. Des engueulades par phrases interposées. Des résidus. Des phrases-témoins. Et tous ces trucs, je les empile, je les classe, je les compile. Je les tape. Numérise. Archive. Voilà ce que je fais depuis ces derniers jours.
Tout est compilé dans le dossier « Journal » qui trône / qui traîne sur mon disque dur. De 1998 à aujourd'hui, dix ans de prise de notes. Parfois incomplètes, parfois idiotes. Souvent lacunaires. Et même : j'aurais pu remonter plus loin, si tous les cahiers, les notes, les feuilles, si tout était encore en ma possession. Le nombre de trucs que j'ai égaré, perdu, oublié, le nombre de trucs que j'ai moi-même détruit sûrement, le nombre de trucs que d'autres personnes ont gardé ; j'aurais du faire des doubles de toutes les lettres que j'ai envoyé. J'aurais du. Mais j'ai pas. Donc tant pis.



Archiver-numériser, ça n'a pas vraiment de but en soi. Peut-être pour pouvoir ensuite se permettre de négliger ces notes/textes/lettres/conversations sur support papier. Mais même pas. Je me vois mal tout balancer, quand même. Simplement, sans doute, bâtir un dossier où tout est réuni. Comme si c'était par ce biais là que ma vie pouvait se matérialiser. Rendre ces dernières années concrètes, matérialisées. Être productif en permanence, voilà mon obsession. Parce que vivre les trucs, ça ne suffit pas si derrière ça ne se cristallise pas ailleurs. Dans ce dossier là.
Le Journal comme squelette de ma mémoire, aussi. Parce que les évènements importants, je les zappe avec une facilité alarmante, parce que je ne me souviens que des détails, que des trucs pas importants. Squelette de ma mémoire mais je ne suis pas dupe pour autant : au moins aussi mensonger que n'importe quoi d'autre.

Dans le tas de souvenirs, des bribes importantes. Des réalités qui transparaissent depuis des tournures de phrase maladroites, des mots isolés, des silences. Surtout des silences. Toutes ces vérités dans tout ce que je ne dis pas, dans tout ce que je contourne, habilement ou non d'ailleurs. Tout ce que je ne nomme pas. Tout ce que je travestis dans l'orthographe, par hasard ou par jeu. (C. pas une fois je l'ai écris correctement)
Dans ce tas de souvenirs, la genèse de mon projet de laboratoire internet, c'est sûr (voir Désordre de Philippe De Jonckheere, énorme révélation). J'ai déjà trouvé le nom. Je fais des essais. Je sais comment ça va s'articuler. Je sais que ce sera privé. Je connais le mot de passe. Je ne sais pas encore comment organiser le jeu de pistes en revanche. On verra. 17h34, le projet, ça fait aussi partie de ce même élan. C'est la même chose.
Dans le tas de souvenirs, il y a aussi tous ceux que j'ai croisé, ou juste effleuré, même, ils y ont laissé leur empreintes. Malgré tout, à la lecture de ces notes beaucoup trop parcellaires à mon goût : le regret de n'avoir pas tout écrit en permanence. Toutes les idées, toutes les pensées, tous les actes. Tout. Pour réellement pouvoir tout archiver. Pour réellement pouvoir bâtir un dossier cohérent. En attendant, je comble les énormes vides avec ces bribes rachitiques, bribes de phrases, bribes de mots, bribes d'instant. Mes notes, radicalement imparfaites, éternellement incomplètes. Le Journal, éponge de tout ce qui est un jour passé par la lettre, squelette émietté de ma mémoire qui, elle, s'en fout.

vendredi 16 février 2007

En vrac...

En vrac, j'ai eu mon semestre avec ma meilleure moyenne de tout mon « parcours » « universitaire » (11.38, la moyenne en question, ça vous pose un parcours universitaire tiens !).

En vrac, j'erre depuis la fin de la matinée, amorphe, incapable de me détacher de mes perditions internautiques et tout ce qu'elles peuvent entraîner, incapable de lire une ligne de quoi que ce soit (Louise Labé, François Bon, Zola, Amy Hempel, rien...) sans aussitôt me retourner dans un sommeil latent qui se passe volontiers d'yeux clos. Incapable aussi d'écrire et d'achever le premier jet d'une nouvelle en cours, incapable, enfin, d'aligner deux mots au téléphone à Hugo.

En vrac, je ne suis pas allé voir Inland Empire, le dernier Lynch, qui passait ce midi au Méliès...

En vrac, j'ai arrosé mon anniversaire mercredi avec quelques amis et j'ai eu des cadeaux, parce que mes amis sont gentils.

En vrac, Elsa visite des musées en Espagne et elle peut dire adieu à sa troisième année à cause d'un engrenage de détails à la con et de non-réaction.

En vrac, l'interview de Tom Spanbauer (Faraway Places, Now is the hour) mise en ligne sur In cold blog est vachement bien.

En vrac, hier j'ai emprunté mes premiers bouquins à la BU depuis deux ans et demi que je suis inscrit à la fac.

En vrac, je retombe sur des épisodes de Tintin quand je rentre de la fac en fin (milieu) d'aprem. Jamais vraiment lu la BD (trop de texte), mais je connaissais le dessin animé par coeur quand j'étais gamin. Bizarre de revoir certaines scènes, réentendre certaines voix... Certains épisodes/tomes, comme Les sept boules de cristal me paraissent fascinants...

En vrac, je viens de lancer le téléchargement de l'intégral des Tintin (BD) sur la mule...

En vrac, je viens d'écrire « ingrétal » au lieu d'« intégral »... Est-ce un lapsus ? Est-ce révélateur ? De quoi peut être révélateur un mot qui n'existe pas ?

En vrac, la petite guirlande de gauche ment, je ne lis pas Des anges mineurs de Volodine, j'ai arrêté depuis un bon moment. La fiction française m'indispose en plus de m'ennuyer...

En vrac, il y a de fortes de chance pour que je fasse mon « mini-mémoire » de Littérature Comparée Option sur Moon Palace de Paul Auster.

En vrac, j'écoute M83, Dead Cities, Red Seas, Lost Ghosts.

En vrac, Virgil, j'ai vu que d'après ton sous pseudo MSN tu étais tombé dans la Debord-mania... mais que t'arrive-t-il ?

En vrac, le premier numéro de « En attendant l'or » va paraître sous peu. Je vais très certainement me la procurer...

En vrac, j'ai trouvé deux titres bizarres pour deux trucs que je n'ai pas encore achevé. « J'apprends à oublier de respirer » et « Fuir est une pulsion qui m'écartèle ». Je crois que je préférais mes habituels titres en un mot...