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Tag - Isa

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dimanche 2 novembre 2008

Comment j'ai failli aller voir le dernier Woody Allen...

...pour en réalité finir trempé entre les passages cloutés, sans rien derrière ni devant les yeux.

Nous avons rendez-vous avec Nico et Isa pour la séance de 16h, devant le Méliès et tout, pour voir le dernier Woody Allen , Vicky Cristina Barcelona, histoire de perpétuer la fameuse tradition cinématographique de saison. Des trompes d'eau sur les vitres, je pars de chez mes parents en regrettant un brin d'avoir laissé mon parapluie à Y. puis m'abrite sous l'abri-bus prévu pour. Sur l'écran de contrôle, je vois l'arrivée du prochain 4 pour 22 minutes plus tard. Il est trois heures et demie alors je me dis merde. Texto-éclair pour Nico qui, lui, est toujours très ponctuel : pas de tram avant 20 min, ça va être chaud pour être à l'heure puis retour écran de contrôle histoire de : un 5 dans deux minutes donc bon. Texto effacé-non-envoyé.

Retrouve Nico à l'heure ou presque pour finalement se dire que vis à vis de la séance de 4 heures, ça va être trop juste pour Isa (shocking !) donc non. Du coup, retour voiture-à-Nico sous trompes d'eau régulières pour bouger jusqu'à St-Roch histoire de se rapprocher de chez Isa et d'une et de payer moins cher le parcmètre ensuite. Petit tour de Sainté embuantée derrière les essuies-glace battus, puis slaloms entre les rues inroulables du centre-ville pour finalement s'échouer sur le parking St-Roch complètement vide. Entre temps, coup de fil d'Elise pour dire qu'effectivement on pourra sans doute pas se voir ce week-end puis répondre oui on avait un peu remarqué de notre côté. Z'allez voir quoi ?, elle demande, alors je lui dis ce qu'on est censé voir puisqu'elle demande, puis ah oui, ça a l'air nul, qu'elle répond, alors du coup ça motive. Retour St-Roch avec horodateur à gaver, puis douche lourde sur la nuque pendant que les pièces glissent à l'intérieur, jusqu'à ce que je fasse remarquer à Nico que, d'abord, c'était jour férié hier donc gratuit niveau stationnement et, ensuite, que puisqu'il s'était remis à pleuvoir, c'était peut-être moyen de redescendre à pattes pour retourner à notre point A. Certes. Donc retour au point A, oui, mais en voiture, donc compléter le tour initial et revenir se garer grosso modo au même endroit qu'avant.

Pause au sec dans un coin du Méliès, puis croiser ma tante et mon oncle entre deux coups de fil (un bonjour à Virginie-en-Irlande qui nous traverse le ciel-nuit-d'aprem par Skype interposé), puis redépart pour remonter jusqu'à vers chez Isa, soit notre point B inutile de tout à l'heure, pour passer la prendre, monter à Centre 2 et faire les courses pour les crêpes du soir. Courses et pâte à crêpe réglées, repartir, en voiture toujours, il est huit heures moins le quart, le film est à huit heures, le ciel solide nous tombe dessus par vagues, quatre fois le tour du centre-ville pour trouver une place, un œil perdu sur l'horloge de bord (oui mais elle avance donc en fait on est par en retard), puis garés sous-terrain, déboulés par dessus le sol glissant et inondé du dehors, carcasses trempées sur le tapis du Méliès, il est huit heures dix, film commencé depuis dix minutes, et oui. Du coup repartir direction le Gaumont, des fois qu'il y ait quelque chose de pas trop mal mais en fait non. Donc demi-tour aqueux jusqu'au parking sous-terrain, cheveux trempés et flotte dans les yeux puis sur les sièges d'Isa. Départ du point C pour un retour point B sans passer par la case machin ni toucher quoi que ce soit.

Dernier Woody Allen non vu, du coup (ouais bah il est nul alors ça va, dixit Elsa ), mais la poisse diffusée jusqu'au jour suivant, aujourd'hui donc, avec TER retardé de 50 minutes à cause des intempéries d'hier, avec la gueule du Gier puis du Rhônes qui déboulent sur la droite de la voie, les eaux brunes raclées du lit vers les berges puis les stigmates d'inondations passagères sur les rives ou les champs limitrophes. Et par dessus le soleil brille, première fois depuis que je suis arrivé, en cette belle journée qui commence, etc.

jeudi 24 avril 2008

Entre les rames

...l'impression de passer mon temps dans des trains ; arrivé la semaine dernière, je repars tout à l'heure ; un nouveau train, un nouveau numéro, de nouvelles matriochkas-mentales probablement ; vu plein de monde ces derniers jours (même si : plusieurs fois les mêmes personnes), ça tranche des longues semaines poulèsiennes où il ne se passe rien et où je ne croise personne ; hier, aprem sympa avec Patrick et Nico et Isa et puis le soir avec Isa et Elsa et Laurianne, sympa comme tout, avec des crêpes et puis la Nouvelle Star aussi (oh Jules eh oh, c'était quoi ce truc affreux ?) ; le hype du hype quoi ; et puis refaire tout mon sac ça me saoule alors, d'autant plus que j'ai l'impression de revenir avec trois fois plus de trucs que ce que j'avais quand je suis arrivé ; et tous les bouquins que j'embarque, où est-ce que je vais les caser ? ; pleins d'idées dans la tête sinon mais il faut aussi savoir les mettre de côté parce que je manque de rigueur putain c'est vrai quoi alors les autres trucs parallèles (ou pas parallèles d'ailleurs) ça devra attendre ; j'ai abandonné la lecture de Mao II, sinon ; pas accroché ; les autres trucs, je disais, ça devra attendre, parce que maintenant c'est simple : je te finis « Coup de tête » et je fais rien d'autre tant que c'est pas terminé-terminé parce que ça commence à bien faire ; avant-hier j'ai reçu une proposition de proposition pour bosser dans un tabac/presse mais ça me semble un peu juste niveau durée (n'étant plus dispo après le mois de juin) alors je préfère attendre que le rectorat me recontacte pour d'autres trépidantes aventures-de-prof ; plus intéressant ; mieux payé ; là c'est les vacances alors dans les semaines qui viennent peut-être ; niveau musique je jongle avec les Stones et Zappa sur Deezer mais je n'ai rien de tout ça dans mon MP3 alors dans le train ce sera niet (ou plutôt : ce sera autre chose) ; aikangètnau, etc...

Ajout du lendemain pour la veille

...sur le quai de la gare à attendre le TER pour Lyon à présent ; il est quelque chose comme cinq heures et quelques, mon TER à cinq heures dix-huit ; débarque une fille qui se plante devant moi ; elle porte des espèces de chaussures noires qui brillent et une mini-mini-jupe rose avec un blouson par dessus qui a de la fourrure tout autour du col ; elle me demande si c'est bien ce train là pour Lyon-Part-Dieu en me désignant la voie vide devant nous ; je lui réponds ouais, même si je bloque quelques secondes devant ce train imaginaire ; comme elle a l'air inquiète, je lui apprends qu'il est possible qu'ils remplacent certains trains par des cars, ce que je viens de lire quelques minutes plus tôt sur l'écran d'informations dans le hall ; elle me dit merde, putain, non mais c'est pas vrai, qu'ils la prennent vraiment trop pour une conne que elle elle va à Rive de Gier et que faut pas la faire chier parce que non mais en plus elle, elle est trop gentille alors tu penses ; moi, je ne pense rien ; elle me dit aussi non mais je suis trop conne tout en fouillant dans son sac pour attraper je sais pas quoi ; et moi je m'arrange pour détourner les yeux parce que du coup je ne sais pas si je suis censé répondre quelque chose et que si je réponds quelque chose, je me vois mal dire « oui ma pauvre fille, t'es trop conne » ; arrivé dans le train, je me retrouve juste derrière elle ; elle me demande si on arrive bien à Rive de Gier à cinq heures trente-sept ; je lui réponds que j'en sais rien, je descends pas à Rive de Gier ; elle me dit vous descendez où ? ; je lui réponds Lyon mais je pourrais tout aussi bien lui répondre oh on a le même âge alors ton vouvoiement tu sais ce que j'en fais ? ; ensuite elle passe la majeure partie du trajet à parler à sa mère au téléphone (ou bien toute seule encore) et de l'autre côté de son siège, je me dis que je sais maintenant à qui elle me fait penser ; elle me rappelle une fille que j'ai connu au lycée, elle s'appelait Amélie, et je pouvais pas la piffer...

samedi 15 mars 2008

Il y a deux ans « le blocage »

Voilà que je repense au « blocage ». Deux ans plus tard, certaines images me reviennent en mémoire. Certaines images dont je n'ai encore pas parlé. Elles sont fragmentées, isolées de tout contexte. Elles sont là, c'est tout. Nous sommes le mardi 8 avril 2008 et j'antidate ce billet au 15 mars pour mieux coïncider avec le début du blocage à l'université Jean Monnet de Saint-Etienne en 2006 :
- parce que je n'aime pas beaucoup publier plus d'un billet par jour
- parce que le planning de la semaine est rempli pour ce qui concerne les billets à mettre en ligne
- parce que je détourne ces informations de la première page, par lâcheté
- parce que je sais que certaines personnes directement concernées peuvent lire par dessus mon épaule.
Je décide de classer les faits de façon totalement arbitraire, par ordre de ce qui me revient d'abord en tête et, ensuite, par association, le reste. J'emprunte à François Bon sa mise en page cut-up. J'écoute Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles sur Deezer.

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Contrairement à ce que je laisse entendre lors du billet des un an, le blocage ne commence pas le 8 mars mais le 15. Je corrige cette anomalie d'anniversaire avec ce deuxième billet.

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Je repense effectivement à Nine Inch Nails quand je repense au blocage. Je repense d'abord à Only, chanson de mon album préféré With Teeth et à son refrain : « there is no you there is only me » que je placarde de façon totalement adolescente en sous-titre de mon pseudo MSN. Je parle à Virgil, souvent. Ce sous-titre est tacitement destiné à Fanny avec qui je suis en froid, c'est une revendication de mes convictions du moment. Je me fous totalement du CPE parce qu'il n'a strictement rien à voir avec moi.

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Nous sommes en cours d'Histoire Littéraire avec M. V. Nous sommes le mercredi 15 mars, lorsque, débarquée de la dernière AG, la moitié de la promo se rassemble pour nous annoncer le blocage. M. V. décide d'amputer son cours ; que l'on se serve de cette heure et demie pour discuter des tenants et aboutissants de la chose. On nous explique le pourquoi du comment et surtout le pourquoi il faut les rejoindre et bloquer avec eux. Bien malgré moi, je fais partie de la partie sceptique de la promo, en compagnie de personnes qu'habituellement je ne fréquente pas. Elise, Nico et surtout Fanny sont de l'autre côté. Je les ai croisés dans le couloir avant de venir, ils m'ont mis au parfum et ça ne me plaît pas. J'ai du mal à le cacher, d'ailleurs je me demande si j'en ai simplement envie.

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Ce qui m'ennuie de prime abord, c'est cette intrusion soudaine dans mon quotidien et l'incertitude des jours à venir. Ça m'énerve de ne pas pouvoir prévoir à l'avance le déroulement des jours. Ne pas aller en cours, évidemment, c'est bien le cadet de mes soucis.

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Je ne peux rien dire : je ne suis pas allé à l'AG. Si je voulais faire entendre ma voix, c'était là-bas qu'il fallait que je m'exprime. On me le fait remarquer, comme à quiconque qui aurait la curieuse envie de la ramener alors qu'ils n'ont pas fait l'effort de se déplacer jusque là-bas. Je reconnais l'argument mais me force intérieurement à le dédaigner, c'est ma mauvaise fois qui agit. Originellement, je devais aller à l'AG. Je change d'avis plusieurs fois. Je change d'avis une dernière fois lorsque Elise me reproche mon lunatisme sur la question – il est vrai que je lui ai déjà fait faux bon pour l'accompagner lors d'une précédente manif, quelques semaines plus tôt. Je prends donc la tangente et rejoint Malika à la BU pendant cette heure de trou.

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De retour en salle SR9 pour le cours d'Histoire Littéraire qui en réalité n'a pas lieu. Durant toute l'heure que dure ce petit débat improvisé, je scrute Fanny et les autres – mais surtout Fanny, parce que je peux lui en vouloir plus facilement, parce qu'entre nous c'est relativement habituel – de mon regard le plus noir. Parce que je leur en veux de me faire tenir de l'autre côté de la barrière. Parce que je leur en veux de ne pas partager mon point de vue. Surtout : je leur en veux de venir mettre les pieds dans mon quotidien le plus élémentaire.

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Je quitte la fac en trombe sans une parole pour les autres. J'appelle la seule personne de mon entourage à ne pas faire partie de la chose : Malika. On se plaint mutuellement dans le dos des autres parce que ça nous défoule l'un et l'autre.

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Le soir même, il me semble que j'appelle Elise, qu'on s'engueule, c'est peut-être la première fois mais peut-être que je confonds avec un autre coup de fil pour d'autres occasions. Je crois me souvenir qu'elle me reproche une conversation qui a eu lieu plusieurs semaines plus tôt à la Mie de pain ou dans l'un des nombreux kebabs autour de la fac (de mémoire : on ne fréquente que les gens qu'on est matériellement forcé de fréquenter, je ne crois pas aux amitiés longue-distance, elles finissent toujours par se déliter ; dans un an et demi je pars vivre ailleurs). La conversation se termine sans que notre différent soit tranché, réglé. Je déteste ça.

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Le soir même et les suivants, je m'engueule avec Fanny sur MSN.

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Je sais pertinemment ce qui me fait peur : que cette scission entre nous se creuse.

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Je ne participe pas au blocage le lendemain. Je me rends tout de même à l'AG suivante, le jeudi ou le vendredi qui suit. Les autres sont rassemblés autour d'un banc, juste devant l'entrée. Le portail est fermé, barricadé. On m'invite à passer par dessus la grille pour les rejoindre. Ce que je fais. Pendant que j'enjambe le truc, mon genou se bloque pendant un moment pendant que ma jambe continue de tourner. Je boite pendant le restant de la journée. Je ne sais plus si je dramatise la chose ou si, au contraire, j'essaie de le masquer. Je découvre avec amertume la présence de Malika qui construit des pancartes et des slogans comme si de rien n'était, comme si notre conversation de la veille ou de l'avant veille n'avait pas eu lieu. C'est cette facilité de travestir ses convictions pour un rien qui m'agace. Cette facilité que, par fierté ou par orgueil, moi, je suis sûr de ne pas posséder.

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Beaucoup m'ont tenu un certain discours avant le blocage et un autre complètement différent pendant. Beaucoup on fait partie du truc histoire de faire partie du truc.

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C'est peut-être à cette occasion que je rencontre Isa. Je me demande qui elle est, ignorant tout à fait qu'elle fait partie de notre promo depuis quelques mois au moins.

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C'est à cette occasion que je fais connaissance avec Virginie et Patrick.

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L'AG qui suit se déroule derrière la fac, à côté de la BU. Le nombre de personnes présentes est impressionnant. Il y a des caméras de France 3. Je décide de voter blanc, me foutant résolument du pour ou du contre. Il n'est pas évident de sentir cette masse de bloqueurs et d'anti bloqueurs hostile à son choix de « conscience ». Je me souviens avoir été mis à l'écart pour mieux décompter les votants, avec les autres « blanc », tout au fond ; une belle brochettes de gusses qui se demandaient résolument ce qu'ils venaient foutre là.

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Je fais en sorte de ne pas trop me faire marginaliser. Je compense comme je peux cette rupture d'opinion entre nous (ou, en l'occurrence, de non-opinion). Je tape le contenu d'un tract rédigé à l'avance dans un cybercafé. Je balaye deux ou trois idées quand j'en ai l'occasion. Je participe à une seule manif pour qu'on ne puisse pas, plus tard, me reprocher mon absence. Je déteste ça.

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Je déteste la formation progressive de ce groupe auquel je ne fais pas partie. Après coup, je déteste quand d'autres font références « au blocage » comme à une époque lointaine et idyllique, la nostalgie à fond la caisse.

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Je décide à l'avance de passer de temps en temps à la fac. Je ne participe pas au mouvement. Je me pointe aux AG, prétexte pour rejoindre les autres. Tous les deux ou trois jours en règle générale. Je m'interdis d'y retourner deux jours de suite. Mon esprit est généralement occupé par « Coup de tête », il y a désormais du REZ dans les oreillettes de mon MP3.

16bis

Je me rappelle la première fois que je m'apprête à passer par l'entrée latérale, côté Voltaire. Je me demande à moitié sérieux entre moi-même si on me laissera passer vu comment je suis fringué. A l'entrée, je retrouve François occupé à filtrer le flux d'entrants-sortants.

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Un jour où Fanny ne peut pas venir à une AG pronostiquée serrée parce qu'elle doit aider au blocage de Simone Weil, je lui propose de voter à sa place. C'est la seule fois où je vote « pour ». Ma conscience s'en accommode facilement : j'ai besoin de plus de temps vierge pour poursuivre « Coup de tête » qui s'enlise.

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Retour en arrière, au début du blocage. Notre prof de Dissertation propose à « ceux qui le souhaitent » de rendre une dissertation prévue depuis longtemps. Un délégué doit les ramasser sur les ruines cartonnées et barricadées de la fac. Je m'y pointe pour rendre la mienne, terminée pendant les vacances précédentes et donc avant le début du blocage – et, par ailleurs, totalement bâclée, ce qui amènera une bâche de plus dans cette matière. La pénible impression d'être pris pour un de ceux qui souhaiterait reprendre les cours au plus vite.

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Lorsque la fin du blocage est votée, c'est un état de déprime qui gagne tout le monde. Le CPE est déjà abrogé. Il n'y a plus rien à poursuivre, sinon peut-être toutes les luttes valables qui ont fait se fédérer autant de monde autour d'un seul prétexte. Le prétexte est sacrifié, de même que le premier ministre de l'époque, décapité. Comme je le pressentais, « nous » contribuons à dégager une voix royale pour Sarkozy 1er.

19bis

Lorsque la fin du blocage est votée, Hugo me téléphone, je lui annonce la chose, il me dit « c'est super », ou quelque chose comme ça, probablement parce qu'il essaie de dire ce qu'il croit que je suis en train de penser moi-même. J'essaie de m'éloigner un peu des autres, je n'ai pas réellement envie que cette bribe de conversation filtre ailleurs. Je lui réponds peut-être « oui, oui ». En réalité je suis amère. « Coup de tête » n'est pas terminé. J'ai besoin de plus de temps que ça. Les premiers partiels commencent déjà à poindre. Je n'arriverais plus à continuer d'écrire les jours suivants.

mercredi 31 octobre 2007

Histoire de

Arrivé la semaine dernière, je repars demain : on reste une petite dizaine de jours, donc, et durant cette petite dizaine-de-jours-donc, le temps d'aller à droite, à gauche, de voir ceux qu'on n'a plus vu depuis quelques mois, ceux qu'on a régulièrement au téléphone, ceux avec qui on échange des mails, certes, mais ce n'est pas pareil. On s'est déjà vu vendredi soir au Méphisto, bar collé à l'église Saint-Roch (véridique), et puis hier soir, chez Isa, et tant pis si je me suis à moitié paumé pour retrouver le chemin de chez elle (véridique, bis).

Étrangement je n'ai aucune photo de groupe : sur toutes les photos que j'ai prises hier, je me suis toujours inconsciemment arrangé pour cadrer Isa et Virginie. Et pas les autres. Hasard des photos prises au portables et peu importe d'ailleurs, vu la qualité des dites photos. Et grosso modo, ne rien faire d'autre que passer un bon moment ensemble et ne pas chanter Michel Berger (zut zut zut ; enfin, sauf quand Emilie chante toute seule) et subir apprécier les blocages syntaxiques de certains dont je ne dévoilerai pudiquement ni la nature (des blocages) ni l'identité (de certains).
Content de revoir tout le monde, disais-je, Elise et Patrick en particulier, sans doute, puisque ces deux là n'étaient pas là vendredi. Content de revoir tout le monde et, plutôt que de rattraper le temps perdu, le poursuivre ensemble, et tant pis si cette impression d'avoir sauté du train en marche est quand même là. Tant pis si ici, la vie continue sans moi. C'est le jeu. Il suffit juste de ne pas rester sur le quai de la gare quand on revient, par la suite.
Et discuter tous ensemble tous compressés sur le canapé pendant que d'autres jouent du piano à côté sans donner l'impression de prêter attention à la conversation mais en fait si. Et voilà qu'on parle de baignoire et de table en allu et qu'on loue la carrière néo-universitaire de Virginie, qui a, de toute évidence, attrapé le bon wagon. Et des minutes passées à subir apprécier cette même Virginie, la plus sophistiquée d'entre nous bien entendu (rapport à d'autres comptes rendus similaires peu flatteurs à l'époque : je suis tenu de me rattraper), qui s'efforce de nous jouer le thème de Titanic au piano. On met du temps à le reconnaître, mine de rien, mais que c'est hype.



Et puis tout le reste, tout ce que je ne dis pas parce que peut-être je ne m'en suis pas rendu compte mais c'est bien là, quelque part, je sais. On part à je ne sais plus quelle heure et pourtant je rentre un peu plus tard encore parce que : du temps à rester juste lui et moi dans la voiture à Nico, histoire de. Et je ne sais pas pourquoi en fait : juste que l'agencement des conversations à fait que, on en est arrivé là. Phrase incompréhensible et tendancieuse à souhait, du coup, mais peu importe.

Et repartir demain, mettre de côté ces parenthèses de vraie vie normale pour reprendre mes activités monacales à Nuggets City, 72540 (avec parenthèse parisienne, c'est vrai, dès bientôt). Pour revenir quand, au juste, je n'en sais rien : « suivre les rails », il dit, mon narrateur dans « Coup de tête », alors on suivra, et on verra où ça nous conduira, et pour combien de temps, aussi.

vendredi 29 juin 2007

Tournée d'adieu







jeudi 7 juin 2007

Dix heures dix

Les résultats de nos partiels avaient lieu mardi (avant-hier, donc), ce qui m'a permis de rendre à ma fac ma dernière visite en tant qu'étudiant « actif » (façon de parler). La page licence s'apprête donc à se tourner définitivement, le tout avec une moyenne qui ne coïncide pas avec mon je-m'en-foutisme de ce dernier semestre. Après tout, pourquoi pas. J'ai donc mon année avec une jolie mention « passable », as usual, et, chose rare pour enfin pouvoir être remarquée, personne dans notre petit groupe ne passe au rattrapage, ce qui a permis une satisfaction générale et enthousiaste très appréciable. La consultation des copies qui a suivi a confirmé ce que nous savions déjà : cette troisième année de signifie rien et n'a aucune valeur, on nous l'a donnée, grosso modo (je prendrais pour exemple une dissert de seizième bâclée en moins de trois heures, hors sujets sur les trois quarts du déroulement et pas relue qui m'a valu un quatorze incompréhensible...). Mais après tout on s'en fout. J'ai déjà l'impression, de toute façon, que cette année-là est terminée depuis longtemps...

Nous avions prévu de célébrer la fin de l'année, les résultats et, au passage, trois anniversaires cumulés, le soir même, ce que nous avons fait. Drôle d'ambiance alors que Laurianne, malade, me conduit jusqu'à St Paul-en-Jarez avec Justin Timberlake et Mika à fond dans la bagnole (je n'étais donc évidemment pas responsable du choix de la playlist) alors que, pendant ce temps, se prépare de gros orages assez violents dont on a parlé hier aux infos.
Finalement, on est une dizaine ou un peu plus à se rassembler dans la graaaande maison d'Elise. Et la soirée suit son cours naturellement, avec toutes celles et ceux qui m'ont accompagnés durant cette année finalement plus brève que je l'aurais cru. Trois anniversaires fêtés en même temps (plus pratique : on groupe) pour trois copines pour qui on a passé la journée d'hier à faire les magasins. Étrangement on ne s'est pas trop planté dans le choix des cadeaux (en tout cas, personne ne s'est plaint) puisque Virginie, Isa et Elise avaient l'air plutôt satisfaites.

Pendant que les éclairs pleuvaient à droite à gauche, nous, n'y faisant pas trop gaffe, on a continué nos conneries : les dilemmes à la con de Patrick et de Virginie (« vous préférez vivre heureux ou être heureux de vivre ? », « vous préférez avoir des poils partout sur la tête ou puer de la gueule à vie ? »), les chansons à la con de Patrick et de Virginie, et pendant ce temps, un oeil sur l'horloge blanche d'Elise, immobile, les aiguilles à jamais coincées sur dix heures dix. Plus de piles. Six mois que c'est comme ça, parait-il, et probablement que c'est encore et toujours dix heures dix là-bas. Et les portables qui passent pas ou mal, aussi, ou alors le paquet de bonbons qu'on a apporté avec Laurianne mais qu'on a entamé avant de venir parce qu'on avait la dalle et que c'était nous qui portions tous les cadeaux alors merde ou alors les paquets de chips qu'on a pris en trop parce qu'on a pensé trop large, et qui, du coup, ont fait que je suis repartis avec un paquet de Monster Munch (petits monstres salés au bon goût de pomme de terre) sous le bras.

Bref, ce qu'on peut appeler une bonne soirée, et potentiellement l'une des dernières de « l'ère licence » (si si, ça existe), d'autant plus que, même si je ne connais pas encore exactement la date de mon départ, je sais qu'elle ne fait que se rapprocher, que ce sera à dix heures dix et que je n'ai encore rien préparer pour ce dit départ...

La troisième année s'est donc achevée hier, et je suis bien emmerdé, parce que je ne sais plus quoi écrire dans le commentaire de ma photo, sur la guirlande de gauche, juste en dessous du header de ce blog... On verra bien.

jeudi 21 décembre 2006

Shortbus

Vous l'aurez sans doute remarqué : ces temps-ci, je vais souvent au ciné. Ca se retrouve notamment dans les nombreux billets « Coups de coeur » que je mets en ligne régulièrement (et encore, je n'ai pas parlé de tous les films que je suis allé voir depuis la rentrée, la flemme). On mettra ça sur le compte de l'ouverture du nouveau Méliès et aussi du fait que les cours c'est chiant : c'est mieux d'aller voir des films à la place.
Bref, celui dont je vais vous parler aujourd'hui est un peu particulier. On est allé le voir (on, c'est à dire Fanny, Malika, Isa et moi-même) lundi soir, un peu comme une mini soirée de fin de partiels, même si des partiels, on en aura encore en janvier. Bref, on est allé voir Shortbus, film de John Cameron Mitchell dont vous avez peut être entendu parlé puisqu'il a fait pas mal parler de lui, notamment à cause des scènes de sexes non simulées qu'il présente à l'image explicitement (oh comme c'est joliment dit !). En gros, c'est un film avec des vrais morceaux de films de cul dedans (oh comme c'est joliment dit, bis). Mais ça ne se résume pas à ça pour autant, même si, ne nous le cachons pas, le film a fait une grande partie de sa promo là-dessus (à Cannes, notamment).

L'histoire de Shortbus n'en est pas vraiment une. C'est plus une accumulation de petites histoires, de personnages qui se croisent, qui se font et se défont, le tout dans le théâtre carton pâte de New York, seule vive à même d'accueillir une telle intrigue, bien évidemment. Afin de vous le résumer un minimum, voici quand un même une espèce de synopsis : le Shortbus est un établissement assez particulier, entre lieu de rencontres, salle de projection et théâtre d'orgies permanentes, établissement où se rencontre des personnages un peu perdus, voire même complètement paumés. Parmis eux, en vrac, une sexologue qui n'a jamais eu d'orgasme, un couple homo qui cherche à « s'ouvrir sexuellement » ou une dominatrice en mal de relations « humaines », etc. Le film présente alors des personnages divers et diversifiés qui tentent de résoudre leurs problèmes existentiels en même temps qu'ils essaient de résoudre leurs problèmes sexuels puisque, après tout, c'est l'approche qu'a choisit le film.

Autant le dire tout de suite, Shortbus est un film assez trash au début (le premier quart d'heure), puis il redevient « normal » par la suite. Il ne s'agit pas, comme j'ai pu le craindre de prime abord, d'un film qui cherche à justifier les scènes de cul qu'il propose. Il semblerait plutôt que le film cherche à choquer dès le début, histoire de pouvoir ensuite passer à autre chose et raconter l'histoire (ou plutôt les histoires) qu'il veut raconter. De ce point là, c'est plutôt positif. Pareil concernant le jeu des acteurs, qui étaient pourtant amateurs pour la plupart d'après ce que j'en ai compris. Le film est superbement interprété et, compte tenu de la nature particulière du film, ça mérite d'être signalé, car ce n'était pas forcément gagné dès le départ.
Le parti pris du film est lui plus contestable. Il se propose de porter un regard simple et neutre sur la sexualité de ses personnages. Il s'agit de montrer le sexe comme un acte du quotidien, à la limite de la pathologie par moment. C'est contestable, notamment à cause du caractère profondément a-érotique (ça se dit ?) du film : Shortbus n'est pas un film érotique, il ne véhicule aucun désir. Les scènes de sexe sont banalisées, ancrées dans un quotidien qui les démystifie forcément. En cela, je comprends tout à fait qu'on puisse être déçu en sortant du cinéma...

Je ne vous dirai pas que Shortbus est un film génial et révolutionnaire comme j'ai pu le voir ou l'entendre à droite à gauche. C'est un bon film, simplement, perfectible et très maladroit par moment. Mais un film révolutionnaire, certainement pas, et c'est pourquoi j'ai choisi d'en parler (ça et pour attirer le visiteur avec les mots clés Google of course !), la majorité des critiques bloguesques que j'ai visité étant plutôt (très) positives.
D'abord, le principe même du film m'a un peu rebuté. On prend un personnage avec un problème dans la vie et on le symbolise dans sa vie sexuelle. C'était aussi simple (voire simpliste) que ça. Et évidemment ça dénote complètement avec l'aspect humain et touchant qu'on essaie d'insuffler à ces dits personnages.
De la même façon, tout le côté symboliste du film est exagéré, oserais-je même dire hypertrophié. Tout est symbole et, au as où le spectateur n'ai pas compris, tout est fait pour que l'on comprenne ce que le film a voulu dire. Les indicateurs sont ainsi multipliés, grossis au maximum jusqu'à ce que ça en devienne excessif. Non seulement c'est simpliste (voire simplet), mais c'est également nié le rôle du spectateur qui n'a pas besoin de tout ces codes énormes pour interpréter le film.
D'autant plus que certains messages fonctionnent à contre-sens : l'exemple même étant ce personnage (voire ce duo de personnages) qui semble constituer une incarnation dans le film du spectateur (le tout en jouant avec la thématique centrale du voyeurisme)qui est en soit une très bonne idée, qui sert véritablement à approfondir les personnages pendant que la trame cinématographique, elle, refuse l'interprétation en multipliant les indicateurs et les codes, cf. le paragraphe précédent.
En un mot, c'est dommage et c'est carrément maladroit, surtout que le « message » délivré par la conclusion du film est franchement planplan (oui, planplan !). On n'en dira pas plus pour ceux qui ne l'ont pas vu mais c'est pas l'envie qui m'en manque... Notons au passage que de tout centrer autour du sexe et de la sexualité paraît, là encore, franchement simple (voire simpliste, voire simplet)...

Un petit mot positif pour finir sur la bande son, élément du film réellement génial. La musique est simple, mais envoûtante est superbement interprétée notamment par Scott Matthew (quelle surprise de le retrouver au beau milieu d'un tel film, d'autant plus qu'on le voit en vrai !), qui a beaucoup collaboré avec Yoko Kanno, entre autres, pour ceux qui ne le connaîtraient pas (je parlerai de lui bientôt, promis).

Bon allez, je me radoucis un peu : Shortbus est sans aucun doute une expérience à vivre, c'est certainement un film intéressant mais très très perfectible et très très maladroit. Dommage pour lui mais bon, ça ne va pas m'empêcher de dormir... En même temps, j'ai bien peur que mon billet sur le sujet soit inutile : c'est typiquement le genre de film dont on doit se faire une opinion soit-même et pis c'est tout ;) .
PS : Vous pouvez, grâce à Youtube, visionner la bande annonce ci-dessus (censurée) du film en anglais non sous-titrée. J'essairai de le proposer à chaque fois que je parlerais d'un film dorénavant.

vendredi 1 décembre 2006

Longue journée

Journée qui a commencée avant hier soir et qui s'est terminé hier soir seulement. Avant hier soir avec une soirée chez Isa. Une soirée "Tartiflette & Crumble", respectivement préparés par Virg et Elsa. Par rapport à la quantité de bouffe préparée, on n'était pas nombreux du tout : juste les trois précédemment citées, Fanny, Elise et moi-même. C'était une bonne soirée, évidemment ; beaucoup de conneries racontées pour peu de discussions sérieuses (en même temps faut dire que disserter sur Barthes ou bien la question de l'écriture féminine, ça nous arrive "quotidiennement" les jours de cours, alors...).
Longue soirée, petite nuit avec cours le jeudi matin, un cours de 19e que j'étais, évidemment, le seul de notre petit groupe à suivre (c'est une option), sinon c'est pas drôle... Un cours assez brumeux, on va dire, compte tenu de mon incapacité à rester concentrer plus de quinze secondes. Aprèrs, à peine le temps de manger chez (et avec) Elise (qui m'a aussi hébergé pour la nuit, soit dit en passant) qu'il fallait déjà repartir. Direction Morlaix, via la gare de Châteaucreux, via la gare de Lyon Part Dieu, via la gare de Lyon tout court via la gare Montparnasse.
En gros, disons qu'il s'agit de quelques heures d'attente ensomeillé dans un train qui semble prendre plaisir à traverser les régions les plus vides et les plus embrumées possibles... Soit.
Une fois à Paris (précisons pour le coup que j'ai plutôt l'habitude de transiter par Rennes quand je vais en Bretagne, qui a le mérite de n'avoir pas à changer de gare), c'est le labyrinthe du métro qui démare, le tout entrecoupé du cirque des âmes en peine permanent (c'est à dire les gens qui déambulent, zombifiés, dans les couloirs de métro ; c'est à dire aussi cet absurde tapis roulant plat où tout le monde marche quand même, histoire de ne pas perdre de temps et où un type à la fois robotisé répète laconiquement un "Gardez les pieds à plat" qui semble avoir l'effet d'une lobotomie collective). Une heure de transition particulièrement déprimante (oserais-je même dire "aliénante").
Et puis un nouveau train, le dernier, avec un premier voisin qui respirait trop fort et qui mangeait tout l'accoudoir commun avec son coude pointu et puis un deuxième voisin, moins bruyant, bloqué sur un article de magasine sur le dernier James Bond et qui a trouvé malin de s'endormir juste avant que moi je doive me lever pour descendre à ma gare. Grrr.

Une longue journée un peu étrange, très agréable mercredi soir et puis plus anecdotique hier. Une parenthèse étrange, c'est comme si en fait le jeudi n'avait pas pu s'écouler normalement. Comme si je l'avais sauté. Bref. Toujours est-il que la sensation en arrivant du haut du Viaduc de Morlaix est toujours aussi... particulière. Le noir miroir de la vitre du train qui s'allume juste au moment où on traverse ce fameux Viaduc et toute la ville et ses lumières qui apparaissent le temps de la traversée...

Je reste ici pour le week-end, un peu plus même, puisque je rentre mardi. Le temps est moche mais ça je le savais déjà. Et dire que j'ai apporté du boulot (que je ne ferai sûrement pas)...

Ne pas penser que j'ai des partiels la semaine prochaine. Ne pas penser que j'ai des partiels la semaine prochaine. Ne pas penser que j'ai des partiels la semaine prochaine. Ne pas penser que j'ai des partiels la semaine prochaine..

dimanche 25 juin 2006

Comme Narcisse je contemple...

Billet express aujourd'hui, le temps de poster quelques photos (ça faisait longtemps) où l'on me voit moâ ou mon univers plus ou moins proche (d'où le titre, emprunté d'une chanson d'Emilie Simon). Les photos ont toutes été piquées sur le Blog à Fanny, ce qui explique qu'elles soient assez réduites, puisque je n'ai pas pu mettre la main sur les "originales".



Photo prise lors d'une des dernières AG à la fac(pendant le blocage) où, de teneur de parapluie, je deviens garde du corps de la charmante Elise. Remarquez au passage l'effet produit sur la principale concernée... :)

Lyo

Dernier jour des partiels, la consigne était de venir habillé classe. De droite à gauche, on trouve Fred, Nico, Patrick et moi-même.



Même jour, même classe, mais côté fille. De gauche à droite et de haut en bas ça donne : Elsa, Virginie, Carole, Isa, Marie puis Malika, Sabrina, Elise et Fanny.



Best of de notre journée à Lyon après les partiels. En vrac on a une fontaine, Elsa qui fait sa star, Lyon toute seule, Pierre, un ami de Fanny, Virginie qui fait chépakoi et moi-même à chaque fois bien entouré.
(Cliquez sur la photo pour la voir en taille presque normale)

dimanche 28 mai 2006

Les cartes ont dit...

Petit retour en arrière. On est jeudi soir, vers vingt heures et je suis chez Elise. On attend Malika, qui est un peu en retard, avant d’aller chez Isa pour la fameuse soirée « fondue au chocolat » dont j’ai parlé dans un billet précédent. Pour passer le temps, comme je vois son jeu de tarots chinois qui traîne quelque part (jeu qu’elle a acheté en ma présence, mais ça tout le monde s’en fout), je lui demande si elle veut bien me tirer les cartes. Pas de problème, on s’assoit quelque part et elle m’explique le truc.

D’abord, il faut que je batte les cartes de la main gauche tout en pensant à la question qui me préoccupe, ensuite je dois choisir trois cartes et le tour est joué, je n’ai plus qu’à écouter les explications qui vont avec. Ok, j’ai bien tout compris, donc j’y vais. C’est un peu délicat, au début, de battre les cartes de la main gauche (je dois pas être bien doué, aussi) le tout en n’oubliant pas de penser à ma question. Il faut aussi trouver une question à pauser, mais elle vient assez naturellement : serais-je publié avant d’avoir vingt-cinq ans ? (c’est un âge comme un autre !) Je bats donc les cartes (de la main gauche), je pense à ma question et je choisis trois cartes. Celle qui vient naturellement sur le dessus, une au milieu, e tune qui se trouve vers la fin. Les cartes en question sont, de mémoire, le Soleil, la Lune et la Porteuse d’eau (je ne suis plus très sûr de l’ordre de ces deux dernières cartes). Elise m’explique alors ce que ça veut dire, en allant chercher de temps en temps les petites informations qui se trouvent dans le livret qui va avec le jeu.

Je n’ai pas tout retenu, bien sûr, mais ça donnait quelque chose comme ça : ma situation actuelle est excellente et le jeu tiré est très positif, et m’encourage à ne pas céder à la facilité pour mon avenir. Apparemment, les trois cartes tirées sont très très positives (limite, je pouvais pas trouver mieux) et me destine à une grande réussite, si je persévère et que je ne cède pas à la facilité. Evidemment, j’étais plutôt content de cette divination.

Ce n’est pas que j’y crois vraiment (mais ce n’est pas non plus que je n’y crois pas). Disons simplement que cela me fait plaisir d’y croire (et pas seulement parce que les prévisions sont positives) et donc que, oui, sans doute, une partie de moi y croit. En tous les cas ce moment là, qui n’aura pas duré très longtemps, m’a vraiment fait une très bonne impression et c’est avec plaisir que j’y repense en ce moment. D’après les cartes, donc, je serai publié avant d’avoir vingt-cinq ans. Pourquoi pas après tout ?

vendredi 19 mai 2006

Naïf

Je crois que hier et aujourd’hui ont coulés dans une seule et même journée, car la transition entre les deux n’a pas vraiment été effective.

Hier soir, j’étais convié à une soirée chez une copine de la fac, soirée dont je me sentais plus ou moins forcé d’aller vu que j’avais zappé la précédente, deux jours plus tôt, juste après les partiels. Mais en fait ce n’est pas exactement comme ça que ça s’est passé, bien sûr : comme souvent lorsqu’il s’agit de possibilités de se sociabiliser, je n’arrive pas à savoir si j’ai oui ou non envie d’en faire partie. En l’occurrence, la question qui m’a occupé toute la journée était de savoir si j’irais ou pas à cette soirée-là. J’ai finalement choisi d’y aller, au prix d’une incroyable et injustifiée prise de tête, de quelques coups de fil à droite à gauche et de trois ou quatre coups de dé (le hasard prend de meilleur décision que moi, encore faudrait-il que je le suive).

Ce n’était rien de bien méchant, juste une petite soirée très sympa à raconter n’importe quoi, faire des tests idiots (je suis une « princesse mystère », à en croire un bouquin sur les princesses) et à manger de la fondue au chocolat. On était une dizaine là-bas ; Elise, Fanny et moi, on part vers deux heures. On va tous les trois dormir chez Elise parce qu’elle habite à côté.

On ne se couche que vers cinq heures, et pendant ces trois heures passées dans une semi obscurité agréable, on régresse un peu, tous les trois. On a quatorze ans ou quelque chose comme ça : on parle de cul et d’histoires de fantômes. Si, si.

C’est pour ces trois heures que je ressens un incroyable élan de nostalgie, sans trop savoir pourquoi. Mais c’est faux. Je sais pourquoi. Parce que Fanny et moi, à ce moment là, on s’est retrouvé dans une situation de gène mutuelle, c'est-à-dire de se retrouver tous les deux à moitié à poil (c’est qu’on était censés dormir aussi) ce qui n’était jamais arrivé auparavant. C’était étrange mais fascinant. Fascinant parce que ça m’a ramené à une superbe époque d’adolescence naïve que je n’avais jamais vraiment connu. Parce qu’on était naïfs tous les deux. Parce que j’adore les situations naïves, les gens naïfs, les personnages naïfs… Parce que Fanny et moi, ça a toujours été très ambigu sans l’être vraiment, parce que Fanny est quelqu’un de merveilleux dans tous les aspects de sa personnalité, même dans ceux qui sont agaçants (et, oui, il y en a). J’ai beaucoup aimé ces moments là, ces trois heures à raconter nos vies et nos avis mutuels sur diverses questions dans un état semi végétatif. Peut être aussi parce que je n’avais jamais vécu ça auparavant, dormir chez des amis, avec des amis. C’est idiot, mais comme c’est naïf et comme j’en ai conscience, je consens à le publier dans mon blog. Ce genre de soirée me donne envie d’être sociable plus souvent. Dommage, je ne remettrai probablement pas ça avant un bout de temps et, d’ici là, j’aurai oublié cette impression…

On s’est levés vers neuf heures et demi, parce que Elise voulait partir tôt (ce qu’elle n’a finalement pas fait) et Fanny et moi on est descendu tranquillement jusqu’à la place de l’Hôtel de ville, lieu habituel de notre séparation de lignes de transports en commun. Le reste de la journée a pour moi été relativement mou, j’avoue être assez crevé. J’ai regardé deux films : Blow et Cet amour là (ce qui me fait penser qu’il faut que je vous parle de C.R.A.Z.Y. un film que j’ai vu hier et que j’ai beaucoup apprécié). Mon programme pour la fin de soirée : lire les trois derniers volumes de Fly (un manga auquel je me suis remis pendant les partiels, et j’ai même pas honte !).

Mon programme pour les semaines à venir (je suis très organisé) : écriture intensive du film scénarisé par Elise, Nico et moi-même, petit séjour à Paris et reprise de l’écriture de « Coup de tête », ce qui m’enthousiasme tout particulièrement. Bonne nuit.