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Tag - Livre des peurs primaires

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dimanche 31 janvier 2010

Maintenant sur Publie.net

C'était en chantier, maintenant c'est en ligne. Qu'est-ce qu'un logement et le Livre des peurs primaires aka les Fictions du bord de l'oeil sont disponibles depuis ce matin sur Publie.net. Les deux textes sont téléchargeables sur les pages suivantes (cliquer sur couvertures pour ouvrir), 5.50€ par fichier, lecture possible sur PDF, liseuse ebook ou directement en ligne :

logement.jpg peursprimaires.jpg


Remerciements bien sûr à François Bon pour l'accueil fait à ces deux textes mais aussi à Cécile Carret qui a travaillé sur la correction de Qu'est-ce qu'un logement, étape que j'ai particulièrement appréciée l'année dernière. Les deux textes sont écrits par fragments, les deux textes sont des jeux, d'où navigation et narration éparpillées. Bien évidemment, j'invite tous ceux qui passeraient sur cette page à découvrir ces textes et, au-delà, l'ensemble du catalogue Publie.net, pour ceux qui ne connaitraient pas déjà.

samedi 23 janvier 2010

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En moins d'un an déjà 100 peurs au compteur, pensais pas en arriver là. Ces 100 peurs décortiquées, fichées, classées sont compilées en archives. Ces archives sont indexées, référencées, bouclées. Ensuite à l'oeuvre : les statistiques.

peurs-graphiques.png

dimanche 7 juin 2009

Sept six neuf

Coup de tête deuxième partie se termine, je me répète. Une dernière relecture cette semaine et ce devrait être bon.

J'ai commencé en parallèle la reprise de la troisième partie. Les choses sont plus compliquées. Les parties un et deux ont été tellement réécrites que je les ai sous la peau, avec le recul le texte s'est décanté relativement naturellement. La troisième partie est différente. La troisième partie, de toute évidence, est une saloperie. Je ne sais pas trop par quel bout la prendre.

Au fond ce n'est pas la structure du truc qui me fait peur, mais plutôt l'altitude. Le vide du panorama, l'air pur et l'herbe verte. Me manque la crasse, le ciment, l'écho plein sous les escalators. Me manque le bruit, l'asphalte et le reste. Ici je me perds en altitude. J'ai laissé filer le personnage en cours de route. Il faut le reconditionner. Il faut oublier ce qu'il était dans les versions précédentes et qui ne correspond plus à grand chose. Il faut faire, défaire, et refaire encore.

100_0181.JPG

Je me suis rendu compte il y a quelques jours que Coup de tête était au centre de tout, depuis des mois, années. Ce n'était pas conscient, bien sûr, mais tous les projets, fictifs ou réels, aboutis ou ratés, pointaient vers ce roman là. Le textes du blog, les nouvelles écrites au fil du temps, et même quelques tentatives de trucs plus longs, les Qu'est-ce qu'un logement., Livre des peurs primaires ; tout devient laboratoire à visée unique C'est avec Ochracé que j'ai appris à manier l'ellipse saccadée, c'est sur Scapulaire que je me suis entraîné à multiplier les points de vue, c'est avec Sablier que j'ai appliqué la première fois une méthode de travail efficace. Idem avec le Livre des peurs primaires où tout arrive et n'arrive pas dans le même mouvement. Le seul truc à part, c'est peut-être Cette vie, encore que.

Bientôt il me faudra terminer non pas un roman, un projet, mais un cycle. Ces difficultés actuelles deviennent usantes, j'ai encore l'impression de buter comme aux premières pages des premières versions. Nous sommes trois ans plus tard, et tant d'expériences ont été effectuées, comment se fait-il que la décoction soit toujours aussi douloureuse ?

Correction : j'ai repris plus tard tout ce qui avait été écrit aujourd'hui (si peu). J'ai tout repris. C'est mieux. Mais toujours obligé de fixer une personnalité dans des comportements cadres, des tics de vie. Comment faire autrement ? Peu importe. J'aurais au moins réussi à renverser la vapeur. La page médiocre s'est changé en page moyenne susceptible de. C'est déjà un début.

mercredi 15 avril 2009

Iris pleine face

...si le film de mon quinze avril devait être joué-forcé, ce serait un orage de nuit d'abord grêlé depuis les toits et noircis tout autour de la fenêtre ; et la main de derrière qui arrache mon sac puis s'enfuit à l'envers de l'escalator dans mon dos (voleur immobile à jamais piégé par sa fuite) ; et la voix crachée-pleurée de cette femme dans le combiné du téléphone qui dit hystérique c'est impossible vous devez faire quelque chose vous êtes obligé d'arranger les choses obligé si vous réparez pas tout je vous jure je suis dans un grand magasin maintenant je suis seule dans un grand magasin je vous jure si vous ne faites pas je suis dans un grand magasin il y a un balcon devant moi j'avance je vous jure si vous ne changez pas les choses je vous jure il y a un balcon dans le grand magasin et je saute je saute oui je vous jure que je saute ; et la voix lourde et sèche dans ce même combiné qui dit il faut que vous enleviez la mention du coloris dans la facture c'est impératif c'est pour la compta c'est genre super important ; et un poil de cul oublié dans mon Bo-bun du midi ; et la voix grasse et lente dans ce même combiné qui dit je voulais juste que vous sachiez que j'ai porté plainte contre vous votre entreprise pour la saloperie que vous m'avez refilé et tout le fric le pognon que vous m'avez piqué sur ma carte bleue ; et des heures sup qu'on fait gratos pour le plaisir de faire des heures sup gratos ; et Alex Krycek boursouflé à l'envers du wagon de retour ; et un homme sa main tranchée rouge tranquillement mise dans un sac plastique blanc comme un gigot ; et un homme qui crache des litres de morve sur la porte fermée du RER, ses lunettes de soleil bien larges sur le front ; et le conducteur qui dit arrêtez de cracher sur les portes pendant qu'on roule merci ; et tous les trucs qu'on voit, on constate, même plus œil banal en bordure mais iris pleine face carrément, tellement qu'on fait plus la différence ; et la voix d'une femme qui chanterait California killed me et qui se chargerait de la bande-son du truc, un peu quinée derrière le reste pendant la projection...

lundi 23 mars 2009

Dans la foulée des peurs primaires

J'y repense ce matin en montant doucement sur Paris, rails obligent, j'y repense et déjà compose la note mentale du jour qui m'amènera à esquisser la note présente.

C'est un souvenir d'enfance sans doute, j'ai sept-huit ans peut-être, je ne sais plus, et nous sommes dans le salon, et ma mère attend le retour de quelqu'un qui tarde trop, mon père certainement ou bien mon frère peut-être, elle attend le nez collé à la vitre qui regarde au loin, plus loin dans le ciel du dessus. Je me colle à côté et j'attends avec elle et puis je lui dis la phrase rituelle, revenue plus d'une fois :

- Il est p'etre mort.

Puis c'est tout, voilà, je me tais, et j'ignore ce que ma mère me répond. Peut-être qu'avec le temps elle a pris l'habitude de ne plus me répondre, donc de ne plus m'écouter.

Les peurs primaires dont il est question là-bas, elles sont présentes déjà. Parce que ce n'était pas une histoire de sadisme, simplement la remarque haute d'une réalité parallèle qui pourrait être aussi valable que n'importe quelle autre. Une micro-fiction le temps d'un battement d'œil puis qui s'éteint dès l'ouverture de la porte. Personne n'est mort, bien sûr (ou plutôt si, un tas de gens est mort, juste que moi je ne les connaissais pas), mais le temps de regarder le ciel en silence avec ma mère, il s'était installé entre les deux une autre ligne de fuite qui aurait pu être mais n'a pas été. Tant mieux. Mais l'image n'est pas éteinte pour autant.

jeudi 19 mars 2009

Livre des peurs primaires

oeil.jpgJ'évoquais il y a quelques semaines, au détour d'une note laconique, mes idées de compilation étrange de moments qui me traversent au quotidien. Il s'agissait de fixer quelques parts toutes ces visions parallèles que je peux avoir, tout ce que je crains, ce qui pourrait se produire mais qui n'arrive jamais. Un train qui déraille, un meurtre qu'on échappe, une chute mortelle dans les escaliers à Châtelet. Ce genre de trucs.

Depuis ces quelques semaines, ce fichier je le tiens. Il s'appelle Livre des peurs primaires et il grossit lentement dans mon disque dur, en parallèle du reste. Je travaille depuis quelques jours à sa mise en ligne. Aujourd'hui il est temps de dévoiler la chose. La plateforme choisie est celle du blog (Dotclear, tant qu'à faire), avec lecture en flux vertical uniquement. Il n'y a pas de catégories ni de tags. La page affichée est unique, elle grossira en fonction des mises à jour. Le design du blog est épuré à l'extrême, du noir sur blanc et puis point barre. La lecture en flux vertical est également permise (souhaitée) via le flux RSS avec agrégateur quelconque. Il s'agit d'une littérature numérique avant tout, quotidienne, évolutive.

J'ai attendu un petit peu avant de mettre la plateforme en ligne. Je ne tiens pas à exposer mes peurs quotidiennes en direct. J'ai attendu d'avoir trente fragments d'avance. Je mettrai en ligne au fur et à mesure des nouvelles compositions. Cela signifie qu'il y aura toujours trente fragments d'écarts entre le temps de l'écriture et celui de la mise en ligne. De cette façon, un mois ou plus s'y intercale et je me sens (chimère) moins exposé.

En ligne, le livre est rebaptisé Fictions du bord de l'œil, j'aurais tout aussi pu choisir Fictions quotidiennes d'images demi-paupière. L'idée est là. Ce sont ces instants que j'aperçois en rêvant éveillé et qui me marquent quelque part, restent sous la peau. Pour m'en défaire je vérifie que le sang bat bien sous mon poignet droit et je me dis que non, ce n'est pas possible, ça n'arrivera jamais. Phrase rituelle qui achèvera, d'une façon ou d'une autre, chaque fragment de ce livre qui n'en est pas un.

Quelque part et paradoxalement peut-être, c'est bien ce projet qui traduit au mieux le réel que je traverse (traduit). Celui qui me serre le plus au corps, le plus exact.

Pour la suite : changez de page, passez sur la blanche ou sur le flux via les adresses suivantes (le livre est en train de s'écrire, à ce jour 19 mars il n'y a qu'un seul fragment) :

HTTP://WWW.OMEGA-BLUE.NET/FICTIONS/
+ LIEN FLUX RSS

mardi 17 mars 2009

Trente-cinq

Voilà trois semaines à présent que je suis passé à plein-temps-plein au boulot. On m'a laissé le choix de prolonger six mois à temps plein même salaire mêmes horaires ou bien rien. Entre le trop et le rien, j'ai pris le trop. Le temps partiel me permettait de conserver un équilibre idéal entre temps d'écriture et temps de bureau. J'y suis allé à reculons. Maintenant j'y suis.

Le problème est de s'adapter à la situation-équation horaires donnés plus temps bouffé et de contourner les plages de la semaine où je ne suis plus sur la page. Aménager un nouvel emploi du temps qui me permette d'écrire sans perdre en efficacité. Non pas écrire moins mais écrire différent. D'autres projets qui permettent de picorer clairsemé des moments de mots dans la journée. Mes trucs de début d'année, chronophages et intenses, ont été bouclé juste avant ma deadline mentale. A présent je glisse sur des textes plus courts (prix du jeune écrivain), quotidiens (le blog-journal, les trucs parallèles qui ont toujours été mais que personne ne voit), ou légèrement déplacés (Livre des peurs primaires, mise en ligne à venir). Coup de tête repris au moment même où je commençais ma première heure sur trente-cinq. Je n'ai pas cédé à la tentation de faire une semaine pour voir, de m'aménager une transition douce avant reprise progressive du débit écrit. Je savais pertinemment que si je n'attaquais pas dès le début en instaurant un calendrier net et plages d'écritures prévues, je ne ferais jamais rien. Alors je me suis levé plus tôt pour Coup de tête, j'ai commencé à partir plus tard, à écrire des bribes entre deux commandes, à relire sur liseuse dans le RER les textes ou corrections de la veille. Je grappille ces instants où je peux, comme je peux, pour ne pas, littéralement, devenir un écrivain du dimanche. Ce qui me fait peur, ce que je cherche à fuir.

A ce jour, trois semaines de test, ce n'est pas encore suffisant, suffisant pour savoir si c'est vi(v)able à plus long terme. Pour tenir plus et mieux, je prends sur mon temps de sommeil, mon temps de boulot parfois et de détente aussi. Mais tout doit être prédéterminé, fixé à l'avance dans un planning incompressible. Ce sera tant de jours par semaine de levés plus tôt et de départs plus tard. Tant de notes de blog et tant de relectures papiers. Tant de fragments du Livre des peurs primaires et tant de mots que personne ne pourra lire. Ce billet lui-même a été pensé il y a plusieurs semaines maintenant, il est prévu de longue date, programmé ce jour pour remplir les trous dans le calendrier, ne pas laisser deux jours de vide à la suite.

Je construis des tableaux à l'avance, avec colonnes jours et lignes sujets, telle date chronique Machin, telle autre « un truc du quotidien à remplir en fonction » ou encore « fiction déviée depuis » ou « récit fictif à la troisième personne qui pourrait ne pas l'être », chaque tableau est imprimé noir et blanc le dimanche et collé-scotché face bureau le soir, pour dicter la marche du reste de la semaine. Mais je ne suis pas infaillible, parfois je dévie du rythme que je m'impose, je pêche par fatigue ou paresse ou les deux : c'est à ça que sert le tag « antidaté », car tout est précis, tout a été instauré au cas où, chaudement prédéterminé, fort heureusement.


Rien n'est laissé au hasard. Sans ça, je n'écris pas, je ne sais pas faire.