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samedi 18 juillet 2009

Semaine blanche

blancasse.JPGSemaine blanche en Bretagne où l'on souffle. Je n'y rien écrit (ou presque), n'ai pris aucune photo (série 17h34 mise à part), n'ai pas beaucoup parlé non plus. Je n'ai répondu à aucun mail ni coup de téléphone. Je n'ai presque pas lu, une centaine de pages à peine. J'ai cherché le fameux Journal de Larbaud sans le trouver, j'ai dépensé ailleurs de l'argent qui stagnait. Me suis contenté de traverser, respirer, observer. Il était important de ralentir l'organisme, rentrer en brève hibernation. Cet été sans déménagement est le premier depuis trois ans : j'ai profité un moment de l'immobilité. Bientôt il faudra reprendre le rythme, ce n'est pas un problème.

Rien écrit ou si peu : Coup de tête en pause le temps de penser à et faire autre chose. J'ai cherché vainement à commencer Ernesto & variantes, texte qui devrait être proposé pour le prochain Cyclocosmia mais le syndrome Scapulaire se répète et je n'ai pas pu trouver ma lancée. J'ai créé un fichier Histoires dans le but de consigner ces quelques nœuds fictionnels embryonnaires que je traverse ou qui me traversent et qui ne soulèvent pas plus d'intérêt de ma part mais qui, peut-être, à l'avenir, pourraient me servir. J'ai repris un peu, consigné parfois, réfléchi beaucoup, sur ce que je voulais faire, ce qui devait être fait. J'attends que le reste enfin se décante. Une fois mon rythme de travail retrouvé, les phrases sans doute suivront. Ernesto & variantes devrait être terminé courant aout. Je pense également à interrompre la série 17h34 en novembre, après deux ans de photos quotidiennes. D'ici là, peut-être, Omega Blue sera terminé lui aussi, à moins qu'il ne soit déjà devenu une fiction cohérente, qui n'a plus besoin de moi pour survivre. J'ai renoué avec les blogs ou sites anglais que j'avais arrêté de lire : Joey Comeau et George Orwell. Joey s'interroge sur les autoportraits sexy ou censés l'être, Orwell s'inquiète du temps qui peste : Raining almost the whole day, etc.

mardi 14 octobre 2008

Et le vent souffle, qu'est-ce qu'on y peut

Et cette chanson en gros je l'avais grossièrement oubliée, dommage puisqu'il s'agit de la seule chanson d'Arcade Fire que j'aime vraiment, capable de l'écouter vingt fois de suite malgré les répétitions. Puis de cette chanson vers des instants régurgités comme une éponge. Je me rappelle un air qui me trotte en tête et le contexte de leurs écoutes importantes se libèrent. En l'occurrence dans une rue de Morlaix sous le crachin breton.

Je marchais sec sur les pavés d'une rue piétonne au nom sans importance, puis j'arrivais place Allende,


des fois c'était le marché dès neuf heures du matin avec les poissons et les odeurs autour, des fois je me contentais juste d'enjamber les poireaux écrasés par terre et, bien sûr, d'autres fois c'était pas le marché, c'était juste un parking avec des rues piétonnes normales


il crachotait vaguement et moi je me glissais mon MP3 autour de la tête histoire de capter une ou deux (souvent deux) chansons avant d'aller bosser à la librairie. Souvent passait Cold wind rarement par hasard d'ailleurs. D'autres fois, souvent, c'était Like a rolling stone parce qu'à ce moment là je découvrais Dylan en lisant François Bon. Des fois Cold wind je le mettais deux fois de suite, puis encore au retour après midi pour regagner le Marchallac'h. En marchant sec sur les pavés piétons, Cold Wind par dessus le vrai vent froid crachoté, je me disais que cette chanson, elle convenait parfaitement à Coup de tête et qu'au moment de me lancer dans l'écriture du troisième jet encore en gestation, il me faudrait travailler avec elle, avec cet air, avec sa voix. Puis de mois en mois, j'ai laissé les pavés humides-piétons et Morlaix avec et j'ai oublié cette histoire de chanson. Je suis même incapable aujourd'hui de me souvenir pourquoi, au juste, cette chanson, plutôt qu'une autre, conviendrait parfaitement à Coup de tête.


En réalité chanson empruntée à l'atmosphère audio de Six Feet Under. Avant-dernier épisode de la dernière saison (511), DVD 4. A la base c'est comme ça que je la découvre et après tout peut-être n'existe-t-elle nulle part ailleurs. L'épisode s'appelle Static

Je ne regarde pas la caméra arriver vers moi parce que je regarde dans le vide, contrairement à tous ces autres corps qui comatent en silence dans le silence du bus. Ma voiture crashée-retournée sur un chemin en pleine cambrousse, mon corbillard vert foutu, vendu huit cents et quelques dollars pour les pièces détachées. Mon regard perdu sur l'ombre extérieure, il fait nuit, nuit éclatée de lumières électriques ici et là, ville en sommeil qui ne dort pas, on voit mon visage flou au premier plan mais net dans le reflet de la vitre, perdu dehors et pris dedans, traversé par les lueurs trop ternes puis

Je ferme les yeux secs, rictus dur d'un visage lourd, mon corps gonflé par ma peau grasse, le ventre rond d'un gosse pas assez cuit qui sort trop tôt. Je cris déformé par mes traits tirés puis bascule vers l'arrière sur l'oreiller blanc. Mon bébé va bien dites moi est-ce que mon bébé va s'en sortir ? puis

Je la regarde depuis l'envers de mon masque, quel soulagement qu'elle puisse m'avoir, elle ne peut pas voir combien j'ai peur, je lui tiens la main, son corps meurtri par les contractions, je ne sais pas si sa question m'est adressée et si je suis censée y répondre mais je le fais. Juste continue de pousser continue de pousser et je lui tiens les mains mon Dieu c'est bien tout ce que je peux faire, c'est bien la dernière chose je peux faire pour lui puis

Je la regarde le temps d'un battement de paupière jusqu'à ce qu'elle comprenne que je ne peux pas la regarder car je n'existe pas je suis juste la figure inquiète de ses propres petits cauchemars paranoïaques puis

Je pousse une dernière fois et le gosse ne tombe pas je dis putain comme si je le pensais et mes yeux déformés par la pression par dessus qui s'y pose, la souffrance que ça peut être parce que la musique traîne avant l'habituel fondu au blanc puis noir et crédits qui s'enchainent.


et on se demande franchement comment c'est censé se passer plus mal, et si c'est possible que ça se passe plus mal, avant qu'encore une fois tout se termine. Mais la musique reste et revient sous l'air aléatoire de l'Archos, depuis ma poche de blouson, anciennement droite, désormais gauche.

.


Coup de tête avance bon train, avance en double si je puis dire : poursuite des relectures de la première partie (un peu plus de la moitié à présent) et réécriture en parallèle de la deuxième. Pas même besoin de retourner Gare de Lyon car tout est déjà clair. Puis de poser ma tasse

thé-thérapeutique pour soigner crève récalcitrante ramenée de ce week-end sans doute


boire du thé citron (et je n'en bois généralement que lorsque je suis malade en réalité) me ramène vers ces jours de froid où l'on s'enfermait au Voltaire, face de la Fac, au lieu d'aller bosser sur Dieu sait quoi on avait pas envie de bosser, puis commander un thé citron avec la rondelle au fond de la tasse et le sucre que j'avais même pas besoin de rajouter


puis boire du thé-citron-chimique entre deux heures d'anglais le lundi matin directement piqué depuis le gobelet à F. également


sur le bureau côté gauche avec notes étalées en vrac sur le plateau en dessous et futurs livres à lire posés au dessus, écran allumé sur ma page de Coup de tête du moment, ça me donne l'impression d'avoir exactement ce que j'ai toujours voulu : ma vie centrée sur et par l'écriture (et ce ne sont pas mes douze heures hebdomadaires de tire-bouchon qui viendront vraiment bouleverser tout ça).

D'autres projets parallèles aussi, des concours de courts pour la plupart, car j'aimerais commencer à caser quelques textes dans diverses revues ou anthologies ou autres. Des idées frémissantes mais une idée centrale qui devrait articuler les autres, celle d'une infirmière ou aide-soignante de Careysall

car plus j'y pense et plus j'en viens à croire que Careysall est un terrain de nouvelles, de fictions courtes, d'évènements brefs


qui s'appellerait Johnny Silmograth ou quelque chose comme ça mais peut-être qu'on ne connaîtrait pas son nom

les noms de personnages, c'est tellement accessoire et dispensable que je trouve parfois peu naturel et obscène de les mentionner textuellement


et qui s'éprendrait de l'un de ses patients genre phase terminale. Parfois, ce patient est un adolescent type Amaury, parfois c'est une femme d'âge indéterminé victime de la mémoire (Cette mort). Parfois c'est encore une forme vague d'homme replié et mou plongé en terre. A creuser (jeu de mot).

Enfin, dernier truc apparu, ce concours de synopsis contre l'homophobie lancé par le Ministère de la Santé. Au bout, la réalisation d'une poignée de courts-métrages censés prêcher contre l'homophobie. Un peu moins de quatre milles cinq cents caractères torchés tout à l'heure dans l'inspiration du moment. Ce serait un texte-témoignage qui s'intitulerait Martyr plastique (avec Manuel Jodorov en gay-star) mais je le vois plus comme un exercice de style que comme un synopsis. Assez motivé par le truc mais le truc en lui-même est relativement difficile à satisfaire

votre histoire est, ça dit, imaginaire ou réelle, triste ou gaie, mais traitée de manière positive pour ne jamais susciter le désespoir


puis en lisant ça je me vois dans un reflet fictif et je me dis hmm tu n'es pas vraiment du genre à ne pas susciter le désespoir.


donc honnêtement je pense être totalement hors-sujet, comme souvent lorsque j'envoie des courts.

hypothèse vis à vis du pourquoi du comment : je me sabote plus ou moins consciemment en envoyant des textes inadaptés aux concours ou appels à texte que je sélectionne pour ne pas avoir à échouer en jouant selon les règles. Je ne mets pas mon baudrier, quoi, selon ma propre petite métaphore personnelle.


Peu importe, l'idée est forte, s'est imposée d'elle-même, c'est un signe. Au pire, je publierai l'histoire ici ou ailleurs.

lundi 14 juillet 2008

14/07

Je suppose que c'est à cause du lieu. Je veux dire : jusque là je m'étais laissé dicter mes destinations successives et parce qu'elles m'étaient imposées, j'avais appris à les laisser glisser d'elles-mêmes, elles ne dérivaient pas de ma responsabilité, je n'y étais pour rien, c'était, en définitive, plus facile comme ça. Morlaix parce que H. y avait son boulot d'intermitent. Puis Nuggets City pour cause de Capes intempestif. Et puis maintenant dire que cette troisième destination en un an n'est pas imposée, ce serait un peu gros. Simplement nous n'avons qu'une zone. Un demi-département. A nous ensuite de nous y retrouver là-bas dedans. A nous de choisir un lieu qui nous déplairait moins qu'un autre (partant de Nuggets City, ce ne devrait pas être trop compliqué).

Trouver quelque chose selon nos propres critères, nos propres priorités. Prendre le risque de se tromper de cible et d'ensuite devoir en prendre la responsabilité (reconnaissons qu'il était pratique, cette année, de blâmer l'Education Nationale pour cette destination un peu trop sarthoise à mon goût). C'est peut-être ça qui m'a bloqué durant nos successives recherches d'appartement. Avoir la possibilité d'avoir tort. De viser mal. De se tromper d'objectif. D'être à côté. Je me pose donc légitimement la question. Peut-être aurions nous dû retourner sur place une deuxième fois, quitte à endurer le Formule 1 d'Y. à nouveau. Parce qu'une seule visite-éclair ce n'est pas suffisant. Et puis les autres questions qui découlent. A-t-on bien fait de choisir tel ou tel endroit. Tant ou tant de m². Telle fourchette de loyer. Évidemment je ne possède aucune de ces réponses. Je m'y confronterai au quotidien dans le courant des prochaines semaines, des prochains mois.

*


D'ici là : une belle zone de flou. Parce que le logement de fonction de Nuggets City, nous devions le quitter vendredi dernier au plus tard. Parce que l'emménagement futur n'aura probablement pas lieu avant début août, grand maximum. Parce qu'entre les deux nous voilà sans domicile fixe. A errer à droite à gauche. De la Bretagne (où j'écris ces lignes) à Sainté, on admet que l'errance est plutôt lâche. Les dates je ne les connais pas encore. Ça se fera au jour le jour. Une semaine de chaque visiblement, avec l'espoir de pouvoir « attraper » Virginie avant son départ Dieu-sait-quand en Irlande et féliciter Nico pour tous les trucs qu'il réussit en ce moment.

Pendant ce temps : la légère impression de patauger, les chevilles fondues dans le rien. Ce mois de juillet où officiellement nous n'habitons plus nulle part. Ce mois de juillet qui ne nous offre visiblement que peu voire pas de vacances. Et puis à peine de quoi se le dire et ça y est, voilà un an qu'H. et moi vivons ensemble et la vitesse et la banalité avec laquelle cette année a passé. Cette année qui dans ma tête sonne plus comme une année X-Files qu'une année Chapon hardi. Et dire que je n'ai ramené de rillettes à personne. Ni de poulets d'ailleurs. Et aucune photo du magasin de tondeuses. C'est peut-être à ce genre de trucs que l'on mesure les années ratées qui sait.

Scully, j'ai bien peur que nous soyons toujours sous l'emprise du champignon. Nous ne sommes pas sorti du Formule 1 d'Y., nous y sommes encore !

jeudi 27 mars 2008

27/03

...revenu de Bretagne lundi en fin d'après-midi ; malade toute la soirée, la nuit et la journée du lendemain (intoxication alimentaire ? gastro ?) ; du coup, crevé et courbatu encore aujourd'hui, l'impression de pas pouvoir faire un mouvement sans se fatiguer, séquelle du truc ou alors parce que je remange rien ou presque ou alors les deux ; hier, petite virée au Mans histoire de ; il fait vraiment moche niveau météo depuis quelques jours, ici et en Bretagne et partout ailleurs visiblement ; hier, au Mans, impulsifs, on s'est acheté une nouvelle télé, écran plat, HD machin et tout, parce qu'on en avait marre de plisser les yeux à mort pour lire les sous-titres sur notre ancienne toute petite, et puis aussi parce que les parents d'Hugo ont une nouvelle grande télé super-cool-la-classe et que nous on s'est dit ah bah pourquoi pas nous aussi, hein ? Hein ? ; du coup on s'est ramené ça sous le temps humide de la Sarthe et le carton avec la télé dedans c'est super lourd donc on s'est encore plus crevé mais tant pis : maintenant on a la TNT (avec Sarthe TV dessus !) et puis surtout on peut voir X-Files en grand (les tailleurs de Scully en géant : l'horreur !) et puis jouer à Wii PES convenablement, aussi ; passé une partie de ma journée à errer dans l'océan Facebook, sinon, je rebondissais sur des visages, sur des noms, des que je reconnaissais sans aucun doute alors que je ne leur ai probablement jamais parlé de ma vie, et d'autres avec qui j'ai été en classe que je peine à reconnaître, et parfois je me dis même que je dois me tromper, que ce nom, que ce regard, est trop vague, que c'est une idée que je me fais ; et puis l'impression aussi de n'être pas réellement à ma place sur Facebook, moi qui ne veux en aucun cas retrouver ces anciens « camarades » mais qui souhaite perpétuellement les fuir, comme ça, parce que c'est de l'histoire ancienne, parce que je me débarrasse toujours de ce qui ne me sers plus, si tant est qu'ils m'aient un jour servi à quelque chose ; la plupart de ces anciens camarades de classe sont à présent soit en école de commerce, soit en école d'ingénieur, soit un école de management, soit à l'étranger ; moi à côté, je ne sais pas trop ce que je suis, où je suis ; et puis de toute façon, la majorité des personnes qui comptent réellement ne sont pas inscrites sur Facebook alors à quoi ça sert ? ; ça passe le temps ; hier j'ai parcouru une expo photo à côté de la Fnac avec quelques déclarations d'une vieille femme ; on pouvait y lire, entre autre, la phrase suivante : « il faudrait pouvoir bénéficier de son expérience quand on est jeune, si j'avais su, j'aurais passé ma vie à peindre, quitte à crever de faim » ; eu Nico au téléphone aussi, lui ai dit que je rentrerais sûrement sur Sainté pour les vacances de Pacques ; faut que je vois au niveau des billets de train et tout ; pour les jours à venir, c'est simple : une nouvelle à terminer, se remettre aux projets en cours ; rattraper le temps perdu ; ces dernières semaines, parce que j'ai bossé, je n'ai pas eu (pris) le temps de travailler...

jeudi 30 août 2007

Vous connaissez l'histoire du con qui...

...s'amuse à réfuter complètement une hypothèse qu'il juge inacceptable un jour et qu'il accepte finalement le lendemain ? Non ? Bon, je reformule : vous connaissez l'histoire du con qui déclare que de « vivre dans le logement de fonction du collège de Loué, ville des poulets il n'en est pas question » et qui, le lendemain, au terme de son périple manceau où il ne trouve aucun appart potable, décide finalement d'accepter le dit logement de fonction ? Voilà, maintenant c'est bon, tout le monde a compris : le con, c'est moi.

Journée d'hier irrésumable, sinon par fragments agacés :

Train en retard dès le départ de Morlaix, prémices d'une journée de merde annoncée – connerie idiote faite au Mans et une agence immobilière qu'on n'aurait pas du suivre – une trouzaine de coups de fil bateaux sur une liste de quarante-cinq proprios pas toujours disponibles : « bonjour, M. T., je vous appelle via l'agence L. concernant l'appartement que vous proposez situé au... » etc. – une journée entière à marcher sous le cagnard impromptu : résultat, quelques bons coups de soleil sur la tronche, la nuque... – Rendez-vous, quatorze heures, devant la superbe cathédrale du Mans : aucune idée de la tête du propriétaire potentiel de l'appart qu'on va visiter... Signe extérieur de reconnaissance, de lui à nous : une BMW couleur argent... Arrivée à l'appartement en question, notre propriétaire potentiel dont on commence à se dire qu'en fait il ne le sera pas, se rend compte qu'il n'a pas les bonnes clefs... – Visite d'appart ou maison nul, trop cher, trop petit, trop de caution à payer, trop mal placé, trop mal foutu – Le Mans, ville improbable : des quartiers, des rues et des avenues plus immondes encore que la plupart des quartiers moches de sainté et, d'un coup, au hasard d'un coup d'oeil, d'une ouverture, d'une déambulation, quelques fragments superbes (un mirage ?) : des rues pavés, des quartiers médiévaux, des petits parcs, de grands arbres, des églises, tourelles, fortifications... Qu'en penser, surtout quand on retrouve, assemblés sur la même place (en travaux : le tram) à la fois quelques immeubles hideux bâtis dans les années quatre-vingt à la va-vite, un Monoprix miteux aux parois bouffées et de vieux bâtiments propres, une église incohérente... ? – Changement de perspective, il faut se rendre à l'évidence : une journée seulement passée sur place, c'est beaucoup trop juste pour dénicher quelque chose d'acceptable. Quitte à prendre une merde, autant économiser du fric dessus... D'où le retournement de situation et la piste du logement de fonction qu'on favorise finalement : pas de caution, deux cent et quelques euros de loyer, de la place... Il faut parfois savoir être raisonnable ; ça ne nous empêchera pas de continuer à chercher autre chose, de toute façon – Avant de repartir, direction la gare et changement express de nos billets de vingt-heures pour un train qui part plus tôt. Entre temps, on a rappelé quelques uns des propriétaires potentiels qu'on a vu ou eu au téléphone dans la journée : « oui, bonjour M. T., on s'est parlé tout à l'heure au sujet de l'appartement X, oui, voilà, c'est ça, et bien en fait, c'était pour vous dire qu'on a trouvé autre chose entre temps et qu'on l'a accepté, voilà, merci beaucoup en tout cas et au revoir ». – Téléphoner au proviseur du collège de Loué, ville des poulets, également, à lui et à sa secrétaire, un peu plus tôt, pour lui demander des précisions sur le logement de fonction, appartement situé au-dessus du bâtiment administratif, « un peu à l'écart » (oui mais « un peu à l'écart », au juste, qu'est-ce que ça peut bien vouloir dire ?), qu'on nous décrit comme « pas très joli »... Plusieurs coups de fil plus tard : est-ce qu'il y a bien internet, les portables passent ? Et l'impression qu'on doit laisser, de citadins qui s'en vont à la rencontre de bouseux... Qu'importe : on nous rassure. – Une fois dans le train, on dort. Arrivée à Morlaix, on se couche à neuf heures et demi. Naze de chez naze. Et encore trois jours (aujourd'hui compris) à tenir, pour ce nouveau déménagement. Et encore des cartons à faire, des trucs administratifs à régler. Et une fois tout ça terminé, de nouveaux cartons à déballer, et de nouveaux livres à ranger, à classer, pour peut-être tout réencartonner d'ici quelques mois.

mardi 28 août 2007

Et bah ce sera pas Nantes

Hier en fin d'après-midi, avec quelques jours (semaines) d'attente et à une semaine à peine de la sacro-sainte « rentrée scolaire », nous avons enfin pu avoir le privilège de découvrir quelle était l'affectation d'Hugo pour l'année... hum... la semaine prochaine. Tout ce qu'on savait jusque-là, c'était que ça se trouverait dans l'Académie de Nantes (vaste) mais on espérait, secrètement ou non, Nantes même. Raté. Ce sera un petit bled à côté du Mans (Loué, ville des poulets !), et donc un logement sur Le Mans, voisin de trente kilomètres seulement. Programme d'une semaine qui s'annonce chargée.

Reviens juste de la librairie André où Morgane m'a filé quelques cartons pour notre deuxième déménagement en deux mois. Aujourd'hui ce sera principalement les livres, CD, DVD, tout ce qu'on peut directement ranger sans que ça prenne trop de place ou que ça nous manque trop. Pour le reste, on a toujours quelques cartons du dernier déménagement à la cave.

Ce matin également : direction la gare, et d'une pour faire renouveler ma carte 12-25, et de deux pour acheter un billet de train pour demain : deux opérations effectuées d'un coup, mais le prix de la réduction est cher... On va au Mans, bien sûr, où on passera vraisemblablement la journée (arrivée à 9h et quelque, départ à 20h et quelque). Objectif : trouver (et non pas chercher) un appart pour l'année (la semaine) prochaine.

Le déménagement est prévu pour ce samedi. A trouver pour samedi : un camion, qu'on va essayer de se faire prêter. A trouver avant samedi : un nouveau locataire pour Morlaix, histoire de ne pas payer notre mois de préavis si c'est possible. D'ici là, on encartonne tout, ce qui nous laisse trois jours pour tout préparer ; ce sera suffisant.

Des nouvelles à l'issue de la journée de demain concernant nos trouvailles d'appart, probablement, d'ici vendredi. Et après ça, probablement toujours, un blackout bloguesque de quelques jours, le temps de transférer la ligne internet et tout ce qui va avec : tant pis, la chronique du dernier François Bon, actuellement en cours de lecture, devra attendre.

Points positifs : Le Mans est une ville de 150 milles habitants – On habitera pas à Loué même (sauf si on se rabat sur le logement de fonction du collège de Loué... et ça il n'en est pas question !) - Dans trois mois Le Mans aura un tram – Le Mans est à moins de cinq heures de train de sainté contre neuf pour Morlaix – Le Mans est à une heure de train de Paris – Le Mans à une équipe de foot décente – La ville n'a pas l'air aussi horrible que ce à quoi je m'attend – Vraisemblablement plus de perspectives professionnelles (sic) pour moi – D'autres points positifs à venir ?

A suivre en tout cas ; Rillettes-City, nous voilà !

samedi 25 août 2007

Ceux d'en face

Notre futur ex appart donne d'un côté sur une petite place (un parking, en fait), et de l'autre sur une cour intérieure austère et une moche maison qui va avec ; c'est, entre autre, ce que j'expliquai l'autre jour. Pendant le mois de juillet, personne n'habitait dans la maison d'en face, il n'y avait aucun problème ; il ne se passait rien. Depuis quelques mois, une famille a investi les lieux (un type, une femme, une jeune et une vieille, si j'ai bien compté), peut-être « pour de bon », ou alors juste pour les vacances, je ne sais pas exactement.

Depuis l'arrivée de ces gens-là, étant donné que la cour intérieure austère se trouve juste sous nos fenêtre et qu'il suffit qu'on élève un peu la voix pour qu'on entende l'intégralité des conversations, il nous arrive d'en surprendre quelques éclats.

L'autre jour c'est le type qui s'est mis à gueuler d'un seul coup un « oh non, je me suis encore chié dessus, c'est pas vrai ! » qui a traversé les murs. Un autre jour, c'est la vieille qui commençait à disserter sur une plante « qu'on avait du casser » ou encore sur « y a une tâche, là, c'est toi qui a fait pipi ? / Mais non j'ai pas fait pipi ! ».

Des fois c'est le chien qui devient le centre d'attention : un énorme molosse qui sort visiblement d'une opération ou quelque chose comme ça, ce qui fait qu'il ne marche plus correctement, on doit le pousser pour qu'il avance. On surprend alors la montée des escaliers dantesque du type avec l'animal terrorisé dans ses bras. D'autres fois, on entend juste les bruits qui vont avec les allées et venues de la bête : « allez viens mon chien », dit le type, et puis d'autres sons s'enchaînent, des bruits de pattes monstrueux sur le plancher et des essoufflements et d'autres incompréhensibles onomatopées que l'on hésite toujours à attribuer au chien ou à son maître...

Hier, la femme devait sortir la vieille, elle lui demandait de prendre son manteau, puis les deux sortent sur le pas de la porte. « Donnez-moi la main », elle lui dit, la femme, à la vieille, sans doute pour descendre les quelques marches qui les séparent de la cour intérieure, les mêmes que l'énorme chien n'a pas pu franchir du fait de son opération récente. Bref. « Donnez-moi la main », elle lui dit. « Non, l'autre », elle dit après ça et puis, « non l'autre », elle répète, « non l'autre... Non l'autre » elle répète encore, toujours sur le même ton.
Moi de mon côté, essayant de me concentrer sur ce que je fais (je ne sais plus ce que c'était, mais mettons que j'essayais réellement de me concentrer là-dessus) mais qui ne peux m'empêcher de m'imaginer des trucs et de me dire : mais combien de mains elle a cette vieille ??

Tout à l'heure, c'est de nouveau le type qui se met à gueuler, fenêtre de la salle de bain grande ouverte, entre deux rots, plusieurs gras éclats de rire et quelques échos d'un Caen-Marseille en diffusion sur Canal (aucun rapport entre ces derniers éléments) : « putain, ça fait du bien de pisser un bon coup, ça faisait longtemps que j'avais pas pissé, tiens ». Et puis il continue : « ah, c'est beau ça, ça fait bien du bruit ». Et il ajoute, en gueulant encore plus fort, visiblement pour quelqu'un (sa fille... ?) qui se trouve dans une autre pièce : « écoute comme ça sent ! Écoute comme ça sent !! » (sic).
Et la personne en question (...ou alors sa femme ?) de monter quelques minutes plus tard pour se plaindre que « putain la lunette est relevée, nom d'une pipe en bois ». Je ne sais pas réellement quoi en penser, sinon que ces voisins là, ajoutés à notre voisine du premier étage complètement timbrée, ne vont peut-être pas nous faire regretter cet appart trop longtemps...

C'était le quart d'heure scatologique d'Omega Blue, vous l'aurez compris. Je me pose tout de même une petite question à la lecture de ces lignes honteuses : le voyeurisme, est-ce que par hasard ça commence quand on subit les gueuleries de ceux d'en face sans rien demander à personne, ou est-ce que c'est quand on prend la peine d'investir vingt minutes de sa journée pour les réécrire sur son blog ?

mardi 21 août 2007

S'ils te mordent...

Voilà bientôt deux mois que je suis à Morlaix (S'ils te mordent mords-les, devise de la ville, ndlr !) : il serait donc peut-être temps que je parle un petit peu de l'appart dans lequel nous vivons Hugo et moi. Plutôt que d'en parler, je vais surtout vous le montrer ; dans ce genre de situations, les photos sont plus utiles que des mots (photos présentes dans le corps du billet, mais également cliquables pour les photos complémentaires via certains mots clés comme « salle de bain » quand je parle de la salle de bain, etc). Je me permets tout de même d'y ajouter quelques commentaires, cela va sans dire.



Commençons d'abord par l'adresse : nous habitons au 13 place du Marchallac'h (eh oui), c'est à dire à deux minutes à peine à pied du centre ville. L'immeuble en question compte trois étages, dont un « semi-enterré », le nôtre. D'un côté, on a droit à des fenêtres normales (qui donnent sur une cour) et de l'autre, à ces vitres qu'on aperçoit sur la photo ci-dessus (cliquer pour agrandir, cela vaut d'ailleurs pour toutes les autres photos de ce billet). Niveau luminosité, ça n'est pas vraiment un problème, d'abord parce que les proprios ont installés des miroirs tout autour des petites fenêtres et ensuite parce que de toute façon, depuis deux mois, il a rarement fait suffisamment beau par ici pour que la question de la luminosité ne se pose réellement..



Pour descendre, on emprunte un petit escalier qui nous sépare du palier. En bas se trouvent deux pièces de taille similaires et une salle de bain. A gauche de l'escalier, la chambre, suffisamment grande pour accueillir nos deux bureaux, trois étagères, un matelas, une commode, des rangements, du bordel, des chaises et même M. Gros chien (visible sur la photo) : une grande chambre donc, d'autant plus qu'il reste encore de la place malgré tous ces trucs. L'éclairage est agréable (spots fixés dans le plafond) et le plancher vitrifié donne une allure très agréable à cette pièce.
Côté fenêtre normale, on a vue sur une cour très moche et une autre maison elle aussi très moche (habitée par des gens étranges, de toute évidence) ; côté enterré, c'est un grand miroir incliné qui permet de répartir la lumière qu'on peut cacher à loisir avec nos très beaux rideaux.



De l'autre côté du mini-hall, on retrouve le coin salon/cuisine, à peu près aussi grand que la chambre. L'éclairage est identique, au sol, c'est du lino et un placard est fixé dans l'un des murs. La blancheur du sol et des murs donnent à la pièce un aspect assez froid, mais il suffit de mettre un peu de déco aux murs et le tour est joué. Le coin salon, sur les photos délimités par l'espace canapé-tapis, n'est pas très grand mais ça ne pose pas de problème sachant que si on possède bien un « objet télévision » on ne capte aucune chaînes et donc on ne la regarde pas.



De l'autre côté la cuisine équipée est super pratique avec rangements, four, frigo, plaques à induction et tout et tout. M. Lapin a déjà trouvé son petit-coin-à-lapin et on a eu la chance de récupérer pas mal de trucs pour faire la cuisine (plats et autres) ainsi que la « table de Fouras » (c'est son nom) de mes grands-parents assez pratique. A côté de la machine à laver (qui fuyait mais ne fuit plus), une salle de bain/WC avec rangements intégrés, là encore.

Entre le salon/cuisine et la chambre, un autre escalier (qui descend, cette fois) mène également à une cave que l'on ne partage même pas car elle est à nous, pas touche ! Pratique pour toutes les petites merdes qui traînent (cartons en tête) et le sèche-linge, indispensable dans ces contrées bretonnantes aiguës où les murs suintent d'humidité permanente (comment ça j'exagère ?).

Bref, un appart très agréable, super bien placé, au loyer super pas cher du tout, l'idéal quoi (si on oublie l'aspect semi-enterré) . Sauf que (car il y a toujours un « sauf que » dans ces histoires), l'ironie du sort (qui a déjà voulu qu'Hugo passe son capes et l'obtienne) fait qu'il nous faudra déménager très bientôt (dans quelques semaines), Hugo étant affecté à l'Académie de Nantes. On ne sait pas où ni quand on partira, mais on s'y prépare.

Il était donc bien temps que j'écrive quelque chose sur cet appart, maintenant qu'on s'apprête à la quitter !

samedi 11 août 2007

Promenades au FAR

L'autre jour (mercredi ? jeudi ? je ne sais plus), notre livebox nous a lâché (grillée qu'elle était, grillée ! merci les pannes de courant !), ce qui a entraîné, du coup, une légère altération de mes préparatifs de billets sur le FAR. Le FAR, c'est le Festival des Arts dans la Rue de Morlaix : du théâtre de rue, gratuit, un peu partout dans le centre-ville pendant une semaine, dont une scène à même pas dix mètres de chez nous. On pouvait donc difficilement passer à côté.
A l'origine, j'aurais souhaité mettre en ligne un billet par spectacle (donc un billet par jour, soit quatre billets), le soir-même (ou le lendemain) de la représentation. Mais la Fée Internet n'est revenue dans notre foyer qu'aujourd'hui, du coup, je me retrouve obligé de tout mettre en ligne en même temps, en masse, et ce n'est pas bien. Du coup, magie : je manipule les dates des billets pour permettre leur échelonnement, le tout pour un meilleur confort de lecture et, je l'avoue également, pour que ça fasse meilleur effet sur le petit calendrier. Mais trêve de commentaires !

Nous avions donc, cette semaine au programme (chaque billet correspondant à chaque lien ici présenté sous vos yeux ébahis) :

- Le cercle, de La Spirale (mardi)
- El Jabali, de La Patriótico Interessante (mercredi)
- Danse de trottoir, de la compagnie Tango Sumo (jeudi)
- Voyage en bordure du bord du bout du monde, de la troupe Les 3 points de suspension (vendredi)



Difficile de tirer un bilan global de cette semaine artistique. Sur quatre spectacles vus, deux m'ont parus géniaux, un clairement en dessous et un autre que je ne me juge pas capable de juger (ou de commenter). Le bilan est donc évidemment positif, sauf peut-être au niveau des spectateurs que l'on a été obligé de côtoyé ces quatre jours, mais bon, ça c'est une autre histoire (qui s'intitule, je vous le donne en mille, « les gens sont des gros cons qui me font chier »).

Le beau temps ayant été au rendez-vous (pendant une semaine de suite !), ces promenades au FAR sont donc pour moi une belle première et sans aucun doute un des points très agréables de ma nouvelle ville (mais pour combien de temps encore le sera-t-elle ? tintintin...), je vous laisse donc en compagnie de ces quatre billets, à lire dans l'ordre ou pas, en intégralité ou pas, etc, c'est comme on veut.

Note, au passage : malgré ces quatre spectacles, on n'a même pas été fichus d'aller à voir ce qu'il se passait sous notre nez, sur la place à côté de chez nous !

vendredi 10 août 2007

Le bord du bout du monde

Voyage en bordure du bout du monde, pour être exact, c'est la dernière étape de notrevoyage au FAR, le dernier jour (étape deux fois différées pour cause de flemme les jours précédents). On n'est pas vraiment sûrs de savoir où, exactement, ce voyage-là nous mène... Est-ce qu'on est dans une sorte de faux théâtre foireux avec couacs et imprévus, engueulades et ridicule super assumé, ou alors est-ce qu'on se trouve dans une parodie de film fantastique des années 50, avec quelques relents de Bioman et de second degré héroïco-fantaisiste ? Probablement quelque part entre tous ces trucs...



Un peu comme pour El Jabali, une poignée de comédiens se partagent divers rôles, tous plus bizarres et navrants les uns que les autres (ça va de la princesse à quatre bras au philosophe extatique), et un peu comme pour El Jabali, on a légèrement la trouille, au début, que ça parte dans le n'importe quoi le plus absolu. Ce qui arrive plus ou moins.

Mais difficile de parler de ce spectacle. Le raconter n'aurait aucun intérêt. Évoquer l'une de ses scènes me paraît risqué, également. Me voilà donc dans une impasse... Qu'importe, voilà ce que je vous propose : une série de mots qui pourraient être à même de donner une petite idée de ce qu'était cette expérience. Ok ? On y va.



Cinq gus habillés en latex, cinq bonnets de bains, des slips noirs, un gus en porte-jartelles, un porte-voix, un orgue, un rideau qui ne s'ouvre pas, un bidon bleu, un bestiaire invraisemblable, des « moulpes », des effets spéciaux en carton pâte, des bâtons de ski, des sauts vertigineux, une tête de philosophe, un trampoline, des échasses, de la musique pour films SF des années soixante dix, de la musique de RPG sur Saturn (variante), une tête de biche, de la fumée qui fout la trouille, un rocker, le bord du bout du monde, le voyage qui s'y rattache, les frères Grimox...

Et toutes les images qui vont avec.



Rarement vu, en tout cas, un spectacle aussi loufoque et bordélique, et pourtant tellement millimétré et calculé au niveau des cascades et autres effets de mise en scène. Que notre voyage au FAR se termine au bord du bout du monde n'était pas plus mal, finalement.

jeudi 9 août 2007

Les noces de trottoir

La danse, ça n'a jamais été mon truc. Pas que j'ai un jour fait l'effort d'assister à un spectacle en particulier, je n'ai même jamais fait l'effort de regarder quoi que ce soit en vidéo ; je n'ai jamais éprouvé d'attrait particulier à l'encontre de cet art, je n'ai jamais su quoi en penser, je n'ai jamais pu y être réellement confronté. C'est ce que j'entends par « c'est pas mon truc ».
Avec ce spectacle là, Les noces de trottoir, toujours au FAR, j'aurais au moins pu me confronter avec un spectacle de danse (et par spectacle de danse j'entends : une scène avec des gens dessus qui dansent, on ne va même pas essayer d'aller plus loin dans la définition, merci). Histoire, peut-être, de me conforter dans mon idée que « ce n'est pas mon truc ».



Le spectacle en lui-même était sans doute très bien, je ne remets pas en cause sa qualité intrinsèque. J'y ai apprécié la musique, quelques moments amusants, certaines images particulièrement saisissantes, deux ou trois performances techniques et/ou physique qui font dire « ouaaaah » à la foule en délire (sic). Mais au-delà de ça, est-ce que j'ai été réellement touché par quoi que ce soit à la suite de cette heure là ? Non, pas vraiment.

Difficile de suivre tout ce qui se déroule sous mes yeux, d'autant plus que la scène est large et que les danseurs sont nombreux. Des couples se forment, se mélangent, alternent, des duos restent sur le devant de la scène plus longtemps, mais combien de fois sont-ils tous réunis au milieu ? Et je ne sais plus où donner de la tête, c'est ce qui me déplaît tant avec le spectacle vivant, ne pas pouvoir capter la performance dans sa globalité, n'avoir aucun contrôle sur ce que je vois, subir sans rien pouvoir faire ce que les autres expriment. Difficile, aussi, de mettre en mot ce genre de ressenti qui d'ordinaire touche plutôt à l'impression, voire à l'intime. C'est peut-être aussi ce que j'entends lorsque j'écris que « ce n'est pas mon truc ».



Qu'importe. Devant moi glissent des corps qui ne sont pas habités. Ils ne parlent pas, ils ne sont pas, ils bougent et puis c'est tout. Ils s'envolent, retombent, se retournent, s'enlacent, disparaissent...
Mon regard a une tendance naturelle à dévier du cadre naturel de la scène, il accompagne le mouvement ralenti de ce danseur-là qui quitte l'espace scénique et se dissimule dans ce qui aurait du être les coulisses si nous nous étions trouvés à l'intérieur. Sauf que nous ne sommes pas à l'intérieur. Je le vois se positionner derrière ce grand panneau, se changer, attraper une bouteille d'eau. Voir l'envers du décors, ce qui d'ordinaire, dans la logique du spectacle, n'existe pas. Contourner les règles, essayer de comprendre le « truc », c'est à dire le moment où de Spectacle, le danseur, redevient individu. Une fois qu'il retourne sur scène, ça y est, il n'existe plus à nouveau, il n'est plus que celui que je suis censé voir et sur lequel je n'ai plus aucune prise. Sa beauté (à la fois sa beauté esthétique et celle de la mise en scène) n'est qu'un écran flagrant que je partage avec les autres spectateurs. Cependant celle-ci me fascine, m'impose sa présence, son existence et mon regard suit, peut-être parce que c'est ce qu'il doit faire en pareille situation. Le grain de sa peau, pourtant, n'existe pas plus que l'éclat de son regard quand il voit une danseuse qu'en fait il fait semblant de voir. J'ai loupé le moment clé, j'ai loupé le « truc » et traquer l'envers du décor ne m'a pas aidé, ou si peu. C'est peut-être ça qui me laisse se goût amer dans la bouge quand je me lève et que je repars...



Du spectacle en lui-même je ne peux rien dire. Je me sens totalement désarmé vis à vis de cet art-là. Je ne sais pas du tout ce que je dois en penser. J'ai peut-être totalement zappé la danse, je me suis peut-être complètement perdu ailleurs. Et je me dis que quelque part, le simple fait d'avoir été travaillé par ces quelques instants que j'énonce plus haut, cet ailleurs, signifie que ma réception n'a pas été aussi inutile que je le crois.

mercredi 8 août 2007

El Jabali

Retour au FAR après les marionnettes pour une « adaptation furieusement populaire de la pièce de Shakespeare : Richard III » (c'est le programme qui le dit).



Un peu d'honnêteté ne ferait pas de mal : à quoi peut-on s'attendre quand on observe pendant dix minutes sept chiliens en salopettes et t-shirt rayés courir et sauter partout, dire « ola » à tout bout de champ, le tout sur une musique déjantée produite par un trio très rock dont les « rythmes infernaux » (le programme, encore) t'explosent à la gueule avec enthousiasme et que tu demandes pourquoi, pourquoi, tu n'es pas parti de chez toi cinq minutes plus tôt, parce que comme ça, au moins, t'aurais pu avoir une place assise moins inconfortable que ce coin de moquette posée par terre qui n'apaise pas du tout le contact rigide de l'asphalte sur ton noble postérieur de spectateur qui se demande, au juste, car il faut bien que je rebondisse sur mes pattes ne serait-ce que pour l'unité syntaxique de ma phrase : mais qu'est-ce que c'est que ce truc ??! Je vous le demande : à quoi peut-on s'attendre ? Contre toute attente, à un truc génial. Si, si.

La scène s'établit ici suivant un point d'ancrage vertical, sorte de tour métallique de plusieurs mètres de haut, autour duquel gravitent, sautent, dansent, chantent, jouent, courent (etc.) tous les acteurs de la troupe.
Pour sept personnages, près de trente rôles à répartir et à s'échanger, en prenant bien le soin d'alterner, de chambouler, de bousculer, d'aller vite, plus vite et de partir en vrille contrôlée quand c'est possible. Les comédiens portent des masques façon carton pâte tous plus bizarres les uns que les autres, des grands pantins efflanqués sont manipulés à droite à gauche et des décapitations gores (têtes qui volent, boyaux en papier qui débordent des corps sans vie, épées en bois et en tissu, etc.) alternent avec des farces burlesques au possible ; pendant toute cette foire carnavalesque (pourtant très bien maîtrisée, pensée et organisée), les comédiens continuent cette histoire de « sanglier » (Richard III) à moitié en espagnol, à moitié en français avec un léger accent mais qu'importe. Tout est compréhensible, tout est parfaitement accessible, même pour ma pauvre oreille non hispanophile.



Les couleurs se succèdent, les situations marantes aussi avec, toujours, en accompagnement, cette musique rock à la fois rythmée et évidente ; le rythme est parfois dur à suivre, souvent frénétique, les scènes s'enchaînent rapidement, les poursuites aussi, les comédiens changent de costume (et donc d'identité, par la même occasion) aussi rapidement qu'ils font un tour de piste, etc, etc, et etc.

Difficile de trouver le temps de penser alors que devant toi s'anime ce genre de spectacle. On ne sait plus où donner de la tête, qui suivre, quoi suivre, et les cinquante minutes s'écoulent plus rapidement qu'on n'en aurait eu l'impression. On n'a même pas le temps de se sentir inconfortablement assis, c'est dire !

mardi 7 août 2007

Le cercle

Un cercle est dessiné à la craie sur le sol avec, à l'intérieur, divers objets représentant les éléments. De l'eau, une flamme, des bois de cerf... Au centre : deux marionnettes à fils encore inanimées. Sous un chapiteau, pour cette première soirée à se promener du côté du FAR (Festival des Arts dans la Rue), à Morlaix, nous profitons des belles journées d'août. On se prépare à se laisser gagner par la magie de ces automates qui, sur un plan strictement personnel, m'ont toujours fascinées. On se prépare, on se prépare, on s'assoit, on attend, on regarde les enfants assis en cercle autour du cercle qui eux-mêmes se préparent et attendent. Au terme des trois coups de canon, du coup (c'est le cas de le dire) quand le marionnettiste entre sur la piste, se plaçant au centre de son cercle à lui on se dit qu'on va passer une bonne soirée.
Le problème, c'est qu'on s'est tellement préparé à passer une bonne soirée, un bon spectacle, que lorsque le type en question se met à parler, avec ses mots à lui et ses gestes à lui et ses explications à lui, pendant un quart d'heure, on se dit qu'on s'est trompé, qu'on s'est préparé à passer une bonne soirée mais qu'on ne s'est pas préparé à en passer une mauvaise. Zut. Mauvaise pioche.

Le marionnettiste pendant près d'un quart d'heure explique à l'avance la genèse de son projet, la conception de son « spectacle vieux de dix ans », la signification de tous les signes et symboles qui s'y déroulent, quelques références politiques orientées également, quelques pensées personnelles sur le bien de la planète... Beaucoup d'autres trucs de ce genre encore. Du coup, au terme de son petit speech, on se rend vite compte que le spectacle dont la durée, vingt minutes, est indiquée au programme, va durer aussi longtemps que le discours du bonhomme. C'est exactement ce qui se produit.



Comme le spectacle est mauvais, je me retrouve un peu déconcerté. Je me rabats sur ces choses simples qui d'ordinaire satisfont ma curiosité sur le moment : le mouvement des marionnettes, fluides, saccadées, humaines, bestiales, la coordination des mouvements du marionnettiste avec ses créatures, l'alternance des figures et des types de personnage. Le spectacle qui m'intéresse le plus à moi, ce sont les mimiques du marionnettiste, mimant toujours la démarche et l'allure de ses compagnons sculptés par ses propres soins. L'image en elle-même est intéressante, saisissante, indépendamment du fait que ce « spectacle vieux de dix ans » semble avoir été improvisé dix minutes plus tôt.

Lorsqu'à la fin, le marionnettiste utilise une marionnette à main aux excentricités capillaires amusantes, l'homme dans la marionnette récite un discours convenu sur la planète avec sa voix d'homme normal de tous les jours alors que n'importe quel enfant vous dirait (moi le premier) qu'une marionnette aussi bizarre ne parle pas comme ça... Quelle déception.

mardi 24 juillet 2007

De l'autre côté des livres

A chaud...

J'ai vécu aujourd'hui ma première journée de travail, mon entrée dans la vie active comme on dit. Ce qui veut dire que j'ai mis mon roman/novella « Cette vie » en stand by mais qu'importe. Il paraît que ça s'appelle les contingences financières. Morgane, qui est une amie d'Hugo, m'a fait entrer dans la librairie dans laquelle elle bosse pour une semaine, parce qu'ils ont besoin de monde. C'est une affaire tout à fait temporaire (une semaine, donc) mais c'est aussi une première expérience professionnelle, et, aussi, sait-on jamais, une bonne manière d'entrer dans le truc, des fois qu'ils aient encore besoin de moi dans le futur. Je préfère ne pas me faire d'espoir à ce niveau-là, mais, comme je viens de l'écrire, « sait-on jamais »...

Débuts laborieux tout d'abord (« c'est normal » qu'on m'a dit) et puis petit à petit, ça a commencé à rentrer. La vente en caisse, les raccourcis clavier, les commandes, les réducs, la papeterie... Et puis ranger un peu les bouquins, les rentrer dans l'ordi, faire du rangement, étiqueter les bouquins, porter les bouquins précédemment étiquetés deux étages plus haut, étiqueter des bouquins en rab sans s'en rendre compte, revenir en caisse... Ce qu'il y a bien avec ce boulot, c'est qu'on fait tout plein de trucs différents. Et puis le contact avec les gens est sympa (oui, c'est moi qui dis ça), sauf, bien sûr, quand quelqu'un me demande un truc que je sais pas faire toujours quand il y a cinq autres personnes derrière qui attendent en râlant. A part ça, c'est bien, ça marche et j'y arrive à peu près sans trop me planter.

Ça c'est pour les trucs pratiques, c'est le côté « Vie quotidienne ».

De l'autre côté, il y a ces trucs qu'on ne sait pas (ou dont on ne se rend pas forcément compte) et qui font qu'une librairie (sur?)vit, que le marché du livre s'écoule. Et là on retombe sur cette problématique évoquée il y a quelques semaines (mois ?) sur ces ordures dont les dépotoirs ne veulent plus. Traquer les livre qui, imprimés avant avril 2007, sont toujours présents et ne sont pas des best-seller. Ceux-là, on les renvoie. Vérifier les livres un peu bizarres, ceux dont on se dit qu'ils ne peuvent pas marcher, constater qu'il ne s'en est pas vendu depuis le moi de mai dernier, parfois juin. Ceux-là, on les renvoie. Ce n'est pas un problème d'éthique, c'est matériel. On manque de place, les livres débordent de toute part, il y en a partout, un de plus et tout ce casse la gueule. Alors au milieu de ce chaos de lettres et de mots, quand on ne vent pas, on crève. Combien de retour, rien qu'aujourd'hui ? Des cartons entiers. Et qu'advient-il de ces livres une fois qu'ils reviennent aux éditeurs ? Est-ce que c'est vraiment du gâchis ? Je ne sais pas.

De l'autre côté, il y a deux heures passées à étiqueter les livres arrivés aujourd'hui. Beaucoup de BD (douze volumes identiques du dernier Lanfeust), une cinquantaine au bas mot, quelques mangas, beaucoup de trucs parascolaires, pas mal de livres jeunesses, quelques guides. Et deux romans. Deux livres de poche. C'est tout. Peut-être que c'était exceptionnel, peut-être que c'était le hasard, je ne sais pas, je débute, c'était mon premier jour ; juste ce chiffre : deux. Et probablement, probablement, que ces romans-là, c'était de la merde, c'était littérairement mauvais, ce n'était pas important. Probablement.

De l'autre côté des livres, me voilà désormais. De l'autre côté de la caisse, aussi. Mon roman/novella est mis en stand-by. Je ne continuerai probablement pas mes corrections avant dimanche, repos dominical oblige. Est-ce que c'est une bonne chose ? Ai-je seulement le luxe de pouvoir me poser la question ? Mon quotidien change, pour une semaine en tout cas. Il n'est plus fait que de mots, mais de gens qui les vendent et d'autres qui les achètent. Aurais-je un jour l'honneur, moi aussi, de voir l'un de mes romans renvoyés par une librairie pour cause d'invendu ? Suspens...

dimanche 22 juillet 2007

#6 ~ Les profs

Le Comic-strip du jour se déroule durant le sommeil de ce petit personnage qui n'est pas sans rappeler quelqu'un...







































Note : Le plus navrant dans cette histoire, c'est que tous ces évènements rêvés sont tirés de faits réels !

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