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samedi 21 février 2009

Mise à jour mosaïque #5

Les sites voisins d'Omega Blue continuent d'affluer, une petite mise à jour de la mosaïque des liens s'impose donc.

Fric-Frac Club
Senges raconte sans peur et sans reproche, dans une structure plutôt indicible d’éparpillement, de chronologie et de mises en regard du corps principal du texte et de sa marge, une triple entreprise : i) la mise au monde d’un Grand Livre en préhistoire hypothétique à tout le propos de l’outille en marche, et tout ce qui, dans la vie de son auteur, s’y rapporte bon gré mal gré , ii) son démantèlement en mille fragments et autant de manière de s’y prendre, iii) le rafistolage, dans l’histoire, des fragments rotatoires de la pagaille multiple, en Grand livre organisé. .


L'affaire Ruby Rubbish
Dans les escaliers, Grondin, absorbé par ses notes, me fait soudain remarquer que nous n'avons pas vu madame Colombo. Je la cherche alors, on me dit qu'elle est plutôt barbouillée et veut se reposer. Grondin, qui m'attend au portail, me demande :
- Alors, vous l'avez vue ?
- On ne la voit jamais.
Je m'engouffre dans ma Twingo bleue, et en partant, je demande à Mickey de rester en faction devant le pavillon d'ouvrir grand ses yeux et surtout ses oreilles. Sur son carnet, Grondin a noté : « F.Lobaire & B.Ovarie : 57 Bd. Pécuchet, dans le XIXe. » Ce sera la prochaine étape. .


Boulet boulet.jpg

Onuma Nemon
Au film par contre échappe l’ampleur de la lumière orageuse sur toute la vallée, cette pénétration de l’or à travers toutes les couches du vert, la façon dont le clocher d’église repose sur un autre terroir de verts profus ; cela, seuls la peinture et le dessin peuvent le déployer. Incroyables liserés blanc magique fuligineux des nuées grises, ces hauteurs de château, sans doute après l’équinoxe, cette vibration de craquelures à mesure qu’on avance dans la voie de la vallée, ces tressements, ces chevelures en zigzag, ce boisseau de foudres : non certes l’écriture ne peut en rendre compte. .


mercredi 12 novembre 2008

Mise à jour mosaïque #3

D'autres nouveaux liens pris par la mosaïque d'Omega Blue, extraits en option.

La trace bleue (blog de Fabienne Swialty)
Le bleu absent du ciel de Lorraine et qu'il restait le bleu de la tenue de travail des ouvriers, troqué plus tard pour le bleu des Schtroumpfs, parc d'attractions qui donne des emplois aux chômeurs. Et le père qui fait «bleu » quand il oublie d'aller au boulot. Blau en allemand qui signifie aussi être ivre. L'obstination du bleu Klein Fond d'écran de l'ordinateur.

Bleu métallisé des eaux profondes qui réinventent le vert. .
Hapax
Le périple du prédateur névrotique est plus circonstanciel et ne se rencontre qu’à cette période fleurie des tâches jaunes et blanches, quand les proches réels, les intimes font silence sur les lieux de leurs morts. Alors qu’il erre dans les allées, sur les pavés gris comme le ciel sans reflet, notre spécimen scrute les attroupements, la moindre grappe de gens recueillis avec force marques de dévotion, fleurs, bougies, encens – signes qu’on ne s’assemble pas pour rien ! Avec un air circonspect et comme déjà concerné, le prédateur s’approche du groupe ainsi constitué et se glisse dans le rang. À pleines bouchées alors, il demande à son voisin de qui est-ce la tombe, pensant avoir à faire à l’un des grands labels recueillant une grande âme. Mais déjà la famille s’étonne de voir l’inconnu parmi eux, la gêne les traverse tous et leurs bouches, comme en cœur, renvoient notre bonhomme à d’autres tombes à reluquer. .
Naïmoka
Des murs, ce jeune artiste passe alors aux toiles et à tout ce qui lui tombe sous la main : portes, barrières, frigo, cartons, son talent s’adapte à toutes les surfaces. Sur ces supports hétéroclites naissent de grandes fresques parfois composées de plusieurs panneaux. Il fait également des collages de ses propres œuvres qu’il photocopie, créant ainsi à partir de ce qu’il a lui-même créé. Basquiat utilise rarement de belles toiles neuves. Ce côté « récupération » donne un aspect brut qui va bien avec le style de ses travaux, multiples traits nerveux, vifs, presque rageurs. Un apparent fouillis coloré, très graphique : une couronne, un soleil, un building, un avion stylisé, une voiture, un homme noir, des mots. Même si tout semble jeté au hasard sur la toile, ce n’est évidemment pas le cas. Il l'a dit, « Every line means something » .
Avant la nuit
Parcourir l'espace de notre << prison >> (réalité, identité, sexe, langage) pour en faire un espace de liberté (fiction) : de cette liberté qui ne s'enferme plus. .
Ma peau hésite
Il y a aussi, en pensée-filigrane de ces r insistants, tout le charme du petit manège des vieux vinyles qui tournent en chuchotant, jusqu'au moment où l'écume sonore, qui laisse peser le poids d'un silence enfin plein, finit par claquer. .

dimanche 2 novembre 2008

Comment j'ai failli aller voir le dernier Woody Allen...

...pour en réalité finir trempé entre les passages cloutés, sans rien derrière ni devant les yeux.

Nous avons rendez-vous avec Nico et Isa pour la séance de 16h, devant le Méliès et tout, pour voir le dernier Woody Allen , Vicky Cristina Barcelona, histoire de perpétuer la fameuse tradition cinématographique de saison. Des trompes d'eau sur les vitres, je pars de chez mes parents en regrettant un brin d'avoir laissé mon parapluie à Y. puis m'abrite sous l'abri-bus prévu pour. Sur l'écran de contrôle, je vois l'arrivée du prochain 4 pour 22 minutes plus tard. Il est trois heures et demie alors je me dis merde. Texto-éclair pour Nico qui, lui, est toujours très ponctuel : pas de tram avant 20 min, ça va être chaud pour être à l'heure puis retour écran de contrôle histoire de : un 5 dans deux minutes donc bon. Texto effacé-non-envoyé.

Retrouve Nico à l'heure ou presque pour finalement se dire que vis à vis de la séance de 4 heures, ça va être trop juste pour Isa (shocking !) donc non. Du coup, retour voiture-à-Nico sous trompes d'eau régulières pour bouger jusqu'à St-Roch histoire de se rapprocher de chez Isa et d'une et de payer moins cher le parcmètre ensuite. Petit tour de Sainté embuantée derrière les essuies-glace battus, puis slaloms entre les rues inroulables du centre-ville pour finalement s'échouer sur le parking St-Roch complètement vide. Entre temps, coup de fil d'Elise pour dire qu'effectivement on pourra sans doute pas se voir ce week-end puis répondre oui on avait un peu remarqué de notre côté. Z'allez voir quoi ?, elle demande, alors je lui dis ce qu'on est censé voir puisqu'elle demande, puis ah oui, ça a l'air nul, qu'elle répond, alors du coup ça motive. Retour St-Roch avec horodateur à gaver, puis douche lourde sur la nuque pendant que les pièces glissent à l'intérieur, jusqu'à ce que je fasse remarquer à Nico que, d'abord, c'était jour férié hier donc gratuit niveau stationnement et, ensuite, que puisqu'il s'était remis à pleuvoir, c'était peut-être moyen de redescendre à pattes pour retourner à notre point A. Certes. Donc retour au point A, oui, mais en voiture, donc compléter le tour initial et revenir se garer grosso modo au même endroit qu'avant.

Pause au sec dans un coin du Méliès, puis croiser ma tante et mon oncle entre deux coups de fil (un bonjour à Virginie-en-Irlande qui nous traverse le ciel-nuit-d'aprem par Skype interposé), puis redépart pour remonter jusqu'à vers chez Isa, soit notre point B inutile de tout à l'heure, pour passer la prendre, monter à Centre 2 et faire les courses pour les crêpes du soir. Courses et pâte à crêpe réglées, repartir, en voiture toujours, il est huit heures moins le quart, le film est à huit heures, le ciel solide nous tombe dessus par vagues, quatre fois le tour du centre-ville pour trouver une place, un œil perdu sur l'horloge de bord (oui mais elle avance donc en fait on est par en retard), puis garés sous-terrain, déboulés par dessus le sol glissant et inondé du dehors, carcasses trempées sur le tapis du Méliès, il est huit heures dix, film commencé depuis dix minutes, et oui. Du coup repartir direction le Gaumont, des fois qu'il y ait quelque chose de pas trop mal mais en fait non. Donc demi-tour aqueux jusqu'au parking sous-terrain, cheveux trempés et flotte dans les yeux puis sur les sièges d'Isa. Départ du point C pour un retour point B sans passer par la case machin ni toucher quoi que ce soit.

Dernier Woody Allen non vu, du coup (ouais bah il est nul alors ça va, dixit Elsa ), mais la poisse diffusée jusqu'au jour suivant, aujourd'hui donc, avec TER retardé de 50 minutes à cause des intempéries d'hier, avec la gueule du Gier puis du Rhônes qui déboulent sur la droite de la voie, les eaux brunes raclées du lit vers les berges puis les stigmates d'inondations passagères sur les rives ou les champs limitrophes. Et par dessus le soleil brille, première fois depuis que je suis arrivé, en cette belle journée qui commence, etc.

mercredi 22 octobre 2008

Cordialement, etc.

Je me demande dans le silence de ma tête close : qu'est-ce qui peut pousser les gens à travailler dans une entreprise spécialisée dans la vente (en ligne) d'accessoires pour le vin ? (ça c'est la version classe, la version neutre étant : tire-bouchons) Et avant que je puisse m'en rendre compte, le silence de ma tête vide s'est dépressurisé et je découvre un peu curieux que celui qui est en train de bosser pour cette entreprise, c'est moi ; apnée soudain brisée d'un rêve compact qui n'en est pas. Je passe donc mes trois premiers jours dans les locaux de Waw-vive-les-tire-bouchons.com.

Précision : je ne vends pas de toner

Supervisor: So, I think you’re ready to sell toner, do you have any last questions?
Phoebe: No. (Pause) Oh wait yes! I do, I do have one question. What is toner?


et je ne suis pas obligé de porter de collants



pour venir au bureau ; voilà déjà deux cauchemars fictifs récurrents de moins et autant de raisons pour ne plus trop craindre ce monde de l'entreprise. Reste ce je veux faire quelque chose d'utile pour changer que je balance au téléphone à Nico il y a un mois et demi, mais on ne peut pas tout avoir.


Comme base : un contrat temps partiel de 21h réparties comme il faudra que ce soit réparti dans la semaine en fonction de la masse de travail avec laquelle je devrais jongler. CDD d'un mois qui pourra éventuellement muter en plus longue durée si je fais l'affaire. Je suis officiellement "assistant chargé de relation clientèle", ce qui veut dire que je réponds aux clients potentiels, aux clients exigeants ou aux clients en colère, par mail, chat ou téléphone. Je reste donc le cul vissé sur mon fauteuil pivotant, la tête dans l'écran et les yeux ailleurs.

Premier jour exigeant pour moi qui n'ai pas vraiment eu d'activité professionnelle régulière ces derniers mois (années ? jamais ?). L'impression de regarder filer l'heure en mouvement lent dès trois heures de l'après-midi. Puis le deuxième jour déjà plus banal. Appris à faire ce que j'étais censé faire. Quelques petites choses à apprendre encore. Le gros du boulot consiste en réalité à donner l'impression de distribuer des informations qu'on ne possède pas. Suffit de prendre le coup de main. D'éluder les questions. De projeter une illusion d'amabilité.

Je ne possède pas encore mon propre téléphone mais ça viendra. Arrivé ce matin en Colissimo. La semaine prochaine, me souffle mon supérieur, tu pourras commencer à répondre au téléphone. Je dis ok mais en vrai je pense un super... que je ne laisse pas filtrer. Pas que je n'ai pas déjà eu à prendre le standard pour dépanner. C'est déjà arrivé plusieurs fois, notamment lorsque mon supérieur est en pause. La joie de se retrouver face à une voix qui exige tel produit aux telles dimensions pour tel usage quand le site de l'entreprise sur lequel je pourrais fouiller à sa place se met à ramer grave. Joie.

Grosso modo, on prend le coup de main. Ce n'est que trois jours par semaine, ça passe vite. Ce n'est pas quelque chose qui me passionne, tant mieux, l'objectif étant quand même de rester concentré sur Coup de tête et le reste. Prochaine étape : essayer de profiter de ma pause déjeuner

Tu viens manger avec nous ?, y a un super japonais au coin de la rue tu vas voir. Répondre que non, c'est bon, je suis bien là, devant l'écran, avec ma salade-sous-vide-à-3€ et mon pitch-pépites.


pour poursuivre mes corrections/relectures/réécritures de Coup de tête. Histoire de ne pas perdre la main. De ne pas me laisser distancer par le texte. C'est tellement facile d'y perdre pied, je ne tiens pas à tout reprendre encore.

mardi 29 juillet 2008

Sang trop lent

...parce qu'étrangement cette semaine se déroule en travers ; d'abord le vide des premiers jours à errer entre les murs et les rues ; vu personne pratiquement ; Élise le jour de mon arrivée et Nico dans la foulée par hasard ; puis ce week-end et depuis les journées qui se chevauchent de travers ; se recouvrent les unes les autres ; je n'ai dormi que trois quatre heures ce matin ; je fonctionne au ralenti parce que (ou bien alors c'est un symptôme et non une cause) du sang trop lent dans mes veines ; le journal en panne sèche pendant ce temps parce que plus vraiment l'impression de pouvoir l'approvisionner encore ; je devrais faire comme Laurianne et tracer précisément dans l'agenda les évènements qui dépendent de chaque jour et etc. ; ce vendredi je repars ; entre juilletiste et aoutien ; en réalité rien du tout ; simplement en train de poireauter à Lyon entre deux quais ; une dernière nuit à Nuggets City ensuite ; déménagement dans la foulée du lendemain ; et d'ici là retour aux normes des pulsations subies, sans doute...

lundi 14 juillet 2008

14/07

Je suppose que c'est à cause du lieu. Je veux dire : jusque là je m'étais laissé dicter mes destinations successives et parce qu'elles m'étaient imposées, j'avais appris à les laisser glisser d'elles-mêmes, elles ne dérivaient pas de ma responsabilité, je n'y étais pour rien, c'était, en définitive, plus facile comme ça. Morlaix parce que H. y avait son boulot d'intermitent. Puis Nuggets City pour cause de Capes intempestif. Et puis maintenant dire que cette troisième destination en un an n'est pas imposée, ce serait un peu gros. Simplement nous n'avons qu'une zone. Un demi-département. A nous ensuite de nous y retrouver là-bas dedans. A nous de choisir un lieu qui nous déplairait moins qu'un autre (partant de Nuggets City, ce ne devrait pas être trop compliqué).

Trouver quelque chose selon nos propres critères, nos propres priorités. Prendre le risque de se tromper de cible et d'ensuite devoir en prendre la responsabilité (reconnaissons qu'il était pratique, cette année, de blâmer l'Education Nationale pour cette destination un peu trop sarthoise à mon goût). C'est peut-être ça qui m'a bloqué durant nos successives recherches d'appartement. Avoir la possibilité d'avoir tort. De viser mal. De se tromper d'objectif. D'être à côté. Je me pose donc légitimement la question. Peut-être aurions nous dû retourner sur place une deuxième fois, quitte à endurer le Formule 1 d'Y. à nouveau. Parce qu'une seule visite-éclair ce n'est pas suffisant. Et puis les autres questions qui découlent. A-t-on bien fait de choisir tel ou tel endroit. Tant ou tant de m². Telle fourchette de loyer. Évidemment je ne possède aucune de ces réponses. Je m'y confronterai au quotidien dans le courant des prochaines semaines, des prochains mois.

*


D'ici là : une belle zone de flou. Parce que le logement de fonction de Nuggets City, nous devions le quitter vendredi dernier au plus tard. Parce que l'emménagement futur n'aura probablement pas lieu avant début août, grand maximum. Parce qu'entre les deux nous voilà sans domicile fixe. A errer à droite à gauche. De la Bretagne (où j'écris ces lignes) à Sainté, on admet que l'errance est plutôt lâche. Les dates je ne les connais pas encore. Ça se fera au jour le jour. Une semaine de chaque visiblement, avec l'espoir de pouvoir « attraper » Virginie avant son départ Dieu-sait-quand en Irlande et féliciter Nico pour tous les trucs qu'il réussit en ce moment.

Pendant ce temps : la légère impression de patauger, les chevilles fondues dans le rien. Ce mois de juillet où officiellement nous n'habitons plus nulle part. Ce mois de juillet qui ne nous offre visiblement que peu voire pas de vacances. Et puis à peine de quoi se le dire et ça y est, voilà un an qu'H. et moi vivons ensemble et la vitesse et la banalité avec laquelle cette année a passé. Cette année qui dans ma tête sonne plus comme une année X-Files qu'une année Chapon hardi. Et dire que je n'ai ramené de rillettes à personne. Ni de poulets d'ailleurs. Et aucune photo du magasin de tondeuses. C'est peut-être à ce genre de trucs que l'on mesure les années ratées qui sait.

Scully, j'ai bien peur que nous soyons toujours sous l'emprise du champignon. Nous ne sommes pas sorti du Formule 1 d'Y., nous y sommes encore !

vendredi 6 juin 2008

Syndrome de Judy Garland

Pour rejoindre le jardin des Plantes, à quelques minutes à pied du collège, je dois emprunter quelques petites rues mancelles sans saveur et, sur Count Grassi's Passage Over Piedmont de The Divine Comedy
j'ai mis des dizaines d'écoutes à comprendre que cette chanson fonctionnait sur un schéma que j'aime beaucoup, à savoir que les paroles chantées par l'une des voix sont exactement les mêmes que celles d'abord dites par la première voix
première voix qui est en fait la même que la seconde, celle de Neil Hannon, le chanteur, en l'occurrence, les deux s'enchaînant voire se recouvrant perpétuellement
suivre les pas d'une silhouette au bout de la rue, silhouette de taille et de corpulence moyenne, qui marche d'un pas ni rapide ni lent, silhouette parfaitement banale donc. La silhouette porte des Converse marron aux pieds et un jean's Lee Cooper presque taille basse comme-on-fait-maintenant et un blouson bleu imitation jean's et par dessus un sac à dos Converse rouge. Ce sac à dos Converse rouge me rappelle celui de Nico qui, s'il n'est pas de marque Converse, est de couleur rouge, lui aussi et la forme est grosso modo la même. Et de suivre cette ombre jusqu'aux portes du jardin des Plantes, ça me ramène une ou deux années en arrière : arriver en avance pour les cours à la fac, apercevoir Nico au bout de la rue ou au bout d'un couloir, en réalité n'apercevoir que son sac rouge qui tranche au milieu du flou ambiant, me retenir de gueuler son nom pour qu'il se retourne de peur qu'il ne se retourne pas et donc de passer pour un con pour les deux trois clampins qui pourraient éventuellement se trouver autour, prendre mon portable, faire son numéro
en réalité se contenter de le chercher parmi mes contacts puis de cliquer sur son nom
, attendre que la tonalité bipe, puis entendre sa voix sur le répondeur et le voir devant moi continuer de marcher, raccrocher, ranger mon téléphone dans ma poche, accélérer le pas, le rattraper coûte que coûte, le tirer par la bride, le faire enlever ses écouteurs, à lui dire eh ça fait une heure que je t'appelle tu pourrais entendre ta sonnerie quand même.
En réalité cette réminiscence est des plus improbables sachant que cette scène s'est peut-être produite une fois tout au plus en deux ans de cohabitation à la fac. Il se trouve en fait que c'est moi qui n'entend pas mon portable quand il sonne et que c'est lui qui me tire par la bride et qui m'engueule et c'est moi qui répond ah ouais tiens j'avais pas vu que tu m'avais appelé. Oui sauf que moi j'ai un sac à bandoulière et qu'il est noir
Tout ça pour un sac rouge.

Une fois arrivé au jardin des Plantes : ah s'asseoir sur un banc cinq minutes avec les gosses de derrière qui braillent
MASOCHISME, subst. masc.
Attitude d'une personne qui recherche la souffrance, l'humiliation ou qui s'y complaît.
à aiguiser à la fois son rhume des foins et aussi son aversion viscérale pour les insectes qui tombent sans crier gare. Signe que l'on est vendredi, je me dis, parce que j'ai fini ma semaine depuis midi et demi et que je viens ici meubler mes heures, au jardin des Plantes, à l'ombre des platanes et des peupliers
pourquoi les deux premiers noms d'arbre qui me viennent en tête sont-ils perpétuellement ces deux-là ?
à pirater la connexion laxiste d'un mystérieux inconnu (que je remercie d'ailleurs), et je mange ma salade-sous-vide en continuant-terminant Désordre, un journal de Philippe de Jonckheere.
et quelque part ça se sent, je m'en rends bien compte, cette lecture, et le regain d'intérêt soudain pour mon propre Journal et je me dis qu'au fond j'ai toujours été une éponge à me laisser influencer par tous ceux que je lis en arrière plan et puis je me dis qu'au fond (le fond du fond cette fois) tout ce qui importe, c'est que ça m'aide à tenir le Journal à jour, justement, et en plus ça me permet de matriochker régulièrement, ce qui est toujours appréciable
J'y reste vraisemblablement jusqu'à quinze heures, heure à laquelle je commencer timidement à me diriger vers l'arrêt de tram le plus proche, et via le tram lui-même, gagner le terminus de cette ligne et retrouver Hugo qui, lui, devrait arriver en voiture depuis Nuggets City au-même moment.

Un peu plus loin sur ma gauche, une classe, visiblement une classe de primaire
quoiqu'en apercevant l'une des élèves dans le rang, je me mets à penser bien malgré moi d'ailleurs un bel et bah qu'est-ce qu'elle est grosse celle-là
le genre de différence de taille et de corpulence qui choque l'oeil parce qu'on le rattache automatiquement aux âges et aux silhouettes des autres individus qui l'entourent ; on appelle ça le syndrome de Judy Garland
jusqu'à ce que je comprenne qu'il s'agissait en réalité d'une accompagnatrice adulte, qui avait une silhouette tout à fait banale par ailleurs, et qu'elle n'avait rien d'une géante-boulotte au milieu de nains
qui s'affère sur les rives du petit étang
dans lequel soit dit en passant, et il s'agit là d'un rajout daté du 08 juin 2008 quinze heures, juste sous la ligne de la surface, flottent de nombreux poissons-zeppelins shootés à la vase et aux feuilles mortes
parce que maîtresse regarde maîtresse dis regarde y a des canards je te jure y en a y en a plein. Du coup ça se précipite et ça piaille et ça fait peur aux canards, qui devaient faire la sieste quelque part sur les bordures et les pelouses, parce que j'en vois deux (deux canards, pas deux gamins) qui s'extraient péniblement de la masse chahutante et qui, à la queue-leu-leu comme font les canards, traversent le petit chemin devant moi et me passe sous le nez en râlant d'un air de dire putain on peut pas pioncer tranquille ici et puis qui continuent pour gagner une autre pelouse, une autre bordure d'ombre, plus au calme. J'ai eu le temps de dégainer cela dit. J'ai pris la photo.

samedi 17 mai 2008

Reload

...première fois depuis qu'on est là qu'il fait un temps potable dans la Sarthe ; probablement que ça tombe à pic pour « Coup de tête » censé se dérouler en plein mois d'août été-caniculaire ; chaleur-lourde qui s'est un peu calmée depuis ces derniers jours ; amusantes coïncidences dans mes lectures (journal des coïncidences) : je remarque que la trame principale de The Sorrows of an American (dernier Siri Hustvedt que je suis en train de lire) est assez similaire à celle de Balayer fermer partir, mon livre précédent ; dans le Hustvedt, il arrive parfois que le narrateur, un psy, s'amuse à retranscrire certains de ces rêves ; que penser du mien, le dernier, celui où je mélange Blacksad et X-Files pour construire une situation-polar tout à fait pertinente ; celui où je marche ensuite dans la rue en quête de munitions « au cas où j'en ai besoin pour la suite » ; je suis aussi poursuivis par les flics ; obsession de l'anticipation-permanente bien réelle ; Girl, you thougt he was a man but he only was a muffin, dit Frank Zappa dans mes enceintes (Muffin man) ; notre grande télé en rade, voilà qu'on s'écrase les yeux sur le petit écran à présent (à nouveau) ; hier Nico m'envoie un mail pour me demander de lui envoyer le contenu d'un oral sur Proust qu'on a fait l'année dernière ; le rythme binaire du début (anaphore en « comme je + négation ») traduit son enthousiasme ; ce billet-brève est foutraque ; replongé dans une quatrième version de « Coup de tête » finalement ; à mon rythme cette fois ; sans programme, sans quota ; sans foncer ; même si j'ai le nez dessus en ce moment, il me semble que c'est sur la bonne voie ; parano à présent sur la bonne santé de mon ordinateur, je me mets à faire des sauvegardes quotidiennes de mon dossier « Textes » histoire de parer à toute mauvaise surprise...

jeudi 24 avril 2008

Entre les rames

...l'impression de passer mon temps dans des trains ; arrivé la semaine dernière, je repars tout à l'heure ; un nouveau train, un nouveau numéro, de nouvelles matriochkas-mentales probablement ; vu plein de monde ces derniers jours (même si : plusieurs fois les mêmes personnes), ça tranche des longues semaines poulèsiennes où il ne se passe rien et où je ne croise personne ; hier, aprem sympa avec Patrick et Nico et Isa et puis le soir avec Isa et Elsa et Laurianne, sympa comme tout, avec des crêpes et puis la Nouvelle Star aussi (oh Jules eh oh, c'était quoi ce truc affreux ?) ; le hype du hype quoi ; et puis refaire tout mon sac ça me saoule alors, d'autant plus que j'ai l'impression de revenir avec trois fois plus de trucs que ce que j'avais quand je suis arrivé ; et tous les bouquins que j'embarque, où est-ce que je vais les caser ? ; pleins d'idées dans la tête sinon mais il faut aussi savoir les mettre de côté parce que je manque de rigueur putain c'est vrai quoi alors les autres trucs parallèles (ou pas parallèles d'ailleurs) ça devra attendre ; j'ai abandonné la lecture de Mao II, sinon ; pas accroché ; les autres trucs, je disais, ça devra attendre, parce que maintenant c'est simple : je te finis « Coup de tête » et je fais rien d'autre tant que c'est pas terminé-terminé parce que ça commence à bien faire ; avant-hier j'ai reçu une proposition de proposition pour bosser dans un tabac/presse mais ça me semble un peu juste niveau durée (n'étant plus dispo après le mois de juin) alors je préfère attendre que le rectorat me recontacte pour d'autres trépidantes aventures-de-prof ; plus intéressant ; mieux payé ; là c'est les vacances alors dans les semaines qui viennent peut-être ; niveau musique je jongle avec les Stones et Zappa sur Deezer mais je n'ai rien de tout ça dans mon MP3 alors dans le train ce sera niet (ou plutôt : ce sera autre chose) ; aikangètnau, etc...

Ajout du lendemain pour la veille

...sur le quai de la gare à attendre le TER pour Lyon à présent ; il est quelque chose comme cinq heures et quelques, mon TER à cinq heures dix-huit ; débarque une fille qui se plante devant moi ; elle porte des espèces de chaussures noires qui brillent et une mini-mini-jupe rose avec un blouson par dessus qui a de la fourrure tout autour du col ; elle me demande si c'est bien ce train là pour Lyon-Part-Dieu en me désignant la voie vide devant nous ; je lui réponds ouais, même si je bloque quelques secondes devant ce train imaginaire ; comme elle a l'air inquiète, je lui apprends qu'il est possible qu'ils remplacent certains trains par des cars, ce que je viens de lire quelques minutes plus tôt sur l'écran d'informations dans le hall ; elle me dit merde, putain, non mais c'est pas vrai, qu'ils la prennent vraiment trop pour une conne que elle elle va à Rive de Gier et que faut pas la faire chier parce que non mais en plus elle, elle est trop gentille alors tu penses ; moi, je ne pense rien ; elle me dit aussi non mais je suis trop conne tout en fouillant dans son sac pour attraper je sais pas quoi ; et moi je m'arrange pour détourner les yeux parce que du coup je ne sais pas si je suis censé répondre quelque chose et que si je réponds quelque chose, je me vois mal dire « oui ma pauvre fille, t'es trop conne » ; arrivé dans le train, je me retrouve juste derrière elle ; elle me demande si on arrive bien à Rive de Gier à cinq heures trente-sept ; je lui réponds que j'en sais rien, je descends pas à Rive de Gier ; elle me dit vous descendez où ? ; je lui réponds Lyon mais je pourrais tout aussi bien lui répondre oh on a le même âge alors ton vouvoiement tu sais ce que j'en fais ? ; ensuite elle passe la majeure partie du trajet à parler à sa mère au téléphone (ou bien toute seule encore) et de l'autre côté de son siège, je me dis que je sais maintenant à qui elle me fait penser ; elle me rappelle une fille que j'ai connu au lycée, elle s'appelait Amélie, et je pouvais pas la piffer...

samedi 15 mars 2008

Il y a deux ans « le blocage »

Voilà que je repense au « blocage ». Deux ans plus tard, certaines images me reviennent en mémoire. Certaines images dont je n'ai encore pas parlé. Elles sont fragmentées, isolées de tout contexte. Elles sont là, c'est tout. Nous sommes le mardi 8 avril 2008 et j'antidate ce billet au 15 mars pour mieux coïncider avec le début du blocage à l'université Jean Monnet de Saint-Etienne en 2006 :
- parce que je n'aime pas beaucoup publier plus d'un billet par jour
- parce que le planning de la semaine est rempli pour ce qui concerne les billets à mettre en ligne
- parce que je détourne ces informations de la première page, par lâcheté
- parce que je sais que certaines personnes directement concernées peuvent lire par dessus mon épaule.
Je décide de classer les faits de façon totalement arbitraire, par ordre de ce qui me revient d'abord en tête et, ensuite, par association, le reste. J'emprunte à François Bon sa mise en page cut-up. J'écoute Sgt Pepper's Lonely Hearts Club Band des Beatles sur Deezer.

0

Contrairement à ce que je laisse entendre lors du billet des un an, le blocage ne commence pas le 8 mars mais le 15. Je corrige cette anomalie d'anniversaire avec ce deuxième billet.

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Je repense effectivement à Nine Inch Nails quand je repense au blocage. Je repense d'abord à Only, chanson de mon album préféré With Teeth et à son refrain : « there is no you there is only me » que je placarde de façon totalement adolescente en sous-titre de mon pseudo MSN. Je parle à Virgil, souvent. Ce sous-titre est tacitement destiné à Fanny avec qui je suis en froid, c'est une revendication de mes convictions du moment. Je me fous totalement du CPE parce qu'il n'a strictement rien à voir avec moi.

2

Nous sommes en cours d'Histoire Littéraire avec M. V. Nous sommes le mercredi 15 mars, lorsque, débarquée de la dernière AG, la moitié de la promo se rassemble pour nous annoncer le blocage. M. V. décide d'amputer son cours ; que l'on se serve de cette heure et demie pour discuter des tenants et aboutissants de la chose. On nous explique le pourquoi du comment et surtout le pourquoi il faut les rejoindre et bloquer avec eux. Bien malgré moi, je fais partie de la partie sceptique de la promo, en compagnie de personnes qu'habituellement je ne fréquente pas. Elise, Nico et surtout Fanny sont de l'autre côté. Je les ai croisés dans le couloir avant de venir, ils m'ont mis au parfum et ça ne me plaît pas. J'ai du mal à le cacher, d'ailleurs je me demande si j'en ai simplement envie.

3

Ce qui m'ennuie de prime abord, c'est cette intrusion soudaine dans mon quotidien et l'incertitude des jours à venir. Ça m'énerve de ne pas pouvoir prévoir à l'avance le déroulement des jours. Ne pas aller en cours, évidemment, c'est bien le cadet de mes soucis.

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Je ne peux rien dire : je ne suis pas allé à l'AG. Si je voulais faire entendre ma voix, c'était là-bas qu'il fallait que je m'exprime. On me le fait remarquer, comme à quiconque qui aurait la curieuse envie de la ramener alors qu'ils n'ont pas fait l'effort de se déplacer jusque là-bas. Je reconnais l'argument mais me force intérieurement à le dédaigner, c'est ma mauvaise fois qui agit. Originellement, je devais aller à l'AG. Je change d'avis plusieurs fois. Je change d'avis une dernière fois lorsque Elise me reproche mon lunatisme sur la question – il est vrai que je lui ai déjà fait faux bon pour l'accompagner lors d'une précédente manif, quelques semaines plus tôt. Je prends donc la tangente et rejoint Malika à la BU pendant cette heure de trou.

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De retour en salle SR9 pour le cours d'Histoire Littéraire qui en réalité n'a pas lieu. Durant toute l'heure que dure ce petit débat improvisé, je scrute Fanny et les autres – mais surtout Fanny, parce que je peux lui en vouloir plus facilement, parce qu'entre nous c'est relativement habituel – de mon regard le plus noir. Parce que je leur en veux de me faire tenir de l'autre côté de la barrière. Parce que je leur en veux de ne pas partager mon point de vue. Surtout : je leur en veux de venir mettre les pieds dans mon quotidien le plus élémentaire.

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Je quitte la fac en trombe sans une parole pour les autres. J'appelle la seule personne de mon entourage à ne pas faire partie de la chose : Malika. On se plaint mutuellement dans le dos des autres parce que ça nous défoule l'un et l'autre.

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Le soir même, il me semble que j'appelle Elise, qu'on s'engueule, c'est peut-être la première fois mais peut-être que je confonds avec un autre coup de fil pour d'autres occasions. Je crois me souvenir qu'elle me reproche une conversation qui a eu lieu plusieurs semaines plus tôt à la Mie de pain ou dans l'un des nombreux kebabs autour de la fac (de mémoire : on ne fréquente que les gens qu'on est matériellement forcé de fréquenter, je ne crois pas aux amitiés longue-distance, elles finissent toujours par se déliter ; dans un an et demi je pars vivre ailleurs). La conversation se termine sans que notre différent soit tranché, réglé. Je déteste ça.

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Le soir même et les suivants, je m'engueule avec Fanny sur MSN.

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Je sais pertinemment ce qui me fait peur : que cette scission entre nous se creuse.

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Je ne participe pas au blocage le lendemain. Je me rends tout de même à l'AG suivante, le jeudi ou le vendredi qui suit. Les autres sont rassemblés autour d'un banc, juste devant l'entrée. Le portail est fermé, barricadé. On m'invite à passer par dessus la grille pour les rejoindre. Ce que je fais. Pendant que j'enjambe le truc, mon genou se bloque pendant un moment pendant que ma jambe continue de tourner. Je boite pendant le restant de la journée. Je ne sais plus si je dramatise la chose ou si, au contraire, j'essaie de le masquer. Je découvre avec amertume la présence de Malika qui construit des pancartes et des slogans comme si de rien n'était, comme si notre conversation de la veille ou de l'avant veille n'avait pas eu lieu. C'est cette facilité de travestir ses convictions pour un rien qui m'agace. Cette facilité que, par fierté ou par orgueil, moi, je suis sûr de ne pas posséder.

10bis

Beaucoup m'ont tenu un certain discours avant le blocage et un autre complètement différent pendant. Beaucoup on fait partie du truc histoire de faire partie du truc.

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C'est peut-être à cette occasion que je rencontre Isa. Je me demande qui elle est, ignorant tout à fait qu'elle fait partie de notre promo depuis quelques mois au moins.

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C'est à cette occasion que je fais connaissance avec Virginie et Patrick.

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L'AG qui suit se déroule derrière la fac, à côté de la BU. Le nombre de personnes présentes est impressionnant. Il y a des caméras de France 3. Je décide de voter blanc, me foutant résolument du pour ou du contre. Il n'est pas évident de sentir cette masse de bloqueurs et d'anti bloqueurs hostile à son choix de « conscience ». Je me souviens avoir été mis à l'écart pour mieux décompter les votants, avec les autres « blanc », tout au fond ; une belle brochettes de gusses qui se demandaient résolument ce qu'ils venaient foutre là.

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Je fais en sorte de ne pas trop me faire marginaliser. Je compense comme je peux cette rupture d'opinion entre nous (ou, en l'occurrence, de non-opinion). Je tape le contenu d'un tract rédigé à l'avance dans un cybercafé. Je balaye deux ou trois idées quand j'en ai l'occasion. Je participe à une seule manif pour qu'on ne puisse pas, plus tard, me reprocher mon absence. Je déteste ça.

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Je déteste la formation progressive de ce groupe auquel je ne fais pas partie. Après coup, je déteste quand d'autres font références « au blocage » comme à une époque lointaine et idyllique, la nostalgie à fond la caisse.

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Je décide à l'avance de passer de temps en temps à la fac. Je ne participe pas au mouvement. Je me pointe aux AG, prétexte pour rejoindre les autres. Tous les deux ou trois jours en règle générale. Je m'interdis d'y retourner deux jours de suite. Mon esprit est généralement occupé par « Coup de tête », il y a désormais du REZ dans les oreillettes de mon MP3.

16bis

Je me rappelle la première fois que je m'apprête à passer par l'entrée latérale, côté Voltaire. Je me demande à moitié sérieux entre moi-même si on me laissera passer vu comment je suis fringué. A l'entrée, je retrouve François occupé à filtrer le flux d'entrants-sortants.

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Un jour où Fanny ne peut pas venir à une AG pronostiquée serrée parce qu'elle doit aider au blocage de Simone Weil, je lui propose de voter à sa place. C'est la seule fois où je vote « pour ». Ma conscience s'en accommode facilement : j'ai besoin de plus de temps vierge pour poursuivre « Coup de tête » qui s'enlise.

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Retour en arrière, au début du blocage. Notre prof de Dissertation propose à « ceux qui le souhaitent » de rendre une dissertation prévue depuis longtemps. Un délégué doit les ramasser sur les ruines cartonnées et barricadées de la fac. Je m'y pointe pour rendre la mienne, terminée pendant les vacances précédentes et donc avant le début du blocage – et, par ailleurs, totalement bâclée, ce qui amènera une bâche de plus dans cette matière. La pénible impression d'être pris pour un de ceux qui souhaiterait reprendre les cours au plus vite.

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Lorsque la fin du blocage est votée, c'est un état de déprime qui gagne tout le monde. Le CPE est déjà abrogé. Il n'y a plus rien à poursuivre, sinon peut-être toutes les luttes valables qui ont fait se fédérer autant de monde autour d'un seul prétexte. Le prétexte est sacrifié, de même que le premier ministre de l'époque, décapité. Comme je le pressentais, « nous » contribuons à dégager une voix royale pour Sarkozy 1er.

19bis

Lorsque la fin du blocage est votée, Hugo me téléphone, je lui annonce la chose, il me dit « c'est super », ou quelque chose comme ça, probablement parce qu'il essaie de dire ce qu'il croit que je suis en train de penser moi-même. J'essaie de m'éloigner un peu des autres, je n'ai pas réellement envie que cette bribe de conversation filtre ailleurs. Je lui réponds peut-être « oui, oui ». En réalité je suis amère. « Coup de tête » n'est pas terminé. J'ai besoin de plus de temps que ça. Les premiers partiels commencent déjà à poindre. Je n'arriverais plus à continuer d'écrire les jours suivants.

dimanche 23 décembre 2007

Fac côté tram / Devant Méliès

Passé un mois de décembre plutôt absent niveau relation au monde extérieur, la faute à « Coup de tête » qui m'occupait un peu trop la tête, justement. Alors un coup de fil par ci, quelques mails par là, sûr que c'est pas l'idéal, surtout quand on avait l'habitude de côtoyer certaines personnes tous les jours pendant plusieurs années. Et comme je sais que je coupe très facilement (et sèchement) les ponts avec les autres, et comme je sais que j'ai pas envie que ça arrive avec ces personnes là, ça fait du bien de pouvoir les revoir de temps à autre. Genre (prononcez « jare ») quand je retourne sur Sainté, par exemple.



Alors j'ai vu Virginie, vendredi, parce que j'arrivais l'avant-veille seulement et qu'elle partait le lendemain alors du coup : pas évident de se croiser. Le temps de se voir au Voltaire, notre bar à glande près de la fac, et de passer quelques heures à discuter de tout et de rien, et des clips à la con en fond sonore et visuel et parler de nous et des autres, ce genre de choses. De Nuggets City, de mes écrits, de son mémoire. De films, de bouquins. De mon projet 17h34 qu'elle a dû subir elle-même comme sujet photographié parce qu'il était 17h34 quand on s'est posé.
Et puis Virginie, c'est bizarre, parce que j'ai l'impression qu'on s'est « rapproché » à partir du moment où moi je suis parti de Sainté, en juin dernier. L'impression que c'est une personne à laquelle je tiens et avec qui j'apprécie beaucoup discuter, que ce soit par mail ou devant un verre de Coca Light au Voltaire. De littérature ou d'autre chose. L'impression d'avoir loupé un truc, du coup, de pas avoir su se rapprocher d'elle au(x) moment(s) où je la croisais pourtant régulièrement dans les couloirs de la fac.

Le lendemain, samedi, j'ai retrouvé Nico, en ville, devant le Méliès, pour finalement passer notre aprem là-bas : plus pratique. Le temps de boire un verre au Méliès Café, puis d'aller voir Là nuit nous appartient dans la foulée (pas de chronique pour ce film pourtant sympathique, pour la simple et bonne raison que Léo a déjà écrit une critique qui exprime très bien ce que j'en pense sur Culturopoing), puis retourner au Méliès Café pour manger un morceau, le soir venu.
Nico, c'est un peu l'un de ceux sur lesquels je sais que je peux me reposer si jamais y a besoin. Nico, ça sera le premier que j'appellerais au cas où, et rien à voir (ou si peu) avec le fait que ce soit un numéro gratuit et illimité. Idem pour Elise, d'ailleurs (sauf qu'elle, elle est payante). Sorte de triangle Elise-Nico-Moi sur lequel on pouvait tous mutuellement s'appuyer à l'époque. Triangle éclaté, à présent, puisque que moi à Nuggets City, lui à Sainté et elle à Grenoble, mais triangle quand même. On devrait se retrouver tous les trois cette semaine si tout va bien.
Bref, Nico, disais-je : de quoi discutailler sur son master, sur son Capès qu'il prépare en parallèle (ou bien serait-ce l'inverse ?), sur d'autres que je n'ai pas pu ou ne pourrais pas voir ces jours-ci, sur mes écrits, etc. Du coup : parfois l'impression de répéter des phrases que je disais déjà mot pour mot à Virginie la veille mais quelle importance.

D'ici le 31, date de mon départ : voir Elise et Nico et Laurianne aussi et d'autres peut-être si c'est possible, si on arrive à se croiser.
Dans la semaine : l'habituel marathon familial de ces périodes festives, qui s'annonce cette année anémique. A vérifier.

Bizarre, sinon, de parler à voix haute de personnes dont on sait qu'ils liront ces lignes d'ici quelques heures ou quelques jours ; voilà ce qui arrive quand on n'est pas un habitué du blog introspectif.

vendredi 21 décembre 2007

Me souviens que

On était passé ensemble sur un oral avec Nelly en première année, je m'en rappelle très bien, c'était en bible (oui, on avait des cours de bible en première année) et c'était un extrait de la Salomée d'Oscar Wilde et je m'en rappelle parce qu'on avait défendu une interprétation féministe du texte et on avait eu 13 ou 14 peut-être. On avait d'abord bousculé quelques idées comme ça, pour commencer, assis sur les escaliers, vers le bâtiment du CIT. Une fois on avait fait sauter un des cours de bible pour bosser sur ce truc et à la place on était allé bouffer ou boire un verre à Centre Deux. A cette époque, première année, second semestre, la bible, c'était notre dernier cours de la semaine et on l'avait le mercredi de midi à une heure et demi. Le cours de bible, c'était ce moment où la prof nous disait que dans l'iconographie du moyen-âge, Judas était représenté en roux parce que ça symbolisait le diable ou quelque chose comme ça et la drôle de sensation que ça fait quand les deux tiers de la classe se retournent en même temps dans ma direction avec la prof qui me regarde en me disant « désolé ». Après coup, Nico m'a dit que c'était ce jour là qu'il avait réalisé que j'existais (corrige moi si je me trompe).

Nelly, je l'ai croisée hier en allant faire mes courses de Noël, c'est pour ça. Juste trois minutes entre la fac et le centre ville, et probablement que j'aurais changé de trottoir et fait semblant de l'éviter si j'avais eu mes lunettes ce jour là mais voilà, je les avais pas, je l'ai reconnue qu'à la dernière minute. On peut dire qu'elle est sympa pourtant Nelly, c'est pas le problème, juste que j'aime pas croiser d'anciennes connaissances à qui j'ai rien à dire, c'est agaçant.

En première année, je connaissais pas encore assez Nico et Elise, on faisait que se croiser (et encore), et Fanny et Malika étaient dans l'autre groupe, difficile d'avoir des horaires qui concordent. Du coup, je passais le plus clair de mon temps avec Nelly et avec une des nombreuses Caroline que j'ai connu dans ma vie. Avec Nelly et Caroline, on est passé ensemble pour un autre oral, en Dissert, deuxième année, me souviens plus du sujet sinon que c'était une citation de Barbey d'Aurevilly. On s'est planté : quatre ou six, je sais plus combien on a eu. Hors sujet complet. Me souviens que ça m'avait gonflé grave, après coup, et que j'avais passé tout mon cours de stylistique à dessiner sous le nez de ce brave S.C. et je crois même que j'avais gonflé pas mal de monde autour de moi aussi ce jour là.

Retour en première année : les absences et claquements de doigts intempestifs de M. Mc Machin le mercredi matin et la nullité abyssale de son cours. Mon commentaire-super-génial parfait sur Jünger que m'a piqué Elise sous le nez et le truc minable que j'avais fait après sur Buzzatti. Je crois que j'ai encore le petit mot de remerciement qu'elle m'avait adressé à la fin de ce cours. Me souviens m'être dit qu'à défaut de cartonner avec mon commentaire-super-génial, je garderai une preuve de ma propre générosité histoire de, question d'égo.

En première année toujours : me souviens d'une après-midi passée avec Fanny et Fred et on était allé à Simone Weil ensemble, je sais plus trop pourquoi, et c'est peut-être le plus de temps que j'ai passé avec Fred de toute ma vie et on s'est peut-être échangé cinq mots maximum. Première année : C. pas encore revenu de Lyon et pas encore en fac d'anglais où je l'ai recroisé par hasard l'année dernière et l'arrière goût que ça faisait ce jour là, trois ans après, un mardi après le cours de 16e. Première année et l'insupportable impression de pas savoir ce que je foutais là, à l'époque. Et dur dur dur de se dire qu'il faudrait encore subir deux ans de plus.

Je ne sais plus quand exactement, l'année dernière : je croise Nelly en sortant de la fac, prêt à rentrer chez moi avec la migraine, des mois qu'on s'est pas parlé, je lui apprends qu'elle n'a pas cours parce que sa prof est pas là. Merde, elle me dit, ça veut dire que j'ai je sais plus combien d'heures de trou, qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire en attendant... Tiens, ça te dirait d'aller boire un verre ? Aucune idée de ce que je lui ai prétexté pour dire non. Peut-être bien la migraine, du coup.

mercredi 31 octobre 2007

Histoire de

Arrivé la semaine dernière, je repars demain : on reste une petite dizaine de jours, donc, et durant cette petite dizaine-de-jours-donc, le temps d'aller à droite, à gauche, de voir ceux qu'on n'a plus vu depuis quelques mois, ceux qu'on a régulièrement au téléphone, ceux avec qui on échange des mails, certes, mais ce n'est pas pareil. On s'est déjà vu vendredi soir au Méphisto, bar collé à l'église Saint-Roch (véridique), et puis hier soir, chez Isa, et tant pis si je me suis à moitié paumé pour retrouver le chemin de chez elle (véridique, bis).

Étrangement je n'ai aucune photo de groupe : sur toutes les photos que j'ai prises hier, je me suis toujours inconsciemment arrangé pour cadrer Isa et Virginie. Et pas les autres. Hasard des photos prises au portables et peu importe d'ailleurs, vu la qualité des dites photos. Et grosso modo, ne rien faire d'autre que passer un bon moment ensemble et ne pas chanter Michel Berger (zut zut zut ; enfin, sauf quand Emilie chante toute seule) et subir apprécier les blocages syntaxiques de certains dont je ne dévoilerai pudiquement ni la nature (des blocages) ni l'identité (de certains).
Content de revoir tout le monde, disais-je, Elise et Patrick en particulier, sans doute, puisque ces deux là n'étaient pas là vendredi. Content de revoir tout le monde et, plutôt que de rattraper le temps perdu, le poursuivre ensemble, et tant pis si cette impression d'avoir sauté du train en marche est quand même là. Tant pis si ici, la vie continue sans moi. C'est le jeu. Il suffit juste de ne pas rester sur le quai de la gare quand on revient, par la suite.
Et discuter tous ensemble tous compressés sur le canapé pendant que d'autres jouent du piano à côté sans donner l'impression de prêter attention à la conversation mais en fait si. Et voilà qu'on parle de baignoire et de table en allu et qu'on loue la carrière néo-universitaire de Virginie, qui a, de toute évidence, attrapé le bon wagon. Et des minutes passées à subir apprécier cette même Virginie, la plus sophistiquée d'entre nous bien entendu (rapport à d'autres comptes rendus similaires peu flatteurs à l'époque : je suis tenu de me rattraper), qui s'efforce de nous jouer le thème de Titanic au piano. On met du temps à le reconnaître, mine de rien, mais que c'est hype.



Et puis tout le reste, tout ce que je ne dis pas parce que peut-être je ne m'en suis pas rendu compte mais c'est bien là, quelque part, je sais. On part à je ne sais plus quelle heure et pourtant je rentre un peu plus tard encore parce que : du temps à rester juste lui et moi dans la voiture à Nico, histoire de. Et je ne sais pas pourquoi en fait : juste que l'agencement des conversations à fait que, on en est arrivé là. Phrase incompréhensible et tendancieuse à souhait, du coup, mais peu importe.

Et repartir demain, mettre de côté ces parenthèses de vraie vie normale pour reprendre mes activités monacales à Nuggets City, 72540 (avec parenthèse parisienne, c'est vrai, dès bientôt). Pour revenir quand, au juste, je n'en sais rien : « suivre les rails », il dit, mon narrateur dans « Coup de tête », alors on suivra, et on verra où ça nous conduira, et pour combien de temps, aussi.

vendredi 29 juin 2007

Tournée d'adieu







jeudi 7 juin 2007

Dix heures dix

Les résultats de nos partiels avaient lieu mardi (avant-hier, donc), ce qui m'a permis de rendre à ma fac ma dernière visite en tant qu'étudiant « actif » (façon de parler). La page licence s'apprête donc à se tourner définitivement, le tout avec une moyenne qui ne coïncide pas avec mon je-m'en-foutisme de ce dernier semestre. Après tout, pourquoi pas. J'ai donc mon année avec une jolie mention « passable », as usual, et, chose rare pour enfin pouvoir être remarquée, personne dans notre petit groupe ne passe au rattrapage, ce qui a permis une satisfaction générale et enthousiaste très appréciable. La consultation des copies qui a suivi a confirmé ce que nous savions déjà : cette troisième année de signifie rien et n'a aucune valeur, on nous l'a donnée, grosso modo (je prendrais pour exemple une dissert de seizième bâclée en moins de trois heures, hors sujets sur les trois quarts du déroulement et pas relue qui m'a valu un quatorze incompréhensible...). Mais après tout on s'en fout. J'ai déjà l'impression, de toute façon, que cette année-là est terminée depuis longtemps...

Nous avions prévu de célébrer la fin de l'année, les résultats et, au passage, trois anniversaires cumulés, le soir même, ce que nous avons fait. Drôle d'ambiance alors que Laurianne, malade, me conduit jusqu'à St Paul-en-Jarez avec Justin Timberlake et Mika à fond dans la bagnole (je n'étais donc évidemment pas responsable du choix de la playlist) alors que, pendant ce temps, se prépare de gros orages assez violents dont on a parlé hier aux infos.
Finalement, on est une dizaine ou un peu plus à se rassembler dans la graaaande maison d'Elise. Et la soirée suit son cours naturellement, avec toutes celles et ceux qui m'ont accompagnés durant cette année finalement plus brève que je l'aurais cru. Trois anniversaires fêtés en même temps (plus pratique : on groupe) pour trois copines pour qui on a passé la journée d'hier à faire les magasins. Étrangement on ne s'est pas trop planté dans le choix des cadeaux (en tout cas, personne ne s'est plaint) puisque Virginie, Isa et Elise avaient l'air plutôt satisfaites.

Pendant que les éclairs pleuvaient à droite à gauche, nous, n'y faisant pas trop gaffe, on a continué nos conneries : les dilemmes à la con de Patrick et de Virginie (« vous préférez vivre heureux ou être heureux de vivre ? », « vous préférez avoir des poils partout sur la tête ou puer de la gueule à vie ? »), les chansons à la con de Patrick et de Virginie, et pendant ce temps, un oeil sur l'horloge blanche d'Elise, immobile, les aiguilles à jamais coincées sur dix heures dix. Plus de piles. Six mois que c'est comme ça, parait-il, et probablement que c'est encore et toujours dix heures dix là-bas. Et les portables qui passent pas ou mal, aussi, ou alors le paquet de bonbons qu'on a apporté avec Laurianne mais qu'on a entamé avant de venir parce qu'on avait la dalle et que c'était nous qui portions tous les cadeaux alors merde ou alors les paquets de chips qu'on a pris en trop parce qu'on a pensé trop large, et qui, du coup, ont fait que je suis repartis avec un paquet de Monster Munch (petits monstres salés au bon goût de pomme de terre) sous le bras.

Bref, ce qu'on peut appeler une bonne soirée, et potentiellement l'une des dernières de « l'ère licence » (si si, ça existe), d'autant plus que, même si je ne connais pas encore exactement la date de mon départ, je sais qu'elle ne fait que se rapprocher, que ce sera à dix heures dix et que je n'ai encore rien préparer pour ce dit départ...

La troisième année s'est donc achevée hier, et je suis bien emmerdé, parce que je ne sais plus quoi écrire dans le commentaire de ma photo, sur la guirlande de gauche, juste en dessous du header de ce blog... On verra bien.

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