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Tag - Patrick Wolf

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samedi 6 juin 2009

Often out

Combien de vols AF447 disparus dans ce maelström là et combien en sont revenus ?


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vendredi 27 février 2009

Lycanthropes

Ils ont dégagé la place Carrée des Halles avec l'aide des macro-trafiquants. Ils ont passé un accord avec eux : des bras contre le volume des gravats dégagés. La main d'œuvre contre la pierre. Ils ont scellé le deal ensemble sans un mot prononcé : ils avaient des écharpes sur la bouche, ils ont gratté le sol et dessiné des plans dans le sable et la terre. Ils ont craché au sol, ne se sont pas touchés.
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L'extraction des Halles a pris des jours. Ils ont attaqué le roc à coup de pioche quand ils en avaient. Certains à mains nues uniquement. Ils ont tiré des cordes et des chaines, ils ont poussé des cadis remplis de rien. L'expertise des macro-trafiquants leur ont apporté la technicité, la tectonique des volumes lourds. Ils se sont installés porte du Pont Neuf avec leurs carcasses fumantes, la tôle était froissée, les moteurs démarraient mal. Ils ont rempli les réservoirs d'huile de colza qu'ils stockaient dans des bidons pour les grosses extractions. Les chaines accrochées aux pare-chocs et les pneus crissés sous la poussière. Ils ont démarré fort, trainé des blocs d'argile et de pierre depuis l'intérieur de la place. Les déchets agglutinés par la montée des eaux se sont désolidarisés des parois, parfois les poutres porteuses ont cédé. Des corps se sont trouvés enfermés sous les décombres, certains sont morts étouffés, d'autres atteints par le mal rampant qui traversait les organismes, d'une haleine soufflée à une autre. Certains, des heures durant, ont sentis leurs articulations fondre et leurs membres se défaire. Ils n'ont pas crié. Ceux-là sont morts en silence. Les autres, ceux qui ont risqué un éclat de voix dans le noir du dessous, ont expiré plus vite. .
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Dans les décombres extraits, les macro-trafiquants ont gardé la pierre, les colonnes encore en bloc, les marches d'escaliers fendillées, les sculptures et le réservoir sec des fontaines. Ils ont laissé le reste : le mécanisme des escalators, les écrans crevés, les parois en placo des anciennes vitrines et les carrelages fendus en diagonale. Ils ont plaqué leur butin dans les bennes des quelques camions qu'ils avaient. Le plus lourd, large, ils l'ont trainé sur les tôles dépareillées d'une remorque aiguisée aux étincelles. Après leur départ, ne restait plus que l'air noir des grands espaces souterrains, les ordures amoncelées, les quelques cadavres encore enfouis, la carcasse du rebut en trop dont personne ne veut jamais..
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Après le départ des macro-trafiquants, les lycanthropes ont pris possession des lieux, et la place Carré des Halles, deux heures par jour, est devenue centre névralgiques des échanges. L'installation électrique éventrée, la lumière n'était plus permise. Ils ont récupéré des miroirs, des plaques en biais et des virgules tranchantes pour rediriger la lumière du jour vers le sol. Ils ont ouvert des puits de lumière, ils ont foré la terre et le ciment où ils pouvaient. Ils ont dégagé du chaos ambiant-souterrain deux heures de lumière vivable. Le reste du jour, la place Carrée demeure dans l'ombre humide de l'après chaos. Ces deux heures de midi permettent au noir de virer gris, on plisse les yeux pour avancer, ou se rapproche des puits béants et minuscules. .
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Ils ont attiré la foule avec des pancartes jaunies par la poussière et la crasse. Ils ont fait circuler des journaux déchirés badigeonnés de l'endroit, l'heure, l'adresse. Ils ont disposés comptoir, planches et tréteaux autour des puits, ont attendus les premiers corps. Aucun corps ne s'est plongé dans l'ombre du dessous, d'abord. D'abord, personne n'est venu. Puis les journaux se sont éparpillés, sont passés de main en main. La nécessité fit que. Il fallait bien s'extraire du vide matériel dans lequel on se trouvait. Il fallait bien s'étendre, échanger. Les premiers regards nus se sont aventurés, ils trainaient derrière eux des charrettes qui glissaient des escaliers, de la terre ou des tronçons de mur. Parfois des objets précieux, des babioles. Au comptoir, ils les attendaient. Ils écrivaient chacun sur des chiffons boueux, des plaques démembrées. Les premiers riches faisaient glisser l'écran texto de leurs téléphones. Au comptoir, ils répondaient, ils échangeaient selon les cours en vigueur, ils montaient un doigt pour oui, deux doigts pour la négociation, le poing fermé pour non. Parfois, entre eux, ils s'adressaient des mains tendues à plat qui coupaient l'air noir mais personne, autre qu'eux-mêmes, autour, ne comprenaient le signal. Passées les deux heures de lumière grise, ils ferment la place, les ombres refoulées remontent et le centre se terre..
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vendredi 4 août 2006

Run the risk...

Je ne sais pas pourquoi, si c’est une coïncidence, ou juste un acte inconscient, mais à chaque fois que j’ai envie de partir, que j’ai envie d’être quelqu’un d’autre, je me retrouve à écouter la chanson « The libertine » de Patrick Wolf. Le refrain, si refrain il y a, est le suivant :

But I still have to go
I've got to go, so here i go
I'm going to run the risk of being free

Mais comment fait-on pour « courir le risque », au juste ?

Pour le moment, j’ai la très désagréable impression de faire surplace. Quatre mois de vacances, c’est long. Le problème, c’est que maintenant qu’on ne tourne pas le film qu’on a écrit l’année dernière, le mois d’août est vide. Normalement, ça devrait me laisser le temps d’écrire, mais je n’écris que quelques bouts épisodes de Mécanismes, sans réelle motivation (aujourd’hui en tous cas). Et si je m’y mettais sérieusement, pour une fois ? Même si ça voudrait dire mettre de côté cette « série » bizarre.

J’ai des dizaines d’idées en tête que je ne concrétise pas. J’ai un roman à finaliser que je ne finalise pas. Alors qu’est-ce que je fais ? Comment je le prends, mon risque, et quel risque, au fait ?

Oh et, au passage, c’est le mois d’octobre aujourd’hui. Il fait moche et gris et froid. J'ai classé ce billet dans une catégorie au piffe.

mardi 2 mai 2006

Les dix plaies du jour

(Note : non, le titre de ce billet ne signifie pas que l’on m’a offert dix playstation…)

1. Reprise des cours après cette petite semaine de vacances/glandage. Réveil qui sonne avant huit heures… Grrr…

2. Dans le tram, quelqu’un – un vieux – décide de s’asseoir devant moi. Il choisit de se baisser lorsque le tram redémarre, du coup il perd un peu l’équilibre et manque de me tomber dessus. Heureusement qu’il s’est rattrapé, je n’aurai pas pu supporter son poids je pense…

3. Arrivé en cours (linguistique), on me demande de tous les côtés si j’ai « bien révisé pour le partiel ». Quel partiel ? C’est ce que je leur dis… « Bah, tu sais, y a un partiel ce matin ». Bah, non, en l’occurrence, je ne sais pas. Petit effort de mémoire : si, si, j’étais bien présent au dernier cours… Remarque, c’est vrai que je n’écoutais pas vraiment au dernier cours, comme tous les cours de l’année d’ailleurs… Je commence un peu à paniquer, d’autant plus que je n’ai vraiment rien foutu pendant ces vacances (et encore moins niveau linguistique !). Finalement, fausse alerte, les gens de ma classe (sauf moi et mes amis, of course) sont des idiots !

4. Après ce fameux cours (chiant, soit dit en passant), on nous apprend que le planning des partiels/exams est affiché. On va voir et là, « c’est le drame » : toutes nos épreuves ont été réduites sur une semaine au lieu de deux. Ca veut dire que la semaine de la mort qui tue commence mardi prochain et finit le mardi d’après (samedi inclut !) avec certains jours où on aura carrément plusieurs épreuves de suite… Je me console en me disant qu’il ne me reste plus que deux semaines avant mes quatre mois de vacances (pas du tout) méritées.

5. Il commence à faire chaud et soleil. Il y a du bruit partout dans la rue (travaux, évidemment) et, en plus, on a pas pu bosser la stylistique comme c’était prévu initialement. Je sens venir un petit mal de tête habituel pour ces jours là.

6. Deuxième (et dernier) cours de la journée : chiant comme c’est pas permis (le prof se contente de lire les photocopies précédemment distribuées…). J’en profite au moins pour écrire ma « recette » pour l’atelier d’écriture de demain (qui est plus un mode d’emploi, soit dit en passant, mais on s’en tape). Après le cours, on croise Joe l’indien (cf. billet du même nom) avec pantacourt, T-shirt sans manches et chouchou blanc. Sa présence a au moins le mérite de me faire sourire.

7. Avant de rentrer, je dois « gérer » la déprime d’une amie. Non pas que ce soit une « plaie » en soit, c’est juste des situations délicates, où on ne sait jamais quoi faire, dire ou penser. Je me contente d’être là, j’espère que c’est suffisant. J’en doute. Je dis donc aussi des petites choses banales et idiotes. J’espère au moins que je l’ai aidé un minimum…

8. Pendant que cette amie me parle, un connard (pardon, un automobiliste) roule assez vite dans une grosse flaque d’eau qui nous éclabousse tous les deux. Merci, merci beaucoup.

9. Je dois poireauter dix bonnes minutes avant que le tram dans lequel je suis monté ne daigne démarrer. Pendant ce temps, cinq autres au moins ont eu le temps de nous croiser (ceux qui roulent dans l’autre sens). Lorsque le tram se mette enfin à « rouler », je me rends compte qu’il est bondé et que je suis situé juste à côté d’un monsieur fort malodorant.

10. Je change de place, je trouve même une « place » à l’ombre (pas assis, faut pas déconner !). Je suis appuyé contre le truc qui grince au milieu du tram, à côté de deux bonnes femmes qui parlent de « ah bah moi aujourd’hui, j’ai pas mis de chaussettes, parce qu’il faisait trop chaud » et de « ah moi j’en ai mis ce matin, mais à midi, je les ai enlevées, parce que c’est vrai qui fait chaud ! ». Un peu plus loin, une petite vieille dont les chaussures ne laissent dépasser que deux gros orteils hypertrophiés (un gros orteil à chaque pied) avec ongles géants peinturlurés en rouge foncé. Etrange. Je baisse alors la tête, zappe une chanson quelconque sur mon lecteur MP3 pour arriver à « Gipsy King » de Patrick Wolf. Je relève la tête et vois une autre tête, à l’envers, les yeux fermés. C’est une gamine (13, 14 ans) allongée par terre, au milieu du tram, à l’endroit le plus étroit possible. Autour d’elle, les gens sont en cercle et la regarde avec un air à la fois attendri et paniqué. Le temps de me dire que eh, c’est pas normal que quelqu’un soit couché par terre ici (limite je lui aurai marché dessus sans m’en rendre compte tellement je suis décalé par rapport à cette réalité) je comprends qu’elle est tombée dans les vapes. « A cause de la chaleur », disent les gens. Je me dis alors qu’elle a un très beau visage, cette fille. La femme qui n’a pas mise de chaussettes ce matin parce qu’il faisait trop chaud lui tapote les joues et la gamine revient à elle. On lui demande si ça va, elle répond qu’elle doit descendre à cet arrêt. Elle descend à cet arrêt. Depuis l’intérieur du tram, on la regarde tous marcher plus ou moins droit. Puis se courber. Puis se redresser. Puis essayer de marcher à nouveau. Puis se courber encore. Et puis vomir. « Ah bah elle descendu au bon moment ! », dit la femme qui n’a pas mis de chaussettes se matin parce qu’il faisait trop chaud et la vieille dame aux gros orteils acquiesce en souriant. On chuchote encore quelques secondes à propos de cet incident. J’entends un dernier « c’est à cause de la chaleur » et je remets le volume de mon lecteur MP3 à son niveau habituel. Je n’entends dès lors plus ce que disent les autres.

On pourrait croire que ma journée était complètement à chier, mais en fait ce n’est pas le cas. J’ai grossi le trait exprès. En fait, je suis plutôt content de ne plus avoir que deux semaines à tirer :) .