Mes trucs




Fictions du bord de l'oeil /
17h34 |
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mardi 28 avril 2009
Par Guillaume Vissac le mardi 28 avril 2009, 20:10 - Journal
mardi 21 octobre 2008
Par Guillaume Vissac le mardi 21 octobre 2008, 22:15 - Journal
Que de fois les litanies de la Vierge, récitées en commun, dans la chapelle, avaient ainsi laissé le jeune homme, les genoux cassés, la tête vide, comme après une grande chute ! Depuis sa sortie du séminaire, l’abbé Mouret avait appris à aimer la Vierge davantage encore. Il lui vouait ce culte passionné où Frère Archangias flairait des odeurs d’hérésie. Selon lui, c’était elle qui devait sauver l’Église par quelque prodige grandiose dont l’apparition prochaine charmerait la terre. Elle était le seul miracle de notre époque impie, la dame bleue se montrant aux petits bergers, la blancheur nocturne vue entre deux nuages, et dont le bord du voile traînait sur les chaumes des paysans. Quand Frère Archangias lui demandait brutalement s’il l’avait jamais aperçue, il se contentait de sourire, les lèvres serrées, comme pour garder son secret. La vérité était qu’il la voyait toutes les nuits. Elle ne lui apparaissait plus ni sœur joueuse, ni belle jeune fille fervente ; elle avait une robe de fiancée, avec des fleurs blanches dans les cheveux, les paupières à demi baissées, laissant couler des regards humides d’espérance qui lui éclairaient les joues. Et il sentait bien qu’elle venait à lui, qu’elle lui promettait de ne plus tarder, qu’elle lui disait : « Me voici, reçois-moi. » Trois fois chaque jour, lorsque l’Angélus sonnait, au réveil de l’aube, dans la maturité du midi, à la tombée attendrie du crépuscule, il se découvrait, il disait un Ave en regardant autour de lui, cherchant si la cloche ne lui annonçait pas enfin la venue de Marie. Il avait vingt-cinq ans. Il l’attendait.
Emile Zola, La faute de l'abbé Mouret, Livre premier, chapitre XIV.
– Mère très pure, Mère très chaste, Mère toujours vierge, priez pour moi ! balbutia-t-il peureusement, se serrant aux pieds de la Vierge, comme s’il avait entendu derrière son dos le galop sonore d’Albine. Vous êtes mon refuge, la source de ma joie, le temple de ma sagesse, la tour d’ivoire où j’ai enfermé ma pureté. Je me remets dans vos mains sans tache, je vous supplie de me prendre, de me recouvrir d’un coin de votre voile, de me cacher sous votre innocence, derrière le rempart sacré de votre vêtement, pour qu’aucun souffle charnel ne m’atteigne là. J’ai besoin de vous, je me meurs sans vous, je me sens à jamais séparé de vous, si vous ne m’emportez entre vos bras secourables, loin d’ici, au milieu de la blancheur ardente que vous habitez. Marie conçue sans péché, anéantissez-moi au fond de la neige immaculée tombant de chacun de vos membres. Vous êtes le prodige d’éternelle chasteté. Votre race a poussé sur un rayon, ainsi qu’un arbre merveilleux qu’aucun germe n’a planté. Votre fils Jésus est né du souffle de Dieu, vous-même êtes née sans que le ventre de votre mère fût souillé, et je veux croire que cette virginité remonte ainsi d’âge en âge, dans une ignorance sans fin de la chair. Oh ! vivre, grandir, en dehors de la honte des sens ! Oh ! multiplier, enfanter, sans la nécessité abominable du sexe, sous la seule approche d’un baiser céleste ! Cet appel désespéré, ce cri épuré de désir, avait rassuré le jeune prêtre. La Vierge, toute blanche, les yeux au ciel, semblait sourire plus doucement de ses minces lèvres roses.
(...)
Tout ce qu’il y a de blanc, les aurores, la neige des sommets inaccessibles, les lis à peine éclos, l’eau des sources ignorées, le lait des plantes respectées du soleil, les sourires des vierges, les âmes des enfants morts au berceau, pleuvent sur vos pieds blancs. Alors, je monterai à vos lèvres, ainsi qu’une flamme subtile ; j’entrerai en vous, par votre bouche entr’ouverte, et les noces s’accompliront, pendant que les archanges tressailleront de notre allégresse. Être vierge, s’aimer vierge, garder au milieu des baisers les plus doux sa blancheur vierge ! Avoir tout l’amour, couché sur des ailes de cygne, dans une nuée de pureté, aux bras d’une maîtresse de lumière dont les caresses sont des jouissances d’âme ! Perfection, rêve surhumain, désir dont mes os craquent, délices qui me mettent au ciel ! O Marie, Vase d’élection, châtrez-en moi l’humanité, faites-moi eunuque parmi les hommes, afin de me livrer sans peur le trésor de votre virginité !
Ibid., Livre premier, chapitre XVII.
mercredi 17 septembre 2008
Par Guillaume Vissac le mercredi 17 septembre 2008, 19:18 - Journal
La fin de Coup de tête parce qu'elle s'impose à moi comme un pulsion. Toujours empêtré dans ma première partie à relire les mêmes phrases jusqu'à l'oubli et pourtant aucun scrupule à faire un grand écart et à clore le récit avant d'avoir comblé le vide du milieu. Quelque part, après trois ou quatre réécritures successives, et donc par conséquent trois ou quatre versions différentes de trois ou quatre fins différentes, je me dis que ces retours cycliques aux mêmes étapes m'autorisent à anticiper un peu aujourd'hui. Ayant été élevé à la narration vidéoludique de toute façon, je suis habitué à et séduit par l'idée d'instaurer des fins alternatives dans mes fictions. En attendant le reste, celle-ci est concrète, aussi dur que le contact brûlant d'un corps pris par l'asphalte.
Ajay, dis-moi, cette main tendue, elle pour moi ou bien|
Dis-moi, tu utilises des produits pour avoir la peau des mains aussi douce ?
Et est-ce que tout le monde a la peau des mains aussi douce que ça ?
Alors on se regarde l'un l'autre comme si c'était un instant normal. Sauf que l'un d'entre nous dérape sur le bord de la nuque de l'autre et voit se dessiner le ciel cru derrière le crâne. Et à l'envers, l'autre ripe depuis l'angle de la mâchoire de l'un pour s'étaler l'œil contre le vertige du fond. Au-delà : la valse régulière des bagnoles sur l'autoroute. Le plus drôle c'est qu'en fait ni l'un ni l'autre ne sait clairement qui est quoi. Où. Le plus drôle c'est qu'en vrai aucune de ces bagnoles qu'on devine à chaque traversée-carrosserie ne s'arrêtera pour nous éviter. Le plus drôle c'est que pendu en suspension dans l'air chargé de vapeurs pneumatiques, non seulement on ne sent plus un gramme d'été Canicule sur la peau mais en plus on se rend compte que ni l'un ni l'autre ne répond à présent aux lois banales du haut et du bas. Nos deux corps qui sont là à flotter à l'horizontale pendant qu'entre parenthèses le monde d'à côté grésille trop vertical. Et comme le temps tape de travers autour de nous j'en profite pour te regarder, Ajay, te regarder vraiment. Te regarder et te dire, te dire pour la première fois depuis qu'on se connait, c'est à dire depuis maintenant, depuis toujours, te dire pour qu'entre nous deux au moins, même si c'est juste nous deux au cœur du truc ça fait rien, te dire contre ma peau et la tienne ensemble, te dire qu'au fond je|
L'épaule gauche d'abord s'enfonce dans la couche dure d'asphalte sur la voie du milieu. L'épaule luxée compresse les nerfs et les artères à proximité. L'épaule cède et le buste glisse. Rachis qui se brise au niveau de la masse vertébrale. Les nerfs et la moelle sectionnés ensemble pour de bon. Je sais pas le bruit que ça fait. Je le vois pas. Simplement le pare-choc d'une BMW qui déborde de l'écran. Je sens le pneu trop chaud. Je sens mon propre crâne qui fond sans croire. J'arrive pas à lire le chiffre sur la plaque d'immatriculation. Je voudrais savoir d'où elle vient finalement, je voudrais savoir, tu comprends, c'est idiot, je sais, mais|
Le pare-choc disparaît au dessus de moi. L'empreinte que laissent les rainures Continental sur ma gorge est encore chaude et mes yeux refroidissent parce que la jugulaire fuit vers l'intérieur. J'aimerais pouvoir regarder vers toi une dernière fois Ajay mais là-haut le ciel c'est pas le ciel, c'est juste le revers noir de la BM maintenant. Dessous. J'aimerais pouvoir plisser les yeux pour comprendre à quoi correspondent les reliefs encrassés qui défilent mais les reliefs glissent le long et puis ralentissent et puis s'arrêtent. Derrière, une autre voiture s'est plantée dans le coffre de la première mais je la vois pas, non. Je me dis que c'est marrant Ajay, parce qu'au fond je connais aucun de ces mots que je te souffle même si t'es plus là. J'aimerais fermer les yeux une bonne fois pour toute mais ça répond pas parce que tout est fracturé dedans. J'aimerais te dire que c'était pas prévu, que j'ai pas fait exprès. J'aimerais tendre ma main contre la tienne à nouveau sauf que cette fois ce serait pas trop tard. J'aimerais me souvenir de ton odeur autour et contre ma main, ma main droite, mais je|
Quand je regarde au fond de l'asphalte, y a ces formes que j'arrive pas à identifier vraiment, et je me demande est-ce que c'est toi, est-ce que c'est moi, est-ce que c'est des bouts de carrosserie ou bien|
Et toi Ajay, tu t'es déjà cherché dans le chaos-goudron d'une autoroute au mois d'août, à rassembler les pièces du puzzle, à faire semblant d'être en vie un petit peu, à croire que ton corps existe ? Réponds Ajay. Juste : pour une fois dans ta vie réponds-moi.
Écrire la fin avant le reste et (se) plonger dans la mort des personnages au fond ça revient au même que de reprendre jusqu'à la nausée les mêmes phrases et les mêmes passages encore. Depuis juillet dernier et le point final fictif apporté à la quatrième mouture de cette première partie, je n'ai relu qu'une vingtaine de pages. Pas que je ne fasse rien. Je relis et réécris tous les jours les mêmes pages par paquet de deux à cinq. Et quand je sature, j'enjambe le reste jusqu'à la fin. Comme aujourd'hui. Réécrire le début, anticiper la fin, cela revient au même, cela répond au même besoin, à la même pulsion. Fuir le reste. Ne pas s'y confronter. Le laisser là où il est, dans un flou incertain de futur proche gardé à distance raisonnable. Les mêmes peurs qu'au moment d'aborder le troisième jet il y a presque un an. Celui de se confronter au texte et de passer à travers. Celui de rater. De ne pas être à la hauteur de ce qui vit en moi et échoue immanquablement sur le papier (écran).
Alors en attendant je reste sur ce qui existe déjà. J'anticipe ce qui n'existe pas encore. Mais le reste, le cœur du truc, continue de flotter dans mon futur faux. La deuxième partie est la plus dure, c'est la plus aride, elle se déroule sous terre exclusivement et je la manque à chaque fois que je m'y risque. La troisième partie est celle des grands espaces mais je gère mal la nuance des extrêmes. Alors je reste là où je me débats le mieux, dans les rues stéphanoises, où la courbe des sols mène vers des itinéraires que je connais par cœur à présent. Je reste au cœur de ces mots là, quitte à prendre le risque qu'ils se nécrosent, terrorisé à l'idée de franchir un palier que mon narrateur, lui, dépasse sans y penser, sans le savoir, sa main, sa main droite, engluée dans les coutures de, etc.
jeudi 11 septembre 2008
Par Guillaume Vissac le jeudi 11 septembre 2008, 18:34 - Journal
il brisa un morceau d'écorce et le laissa tomber dans l'eau puis il posa l'écorce sur le parapet et roula une cigarette très vite avec ces deux mêmes mouvements il jeta l'allumette par-dessus le parapet
qu'est-ce que vous ferez si je ne pars pas
je vous tuerai ne croyez pas que parce que je ne vous semble qu'un gamin
la fumée sortit en deux bouffées de ses narines et lui barra le visage
quel âge avez-vous
je commençais à trembler mes mains étaient posées sur le parapet je pensai que si je les cachais il saurait pourquoi
je vous donne jusqu'à ce soir
dîtes-moi mon petit ami comment vous appelez-vous Benjy est l'idiot n'est-ce pas et vous
Quentin
c'est ma bouche qui le dit pas moi
je vous donne jusqu'au coucher du soleil
Quentin
il frotta sa cigarette sur le parapet pour en détacher la cendre il le fit lentement soigneusement comme quand on affile un crayon mes mains ne tremblaient plus
écoutez ce n'est pas la peine de prendre ça si au sérieux ce n'est pas de votre faute mon petit ç'aurait été quelqu'un d'autre
Avez-vous jamais eu une sœur répondez
non mais ce sont toutes des garces
je le frappai la main grande ouverte résistant à l'instinct de la fermer sur son visage sa main agit aussi vite que la mienne la cigarette sauta par-dessus le parapet je lançai mon autre main il la saisit aussi avant que la cigarette eût atteint la surface de l'eau il me tenait les deux poignets dans la même main son autre main plongea sous son veston près de l'aisselle derrière lui le soleil baissait et un oiseau chantait quelque part plus loin que le soleil nous nous regardions face à face tandis que l'oiseau chantait il me lâcha les mains
regardez
il prit l'écorce déposée sur le parapet et la jeta dans l'eau elle flotta le courant l'emporta sa main sur le parapet tenait négligemment le revolver nous attendions
vous ne pouvez pas l'atteindre maintenant
non
William Faulkner, Le bruit et la fureur, La bibliothèque de la Pléiade, trad : Maurice-Edgar Coindreau, P.488-489.
he broke a piece of bark and dropped it into the water then he laid the bark
on the rail and rolled a cigarette with those two swift motions spun the
match over the rail
what will you do if I dont leave
Ill kill you dont think that just because I look like a kid to you
the smoke flowed in two jets from his nostrils across his face
how old are you
I began to shake my hands were on the rail I thought if I hid them hed know why
Ill give you until tonight
listen buddy whets your name Benjys the natural isnt he
Quentin
my mouth said it I didnt say it at all
Quentin
he raked the cigarette ash carefully off against the rail he did it slowly and
carefully like sharpening a Pencil my hands had quit shaking
listen no good taking it so hard its not your fault kid it would have been
some other fellow
did you ever have a sister did you
no but theyre all bitches
I hit him my open hand beat the impulse to shut it to his face his hand
moved as fast as mine the cigarette went over the rail I swung with the other hand he caught it too before the cigarette reached the water he held both my wrists in the same hand his other hand flicked to his armpit under his coat behind him the sun slanted and a bird sing ing somewhere beyond the sun we looked at one another while the bird singing he turned my hands loose look here
he took the bark from the rail and dropped it into the water it bobbed up the current took it floated away his hand lay on the rail holding the pistol loosely we waited
you cant hit it now
no
mercredi 10 septembre 2008
Par Guillaume Vissac le mercredi 10 septembre 2008, 11:49 - Journal
La dernière vibration traîna un moment avant de s'éteindre. Elle s'attarda dans l'air, longtemps, et on la devinait plus qu'on ne l'entendait. Comme toute cloche qui sonne vibre encore dans les longs rayons de lumière mourante et Jésus et saint François qui parlait de sa sœur. Car si ce n'était que l'enfer et rien de plus. Si c'était tout. Fini. Si les choses finissaient tout simplement. Personne d'autre qu'elle et moi. Si seulement nous avions pu faire quelque chose d'assez horrible pour que tout le monde eût déserté l'enfer pour nous y laisser seuls, elle et moi. J'ai dit j'ai commis un inceste père c'était moi ce n'était pas Dalton Ames. Et quand il m'a mis Dalton Ames. Dalton Ames. Dalton Ames. Quand il m'a mis le revolver dans la main je ne l'ai pas fait. C'est pourquoi je ne l'ai pas fait. Il serait là et elle aussi et moi aussi. Dalton Ames. Dalton Ames, Dalton Ames. Si seulement nous avions pu faire quelque chose d'assez horrible et père a dit Cela aussi est triste, on ne peut jamais faire quelque chose d'aussi horrible que ça on ne peut rien faire de très horrible on ne peut même pas se rappeler demain ce qu'on trouve horrible aujourd'hui et j'ai dit On peut toujours se dérober à tout et il a dit Tu crois ? Et je baisserai les yeux et je verrai mes os murmurants et l'eau profonde comme le vent, comme une toiture de vent, et longtemps, longtemps après on ne pourra même plus trouver mes os sur le sable solitaire et vierge. Jusqu'au jour où Il dira Levez-vous, alors seul le fer à repasser remontera à la surface. Ce n'est pas quand on a compris que rien ne peut vous aider – religion, orgueil, n'importe quoi –, c'est quand on a compris qu'on n'a pas besoin d'aide. Dalton Ames. Dalton Ames. Dalton Ames. Si j'avais pu être sa mère, étendue, le corps ouvert et soulevé, riant, repoussant son père avec ma main, le retenant, le voyant, le regardant mourir avant qu'il eût vécu. Juste avant elle était sur le pas de la porte
William Faulkner, Le bruit et la fureur, Bibliothèque de la Pléiade, trad : Maurice-Edgar Coindreau, P. 417-418.
It was a while before the last stroke ceased vibrating. It stayed in the air, more felt than heard, for a long time. Like all the bells that ever rang still ringing in the long dying light-rays and Jesus and Saint Francis talking about his sister. Because if it were just to hell; if that were all of it. Finished. If things just finished themselves. Nobody else there but her and me. If we could just have done something so dreadful that they would have fled hell except us. I have committed incest I said Father it was I it was not Dalton Ames And when he put Dalton Ames. Dalton Ames. Dalton Ames. When he put the pistol in my hand I didn't. That's why I didn't. He would be there and she would and I would. Dalton Ames. Dalton Ames. Dalton Ames. If we could have just done something so dreadful and Father said That's sad too people cannot do anything that dreadful they cannot do anything very dreadful at all they cannot even remember tomorrow what seemed dreadful today and I said, You can shirk all things and he said, Ah can you. And I will look down and see my murmuring bones and the deep water like wind, like a roof of wind, and after a long time they cannot distinguish even bones upon the lonely and inviolate sand. Until on the Day when He says Rise only the flatiron would come floating up. It's not when you realise that nothing can help you--religion, pride, anything--it's when you realise that you dont need any aid. Dalton Ames. Dalton Ames. Dalton Ames. If I could have been his mother lying with open body lifted laughing, holding his father with my hand refraining, seeing, watching him die before he lived. One minute she was standing in the door
mardi 2 septembre 2008
Par Guillaume Vissac le mardi 2 septembre 2008, 20:58 - Journal
dimanche 22 juin 2008
Par Guillaume Vissac le dimanche 22 juin 2008, 16:50 - Journal
Deux personnes très différentes ont déjà accepté de répondre à mes questions vis à vis de l'amputation. Deux amputés, dont l'un médecin, mais deux amputés de membres inférieurs. Mon personnage-narrateur étant privé de sa main, sa main droite, il était important que je parvienne à débusquer quelqu'un qui soit directement concerné par ce problème là. Un amputé membre supérieur. C'est C. qui me permet ce contact en me donnant les coordonnées de M. M. n'a pas d'adresse e-mail : une nouvelle fois, l'entretien se déroulera de vive voix, via le téléphone. Entretien une nouvelle fois enregistré, puis retranscrit.dimanche 18 mai 2008
Par Guillaume Vissac le dimanche 18 mai 2008, 17:25 - Journal
lundi 12 mai 2008
Par Guillaume Vissac le lundi 12 mai 2008, 19:16 - Journal

mardi 8 avril 2008
Par Guillaume Vissac le mardi 8 avril 2008, 18:06 - Journal
Il y a plusieurs mois, parallèlement à la reprise du manuscrit de « Coup de tête », je commence à effectuer quelques démarches afin de me renseigner sur l'amputation. C.D., personnage principal et narrateur de « Coup de tête » est amputé de la main droite, un peu au dessus du poignet. La nécessité d'obtenir des témoignages directs de personnes réellement amputées est ressentie tout de suite. J'ai besoin d'informations précises. Sur l'acte chirurgicale en lui-même, d'abord. Sur les traitements qui suivent. La rééducation. Le regard des autres. Les douleurs. C'est probablement le plus important : les douleurs. Afin de mettre en mot moi-même ce que les principaux intéressés passent souvent sous silence. Parce que je ne peux pas envisager de pouvoir comprendre complètement C.D. sans parvenir à appréhender les douleurs qui l'habitent. Parce que sans ça, il m'est impossible de dresser un plan plausible, une série d'action adéquate. Parce que si je ne sais pas où et comment il a mal, comment pourrais-je savoir comment il doit réagir ? Parce que ces informations là non seulement dictent sa conduite quotidienne mais également son identité. Cette main décapitée, c'est son identité. mercredi 28 novembre 2007
Par Guillaume Vissac le mercredi 28 novembre 2007, 19:39 - Journal
Ever tried ? Ever failed ? Try again. Fail again. Fail better.
Essayer. Rater. Essayer encore. Rater encore. Rater mieux.
lundi 16 juillet 2007
Par Guillaume Vissac le lundi 16 juillet 2007, 19:31 - Journal
Depuis le mois d'avril dernier, comme je l'ai déjà évoqué dans mon dernier billet du journal de bord, je travaille à l'écriture d'une novella, texte un peu plus long qu'une nouvelle mais un peu trop court pour être un roman, que j'ai intitulé « Cette vie ». Les corrections sont allées bon train, et je crois pouvoir dire que j'ai bâti une version relativement satisfaisante. Sauf que... Sauf que je me suis mis en tête, dernièrement, de modifier légèrement certains passages et, surtout, d'en rajouter quelques uns. Les "quelques uns" en question, ce n'est pas qu'un peu :
le nombre de passage à rajouter s'élèverait pour l'instant à une petite dizaine. J'ai commencé à écrire ces passages supplémentaires hier, et l'opération s'est poursuivie aujourd'hui (cela devrait au moins durer toute la semaine) mais déjà quelques doutes s'installent...jeudi 22 février 2007
Par Guillaume Vissac le jeudi 22 février 2007, 23:09 - Journal
De temps en temps, sans qu'il y ait vraiment de raison (ou peut-être justement parce qu'il n'y a pas de raison), quand je n'arrive plus bien à écrire ou quand je viens d'abandonner quelque texte fragmentaire, je vais faire un tour dans mon dossier « Dépotoir » de mon répertoire « Textes ». C'est là que j'enterre tous mes écrits imparfaits. Tellement imparfaits, que
je n'ai pas pu, pas voulu ou pas eu la motivation de les achever ou de leur insuffler une apparence assez décente pour être conservé dans le dossier principal. En d'autres termes, il s'agit de mon cimetière de textes, car je n'ai jamais le courage de mettre quoi que ce soit directement à la corbeille (la vraie). Lorsqu'il s'agit de ce que je produis ou de ce que j'essaye de produire, je garde tout, sans même trop savoir pourquoi, mais peu importe, je garde tout, point barre.Le personnage : Vas te faire foutre ! Pourquoi tu me veux pas ? Tu m’aimes pas ? Fallais pas m’inventer alors, mais maintenant c’est trop tard. Tu m’as voulu, je suis là, alors tu te démerde mais tu fais quelque chose avec moi et maintenant !
L’auteur : Holà, on se calme l’ami ! Déjà, je ne t’ai pas « inventé », tu te rappelle peut être pas, mais c’est toi qui es venu dans mon rêve la nuit dernière. Moi je n’ai rien demandé. Si tu crois que j’ai pas d’autres personnages qui attendent, qui attendent depuis plus longtemps qui plus est... Alors t’es gentil, et tu fais comme tout le monde, t’attends ton tour.
Le personnage : J’attends jusqu’à quand ? Jusqu’à ce que tu m’oublies ?
L’auteur : Peut être. Ça peut arriver. Et si c'est le cas, c’est pas la mort. Tu finis juste quelque part dans mon inconscient et, avec un peu de chance, je me rappelle de toi dans quelques années et tu réapparais dans autre chose. C’est tout ce que je peux te dire...
Le personnage : Bah c’est pas assez. Je mérite mieux, je mérite plus, je suis quelqu’un de bien.
L’auteur : Ah ouais ? Qu’est-ce que t’en sais, p’tit malin ? Tu sais qui tu es ? Tu sais comment tu es ? Tu sais ce que t’aimes ou ce que t’aimes pas ? Tu sais rien du tout, p’tit malin, parce que moi-même je n’en sais rien.
Le personnage : C’est pas une raison pour m’empêcher d’exister, si ?
L’auteur : Tu penses vraiment que c’est comme ça que ça marche ? Les personnages viennent me harceler pour que je les mette dans une des mes histoires ? Tu te crois où, dis moi ?
Le personnage : Si les autres te « harcèlent » pas comme tu dis, c’est peut être parce qu’ils n’ont aucune volonté, qu’ils ne valent pas le coup. Moi je veux exister, j’ai cette volonté que tes autres pantins n’ont pas.
L’auteur : Au moins, mes autres pantins, ils m’obéissent.
Le personnage : Tu y crois vraiment ? Tu serais naïf à ce point ? Mais mon pauvre, ils te mènent par le bout du nez. Ils ont besoin de toi pour exister alors ils te mettent aux commandes, mais ça va pas plus loin. Eux, ils font ce qu’ils veulent, point barre. Tu n’es bon qu’à leur donner un contexte, et encore...
L’auteur : Très bonne stratégie, c’est comme ça que t’arrivera à me convaincre...
Le personnage : Moi au moins j’ai du caractère, pas comme ces loosers qui te servent de personnages dans tes histoires...
L’auteur : ...
jeudi 22 juin 2006
Par Guillaume Vissac le jeudi 22 juin 2006, 11:41 - Chroniques
Cette fois-ci, le « coup de cœur » du jour ne concerne pas un album en entier (quoi que j’aurai pu le faire sur l’album, mais il se trouve que je n’ai pas trop le temps ni la motivation d’écrire encore trois pages), mais une chanson en particulier. Il s’agit d’une chanson de Bowie (je n’avais encore pas parlé de Bowie dans mes coups de cœur, c’est désormais chose faite), issue d’un album très très particulier, j’ai nommé The man who sold the world, sorti en 1971. Il s’agit du troisième album de Bowie, il se situe juste avant la période glam qui lui fera connaître le succès et la gloire. Cet album est donc un album de l’entre-deux, déjà teinté du glam rock qui le caractérisera quelques années plus tard (les musiciens sont à peu de choses près les mêmes que durant cette période là), mais aussi incroyablement sombre. C’est aussi l’un de ses albums où ressort le plus l’une de ses thématiques favorites, à savoir l’aliénation. (pour plus d’infos sur cette période en particulier et Bowie en général, vous pouvez vous reportez vers les articles que j’ai moi-même écrit pour le site Et-Alors).

La chanson en question est la deuxième piste de l’album et elle s’intitule « All the madmen ». Je l’écoute depuis un bout de temps mais je ne m’étais jamais vraiment penché sur les paroles… jusqu’à il y a quelques jours. J’y ai découvert l’une de ces superbes chansons dont Bowie à le secret. Elle n’est pas prodigieusement bien écrite (les chansons de Bowie ne le sont que rarement, ce sont des chansons pop avant tout) mais l’histoire et les images évoquées m’ont pas mal touchées. Je vous laisse d’ailleurs avec la chanson en question (que j’ai rajouté dans la « Oblue Radio), avec le texte et une traduction à moitié maison, à moitié inspirée par des traductions de fans (pour cela, cliquez sur le lien sous les paroles originales) !
Day after day They send my friends away
To mansions cold and grey
To the far side of town
Where the thin men stalk the streets
While the sane stay undergroundDay after day
They tell me I can go
They tell me I can blow
To the far side of town
Where it's pointless to be high
'Cause it's such a long way downSo I tell them that
I can fly, I will scream, I will break my arm
I will do me harm
Here I stand, foot in hand, talking to my wall
I'm not quite right at all...am I?Don't set me free, I'm as heavy as can be
Just my librium and me
And my E.S.T. makes three'Cause I'd rather stay here
With all the madmen
Than perish with the sadmen roaming free
And I'd rather play here
With all the madmen
For I'm quite content they're all as sane
As me(Where can the horizon lie
When a nation hides
Its organic minds
In a cellar...dark and grim
They must be very dim)Day after day
They take some brain away
Then turn my face around
To the far side of town
And tell me that it's real
Then ask me how I feelHere I stand, foot in hand, talking to my wall
I'm not quite right at allDon't set me free, I'm as helpless as can be
My libido's split on me
Gimme some good 'ole lobotomy'Cause I'd rather stay here
With all the madmen
Than perish with the sadmen
Roaming free
And I'd rather play here
With all the madmen
For I'm quite content
They're all as sane as meZane, Zane, Zane
Ouvre le Chien...
Etrange, n’est-ce pas ? Pourtant, à chaque écoute, je ne peux m’empêcher de ressentir une grande mélancolie dans la voix de Bowie, surtout quand il chante « I can fly, i will scream, i will break my arm / I will do me harm… ». J’ai l’impression qu’il exprime lui-même une grande affection, voire une grande pitié pour son personnage. C’est sans doute ce qui me touche beaucoup. Musicalement, la chanson est légèrement datée, surtout au niveau des synthés, et le guitariste Mick Ronson n’est pas encore aussi virtuose qu’il le deviendra, mais il n’empêche que pour moi, cette chanson à beaucoup de charme, plus par l’évocation de cette bribe d’histoire, de personnage, que par sa technique. Vous avez donc intérêt à l’écouter et, si un jour le cœur m’en dit, je vous écrirai un billet plus étoffé sur l’album en lui-même, sans doute l’un des plus étrange de son auteur…
jeudi 20 avril 2006
Par Guillaume Vissac le jeudi 20 avril 2006, 13:50 - Journal
Cette deuxième partie me pose décidément problème. A chaque fois que je m’y remets, c’est la même difficulté : en relisant les dernières pages, je m’en rends compte que c’est mauvais, voire très mauvais et que je vais devoir le reprendre ultérieurement. Et puis, pour prendre la suite, impossible de rentrer à nouveau dans le personnage. Je n’y arrive pas. Je n’arrive même pas à me contenter de suivre le plan. Car ça ne marche pas.
Alors je me demande si je ne ferais pas mieux de mettre « Coup de tête » entre parenthèses, pour mieux le reprendre dans un mois, après les exams. Car la reprise des cours a tout cassé. J’ai perdu cette habitude, cette immersion qui ne m’avait pas quitté lorsque j’écrivais régulièrement et tous les jours, pendant les semaines de blocages. Et depuis que les cours ont repris, je n’y arrive plus, tout simplement. C’est dommage, parce que j’ai peur de perdre ma motivation, parce que ce petit roman était pensé pour être « fulgurant », c'est-à-dire qu’il devait être conceptualisé, écrit et terminé en un laps de temps très court. C’était sa raison d’être. C’est dommage, car je crains de le rater à cause de ça. Ou peut être que je me trompe, je n’en sais rien. Peut être que c’est juste un moyen pour moi de rendre ces courts responsables de quelque chose, peut être que c’est juste pour avoir légitimement quelque chose à leur reprocher.
Toujours est-il que ces cours (et ces exams) sont une sacrée perte de temps.
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