jeudi 1 janvier 2009
Par Guillaume Vissac le jeudi 1 janvier 2009, 23:50 - Journal
Il ne devait pas y avoir grand monde, hier matin, pour partir travailler - 31 décembre oblige - car mon train était vide, et les sièges autour également. Simplement quelques manteaux éparpillés entre les rangées et la voix du conducteur étouffée par les hauts-parleurs. Les accoudoirs entre les ombres pratiquement tous inutiles. L'écho des portes qui s'ouvrent puis se ferment à intervalles réguliers, puis l'air froid qui s'engouffre un moment. Et les battements du wagon tout contre le crâne gauche refroidi à force de s'endormir successivement contre la vitre. Prélude en coton pour une journée remplie de rien.
Au
boulot nous étions deux, comme les jours précédents. Peu de questions clients en attente, encore moins de fiches-suivi à compiler. Simplement la blancheur de l'écran qui résonne par dessus la soufflerie du chauffage. Quelques coups de fils le matin
- Comment ça se fait que ma commande elle soit pas encore arrivée dites donc ?
- C'est normal, ça s'appelle les fêtes de fin d'année gros malin.
- Ah bon.
puis barrière psychologique infranchissable passé midi : le téléphone ne sonnera plus. Je vérifie plusieurs fois qu'il fonctionne encore, que je ne suis pas déconnecté mais non. La tonalité fantôme pulse dans le combiné, sans voix autour. Je vois fluctuer la fréquentation du site en temps réel, celle-ci ne fléchit pas vraiment, mais personne pour composer le numéro du service client ni même pour passer commande. Ce qui me rend de fait inutile.
Passé 14h la nuit tombe sur Paris et la musique limitée qui tourne depuis l'ordinateur de ma collègue n'arrange rien à l'ambiance.
Je suis en train de m'endormir sur mon écran, me confesse-t-elle entre deux clics, à moins que ce ne soit ma propre voix qui s'emballe d'elle même. L'un de nous deux répond que elle/moi aussi, avant que le chat du site ne clignote pour la dernière fois cette année.
Après avoir accepté l'invitation du visiteur du site, voilà ce que j'ai la chance de déchiffrer sur mon écran : elle a qan bien cette cava vin ? Instant d'hésitation. Ce n'est jamais évident de faire comprendre à son interlocuteur que ses propos n'ont aucun sens. Je le garde pourtant artificiellement en ligne en gonflant la conversation - on s'occupe comme on peut - puis il se déconnecte... pour mieux revenir : aaaaaaaaaah ! j'avai compléteman oublié de vous souhaitez les fétes !
Comme je ne gagne aucune de mes parties de Solitaire, je quitte plus tôt. Je rejoins H. dans la foulée d'une fin d'après-midi au ciel abstrait. Nous nous y perdons complètement en traversant la cour carrée du Louvre : un air d'apocalypse ambiant qui émerge des horizons autour, l'écho de la circulation étouffé et les lumières de la nuit qui effleurent les reliefs du Louvre. Puis l'eau s'engouffre chargée de reflets sous le pont des Arts et je me rends compte que toutes ces images se trouvent à moins de cinq minutes du
bureau où je stagne trois jours par semaines ; ces décors là, pourtant, restent à des kilomètres de moi-même, tenus à l'écart de mes journées réglées.
Juste avant de rentrer pour notre réveillon-coton, alors que notre train s'éternise sur
l'écran de la RATP, une annonce crépite au micro pour demander l'arrivée au plus vite d'une équipe de police au quai X. Un peu plus tard, deux officiers traversent notre quai Z et disparaissent. Ils reviennent après quelques minutes d'ellipse, puis une voix explique dans le talkie-walkie de l'un d'eux que
le monsieur il est sorti du train, il est en train de se masturber. Bonne année.
mardi 25 décembre 2007
Par Pierre le mardi 25 décembre 2007, 21:14 - Fictions
Première fois que je devais bosser les jours du 24 et du 25 décembre, mais pas question de m'en plaindre : c'est moi qui l'ai choisi. Pas tellement par amour de mon boulot (les hôtels pendant ces périodes, surtout là-bas, c'est l'horreur), mais par lâcheté : fuir les fêtes de fin d'année. Fuir les fêtes religieuses. Fuir le coup de fil de ma mère le 25 au matin pour me souhaiter un joyeux Noël amère. Pire : fuir la possibilité que cet appel ne se produise pas. Depuis septembre dernier, je ne l'ai eu qu'une fois au téléphone, sèchement. C'est compliqué.
Rentré hier à huit heures et quelques et un sandwich avalé en sortant du boulot, voilà pour mon réveillon. Et drôle de surprise que de voir AMF, les bras croisés et la tête aspirée dans le col de son manteau, recroquevillée, appuyée contre le mur, devant chez moi. Pas le temps de se dire un « salut, qu'est-ce tu fais là, joyeux Noël » de circonstance qu'elle me reproche d'avoir éteint mon portable. C'est vrai : mon portable en off toute la journée au boulot et pas rallumé depuis. Par oubli ou parce que comme ça pouvait me permettre de fuir les appels suspects, j'ai pas encore tranché. Qu'est-ce tu fais là, je finis quand même par lui demander, mais AMF, elle me répond juste : ouvre, on caille ici, on monte chez toi. Alors j'ouvre, parce qu'effectivement on caille ici, et on monte chez moi. Et même pas le temps, pris dans la continuité de ces mouvements là, de me rendre compte que c'est la première fois qu'AMF met les pieds dans mon appart.
Une fois à l'intérieur, pas le temps de lui faire visiter (et lui faire visiter quoi ?) : elle sort de l'intérieur de son manteau ce que je prends d'abord pour un cadeau de Noël mais je suis naïf. Elle me tend le truc, c'est une VHS noire avec l'inscription, sur la tranche, sur l'étiquette : « Des racines et des ailes, Vallée des rois ». Je lui ai demandé ce qu'elle voulait que je fasse d'un truc pareil, à AMF, et elle m'a répondu de me bouger et de la mettre dans le magnéto. Sauf que, et c'est ce que je lui ai dit, moi, ici, j'ai pas de magnéto. Juste une petite télé qui déconne et que je regarde une fois par semaine à peine. Alors AMF a dit « merde, putain, tu pouvais pas le dire plus tôt » et elle m'a traîné dehors cette fois et on a terminé dans l'un des bars du boulevard Arago, un de ceux qui avait un magnéto à disposition et qui voulait bien nous le prêter parce qu'AMF connaît tout un tas de gens dans tout un tas d'endroit incongru. En l'occurrence : un restaurant chicos et bondé, La Girondine.
Ce qu'on a vu sur l'écran : rien à voir avec ce qu'indiquait l'étiquette. Un bout du Soir 3 daté du quinze décembre dernier. Le reportage sur l'évacuation musclées des Don Quichotte par la police. Et sur des images de foule, rassemblée sur le parvis de Notre Dame, AMF met sur pause et me montre du doigt le visage d'un type qu'on voit passer devant la caméra. Cinq secondes, ça dure, pas plus, mais en me montrant le visage de ce type, qui n'est peut-être qu'un gamin, à peine majeur et encore, AMF a les larmes aux yeux. Un quart de seconde, ça dure, mais je le remarque. Et son doigt toujours sur l'écran, elle me dit : J s'est tiré de chez lui depuis plus d'un an et c'est la première fois qu'on l'aperçois quelque part. Et elle ajoute, comme pour me montrer qu'elle est sûre d'elle : je sais que c'est lui, je l'ai reconnu.
Pas une seule fois AMF ne m'expliquera qui est J. Bien trop vieux pour être son fils, bien trop jeune pour être un ancien petit ami. Un frère, peut-être, un ami ? Pas une fois elle ne me laissera le choix de l'accompagner ou non, d'ailleurs. Et c'est vrai que la question ne se posait pas. Moins d'une demie heure plus tard, on était sur le parvis de Notre Dame et on montrait des photos aux gens. Une femme d'une cinquantaine d'années nous avait rejoint. AMF ne me l'a pas présentée, je ne sais pas qui elle est. Toute la soirée à chercher J ou des gens qui étaient susceptibles de l'avoir croisé ou côtoyé. Et pas une fois durant toutes ces recherches on ne m'a expliqué qui était J ni même quel était son prénom. Comme si, dans tout l'entourage d'AMF, les gens n'étaient plus des noms ou des prénoms mais seulement des lettres.
Je sais plus exactement quelle heure il était quand on a renoncé. Trop froid, trop de monde et des métros à rattraper. Recherches infructueuses. Aucune piste. Mais AMF a bien obtenu d'un des marchands ambulants qu'il y a, pas loin, qu'elle rencontrerait un autre type visiblement connaisseur du quartier et des paumés qui y transitent, tout ça le lendemain. Le lendemain : c'est à dire aujourd'hui. A l'heure où j'écris ces lignes, et je viens juste de rentrer du boulot, AMF ne m'a pas recontacté ni tenu au courant...
mercredi 3 janvier 2007
Par Guillaume Vissac le mercredi 3 janvier 2007, 14:25 - Images
C'est une de ces heures (on ne sait pas vraiment laquelle exactement) de l'entre-deux. Est-on dimanche ou bien lundi? Est-on en 2006 ou bien en 2007 ? Ou bien autre chose ? Ou bien ailleurs ? On ne sait pas.
C'est une de ces heures où il fait calme, où l'air est ce petit quelque chose d'absent. Quelle heure est-il ? Quand est-ce qu'on est ?
Dans une de ces heures (on ne sait pas vraiment laquelle et on s'en moque) de l'entre deux. Le temps de trois déclic sans flash, il fait sombre, pas plus. Et puis... Chut. Silence.



dimanche 1 janvier 2006
Par Guillaume Vissac le dimanche 1 janvier 2006, 00:52 - Journal
Bon bah ça y est, 2005 c'est fini. On vient de vivre la fameuse minute de 61 secondes ou je ne sais trop quoi et on est en plein dans 2006. Surement que ce sera mieux que 2005, oui, on y croit très fort. En attendant, c'est encore un truc qui se finit et un autre qui commence. Un nouveau truc. Une nouvelle année. Et ouais, encore.
Je ne vous souhaiterais donc pas "bonne année", et d'une parce que c'est idiot, et de deux parce que je l'ai déjà dit en personne aux gens qui comptent et, donc, qui sont succeptibles de venir sur ce blog.
Mes résolutions pour 2006 ?
- Ne pas louper minablement mes exams (en gros ça veut dire avoir mon année sans rattrapage ni rien de ce genre).
- Etre créatif.
- Etre beau.
- Etre riche.
- Etre aimé.
A moins que je n'oublie quelque chose, je crois que le reste ne sert à rien du tout. Bon, allez, je suis gentil, je le dis quand même avant de partir : "bonne année"
.
samedi 31 décembre 2005
Par Guillaume Vissac le samedi 31 décembre 2005, 17:06 - Fictions
Je vais bientôt partir. J’ai dit à Bruno que je passerais le prendre à cinq heures et demie. Je passe le prendre, et après, on va à Pessac. Chez Lola. On devait aller ailleurs, à l’origine, mais on ne s’est pas mis d’accord, on ne s’est pas décidé. A la dernière minute, comme d’habitude. Donc, on va chez Lola. On sera une dizaine, à priori.
Ca fait longtemps que je l’ai pas revu, Lola. Il y aurait beaucoup de chose à dire à propos d’elle et je n’ai pas vraiment le temps de m’attarder. Disons simplement qu’elle est particulière, Lola, qu’elle ne laisse pas insensible.
On doit acheter quelque chose, je crois, un gâteau, une bouteille, je sais plus. Je suppose que Bruno, il saura, lui. Il sait toujours tout, Bruno.
Je crois que je n’ai pas vraiment envie de changer d’année. C’est toujours la même chose, ça avance, ça avance et on peut plus rien contrôler, rien arrêter. Mais moi, j’aimerais bien que ça s’arrête cinq minutes, qu’on prenne le temps, qu’on se repose.
Allez, je dois y aller, là, vraiment. Je prendrais le temps plus tard. Ou jamais. On verra. Bonne année à tous, je ne sais pas encore quand je rentre. Adieu 2005 et bonne année quand même.
Derniers commentaires
29 /07/10
29 /07/10
28 /07/10
28 /07/10
28 /07/10