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Tag - Six Feet Under

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samedi 21 mars 2009

Mise à jour mosaïque #6

Suite des mises à jour régulières de la mosaïque des liens :

Chaotique neutre
Pas de peau chez lui, de souffle, même pas de son. C'est ça, le plus dérangeant, le son. Une fois, il parlait avec une, avec sa, avec copine. Impossible de me remémorer le son de sa voix. Tout en images centrales, non-persistantes en bâtonnets. L'opposé de mes sensations, en descendant le long de sa danse.


La vitesse des trucs
La vitesse à laquelle Vanessa Ferlito enfonce l’impuissance de Kurt Russel tout au fond, dans les tréfonds de la ville-chaos. La ville-tumeur de Fresan. La ville des jeunes poètes asphyxiant leur propre mère, en faisant une clocharde, bonne et folle à la fois, Mexico de Bolano.
La ville cadavre.


Les 807
J'ai compté 807 brins d'herbe, puis je me suis arrêté. La pelouse était vaste encore.


Chez Nicolinux
Bashung est mort sans me laisser le temps de le voir. Sa voix résonne dans la chambre et met mieux en valeur son absence. Je m’en veux.


Le vampire Re'actif
La mort a la diversité des masques vénitiens. Masque Polichinelle. Masque de l’Arlequin. Masque-héron du médecin (celui peut-être de l’anatomiste Von Hagens ?). Masque composite. Masque sur masque. La mort est toujours fardée, toujours mise en scène, car personne - de potentiellement disert et bavard sur le sujet - ne l’a jamais expérimentée personellement.


Erratique (Béatrice Rilos)
Le cerveau considérant (à raison) que la pesanteur n’avait aucun impact sur la pensée s’est absenté un instant laissant le corps chuter dans l’escalier, blessant l’écrivaine au genou droit.


mardi 27 janvier 2009

Si c'en est un

Fera aussi office de croquis #7

1

Train (aller) : la proximité d'une femme, face côté droit qui ne me rappelle pas Lisa Kimmel Fisher mais qui est Lisa Kimmel Fisher, ressuscitée-alléluia, sortie du ventre de la baleine qui l'avait digérée, un manteau mauve sur le dos, au bras (gauche) d'un banquier crânien et potelé (qui aurait pu croire qu'elle se marierait avec un tel individu, un cétacé lui-même, après la mort qu'elle a eu ?), genou droit agité sec sur sol dur et son alliance par dessus (signe que), menton pris sous son col et foulard couleur lagon calme, avant les premières vagues et la noyade qui découle.

2

La migraine sous-jacente, tapée depuis l'intérieur, qui ne demande qu'à sortir. Je sais bien que je suis à l'abri. Elle n'éclatera pas sous la tempe avant de quitter le boulot. D'abord se frotter les yeux sur l'écran. Il est quinze heures. Encore une heure trente à mélanger les mots et à ne plus savoir répondre aux voix qui s'agitent sous combiné. Encore une heure trente à dire ne vous inquiétez pas, oui tout à fait, frais de port offerts.

3

Les airs d'accordéon sur le quai Z, je ne vois pas le type qui. Je poursuis lentement, très lentement (savoure) les pages de Dans ma maison sous terre. Ses airs me relancent les tempes, la douleur migre doucement vers l'orbite (gauche), plus tard tombée sur le nez et les pommettes autour. Depuis quelques jours je pense à consigner quelque part (carnet ? fichier ? post-it abandonné ?) toutes les visions que je peux avoir et que je crains à l'intérieur, que j'esquive avant qu'elles puissent se produire, fictions quotidiennes d'images demi-paupières. J'appellerais ça Ce qui n'arrive jamais ou bien Livre des peurs primaires (si c'en est un). A l'instant où, cela correspondrait à :

Les notes de l'accordéoniste pénètrent trop loin dans la chair, plus loin le crâne. Ses pieds bouffis longent le quai opposé, aller-retour-aller, son sourire travers affiché aimable. Un peu le huitième nain de blanche-neige égaré en sous-sol, édenté par l'avant. Il joue trop fort, trop près de moi. Je le pousse par dessus le rebord, peut-être avec le pied, la semelle, un coup de rotule gauche-arrière et projeter le nain sous les rails, un dernier accord peut-être comme simple chant du cygne. Peut-être que le train arrive et que le nain craque. Ils m'arrêtent. Me laissent croupir. Retracent le contenu de ma journée sur papier punaisé au liège, accroché au mur. Ils disent : voyez, voyez ça ? Je ne vois rien. Il me demande vous faisiez quoi ? Je lisais. Je leur montre le livre, Dans ma maison sous terre, ils s'intéressent, mais pas assez pour tourner les pages. Peut-être que c'est le livre qui m'a donné l'impulsion, l'envie de mort. Peut-être. Ils vont attaquer Chloé Delaume en justice parce qu'ils le peuvent. Je me dis, pourquoi pas, ça lui fera de la publicité. Et la mienne également. Mais non. Je sens mon pouls pris sous poignet gauche, ça n'arrivera jamais.

4

Train (retour) : cette femme devant, d'accord je ne la connais pas, ni ne reconnais personne à travers elle, mais je me fais la remarque, je punaise une note interne au revers du crâne, cette femme, je me dis, c'est la première femme, la première, qui puisse à la fois projeter par dessus elle des âges aux diamètres opposés, tel que quinze et quarante, par exemple, et je la regarde comme je le pense : une femme de quinze et quarante ans à la fois, l'œil vide et le manteau noir, son duvet chauve sur lèvre supérieure, quinze-quarante, impossible de savoir, impossible, on ne saura pas.



5

Train (plus tard, dans la foulée de) : immobilisé entre deux gares, le conducteur déclare qu'il vaudrait mieux ne pas ouvrir les portes en pleine voie, les râles agacés et les tics nerveux des bras tout contre. Entre un tunnel et un pont, le noir du dehors c'est en fait dedans. Il est possible que, ça se pourrait si, il suffirait de et le wagon explose, une bombe quelque part, le jaune et la suie éclatés sur les murs du tunnel, les corps éparpillés, on s'échangerait les membres. Mais mon pouls toujours pris sous poignet gauche, non, ça n'arrivera jamais.

6

Emmuré chez soi, la migraine dans le noir de la chambre. Le noir ne calme pas, le silence n'apaise rien. Il affine la perception : on se rend plus compte. On sent mieux. La douleur, peu importe, mais l'esprit monopolisé, l'incapacité du sommeil, c'est ce qui gêne, précisément. La solution : l'écran, la couleur de l'écran, un film où l'on pourrait se perdre, léger si possible, marrant si besoin. Puis dormir, dormir plus tôt qu'un autre soir mais ne pas y sacrifier sa soirée, ne pas s'emmurer derrière.

7

On-dit : la date du jour (la date d'hier) consacrée journée de la dépression annuelle, le jour le plus propice à, le plus approprié pour. Moi ce jour, je me suis juste dit et si, j'ai juste essayé de faire taire en moi ce qui rayonnait, j'ai juste fait putain y en a marre, et puis : vivement demain, et tant qu'à faire vivement jeudi.

lundi 27 octobre 2008

Day in & out

...les trains après les bus et les trams ; en réalité la même chose, si ce n'est que le monde défile plus vite sur la voie d'à côté ou encore que la stabilité de l'habitacle me permet de lire sans avoir le mal des mots ; l'attente est la même, sur un quai en ciment ou devant la place chauve derrières les rues de Nuggets City ou derrière les lignes en braille au sol qui tatouent l'asphalte aux arrêts de tram ; les secondes sont les mêmes ; derrière les vitres sales du RER, la buée par dessus, les noms des gares au-delà floutés par la pluie, l'impression que la nature rend tout le monde myope le temps d'un aller simple au moins ; puis Breathe me me traverse les tempes et mes vitres sifflent mais sifflent mal et l'impression, Sia et les morts de Six Feet Under n'y sont pas pour rien, que mon wagon se remplit de larmes l'espace de trois minutes trente ; l'attente de tout à l'heure, un peu plus tôt, oubliée, évaporée comme mon train, supprimé dixit l'écran de contrôle, et ce gros sac de tôles que j'imagine percé comme une bulle entre deux voies, bulle de rien qui n'a jamais existé et moi non plus d'ailleurs ; j'y pense entre deux heures de mouvement-tire-bouchons ; j'y pense, profitant de la trêve souhaitable qui empêche les téléphones de sonner à nouveau ; je dis sonner comme une métaphore anachronique, car bien sûr rien ne sonne, mon écran se colore juste de cette annonce clignotée qui me rappelle que je dois faire semblant de l'entendre sonner avant de décrocher mon combiné fictif et d'étaler mon ignorance de tout sur tout ce qu'on voudra bien me demander à l'autre bout de la ligne ; puis retour traversé via la Gare de Lyon et quelques annonces filtrées, prises au vol au portable pendant que je trompe l'attente, pour Coup de tête : La voie de départ sera affichée dès que possible / La SNCF vous présente ses excuses / M. Machin est attendu au bureau d'accueil qui fait face à la voie, etc. ; ma journée symétrique se termine comme elle a commencé : le train suivant qu'on attrape parce qu'il faut bien, la nuit qui tombe déjà faute d'une heure en moins, des maux de têtes en buée sèche autour des yeux ; je regarde par la fenêtre pourtant et j'attrape tous les arcs électriques qui traversent les wagons défilants, puis les étincelles bêtement lâchées derrière qui crépitent ; le ciel est gris, les fumées d'usine n'arrangent rien ; dans mon MP3 à présent, ne se découvrent que des paroles du type I don't want anything but you ou and darling I think of you, etc. ; ma seule perspective réjouissante pour la soirée (et celle-ci après s'être farci ma pile vaisselle d'hier négligée pour cause d'OM-PSG) : voir l'épisode 5 de la dernière saison de Desperate Housewives diffusée de la veille et téléchargée du matin ; je crois qu'il est temps que H. revienne : je n'aime pas trop ma vie de célibataire, ces jours-ci...

Diana Krall - Day In Day Out - From This Moment On

mercredi 22 octobre 2008

Cordialement, etc.

Je me demande dans le silence de ma tête close : qu'est-ce qui peut pousser les gens à travailler dans une entreprise spécialisée dans la vente (en ligne) d'accessoires pour le vin ? (ça c'est la version classe, la version neutre étant : tire-bouchons) Et avant que je puisse m'en rendre compte, le silence de ma tête vide s'est dépressurisé et je découvre un peu curieux que celui qui est en train de bosser pour cette entreprise, c'est moi ; apnée soudain brisée d'un rêve compact qui n'en est pas. Je passe donc mes trois premiers jours dans les locaux de Waw-vive-les-tire-bouchons.com.

Précision : je ne vends pas de toner

Supervisor: So, I think you’re ready to sell toner, do you have any last questions?
Phoebe: No. (Pause) Oh wait yes! I do, I do have one question. What is toner?


et je ne suis pas obligé de porter de collants



pour venir au bureau ; voilà déjà deux cauchemars fictifs récurrents de moins et autant de raisons pour ne plus trop craindre ce monde de l'entreprise. Reste ce je veux faire quelque chose d'utile pour changer que je balance au téléphone à Nico il y a un mois et demi, mais on ne peut pas tout avoir.


Comme base : un contrat temps partiel de 21h réparties comme il faudra que ce soit réparti dans la semaine en fonction de la masse de travail avec laquelle je devrais jongler. CDD d'un mois qui pourra éventuellement muter en plus longue durée si je fais l'affaire. Je suis officiellement "assistant chargé de relation clientèle", ce qui veut dire que je réponds aux clients potentiels, aux clients exigeants ou aux clients en colère, par mail, chat ou téléphone. Je reste donc le cul vissé sur mon fauteuil pivotant, la tête dans l'écran et les yeux ailleurs.

Premier jour exigeant pour moi qui n'ai pas vraiment eu d'activité professionnelle régulière ces derniers mois (années ? jamais ?). L'impression de regarder filer l'heure en mouvement lent dès trois heures de l'après-midi. Puis le deuxième jour déjà plus banal. Appris à faire ce que j'étais censé faire. Quelques petites choses à apprendre encore. Le gros du boulot consiste en réalité à donner l'impression de distribuer des informations qu'on ne possède pas. Suffit de prendre le coup de main. D'éluder les questions. De projeter une illusion d'amabilité.

Je ne possède pas encore mon propre téléphone mais ça viendra. Arrivé ce matin en Colissimo. La semaine prochaine, me souffle mon supérieur, tu pourras commencer à répondre au téléphone. Je dis ok mais en vrai je pense un super... que je ne laisse pas filtrer. Pas que je n'ai pas déjà eu à prendre le standard pour dépanner. C'est déjà arrivé plusieurs fois, notamment lorsque mon supérieur est en pause. La joie de se retrouver face à une voix qui exige tel produit aux telles dimensions pour tel usage quand le site de l'entreprise sur lequel je pourrais fouiller à sa place se met à ramer grave. Joie.

Grosso modo, on prend le coup de main. Ce n'est que trois jours par semaine, ça passe vite. Ce n'est pas quelque chose qui me passionne, tant mieux, l'objectif étant quand même de rester concentré sur Coup de tête et le reste. Prochaine étape : essayer de profiter de ma pause déjeuner

Tu viens manger avec nous ?, y a un super japonais au coin de la rue tu vas voir. Répondre que non, c'est bon, je suis bien là, devant l'écran, avec ma salade-sous-vide-à-3€ et mon pitch-pépites.


pour poursuivre mes corrections/relectures/réécritures de Coup de tête. Histoire de ne pas perdre la main. De ne pas me laisser distancer par le texte. C'est tellement facile d'y perdre pied, je ne tiens pas à tout reprendre encore.

mardi 14 octobre 2008

Et le vent souffle, qu'est-ce qu'on y peut

Et cette chanson en gros je l'avais grossièrement oubliée, dommage puisqu'il s'agit de la seule chanson d'Arcade Fire que j'aime vraiment, capable de l'écouter vingt fois de suite malgré les répétitions. Puis de cette chanson vers des instants régurgités comme une éponge. Je me rappelle un air qui me trotte en tête et le contexte de leurs écoutes importantes se libèrent. En l'occurrence dans une rue de Morlaix sous le crachin breton.

Je marchais sec sur les pavés d'une rue piétonne au nom sans importance, puis j'arrivais place Allende,


des fois c'était le marché dès neuf heures du matin avec les poissons et les odeurs autour, des fois je me contentais juste d'enjamber les poireaux écrasés par terre et, bien sûr, d'autres fois c'était pas le marché, c'était juste un parking avec des rues piétonnes normales


il crachotait vaguement et moi je me glissais mon MP3 autour de la tête histoire de capter une ou deux (souvent deux) chansons avant d'aller bosser à la librairie. Souvent passait Cold wind rarement par hasard d'ailleurs. D'autres fois, souvent, c'était Like a rolling stone parce qu'à ce moment là je découvrais Dylan en lisant François Bon. Des fois Cold wind je le mettais deux fois de suite, puis encore au retour après midi pour regagner le Marchallac'h. En marchant sec sur les pavés piétons, Cold Wind par dessus le vrai vent froid crachoté, je me disais que cette chanson, elle convenait parfaitement à Coup de tête et qu'au moment de me lancer dans l'écriture du troisième jet encore en gestation, il me faudrait travailler avec elle, avec cet air, avec sa voix. Puis de mois en mois, j'ai laissé les pavés humides-piétons et Morlaix avec et j'ai oublié cette histoire de chanson. Je suis même incapable aujourd'hui de me souvenir pourquoi, au juste, cette chanson, plutôt qu'une autre, conviendrait parfaitement à Coup de tête.


En réalité chanson empruntée à l'atmosphère audio de Six Feet Under. Avant-dernier épisode de la dernière saison (511), DVD 4. A la base c'est comme ça que je la découvre et après tout peut-être n'existe-t-elle nulle part ailleurs. L'épisode s'appelle Static

Je ne regarde pas la caméra arriver vers moi parce que je regarde dans le vide, contrairement à tous ces autres corps qui comatent en silence dans le silence du bus. Ma voiture crashée-retournée sur un chemin en pleine cambrousse, mon corbillard vert foutu, vendu huit cents et quelques dollars pour les pièces détachées. Mon regard perdu sur l'ombre extérieure, il fait nuit, nuit éclatée de lumières électriques ici et là, ville en sommeil qui ne dort pas, on voit mon visage flou au premier plan mais net dans le reflet de la vitre, perdu dehors et pris dedans, traversé par les lueurs trop ternes puis

Je ferme les yeux secs, rictus dur d'un visage lourd, mon corps gonflé par ma peau grasse, le ventre rond d'un gosse pas assez cuit qui sort trop tôt. Je cris déformé par mes traits tirés puis bascule vers l'arrière sur l'oreiller blanc. Mon bébé va bien dites moi est-ce que mon bébé va s'en sortir ? puis

Je la regarde depuis l'envers de mon masque, quel soulagement qu'elle puisse m'avoir, elle ne peut pas voir combien j'ai peur, je lui tiens la main, son corps meurtri par les contractions, je ne sais pas si sa question m'est adressée et si je suis censée y répondre mais je le fais. Juste continue de pousser continue de pousser et je lui tiens les mains mon Dieu c'est bien tout ce que je peux faire, c'est bien la dernière chose je peux faire pour lui puis

Je la regarde le temps d'un battement de paupière jusqu'à ce qu'elle comprenne que je ne peux pas la regarder car je n'existe pas je suis juste la figure inquiète de ses propres petits cauchemars paranoïaques puis

Je pousse une dernière fois et le gosse ne tombe pas je dis putain comme si je le pensais et mes yeux déformés par la pression par dessus qui s'y pose, la souffrance que ça peut être parce que la musique traîne avant l'habituel fondu au blanc puis noir et crédits qui s'enchainent.


et on se demande franchement comment c'est censé se passer plus mal, et si c'est possible que ça se passe plus mal, avant qu'encore une fois tout se termine. Mais la musique reste et revient sous l'air aléatoire de l'Archos, depuis ma poche de blouson, anciennement droite, désormais gauche.

.


Coup de tête avance bon train, avance en double si je puis dire : poursuite des relectures de la première partie (un peu plus de la moitié à présent) et réécriture en parallèle de la deuxième. Pas même besoin de retourner Gare de Lyon car tout est déjà clair. Puis de poser ma tasse

thé-thérapeutique pour soigner crève récalcitrante ramenée de ce week-end sans doute


boire du thé citron (et je n'en bois généralement que lorsque je suis malade en réalité) me ramène vers ces jours de froid où l'on s'enfermait au Voltaire, face de la Fac, au lieu d'aller bosser sur Dieu sait quoi on avait pas envie de bosser, puis commander un thé citron avec la rondelle au fond de la tasse et le sucre que j'avais même pas besoin de rajouter


puis boire du thé-citron-chimique entre deux heures d'anglais le lundi matin directement piqué depuis le gobelet à F. également


sur le bureau côté gauche avec notes étalées en vrac sur le plateau en dessous et futurs livres à lire posés au dessus, écran allumé sur ma page de Coup de tête du moment, ça me donne l'impression d'avoir exactement ce que j'ai toujours voulu : ma vie centrée sur et par l'écriture (et ce ne sont pas mes douze heures hebdomadaires de tire-bouchon qui viendront vraiment bouleverser tout ça).

D'autres projets parallèles aussi, des concours de courts pour la plupart, car j'aimerais commencer à caser quelques textes dans diverses revues ou anthologies ou autres. Des idées frémissantes mais une idée centrale qui devrait articuler les autres, celle d'une infirmière ou aide-soignante de Careysall

car plus j'y pense et plus j'en viens à croire que Careysall est un terrain de nouvelles, de fictions courtes, d'évènements brefs


qui s'appellerait Johnny Silmograth ou quelque chose comme ça mais peut-être qu'on ne connaîtrait pas son nom

les noms de personnages, c'est tellement accessoire et dispensable que je trouve parfois peu naturel et obscène de les mentionner textuellement


et qui s'éprendrait de l'un de ses patients genre phase terminale. Parfois, ce patient est un adolescent type Amaury, parfois c'est une femme d'âge indéterminé victime de la mémoire (Cette mort). Parfois c'est encore une forme vague d'homme replié et mou plongé en terre. A creuser (jeu de mot).

Enfin, dernier truc apparu, ce concours de synopsis contre l'homophobie lancé par le Ministère de la Santé. Au bout, la réalisation d'une poignée de courts-métrages censés prêcher contre l'homophobie. Un peu moins de quatre milles cinq cents caractères torchés tout à l'heure dans l'inspiration du moment. Ce serait un texte-témoignage qui s'intitulerait Martyr plastique (avec Manuel Jodorov en gay-star) mais je le vois plus comme un exercice de style que comme un synopsis. Assez motivé par le truc mais le truc en lui-même est relativement difficile à satisfaire

votre histoire est, ça dit, imaginaire ou réelle, triste ou gaie, mais traitée de manière positive pour ne jamais susciter le désespoir


puis en lisant ça je me vois dans un reflet fictif et je me dis hmm tu n'es pas vraiment du genre à ne pas susciter le désespoir.


donc honnêtement je pense être totalement hors-sujet, comme souvent lorsque j'envoie des courts.

hypothèse vis à vis du pourquoi du comment : je me sabote plus ou moins consciemment en envoyant des textes inadaptés aux concours ou appels à texte que je sélectionne pour ne pas avoir à échouer en jouant selon les règles. Je ne mets pas mon baudrier, quoi, selon ma propre petite métaphore personnelle.


Peu importe, l'idée est forte, s'est imposée d'elle-même, c'est un signe. Au pire, je publierai l'histoire ici ou ailleurs.

lundi 13 octobre 2008

Ondes courtes

...tout passe par les ondes ; je reçois fin de matinée un coup de fil d'une voix qui m'annonce que mon profil les intéresse rapport au CV que je leur ai envoyé Dieu sait quand ; je dis cool mais quelle annonce ? ; alors la voix me dit son nom et m'explique que son entreprise fait ceci et cela ; je dis ok mais je vois toujours pas qui vous êtes (pas comme ça mais ça veut dire ce que ça veut dire) ; puis ensuite il m'explique que son entreprise vend et exporte des tire-bouchons alors ça fait tilt et je me rappelle enfin de qui est qui et pourquoi ils m'appellent ; poste à temps partiel, CDD of course, une douzaine d'heures par semaine, sur Paris, mais au trajet RER très direct donc ok ; veulent me rencontrer demain, me demandent si je suis libre de suite, je dis oui, alors je me prépare implicitement à commencer rapidement si l'entretien de demain est convainquant ; bonne nouvelle, je me dis en raccrochant, puis ensuite je calcule le salaire que je serais censé obtenir et je me pose la question de savoir si c'est vraiment une si bonne nouvelle que ça ; je décide que oui après quelques minutes de grommèlements ; puis retour tâches quotidiennes ; à savoir changer le lapin en écoutant (ondes toujours) François Bon chez Alain Veinstein de l'autre jour (s'inventer en dehors de soi-même, il dit, on peut pas écrire sans passer par les morts, il dit un peu plus tard) ; avant d'enfin m'imaginer mon casque-audio sur la tête à disperser des ondes garnies de tire-bouchons dans toute la France et au-delà (sur fond de cold wind cold wind cold wind blowing, etc.) ; du moment qu'elles sont pas cancérigènes...

Arcade Fire - Cold Wind - Six Feet Under, Volume 2: Everything Ends

lundi 22 septembre 2008

Fantômes en spray

...un peu l'impression de rester cloîtré sur le Maid of Palestine avec le narrateur schizophrène de La vitesse des choses ; alors ok on voit défiler le monde autour mais soyons honnête, on ne le voit défiler que depuis l'envers d'un hublot un peu terne donc bon ; depuis deux semaines que je me règle tous les matins sur radio-anpe rien n'arrive (mer d'huile faut croire) ; des CV-lettres de motivation envoyées il y en a eu, et pas qu'un peu, simplement de l'autre côté il n'y a rien ; aucun retour ; que dalle ; à croire que moi aussi je suis l'un de ces fantômes en spray qui sature le pont du Maid of Palestine (ou S.S. Quantum) ; à croire que moi aussi je parle aux morts enfermé dans la chambre froide au sous-sol sauf que les morts ne me répondent pas ; ils ne me demandent même pas de les regarder (je veux que tu me regardes... voilà... c'est mieux maintenant) ; alors bon je continue d'envoyer ce que je suis censé envoyer en me disant un jour où l'autre ça finira bien par ; pour autant mes journées ne sont pas vides ; l'impression de revivre sans arrêt les mêmes heures façon Un jour sans fin (Bill Murray en moins) ; cette journée d'août 2004 ou 2005 je sais plus et tout se répète en permanence, les moindres mots, les moindres pas ; mon narrateur déambule puis marche arrière il revient sur le parvis de la gare à se faire engueuler par un type dont il ne connaît même pas le nom ; un type qui pourrait bien être un fantôme lui aussi ; puis il remonte la rue du tram jusqu'à chez lui et on revient sur le moment où il se dit ok je me tire et c'est ce qu'il fait, bien avant de mourir à son tour, cervicales éclatées sur le chaud de la route ; un fantôme à l'envers somme toute ; je préfère le laisser sur le bord du plongeoir à attendre que le signale éclate ; Ajay en ligne de mire ; tous les fantômes de sa vie d'avant réunis autour ; c'est plus calme ; c'est plus doux ; c'est plus digne ; j'aimerais quand même qu'on me réponde ; qu'on me force à sortir ; qu'on m'impose des heures fixes ; sinon le moteur tourne à vide ; sinon je reste bloqué entre les mêmes journées caniculaires à jongler entre avance et retour rapide sans trop me décider sur quelle image mettre pause ; paraît que c'est aussi ça le S.S. Quantum...


Scott Matthew - Amputee

samedi 26 mai 2007

Dexter

Le grand amateur de séries télé que je suis n'a pas pu se retenir d'écrire quelques lignes sur la « révélation » de l'année : Dexter. Adaptée d'une série de romans de Jeff Lindsay, la saison 1 de Dexter est depuis peu diffusée par Canal + dans son créneau du jeudi soir alors qu'aux Etats Unis la diffusion est terminée depuis quelques temps sur la chaîne Showtime. Inutile de préciser que si je prends le temps de vous en parler, c'est que cette série m'a beaucoup plu et que je souhaite partager avec vous ce nouveau « coup de coeur ».



Le concept de la série est simple et efficace : le spectateur suit Dexter Morgan (à la fois personnage principal et narrateur/voix off de la série), « rat de laboratoire » de la police de Miami, spécialisé dans les taches de sang et, accessoirement, tueur en série à ses heures perdues. Dexter est ainsi méticuleux, rigoureux et professionnel, ne laissant jamais rien au hasard, n'oubliant derrière lui aucun indice ou preuve compromettante. Il faut dire que c'est son flic de père adoptif (Harry Morgan) qui lui a tout enseigné : s'étant rendu compte de la « particularité » de son fils, il lui inculque un « code » pour lui permettre de survivre. Il lui enseigne également un semblant de morale : il ne doit tuer que ceux qui le « méritent » (assassins, violeurs, trafiquants, tous inaccessibles des services de police ou ayant bénéficié de failles du système), lui permettant ainsi d'assouvir ses pulsions (son identité) tout en rendant un minimum « justice » à la société.

Dexter est donc un de ces héros/antihéros que l'on arrive pas vraiment à cerner comme il en apparaît beaucoup ces derniers temps sur nos petits écrans (Tony Soprano des Sopranos et Vic Mackey de The Shield en tête). Difficile de ne pas l'aimer : « Dex » est le gendre idéal, gentil, serviable, efficace dans son travail et toujours prêt à simuler un semblant d'humanité. Mais difficile également de cautionner ses pratiques, qui mettent souvent le spectateur dans une position assez inconfortable. La frontière entre bien et mal s'efface progressivement et quelques relations perverses se mettent vite en place entre les différents personnages, instaurant de fait un climat perpétuellement inhabituel, d'où naît l'originalité de la série.

Mais sa (très) bonne qualité ne se limite pas au concept de départ, somme toute un peu léger (les bouquins de Jeff Lindsay ne sont visiblement pas à la hauteur de son adaptation). La très bonne réalisation de la série y joue également beaucoup. C'est tout d'abord une équipe rodée qui se charge d'encadrer la bête : James Manos Jr (The Sopranos) en est le scénariste, pendant que Michael Cuesta (réalisateur de quelques épisodes de Six Feet Under et à qui l'on doit les prometteurs LIE et 12 and holding) produit et réalise un certain nombre d'épisodes, le tout dans un style très léché, souvent superbe (en témoigne le générique génial proposé ci-dessous). Enfin (surtout), on note l'extraordinaire performance de Micheal C. Hall (qui jouait le rôle de David dans Six Feet Under) dans le rôle titre, un rôle aux antipodes de celui de SFU, un rôle maîtrisé de main de maître, puisqu'à aucun moment (aucun !) on ne retrouve le David que l'on connaissait : Dexter l'a complètement absorbé (la métamorphose est saisissante : Dexter est tout ce que David n'était pas, confiant, sûr de lui, froid, calculateur, sexy, etc.). Le reste du casting est également très efficace, ainsi que la bande son et le décor urbain qui l'environnent : une ville de Miami qui assume sa part importante dans le déroulement de l'intrigue, avec sa chaleur caniculaire, ses rythmes latinos et sa perpétuelle humidité.

Ce qui impressionne surtout dans Dexter, plus que le point de départ, c'est le traitement intelligent des personnages secondaires. Car ce sont eux, autant que le personnage central, qui portent la série sur leurs épaules. Et de ce côté là, à l'instar de Six Feet Under pour qui ce point-là était déjà une grande réussite, le défi est relevé haut la main : chaque personnage qui entoure Dexter s'impose naturellement avec sa propre personnalité, ses propres doutes et angoisses. Qu'il s'agisse de la petite amie de Dexter, battue par son ex-mari, sa soeur, rookie à la Crim ou des autres inspecteurs, tous réagissent selon leur propre sensibilité, leur propre réalité parallèle (mention particulière à Angel Baptista, mon préféré).
On remarque d'ailleurs bien vite que Dexter n'est pas le seul à simuler sa normalité (grande thématique de la série, si ce n'est la plus importante) : chacun s'insère dans le jeu permanent du manège social, chacun modèle un masque différent pour cacher son « moi obscur ». Il devient d'ailleurs vite bien plus intéressant de suivre les efforts de ces personnages pour paraître normaux, Dexter en tête, plutôt que de s'attacher à comprendre des intrigues policières souvent assez banales et prévisibles. Là n'est pas la question, de toute façon, car Dexter privilégie d'avantage les « plongées » dans les profondeurs de ses personnages que ses intrigues criminelles. L'affaire principale qui occupe l'intégralité de la saison 1 en est d'ailleurs le parfait exemple : très peu de suspens concernant ce « tueur au camion frigorifique » (« ice truck killer »), qui se met à jouer avec Dexter en lui proposant un petit parcours mortuaire au sein de ses propres souvenirs. Les indices et les meurtres s'accumulent (le tout sans une seule goutte de sang, comme vous pouvez le voir sur le second extrait), mais l'on s'intéresse bien plus aux réactions du dit Dexter qu'à l'accomplissement de l'enquête. Le tour de force de la série aura d'ailleurs été de proposer des épisodes totalement « vierges », où il ne se passe presque rien, pour permettre l'approfondissement des caractères des uns et des autres. C'est à ce genre de détail que l'on reconnaît les bonnes séries.

Je ne serais cependant pas aussi dithyrambique que certaines chroniques lues ici ou : Dexter est certainement une bonne série, mais pas aussi dépourvue de défaut qu'on veut bien nous le laisser croire. Pour commencer, le pilote (le premier épisode) est assez maladroit et essaye par tous les moyens de caser trop d'informations pour un spectateur qui n'en a finalement pas besoin. Dans ce même ordre idée, les nombreux flash-backs censés expliciter la condition du personnage clé sont parfois gênants, dans le sens où ses motivations tendent trop à être justifiées, expliquées (un mal américain a priori, tant on retrouve souvent dans ses films ou séries cette manie de toujours vouloir tout montrer, tout relier, quand bien même les effets et les causes ne sont pas toujours entrelacés). Enfin, que penser du format de la série : douze épisodes finalement, c'est trop court, lorsqu'on essaie de mettre en place une telle esthétique de l'ambiance, de l'attente ce qui, on s'en rend compte au terme de la saison, force une accélération trop brutal du rythme final. Ce type de rupture peut fonctionner dans le roman, mais c'est plus difficilement acceptable dans le cadre d'une série où, pour le coup, deux voire trois épisodes supplémentaires n'auraient pas été superflus.



Mais peu importe ces écueils, je les ai formulés pour la forme ; ils titillent légèrement le plaisir du spectateur sans jamais le gêner. Dexter demeure un OVNI très intéressant. Inclassable (ni série policière, ni vraiment autre) Dexter s'impose comme une très bonne surprise, extrêmement bien réalisée, scénarisée et interprétée. On passe volontiers sur les quelques maladresses qui jalonnent ça et là le déroulement de cette première saison et on préférera se focaliser sur les points positifs. Très prenante, cette série mérite également que l'on y revienne plusieurs fois, puisque la trame policière n'en constitue pas le seul et unique intérêt.
Se positionnant comme une série aux limites de la moralité (moralité bien plus malmenée que ne le laisse supposer l'apparent « code de Harry » qui est maladroitement exposé lors du pilote), on se prend bien vite à adorer Dexter ainsi que lui même, secrètement, souhaiterais qu'on l'adore, au grand jour, sans secret, et qu'on le connaisse sous son vrai visage, car c'est bien ça le point fondamental de la série : plonger dans les tréfonds complexes de l'âme humaine pour pouvoir y retrouver une réalité masquée, qu'on ne peut laisser entrevoir aux autres. En cela, bien sûr, Dexter, c'est un peu tout le monde.

vendredi 27 avril 2007

12 and holding

J'avais vu il y a quelques temps déjà Long Island Expressway (ou LIE pour les intimes et les autres), film intelligent et intéressant centré sur l'adolescence et qui a voulu à Michael Cuesta, son réalisateur, de se faire « recruter » pour réaliser quelques épisodes de Six Feet Under. Le bonhomme m'intéressait donc doublement, vous l'aurez compris. Deux ou trois ans plus tard, Michael Cuesta se trouve à la tête d'un nouveau film indépendant prometteur, 12 and holding, illustrant, cette fois-ci, la passerelle entre enfance et adolescence, l'âge charnière des douze ans cher au titre, le tout à travers trois portraits qui se complètent et se croisent. Trois personnages de douze ans, trois univers, trois problèmes existentiels et donc, au final, trois histoires.



Le point de départ de l'intrigue (qui fonctionne comme un prologue) est une histoire de gamins (de « pré-ados » comme on dit) : un conflit entre deux groupes de potes qui dégénère. Il y a une cabane dans l'arbre, eden des héros du film et un accident qui brise brutalement le temps mystérieux de l'enfance, et qui détruit l'arbre en question, la cabane, et aussi le terrain sur lequel elle était érigée. Le petit groupe s'éclate alors et chacun en viendra à s'isoler pour lutter contre ses propres démons.
Il y a d'abord Jacob qui doit faire face au drame psychologique de « l'accident » subi par son frère jumeau et un rapport étrange qui s'instaure entre lui et les deux agresseurs, déclencheurs de l'accident, envoyés en « prison juvénile ». Il y a ensuite Leonard, obèse et privé de son odorat à la suite de l'accident « fondateur » du prologue. Ce manque opère une révolution alimentaire et le pousse à se révolter contre le mode de vie de sa famille, obèse, elle aussi. Enfin, Malee, fille de psy privé de père, s'enamourache d'un homme, un adulte, un des patients de sa mère. Elle croit être devenue adulte trop tôt et se transforme en Lolita moderne en quête de repères et d'affection.
Trois personnages, donc, et un regard porté sur une jeunesse américaine (occidentale ?) enfermée dans une errance identitaire propre à son âge, ces fameux « twelve and holding » reflété par le titre.



Le principal point fort du film réside dans son ingénieuse discrétion. La caméra ne se fait pas remarquer, les acteurs (qui, il ne faut pas hésiter à le souligner, ont tous l'âge correspondant à leur rôle, c'était déjà le cas dans LIE et c'est assez rare pour être mis en valeur) jouent sans complexe, avec une sobriété et un naturel qui impressionne tout au long du film. Rares sont les jugements moraux que l'on s'attendrait à retrouver dans ce type d'oeuvres et les habituels effets cinématographiques renforçant la narration restent dissimulés : on a parfois l'impression de se retrouver dans une sorte de documentaire scénarisé. Le film demeure tout de même drôle, par moment, quand il le faut, sans excès ni comique exagéré. Juste quelques scènes, de temps en temps.

Le montage est également une étape qui a visiblement été soignée : les trois histoires s'enchevêtrent, se croisent et se succèdent sans jamais lasser, ni laisser des effets de suspens trop déstabilisant. On passe naturellement d'un personnage à l'autre parce que les transitions sont appliquées, et que les personnages eux-mêmes se croisent les uns les autres durant leurs errances respectives.
L'équilibre est, lui, géré de main de maître, ce qui veut tout simplement dire qu'à aucun moment une histoire ou un personnage ne prend le pas sur les autres : les trois intrigues connaissent leurs évolutions, leurs points forts et leurs acmés.



Plus particulièrement, on peut quand même souligner la grande finesse des rapports enfants/adultes, principalement caractérisés par la relation ambiguë Malee/l'homme sur lequel elle a « flashé ». Mais le rôle des parents n'est également pas à négliger : ils apparaissent sur le même niveau que leurs progénitures, c'est à dire en crise, en perpétuelle perte d'équilibre, jamais sûrs de leurs décisions, de leurs comportements. Le manichéisme dans le comportement enfants/adultes est de fait évité et ce n'est pas plus mal, de même que de nombreux clichés habituels des films et/ou séries télé destinés à cette tranche d'âge et, là encore, on en est reconnaissant.

Passé ces points positifs, qui marquent quand même la lecture du film, quelques écarts de conduite auraient sans doute pu être évité. Quelques symboliques un peu trop tarte à la crème, par exemple (on construit une maison sur le terrain qui représente l'enfance des personnages), ainsi que la fin du film, pour moi beaucoup trop ancrée dans une réalité improbable, qui, pour le coup, se rapproche plutôt des films et séries dont je parlais précédemment. Une facilité qui détonne par rapport au reste du film, comme si ces personnages qui suscitent beaucoup d'affection et auxquels on s'attache ne pouvaient pas se détacher du syndrome : tout doit être résolu. Mais heureusement, ces bémols n'entachent que peu la qualité globale du film.

Pourtant 12 and holding est passé relativement inaperçu lors de sa sortie en France, que ce soit aux yeux de la critique ou du public, un peu comme LIE en son temps, d'ailleurs. Dommage. On est visiblement passé à côté de quelque chose. Le sujet du film est pourtant intéressant et finalement très peu abordé au cinéma, quoi qu'on en dise : la fin de l'innocence, le passage à une autre vie que l'on ne peut pas vraiment appeler « adulte ». A l'heure actuelle, je ne sais pas quand ce film sortira en DVD (et s'il est déjà sorti), mais zyeutons tout de même sa sortie, parce que le film vaut sans aucun doute l'attention.

mercredi 13 décembre 2006

Fonds d'écran #1 à #5

Depuis que je possède mon nouveau portable tout jeuli (oui, j'ai un nouveau téléphone portable tout jeuli), soit environ un mois, j'ai décidé d'en changer le fond d'écran une fois par semaine, histoire de ne pas me lasser d'une part et de m'occuper artificiellement de l'autre. En voici donc les cinq premiers, ça mettra un peu d'images et de couleurs dans ce blog parfois monochrome...


#1
Artwork de Miki, personnage d'Utena (dont la pose est on ne peut plus lascive, effectivement). Les couleurs étaient sympas et, au passage, complètement Omega Blue (en plus ça allait bien avec la coque bleue du nouveau portable en question).

#2
La couverture d'un superbe (l'un des meilleurs ?) album de Bowie, j'ai nommé Earthling (1997), l'image en elle-même est très sympa, les couleurs surtout, criardes et assumées... Au passage, l'album est énorme, réalisé en partie avec Trent Reznor de Nine Inch Nails...

#3
Image déjà mise en ligne sur ce blog, à l'occasion de mon billet sur le film Babel. Elle représente l'une des meilleures scènes du film, qui illustre complètement le propos du réalisateur sur la question de la frontière... Superbe photo.

#4
4 Photo étrange tirée de la série Six Feet Under. Il s'agit de l'une des oeuvres brillantes de l'un des personnages, Claire, qui déconstruit les visages des personnes qu'elle photographie, en l'occurence son frère, David. Je ne sais pas pourquoi, mais on a cru deux fois (Elise et Hugo) que c'était George Bush ! O_o

#5
Aaaaaah la superbe affiche du film Eternal Sunshine of the Spotless Mind (Michel Gondry !), tout simplement génial, à l'image du film lui-même, et complètement absurde tout en restant extrêmement symbolique et touchante. J'adore.

Voilà, passionant, n'est-ce pas ? J'aime utiliser mes nouveaux gadgets pour faire des trucs dont tout le monde se fout XD ! A dans cinq semaines pour la suite de la série des fonds d'écran ! ;)

mardi 17 octobre 2006

No comment

samedi 20 mai 2006

C.R.A.Z.Y.

J’ai entendu parler de ce film pour la première fois par hasard, en lisant en diagonale les critiques de Télérama, comme ça, pour passer le temps. La critique en question était plutôt positive (même très positive, en fait, tout comme la majorité de la presse), ce qui m’a motivé pour voir ce film québécois dont je ne connaissais finalement pas grand-chose (le fait que le personnage principal ait une belle gueule et soit fan de Bowie m’ayant déjà convaincu). Je ne suis pas allé le voir au ciné, cela dit, mais je l’ai mis à télécharger (c’est bien entendu une métaphore pour dire que j’ai commencé à économiser pour m’acheter le DVD quand il sortira, je ne fais rien d’illégal, moi… hum…). Je l’ai oublié pendant quelques jours ou semaines et puis voilà que Fanny me parle de ce film il y a deux ou trois jours, film qu’elle est allé voir, elle, au ciné. Ce qu’elle m’en a dit m’a donné envie de le voir et, ça tombe bien, les vacances aidant, je n’ai pas grand-chose à faire de mes journées, j’ai donc programmé ça pour un après-midi.

Bon, on ne va pas tourner en rond pendant cent sept ans : c’est un bon film, une très bonne surprise. Le point de départ est le suivant : le spectateur suit l’évolution d’un personnage, Zac, avant dernier né d’une famille de cinq enfants. Le tout se déroule dans les années soixante-dix/ quatre-vingt et propose de suivre la jeunesse de Zac à travers trois âges : l’enfance, l’adolescence et le début de l’âge adulte. Autour de lui se trouvent ses parents (une mère très croyante et un père fan d’Aznavour un peu en retard sur cette époque de changements permanents) et ses quatre frères (qui sont, bonjour les stéréotypes, l’intello, le rebelle drogué, le sportif et le plus jeune qu’on ne voit que peu souvent). Ajoutez à cela que la mère de Zac est persuadé que celui-ci à des dons (il est né le 25 décembre et aurait des facultés à soigner les coupures ou les brûlures) et vous aurez plus ou moins le tableau du film. Un point de départ assez banal, mais on n’y fait pas réellement attention.

En fait, ce qui est le plus plaisant dans ce film, ce sont les galeries de personnages qui se développent autour de Zac. La famille proche en général et ses parents en particulier, constituant des personnages comiques très réussis, le comique naissant de leurs forts caractères et de leurs grandes différences les un avec les autres. Cela dit, le film n’est pas simplement une comédie, loin de là même. Il s’agit plutôt d’un film « quête d’identité », la quête de Zac qui, au milieu de ses frères qui entrent facilement dans des carcans préétablis (cf. les stéréotypes énoncés plus haut), ne sait pas réellement à quoi se rattacher. Au fil du film, il en viendra à redouter ce qui parait inévitable, ce que son père et lui-même craignent : il devra se confronter à son homosexualité probable. La quête d’identité prend alors un tournant un peu plus brutal, plus dur, où la confrontation avec le père, et au-delà du père toutes les valeurs d’une autre époque, est inévitable.

Cette confrontation, c’est assez intéressant, se fait de façon détournée. C’est la musique qui permet au personnage de se rattacher à une identité. Le fait que l’époque concernée soit les années soixante-dix et quatre-vingt prend alors un rôle important. Pour le père, c’est Aznavour, en plus d’un disque de Country (qui donne son nom au film, d’ailleurs, « Crazy »), qui marque son identité. Il passe en effet son temps à chanter ses chansons (souvent les mêmes), lors des « grandes occasions familiales ». Pour Zac, en revanche, le rattachement à la musique marque une identité opposée au père : le héros du film étant fan de Pink Floyd, Bowie ou des Rolling Stones. Une scène en particulier montre bien cette identification poussée à la musique : à un moment du film, Zac, musique à fond dans sa chambre, chante « Space Oddity », le visage maquillé à la Bowie, avec un éclair rouge sur le front. L’identification à Bowie allant bien sûr dans le sens de son homosexualité « à venir », Bowie étant le symbole de la rupture des clivages homme/femme, d’un « monstre androgyne » inégalé depuis (Ziggy Stardust) et de la naissance d’un nouveau courant, d’une nouvelle musique, d’une nouvelle façon de se voir et de se montrer. L’éclair sur le front marque, lui, l’éclosion d’un être différent et brutal. Pour conforter cette idée, la couverture de « The Dark Side of the Moon » de Pink Floyd au dessus du lit de Zac n’est pas anodine, insistant sur la face caché du personnage de Zac.

Au niveau de la réalisation, là encore, la surprise est agréable. Il s’agit d’un film dynamique, drôle et esthétique, qui emprunte parfois, semble-t-il, à une vision fantasmé du monde que l’on retrouve, par exemple, dans Six Feet Under (les divers fantasmes de Zac pendant la messe de minuit par exemple), tandis que les transitions entre les divers « âges » de la vie du jeune héros sont très bien trouvé (la « transformation » de l’enfant en adolescent, par exemple).

Quand on récapitule, ça fait donc pas mal de bonnes choses. C.R.A.Z.Y. est une quête d’identité intelligente, très bien filmé, parfois drôle, parfois tragique, toujours bien appuyé par le jeu des acteurs et par la bande-son, dont l’importance est primordiale (il est intéressant de noter que le symbole de l’unité père/fils soit symbolisé par un disque, le fameux disque « Crazy »). Un petit bémol vient un peu ternir le tout, cependant : le film étant en québécois, certains dialogues sont parfois durs à suivre (je crois que le film en salles bénéficie de sous-titres, ce qui n’est pas le cas de ma version), notamment ceux contenant des expressions françaises un peu datés, des insultes ou des morceaux d’anglais avec accent. On s’y fait cela dit, même si certaines répliques restent toujours incompressibilités pour moi. L’autre petit défaut concerne peut être la longueur du film, deux heures dix, auxquelles on aurait peut être pu enlever une dizaine de minutes… Mais ces défauts sont des détails mineurs ; je ne sais pas si le film passe toujours, mais si c’est le cas, je le recommande ;) .

vendredi 5 mai 2006

Six Feet Under

Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler d’une série télé. Mais pas de n’importe laquelle série télé, évidemment, puisqu’il s’agit de Six Feet Under, la meilleure série télé de tous les temps et si vous êtes pas d’accord c’est pareil. SFU, c’est une série diffusée depuis entre 2001 et 2005 aux Etats-Unis sur la chaîne HBO, une chaîne un peu décalée, qui propose notamment d’excellentes fictions (les Soprano, Sex in the city, Oz et j’en passe) ce qui est, déjà, un gage de qualité. Ensuite, il faut savoir que le créateur de SFU n’est autre qu’Alan Ball, c'est-à-dire le responsable du scénario oscarisé de l’excellent American Beauty dont je parlerai sans doute un jour dans ce blog. Enfin, SFU, c’est aussi une belle brochette d’acteurs, choisis avec soins, tous excellents, cela va sans dire (j’ai, au passage, ma petite préférence pour le couple Peter Krause/Rachel Griffiths mais passons).

Mais commençons par le plus général : le concept de SFU est en fait de nous montrer le quotidien d’une famille de croque-morts (funeral directors), les Fisher, avec tout ce que ça implique de travail sur les cadavres, d’enterrements mais aussi de quotidiens et d’histoires parallèles. La série débute lorsque le père de famille, Nathaniel Fisher, meure dans un accident de voiture. Sa mort entraînera un mini-boulversement dans sa famille : ses deux fils doivent reprendre le business familial, tandis que sa femme doit commencer à « refaire sa vie ». Bien évidemment, vous l’aurez compris, l’une des grandes forces de cette série, c’est qu’elle parle de la mort. Chose peu évidente, et peu courante pour ce type de format (les saisons sont composées de 13 ou 12 épisodes de 50 minutes environ), mais SFU le fait très bien, notamment grâce à un concept intéressant : chaque épisode commence par une mort. En général, il s’agit du mort dont vont s’occuper les personnages qui travaillent au funérarium. Cette idée très simple s’avère excellente, surtout lorsque les scénaristes commencent un « jeu » avec le spectateur puisque, comme nous savons à l’avance que quelqu’un va mourir, la question du « qui va mourir » se pose rapidement. Ces entames d’épisode ressemblent d’ailleurs au petit jeu pervers qui s’instaurait déjà avec le spectateur dans American Beauty et qui concernait, dans ce film, l’identité du tueur.

Mais ce qui marque surtout, dans SFU, c’est la qualité dont font preuve les scénaristes concernant l’élaboration des personnages. Tous les personnages sont intéressants, attachants et crédibles. TOUS les personnages vous font ressentir quelque chose. Au final, au bout de cinq saisons, soit cinq ans passés en leur compagnie, ils deviennent presque des proches. Ils deviennent presque une part de nous. SFU réalise là quelque chose d’assez étonnant et de pas évident du tout, un peu aidé par le format de la série télé qui fait que le spectateur a plus de facilité à s’attacher aux personnages dans la durée. Les personnages sont donc les suivants (leurs situations sont celles du début de la première saison, soit dit en passant). D’abord, la famille Fisher, où l’on retrouve Ruth, la mère, qui décide de tout, touchée par la mort de son mari mais qui doit aller de l’avant, Nate, le fils aîné, exilé à Seattle (la série se déroule à Los Angeles) qui revient pour prendre la suite de son père dans l’entreprise familiale (contre sa volonté, car il a peur de ce boulot depuis tout petit), David, le second, qui a tout sacrifié pour suivre la voie offerte par son père, homosexuel pas vraiment assumé et qui veut tout contrôler, comme sa mère et puis, enfin, Claire, la petite dernière de 17 ans, encore au lycée et qui se considère comme éloignée du reste de la famille du fait de l’écart important qui la sépare de ses frères. Autour de la famille, gravitent divers personnages, à commencer par Rico, qui travaille pour les Fisher, Brenda que Nate rencontre le jour de la mort de son père, fille de psy et légèrement psychotique elle-même et Keith, le petit ami de David mais qu’il cache au reste de sa famille. Voilà, c’est difficile de résumer aussi bêtement, mais c’est histoire de donner une idée au moins vague de ce qu’est l’univers de SFU…

Le mot est intéressant : univers. Car c’est bien ce qui se forme au fur et à mesure des épisodes, et ce dès la première saison, un univers. Univers visuel, d’abord, où tout est filmé de façon extrêmement « léchée ». Au niveau de la réalisation, ce n’est plus une série, mais bien un film d’auteur de 63 épisodes. Le tout est assez sobrement monté, de manière assez froide, peut être, de manière à montrer des tranches de vie, des tranches de quotidien, qui s’enchaînent, s’emboîtent et se croisent. Comme dans American Beauty, également, l’univers visuel de SFU est rempli de fantasmes, ce qui veut dire que le spectateur voit ce que voient ou pensent ou rêvent les personnages. Evidemment, le tout est superbement fait, notamment dans la gestion des rêves et des hallucinations. Les moments où les personnages lâchent tout pour s’auto-représenter dans une comédie musicale fantasmée sont également excellents. L’univers musical est également élaboré avec soins, se développant autour des musiques de « fond » très sobre avec un superbe générique de Thomas Newman et des chansons pop-rock intelligemment choisies (en vrac, Nina Simone, Coldpay, Sia, etc…). Il en ressort un tout très cohérent et très bien composé, crédible également.

Alors évidemment, on peut émettre un petit bémol, et encore, je le transformerai pour ma part en qualité : il parait évident que la série a été très bien pensée, « marketingment » parlant. Car SFU parle à à peu près tout le monde, de ce point de vu, l’étude de marché a été très bien faite. Il y a une mère de famille, d’une cinquantaine d’année, un trentenaire qui ne s’engage pas, un homo, une ado, un latino, un noir, etc. Ce qui veut dire que chacun a son petit quart d’heure qui l’intéresse un peu plus que les autres. J’imagine bien que ce n’est pas un hasard, mais en fait ce n’est pas grave, l’important étant que les personnages « fonctionnent ».

S’il fallait ne garder qu’une seule série de ce format, je choisirai SFU sans hésiter. C’est difficile à expliquer. Les personnages, comme je l’ai dit plus haut, sont très vrais, très attachants et très additifs. On se surprend d’ailleurs à ressentir les évènements bien plus réellement qu’on le devrait et les montées de larmes ne sont pas rares, et muent facilement en véritables pleures, notamment lors du dernier épisode, si particulier dont je ne parlerai évidemment pas. Les scènes de crises, de douleurs et de larmes sont tellement évidentes, tellement vraies dans SFU, qu’on se prend vite au jeu, croyant peut être que ces gens derrière l’écran sont vrais… C’est peut être une opinion très personnelle, mais les messages sur les divers forums de fans sont souvent similaires : lorsqu’on se prend au jeu, lorsqu’on devient dépendant de la série, on ne peut plus rien faire, on vit avec ces personnages et ils vivent avec nous…

Bien évidemment, je conseille à quiconque qui lit ces lignes de foncer et de se procurer (de quelques manières que ce soit) les 63 épisodes de cette superbe série. Vraiment, j’insiste : cette série dépasse le cadre de la « simple » série télé. C’est une œuvre d’art, au même titre qu’un bon film ou qu’un bon livre avec, en plus, la particularité qu’apporte le genre, c'est-à-dire de suivre la vie et l’évolution des personnages pendant longtemps (une soixantaine d’heure, le calcul est vite fait). Donc foncez et plus vite que ça !

Note : j’ai ajouté trois morceaux tirés de la bande son de Six Feet Under à la « Oblue Radio », c'est-à-dire « Feeling Good » (Nina Simone), « Waiting » (The Devlins, un remix à priori) et « Breathe Me » (Sia).

mardi 25 avril 2006

Migraine

Je n’ai pas vraiment pu profiter du début de mes vacances (note : je suis en vacances pour une semaine depuis hier, quatre heures), hier, des suites d’une sacrée « prise de tête », c’est le cas de le dire. Rentré à six heures et demi à peu près (pour cause de glandage en ville et déambulation d’après cours chiants), début de la migraine environ une demie heure après. C’est bizarre, mais c’est comme si c’était en fait des maux de têtes à retardement. Car on a passé une bonne partie de la journée à glander dehors, au soleil, où il faisait chaud et où, contrairement à ce à quoi j’aurai pu m’attendre, je n’ai pas du tout eu mal à la tête (en général, le moindre rayon de soleil me donne au moins un fond de migraine). Je n’ai donc rien ressenti de la journée, sauf quand je suis rentré, où j’ai l’impression que tout c’est concentré « à retardement ».

Enfin, c’est venu progressivement et ça m’a conduit à ne vite plus pouvoir rien supporter. Impossible de manger (mais c’est pas grave, parce que mon Bolino était vert et faisait des bulles O_o) et bientôt impossible de regarder l’un des derniers épisodes de Six feet underqu’il me reste ( !). J’ai été obligé de l’arrêter à la moitié. Impossible de rester dans une pièce avec un minimum de lumière ou de bruit ou de gens. Impossible de rester debout, aussi. Je me suis donc couché à huit heures et demi (la claaaaaasse).

Mais là encore, ce n’est pas fini, ce serait trop simple. Car même allongé dans le noir, les yeux fermés, les portes fermées, l’ordi éteint, la tête sous la couette, j’ai quand même cette espèce de truc qui bat contre mon crâne. J’ai l’impression d’avoir trop de sang dans la tête, du sang qui se déchaîne à chaque battement de cœur. J’ai l’impression que mon œil droit est dans une main qui se ferme progressivement. Et puis la douleur envahit aussi mon oreille droite, une partie de la mâchoire (toujours côté droit) avant que je ne commence aussi à avoir mal dans les côtes, côté gauche, quand je respire, pour une raison totalement étrangère à cette migraine pénible. Je ne mentionne pas, bien sûr, les divers bruits dans la maison qui se transforme en agression : bruit du micro-ondes, du lave-vaisselle, de la télé, bruit des portes qui s’ouvrent ou qui se ferment, voix, pas sur le carrelage et ainsi de suite. Tout ça se transforme peu à peu en une interminable séance d’écrasement du cerveau. Impossible de penser à peu près correctement, aussi, évidemment.


Trouvé en tapant "migraine" sur Google Image...

Réveil ce matin, douze heures plus tard environ. La douleur a semble-t-il disparue. Il ne reste qu’un « fond » qui est de toute façon là en quasi permanence en temps normal. La douleur dans les côtes s’estompe également… Je ne sais pas trop quoi en penser, car j’ai déjà eu une grosse migraine ce week-end (samedi, je crois), mais que hier a dépassé tout ce que j’avais connu jusque là, et pourtant j’ai l’habitude des maux de têtes. Je n’avais jamais connu une douleur d’une telle violence, si fulgurante et si longtemps… (C’est sans doute dû à un excès de téléphone portable ou de wifi ou de soleil ou de mauvaises notes… Ou peut être un peu tout ça mélangé…)

samedi 1 avril 2006

Coïncidence (?)

Tout d'abord, petit copié/collé d'un script d'un épisode de Friends (saison 1), car je ne pouvais pas m'en empêcher XD...

Phoebe : You guys, you know what I just realized? ’Joker’ is ’poker’ with a ’J.’ Coincidence?
Chandler : Hey, that’s... that’s ’joincidence’ with a ’C’!

Hier, je suis sorti un petit peu histoire de trouver quelque chose à raconter. Marre d'écrire cette pièce qui non seulement n'avance pas mais est incroyablement maladroite, mare de meubler sur dix pages pour un autre épisode de Mécanismes (mais ça viendra quand même cela dit), mare de rester à tourner en rond en ruminant ma déprime post épisode de Six Feet Under (la saison trois est on ne peut plus dépressivante à ce sujet...). Je sais que j'ai l'air en colère, mais c'est faux. Il faut juste que je sorte un peu.

Donc je sors. Je vais un peu n'importe où, sans trop réfléchir. Ou plutôt si, je réfléchis à ce que je pourrais faire, à ce que je voudrais faire. Alors je marche, un peu vite, ma main droite englué dans la poche droite de mon blouson (lecteur MP3 oblige, il faut toujours que je puisse contrôler ce qui passe dans mes oreilles). Je vais jusqu'au musée. Ce n'est pas très loin, pour ceux qui connaissent. Un tram passe au moment où moi-même je me trouve devant l'arrêt. Il s'arrête. Je monte. Je ne vois pas très bien où je pourrais aller, mais ce n'est pas grave. J'ai déjà trouvé l'idée de mon personnage. Un personnage-narrateur qui, pour une fois, ne sera pas complètement dépourvu de personnalité. Il sera juste dépourvu de main droite, c'est déjà pas mal. Je vais jusqu'à l'hôpital, parce que c'est le terminus. C'est là que le tram fait demi-tour. Je descends. Je remonte jusqu'à l'arrêt suivant. J’attends. Je n'ai rien de mieux à faire. Le tram revient, c'est le même que celui que je viens de quitter. Il a juste attendu un peu avant de repartir. Je remonte. Les choses s'éclaircissent. Les chansons passent dans mon lecteur sans que je m'en aperçoive réellement. Le tram s'arrête à l'arrêt du musée. Il ne repart pas. Les trams sont bloqués à cause d'une manifestation. Tout le monde soupire, moi, je souris. Ce tram, le même qu'à l'aller, s'arrête au même arrêt que celui où j'étais monté, parque une coïncidence avait fait que je passais devant au moment où il ouvrait ses portes. Le voilà donc qui s'arrête encore, au même endroit, et qu'il me demande de descendre. Coïncidence ? Comme beaucoup d'autres passagers, je ne descends pas. J'attends. Je ne suis pas pressé. La musique est agréable. Je me dis que je ne sortirais de ce tram qu'après avoir trouvé une phrase de début pour ce nouveau projet de chose à écrire. Je cherche. Je regarde autour de moi. Je vois une BMW garée juste en face. Bingo ! Ce n'est pas aussi simple que ça, mais c'est presque ça. Vous comprendrez quand (ou si) vous lirez le texte en question. Je sors brusquement. Mission accomplie. C'est là que mon lecteur MP3 décide de manquer de batteries. Au moment où je sors de ce tram-coïncidence. Coïncidence ?

Je rentre et je commence à écrire ce truc. Ca s'appelle "Coup de tête", le titre est venu tout seul et j'ai décidé de l'écrire avec l'OST de Rez en fond (aide) sonore. J'ai continué ce matin, et à l'instant même. Ce n'est pas mauvais. Ce n'est pas encore bon. Ce n'est pas encore fini, non plus, et ça ressemble encore trop à du Tom Spanbauer. Mais c'est un début. Je vais continuer de sculpter ce premier jet afin d'en faire une statue acceptable. Avec un peu de chance, ça me plaira peut-être. Coïncidence ? Eh c'est "joïncidence", avec un "c" !

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