Mes trucs




Fictions du bord de l'oeil /
17h34 |
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lundi 12 juillet 2010
Par Guillaume Vissac le lundi 12 juillet 2010, 22:47 - Journal
vendredi 14 mai 2010
Par Guillaume Vissac le vendredi 14 mai 2010, 19:36 - Journal
Naples, lundi 22 Février. – Travaillé une partie de la nuit, in fact it was 4 a.m. When I went to bed, lavorando per il MS Autographe cioè per Jean Royère. – Alzato tardi, e usciti insieme per dejeûner, this time D'A Bersagliera cioè nell'altro ristorante « sotto ripa » in faccia al Castel dell' Ovo. – Puis promenade à pied Villa Francesco De Sanctis. Retour à pied le long de la mer, et donné les photos (anche quelle fatte a Civitavecchia, Ostia e Roma) à développer dans une boutique voisine du Continentale. - Un heure dans la chambre, puis sortie en tram 18 jusqu'à la Poste Centrale où j'ai trouvé un petit courrier (nouvelles de Valbois, un mot de Jean Paulhan, une lettre de Giovanni Comisso, de San Remo ; etc.) A pied Pza Dante, et tram n°7 pour le Vomero, jusqu'à Pza Vanvitelli. Assez ému par ce retour « au pays » : mon quartier, mes fenêtres (devenues, depuis, celles de Lucas Letheil dans Mon plus secret conseil...). Aucun changement dans l'architecture, mais un plus grand nombre de magasins, et mieux éclairés, tant via Scalatti que Pza Vanvitelli. La « Grocery » qui était en face de ma fenêtre sur la rue qui mène au funiculaire de la Chiaha, s'est déplacée et a été remplacée par une pâtisserie-caffè, dont l'enseigne est : Unica. Nous avons flâné là un moment, pris un léger goûter, et fait de petits achats de bouche, redescendant en ville par un tram 28, qui fait un long circuit par la via Tasso, le Corso Vittorio Emanuele, la via dei Mille, v. Domenico Morelli, etc., passant près de l'endroit où Lucas Letheil trouve la carrozzella qui mène à la Gare Centrale. (J'y ai pensé avec une telle intensité en composant Mon plus secret conseil..., j'y suis effectivement revenu en pensée, qu'à présent mes souvenirs personnels liés à ces endroits-là (mais pas ceux du Vomero même, ceux que j'ai appliqués à la descente de Lucas Letheil seulement) ont cédé la place à ces souvenirs imaginaires ; et je conçois comment beaucoup de légendes ont pu se former ; comment, par exemple, quelqu'un qui n'aurait jamais vu le Pape, ne serait jamais allé à Rome, pourrait, après avoir lu des récits de cérémonies dans S. Pierre et y avoir beaucoup pensé, être certain, après un grand nombre d'années, d'avoir le Pape, d'être allé à Rome, etc. Voici l'explication : j'ai fait, en 1904, à plusieurs reprises, entièrement et en parties, cette descente du Vomero à la Chiaja, à pied ; mais toujours dans des circonstances banales, indifférentes ; tandis que j'ai fait faire cette même descente à mon personnage dans des circonstances pour lui exceptionnelles et quasiment dramatiques ; je l'ai refaite avec lui, dans sa peau, partageant ses sentiments, son inquiétude, ses préoccupations etc. ; et il est assez naturel que maintenant les souvenirs de mes promenades de 1904 entre le Vomero et le Chiaja, souvenirs du décor, des lieux, se trouvent indissolublement liés à mon personnage et à son action dans ces lieux ; de sorte qu'en revoyant le coin de la via dei Mille je pense aussitôt à Lucas Letheil trouvant là la première carrozzella de la journée.
Valery Larbaud, D'Annecy à Corfou in Journal, Gallimard, p.922-923.
lundi 1 mars 2010
Par Guillaume Vissac le lundi 1 mars 2010, 20:38 - Journal
Mangez-moi est un texte proposé par Marina Damestoy sur Publie.net depuis une petite semaine. Dans la lignée de La crise, lu dans le même mouvement, dans le même mouvement de tête aussi, regard de l'oeil nu sur le trottoir, réalité fragmentée d'un monde en dessous du nôtre qui est pourtant le nôtre. Comme La crise encore (mais aussi comme celle du logement & des peurs primaires ?), le format suivi est celui du fragment : forme courte, notes prises en marchant, et compilées après, plus tard. Mais les notes restent : de terrain bien sûr, embarquées, au plus près du sujet. a href="http://www.publie.net/tnc/spip.php?article309">Mangez-moi est une chronique vivante (et politique) de notre rapport au monde, rapport à l'autre, rapport à la ville. Extraits (quatre).
Quand la ville nous rend stériles. Quand un poids indicible écrase nos visages. Nous en sommes à absorber ce qui peut nous hisser hors du lieu où nous choisissons de vivre... lutter contre ce pourquoi nous travaillons, ce à quoi chacun contribue.
Je regarde sur l'étalage : un médicament pour calmer les nerfs, le stress, le surmenage, la fatigue mentale, les troubles psychiques, les tentions anxieuses, l'instabilité émotionnelle, les manifestations somatiques de notre peur d'être au monde, les troubles fonctionnels, spasmes, convulsions, cachexie,... Le nom du produit : Xanax, Prozac, Urbanil, annihilateur de ce que nous extirpe de la ville.
Médicament pour citadins, produit par la ville et pour la ville. Autrement dit, substances issues de ce qui consti-tue nos maux, crées par eux pour nous permettre de nous armer contre eux, afin de mieux en faire partie.
Être contre, c'est être tout contre, lisais-je. Je ne vois plus de choix, j'en gobe pas mal.
Marina Damestoy, Mangez-moi, Publie.net, P.35
Je laisse traîner mes pensées sur des phrases. Je laisse tomber ces mots-véhicules au hasard de papiers que des yeux survolent. Je laisse glisser ces feuilles entre des mains intruses et l'autre devient détective, témoin – voyeur qui s'ignorait.
P.101
Un squat est une maison de bris d'ardoise pour mauvais élèves. Sous la craie, poudre de dope, je suis l'agneau planqué qu'on va bientôt bouffer.
P.104
Angoisse parce qu'en moi est la merde. Mon ventre porte éventuellement la vie mais surtout la chair putréfiée des aliments. Comment s'épanouir sachant que ces denrées ingérées en mon sein me font vivre par fermentation, asphyxie, déliquescence. Je vis par la mort et détruit par mon transit. Intestins, symboles de la gadoue-ma vie.Message à V. : voilà un truc susceptible de t'intéresser !
P.131
vendredi 13 novembre 2009
Par Guillaume Vissac le vendredi 13 novembre 2009, 16:33 - Journal
Aujourd'hui vendredi 13, vu dans le miroir un premier poil poussé sous la gorge, entre clavicules. Observé à la loupe, curiosité. Quel âge avoir ? Quand est-ce qu'on est ? J'en ai craché par terre. Je détesterai que cela puisse se produire encore : j'ai eu la sensation très réelle (et donc la certitude) que je n'avais pas été assez désiré, et je ne peux être désiré qu'imberbe.
Une fois arraché, je trouverai bien d'autres dizaines de corps sans visages qui voudront bien me baiser imberbe et recommencer. Qu'au moins cette image là s'accroche et qu'ils daignent bien s'y laisser prendre.
Aujourd'hui vendredi 13, métro du jour d'avant, l'un de ces vieux types au pardessus passé collait sa bite contre le cul d'une fille, elle-même plaquée contre la vitre. Le wagon était vide hormis nous trois, alors je me suis collé à lui à mon tour pour voir ce qu'il dirait ou bien pourrait sentir.
mardi 20 octobre 2009
Par Guillaume Vissac le mardi 20 octobre 2009, 16:19 - Journal

Il a commencé par : quand j'avais quinze ans, mon père était vivant, je détestais mon père. On n'habitait pas là, on habitait ailleurs, j'avais une chambre à moi. Il a invité un gamin de mon âge, il avait quoi deux ans trois ans de plus que moi, ok, mais moi je savais qu'il avait mon âge, qu'il était de mon monde je veux dire et pas celui de mon père. Dans d'autres vies ça aurait pu être mon pote ou un connard qui t'agresse après les cours à coups de barre de fer mais au moins, tu vois, ça aurait été normal. Je sais pas pourquoi il est venu vivre avec nous, j'ai pas demandé et je m'en foutais, dans ma tête il avait pas de famille et c'était mieux comme ça. La nuit ma chambre c'était sa chambre, mon lit c'était son lit, mes murs c'était ses murs. Moi je dormais ailleurs dans une autre pièce, une pièce qui était pas une chambre. Des fois il se tirait pendant des semaines, on le revoyait même pas. Des fois il revenait pendant des mois, il vivait avec nous. J'en ai jamais parlé à mon père. J'ai jamais parlé avec mon père. Quand il me parlait, lui, je lui répondais d'aller se faire foutre et honnêtement j'avais raison. Je veux dire : c'était ce que je pensais vraiment, vraiment quand je le voyais. Je me barrais en claquant la porte, y a des nuits où je revenais pas. Ma mère elle disait rien. Ma mère jusqu'à ce qu'elle claque la porte aussi elle a jamais rien dit. Ma mère elle trainait dans l'ombre de la cuisine et elle regardait les trucs se passer et je vois pas pourquoi elle aurait pu faire autrement parce qu'en vrai elle savait pas faire. La journée l'autre gamin il y était pas, il était ailleurs. La nuit mon lit redevenait son lit. Entre temps on se voyait pas assez pour se parler, on se croisait trop pour s'en foutre. Un jour j'ai vu mon père et je lui ai dit, je lui ai gueulé : lui c'est juste un autre moi que tu peux avoir à ma place, un autre que tu peux baiser et il m'en a pas retourné une, non, il m'a pas claqué les mâchoires, il a juste rien dit et il a fait comme si mes mots c'était que dalle. La nuit dans ma chambre qui était pas ma chambre j'aurais bien aimé qu'il vienne pour m'écraser les côtes et me tabasser par terre mais jamais il l'a fait. Après le gamin c'était plus un gamin, il est parti bosser, il est plus revenu. On a déménagé. Ma mère elle est partie. Mon père il a continué à vivre sa vie, ça veut dire qu'il était tout seul et que de temps en temps y avait des types comme l'autre ou des types comme toi qui venaient gratter à sa porte et lui il leur ouvrait. Après je suis parti aussi. Mon père il est mort tout seul parce qu'il avait personne, je vais pas pleurer sur lui. On l'a cramé, jeté ses cendres, fait tout comme il voulait pour plus en entendre parler. Aujourd'hui il me reste cette boite bourrée de merdes qu'il voulait qu'on donne. A toi, aux autres, je m'en fous, je vais pas m'amuser à trier. Puisque t'es là prends la et pars avec. Après on vendra tout, on reviendra plus. Viens, la boite est à la cave.Ce paragraphe ne me paraît pas mauvais, c'est le comble, mais comme détaché du reste de Coup de tête, il n'est pas crédible, certes, mais il n'est pas cohérent, surtout, et c'est ça qui dérange. Ces trucs là, j'ai envie de dire, on s'en fout. Qu'est-ce qui est important ? La sensation physique de se trouver en face de lui à ce moment là, de savoir que ce moment est important. La fuite qui suit la scène et conduit les deux personnages un étage plus bas. La façon dont le narrateur régurgite cette même scène, un peu plus tard, et la façon dont il l'a assimilée, comment il se l'est appropriée. Ce n'est pas un problème d'histoire à raconter ou d'histoire qu'on voudrait raconter mais bien de personnage : cette histoire est celle d'un autre, mon narrateur ne voit que la sienne. Celle-ci est une parenthèse, une amputation de plus à faire sans état d'âme entre lui et les autres. L'écrire ici me permet aussi de le comprendre, d'apprendre et d'assumer.
samedi 17 octobre 2009
Par Guillaume Vissac le samedi 17 octobre 2009, 14:39 - Journal

samedi 4 avril 2009
Par Guillaume Vissac le samedi 4 avril 2009, 21:20 - Journal
Coup de tête en lent chantier, mais chantier quand même, Qu'est-ce qu'un logement. actuellement en cours de correction/mise en page/préparation pour publication Publie.net (c'est dit sur le ton désinvolte des mots habituels, mais c'est une vraie information, je précise), le livre des peurs primaires lancé et mis en ligne et, par conséquent, en cours d'écriture permanente ; les choses avancent, les textes s'emballent et existent d'eux-mêmes ou sont en passe d'exister ou bien alors font tout pour et ce n'est déjà pas si mal. Reste Cette vie, terminé depuis un an et demi, qui collectionne les refus d'éditeurs, parfois argumentés mais souvent pas. Après un an et demi, se poser la question du qu'en faire parce que franchement je n'en sais rien.1 Ou pas : démêler le vrai du faux de la fiction dans le journal du blog dans la continuité des choses. Des fois je dis des trucs qui n'y sont pas.
mardi 24 mars 2009
Par Guillaume Vissac le mardi 24 mars 2009, 19:42 - Images
vendredi 13 mars 2009
Par Guillaume Vissac le vendredi 13 mars 2009, 22:46 - Journal
samedi 24 janvier 2009
Par Guillaume Vissac le samedi 24 janvier 2009, 23:30 - Images






dimanche 2 novembre 2008
Par Guillaume Vissac le dimanche 2 novembre 2008, 21:59 - Journal
samedi 16 août 2008
Par Guillaume Vissac le samedi 16 août 2008, 21:56 - Journal
Elle remue, les yeux s'entrouvrent. Elle demande : Encore combien de nuits payées ? Vous dites : Trois.
Elle demande : Vous n'avez jamais aimé une femme ? Vous dites que non, jamais.
Elle demande : Vous n'avez jamais désiré une femme ? Vous dites que non, jamais.
Elle demande : Pas une seule fois, pas un instant ? Vous dites que non, jamais.
Elle dit : Jamais ? Jamais ? Vous répétez : Jamais.
Elle sourit, elle dit : C'est curieux un mort.
Elle recommence : Et regarder une femme, vous n'avez jamais regardé une femme ? Vous dites que non, jamais.
Elle demande : Vous regardez quoi ? Vous dites : Tout le reste.
Elle s'étire, elle se tait. Elle sourit, elle se rendort.
Marguerite Duras, La maladie de la mort, Minuit, P. 34-35.
Les pleurs la réveillent. Elle vous regarde. Elle regarde la chambre. Et de nouveau elle vous regarde. Elle caresse votre main. Elle demande : Vous pleurez pourquoi ? Vous dites que c'est à elle de dire pourquoi vous pleurez, que c'est elle qui devrait le savoir.
Elle répond tout bas, dans la douceur : Parce que vous n'aimez pas ; Vous répondez que c'est ça.
Elle vous demande de le lui dire clairement. Vous le lui dites : Je n'aime pas.
Elle dit : Jamais ?
Vous dites : Jamais.
Elle dit : L'envie d'être au bord de tuer un amant, de le garder pour vous, pour vous seul, de le prendre, de le voler contre toutes les lois, contre tous les empires de la morale, vous ne la connaissez pas, vous ne l'avez jamais connue ?
Vous dites : Jamais.
Elle vous regarde, elle répète : C'est curieux un mort.
Ibid, P.44-45.
mardi 3 juin 2008
Par Guillaume Vissac le mardi 3 juin 2008, 15:01 - Journal

Avant hier je regarde le documentaire avec mon cahier bleu (anciennement vert) sous la main histoire de prendre des notes. Je traque les phrases clé, j'épluche les sous-titres. Pendant que les explosions pleuvent et que les corps s'entassent et que les récits miséreux glissent, moi je me penche sur ma page et j'écris ce que je viens d'entendre ou de lireMais quelque chose manque encore et si le résultat actuel est résolument meilleur que n'importe laquelle des étapes précédentes ce n'est toujours pas ça.j'écriscontent d'avoir enfin ce que je cherche et là Hugo se tourne vers moi et me dit Tu m'étonneras toujours, alors je tourne la tête, j'appuie sur la barre d'espace pour mettre le documentaire en pause et je lui dis, mon stylo encore entre les dents : pourquoi ?
- d'un côté, un système d'une rare violence et de l'autre, nous...
- leur guerre anéantit le langage
- occupation veut dire que chaque jour tu meures et le monde te regarde en silence
- en me promenant dans les rues de Séoul de nuit, même moi j'arrive presque à croire
- les rues sont pleines de fantômes
- nous luttons pour un nouveau monde
- nous sommes tous des clandestins
- l'autre c'est moi
- la mort des gens c'est toujours pareil : comme si personne n'était mort, rien
- nous refusons de nous rendre
- et les rues nous appartiennent
- c'est l'heure de la dignité
- marche et parle
- notre regard avance
- tu ne seras plus toi, maintenant tu es nous
samedi 15 mars 2008
Par Guillaume Vissac le samedi 15 mars 2008, 19:45 - Chroniques
mardi 11 mars 2008
Par Guillaume Vissac le mardi 11 mars 2008, 23:17 - Journal
Je rentre en car, l'épaule compressée par une grosse dame qui s'est posée à côté de moi avec ses trois tonnes de course. Les écouteurs de mon lecteur MP3 sont à chier : j'entends filtrer Mika à travers Bowie. Affreux.P. 208, La bâtarde : Mon désir, mon refuge, ma catastrophe.
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