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mercredi 24 juin 2009

Farewell Blues

Pas n'importe quel toon...
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dimanche 5 août 2007

Décompte

Une deuxième nouvelle vient garnir mon réservoir "papier" de textes mis en ligne. Comme "Sablier", "Décompte" était à l'origine destiné à être envoyé à Griffe d'encre pour un appel à textes consacrés à des proverbes. Contrairement à "Sablier", je n'ai jamais envoyé celui-là, pour la simple et bonne raison qu'au fil de l'écriture, la nouvelle est peu à peu devenue autre chose que ce que j'avais initialement envisagé. En gros, elle ne correspondait plus du tout au thème "proverbes" de l'appel à textes. Du coup, voilà un nouveau texte qui se retrouve là, attendant d'être lu, et pourquoi pas apprécié, sait-on jamais, malgré son principe (que je vous laisse découvrir) assez particulier.

Avec cette nouvelle je n'ai pas essayé de faire quelque chose en particulier. Je n'ai pas vraiment écrit d'intrigue. Il n'y a pas d'histoire, très peu de personnages et quasiment pas d'action (ça donne envie, hein ?). Je suis simplement parti d'une idée de départ, qui provient d'une chanson amusante d'une OST de Cowboy Bebop, et j'ai brodé autour, jusqu'à ce que les mots s'emplissent d'une autre musique, celle de la Sonate au clair de lune de Beethoven qui soutient tout le texte (je l'ai écrit en écoutant intégralement cette musique, en boucle, pendant trois semaines).
Ma seule ambition avec ce texte la voici : je souhaitais rendre en mots une conscience mentale cyclique, des pensées incapables de se défaire de leurs propres mouvements répétitifs, l'altération progressive des souvenirs... Mais peu importe. Une explication pour ce genre de texte est inutile. Je préfère vous laisser avec les mots qui le composent...

Trois tables rondes et vides dans le coin droit et un filet de poussière discret sur leur surface – poussière absente des rebords du comptoir voisin – ; quelques notes distendues, accords incertains, résonnées contre l'angle du mur. Comme une ambiance de fin de rêve.

Au-delà du bar, irrégulièrement alignées sur l'étagère contre le mur, cette mosaïque de bouteilles aux couleurs éparses ou émoussées. Des reflets de verre déformés par les liquides intérieurs clairs, roux, rouges ou noirs. Des reflets aux formes diverses, aux sculptures variables. Quelques étiquettes affichées, discrets assemblages cubistes. De nombreux verres suspendus la tête en bas, rêches et ternes. Un seul posé à l'endroit sur la surface du bar, un liquide couleur or répandu à l'intérieur, la main droite d'un homme tout autour. Et, fixés contre le comptoir, deux robinets à bière, deux larges tubes taris et figés. Le corps de cet homme assis sur l'unique tabouret et, sur sa gauche, les feuilles vertes et rousses d'une plante qui s'étendait hors de son pot pour venir s'y figer. Ancré sur son tabouret, il se retournait aux sons décadents du piano faussement déréglé.


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dimanche 3 juin 2007

Björk, Volta

La sortie d'un nouvel album de Björk est toujours un événement. Depuis Debut, son premier album solo incroyable, l'islandaise a multiplié les succès autant que les expériences musicales osées et percutantes dont Vespertine, pour moi, constitue l'apogée. Après deux albums plus expérimentaux et intimistes (le superbe Medulla et le plus difficilement accessible Drawing Restraint 9 – puisqu'il s'agit d'une bande son et non d'un album à part entière), on dit parfois çà et que Björk revient à ses fondamentaux de l'époque Debut / Post. Je ne dirais pas ça. Volta résonne à mes oreilles très subjectives comme une évolution déroutante dans la carrière très bjorkienne de Björk. La sortie de Volta est donc bien, ainsi qu'on l'attendait, un événement. Et quand cet événement se produit à quelques jours ou semaines d'intervalles d'autres sorties majeures de cette année (je pense bien sûr aux derniers Arctic Monkeys et Nine Inch Nails), on peut légitimement se dire que ce printemps 2007 est diablement bien fourni.



Le moins que l'on puisse dire, c'est que Volta choisit de partir dans des directions aussi éclectiques que géographiquement variées. Dans cet album qui se bâtit petit à petit sur des collaborations et non sur des performances strictement personnelles, on retrouve en vrac à la fois Timbaland, Toumani Diabate ou encore Min Xiao-Fen ; album international, album de voyage, également, qui trouve ses origines dans les visites de Björk en pays africains ou en Indonésie. Un disque issu de brassages musicaux et culturels, enfin, dont le titre semble à la fois faire référence aux voltages de l'électricité (et à la pulsation retrouvée de certaines de ses chansons) et au fleuve Volta qui traverse le Burkina-Faso.
L'invitation au voyage, on la retrouve dès le début du disque avec le très efficace Wanderlust, qui amène le spectateur à dépasser l'introduction païenne d'Earth Intruders pour parcourir, en compagnie de notre guide islandaise, ce monde musical atypique, jamais réellement étranger à celui que l'on connaît, mais jamais identique non plus. Le bateau s'apprête à lever l'ancre, et quel bonheur d'être à bord !

On parle souvent concernant Volta d'un « retour aux sources » au niveau de la percussion de ses chansons fer-de-lance. Certes, les Earth Intruders, Innocence, Hope (trois chansons co-produites par Timbaland) et Declare your Independance, vont à contre courant des ambiances générées sur Vespertine ou Medulla et rappellent quelques Pluto ou Hyperballad passées mais le terme « retour aux sources » me paraît inadéquat. On retrouve sur

ce Volta parfois survolté (!) une brusque cavalcade qui parfois surprend, agite ou irrite selon les circonstances. On retrouve un animal musical entièrement libéré (comme souvent), qui rebondit d'un album à l'autre de façon totalement incontrôlable et imprévisible. Mais ce qui surprend le plus dans ce Volta-là, c'est son aptitude répétée à sans cesse se placer en rupture : rupture par rapport aux albums précédents, d'abord, dont celui-là constitue l'évolution, mais ruptures infimes qui s'enchaînent au sein même du disque, avec des chansons aux genres divers, aux influences différentes et aux esthétiques étrangères. De Innocence, on passe à la fabuleuse doublette Vertebrae by Vertebrae / Pneumonia (pour moi le coeur de l'album) avec une facilité déconcertante. La résonance des cuivres n'y est pas étrangère : l'utilisation de cette gamme d'instruments, nouveauté pour Björk, est superbement négocié, tant ces choeurs-là sont utilisés avec intelligence. Les chansons résonnent, la musique gagne en profondeur, elle s'amplifie, le tout jouant toujours en encore sur les jeux d'antithèses sonores qui me rappellent quelques oeuvres de Yoko Kanno : des voix gorgées d'émotion sur des rythmiques parfois militaires, des cris libérés qui s'échappent de carcans musicaux très strictes, etc. Ces chansons-là, en plus de se présenter à nous sans complexe, développent une esthétique pleine de contrastes et de paradoxes, tous plus envoûtants les uns que les autres.



Pour autant, l'équilibre général des chansons ou de l'album en général n'est jamais mis en difficulté. Chaque élément trouve sa place dans le décor général de l'oeuvre. A ce niveau, le chef d'oeuvre, c'est évidemment The Dull Flam of Desire (disponible dans la Oblue Radio si celle-ci veut bien fonctionner correctement) : duo clé de l'album avec l'étonnant Antony Hegarty (que l'on retrouve aussi sur le plus intimiste My Juvenile) dont la voix si particulière se révèle parfaitement complémentaire face à celle de l'islandaise. Dialogue touchant entre deux voix qui s'entendent parfaitement, se dédoublent, se retrouvent, s'opposent et, au final, fondent l'une dans l'autre sans pour autant jamais se confondre ou s'unir. La performance d'Antony Hegarty (chanteur d'Antony and the Johnsons, que j'ai pour ma part connu comme le superbe interprète d'un soir de Candy Says lors d'un live de Lou Reed, Animal Serenade) est remarquable, et l'osmose qu'il parvient en partie à créer avec sa partenaire est tout simplement saisissante ; l'apogée finale du morceau, soulignée par le crescendo rythmique, explose, elle, tout la structure soignée de la chanson pour lui permettre de gagner en profondeur.



Lorsque l'album se termine, tout en douceur, sur l'étonnant My Juvenile (dont la harpe apparente me rappelle l'exceptionnel Generous Palmstroke, ma chanson de Björk préférée), pudique et soigné, on prend conscience du voyage musical qui vient d'être effectué. Pas un voyage physique, pas même un voyage métaphorique, il n'est pas ici question de traverser la planète à travers ce disque, mais un voyage musical, en cela que ces soixante minutes environ nous entraînent au centre de son propre microcosme, de son propre univers, à la fois translucide et bigarré (à l'instar des concepts visuels qui entourent l'album, visez-moi un peu cette Orangina-Goldorak de pochette !), à la fois cri et silence, cuivre et beats électroniques... Björk, grande prêtresse de la musique moderne créé ici son propre totem, un univers sonore où tout lui est permis. En une poignée d'albums, cet éternel lutin glacial est, mine de rien, en train de bâtir non pas une discographique mais une Oeuvre réellement fondamentale. Vivement le prochain.

jeudi 18 janvier 2007

Le minimalisme baroque

Un oxymore ? Où ça ? Non, le « minimalisme baroque », en partant du principe que ça existe et que ça veuille dire quelque chose d'un minimum sensé, ça existe, ou plutôt on peut en retrouver des traces dans certaines oeuvres intéressantes (qui m'intéresse) et s'en servir pour bâtir quelques réflexions plus ou moins pertinentes. (Ça y est, avec une intro de ce type, j'ai déjà perdu tout mon lectorat !)
Qu'est-ce que j'entends par « minimalisme baroque », d'abord ? En fait c'est très simple, et ça se passerait presque d'explications : il s'agit en fait d'un mélange de deux courants a priori opposés, mais qui, en fait, comme on le découvrira au fil des oeuvres citées ici, se marient très bien.

C'est un peu un sucré-salé artistique, un mélange aigre-doux (quelle belle métaphore culinaire !). Bref, le minimalisme baroque, c'est l'union d'une simplicité accrue qui peut aller jusqu'à l'épurement et une représentation (une démonstration) qui favorise la profusion, l'effet de masses, jusqu'à la limite du surplus voire du « trop ». Le problème qui se pose ensuite (si problème il y a) consistera à savoir comment marier les deux, mais il se trouve que la question est ici posée de travers, il me semble déjà plus intéressant de savoir qui marie les deux et on peut trouver ces « mélanges ».

Le plus naturel est d'abord de songer à une collaboration qui réunirait deux extrêmes pour un résultat décapant. Et cette collaboration extrême, mes goûts musicaux personnels me poussent à la trouver dans les travaux produits par la doublette Brian Eno / David Bowie, et par cette doublette j'entends mentionner la fameuse « trilogie berlinoise » (trois albums issus de cette première collaboration : Low, Heroes et Lodger sortis entre 1977 et 1979 dont a reprise par le très minimaliste Philip Glass n'a pas donné grand chose) mais surtout, surtout, je pense à Outside (tout simplement le meilleur album de Bowie), véritable chef d'oeuvre minimaliste-baroque. Avec ce disque on a la froideur d'Eno (créateur de la « musique d'ambiance » et dont l'album phare Before and after science est un monument de pop minimaliste) et l'excentricité d'un Bowie cinquantenaire au top du top de sa forme ; avec ce disque on a les riffes de guitares de Carlos Alomar mis en lumière par la présence feutré du piano de Mike Garson bref, ce disque est un disque des extrêmes, à la fois glacial et volcanique (glacial sur « The Motel », volcanique aliéné sur « Hallo Spaceboy ») et l'exemple type que ces extrêmes peuvent être rassemblés et transcendés, quoiqu'un peu marqué par la froideur électronique de l'époque (1995).
Bowie période Outside/Earthling Brian Eno

Une autre collaboration qui me vient en tête est une collaboration cinématographique, celle qui, sur des films comme In the mood for love ou 2046, et avec des artistes comme Wong Kar Wai et Tony Leung, ont permis de construire deux très bons films aux plans décalés. Le minimalisme baroque de ces films, ce sont ces scènes au ralenti, sur fond de musique lancinante, où les couleurs des costumes se révèlent comme des peintures animées, ce sont ces échanges de paroles laconiques, ces regards perdus, ces cigarettes fumées en silence pendant qu'autour, à côté, tout s'anime, tout prend forme (et que dire de cette photo superbe qui nous servira d'illustration : le silence des protagonistes, les couleurs de l'au-delà du kitsch, le tout rayé d'ombre noire...). La sobriété du jeu de Leung, mis en parallèle avec la maestria d'un Wong Kar Wai inspiré, c'est exactement le type d'échange qui donne naissance à des scènes à la fois surréalistes, intimes et spectaculaires. C'est cette ambiguïté omniprésente qui permet à la fois à la « magie » de la fiction de se mettre en place, tout en explosant véritablement les codes de représentations qui pouvaient avoir été établis jusque-là.



C'est également dans cette lignée que je placerais un auteur que j'aime beaucoup (et ça se voit, a priori, vu qu'il s'agit d'un énième billet où son nom est mentionné), à savoir Tom Spanbauer. Un Spanbauer qui se laisse véritablement couler dans ce mouvement qui n'en n'est pas un à partir de In the city of shy hunters où, en bon suiveur de Amy Hempel, il développe une esthétique coup de point. Des bribes de phrases, des mots comme seuls paragraphes, une aisance dans l'utilisation de ce qu'on appellera le slogan (ces phrases rituelles qui semblent définir les personnages qui les prononcent et qui les suivent durant tout le roman) avec, en parallèle, des évocations qui sortent du domaine du possible, des soubresauts fantastiques, des rêves, des évocations de l'imaginaire de l'enfance, souvent. C'est un langage à la fois affûté, aiguisé, et survitaminé, une peinture précise, minutieuse, rigoureusement réaliste, tout en dégageant tout un horizon de souvenirs, de rêves, de fantasmes. C'est définitivement ça, l'écriture de Spanbauer : une écriture du fantasme. Fantasme qui se trouve toujours dans cet entre-deux : entre la mécanique rigoureuse d'une parole laconique et l'évocation sous-jacente de tout ce qu'elle ne dit pas, mais que le narrateur décrit toujours au-delà des limites de la réalité.

Mais dans ce billet un peu particulier, je voulais aussi (surtout) vous parler de celui qui a fait naître chez moi tout cette interrogation sur le minimalisme-baroque. On en revient à la musique, donc, mais différemment d'avec Outside. Chez Sufjan Stevens, puisque c'est de lui qu'il s'agit, il n'est pas question de collaboration, et c'est ce qui m'a beaucoup impressionné, notamment dans son dernier « vrai » album Illinoise, puisque cette réunion des extrêmes, il la bâtit lui-même et il la porte lui-même dans son album. Dans une chanson comme « Chicago » (qui est à votre disposition dans la Oblue Radio depuis un petit bout de temps maintenant),
par exemple, il est assez étonnant de voir à quel point Stevens arrive à allier naturellement des couplets simplissimes, répétitifs, lancinants, véritablement minimalistes à des refrains où chorales, fanfares et violons semblent s'entremêler. Et pourtant, la chanson ne perd jamais de son naturel, de son évidence. Cette chanson m'impressionne beaucoup, d'autant plus qu'elle illustre à merveille ces impressions dont j'ai essayé de vous faire part dans les paragraphes précédents : un mélange superbe de deux attitudes musicales a priori antithétiques et qui se rejoignent, se recoupent, se complètent de façon à dépasser le simple clivage simplicité/multiplicité. Ce clivage, ces clivages, perdent leur sens en même temps que se développe une nouvelle esthétique de représentation ; il s'agit d'aller au-delà d'une réalité figée dans des attitudes, dans des canons de représentation.

Je regrette cela dit d'avoir structuré mon billet de la sorte, puisqu'il laisse plus l'impression d'un catalogue d'exemples en vrac que d'une réelle réflexion sur comment fonctionne ce (faux) mouvement et sur quoi il repose. Je regrette également que des artistes comme Yoko Kanno n'ait pas été mentionné, de même que la superbe chanson « I want you » des Beatles qui demeure pour moi un exemple de cette alliance géniale des extrêmes. Je reviendrai donc sans doute, si vous le permettez (et même si vous ne me le permettez pas), sur cette histoire de minimalisme baroque un de ces jours, histoire d'approfondir tout ça, histoire de comprendre, d'expliquer, pourquoi cette représentation-là est une représentation qui me convient, qui me fascine, qui m'inspire.

mardi 5 décembre 2006

Tempête de nuit

C'était la nuit dernière et j'ai bien cru que la maison d'Hugo allait s'envoler ou, sinon, que les fenêtres allaient toutes s'ouvrir d'un coup et tout faire péter de tous les côtés. Mais en fait non, le vent a juste continué à venter et la pluie à battre contre les volets et le tout a continué à me réveiller toutes les demi heures, me permettant au passage de vivre mes rêves quasiment en direct, rêves que j'ai depuis totalement oubliés, ça tombe sous le sens, j'aurais dû les noter.

Et puis ce matin, il a fallut se lever tôt (réveil sur la musique de Astragalous Earth Backgammon d'Utena, ça claque !) et, une nouvelle fois en moins d'une semaine, retrouver cette espèce de drôle d'absence transitoire : le train, pendant au moins huit heures. Au début, c'est toujours un peu emvrumé, voire même complètement flou, et puis il y a un petit quelque chose qui me fait reprendre surface. Ce quelque chose, ce matin, huit heures, c'était l'apparition d'une gigantesque éolienne au détour de l'un de mes regards à travers la fenêtre, éolienne qui a surgit au moment même où mon lecteur MP3 passait « Prophet », de Yoko Kanno (sur l'OST d'Arjuna, on peut l'écouter dans l'un des premiers épisodes de Mécanismes pour ceux que ça intéresse). De toute évidence, ça fait son petit effet...

Etrangement (en fait non, je le savais d'avance), passé Rennes le temps redevenait supportable, puis il s'est même transformé en climat normal, voire même ensoleillé à mesure qu'on se rapprochait d'abord de Lyon, puis de Sainté. Le changement à Rennes est d'ailleurs on ne peut plus expéditif : dix ou quinze minutes à peine, donc même pas le temps de s'acheter un croissant (j'avais envie de croissant à ce moment là, c'est que je m'y suis fait à mon croissant tous les jours maintenant que je passe mes midis à la Mie de Pain !). Après, tout va très vite, je n'ai pas le temps de m'emmerder et pour cause, j'ai une dissert intordable à tordre. C'est là que les petits « incidents » de la SNCF arrivent : on doit changer de train quelque part dans une garre d'Ile de France. Rien de bien dramatique en soit, mais il se trouve que les gens tout autour, eux, trouvent ça dramatique et y vont de leur petit commentaire chacun à leur tour. Les gens peuvent être cons, des fois... Bref. Le train repart et tout roule (sic) jusqu'à Lyon. Arrivé à Lyon : surprise, mon TER qui devait me conduire devant la fac (presque) sur un plateau un petit quart d'heure avant un cours auquel je comptais assister est tout simplement « supprimé ». Il faut donc changer pour un bus, nettement plus lent, et vas-y que ça se remet à raller sur la SNCF, mais bon, je ne m'attarderai pas sur le niveau de pénibilité des gens ce soir, promis.

Bref, tout ça pour dire que je suis rentré, déjà, et que j'ai laissé Morlaix derrière moi à près de neuf heures de voyage. Je ne suis pas allé en cours de 16e pour cause de je suis arrivé trop tard à cause de mon car. C'est pas plus mal en même temps, parce que je me voyais mal subir une heure et demi de cours après mes neuf heures de train/bus/tram.

Allez, je laisse là la Bretagne et Morlaix, je la retrouverai vite, probablement en janvier...

PS : Apparemment, je suis le seul à m'être aperçu de la tempête de cette nuit là-bas, ça doit être assez commun pour les vrais bretons !

dimanche 19 février 2006

Mecanismes Episode 2 (L'automate de type Java)

Le voilà tout beau, tout chaud, c'est le deuxième épisode de la série "Mécanismes" ! Tout le monde l'attendait (enfin, au moins une ou deux personnes... j'espère...) et le voici désormais en ligne, trois semaines après la mise en ligne du premier. A l'origine, je voulais publier un épisode toutes les deux semaines mais j'ai été malade tout le week-end dernier et je n'ai donc pas pu écrire beaucoup. Enfin bon, peu importe, puisque l'épisode est là, maintenant, et c'est tout ce qui compte. J'en profite au passage pour préciser (je ne l'avais pas fait lors du billet accompagnant l'épisode un) que les noms des personnages de cette série vous paraitront peut être familiers. C'est normal, puisqu'il s'agit en fait de noms de rue. Je n'ai pas pris de personnalités trop connues (pas de Emile Zola, donc, désolé) puisque le concept c'était de s'interroger sur l'identité de ces noms qu'on croise tous les jours dans notr vie quotidienne. L'idée m'est venu lorsque je me demandais qui avait bien pu être Edgar Quinet (je le croyais ancien président... je me trompais).

Une petite autre chose également : les trois (trois !) musiques qui accompagnent cet épisode sont toutes signées Yoko Kanno, ce n'est pas un hasard : et d'une je l'adore, et de deux sa musique se prête particulièrement à mon univers, attendez-vous à la retrouver souvent dans les prochains épisodes, donc, même si j'essairais de varier les plaisirs ;).

Bon, cette fois je me tais, et je vous laisse avec Luca Pacioli, Maryse Bastie, le Capitaine Scott et les autres ;).

Le Solferino s’amarra à vingt et une heures trente au port est de la Nouvelle Carthage, battant pavillon hollandais. On l’autorisa officiellement à pénétrer l’espace maritime de l’île pour cause d’avarie. A ce moment précis, Clarisse Louvet, l’officier local que devrait rencontrer plus tard le Capitaine Scott, plus connue par sa hiérarchie sous le nom de « Vendredi Février », effectua sa ronde du soir. L’officier habitait un petit appartement du quartier sud et il avait pris l’habitude, tous les soirs, depuis qu’il avait été affecté ici, de patrouiller, marchant lentement, observant attentivement l’intérieur des maisons et des appartements. Il s’arrêta devant une fenêtre à demie ouverte et il serra les poings. Devant lui, comme souvent à cette heure là, se trouvait un spectacle d’ombre. Le spectacle d’une silhouette. La fenêtre donnait directement sur la rue, un peu en pente, et Vendredi Février s’était à peine appuyé contre le mur, sans se cacher. Il regardait, simplement. Dans cette pièce, un peu étroite, un drap blanc traversait la largeur et, derrière, un homme. Un homme, nu, mince, sous une douche capricieuse et irrégulière. L’homme ne disait rien. Il devait être jeune, il avait les cheveux courts, et sa silhouette était superbe. Un intérieur remplit de noir, une présence transparente ; un homme réceptacle à imagination. Vendredi Février resta une dizaine de minutes, oubliant tout le reste, à contempler cette silhouette, à écouter son silence, à deviner son souffle. Il savait qu’on l’observait, c’est pourquoi il devait se taire. Cette simple possibilité semblait plaire à l’officier. Il s’en alla finalement lorsque la silhouette émergea de l’eau. Il la regarda une dernière fois, avant que le drap ne redevienne vierge de toute ombre. Il s’en alla alors, songeur, se raccrochant peut être à ce qui arriverait par la suite, à l’arrivée du Solferino.

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mercredi 15 février 2006

Ces maniaques de la vérité...

Enfin une journée bien depuis vendredi (et ce jour fatal qui m'a transformé en adulte) ! Je peux le dire, désormais, je suis guéri (même si, au passage, j'ai refilé ma maladie à ma maman auprès de qui je m'excuse par ailleurs :( ). Cette guérison n'a malheureusement pas débouché sur grand chose, pire : je me suis pas mal fait chier aujourd'hui, la faute aux cours. Le mercredi, y a pas à dire, c'est mortel. Passer deux longues heures à parler de (que dis-je ! à écouter, à subir !) Jaccottet en cours, c'est terrible. Surtout quand on se rend compte que, concernant le commentaire super chiant qui nous a occupé deux bonnes semaines, il s'agissait "du commentaire le plus difficile du bouquin" et que ce "locataire" que l'on prenait pour une allégorie de l'être humain dans toute sa précarité était enfait, aussi un "petit oiseau". Y a pas à dire, ça calme. Pire encore, on apprend que le Jaccottet en question, il se méfie des images poétiques parce que ce sont des mensonges... Merde alors. Des mensonges. C'est terrible. A cause d'elles, l'oeuvre n'est plus vraie.

C'est pareil pour Multatuli, le loser qu'on étudie(ait) en Littérature Comparée, il raconte sa propre histoire (pourrie, bien sûr) et ne cesse de justifier toutes les trois pages (ça en devient vite gonflant) concernant son soucis d'être honnête, de faire vraie, et ainsi de suite. En rentrant chez moi, j'allume la télé, et je tombe sur cette jeune cinéaste qui vient de sortir son premier film et qui raconte que, oui son film parle de ce qu'elle a vécu dans sa jeunesse, que c'est tout pareil, que c'est vrai, blablabla. Plus généralement, c'est tout le monde qui se met à faire du vrai désormais. C'est terrifiant. C'est le règne de l'autobiographie, du de l'oeuvre autobiographique et, pire que tout, du témoignage. Il faut donc dire la vérité de notre époque, ne pas trahir le réel, représenter la vie de tous les jours. L'artiste qui marche de nos jours n'est pas foutu de se décoller de sa gentille petite personne, comme le dernier vainqueur du Goncourt (désolé, son nom m'est volontairement sorti de la tête) qui a écrit son bouquin en suivant l'idée "je vais écrire un livre sur un écrivain qui ne sait pas quoi écrire". Le prochain, a-t-il confié dans une interview, racontera peut être la suite ou "comment l'auteur de ce livre reçoit un grand prix littéraire". Voilà, c'est ça la littérature et, pour parler plus généralement, l'art d'aujourd'hui. Et bien il ne me plait pas. C'est bien gentil de savoir écrire, encore faudrait-il avoir quelque chose à dire, mieux, quelque chose à raconter. Donc je ne lirais pas le Goncourt de cette année, je ne lirais pas non plus Houellebecq, Roth ou encore je ne sais qui. J'attends plutôt le prochain Palahniuk, je préfère regarder American Beauty et écouter Björk ou Yoko Kanno. Je préfère laisser ici ce clavier et partir, comme ça, et m'envoler quelque part, n'importe où, où je pourrais voir des choses qui n'existent sur papier, entendre des langues qui ne veulent rien dire et voir des pétales de roses dégouliner dans l'air. C'est comme ça.

Ca me rapproche finalement de mon sujet de dissert à faire pour après les vacances, qui parle de la moralité de l'artiste qui équivaut à "peindre le réel". Moi, le réel, je n'ai pas envie de le retrouver dans la fiction, je le vois tous les jours, et ça me suffit. C'est comme ça. D'ailleurs, pour moi, la moralité de l'artiste et "peindre le réel" ça veut dire autre chose : être honnete, en tant qu'artiste, c'est d'être conforme à l'idée que l'on se fait de la représentation du monde. Moi, je veux que les choses soient comme elles ne peuvent pas être. Alors, puisque j'ai ce pouvoir, le pouvoir d'inventer, je l'utiliserais, ne serait-ce que pour me satisfaire en tant que lecteur.

Ouah, ce billet est on ne peut plus décousu, c'est complètement irréel !

jeudi 9 février 2006

La dernière fois que j'ai 19 ans

Demain, c'est le grand jour chleuasmique (explications à venir) qui fera de moi un être humain à deux dizaines. Certes ce n'est pas si terrible et à vrai dire tout le monde s'en fout, mais cette introduction bancale va me permettre de vous parler de ces deux ou trois derniers jours où il s'est passé pleiiiiiiiins de choses intéressantes (bon, en fait, c'est pas vrai, mais je vous jure d'essayer de faire de mon mieux pour que ça ait l'air intéressant). Mais bon, là je me dépêche, je suis censé partir pour la fac dans un peu moins d'une demie heure !

Commençons par mardi (car c'est bien connu, le lundi, il ne se passe jamais rien). Après avoir enduré un premier rang douloureux lors du premier cours de la journée (juste sous les yeux du prof, donc, et ce dans tous les sens du terme...) il a fallu supporté un stress latent concernant un horrible évènement : l'affichage de la liste des admis pour le semestre qui vient de se terminer. L'année dernière, je voyais ça comme une formalité, mais cette année, calcul de moyenne juste juste juste à l'appui, ce n'était plus du tout aussi évident. Il nous a donc fallu attendre, et attendre et... attendre. En effet, les juris avaient beau se réunir à deux heures et demi, on nous a appris deux heures plus tard que "les listes ne seraient pas affichées avant le lendemain...". "Quand j'aurai le temps", a même rajouté la dame de l'administration. Oups. Horreur ! Il faudrait encore attendre. On a (j'ai) stressé toute la journée pour rien... On (= Elise, Nico et moi-même) a quand même décidé de scénariser (oui, on prépare un scénario pour un film amateur mais chuuut, j'ai pas le droit d'en dire plus), après s'être mis en quête d'une salle de cour libre, puisque la BU était fermée pour ause de grève. En fait, on a même pas scénariser, on s'est lancé dans un débat de "pour ou contre le CPE", avec un petit fond de "pour ou contre les manifestations". Evidemment, j'ai défendu un point de vu totalement artificiel, comme d'hab, qui visait plus à défendre mon attitude (en l'occurence, attitude de glandeur puisque j'ai décidé de ne pas aller à cette manifestation) qu'à exprimer ma réelle opinion. Encore aurait-il fallu que j'en ai une... Je suis parti à 18h, et bien sûr, toujours pas de liste...

Ce n'est qu'hier matin, à 9 heures, que les listes étaient (enfin) affichées. Ouf. J'ai mon semestre. Je suis soulagé. Mais je suis quand même bien emmerdé, parce que Fanny et Elise, elles, n'ont pas cette chance, comme la moitié de la "promo" d'ailleurs. Ce sera rattrapage en juin, pour elles. Et ça me fait bien chier.

Tiens, hier, j'ai aussi réfléchi à une question qu'on nous a posé en Atelier d'Ecriture la semaine dernière, concernant nos "mots préférés". Quand on me la demandé, je n'ai rien pu répondre, car j'étais incapable d'en choisir un plutôt qu'un autre, et, encore pire, de l'expliquer. Et puis hier, je me suis rappelé d'un truc, ce n'est pas vraiment un mot, et ce n'est pas non plus en français, mais ce n'est pas grave. Le truc, en fait, c'est qu'en anglais, dans les chansons surtout, l'expression "fairy tale" (conte de fée) ressemble à s'y méprendre au mot "vérité" prononcé avec l'accent. Le conte de fée, donc, c'est la vérité. Cette quasi homophonie me plait beaucoup. Je ne sais pas si on peut la définir comme étant un "mot préféré", mais, bon, c'est mieux que rien. En fait, après réflexion, ce sont surtout les mots inventés qui me plaisent, comme "j'interpole", par exemple (j'en suis fier), mélange entre "j'interprète" et "j'extrapole". De la même façon, les mots des chansons chantées par Yoko Kanno (Gabriela Robin) me plaisent plus que n'importe quels autres : c'est parce qu'ils n'existent pas, c'est parce qu'ils ne veulent rien dire et, par conséquent, parce qu'ils veulent tout dire également.

Aujourd'hui s'annonce comme une journée sympa : consultation des copies d'Histoire Littéraire et de Thèmes et Idées, quatre heures pour scénariser à la fac, et une conférence d'une somitée (apparemment) sur le Cénacle romantique au 19ème... On verra bien ce que ça donne.

En attendant, c'est la dernière journée de mes 19 ans et je viens d'écrire le billet le plus bordélique de mon blog !

samedi 21 janvier 2006

OBlue Radio !

Petite modification au niveau du menu aujourd'hui : j'ai ajouté un module de "Radio Blog" qui, comme son nom l'indique, permet de mettre en place une radio personnalisée pour les blogs. Mais qu'est-ce que c'est au juste que cette OBlue Radio ? Quelle bonne question ! En fait, il s'agit d'une idée que j'ai piqué à Hugo (il vient d'en mettre une sur son blog ^__^) mais répondons plutôt à la question posée...

OBlue Radio (quel beau nom !) c'est en fait un petit popup qui s'ouvre lorsque vous cliquerez sur le lien approprié (c'est à dire le lien situé sous "Radio" dans le menu à droite) et qui vous propose entre quinze et vingts chansons à jouer. Vous choisissez, vous cliquez, et c'est parti. Bon, je sais, la qualité laisse un peu à désirer (Virgil va pas être content), sur certains morceaux plus que sur d'autres, d 'ailleurs mais c'est finalement pas plus mal : cette mini radio a en effet pour fonction de vous faire découvrir quelques unes de mes adorations musicales, pour vous permettre, par la suite (si vous le souhaitez) d'acheter le CD (ou de le télécharger, après tout vous faites bien ce que vous voulez !).

Voilà pour la petite explication... Je ne pense pas mettre plus d'une vingtaine de morceaux à disposition, mais on verra suivant mes trouvailles et suivant la demande. En vrac, pour le moment, j'ai choisi quelques pistes trèèèès sympathiques avec, en autres, du Jeff Buckley, du Bowie, du Yoko Kanno ou encore du Kate Bush, à vous de découvrir la suite. Enjoy :) !

mercredi 28 décembre 2005

Omega Blue

Pour le premier billet de la partie "Coups de coeur" (qui est, je vous le rappelle, un endroit où je vous proposerais divers avis eclairés sur quelques productions artistiques de mon choix) je pouvais difficilement proposer autre chose que ce petit MP3 (qui est en fait un WMA).
Voilà donc un peu de musique, puisqu'il fallait forcément commencer par de la musique, qui, comme de par hasard, porte le même nom que ce cher pays où vous séjournez actuellement. Ce morceau est donc à l'origine du nom de ce blog, tout simplement parce que je l'adore, parce qu'il est beau, parce qu'il ne veut rien dire et qu'il est signé Yoko Kanno.

Profitez donc bien de ce petit "Omega Blue", issu de la première OST d'Arjuna, excellente production signée, donc, Yoko Kanno ;).



(Pour télécharger le morceau, cliquez sur l'image !)